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lundi 13 décembre 2021

Feu vert de Washington pour le "Javelin"


"Nous nous attendons à ce que les systèmes antichars "Javelin" 
soient utilisés pour l'autodéfense. Mais il n'y a pas de restrictions 
sur l'endroit exact en Ukraine où ils peuvent être déployés"

John Kirby, porte parole du Pentagone

Depuis 2018, les USA (à l'initiative du président Trump) ont commencé à livrer à l'Ukraine le  système d'arme antichar FGM-148 "Javelin" qui est un des armements antichars "up to date" les plus performants (et les plus chers) du marché de l'armement.

  • Un premier lot de missiles "Javelin", d'une valeur de 47 millions de dollars, comprenant 37 postes de tir et 210 missiles a été livré à Kiev avec un programme de formation et d'entrainement des servants ukrainiens par des instructeurs de l'OTAN.
  • En 2019 un contrat pour un deuxième lot de "Javelin" a été conclu, avec la restriction que le "Javelin" ne devait pas être déployé dans le Donbass mais stocké à l'Ouest "pour dissuader la Russie de mener une offensive".
  • En juin 2020, le deuxième lot de missiles "Javelin" arrive à Kiev, comprenant 10 postes de tir et 150 missiles. Peu de temps des renseignements font état de "Javelin" arrivant sur le front du Donbass, piétinant sans surprise la restriction de Washington.
  • Le 22 octobre 2021, un troisième lot de "Javelin" a été livré à l'armée ukrainienne pour 30 postes de tir et 180 missiles. Tous ces chiffres ne sont bien sûr que les quantités officiellement déclarées. 
  • En avril 2021, au moment de la première escalade majeure qu'initie Kiev dans le Donbass, la présence de "Javelin" dans les unités ukrainiennes déployées sur le front est confirmée par plusieurs sources et images ukrainiennes. 
  • En décembre 2021, l'administration Biden lève la restriction d'emploi concernant l'emploi du missile "Javelin", qui de facto a déjà été bafouée par les forces ukrainiennes, même si aucun tir confirmé n'a été réalisé jusqu'à présent.

L'attention autour de ce missile antichar "Javelin", qui est une menace importante aussi bien pour les véhicules blindés que pour les bunkers formant l'ossature du réseau des tranchées républicaines, est telle que de nombreux observateurs se sont précipités fin novembre sur une vidéo de destruction de véhicules républicains pour y voir à tort une première utilisation de cette arme de fabrication étasunienne, d'autant plus que Kirill Budanov, le chef du Renseignement de la Défense ukrainienne l'avait laissé entendre et que quelques jours auparavant le drone d'attaque turc Bayraktar avait été lui, effectivement engagé sur le front Sud.

Dans les territoires du Donbass occupés par Kiev, le vice-ministre ukrainien Georgy Tuka pour les "territoires temporairement occupés" (lire les républiques de Donetsk et Lugansk) s'était plaint dernièrement de cette "restriction d'emploi du missile "Javelin" qui empêche déclarait-il d'utiliser les "cadeaux tant attendus" de l'Amérique dans le Donbass".

Voilà maintenant la présence du missile étasunien "Javelin", libéré des restrictions d'emploi initiales, est actée comme le montre un reportage américain sur le front du Donbass de ce début décembre 2021:

Reportage de la chaine de télévision  étasunienne ABC

Reste maintenant à savoir où et quand les "ukrops" passeront à l'acte avec le 'Javelin',  permettant ainsi aux fourbes USA de s'engager plus en avant par procuration dans la guerre du Donbass.

La réponse de la Russie au déploiement officiel du missile antichar étasunien dans le Donbass est déjà annoncée et sera adaptée à la progressivité de la situation. C'est ce qu'a déclaré Leonid Kalachnikov, le chef de la Commission de la Douma d'État sur les affaires de la CEI.  

"Si l'autre partie est approvisionnée en armes Javelin et ainsi de suite, alors
la Russie fournira aussi des moyens pour protéger les gens de l'autre côté"

Mais cet avertissement russe qui, comme d'habitude laisse toujours une porte ouverte à une désescalade et des négociations, risque fort d'être ignoré par les ukro-atlantistes, l'Ukraine, poussée par l'OTAN, restant fidèle à sa dynamique russophobe engagée sur le Maïdan, continue sa fuite en avant suicidaire.

Erwan Caste


l

dimanche 12 juillet 2020

Menaces sur le front, 1: le "Javelin"


Malgré que ce soit sous son mandat qu'ont été organisés avec l'aide des services US le coup d'Etat du Maïdan et la guerre du Donbass, Obama avait toujours opposé son veto à la livraison d'armes létales au nouveau pouvoir de Kiev en guerre contre les russes de Donetsk et Lugansk...

En revanche, des conseillers militaires, des programmes de formation et de modernisation aux normes occidentales des forces de Kiev avaient été déployés en Ukraine sur fond d'aides financières, d'assistances militaires et d'intégration aux exercices interalliés de l'OTAN, sur fond du processus d'intégration de l'Ukraine dans l'organisation atlantiste. Les seules fournitures accordées à l'Ukraine concernaient alors des équipements non létaux (logistique, transport, transmission, protection individuelle, optique, médical).

Mais, c'est finalement Trump qui, derrière ses beaux discours anti-mondialistes, va autoriser l'envoi d'armes américaines à l'armée ukrainienne, suivi par d'autres pays de l'OTAN tel que le Canada, la Turquie ou la France par exemple. 

