mardi 10 juillet 2018

Photo du 10 juillet

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Avant de repartir sur le front de Yasinovataya et au sortir d'une permission passée à la maison, les journées et nuitées en caserne alternent préparations, repos, gardes et corvées diverses...

Parmi ces servitudes militaires, le "KPP", poste de garde de la caserne où sont effectués les contrôles des personnes et véhicules entrant et sortant ("Kontrol Propusk Punkt") et pour le service duquel les compagnies s'y collent à tour de rôle.

C'est l'occasion en été de profiter du beau temps crépusculaire et d'échanger quelques mots avec des soldats d'autres unités que l'on ne voit quasiment jamais.

Autour de la base, proche de la zone militaire du front, et coincée entre espace vert, usine et rocade désertée, l'activité humaine décroît en même temps que la lumière du jour, laissant la place à celles des oiseaux de nuit, des chats et même des renards qui se croisent dans leurs traques aux rongeurs.

Vers 21h00, au delà de l'horizon Nord de Makeevka se font entendre les rumeurs sourdes d'un front toujours éveillé tandis qu'au Sud un halo lumineux résistant à l'obscurité naissante marque la direction de Donetsk, la cité rebelle et joyeuse.

Le chant des batraciens finit par assiéger la base de Piatnashka tandis que s'engage le quotidien combat entre les projecteurs du périmètre et l'obscurité rampante. 
Bientôt, seuls quelques véhicules militaires, revenant ou montant vers le front, perturberont le calme nocturne où les pas et les regards des sentinelles vagabondent autour des bâtiments gagnés par la fatigue des hommes au repos.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

"Je t'aime..., moi non plus !"


Le 9 juillet s'est tenu à Bruxelles la réunion UE/Ukraine, la 1ère des 3 rencontres internationales de cette quinzaine de juillet (avec les prochains sommet de l'OTAN et rencontre Poutine-Trump) qui vont peser sur l'évolution du dossier ukrainien, de la Crimée et de la guerre dans Donbass.

Le moins que l'on puisse dire c'est qu'entre l'UE affamée et l'Ukraine mendiante vé n'est plus vraiment l'histoire d'amour mise en scène sur le Maïdan.

Et si ce couple improbable a su danser dans tomber au bal bruxellois la valse de l'hypocrisie cupide c'est surtout par soumission commune à leur maître étasunien qui dirige l'orchestre européen.

Erwan Castel

Source de l'article : Sputnik

UE-Ukraine, le couple vacille mais tient bon... pour le moment 
Fabien Buzzanca

Le 9 juillet se tenait à Bruxelles le 20ème sommet entre l’Union européenne et l’Ukraine. Une rencontre où il a notamment été question de corruption, de prisonniers politiques, des tensions entre Varsovie et Kiev et du projet de gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne. Sputnik France était sur place.

«Ces quatre dernières années, nous avons fait plus ensemble que les vingt précédentes. Ceci témoigne des efforts du peuple ukrainien et du président Porochenko et montre que l'Union européenne continuera à soutenir l'Ukraine et à se tenir à ses côtés.» À en croire Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, tout va bien entre le président ukrainien et Bruxelles. Ce lundi 9 juillet 2018 se tenait dans la capitale belge le 20ème sommet entre l'Union européenne et l'Ukraine, le premier depuis l'accord d'association entré en vigueur le 1er septembre 2017. D'après le président de la Commission européenne, le commerce bilatéral entre Kiev et Bruxelles a grimpé d'environ 25% depuis l'année dernière et la mise en place de la zone de libre-échange entre les deux parties.

Mais le processus de rapprochement est loin d'être terminé. Afin d'aider l'Ukraine à se réformer selon les standards bruxellois, l'Union européenne a déjà débloqué plus de 11 milliards d'euros sur les 12,8 prévus par le programme d'aide. Récemment, le Parlement européen a donné son feu vert à une nouvelle aide d'un montant maximal d'un milliard d'euros dans le but de soutenir la stabilisation financière et les réformes structurelles ukrainiennes.

Regain de tensions

Reste que cette aide est soumise à conditions. La lutte contre la corruption qui frappe l'Ukraine est notamment revenue à plusieurs reprises dans les débats. Les leaders européens ont rappelé que sa poursuite était une condition sine qua none pour le déblocage de ces nouveaux fonds. Jean-Claude Juncker s'est ainsi exprimé sur le sujet:
  • «Je ne peux pas qualifier l'Ukraine de pays corrompu mais il y a beaucoup de corruption, comme dans d'autres pays d'ailleurs. C'est pour cela que nous accordons beaucoup d'importance à cet aspect des réformes.»

Bruxelles a insisté sur la nécessité d'intensifier les efforts afin d'achever la phase de transition instituant la Haute Cour anti-corruption. Cette dernière, qui se veut libre et indépendante, doit venir renforcer l'arsenal de lutte contre la corruption. Petro Porochenko s'est voulu rassurant envers ses collègues européens:
  • «La lutte contre la corruption n'est pas abstraite. Depuis des années nous avons instauré des agences nationales pour lutter contre la corruption, notamment dans les secteurs publics et de l'énergie. Le Parlement a soutenu en majorité mon initiative de créer la Haute Cour anti-corruption.»

Une initiative que Jean-Claude Juncker a qualifiée de «test de sincérité et d'efficacité».

