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mercredi 2 février 2022

Les coups bas de la propagande

La guerre de l'information, de plus en plus importante dans notre monde post-moderne paradoxalement saturé de consumérismes individualisés sans esprit critique et d'informations multiples officielles et alternatives, est certainement la plus amorale des guerres car ses champs de bataille fourmillent de ces larbins propagandistes qui, pour mieux lécher le cul de pouvoirs dont ils espèrent en retour de leur servitude volontaire quelques breloques, papiers à encadrer, ou gamelles remplies, sont prêts aux pires lâchetés, mensonges, intrigues et calomnies.

Dans le Donbass, nous voyons ainsi s'affronter une propagande occidentale réactualisant dans une dynamique agressive un vieux manichéisme anti communiste dont elle oublie souvent de changer le vocabulaire à une Fédération de Russie qui au contraire essaye de trouver une information défensive mais toujours engluée dans une politique de communication inadaptée aux monde post-moderne, centralisée et obsolète héritée justement d'un système soviétique pourtant disparu.

Avec l'escalade actuelle du front du Donbass exacerbée par une crise diplomatique Est-Ouest historique, la propagande occidentale, complétement décomplexée par la russophobie hystérique des responsables de l'OTAN de déchaîne contre la Russie et les républiques populaires du Donbass :

Après avoir voulu faire trembler leur public avec des cartographies apocalyptiques 
d'une invasion russe imminente (depuis mars 2021), les chiens de garde de la pensée
unique occidentale essayent maintenant de le faire pleurer avec des clichés débiles
et simplistes comme celui-ci qui oublie de préciser que ces exercices paramilitaires
sont organisés par les néo-nazis du "Corps national" ukrainien d'Andreiy Biletsky.

Depuis quelques semaines, les projecteurs médiatiques sont tellement à nouveau braqués sur l'Ukraine et le Donbass qu'il détrônent même le Covid en Occident au podium des paranoïas massives de la manipulation mentale.

Surfant sur ce tsunami propagandiste russophobe, les services spéciaux occidentaux et ukrainiens viennent de lancer une "campagne d'information" portant le nom de code "Crushing Sword" (épée écrasante). Le but de cette campagne est de multiplier des fausses informations, relayées par les médias officiels dans l'intention de tromper l'opinion internationale mais aussi de  paniquer les populations du Donbass en accusant les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk et la Fédération de Russie d'agressions criminelles contre l'Ukraine. 

Cette opération "Crushing Sword" se déroulera en 3 étapes à la fois propagandistes et psychologiques :

  • Première étape : Dès le début d'une opération ukrainienne sur le front, opération offensive ou "false flag" (à propos de cette menace, voir ICI) , diffuser sur les médias des images et vidéos préparées à l'avance pour appuyer la version accusant les Républiques du Donbass et/ou la Fédération de Russie d'avoir initier ces attaques meurtrières.
  • Deuxième étape : Présenter l'agression de l'armée ukrainienne comme une contre-offensive légitime pour convaincre de la nécessité d'un soutien politique et militaire international urgent et massif d'une campagne militaire qui sera définie (comme l'offensive initiale de 2014) comme une opération "antiterroriste". 
  • Troisième étape : Diffuser des mises en scène médiatiques de victoires ukrainiennes et pertes républicaines, de libérations acclamées par les résidents dont les objectifs seront de stimuler les soldats ukrainiens autant que de démoraliser les défenseurs républicains et paniquer les populations de Donetsk et Lugansk.
Depuis quelques jours plusieurs faits tendent à prouver que la phase préparatoire de cette opération "Crushing Sword" a déjà commencé et dans des modes opératoires qui ne sont pas sans rappeler ceux des "casques blancs" qui en Syrie organisaient des mise en scène macabres pour accuser l'armée nationale syrienne de Bachar El Assad. En voici 3 exemples :
  • Plusieurs reporters de médias ukrainiens ont été déployés depuis quelques jours sur des secteurs sensibles du front et certains, appartenant aux médias nationaux ICTV, Ukraine et 1+1, ont même intégré les casernes et activités d'unités ukrainiennes comme celles de la 24ème Brigade mécanisée ukrainienne déployée dans le secteur de Nikolaevka (front de Lugansk). Sur le terrain d'exercice de cette 24ème brigade, les journalistes, encadrés par des personnels du 74e centre d'information et communication de l'armée ukrainienne ont commencé à compiler des vidéos et images de propagande.