"Business is business !" mais pas seulement...

L'engagement militaro-industriel des pays de l'OTAN en Ukraine est de plus en plus important dans les actions, les effectifs, les calendriers, et dans un déploiement géographique. Désormais cette implication de l'OTAN dans la stratégie russophobe de Kiev est visible jusque dans les territoires du Donbass occupés par Kiev jusqu'au front lui-même, régulièrement "inspecté" par des conseillers militaires étasuniens, canadiens français ou britanniques, et couvert par les ressources du renseignement étasunien (satellites, drones, radars...) en soutien aux attaques des forces armées ukrainiennes contre les territoires des républiques de Donetsk et Lugansk.

Situation sur le front



Depuis environ 1 an, en complément de l'artillerie, l'emploi par les ukrainiens de missiles antichars et de drones largueur d'obus s'est intensifié et même généralisé pour détruire les positions défensives républicaines mais aussi terroriser les populations civiles quotidiennement ciblées par Kiev.

Voici un nouvel exemple de cet emploi de missile antichar sur le front du Donbass

Juillet 2020, destruction ukrainienne d'une position 
défensive républicaine sur le front Sud de la RPD, 
secteur de Sakhanka avec 2 missiles antichars 
Localisation des tirs ukrainiens 
Les missiles antichars guidés se révèlent effectivement plus efficaces que l'artillerie pour détruire des positions enterrées et fortifiées :
  • Les équipes antichars légères, mobiles et discrètes peuvent s'approcher à proximité de leurs objectifs, puis s'exfilter très rapidement avant les ripostes.
  • Le guidage et la durée de vol très courte du missile permet de viser avec précision les parties faibles de l'objectif (embrasures, accès aux tranchées...).
  • Les charges des missiles sont à la fois performantes et diversifiées et permettent d'adapter les effets à la nature de l'objectif (charge creuse, thermobarrique...).
  • Tout comme l'artillerie, les équipes antichars bénéficient de l'appui des drones d'observations pour identifier les cibles, observer et corriger les tirs suivants. 
Sur fond de cette escalade des attaques ukrainiennes, les USA depuis 2018 livrent des système d'arme antichar FGM-148 "Javelin" aux forces ukrainiennes qui récemment ont annoncé qu'ils allaient être déployés prochainement sur le front, les programmes de formation des servants venant de s'achever par les derniers exercices de tirs opérationnels. 


Le missile antichar "Javelin"



Tandis que les USA viennent de livrer un nouveau lot de missiles "Javelin' à l'Ukraine, Kiev annonce que les unités qui en ont été les premières bénéficiaires depuis 2018 ont achevé leurs formations et entraînements et devraient être déployées prochainement sur le front du Donbass.

Selon le service de presse du commandement opérationnel "Ouest" les forces armées ukrainiennes viennent d'achever sur un terrain d'exercice dans la région de Rivne la phase finale de l'entraînement au combat des systèmes d'armes antichar FGM-148 "Javelin" (étasunien) jumelé à l'ATGM "Stugna-P" (ukrainien).
Commentant ces exercices antichars, Ruslan Khomchak, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes a déclaré que chaque brigade qui entrerait dans les forces de l'Opération des Forces Combinées (OOS) déployées dans le Donbass serait renforcée par les "Javelins".

Sur un front déjà tendu à l'extrême, l'emploi de dizaines de poste de tir FGM-148 "Javelin" risque de constituer une nouvelle menace qui risque de provoquer une escalade majeure entre ukrainiens et républicains. Et, à ces armes antichars modernes étasuniennes qui vont multiplier les effets destructeurs des frappes ukrainiennes doivent se rajouter la haute probabilité du déploiement prochain des drones d'attaques "Bayraktar TB2" que la Turquie a livré à l'Ukraine et qui viennent d'achever eux aussi leur phase de formation et d'entrainement au sein des forces armées de Kiev. 

Pour ce qui est du "Javelin", de nombreuses vidéos circulent depuis quelques jours sur les sites ukrainiens présentant l'achèvement de son niveau opérationnel au sein des forces armées ukrainiennes et de la perspective de son déploiement dans le Donbass.

Le missile FGM 148 "Javelin" est un système d'armes étasunien conçu par les entreprises Raytheon et Lockheed Martin, déployé dans à la fin des années 90 et qui a subi depuis plusieurs améliorations afin de s'adapter à l'évolution des blindages et des défenses anti missiles modernes. 