L'histoire d'amour entre l'Union européenne et l'Ukraine connaît quelques frictions. Depuis plusieurs mois, de vives tensions éclatent régulièrement entre l'Ukraine et la Pologne: une loi votée par Kiev renforçant l'enseignement de l'ukrainien à l'école, un texte de loi voté par Varsovie et qui punit d'amendes ou de peines de prison toute personne faisant un lien entre Pologne et Shoah, ou encore des tensions au sujet des massacres commis par les nationalistes ukrainiens pendant la Seconde guerre mondiale… Ces points de discordes entre un pays membre de l'Union européenne et l'Ukraine inquiètent à Bruxelles. Le Polonais Donald Tusk, président du Conseil européen, a appelé à calmer le jeu:
  • «J'aimerais faire un commentaire personnel concernant la relation entre Kiev et Varsovie. Il faut adopter une approche nouvelle de procéder. […] Seuls des adversaires ou des fous politiques veulent qu'éclate un conflit entre nous. Seule la solidarité pleine et entière nous permet de consolider nos relations.»

Autre point de désaccord au sein de l'Union européenne: le projet Nord Stream 2. Ce dernier consiste en la construction d'un nouveau gazoduc reliant la Russie et l'Allemagne par la mer baltique. Défendu par certains pays européens, Allemagne en tête, il fédère d'autres nations du Vieux Continent contre lui. Ses détracteurs craignent qu'il ne renforce la position de la Russie et ne rende l'Europe davantage dépendante de Moscou pour sa fourniture en énergie.

L'Ukraine est, sans surprise, vent debout contre ce projet, comme l'a rappelé Petro Porochenko:
  • «Je veux souligner l'impact négatif du projet Nord Stream 2. Sa raison d'être est géopolitique et destinée à nuire à la sécurité énergétique de l'Ukraine et de l'Union européenne. J'appelle les pays européens à ce qu'ils fassent arrêter ce projet.»

Un appel qui a peu de chance d'être suivi d'effet. L'Allemagne a soutenu la construction du Nord Stream 2, tandis que la Suède et la Finlande ont déjà accordé toutes les autorisations nécessaires à sa construction. En outre, des préparatifs ont déjà été réalisés pour la pose des premiers tronçons au fond de la mer Baltique. Les défenseurs du projet semblent déterminés à profiter d'une nouvelle source d'énergie à prix compétitifs au-delà des considérations géopolitiques. «Certains états membres ne sont pas d'accords pour faire arrêter ce projet», a d'ailleurs rappelé Donald Tusk.

La Russie a bien sûr occupé une partie des débats. Le président ukrainien s'est félicité de la récente reconduction des sanctions économiques contre la Russie par Bruxelles. Petro Porochenko a remercié l'Union européenne de son soutien et les dirigeants de cette dernière ont rappelé la nécessité de l'application des accords de Minsk afin de mettre fin au conflit armé qui frappe l'est de l'Ukraine. Dans le communiqué joint diffusé à l'issue du sommet, l'Union européenne et le président ukrainien ont notamment appelé Moscou à libérer immédiatement «les citoyens ukrainiens détenus illégalement en Crimée et en Russie».
  • J'ai conscience de l'image positive que la Russie dégage en ce moment et je rends hommage à Vladimir Poutine pour son organisation de la Coupe du Monde de football. Cependant, il ne faut pas éluder les vraies questions essentielles dans nos relations avec la Russie. La libération de prisonniers en fait partie», a déclaré Donald Tusk.



​Un appel qui ne concerne pas les soldats séparatistes détenus par Kiev. Ni Kirill Vychinski, journaliste russo-ukrainien, rédacteur en chef de l'agence de presse russe RIA Novosti en Ukraine. Détenu depuis le 15 mai par les autorités de Kiev, il est accusé de haute trahison. Dans le communiqué joint de l'Union européenne et de l'Ukraine, les deux parties réaffirmaient pourtant «leur engagement envers le pluralisme des médias».

Photo du 23 octobre

Suite de la nouvelle rubrique "Photo du jour" de mon journal du front, choix d'une photo illustrant la journée, un moment fort vécu ou une esthétique ressentie ...

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Une fois n'est pas coutume la photo publiée n'a pas été prise ce jour de juillet, mais lors de la première rotation effectuée sur la position tenue par notre compagnie de Piatnashka sur le front de Yasinovataya. 

A cette époque nous découvrions ce champ de ruines apocalyptique et qui allait devenir notre sanctuaire à la fois physique et métaphysique.

"Autoportrait en ombre chinoise"

23 octobre 2017, sur Promka les premiers rayons du soleil, par les trous béants des murs explosés, s'infiltrent dans les pièces obscures et humides de notre "Forteruine" en projetant sur les murs lépreux les silhouettes des sentinelles venues saluer le lever de l'étoile et se baigner dans sa lumière chaleureuse.

Depuis cette photo "Forteruine" a changé, au rythme des 4 saisons de la steppe et sous l'action des bombardements ukrainiens quotidiens, des murs se sont effondrés, d'autres se sont renforcés de sacs de sable et de poutres de sapin. Les balles et les éclats d'obus ont continuent à écrire leur histoire sur les murs tandis que de nouveaux fantômes de camarades disparus hantent désormais la solitude des longues veilles aux remparts de la République Populaire de Donetsk. 

En regardant 8 mois plus tard cette ombre qui pourrait-être celle d'un autre soldat, elle semble m'avertir de cette transmutation de l'esprit qui s’opère dans cet enchevêtrement de pierres, de béton et de poutrelles éclatées qui se révèlent aujourd'hui être un athanor pour les âmes dénudées par la guerre. 

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

Porochenko dans l'impasse, Timochenko en embuscade


Après le coup d'Etat du Maïdan, le Président Poutine a entrepris de reprendre la main et l'avantage sur le grand échiquier et mettre en échec sans devoir les affronter frontalement les stratégies de préemption territoriale engagées en Syrie et en Ukraine par les néo-conservateurs étasuniens et leurs auxiliaires, terroristes et occidentaux. 

