lundi 15 janvier 2018

Sous les feux de Kiev

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Pour ce premier déploiement de l'année 2018, le front entre Yasinovataya et Avdeevka, nous accueille dans une atmosphère où les températures de la guerre et de l'hiver se croisent autour de notre "forteruine", cette position située à mi chemin entre une vraie "guerre des tranchées" et un faux "désert des tartares"...


Lundi 15 janvier 2018

Les tirs ukrainiens depuis une semaine reprennent crescendo comme dans un orchestre étrange où chaque jour un nouvel aboiement rejoint les hurlements de la meute.

Ainsi, alors qu'hier le retour des mortiers se faisait entendre, ce sont les lance grenades automatiques (AGS) ou les bitumes de 23mm (ZSU) qui aujourd'hui sont revenus dans la drôle de danse qui se joue à Promka depuis bientôt 2 ans.

Au Sud de notre position, vers 21h30, des tirs d'artillerie frappent le secteur de Spartak ou de l'aéroport, vraisemblablement avec des mortiers de 120mm vu le temps de se vol des obus entre détonation et explosion.

Au Nord, le paysage dévasté par la guerre, entre les cratères des obus, les trous des tranchées et des casemates... ressemble à un immense gruyère parsemé de fines colonnes de fumée ou de détonations trahissant une présence qui cherche à rester enterrée et invisible aux regards de nos armes.

Les infos que nous recevons confirment les renseignements collectés sur le terrain et qui mentionnent le déploiement de nouvelles unités renforcées par des éléments étrangers dont des mercenaires étasuniens, ce qui expliquerait le drapeau nord américain déployé devant nos positions, entre provocation et arrogance..
Un camarade déployé 2 km au Sud m'a également confirmé des observations de snipers étasuniens dans le secteur, que nous associons instinctivement aux tirs isolés de gros calibre (à priori 12,7 mm) reçus depuis 2 jours.

Côté météo, si elle est plutôt "douce" pour la saison, comme pour le feu ennemi, nous vivons une augmentation sensible et quotidienne du froid saisonnier qui sédentarise notre féline mascotte entre le poêle à bois et la réserve de boîtes de conserve.

Garde, corvées, observations, repos s’enchaînent H24 et, loin d'une quelconque routine, rappellent aux sentinelles que nous nous efforçons d'être, les servitudes et sacrifices qui enchâssent la grandeur silencieuse de servir celles et ceux qui nous font confiance pour protéger leur Liberté.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

samedi 13 janvier 2018

Pour faire danser la lumière


Le gel est revenu dans le Donbass, cristallisant l'eau pour la plus grande joie de la lumière qui peut jouer avec ces diamants éphémères et offrir ainsi au jour des étoiles, qui l'espace d'un clin d’œil de Svetlana, nous font oublier la grisaille de l'hiver et noirceur de la guerre .

Erwan Castel

vendredi 12 janvier 2018

Une honte pour l'Europe

Enfants du Donbass dans une cave pendant les bombardements 
Malgré le blocus médiatique qui est aussi organisé par les occidentaux autour de cette guerre du Donbass qui a tué environ 20 000 personnes en 4 ans, la Vérité fait son chemin pour la plus grande honte des imposteurs qui nous gouvernent en Occident.

La promesse de Porochenko de terroriser le Donbass et forcer ses enfants à vivre terrés dans leurs caves au lieu de prendre le chemin de l'école résume à elle toute seule cette guerre. Travesti en "Opération Spéciale Antiterroriste", l'engagement de l'armée ukrainienne dans le Donbass s'avère être une épuration à caractère génocidaire organisée par un vrai terrorisme d'Etat.

Pour lui refuser le droit d'être lui même, la guerre qui s'est abattue sur ce peuple russe que les vents de l'Histoire ont jeté un temps à l'intérieur des frontières d'un Etat ukrainien veut transformer le Donbass en détonateur contre la Russie.

Dans intention criminelle provocatrice, le terrorisme kiévien, instrumentalisé par les occidentaux prend les enfants pour cible: crèches et jardins d'enfants, écoles et bus scolaires frappés délibérément par l'artillerie ukrainienne se comptent par dizaines chaque année.