Caractéristiques du "Javelin" :
  • Prix du poste de tir (réutilisable): 125 000 dollars
  • Prix d'un missile: 78 000 dollars.
  • Poids: 6,4 kg (poste de tir) + 11,8 kg (missile)
  • Charge utile: 8.4 kg en tandem (1ère, blindages réactifs et 2ème, pénétration) 
  • Calibre: 127mm
  • Portée: 65  (attaque horizontale) ou 150 mètres (attaque verticale) jusqu'à 2000 m.
  • Vitesse: 143 mètres/seconde
  • Guidage: autoguidage infrarouge
  • Précision: inférieure à 1 mètre
Pour résumer, le "Javelin" c'est : 
  • un missile de type "fire and forget" c'est à dire qui se verrouille automatiquement sur la cible au moment du tir et qui est ensuite complètement autoguidé par un système infrarouge pendant son vol (contrairement aux missiles actuellement en service, qui suivent la trajectoire visée ou au mieux sont guidés par des fils à la traîne manipulés par le tireur devant maintenir sa visée en permanence).
Le "Javelin" dispose de 2 modes d'attaque possibles :
  • un mode d'attaque horizontal, épousant les lignes du terrain (jusqu'à des élévations de 60 mètres) particulièrement efficace contre les positions et bâtiments fortifiés;
  • un mode d'attaque vertical où, après une montée à 160 m d'altitude, le missile frappe sa cible par le dessus idéal contre les chars et VCI faiblement blindés sur le dessus.
Les avantages du "Javelin"pour le Donbass :
  • Son système mobile et léger (20 kg environ pour un poste de tir armé) et son missile "fire and forget" autorise le binôme des servants a procéder à une exfiltration immédiatement après le tir,
  • Au moment du tir, le moteur fusée est allumé seulement après éjection du missile du tube de lancement, ce qui permet de réduire le cône arrière de sécurité et ainsi de tirer depuis des espaces fermés de type bâtiment ou position enterrée.
Récemment Olesksandr Turchinov, qui avait initié la guerre du Donbass lorsqu'il était président ukrainien par intérim puis la conduite de la stratégie militaire a appliquer lorsqu'il était chef du Comité national de Sécurité et de Défense de l'Ukraine, rappelait dernièrement l'efficacité du grignotage de la zone neutre dite "grise" (70% environ) séparant les belligérants réalisé par les soldats ukrainiens à force d'attaques ponctuelles et répétés sur les défenses républicaines. Et le "pasteur sanguinaire" de conclure qu'il fallait continuer notamment avec les nouvelles armes mises à disposition des forces ukrainiennes.

Nul doute que le "Javelin" risque alors de faire son entrée sur le front... sauf si Washington, ne voulant pas prendre voir une escalade incontrôlable s'engager dans le Donbass, donne l'ordre à ses valets ukrainiens de le garder en réserve. Car, en cas d'emploi important du "Javelin" par les "ukrops" il faut s'attendre à des destructions et des pertes importantes et donc à des ripostes républicaines proportionnelles, ce qui risque fortement de provoquer une escalade particulièrement meurtrière, qui donnera le coup de grâce définitif au jeu de dupe moribond des diplomaties enlisées...

A suivre..

Erwan Castel

Article référence : Topwar.ru


mardi 23 novembre 2021

Armement antichar de l'OTAN en action dans le Donbass


Après avoir utilisé pour la première fois sur le front du Donbass, ce 26 octobre, un de ses drones d'attaque de fabrication turque (pays de l'OTAN) Bayraktar TB2 contre une pièce d'artillerie républicaine défendant Telmanovo, les forces ukrainiennes ont franchi un nouveau pas dans l'implication de l'OTAN dans le conflit du Donbass en engageant pour la première fois aussi au combat  le système d'arme antichar Javelin de fabrication américaine... Cette information à confirmer, ne serait pas surprenante dans le contexte de l'escalade militaire en cours, émane de Howard Altman, rédacteur en chef de l'édition américaine du Military Times, qui l'a reçu lui-même du chef de la Direction principale du renseignement du ministère de la Défense de l'Ukraine, Kirill Budanov : "Budanov m'a dit que les troupes ukrainiennes utilisaient Javelin au combat", a déclaré Altman. 

Concernant la déclaration de Budanov d'emploi du Javelin

La livraison à l'Ukraine par les USA de ce système d'arme antichar FGM-148 "Javelin" date de 2018 à l'initiative du président Trump (alors qu'Obama, bien qu'à la manœuvre du Maïdan avait toujours mis son veto sur la livraison d'armes létales au régime de Kiev). Un premier lot d'une valeur de 47 millions de dollars environ comprenant 37 postes de tir et 210 missiles avait été livré à Kiev avec un programme de formation et d'entrainement des servants ukrainiens. Lorsqu'en 2019 un contrat pour un deuxième lot de Javelin  de 10 postes de tir et 150 missiles a été conclu entre Kiev et Washington.

Lors de cette deuxième livraison de Javelin étasuniens, il a été stipulé que ce système d'armes antichar ne devait pas être déployé dans le Donbass et rester stocké dans l'Ouest de l'Ukraine, n'étant mis en dotation en Ukraine que pour "dissuader la Russie de mener une offensive sur son territoire" et non pour être engagé en premier.

Cependant, le régime de Kiev, coutumier de violer tous ses engagements internationaux a a été observé en 2020, alors qu'il vient de recevoir un deuxième lot de ce missile antichar (en juin) opéré le déploiement des unités antichars "Javelin" opérationnelles sur le front du Donbass, où une première utilisation au combat aurait donc été réalisée ces derniers jours (à confirmer), alors qu'un troisième lot de ces missiles antichars étasuniens vient d'être livré à l'armée ukrainienne le 22 octobre dernier.

2018, un soldat ukrainien à l'entrainement au Javelin étasunien. On voit bien sur cette photo la
caractéristique de ce missile qui est de réaliser un vol "en cloche" afin de frapper sa cible sur le
dessus en augmentant ainsi sa vitesse d'impact et en frappant une surface plate et moins blindée. 

Cet engagement opérationnel du missile antichar Javelin, quelques jours après celui du drone d'attaque turc Bayraktar, ne constitue pas seulement un nouveau pas de Kiev dans l'agression contre le Donbass mais ils marquent tout deux l'implication, certes indirecte, de pays de l'OTAN dans les actions offensives contre les républiques du Donbass...