A Kiev, si Piotr Porochenko est toujours là, il est plus que jamais assis sur un trône éjectable qu'il doit désamorcer de toute urgence. Et tandis qu'il louvoie, menace ou bluffe pour conserver son pouvoir lucratif le plus longtemps possible, la stratégie atlantiste en Ukraine s'enlise dans les échecs et l'impopularité de sa marionnette.

Ce début de juillet 2018 l'Ukraine est autant au milieu d'un carrefour qu'au pied d'un mur et tandis que la situation générale du pays et celle du Donbass en particulier sont suspendues aux résultats de la réunion prochaine entre Trump et Poutine (16 juillet à Helsinki) Porochenko vient verser ses larmes de crocodile et agiter sa sébile devant ses parrains occidentaux aux sommets Ukraine-UE (9 juillet) et OTAN (11 et 12 juillet) qui se déroulent tous les deux à Bruxelles.
Depuis plusieurs années et bien que n'en faisant pas partie, l'Ukraine est invitée régulièrement intégrée aux stratégies de ces 2 organisations occidentales qui eux surtout s'invitent de plus en plus sur son territoire géostratégique aux confins de l'Occident et l'Eurasie, confirmant par là les commanditaires et objectifs réels du coup d'Etat du Maïdan de février 2014.

Les Euro-maïdan, s'il ont réussi leur coup d'Etat n'ont cependant pas réussi a atteindre leurs objectifs ayant provoqué un démembrement de l'Ukraine moderne et une dérive dictatoriale sur fond de corruption, effondrement économique et guerre meurtrière et coûteuse dans le Donbass.
Sur cette ligne de front, les préparatifs de l'Opération des Forces Combinées ukrainiennes pour une nouvelle offensive se poursuivent ainsi que les provocations contre la ligne de défense républicaine, même si globalement depuis le commencement de la calendaire  "trêve du pain" elles ont perdu en intensité. 

Mais c'est à Kiev que se déroule en ce moment la plus grande agitation, alors que le pays est officiellement entré en campagne pour les prochaines élections présidentielles (mars 2019).

En effet Porochenko ne contrôle plus le parlement ukrainien où jusque dans son propre parti il est de plus en plus contesté. Fait marquant de cette nouvelle crise politique ukrainienne, la composition de la Commission Électorale Centrale (CEC) n'a pas pu être votée. Porochenko, qui ne s'est pas encore prononcé sur sa candidature éventuelle à son propre poste, aurait même envisagé de dissoudre le parlement pour débloquer la situation.

Depuis 4 ans Porochenko a adopté la politique de l'indifférence, laissant les feux de paille de l'opposition et des radicaux clignoter régulièrement autour de son palais, mais aujourd'hui, avec la course présidentielle engagée, les enjeux et les menaces de cette nouvelle crise politique ne peuvent plus risquer le "laisser faire" des dernières années. 

Par ailleurs l'imprévisible Trump fait régner une incertitude et même une peur parmi les timoniers néoconservateurs mis en place en Europe par ces prédécesseurs. La ploutocratie mondialiste, dans la rafale de réunions de cette première quinzaine de juillet (UE, OTAN et Poutine) est aux aguets et Porochenko sait que si le vent tourne il sera le premier sacrifié et ça m'étonnerait que l'actuel Président Trump se mouille et défende une quelconque immunité pour le pantin installé à Kiev par l'administration Obama..

Cette situation n'échappe pas à ceux qui veulent la peau de l'oligarque chocolatier à commencer par sa rivale Ioulia Timochenko qui voudrait bien reconquérir la première place à Kiev, le cœur des ukrainiens et les affaires avec les occidentaux.  Et l'égérie de la révolution orange de 2004 a d'ailleurs entamer contre le maître de Kiev une campagne de dénigrement qu'elle espère voir se transformer en destitution politique et économique à laquelle l'oligarque risque de ne pas échapper même si il perd les élections régulièrement. Car pour sortir l'Ukraine de son isolement tout en assurant un changement dans la continuité, le successeur de Porochenko exhibera sa tête (corruption, crimes de guerre...) pour sortir Kiev de l'ornière et pouvoir engager un nouveau dialogue avec les partenaires occidentaux, russes et même pourquoi pas avec ceux du Donbass. 

Porochenko doit se radicaliser pour ne pas disparaître

  • Au vu de sa côte de popularité Porochenko qui survivait jusqu'ici à sa politique de l'autruche, planqué derrière la durée de son mandat présidentiel, n'a que très peu de chance d'être réélu en 2019. 
  • Par ailleurs, la situation actuelle du pays ne lui laisse aucune chance de pouvoir réaliser une sortie en douceur à l'issue de sa défaite électorale. Il sera le fusible condamné pour réinitialiser le système.
Donc, à moins d'un miracle électoral, Porochenko sera sacrifié en 2019 , éjecté de la scène politique, privé de son empire financier car probablement condamné dans une tentative de sauver les paris occidentaux  engagés sur le Maïdan...

Le Président ukrainien n'a donc que 3 options pour sauver sa tête, son pouvoir et sa fortune avec un ordre croissant de contrôle sur leur mises en oeuvre :
  1. Espérer capitaliser des victoires militaires pour remporter le scrutin présidentiel à venir...  beaucoup de si, mais après tout il a le droit de rêver.
  2. Par des élections législatives anticipées, démissionner tout en conservant l'immunité diplomatique parlementaire... mais que la justice peut lever.
  3. Etre maintenu constitutionnellement au pouvoir suite à une annulation pure et simple des élections présidentielles de 2019. 
Cette dernière option pourrait être simplement déclenchée par l'instauration de la loi martiale consécutive à par exemple une escalade militaire dans le Donbass. C'est donc une solution constitutionnelle à la fois simple et risquée pour annuler un scrutin (ce qui est prévu dans la majorité des pays). Or l'évolution vers cette situation radicale a déjà été largement amorcée cette année par l'approbation de cette "loi de restitution du Donbass" qui instaure un cadre juridique simplifié autorisant justement l'instauration de la loi martiale en Ukraine.