  • Un exemple concret qui va probablement se multiplier ces prochains jours: le 31 janvier l'Etat Major de l' "Opération des Forces Conjointes" ukrainienne a annoncé aux médias que des soldats républicains positionnés sur le front de Lozovoe (Nord de Debalsevo à l'Est de Gorlovka) ont tiré vers 11h30 5 rafales d'armes légères, blessant à la cuisse droite un civil de 68 ans qui péchait dans le réservoir d'Uglegorsk. Les médias serves locaux et étrangers à la recherche de scoops ont bien sûr repris cette intox comme de l'argent comptant alors que cette version est balistiquement impossible car la zone accessible aux pécheurs de ce réservoir (la zone Sud ayant été minée par les forces ukrainiennes) est à minimum 5 km des positions républicaines soit très largement au delà de la portée maximal d'une balle de 7.62x54mm


  • Encore plus significatif, cet incident filmé dans les quartiers Nord de Donetsk où une équipe de la télévision britannique a été surprise par des homologues russes ce lundi 24 janvier en train à priori de préparer une mise en scène macabre dans une maison bombardée près du monastère d'Iversky, en périphérie Nord de Donetsk: 
Les journalistes britanniques avaient renversé au sol des objets civils
et un liquide rouge couleur sang. Interrogés par les reporters russes qui 
les ont surpris, les britanniques n'ont pas voulu répondre "de peur d'avoir 
des problèmes" ont-ils déclaré avant de quitter rapidement les lieux.

Ici, je pointe du doigt l'incohérence des services du ministère de l'information de la République de Donetsk qui "emmerdent" à longueur d'année les reporters locaux voulant travailler sur le front et pourtant acquis à la cause du Donbass et qui ici laisse opérer librement des reporters de médias britanniques connus pour leur partialité idéologique pro-ukrainienne...

Sans tomber dans l'excès inverse d'une interdiction de territoire telle que pratiquée en 2015-2016 par l'équipe Putkonen-Brayard-Néant à qui la République avait inconsciemment donné carte blanche pour les accréditations aux occidentaux, il s'agit d'accompagner sans contraindre les reporters étrangers d'abord pour assurer leur sécurité, faciliter leurs déplacements mais aussi éviter ce genre de coups bas intolérable !

Et l'éthique de la profession, tout comme la vérité de l'Histoire ne s'en porteront que mieux !

Erwan Castel

mercredi 28 avril 2021

Une église debout sous la mitraille

Dans le quartier d'Oktyabtsky, au milieu d'un cimetière labouré par les bombardements
se dresse l'église de Saint Iveron, martyrisée par l'acier et le feu des soudards mais toujours debout pour soutenir la douleur et l'espérance des familles bombardées.
(photo Svetlana Kissileva)

"La foi que j'aime le mieux, dit Dieu, c'est l'espérance."
Charles Péguy

Autant je suis rétif à la pensée unique monothéiste et universaliste que je considère comme un la matrice idéologique du mondialisme dogmatique, autant je suis profondément respectueux et même admiratif de le foi religieuse, ce dynamisme universel qui transcende par une multitude de déclinaisons cultuelles la diversité humaine et ses rapports au sacré développés dans chaque culture traditionnelle.

Dans la steppe du Donbass, les terrils sombres et les dômes dorés cassent en foules innombrables la monotonie d'un paysage où leur alternance offrent aux hommes des bornes terrestres pour les corps et spirituelles pour les âmes dans une rencontre fortuite entre  profondeurs souterraines et hauteurs célestes, entre action et méditation, 

Le monastère Saint Iveron de Donetsk,
Haut lieu de la prière... et de la guerre !

A Iversky les offices religieux ont repris dès qu'une toiture provisoire a été réinstallée
sur l'église bombardée du monastère
(photo Svetlana Kissileva).

Sur les lisières Nord de Donetsk dans ce quartier fleuri d'Oktyabrsky, Iversky était avant mai 2014, un havre de paix, où les chants des moniales et des oiseaux montaient vers le ciel. Mais la guerre lancée contre les russes du Donbass va précipiter ce lieu sacré dans le fracas des combats et des bombardements se disputant pendant plus de 6 mois le contrôle de l'aéroport international Sergei Prokofiev qui domine l'entrée Nord de la cité et ses voies rapides.

Depuis, le quartier d'Oktyabrsky et le monastère d'Iversky qui lentement tentent de renaître de leurs ruines sont toujours la cible des forces ukrainiennes embusquées au Sud d'Avdeevka (au Nord) ou dans les villages de Peski (à l'Ouest) ou de Opitnoe (à l'Est), et ce mois ci encore le sanctuaire a été bombardé par les soudards de Kiev. 

Peu importe pour la population du Donbass, dans l'église d'Ibersky comme dans la mosquée voisine de Krimlosky, les fidèles continuent d'y célébrer leurs cultes défiant de leur foi la haine des agresseurs. Dans le Donbass, l'église en pierre conserve pleinement sa dimension de chair que rappelle l'étymologie grecque originelle de "ekklesia" (assemblée) et plus la mitraille détruit les lieux de prières, plus la foi des communautés se renforce autour de la résilience et de la résistance... 