Mais attendez, le pire c'est maintenant :


La plupart des combattants sont des jeunes de 20 à 30 ans élevés, pour ne pas dire addictes aux réseaux sociaux et au narcissisme d'une communication compulsive quotidienne. Aussi pour les services de renseignement il est très intéressant de visiter ces collections de selfies photos ou vidéos, car ils dévoilent des détails intéressants et non officiels. Ainsi récemment sont apparus entre les mains des "ukrops" des lances roquettes bulgares ou étasuniens ne faisant l'objet d'aucun contrat avec Kiev.

Dans une vidéo ukrainienne diffusée sur le réseau TikTok, des ukrops sur le front du Donbass ont accidentellement montré des tubes usagers de lance roquettes APILAS de fabrication française. On pourrait alors rétorquer que cela n'est pas surprenant, la France étant tout à la fois un des plus grands vendeurs d'armes de la planète, un membre de l'OTAN et un laquais de Washington...

Sauf que Paris est aussi et surtout en Ukraine le cosignataire 
d'accords internationaux pour une résolution diplomatique du 
conflit (Minsk1 en 2014 & Minsk 2 en 2015) en tant que... 
"garant du processus de paix" !

Voici la vidéo coupable : on y voit un soldat ukrainien tirer
avec un RPG 18 sur des positions républicaines puis dans le 
mouvement du vidéaste, posés contre le mur de la tranchée 
des tubes usagés de "RAC 112 (mm) Apilas" made in France.
 

Arrêts sur image :

Aucun doute, il s'agit bien du lance roquette antichar français de 112mm "Apilas" :

Aucun doute, il s'agit bien de la 128e brigade d'assaut de montagne ukrainienne :

De fait, le FGM 148 Javelin et le RAC 112 Apilas sont des armes antichars complémentaires du champ de bataille: le premier à partir d'un poste de tir lourd et réutilisable à 2 servants, permet de traiter des cibles importantes jusqu'à 2000 m grâce à des missiles autoguidés de 127mm s'élevant à plus de 150 mètres au dessus de leur cible (78000 dollars le missile) avec 8.4 kg de charge creuse, le deuxième étant un lance roquette individuel jetable tirant rapidement des roquettes de 112mm avec 1.5kg de charge creuse (jusqu'à 720mm d'acier ou 2 m de béton.

Lorsque cette vidéo est apparue cette semaine, beaucoup ont rapporté qu'il s'agissait de livraison non officielles de la France vers l'Ukraine, ou de stocks récupérés sur le théâtre d'opération syrien où Paris avait livré d'importants stocks d'armes pour remercier les égorgeurs djihadistes de "faire du bon boulot" comme l'avait déclaré alors Fabius, le ministre français des "Affaires à l'étranger".

Or il n'en est rien, les Apilas français dans les mains des ukropithèques sont le résultat d'un contrat en bonne et due forme entre Paris (le "garant des accord de Paix" et Kiev qui depuis plus de 7 ans bombarde les civils du Donbass :
  • En février 2021, un accord est signé entre Paris et Kiev pour la livraison de "60 RAC 112 Apilas", qui doivent être testés pendant 2 mois par les forces spéciales ukrainiennes sur des terrains d'entrainement (en vue d'un potentiel contrat d'armement futur important). 
La question est de savoir si les Apilas surpris dans cette vidéo sont de ce lot "test" ou (plus vraisemblablement de lots ultérieurs livrés par Paris et sous quel définition (essai ou contrat d'armement). 

Ce qui est certain c'est que tout comme pour le Javelin étasunien Kiev a dérogé à la restriction de ne pas engager cet armement antichar sur le front du Donbass, et que fournir des armes létales alors qu'on prétend être "garant d'un processus de paix" qui a fait l'objet d'un engagement international devant l'ONU, relève de la pire hypocrisie criminelle laquelle est devenue depuis longtemps la marque de fabrique de la diplomatie française ! 

Une fois de plus la France, toute honte bue, vient de brader sa crédibilité internationale, de trahir son engagement diplomatique et de collaborer avec des criminels de guerre... tout cela pour être le bon laquais zélé d'une ploutocratie mondialiste et de sa stratégie du chaos !

Et bien sûr, pas un média et même un candidat d'opposition à l'élection présidentielle parisienne viendra remuer les étrons marconiens dans le Donbass ! 

Erwan Castel

mercredi 24 novembre 2021

Le Javelin entre info et intox !

Dans un précédent article, j'évoquais l'annonce faite côté ukrainien d'une première utilisation non confirmée du missile antichar étasunien "Javelin" sur le front du Donbass par les forces ukrainiennes. Or, sur les réseaux sociaux "ukrops", alors que d'autres sources affirment désormais cette information, une vidéo est apparue montrant la destruction de 2 blindés commentés républicains dans le secteur de Popasna, sur le front de Lugansk.

Si depuis dans conflit, après le retrait fin 2014 suite à d'importantes pertes de l'aviation ukrainienne, nous pouvions observer un affrontement "à armes égales" issues du même arsenal soviétique, cette équilibre technologique vient de connaître ces derniers jours un changement très important en faveur des forces ukrainiennes avec l'engagement d'une part du drone d'attaque de fabrication turque "Bayraktar TB2" sur le front de Donetsk le 26 octobre et maintenant celui du missile antichar de fabrication américaine "Javelin" qui aurait été à son tour utilisé.

