jeudi 27 février 2020

Une Ukraine bornée... au service de la Russie !


Comme prévu la situation sur le front s'est détériorée sous le bombardements ukrainiens à la veille d'une nouvelle réunion du groupe de contact tripartite chargé d'accompagner l'application des accords de Minsk 2, ce processus de paix signé il y a 5 ans, mort-né, mais que les diplomaties tentent désespérément d'opposer depuis à une reprise radicale des combats entre Ukrainiens et républicains, laquelle semble chaque de plus en plus inévitable.

Et depuis le retour une nouvelle fois bredouilles des représentants de ces accords de plus en plus désaccordés, les provocations meurtrières de Kiev dans le Donbass continuent de ravager les 460 kilomètres de ligne de front, occasionnant de nouvelles pertes parmi les défenseurs républicains et de nombreuses destructions dans les zones résidentielles se trouvant à sa proximité. Voici 3 très courtes vidéos filmées par des habitants (sur)vivant sur le front.

24 février 2020, destructions causées par l'artillerie ukrainienne au 
Nord de Gorlovka ( nord de la RPD)
26 février 2020, bombardement ukrainien sur l'Ouest de Donetsk
Secteur Trudovsky. Ici des tirs fusants de ZSU 23/4
27 février 2020, bombardement ukrainien sur le front de Lugansk
Secteur du village de Donetskoye


Et cette situation ne risque pas de s'améliorer avec l'arrivée du printemps et surtout ces négociations entre parties que Kiev, à chaque réunion, enterre de plus en plus profondément au fond de leur impasse.

Car le jeu des représentants ukrainiens depuis 5 ans est très simple: devant les bocages rencontrés pour enfin amorcer concrètement le processus de paix, au lieu de chercher à résoudre les problèmes, ils rajoutent des exigences supplémentaires encore plus irréalisables ou acceptables par les représentants russes et républicains : abandon à l'Ukraine des territoires des républiques occupés par son armée, déploiement de casques bleus, participation d'autres "partenaires" occidentaux aux discussions, contrôle ukrainien des frontières avec la Russie avant les élections locales, etc autant de revendications qui relèvent autant du fantasme que de la provocation.

Et maintenant, les ukropithèques, entre autres nouvelles lubies délirantes, veulent intégrer leurs revendications sur la Crimée aux négociations des accords de Minsk sur le Donbass !!! Autant demander la Lune au Kremlin.

Du coup il apparaît que Moscou est en train de changer de stratégie concernant le Donbass comme en témoigne les émissions et analyses politiques dans les médias russes sur le sujet qui parlent de moins en moins de Minsk et de plus en plus de l'intégration du Donbass au sein de la Fédération de Russie.

Cette radicalisation de la position du Kremlin est à mettre en perspective avec le blocage obstiné et exponentiel opéré par Kiev qui, à défaut de "faire avancer le schmilblick", rend même aujourd'hui le dialogue impossible. Et d'autre part, le limogeage du conseiller spécial du Kremlin pour la région, le libéral Surkov, jugé souvent trop conciliant avec la partie ukrainienne, va également certainement débrider le processus d'intégration du Donbass dans la Fédération de Russie qui est la seule alternative possible et souhaitée par les populations au plan de paix naufragé.

Dimitri Kozak, le nouveau conseiller spécial de Vladimir Poutine pour la région du Donbass 
Tout en prenant acte de la polarisation des positionnements russe et ukrainien concernant le règlement diplomatique du conflit dans le Donbass, le Kremlin a tenu a confirmer par la voix du président Poutine un discours conciliant à l'opposé des éructations russophobes et bellicistes prononcées par le régime ukrainien. 

Ainsi dans un entretien accordé à  Andreï Vandenko de l'agence Tass, visible aussi sur le site du Kremlin, le président Poutine a rappelé les liens historiques et culturels qui unissaient, par delà les spasmes historiques de la géopolitique, les peuples russe et ukrainien.