Les 24 et 25 avril a commencé le temps de la Pâques orthodoxe et qui s'achèvera 
cette année le 2 mai, un moment de foi et d'espérance des communautés et qui
depuis 7 ans 
est exacerbé par les canons de la guerre grondant aux portes des cités.
(photo Svetlana Kissileva).

Tout au long de l'année, les églises orthodoxes qui sont plusieurs par quartiers résonnent de prières, de polyphonies et sont animées par des clercs qui, contrairement à l'église catholique occidentale, n'ont pas abandonné cette dimension symbolique magico-religieuse dans leurs rituels et qui matérialise avec le sacré, ce lien métaphysique qui rassure et exalte l'Homme dans sa quête d'infini.

Et les populations de se retrouver dans le coeur de leurs églises martyrisées pour y chanter leurs traditions pour lesquelles, à quelques centaines de mètres parfois, des hommes dans le secret de leurs tranchées se battent et meurent "tous les jours que Dieu fait".

Erwan Castel


Le martyrologe de l'église chrétienne 
orthodoxe du Donbass

Au cours de cette guerre interminable, les lieux de prière du Donbass, qu'ils soit chrétiens ou musulmans n'ont pas été épargnés par le feu et l'acier des combats ou des bombardements, particulièrement l'église chrétienne orthodoxe dont le culte religieux est le plus répandu dans cette région. La religion orthodoxe a été en première ligne lors de l'offensive initiale ukrainienne il y a 7 ans, ses clercs se portant au secours des âmes bombardées et ses églises étant souvent prises pour cibles par l'artillerie ukrainienne.

Le clergé

Le 31 Juillet 2014, l'archiprêtre Vladimir Kreslyansky est tué par une bombe à
fragmentation dans un quartier résidentiel de Lugansk. Vicaire de l'église de
Saint-Georges de la ville. Ce prêtre, père de cinq enfants, bien que grièvement
blessé il a continué de marcher en priant jusqu'à sa mort .

• Prêtre Sergiy Piven et son épouse Ludmila (Kirovskoe, RPL)
• Prêtre George Nikishov (Pervomaisk, RPL). 
• Archiprêtre Pavel Zhuchenko (Druzhkovka, RPD)
• Archiprêtre Igor Sergienko (RPD)
• Archiprêtre Yevgeny Podgorny (RPD)
• Archiprêtre Vladimir Kreslyansky (RPL). 

Les églises

2014, l'église orthodoxe de Krasny Partisan est frappée à plusieurs reprises
par l'artillerie ukrainienne qui la détruira complétement ainsi que plusieurs
maisons d'habitations et endommagera également l'école située à proximité
(ce village sera plusieurs fois bombardée depuis 2014)

• Église de l'Annonciation dans la ville de Gorlovka
• Église en l'honneur de l'icône de la Mère de Dieu «Tendresse» de la ville de Lugansk.
• Église Bosskresenskiy dans la ville de Slavyansk
• Monastère féminin Iverskiy dans la ville de Donetsk
• Temple de l'ancien Serge de la ville Padonezhskiy de Lugansk
• Église des séraphins pré-semblables de la ville Capov de Slavyansk
• Église de St. Alexander Nevskogo Slavyansk
• Église de la Vierge Icône de la Mère de Dieu à Slavyansk
• Église en l'honneur de Saint-Jean de Kronstadtsky à Kirovskoe.

 



(photos Svetlana Kissileva).

mardi 20 avril 2021

"Tirez les premiers messieurs les "ukrops" !"

Depuis un mois, nous assistons entre Russie et Donbass à une scène digne des duels mise en scène par Sergio Leone dans les westerns cultes, où les protagonistes figés dans une rue écrasées par le soleil et le silence attendent chacun, la main sur les crosses de leurs revolvers étincelants, que l'autre bouge en premier le petit doigt pour dégainer et tirer. 

Et dans la réalité de l'escalade militaire en cours dans le Donbass, nous observons l'Ukraine multiplier les provocations pour forcer les républicains à des ripostes violentes pour ensuite les présenter par la merdiacratie occidentale comme des agressions initiales justifiant une offensive des forces de Kiev. sauf qu'entre temps la Russie a déployé dans une stratégie dissuasive claire des troupes tout autour de l'Ukraine menaçant l'arroseur d'être arrosé à son tour.

Qu'à cela ne tienne, les gouvernements occidentaux et leurs chiens de garde enragés ont décidé aujourd'hui d'élargir leurs habituelles inversions accusatoires aux manœuvres russes, accusant sans vergogne Moscou de menacer militairement Kiev, en oubliant au passage de mentionner et les groupes d'assaut ukrainiens déployés sue la ligne de front, et les exercices de l'OTAN "Defender 21" se déroulant en Ukraine, et les ravitaillements en armes et munitions envoyés par l'alliance sur le front, etc.