Montage vidéo par la propagande ukrainienne d'une 
archive américaine montrant 2 tirs de missiles Javelin 
On peut observer ici les  deux types de tir réalisables : 
à 10", un tir en cloche où la cible est frappée par le 
dessus (ici échec) et à 29", un tir direct où la cible 
est frappée horizontalement (explosion anormale)

En réalité il s'agit de tirs ukrainiens effectivement destructeurs mais de réalisé en 2016 sur 2 camions Oural de la milice de la République Populaire de Lugansk avec des missiles Stugna P . D'ailleurs la vidéo origine datée d'avril 2016 existe encore sur YouTube sur laquelle on peu voir la séquence utilisée aujourd'hui pour la fake news ukrainienne (à partir de 0'56"):


Quand bien même on n'aurait pas cette vidéo origine pour dénoncer le mensonge, il suffit de regarder la vidéo pour comprendre qu'il ne eut s'agir de missile Javelin, car ces derniers sont du type "fire and forget" (le missile dispose d'un calculateur autonome lui permettant de s'autoguider sur la cible verrouillée au moment du tir)et leur vols, que ce soit pour des tirs tombant ou directs s'élèvent dès la sortie du tube et non à mi parcours comme on peut le voir sur le 2ème tir de la vidéo présentée cette semaine sur les réseaux. En revanche le Stugna P est un missile à guidage laser dont la cible doit être illuminée en permanence par le tireur, qui peut modifier également son vol. 

Sur ce schéma constructeur du missile Javelin, on voit bien que la trajectoire balistique 
ne correspond pas avec celle de la vidéo propagande attribué à ce système d'armes

Cela dit, la menace du Javelin est bien réelle et il ne serait pas surprenant qu'il soit employé prochainement contre des positions républicaines, ce missile antichar comme tous les autres étant aussi efficace contre les "blindages" des bunkers.

Erwan Castel




mardi 23 juin 2020

Avis aux trumpolâtres de papier...


Cédant à la mentalité manichéenne qui caractérise depuis 2000 ans l'ère vulgaire de la pensée unique occidentale, nombreux sont les observateurs qui depuis les dernières élections présidentielles étasuniennes apportent leur soutien - quand ce n'est pas leur admiration - à Donald Trump dans ses conflits politiques et sociétaux avec les démocrates.
Si effectivement l'élection de Clinton aurait été une catastrophe monstrueuse et rapide pour la sécurité du Monde, on ne peut pas dire que la stratégie de Donald, certes plus soft et populiste soit meilleure à moyen terme, confirmant qu'en stratégie, l'ennemi de mon ennemi n'est pas forcément mon ami...
  • Trump promettait un désengagement au Levant, or il y a non seulement maintenu les troupes américaines, mais pire, il a jeté de l'huile sur le feu en reconnaissant Jérusalem capitale d’Israël, les territoires occupés comme israéliens et commandité l'assassinat du général Soleimani.
  • Trump promettait que les USA, n'interviendraient plus dans les pays étrangers, or en Bolivie, les services étasuniens ont soutenu le renversement du président équatorien Evo Morales par une faction fasciste et ont aidé l'opposant vénézuélien Gaïdo dans sa tentative de coup d'Etat contre le président Maduro.
  • Trump promettait de diminuer la part américaine dans l'OTAN, or il poursuit l'installation des bases US dans l'ex Europe de l'Est, soutient les processus d'adhésion de pays étant dans la zone d'influence russe (Géorgie, Ukraine par ex.) et cette année fait débarquer pour des exercices le plus gros effectif US depuis 30 ans.
On pourrait continuer à faire le tour des promesses non tenues du candidat Trump, des sanctions économiques que Washington lance encore et toujours à travers le Monde sur les pays "non alignés", sans oublier la nouvelle crise avec la Chine -certes prévisible - mais qu'il a déclenché sur fond de crise sanitaire...
Alors non, Trump n'est pas ce blanc chevalier qui terrassera le dragon mondialiste, mais juste l'acteur - le moins pire peu-être - d'une même ploutocratie dont seuls les méthodes, le calendrier et bien sûr le vernis des discours électoralistes diffèrent de celles de ses concurrents démocrates mais avec qui il partage les mêmes objectifs hégémoniques !

Personnellement, je me fous des déclarations des politiciens quels qu'ils soient, où qu'ils soient, seuls leurs actes m'intéressent pour juger leur politique réelle. Et dans ce domaine force est de constater qu"un éléphant, ça trump énormément" !

Dans le Donbass, nous sommes aux premières loges pour constater que rien n'a changé entre Trump et Obama. Les conseillers militaires et politiques étasuniens qui tirent les ficelles des marionnettes de Kiev depuis le Maïdan n'ont pas raccourci la laisse de leur meute lancée contre les républiques de Donetsk et Lugansk. Et tandis que les sanctions économiques anti-russes sont prolongées et renforcées par Washington (et l'UE), les dollars continuent de pleuvoir en Ukraine pour soutenir son effort de guerre dans le Donbass mais aussi les armes létales étasuniennes qui y sont exportées depuis que Trump a levé le veto présidentiel à leurs livraison.


Dernier exemple en date de la continuité de la stratégie belliciste étasunienne en Ukraine jetée est ce nouveau lot de missiles antichar US "Javelin" livré le 17 juin dernier à une armée en guerre contre les populations russes du Donbass.