Parmi les plus de 10 000 morts de cette guerre, plus d'une centaine d'enfants ont été tués par les soudards de Kiev, des centaines blessés et des milliers d'autres traumatisés pour que le complexe militaro-industriel occidental puisse venir vampiriser l'Ukraine et défier la Russie...

Ces enfants du Donbass sont aujourd'hui les victimes, les témoins mais aussi les juges silencieux regardant cet Occident qui s'est couvert de honte en trahissant une fois encore les valeurs fondatrices d'une Europe dont il est l'indigne héritier.

Erwan Castel


La France collabo se débat et s'enlise

Hubert Fayard le représentant honoraire de la République Populaire de Donetsk en France

Tandis que les bombardements ukrainiens meurtriers opérés quotidiennement sur la population civile du Donbass la laisse totalement indifférentes alors qu'elle est pourtant garante et signataire des accords de Paix conclus à Minsk, la France vient de déclencher une action en justice pour dissoudre une association qui veut offrir aux français une fenêtre réelle sur cette région coincée depuis 4 ans entre le bélier ukrainien et le rempart russe.

L'Etat, sous les pressions répétées des pro-ukrops convoque Hubert Fayard, le "représentant honoraire" de la République Populaire de Donetsk, pour engager une dissolution de l'association sous prétexte qu'elle enfreint le droit international régissant les représentations diplomatiques (traité de Vienne).

Ce faisant, la République française commet plusieurs erreurs :

Primo, l'association n'est pas une mission diplomatique et Hubert Fayard n'est que le représentant (et non le consul) d'une République qui lui a donné juste une lettre de mandat.

Secundo, il y a de toute évidence ici une tentative de manipulation maladroite de l'appareil judiciaire par un pouvoir politique qui obéit à une ligne collaboratrice pro-ukrainienne.

Tertio, l'État s'attaque ici à la liberté d'expression et la loi de 1901 qui régit les associations qui ont le droit de représenter des communautés nationales ou étrangères, reconnues ou simplement factuelles.

Évidemment cette croisade qui relève plus d'une hystérie russophobe psychotique que d'une mesure de sécurité nationale risque de mettre la Justice dans une position inconfortable car si elle cède à l'ingérence politique elle va créer une jurisprudence avec laquelle le monde associatif va devenir un champ de bataille sans fin où les seules perdantes seront les libertés citoyennes.

Les statuts de l'association sont pourtant clairs : information, échanges culturels, aides humanitaires. Il faut se rappeler en outre que la non reconnaissance internationale d'une entité nationale et politique n'est pas un motif valable pour obtenir la fermeture d'organismes destinés à la représenter, et à fortiori s'il s'agit d'associations. Il existe d'ailleurs une notion de "nation sans Etat" dans laquelle le Donbass peut aisément entrer car elle se définit à partir d'une :

"- Reconnaissance officielle de la part de l'État comme communauté nationale, nationalité ou similaire.
- Présence de traits culturels ou linguistiques bien définis et différents de ceux majoritaires dans le reste de l'état.
- Existence d'un mouvement culturel ou politique qui en revendique l'existence" (source Wikipedia)

Rappelons nous que des nations en lutte pour leur reconnaissance ont aussi fait l'objet de représentations associatives et même officielles, comme les palestiniens, ou les karens par exemple.

Il faudrait pour la dissoudre, que l'association soit reconnue comme "soutien au terrorisme" comme la dernière association dissoute en France qui représentait des islamistes radicaux activistes. Or malgré les demandes répétées de Kiev, les Républiques populaires du Donbass n'ont jamais été reconnues organisations terroristes par l'ONU.

On voit bien qu'ici l'État français, qui use une nouvelle fois d'un abus de pouvoir à des fins partisanes, bascule une nouvelle dans la collaboration avec un État criminel coupable de crimes de guerre et de vraies violations du droit et de ses engagements internationaux.

Les avocats qui défendent l'existence de cette voix du Donbass en France ont déjà obtenu le report de cette convocation honteuse qui risque de se transformer en boomerang pour les larbins qui l'ont initié.

Car cette action en justice (qui nous offre su passage une belle tribune médiatique !) est à inscrire dans la croisade totalitaire que les Torquemada de la pensée unique ont lancé contre les femmes et les hommes encore qui pensent autrement et par eux mêmes....