Et c'est ici que l'offensive ukrainienne en préparation depuis la mise en oeuvre de la toute nouvelle "Opération des Forces Combinées" dévoile, à côté d'un objectif militaire de premier plan (la reddition des Républiques de Donestk et Lugansk) son objectif politique, qui est peut-être le plus important et bientôt le plus urgent aux yeux du pouvoir apparait au grand jour : annuler le système démocratique et instaurer officiellement une dictature militaire en Ukraine. 


Le joker Timochenko



C'est ce que vient de confirmer justement Timochenko en déclarant que Porochenko, en provoquant une escalade militaire dans le Donbass "veut que des territoires supplémentaires soient occupées, que tout brûle, que la guerre prenne de l’ampleur et atteigne son plus haut niveau", afin de pouvoir instaurer une loi martiale ce qui annulera constitutionnellement les élections à venir et le maintiendra au pouvoir.


Ce faisant Timochenko ne se présente pas comme une contemptrice de la politique mise en oeuvre par les occidentaux via leur marionnette Porochenko mais juste pour une ambitieuse qui veut prendre la place et les avantages du calife de Kiev. Il suffit de réécouter ses déclarations concernant les russophones d'Ukraine et les russes en général pour se convaincre qu'elle est de la même veine psychopathe que l'actuel Président. Ainsi de cette conversation téléphonique du 18 mars 2014 où elle déclarait au député du Parti des régions Nestor Shufrych :"Il est temps de prendre nos armes et d’aller tuer ces maudits Russes, ainsi que leur leader"


Aujourd'hui, la séductrice Timochenko qui a tenté de se refaire une virginité politique après ses condamnations, et jusqu'à adopter un look plus occidental que celui de sa coiffure tressée traditionnelle, est le candidat le plus populaire pour ces élections autant que l'ennemi juré de Porochenko, son complice du Maïdan qu'elle est prête à poignarder pour retrouver son aura orange auprès de la ploutocratie mondialiste dont les bailleurs de fonds sont de plus en plus exaspérés par l'ivrogne Porochenko. 

Pour les parrains néo-cons du Maïdan, Timochenko c'est l'espérance d'assurer leur stratégie en Ukraine car soit Porochenko reste et c'est l'application rapide et dure de leur politique russophobe, soit c'est Timochenko qui prend la relève et c'est le changement dans la continuité...

A condition toutefois pour ces faucons de Washington de maîtriser l'imprévisible Trump...

Et pour ce dernier point essentiel la réponse va être donnée rapidement !

Erwan Castel
Articles référence : Ukrainia.ru, Sputnik 

dimanche 8 juillet 2018

Etre volontaire dans le Donbass

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Depuis plusieurs mois que je publie ici des extraits de mon "Journal du front", des personnes de plus en plus nombreuses me font connaitre à nouveau leurs envies de se porter volontaire dans les rangs de l'armée de la République Populaire de Donetsk.

Cette dynamique de soutien au Donbass, si elle est encourageante et salutaire pour une conscience européenne et ce malgré le blocus médiatique et l'enlisement de ce conflit en guerre de tranchées pesante, appelle cependant à quelques avertissements en forme d'observation.  Ces réflexions que les français présents au sein de la Brigade Piatnashka partageons au delà de nos divergences, sont le fruit de plusieurs années vécues sur le front et de l'expérience souvent malheureuse des précédents volontariats français venus ici en 2014 et 2015 notamment.

En préambule et clef de voûte de cette digression sur l'engagement armé des occidentaux aux côtés de la population du Donbass, et faisant référence éà l'esprit de la milice qui anime encore les bataillons de la République je peux affirmer haut et fort que les communautarismes et fanatismes intolérants qui véhiculent le virus d'une pensée unique que nous sommes censés combattre, même s'ils s'opposent de facto à la stratégie de l'OTAN en Ukraine n'ont pas leur place dans les tranchées du Donbass.

Ici, les fantasmes hégémoniques d'une Russie blanche, d'un empire soviétique, d'une Europe chrétienne sont incompatibles avec la réalité d'un front où se battent ensemble dans la même tranchée des européens, caucasiens, ouzbeks, tatars, tchétchènes, asiatiques, des orthodoxes, musulmans, païens, athées, des communistes, nationaux-bolcheviques, impériaux, cosaques, anarchistes etc... De même je dissuade fortement ceux qui pensent trouver ici un terrain pour des safaris militaires narcissiques et des moissons de selfies de venir dans le Donbass perdre leur temps et surtout nous faire perdre le nôtre. Et je ne parle pas de ceux qui prennent les territoires slaves pour des terrains de chasse sexuelle.

Comprenez ici que mon propos n'est pas de juger et condamner les convictions intimes existantes dans la tête de chacun mais juste de les subordonner à l'engagement dans le Donbass qui doit être abordé avec un "esprit Légion".

Car ici les volontaires plus qu'ailleurs forment une nouvelle communauté devant laquelle tous les communautarismes doivent s'effacer : cette fraternité c'est celle de la résistance armée contre la dictature de la marchandise et ses succubes atlantistes, bandéristes, wahhabites etc....