Dans le cadre de "l'assistance américaine dans le domaine de la sécurité et de la coopération avec l'Ukraine" Kiev avait déjà reçu en mars 2018 un premier lot de postes de tir et missiles Javelin - 37 lanceurs et 210 missiles - d'un montant de 47 millions de dollars.

Si la crise sanitaire du Covid 19 qui a tant bousculé le calendrier des vols aériens et des échanges économiques planétaires, en revanche ne semble pas concerner les largages par les faucons de guerre étasuniens de bidons d'essence sur les feux géopolitiques du Monde. Ainsi le 17 juin 2020, le bureau de la coopération militaire de l'ambassade des États-Unis à Kiev a reçu des équipements d'une valeur de plus de 60 millions de dollars à remettre à leurs "partenaires ukrainiens", Cette livraison concerne principalement des moyens de communication radio, des munitions et des missiles antichar "Javelin"


Ces armes ont été livrées par un avion de Atlas Air Worldwide, la compagnie aérienne du Transport Commandement américain chargé sur la base aérienne de Douvres à destination de Kiev.Ce deuxième lot de systèmes d"arme "Javelin" et leurs missiles est d'un montant de  près de 40 millions de dollars.

« Les États-Unis sont attachés à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine », nous informe t-on dans le communiqué de l'ambassade étasunienne de Kiev. Et sur les photos publiées on peut compter au minimum 120 containers de missiles "Javelin", tandis que par la rampe arrière de l'avion cargo, d'autres palettes de missiles sont encore visibles.

La Fédération de Russie a maintes fois mis en garde la communauté internationale au sujet de ces fourniture d'armes à l'Ukraine, et qui ne conduiront qu'à une exacerbation du conflit dans le Donbass. qu'exacerber le conflit dans le Donbass, empêchant ainsi définitivement sa résolution diplomatique potentielle via les accords de Minsk.


La plupart des politiciens européens se sont également prononcés contre ces livraisons d'armes à l'Ukraine, comme par exemple l'ancien président de l'OSCE, le président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui a déclaré que "la fourniture d'armes à l'Ukraine est un moyen très risqué et contre-productif de sortir de la crise."

D'aucuns pensent que ces livraisons d'armes sont à mettre en relation avec l'escalade militaire observée sur le front, et les récents rapports concernant l'arrivée dans le Donbass d'importantes concentrations de matériels d'assaut ukrainiens (chars de combat, obusiers lourds et missiles balistiques) ne leur donnent pas tort.

De son côté, Vladimir Yelchenko l'ambassadeur ukrainien aux USA, a déclaré que Kiev négocie avec Washington sur la livraison de trois autres grandes quantités d'armes pour cette année.

Il existe donc de nombreux indices concrets, en dehors des rodomontades menaçantes mais coutumières des politiciens ukrainiens vis à vis des républiques du Donbass, qui laissent à penser que l'option militaire s'impose de plus en plus dans la gestion ukrainienne de ce conflit du Donbass.

Si une offensive généralisée est peu probable vue les moyens disponibles et encore moins une offensive urbaine vu la faible motivation des troupes ukrainiennes, en revanche Kiev pourrait -être tenté par une offensive éclair dans la zone Sud de la République Populaire de Donetsk, secteur où le tissu urbain est très faible, les frontières russes très proches et les centres stratégiques républicains éloignés. Depuis 2015, j'ai évoqué ici plusieurs fois ce scénario que j'ai baptisé "axe Sud", ce qui rappelle au passage que la menace d'une offensive ukrainienne "imminente" n'est pas une nouveauté dans les épisodes de la guerre du Donbass...

Cependant il ne faut pas perdre de vue que plus les accords de Minsk -irréalisables sous tous leurs formats possibles- se réduisent comme peau de chagrin, plus la probabilité d'un coup de force militaire ukrainien sur le front grandit...

Et dans la guerre vaut-il toujours mieux prévoir le pire que de se faire surprendre !

Erwan Castel


lundi 22 juin 2020

Comment jeter de l'essence sur un feu


L' Ukraine vient de recevoir un nouveau lot de systèmes de missiles antichars Javelin. Les Etats-Unis ont transféré 60 millions $ d'aide militaire à l'Ukraine. vient d'annoncer leur ambassade à Kiev. 

Selon les informations exprimées, cette aide comprend à la fois du matériel non létal mais aussi des armes et des munitions, et en particulier, des postes de tir antichars "Javelin" et missiles.

Plus tôt, l'ambassadeur d'Ukraine aux États-Unis, Vladimir Yelchenko, a déclaré que Kiev avait convenu avec Washington de fournir trois grandes quantités d'armes, y compris des bateaux de patrouille de la Garde côtière tels que Island.

Rappelons que les forces armées d'Ukraine ont déjà reçu un lot d'ATGM et de missiles Javelin de leur part des États-Unis. Au total, en 2018, l'armée ukrainienne a reçu 37 lanceurs et 210 missiles. Le Congrès américain a approuvé la deuxième livraison de missiles du complexe l'année dernière, les médias ukrainiens ont annoncé la fourniture de missiles pour 40 millions de dollars. "

Cela a été rapporté par l'ambassade des États-Unis à Kiev sur sa page Twitter, rapporte le correspondant de PolitNavigator.