Pendant ce temps là, et en toute impunité, des associations de soutien aux bataillons néo-nazis ukrainiens reconnus coupables de crimes de guerre (y compris devant les tribunaux ukrainiens) organisent des manifestations, collectent de l'argent et recrutent des volontaires pour aider des soudards à bombarder les civils du Donbass.

Pauvre France...

Erwan Castel

Source de l'article : France 3

Marseille : 
la justice assigne la “représentation officielle”de Donetsk

Le parquet d'Aix-en-Provence demande la dissolution de l'association qui prétend représenter "officiellement" en France la République de Donetsk autoproclamée par les séparatistes dans l'Est de l'Ukraine et non reconnue par la France,

Par GM avec AFP
Publié le 11/01/2018 à 18:49

Fin septembre 2017, un ancien élu d'extrême droite, Hubert Fayard, avait inauguré une "représentation officielle" de la République de Donetsk , à Marseille.

Une cérémonie, avec couper de ruban, en présence de quelques élus locaux et message vidéo d'une ministre de ce territoire, avait été organisée dans un espace de bureaux partagés.

Le Quai d'Orsay avait indiqué n'accorder "aucune reconnaissance officielle" à cette représentation, "qui ne dispose pas d'un statut diplomatique". Le ministère avait ajouté avoir "transmis des éléments au procureur de la République" d'Aix-en-Provence, compétent en raison de la domiciliation juridique de l'association.

Ce dernier, soulignant que l'association loi 1901 derrière cette représentation s'était constituée "en lien direct avec le conflit russo-ukrainien qui perdure depuis 2013", estime son objet "illicite" et l'a assignée devant le tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence.
Une première audience devait se tenir ce jeudi mais a été renvoyée au 1er mars, à la demande de la défense, a précisé Hubert Fayard.

Dans son assignation, le procureur d'Aix-en-Provence souligne que "l'installation de missions diplomatiques permanentes sur le territoire d'Etats étrangers est strictement encadrée par le droit international" et que la France "n'a jamais reconnu les activités de représentation officielle qu'entend exercer l'autoproclamée "République populaire de Donetsk".

Il s'appuie sur le droit français et la Convention de Vienne, qui fonde les relations internationales.

La neige et le feu

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"Sidor", natif du Donbass, dans les ruines d'un bâtiment de Promka 
Pour cette 7ème mission sur le front de Promka l'Hiver nous attend d'un pied aussi ferme que les "ukrops" qui depuis quelques jours ont repris leurs tirs de harcèlement sur nos positions défensives de Promka. 

Les sacs sont désormais chargés de parkas, sous vêtements et pulls pour mieux résister à la compagnie du Général Hiver.


Vendredi 12 janvier 2018

Pour la relève matinale des unités sur le front de Yasinovataya (au Nord de Donetsk), les dieux nous ont offert une météo clémente et presque printanière, dans une atmosphère plutôt calme qui nous a laissé le temps de nous installer confortablement dans notre "forteruine" au milieu des miaulements d'accueil de la comédienne Mourka jouant le rôle d'une princesse affamée agonisante..

J'ai à l'occasion de ce 7ème déploiement retrouvé mes camarades français Sebastien Hairon et Philippe Khalfine engagés aussi dans les rangs de "Piatnashka", enfin plus exactement brièvement croisé au mileu des tranchées et de leurs unités descendantes.

Mais vers 13h00, la neige mais aussi les divers tirs ukrainiens sont revenus nous imposer la réalité et les rigueurs de la guerre et de l'hiver.

Le réveil des combats, que je suivais depuis 4 jours depuis mon repos à Donetsk se confirme sur le terrain : retour des snipers, tirs de lance roquettes (rpg 7) et canon sans recul (spg 9) sans compter les armes d'infanterie qui se se font à nouveau entendre.
A ce stade on ne peut pas dire si le harcèlement ukrainien va retrouver et rester dans l'intensité habituelle des provocations meurtrières ou passer à une vitesse supérieure et dynamique.


Peu importe, car nous sommes préparés au pire, et notre unité renforcée a repris avec enthousiasme et rigueur la mission de sentinelle qui lui est confiée sur les lisières Nord de Donetsk.

Sont venus renforcer nos rangs, plusieurs volontaires dont "Krasnei" de Vladimir et "Soliste", qui lui a fait le chemin depuis l'Ouzbhekistan...