Extraits : (pour l'intégralité de l'entretien voir la traduction ici : Donbass Insider)
  • "Comme je l'ai mainte fois répété russes et ukrainiens ne formons q'un seul et même peuple. Que cela plaise ou non aux ukrainiens, mais si vous regardez l'histoire, c’est la réalité. Voyez vous, avant les XI-XIIIe siècles, nous n’avions pas de différence de langue, et ce n’est qu’après la polonisation qu’une partie des Ukrainiens, qui vivaient sur le territoire polono-lituanien, que les premières différences linguistiques sont apparues, environ au XVIe siècle si je me souviens bien.
  • Les ukrainiens étaient ceux qui vivaient sur les frontières de l'empire russe. Il y avait des ukrainiens à Pskov, les gens qui défendaient les frontières Sud contre les attaques du khan de Crimée étaient des ukrainiens. Il y avait aussi des ukrainiens dans l’Oural.... des Ukrainiens il y en avait partout. Et nous n’avions aucune différence de langue. Qui plus est, à cette même époque, avant les XIV & XVème siècles, ces gens, slaves de l’Est, qui vivaient sur le territoire de l’Union de Pologne-Lituanie (à la fois en Moscovie et Pologne) étaient appelés russes. Les premières différences linguistiques sont apparues beaucoup plus tard…
  • Pour parler d’aujourd’hui et de demain, nous devons connaître l’Histoire. Nous avons besoin de savoir qui nous sommes, d’où nous venons, ce qui nous unit.

Puis le chef du Kremlin a relevé ce qui aujourd'hui séparait la Russie de l'Ukraine, soulignant que cela était principalement le fait de nationalistes dont le discours initial a été détourné vers une russophobie de plus en plus contre productive et étrangère à la réalité des peuples. 

Extraits :
  • "Aujourd'hui, beaucoup de choses nous séparent. Mais nous ne devons pas oublier ce qui nous unit. Et nous ne devons pas détruire ce que nous avons en commun. Par exemple, l’Église. Pourquoi faudrait-il détruire l’unité de l’Église orthodoxe russe ?
  • Du temps a passé. Et parce que que les gens vivaient sur la frontière avec le monde catholique, avec l’Occident, une communauté particulière relativement indépendantes de l’État russe a commencé à émerger. Comment devons-nous nous réagir à cela ? Je l’ai déjà dit : nous devons respecter cette réalité Mais nous ne devons pas pour autant oublier notre identité commune".
L'évolution de l'Ukraine: une histoire 100 %... russe !
Puis le président Poutine de continuer de rappeler des évidences des liens fraternels unissant naturellement russes et ukrainiens, mais en mettant progressivement en avant une stratégie russophobe manipulant, via des radicaux nationalistes, cette région tiraillée entre Occident et Eurasie.
  • "L'entité ukrainienne, en particulier, a commencé à être utilisé à la veille de la Première Guerre mondiale par le service de renseignement autrichien. Pourquoi ? C’est un cas bien connu : « diviser pour mieux régner ». C’est une chose tout à fait compréhensible.
  • Nous devrions partir de la réalité, mais sans oublier qui nous sommes et d’où nous venons. Et d’ailleurs, les pères fondateurs du nationalisme ukrainien eux-mêmes n’ont jamais dit qu’il fallait se quereller avec la Russie. Aussi étrange que cela puisse paraître, mais leurs principaux ouvrages du XIXe siècle disent bien que l’Ukraine est : primo: multiethnique et devrait être un État fédéral, et secundo, doit nécessairement établir de bonnes relations avec la Russie. Les nationalistes d’aujourd’hui semblent avoir oublié cela. Je vais vous dire pourquoi ils l’ont oublié. Savez-vous pourquoi ? Parce que les intérêts du peuple ukrainien ne sont pas la principale question à leur ordre du jour.
Le président Poutine aborde ensuite le coeur de la réalité et de son message :
  • Quel est aujourd'hui l’intérêt du peuple ukrainien si, à la suite de la rupture des relations avec la Russie, la construction de missiles, de navires, d’avions et de moteurs est perdue, et que le pays est en fait désindustrialisé ? Quel est l’intérêt ?
  • La Banque mondiale exige la fin des subventions croisées. Qu’est-ce qu’il y a de bien là-dedans ? Ou bien ils vont les forcer à exporter le bois des Carpates. Bientôt, les Carpates seront complètement chauves.
  • Et où est l’argent ? Dans les banques étrangères. Qu’est-ce qu’ils doivent faire pour cela ? Montrer qu’ils sont au service de ceux qui ont cet argent.
  • Alors, la seule chose que les ukrainiens peuvent vendre c'est la russophobie. Parce que certains aiment à vouloir séparer l’Ukraine de la Russie, ils pensent que c’est une mission très importante."