"Hier, le bureau de coopération militaire de l'ambassade des États-Unis a reçu un équipement d'une valeur de plus de 60 millions de dollars à remettre à des partenaires ukrainiens, notamment des talkies-walkies, des munitions et des missiles antichar Javelin", indique le communiqué.

Dans un commentaire sur PolitNavigator, l'ancien chef de la commission Verkhovna Rada sur les questions de sécurité nationale et de défense, Georgy Kryuchkov, a averti que ces livraisons étaient lourdes d'aggravation dans le Donbass.

«Il s'agit d'une mesure visant à exacerber la situation, à renforcer les positions des troupes ukrainiennes, à une nouvelle montée des tensions. C'est une étape dangereuse. Les Américains arment ouvertement l'armée, qui est en réalité impliquée contre la Russie et se bat contre la DPR et la LPR.
Le fait que les États-Unis prennent de telles mesures est déterminé par des facteurs politiques internes aux États-Unis. Les autorités se concentrent toujours sur leurs opposants, essayant de les apaiser. Maintenant, Trump est difficile et doit rechercher toutes les mesures qui l'aideront à rester président », estime Kryuchkov.

Ces missiles antichars étasuniens constitueront une aggravation majeure de la situation sur le front du Donbass le jour où Kiev osera les utiliser.

Erwan Castel


mardi 8 mai 2018

Le jeu pervers des Etats Unis en Ukraine


Initiateurs du coup d'Etat du Maïdan en février 2014, les USA ont poursuivi étape par étape leur stratégie incendiaire dans une Ukraine devenue colonie étasunienne, tout en continuant à jouer le rôle de médiateur entre Kiev et Moscou.
  • Mise en place d'une aide minimale pour garder une Ukraine soumise à une dépendance économique, politique et militaire;
  • Normalisation atlantiste de l'appareil politique et militaire ukrainien à travers des aides techniques opérées par des conseillers militaires;
  • Fourniture croissante de matériels militaires et logistiques aux forces armées ukrainiennes accompagnée de programme de formation encadrée
  • Implantation de bases permanentes de l'OTAN en Ukraine sous couvert des exercices militaires de l'alliance s’enchaînant toute l'année et des programmes de formation.
  • Implication progressive dans le conflit du Donbass, notamment par les ressources de renseignement de l'OTAN (satellites, drones stratégiques etc...).
Mais c'est surtout avec les récentes livraisons d'armes que Washington a franchi cette année un pas important et dangereux dans son interventionnisme belliciste en Ukraine.

Si les USA ont déjà dépensé 850 millions de dollars en fournitures diverses et équipements non létaux à l'armée ukrainienne, la "loi sur l'autorisation de défense nationale pour l'exercice 2018" alloue 350 millions de dollars pour des livraisons d'armes à Kiev. On passera rapidement sur le discours mièvre et hypocrite des responsables étasuniens et ukrainiens qui jurent les grands dieux que ces armes létales ne seront pas déployées sur la ligne de contact du front et réservées uniquement à des destinations "défensives".


Une première livraison de 37 postes de tir et 210 missiles antichars FGM148 "Javelin" (47 millions de $) a été effectuée et confirmée en avril. Déjà des responsables ukrainiens demandent leur utilisation sur le front pour "stopper les provocations de l'armée russe" dans le Donbass. Kiev attend désormais la livraison suivante qui concerne des fusils de précision Barrett M107A1, toujours officiellement destinés à des "missions défensives"...
Tirs de "Javelin" (à 80 000$ le missile)

L'armée ukrainienne a commencé le 2 mai dernier à s’entraîner à utiliser ce système d'armes sophistiqué et ce forcément sous la direction d'instructeurs étasuniens.

Désormais les USA ont quitté définitivement le rôle de médiateur qu'ils prétendaient défendre dans le conflit du Donbass, car avec ces livraisons d'armes à l'armée ukrainienne, Washington soutient directement les opérations militaires menées par Kiev contre la population du Donbass. Moscou a d'ailleurs qualifié ces livraisons de ligne rouge franchie par les USA.

Il faut également replacer cette aide belliciste étasunienne dans le contexte de la métamorphose dans le Donbass de l' "Opération Spéciale Antiterroriste" (ATO) en "Opération Militaire Interarmes" (JFO) qui désormais autorise politiquement, légalement et militairement le lancement d'une nouvelle offensive contre les Républiques de Donetsk et Lugansk.  Et les pays occidentaux, y compris les signataires des accords de Minsk qui sont mis à mort à l'occasion, n'ont pas cherché à empêcher cette radicalisation des opérations militaires ukrainiennes dans le Donbass, bien au contraire comme le prouvent les harangues russophobes des responsables de l'Union Européenne, de l'OTAN ou des diplomaties européennes comme celle du ministre français Le Drian par exemple.

Rajoutez à l'hystérie russophobe collective occidentale des livraisons d'armes létales à leurs chiens enragés de Kiev et vous ouvrez la porte à une escalade militaire dont l'accélération probable risque d'être rapidement incontrôlable.

Un des résultats immédiats qui risque de se produire lorsque les premiers postes de tir "Javelin" feront leur apparition sur la ligne de front, est que la Fédération de Russie fournira à son tour des armes performantes aux Républiques du Donbass comme par exemple des systèmes antichars 9M133 "Kornet" qui sont l'équivalent du FGM148 "Javelin", pour bien souligner la réponse du berger à la bergère...