Le nouveau drapeau ukrainien
En face, à 300 mètres à peine, flotte toujours dans les vents pestilentiels de son arrogance le "stars and stripes", cette marque de l'hégémonie mondialiste qui ici, sur les marches européennes de la Russie de l'autre côté de l'océan, est à la fois incongrue mais également au final très cohérente pour cette Ukraine qui, depuis le Maïdan est devenue factuellement une nouvelle colonie militaire de Washington.

Erwan Castel


"Sultan" natif de Gorlovka 
Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

Bombardements ukrainiens sur le Donbass


L'alerte maximale qui a été donnée aux forces armées des républiques populaires de Donetsk et Lugansk n'était pas infondée, les ukrainiens continuant leur escalade dans les bombardements contre le Donbass.

Depuis la fin de la trêve de Noël et malgré le théorique cessez le feu signé à Minsk et qui est toujours en vigueur, les ukrops ont repris leurs bombardements des quartier résidentiels situés à l'arrière de la ligne de front.

Ici le village de Golmovsky au Nord de Gorlovka Nord de la République Populaire de Donetsk)

Erwan Castel

Traces de phosphore blanc



jeudi 11 janvier 2018

Retour vers un front qui se réchauffe

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Jeudi 11 janvier 2018

Direction le front de Yasinovataya pour une 7ème mission pour laquelle les effectifs ont été renforcés en raison de nouvelles tensions tant sur le front militaire, le front politique ou le front international où désormais les USA et leurs laquais ne mettent plus de gants pour menacer et lancer des attaques à peine voilées contre l'axe de la Résistance emmené par Moscou.

Alors que les canons ukrainiens marquent la fin de la trêve de Noël par de nouveaux bombardements, le Président Zakharchenko vient d'élever à son niveau d'alerte maximale les forces armées de la République Populaire de Donetsk.

En effet, plusieurs paramètres convergent pour offrir à Kiev (et ses parrains occidentaux) l'opportunité de lancer des attaques majeures sur la ligne de front du Donbass :
  • - déploiement offensif maximal
  • - soutien des occidentaux confirmé 
  • - météo favorable pour une offensive 
  • - contexte électoral russe sensible 

Etc...

Les sacs prêts à nos pieds et les armes le long du corps, nous recevons les dernières consignes avant de partir vers le front.

Dans notre secteur, l'artillerie ukrainienne a repris ses bombardements et le réseau téléphonique MTS sur lequel les ukrops peuvent encore intervenir à été coupé (une drs raisons principales de l'ouverture du réseau républicain Phoenix)

Ce n'est pas la première fois, loin s'en faut, qu'alerte est donnée et offensive annoncée, mais pour autant, contrairement à conte du berger qui criait sans cesse "Au loup !", nous restons aussi vigilants que la première foiss, sachant que les loups finissent toujpurs pas sortir du bois... surtout en hiver !

A l'arrière, les familles près du front regardent aussi à nouveau l'horizon, tous leurs sens à l'affût, guettant un spasme lumineux ou un battement d'artillerie pour mesurer le lieu et le réveil de la bête qui renifle toujours autour de leurs cités.

Erwan Castel


Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

mercredi 10 janvier 2018

La Liberté

Milicien du Donbass plantant au sommet de la colline symbolique de Saur Moghila (haut lieu de la 2ème guerre Mondiale) le drapeau funéraire de "Medved" un chef de section de la milice republicaine qui est tombé ainsi que la majorité de ses homnes, en la défendant en 2014 face à l'armée ukrainienne.

En répondant à des commentaires de posts sur les réseaux sociaux je m'aperçois, qu'au travers des sujets évoqués, de la Bretagne au Donbass en passant par la Palestine ou les religions païennes, le mot Liberté que je place au dessus de toutes les autres valeurs, y compris celles de la Paix ou même de l'Amour revient comme le refrain de ma pensée...

Erwan Castel

« Qu’est-ce que la liberté ? C’est avoir la volonté de répondre de soi. C’est maintenir les distances qui nous séparent. C’est être indifférent aux chagrins, aux duretés, aux privations, à la vie même. 
C’est être prêt à sacrifier les hommes à sa cause, sans faire exception de soi-même. Liberté signifie que les instincts virils, les instincts joyeux de guerre et de victoire, prédominent sur tous les autres instincts, par exemple sur ceux du “bonheur”.