Le Donbass n'est pas plus une terre d'échouage social ou psychologique qu'un champ labouré par la guerre où l'on peut bâtir ses délires les plus fous. C'est un pays européen étranger qui demande d'abandonner ses préjugés et certitudes et offrir sans compter son énergie et son expérience avec humilité et respect au service d'une cause identitaire russe.

Ici commence pour les vrais volontaires une nouvelle naissance :


"Il n'y a point de passé vers quoi il soit permis de porter ses regrets, 
il n'y a qu'une éternelle nouveauté, 
qui se forme des éléments grandis du passé; 
et la vraie nostalgie doit être toujours créatrice, 
produire à tout instant une nouveauté meilleure encore."

Johann Wolgang von Goethe, 1823



Etre volontaire dans le Donbass

Comme je l'ai suggéré plus haut il n'y a pas de profil type prédéfini pour se porter volontaire pour servir dans le Donbass, mais plutôt des qualités requises et un tempérament solide: 
  • Etre débrouillard et autonome, par exemple pour l'approche vers le Donbass  via la Russie et le premier mois qui est à la charge des volontaires (visa, transports aériens et terrestres) ou pour s'intégrer à la communauté militaire ou la société civile locales.
  • Avoir une capacité d'adaptation, à un milieu nouveau tant sur le plan linguistique que sur celui de la mentalité qui peut surprendre et devenir contraignant pour celui qui ne sait pas se départir de ses habitudes occidentales.
  • Etre patient, devant les attentes quotidiennes non expliquées et l'inertie de la bureaucratie, et une apparente imprévisibilité, les nerfs et l'impatience du nouveau volontaire peuvent être vite mis à rude épreuve et même générer découragement et déception.
  • Etre autodidacte et attentif, car rien n'est organisé pour accompagner et former les volontaires, c'est "l'apprentissage sur le tas" de la langue russe aux actes élémentaires du fantassins qui se fait sans pédagogie fractionnée et progressive.

Venir dans le Donbass

La procédure est simple mais elle doit être strictement respectée :

1 / Se faire connaitre auprès de correspondants déjà sur place qui servent de relais avec les autorités réalisant l'enquête préalable.

2 / Avoir un correspondant dans son pays origine ayant votre délégation pour réaliser les formalités administratives et bancaires car le Donbass vit un blocus dans ces services

3 / Obtenir un visa double entrée pour la Russie car l'accès au Donbass se fait via Rostov sur le Don (procédure locale ensuite pour obtenir ensuite un visa de transit pour sortir) 

Dès votre cooptation obtenue auprès de français présents dans le Donbass, une procédure et des renseignements vous seront transmis pour réaliser votre départ dans les meilleurs conditions.


S'engager dans l'armée

Plusieurs bataillons ouvrent leurs portes aux volontaires étrangers et occidentaux en particulier dont "Piatnashka" qui depuis sa création en juillet 2014 a affiché son caractère de "Brigade Internationale". 

1 / Les engagements sont contractuels (mais résiliables à tout moment) et soumis à une procédure d'incorporation classique (analyses médicales, tests psychologiques, enquêtes administratives et de sécurité etc...) d'une durée d'environ 2 semaines.

2 / L'équipement minimum est fourni ainsi que le logement et les repas collectifs mais la première solde progressive n'intervient qu'au second mois et atteint 15000 roubles (env.200 euros) au 4ème mois (salaire individuel très confortable pour la région).

3 / Une expérience militaire est souhaitée mais pas obligatoire ainsi qu'une condition physique et une hygiène de vie minimales, qui si elles font défaut peuvent être rédhibitoires ou au mieux un handicap à une intégration normale.  

Observation : 

Si jusqu'à présent les volontaires français revenus du Donbass  n'ont pas fait l'objet de poursuites judiciaires, il faut savoir néanmoins que des coercitions administratives peuvent être engagées contre eux (clôture de comptes en banque par exemple), qu'ils écopent d'une inscription au fichier "S" et peuvent subir lors des débriefings de retour réalisés éventuellement à la frontière des intimidations de la part des services.  
Si aujourd'hui aucun accord juridique entre la France et l'Ukraine entraînant inculpation ou extradition n'a été signé, rien ne peut garantir que la collaboration française avec le régime de Kiev n'évolue pas dans cette direction (en échange de contrats industriels comme avec l'ETA francais et le TGV espagnol par exemple).


Vivre à Donetsk

Rapidement les volontaires peuvent se trouver un logement à des prix très abordables (environ 3000 roubles soit 50 euros) où pouvoir vivre leurs permissions mensuelles et s'intégrer dans la société civile et la ville de Donetsk où tous les services urbains modernes sont présents et abordables (transports, magasins, restaurants, parcs, équipements sportifs, culturels ou ludiques, etc...). A Donetsk un réseau civil existe (français et francophones) et cherche à y développer des activités culturelles autour de l'amitié France Russie.

etc...

Conclusion :

Il y aurait tant à décrire encore mais je préfère m’arrêter ici tout en me mettant à disposition des personnes qui voudraient me poser des questions particulières ou personnelles auxquelles je répondrai avec plaisir (au rythmes de mes disponibilités) en messagerie personnelle ou mail. 

Tout ce que je peux rappeler ici en conclusion :

1 / Un engagement militaire est toujours ouvert aux occidentaux au sein de l'armée de la DNR en général et de la Brigade Piatnashka en particulier. 

2 / Un premier groupe qui sera commandé par Philippe Khalfine est en cours de constitution au sein de la 2ème compagnie du bataillon. 

3 / Cet engagement vous conduit très rapidement en première ligne d'un front où tombent régulièrement des volontaires et parfois parmi les plus aguerris d'entre nous.