Poutine en conclusion rejoint alors le constat développé dans son essai "Le grand échiquier" par Zbigniew Brzezinski, le faucon anti-russe de nombreuses présidences américaines :
  • "Parce que toute union de la Russie et de l’Ukraine, ainsi que de leurs capacités et de leurs avantages respectifs, conduirait à l’émergence d’un concurrent, de niveau international pour l’Europe et le reste du monde. Personne n’en veut. C’est pourquoi ils feront tout pour nous séparer."
A partir de là il n'est pas délirant de supposer que la position de Vladimir Poutine est à la fois de protéger le Donbass, de l'accompagner étape par étape vers son retour en Russie mais sans créer si possible une rupture historique brutale et définitive avec l'Ukraine qu’entraînerait un conflit ouvert.

Et le développement sociétal des 2 républiques du Donbass orienté sur une optimisation du bien être de leurs populations peut devenir à moyen terme un exemple de réussite politique pour les ukrainiens qui vivent depuis l'indépendance un naufrage progressif de leur Etat, qui depuis le Maidan s'est transformé en chaos socio-économique généralisé.

Ansi les Républiques du Donbass pourraient, simplement par l'exemple de leur réussite devenir une source d'inspiration et de motivation pour une population ukrainienne de plus en plus fatiguée et appauvrie par tant d'années de corruption et d'asservissements au profit d'intérêts oligarchiques ou étrangers.

Carte de 1921: "Donbass, coeur de la Russie"
En observant les actions du régime de Kiev on ne peut que constater que dans leurs extrémisme borné et leur russophobie hystérique, ils servent en fait ce discours du Kremlin qui en cheminant entre fermeté et réconciliation évite les dérapages bellicistes de KIev sans toutefois crisper ses relations avec Moscou.

Pendant 5 ans, les accords de Minsk, en plus de calmer les opérations militaires dans le Donbass, ont poussé Kiev dans les derniers retranchements de son absurdité pro-occidentale et son refus de regarder sa réalité russe incontournable. Aujourd'hui Zelensky a démontré que non seulement il n'avait ni les moyens, ni surtout la volonté de mettre en œuvre ces "accords de Minsk" approuvés par le Conseil de sécurité de l'ONU, mais qu'il augmentait à chaque discussion leur faisabilité préférant pour sortir de cette guerre civile que son prédécesseur a perdu. 
Et le nouveau président ukrainien de continuer une fuite en avant suicidaire, à l'image de cette lamentable opération du 18 février qui a délibérément sacrifié des soldats ukrainiens uniquement pour servir une propagande russophobe délirante qui est devenue la seule raison d'être du pouvoir kiévien depuis le Maïdan.

Aujourd'hui le sabotage ukrainien des accords de paix pour le Donbass est une évidence pour beaucoup, y compris pour de plus en plus de partenaires occidentaux qui perçoivent dans les incohérences de Zelznsky la preuve d'une hypocrisie vis à vis d'accords de Minsk loués par devant et poignardés par derrière.

Certes les relations entre Russie et Ukraine vont continuer dans la mesure du possible et surtout des intérêts économiques partagés comme par exemple les accords commerciaux sur le transit gazier, frontaliers et maritimes, mais il est fort à parier que désormais le processus d'intégration du Donbass va non seulement continuer mais probablement s'envoler vers la Russie et ce du fait des dernières trahisons ukrainiennes de leurs engagements qui ont définitivement libéré le lest de Minsk qui freinait l'espérance des populations de Donetsk et Lugansk.

Erwan Castel



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