L’homme devenu libre, combien plus encore l’esprit devenu libre, foule aux pieds cette sorte de bien-être méprisable dont rêvent les épiciers, les chrétiens, les vaches, les femmes, les Anglais et d’autres démocrates. L’homme libre est guerrier. — À quoi se mesure la liberté chez les individus comme chez les peuples ?

À la résistance qu’il faut surmonter, à la peine qu’il en coûte pour arriver en haut. Le type le plus élevé de l’homme libre doit être cherché là, où constamment la plus forte résistance doit être vaincue : à cinq pas de la tyrannie, au seuil même du danger de la servitude. »

— Friedrich Nietzsche, Le crépuscule des idoles (1889)


Une analyse indépendante intéressante


Depuis que la crise ukrainienne a éclaté, on voit apparaître une violente ligne de front dans la guerre que se mènent les propagandistes pro-russes d'un côté et pro-américains de l'autre.

Personnellement je n'ai jamais caché l'engagement anti-mondialiste et donc pro-russe de mon regard, analyses et actes concernant le Maïdan et le Donbass. 
J'assume même cet engagement considérant que le journalisme (sans me prétendre pour autant journaliste) engagé, dans l'esprit du "J'accuse" de Zola, est au contraire constructif à la libération des consciences, de l'esprit critique et participe au débat d'opinions dont la vivacité est le signe de santé d'une République...

à condition qu'il "annonce la couleur" de sa ligne éditoriale !

Car trop de caricatures fanatiques cachées troublent aujourd'hui cette information qui doit alimenter le débat. Le fait est que, dans le Donbass, depuis ces 3 années d'enlisement de la guerre, le cliquetis des chars de combat a laissé la place de chaque côté du front, à une surenchère de diarrhées propangandistes n'ayant peur ni du délire ni du ridicule.

La mauvaise foi, le mensonge (parfois simplement par omission), l'asservissement à la doxa officielle de pouvoir payeur, la mégalomanie cupide de pigistes ou traducteurs narcissiques, pourrissent l'information et le débat de leurs slogans et lieux communs abscons. Et les français semblent être les champions de cette imposture qui ne rime qu'avec la censure qu'ils pratiquent y compris et surtout ces pathétiques correspondants qui, à Kiev ou Donetsk se prennent pour des journalistes, mais finissent par leurs clabaudage de chiens de garde par lasser le public (sauf les fans et les fanatiques)

Il existe heureusement de vrais analystes dont je salue le travail et qui, dans un effort d'impartialité nous offrent (parfois) des critiques et points de vue acérées dont la pertinence nous propose d'abord les bonnes questions plutôt que nous gaver de réponses dogmatiques ruminées.

Ils sont malheureusement de plus en plus rares !

Voici par exemple un article signé Jean Claude Galli pour le Courrier de Russie et qui a l'occasion de la décision étasunienne de livrer des armes à Kiev nous fait une analyse pertinente de la situation générale d'une guerre, même si certains jugements sont exagérés ou détails erronés comme l'emploi du terme "annexion" pour évoquer l'adhésion référendaire de la Crimée à la Russie.

Le point qui me dérange le plus me concernant cet article est qu'il laisse transpirer l'idée que les gouvernements du Donbass seraient inaptes voire pourris (et le récent séisme intérieur à Lugansk tend à illustrer cette idée). Je pense pour ce qui est de la République Populaire de Donetsk dont j'observe l'évolution de la société depuis 3 ans que, même si une forte tutelle russe existe, la plupart des dirigeants sont compétents et impulsent une normalisation qui est certes critiquable mais qui a su préserver justement un état de droit et une représentativité démocratique.

Ce qui est interessanr en revanche dans cette article est qu'il montre que cette guerre du Donbass, dont tout le monde essaye de tirer des profits politiques ou économiques, s'avère de plus en plus être un piège tendu à la Russie par les occidentaux mais dans lequel par l'inaptitude et la folie criminelles de leurs marionnettes kiéviennes, ils sont également tombés.

Attention l'article peut gratter certaines certitudes !

Mais c'est aussi cela la Liberté, à commencer par celle de la presse qui certes peut être engagée mais doit rester indépendante et critique pour mériter le respect.