4 / Ce volontariat n'est pas à prendre à la légère car il peut avoir des conséquences irréversibles pour votre santé, votre situation administrative et même votre famille. 

Mais il reste une aventure éthique, militaire et humaine exceptionnelle au service de la Liberté d'un peuple et pour laquelle chacun peut estimer honorable d'y sacrifier une part de sa liberté individuelle et éventuellement sa vie.

Erwan Castel


Pour me contacter :

- Réseau social FB Erwan Castel 
- Réseau social VK Erwan Castel
- Courrier électronique alawata@gmail.com
  
Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

Svarog à la barre

"Svarog" en inspection sur notre position du front de Yasinovataya, en juin 2018

Le 17 mai 2014, le Commandant de la Brigade Piatnashka, Oleg Mamaiev indicatif "Mamaï", était tué au combat sur le front, entre Yasinovataya et Avdeevka. Depuis ce jour, son second, Andreï Kuzin indicatif "Svarog", est aux commandes de ce 2ème bataillon du régiment des forces spéciales de Donetsk.

"Svarog", dont le nom mythologique est associé au dieu slave gardien du feu est un vétéran de la Brigade internationale et il en connait à fond les rouages et l'esprit forgés par "Abkhaz" et "Mamaï" ses prédécesseurs sous les ordres desquels il a servi la destinée de "Piatnashka".

Depuis 2 mois bientôt Andreï est à la barre du bataillon maintenant avec intelligence le cap tracé par les anciens et préservant cette fusion élaborée par eux entre une milice familiale et enthousiaste et une armée rigoureuse et professionnelle.

Sa silhouette féline et sa bonne humeur constante nous sont familières et pour nous son commandement est rassurant et prometteur... nous nous souhaitons ensemble beaucoup d'aventures et de victoires !

Erwan Castel

Merci à Kristina Melnikova pour cette nouvelle et enrichissante interview !

Source de l'article: Eurasia daily

Commandant des "15": 
tout le monde sait que nous allons gagner



Photo: Kristina Melnikova / EAD.


La semaine dernière à Donetsk, la mémoire du commandant de la brigade internationale "Pyatnashka" Oleg Mamiev (indicatif d'appel "Mamai") ​​a  été célébrée le 25 juin - 40 jours à partir du jour de sa mort aux positions avancées du bataillon. Déjà à titre posthume, Mamaï a reçu le titre de héros de la République populaire de Donetsk. La mort du commandant, bien sûr, est devenue une grande perte pour ses combattants. Cependant, l'unité continue d'accomplir les missions qui lui sont assignées pour la défense de la république. Nous avons parlé avec le nouveau commandant du bataillon Andrei Kuzin (indicatif d'appel "Svarog") à propos de la façon dont le "15" vit après la mort de Mamai .


Dites-nous, qu'est-ce qui a changé dans la vie du bataillon depuis la mort de Mamai? Dans la milice, contrairement à l'armée régulière, probablement, le style et les principes de la direction du commandant de telle ou telle unité décident beaucoup. Quel était ce style de "Mamaia"?

Nous sommes tous toujours sur nos positions, continuons à les renforcer, surveillons l'ennemi, exécutons inconditionnellement les ordres et les tâches fixés par le chef de la république. Nous ne voulons rien changer. Nous avons développé un bataillon avec "Mamai" et nous ne reconstruirons pas après sa mort.


Et ce que vous pouvez identifier la principale caractéristique non statutaire dans le bon sens du mot qui régit la vie du "15"?

Tout d'abord, c'est une confrérie, ce n'est pas important être officier, infirmier, tireur ... Notre bataillon est notre famille. C'est le principe de base qui fonctionne depuis 2014. Mais ce n'est pas notre caractéristique unique. Cela est également vrai pour les autres unités de la République Populaire de Donetsk. Oleg a toujours essayé d'aider le personnel. Je ne l'ai pas vu se détendre, mais en revanche il permettait un peu de distraction, et trouvait pour chacun sa propre approche. Il savait le faire. Il est clair que les combattants, étant constamment sur les positions, sont fatigués psychologiquement. Si une personne avait besoin d'être en couple, des jours à la maison, prendre des vacances pour voir sa famille, Mamaï ne lui refusait jamais. Il n'y avait pas de formalisme dans l'esprit que «tu vas prendre des vacances dans les délais prévus». Après tout, l'homme pouvait ne plus avoir besoin après. En général, il traitait tout le monde comme une personne et était très humain.


Dans "Pyatnashka", comme l'a fait un jour justement remarqué Akhra avidzba (indicatif d'appel» Abkhaz"), se sont réunis des gens de différentes idéologies politiques, d'opinions différentes sur la vie, de différentes nationalités et différents âges. Comment la fraternité continue-t-elle dans un environnement aussi hétérogène?

Il faut toujours essayer de trouver la compréhension mutuelle. Je n'ai jamais eu de conflit avec les représentants d'autres peuples de notre bataillon. Nous traitons les bénévoles étrangers avec beaucoup de chaleur. Nous sommes les gars du coin, nous n'avions nulle part où aller, et ils sont venus de loin pour aider. Ils risquent leur santé, leur vie, et ils méritent beaucoup de respect. Et le respect mutuel est une bonne base pour la compréhension mutuelle.


Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les positions et les missions de combat? En fait, vous vous intéressez aux forces spéciales?

Dans le quartier de la zone industrielle d'Avdeevka, nous avons deux positions de base, nous préparons maintenant une troisième. Un peu plus loin deux positions, et la position dans la Zone de Kruta Balka. Elles sont toutes face à Avdeevka. En ce qui concerne les forces spéciales, lorsque le régiment a été formé pour des missions spéciales, nous  sommes tous avec le bataillon entrés dans la composition de ce régiment. La principale mission de combat que nous avons est de tenir la ligne de front, pour que l'ennemi ne puisse pas progresser plus en avant.