Du côté ukrainien, les responsables politiques et militaires de Kiev, sous influence des éléments radicaux qui tant au parlement que sur la ligne de front les entraînent vers une stratégie agressive contre le monde russe en général et le Donbass en particulier, pourraient être tentés de jouer la carte d'un coup de force militaire contre les républiques séparatistes à la faveur de la coupe du Monde de football qui se déroule en Russie et qui pourrait paralyser une éventuelle riposte russe.

Il reste donc à se préparer au pire et à attendre que le premier tir soit donné...

Erwan Castel


mercredi 27 juin 2018

L'OTAN persiste et signe


Tandis que les Trumpolâtres prédisent que l'énergumène de la Maison Blanche va casser l'OTAN, certains même de délirer en évoquant un départ des USA de cette alliance militaire sous commandement étasunien, cette dernière continue sa stratégie d'expansion territoriale avec comme objectif principal de se positionner autour de la Russie et ses alliés.

Ainsi de la proposition d'intégration dans l'OTAN de la Colombie, pays voisin de l'irréductible Vénézuela et ses réserves pétrolières, ou encore de l'accord entre la Grèce et la Macédoine ("du Nord" maintenant) qui le veto d'Athènes pour son intégration dans l'alliance encerclant la Serbie.

Côté Europe de l'Est et particulièrement Mer Noire, l'OTAN persiste et signe dans sa stratégie agressive contre la Russie qu'elle appuie d'une inversion accusatoire des plus hallucinantes.

Prenons par exemple 2 événements qui viennent de se produire ces derniers jours sur l'échiquier européen  :

LE FOU UKRAINIEN ET LE PION GEORGIEN

Le 25 juin, le Département d'Etat étasunien, par la bouche de Wess Mitchell son secrétaire d'Etat adjoint pour les affaires européennes et eurasiennes,  a annoncé une augmentation des fournitures d'armes à l'Ukraine et la Géorgie.

Devant le Comité sénatorial des affaires étrangères, Mitchell a déclaré que l'augmentation des aides militaires "d'autodéfense" leur était nécessaire pour s'opposer à une "Russie qui les menace militairement". Cette politique d'armement aux frontières de la Russie est désormais possible depuis la levée de l'embargo Obama sur les armes à destination de l'Ukraine et la Géorgie.


Système etasunien de lance missile antichar "Javelin" livré par Washington à l'Ukraine et la Géorgie.

Ces livraisons d"armes ont d'ailleurs  déjà commencé en Ukraine avec la livraison de 37 postes de tirs et 210 missiles antichars "Javelin" le mois dernier pour un montant de 47 millions de dollars. D'autres lots arrivent comme des fusils de précision de type Barret etc... Au total 200 millions de dollars.
Et 250 autres millions de dollars seront également consacrer à Kiev dans le domaine de ma sécurité et du renseignement militaire.

La Géorgie bénéficie également d'un  programme d'assistance militaire similaire: Formation  et équipements (par exemple 72 postes de tir et 410 missiles Javelin pour un montant de 75 millions $.

Mais il ne fait pas perdre de vue que dans le ligne de mire de ces programmes d'equipenents se profile l'intégration de ces pays dans l'OTAN, comme l'a confirmé fin mai, le chef du département d'Etat étasunien Mike Pompeo qui a déclaré que Washington et Tbilissi travaillent sur l'adhésion de la Géorgie.

CONSEIL DE GUERRE DE SOLDATS DE L'OMBRE 

Dans le même temps se tenait à Kiev une rencontre entre les représentants des services de renseignements militaires de  l'Ukraine, la Bulgarie, la France, la Géorgie, la Moldavie, la Roumanie, la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis.



Cette réunion  intitulée "Black Sea Intelligence Forum" a rapidement pris l'allure d'un conseil de guerre contre la Russie justifiant sa convocation en raison de "l'une des plus grandes menaces à la sécurité nationale de chacun des pays participants du forum et de la sécurité mondiale en général a été déterminée par les actions agressives de la Fédération de Russie".

Cette assemblée des soldats de l'ombre, "chouettes" et autres oreilles au service de l'OTAN a convenu de déployer plus de ressources militaires de renseignements sur les frontières de la Russie et dans la zone conflictuelle de la Crimée et du Donbass. D'autres résolutions ont été prises telles qu'un renforcement de la coopération entre les  services  de renseignements nationaux, la tenue de reunions bilaterales et multilaterales régulières etc.



Les 11 et 12 juillet prochains de tiendra dans son nouveau siège a Bruxelles le 26ème sommet de l'OTAN. Se souvenant de l'hystérie russophobe qui avait dominé  a Varsovie en 2016 le 25ème sommet de l'alliance, il sera très interssant d'observer celui ci à l'aune de l'escalade engagé par les USA malgré les discours parfois apaisant d'un Trump qui dans les faits jette plutôt de l'huile sur le feu depuis son arrivée à la maison Blanche, où les commandes du porte avion USA semblent bloquer sur le cap de ses prédécesseurs. 

Pendant ce temps là la situation sur la ligne de front du Donbass ne cesse de s'aggraver causant désormais des pertes quotidiennes du fait de la reprise des bombardements et de ses attaques de l'armée ukrainienne... équipée et encadrée par l'OTAN.

Erwan Castel


Le nouveau logo des services de renseignements ukrainiens, avec la chouette pointant son glaive sur la Russie, symbole de la mentalité atlantiste dirigeant la nouvelle Ukraine.