Erwan Castel

mardi 9 janvier 2018

Mes 5 aventures dans le Donbass

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Souvent les débuts d'année sont les moments des bilans où des réflexions ce qui est d'autant vrai ici et pour moi qui suis parti vers le Donbass un jour de janvier 2015...

Des tristes et certainement jaloux, frustrés d'être enfermés par paresse (ou lâcheté) dans un univers mental et physiques morose et fini, dénigrent ceux qui bougent et bousculent aux quatre horizons du Monde et/ou de l'esprit leurs propres habitudes et les préjugés établis par la bienpensance. Ces sédentaires du cœur tentent même de donner au mot "aventure" une connotation péjorative, voire insultante pour celles et ceux qui la vivent, par vouloir ou par destin.


Mardi 9 janvier 2018

Pour ma part, l'aventure reste liée à la noblesse d'une quête initiatique et la magie d'un rêve réalisé, et surtout à une disposition nomade de l'esprit et du corps. Et nul besoin de faire le tour de la planète pour la vivre !, toute vie peut être émaillée d'aventure, de celle de l'enfant imaginatif qui combat des dragons au fond de son jardin, à celle de l'adulte curieux qui s'engage sur des chemins nouveaux vers des lieux et des personnes inconnues.

Chaque aventure est unique, elle est histoire d'amour et donc ne se mesure pas. Elle se vit passionnément, sans limite ni retenue jusqu'à sa fin heureuse ou tragique. Peu importe car ce qui compte c'est ce enchaînement de moments présents, anodins ou exceptionnels, où "vivre s'est aimer, aimer c'est donner et donner c'est tout donner !"
Aussi pour vivre pleinement et souvent même enclencher une aventure il ne faut pas s'y engager, comme le font beaucoup d'occidentaux, le sac mental chargé de leurs références et valeurs arrogantes qui font d'eux des touristes ou des colonisateurs.

Même si les voiles du retour reconduisent l'Homme vers son port d'attache, pour vivre pleinement une aventure, il lui faut d'abord larguer vraiment toutes les amarres du corps et de l'esprit, se débarrasser de ses oripeaux sociétaux pour s'engager libre sur son chemin et armé seulement de l'humilité et l'étonnement qui incombent à toute nouvelle naissance.

Dans le Donbass, dont j'ai rejoins la rébellion il y a 3 ans je vis une quintuple aventure :

1 / Métapolitique, car ce conflit qui m'a interpellé, attiré et me passionne me permet de concrétiser physiquement cet engagement anti-mondialiste et fédéraliste que j'aiguise chaque jour un peu plus;

2 / Militaire, en renouant avec une première vie passée d'officier, je me suis engagé sur le front de ce conflit asymétrique moderne et qui risque d'être la première bataille d'une nouvelle guerre européenne;

3 / Humaine, en venant soutenir cette rébellion séparatiste et anti-mondialiste, j'ai rencontré un peuple européen exemplaire écrivant une nouvelle page de son Histoire avec courage, dignité et humilité;

4 / Écriture, en voulant briser le carcan mensonger d'une propagande de guerre occidentale, je consigne ici et là mes actes et mes observations, espérant libérer la Vérité autant que cultiver mes pensées;

5 / Intérieure car, par l'intensité de la guerre, les sacrifices imposés par l'éloignement et la durée de l'engagement, le Donbass est devenu un athanor où s'opère une nouvelle transmutation importante de l'âme.

Cette aventure, j'espère pouvoir la vivre jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'à libération des territoires occupés du Donbass, la défaite militaire et politique de ce totalitarisme ethnocentré kiévien, et surtout la Paix revenue pour les femmes et les hommes, les vieillards et les enfants de ce Donbass héroïque.

Après, je m'en retournerai certainement, ici ou ailleurs, brûler mes carnets sous les frondaisons sylvestres d'une forêt remplie de fragrances et de silence humain, avant de reprendre l'aventure de ma vie...

Erwan Castel

Lever de soleil sur la "savane roche "Virginie"(inselbetg) en Guyane francaise, lors d'une longue expédition menée en 2011 sur la Mataroni et qui fut également dans mon aventure amazonienne, une belle aventure professionnelle, naturelle, et humaine.
Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front