Vous occupez maintenant la fonction de "Com'bat". Parlez-nous un peu de vous-même, devotre chemin de combat.

Mon chemin de bataille a commencé, comme la plupart des gens de Donetsk, en mai-juin 2014. Mais avant cela, quand la neige tombait encore, nous avons pensé nous réunir dans des espèces de cellules révolutionnaires. Nous voulions tous vivre pacifiquement, mais le comportement des néo nazis à Kiev, qui ont renversé le pouvoir, ne nous a pas laissé d'autre choix. 
De retour au début de mars 2014 année (avant cela, j'avais une petite usine de meubles) j'ai parlé avec un ami pensé à ce qu'il fallait envisager. Tout nous pensions qu'après les premières échauffourées, la situation à Kiev se calmerait et qu'un retour à la normale arriverait. Mais au fil du temps, la situation s'est détériorée. Nous avons décidé, alors de réfléchir à ce qu'il faudra faire s'ils viennent sur notre rive du Dniepr
C'est ce qui s'est arrivé. Un, deux , trois... puis les saisies des administrations ont commencé. En fait, il n'y avait pas de capture, juste un rassemblement à l'extérieur de sorte que tout soit conforme. En fait, ni la police, ni de la police anti-émeute n'ont offert de résistance. Ceux qui le voulia sont partis d'eux-mêmes. Et puis, quand l'armée ukrainienne est entrée dans le Donbass il est devenu évident que nous avions besoin d'être armés


Avant cela, aviez vius une expérience de combat?

J'étais dans l'armée, où j'ai eu l'occasion de servir même dans la garde nationale sous le Président Koutchma, où nous avions encore des officiers militaires et encore soviétiques. Très bien.


Comment avez-vous ressenti le serment de l'Ukraine, qui devait être donné par un nouveau conscrit?

Tout le monde comprend que l'armée prennent les jeunes. Et avant cela, nous sommes constamment dirigés par quelqu'un, les enseignants dans les jardins d'enfants, les écoles, les commandants de l'armée. C'est encore l'âge, où mentalement une personne ne se sent pas libre et estime que tout le monde doit décider pour lui. J'ai prêté serment dans un pays pacifique, à la fidélité au peuple, et non à ceux qui sont maintenant au pouvoir en Ukraine. Et je suis né en Russie, alors encore Union soviétique.


Il s'avère qu'en 2014, vous et vos amis vous êtes rassemblés, avaient pris des armes et rejoint la milice?

Même avant la guerre, nous nous sommes réunis avec des amis, des personnes partageant les mêmes idées, nous sommes allés prendre des photos, nous avons recueilli des données sur les mouvements de l'armée ukrainienne. Puis ils ont essayé d'obtenir des armes, de tirer un peu ne réalisant pas la gravité de la situation  Puis notre groupe s'est dispersé en douceur, chacun est retourné à sa vie paisible. J'ai aussi eu une petite période de calme d'une semaine et demie. Il restait des commandes à exécuter. Puis j'ai rencontré un ami. Il avait créé une unité, inventé un nom pour elle. Il m'a approché lui-même, et dit: «tu as de l'expérience, viens à nous». J'ai compris que je commençais à m'impliquer. Il a envoyé sa femme avec ses enfants chez sa mère en Russie. Une armée a émergé lentement. Ce n'était plus les barrages routiers sur lesquels nous étions en service avec des matraques au début du printemps.


Comment est né l'indicatif d'appel "Svarog"?

Initialement, j'avais un surnom de motard: "Svarojic". Mais dans la guerre je ne voulais pas rester svarozhic, et j'ai choisi un appel court "Chour" qui est également associé à la mythologie slave. Mais tout le monde était habitué à Svarozic, progressivement transformé en Svarog, parce qu'il est plus facile à prononcer. Et extérieurement je lui correspondais - j'avais l'habitude d'avoir une barbe et de longs cheveux.


Vous avez dit que le premier vrai baptême de feu a été reçu dans la zone de l'aéroport.


Oui, j'étais chez un ami civil ce jour là quand j'ai appelé un ami avec une question - "que pensez-vous, ils disent qu'il faut se battre? "Où dois-je aller?" ai-je demandé. "Va à l'aéroport", répondit-il. C'était le 26 mai. j'ai posé la voiture à la gare et suis allé à pied. Je n'avais que deux chargeurs de munitions ce jour-là. J'ai décidé pour une raison quelconque que je pouvais tirer sur un hélicoptère de combat à partir d'une mitrailleuse.  Je n'ai pas vu d'ukrainiens, j'ai vu des avions, des hélicoptères. J'y suis resté peu de temps, principalement à l'aéroport se trouvait le bataillon "Vostok".

Puis en août 2014 j'étais à Elenovka. je n'ai pas eu à me battre longtemps car j'ai été blessé. Et pour moi le plus intéressant, ce n'est pas les attaques et les chaudrons. Bien que tout cela semble beau, la plupart du temps c'est  artillerie qui fait la différence. Sans elle, il n'y a pas de victoire. Je suis plus intéressé par le travail de l'infanterie, quelque chose à développer, à inventer. 

Cette expérience nous avons reçu à Debaltsevo. Nous, le bataillon entier, nous avons été déployés en défense sur la ligne de front, et la plupart des gars ont tenu la position. Un groupe et moi sommes allés de l'avant ici, puis il y a quelque chose de miné. Aucun coup de feu n'a été tiré mais quelque part, probablement sur trois quatre kilomètres, nous avons dégagé des positions initiales et conquis du terrain.  Ensuite, on pouvait avancer et prendre de nouvelles positions. Donc j'aime les aventures, les opérations intéressantes. Je n'ai pas participé à des combats, comme dans pendant la grande guerre patriotique, avec des baïonnettes, des cris de "Hourra". Et ainsi nous développons quelque chose d'autre lentement, pensons à de nouvelles tactiques.


Puis-je vous parler de certaines opérations individuelles?

On a fait de bonnes opérations dans la zone industrielle. Assis, regardé sur Internet des vidéos de l'armée ukrainienne, comparé avec les images de drones. Et nous avons commencé à comprendre ce qui et à quoi ils ressemblent. Nous avons une vue de dessus, et grâce à leur vidéo, aussi de l'intérieur. Cette année-là, à la fin du printemps, nous avons passé 15 minutes à analyser l'information et dans la demi heure  décidé d'engager une frappe. Nous l'avons appliqué dans une direction où l'adversaire ne s'attendait pas. En conséquence, ils ont abandonné toutes leurs positions. Et nous n'avons travaillé que cinq à sept minutes, mais pendant ce temps réussi à détruire beaucoup de fortifications. Et après la mort de Mamaï", nos gars ont frappé l'ennemi sur 200 mètres de profondeur pour qu'il ne puisse pas se renforcer.


L'armée ukrainienne a-t-elle changé par rapport aux premiers mois de la guerre? Les instructeurs de l'OTAN ont beaucoup aidé?

Elle a changé. Ils ont acquis avec le temps une bonne expérience maintenant sur notre direction, par exemple, avec des tireurs d'élite rapprochés. Encore une fois, nous sommes en guerre avec tout le pays et son armée régulière. Ils ont chacun leur propre spécialité. le sniper observe et tire les positions se sont renforcées. Et nous nous devons tout faire en même temps. Ils ont en outre un équipement spécial. C'est toujours un pays avec un budget différent du nôtre, et l'Europe les aide.


Auparavant, les volontaires ont beaucoup aidé. Comment ça va maintenant avec ça?

Maintenant, il est difficile de le faire — tout passe seulement par le biais du Ministère des Situations d'Urgence. Les gens aident un peu pour la reconnaissance, le système de surveillance ou il ammènent 5 ou 6 radios. Nous avons été beaucoup aidé par le parti "Rodina" (Patrie) et le chef de l'Ossétie du Sud Anatoly Bibilov. Il a été acheté un drone et 20 stations de radio. Un autre drone nous a été donné par l'Union des volontaires du Donbass. Donc, nous avons maintenant notre propre aviation sans pilote. Mais comme auparavant, les aides s'arrètent. Les gens n'ont plus de patience. Tout le monde espérait que nous allions commencer à libérer rapidement le territoire de la Donbass, mais tout est gelé.


Les volontaires viennent toujours ?

Oui, ils viennent, mais pas autant qu'avant. Certains disent qu'ils le voulaient depuis longtemps, mais que leur situation sociale ne l'avait pas permis. Ils peuvent être compris.


La milice est-elle meilleure qu'une armée régulière?

La milice n'est pas meilleure que l'armée régulière. Juste une armée régulière, nous avons une milice. Si nous prenons l'armée dans son ensemble, c'est en tout cas mieux - c'est une subordination stricte, c'est l'exactitude de l'exécution des ordres, la compréhension des tâches assignées. Mais à quel point la milice est-elle bonne? Elle peut agir de manière inattendue. Contre nous est une armée régulière, qui se bat selon des livres imprimés en URSS. Les Européens, bien sûr, ont aussi quelque chose à suggérer, mais je ne pense pas que les instructeurs européens soient supérieurs aux forces spéciales soviétiques ou aux forces amphibies. La milice est imprévisible - personne ne sait où ces partisans apparaîtront et pourquoi.


La Coupe du Monde en Russie a t-elle conduit à une aggravation au front ?

Je ne dirais pas qu'il y a une aggravation particulière à cause du championnat. L'ennemi a tire toujours et principalement dans l'après-midi. La seule chose ressentie est la tension. Et ils ne savent pas à quoi s'attendre de nous, et nous ne savons pas à quoi s'attendre d'eux. En temps de paix, les jours fériés, la police est toujours renforcée. Nous avons la même chose pendant les vacances, en attendant la préparation au combat. 


Y a-t-il toujours la foi en la victoire dans cette évolution du conflit en guerre de positions et qui prend un caractère prolongé ?

Et il n'y a pas d'options. Si vous ne pensez pas à la victoire, il ne reste qu'à s'échapper et se cacher. Bien sûr, il y a la foi. On vient parfois au bataillon et on dit: "vous pouvez aller travailler" ? Je réponds :le travail est organisé à l'usine, et ici, vous avez besoin de servir. Fondamentalement, tout le monde croit que nous allons gagner. Nous ne sommes pas venus pour le salaire, mais pour gagner.


Parlez-nous un peu de votre famille. Est-ce que les proches soutiennent?

J'ai trois fils. Le milieu et le plus jeune que j'ai pris ici, plus près de moi, parce que les gars ont besoin de l'éducation d'un homme, un exemple masculin. Le fils aîné en 2016 a passé tout l'été ici. Maintenant il étudie, passe des examens. Je m'en occupe le plus possible, mais je ne peux pas consacrer autant de temps à ma famille qu'avant la guerre. Ma femme voit tout, comprend tout, nous vivons maintenant dans un tel endroit que tout ce qui se passe sous Avdeevka est bien audible, et parfois il est visible de la maison.

Interviewé par Kristina Melnikova