Et pourtant, parfois les reporters occidentaux du média système dérapent, laissant percer cette vérité que leurs regards et aussi leurs coeurs de ne peuvent ignorer, ainsi de ce reporter de guerre de la BBC britannique qui en 30 secondes fait tomber le château de cares de la propagande russophobe occidentale :

  • Alors que les chiens de garde politiques et médiatiques ne cessent pas de nous mentir en prétendant que l'armée russe a envahi le Donbass, ici le journaliste britannique parle seulement de "rebelles", qui sont par définition des autochtones, habitants des régions de Donetsk et Lugansk. 

  • Ensuite, concernant les gesticulations militaires russo-ukrainiennes en cours, ce reporter précise : "Il y a des signes que l'Ukraine se prépare pour la le combat, tout en espérant que la Russie ne fait que gonfler ses muscles militaires et ne se prépare pas pour la guerre".

Car c'est pourtant tellement simple pour comprendre qui a engagé cette escalade en cours car il suffit juste de remonter le fil d'actualité des rapports de situation militaires pour constater:

1 / que les déploiements de renforts ukrainiens de blindés et d'artillerie sur le front du Donbass puis sur les frontières avec la Crimée commencent fin février 2021 après une reprise des bombardements sur les républiques.

2 / que les déploiements des forces russes aux frontières ukrainiennes et bélarusses, sur celles avec les républiques du Donbass puis en Mer Noire et mer d'Azov ne commencent que fin mars 2021. 

Autre indice que les déploiements militaires ukrainiens s'inscrivent bien dans une dynamique offensive et non dans une réaction défensive, c'est leurs concentrations quasi exclusives sur le front du Donbass et les frontières de Crimée, régions revendiquées pat Kiev alors que le littoral et les frontières Nord où pourtant la Russie a engagé d'importants exercices militaires, aucun déploiement militaire ukrainien particulier n'est observé.

Ensuite, et pour en finir avec les fantasmes russophobes occidentaux il faudrait qu'ils expliquent comment les milices républicaines comptent "attaquer l'Ukraine" avec un rapport de force défavorable (1 contre 5 en janvier 21 avant que les renforts ukrainiens ne l'amplifie à 1 contre 8 début avril), alors que n'importe quel expert militaire vous explique que pour garantir le succès d'une offensive il est nécessaire d'imposer à l'ennemi un rapport de 3 contre 1 en terrain ouvert et au minimum de 7 contre 1 en zone urbaine...

Il serait vraiment temps que les publics occidentaux réalisent combien leur pouvoir politico-médiatique les prend pour des cons... et réagissent en conséquence !

Voici ci après, un article de Paul Robinson, professeur à l’Université d’Ottawa, qui dans cette éthique de l'information réelle remet lui aussi les pendules à l'heure de la vérité.

Bonne lecture !

Erwan Castel

Source de l'article: Arrêt sur info

Une guerre entre la Russie et l’Ukraine est possible, 
mais seulement si Kiev attaque en premier

Les informations selon lesquelles des troupes russes se « massent » près de l’Ukraine visent à présenter le pays en légitime défense comme l’agresseur.

Par Paul Robinson, professeur à l’Université d’Ottawa, spécialiste de l’histoire russe et soviétique, de l’histoire militaire et de l’éthique militaire.

Source : RT, 5 avril 2021


NDLR : Au Nord de Donetsk, depuis 7 ans, le monastère d'Iversky est souvent la cible  
des bombardements ukrainiens frappant le quartier de l'aéroport, à Oktyabrsky. Au
au milieu du cimetière détruit, le couvent des moniales (à gauche) et l'église St Iveron


Par Paul Robinson

Arrêt sur info, le 16 avril 2021

"Alors que les tensions s’intensifient dans l’est de l’Ukraine, le vrai danger n’est pas une invasion russe, mais que le gouvernement ukrainien interprète les signaux de soutien américains comme un feu vert pour lancer une attaque contre les Républiques rebelles du Donbass.

La Russie est sur le point d’envahir l’Ukraine. Du moins, c’est ce que vous pensez probablement si vous croyez les gros titres récents des médias dominants. « Les tensions montent en flèche alors que la Russie masse ses forces près de l’est de l’Ukraine », déclare le Kiev Post. « Les troupes et les chars russes se massent à la frontière ukrainienne », déclare le Sun britannique. La Russie « inonde la Crimée de trains remplis de chars », affirme le Daily Mail. Etc., etc.

Depuis le printemps 2014, l’armée ukrainienne combat les forces rebelles dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Le gouvernement ukrainien a longtemps accusé la Russie de soutenir, d’armer et de financer les rebelles, mais il prétend maintenant que Moscou pourrait aller encore plus loin. Selon l’agence de presse de Kiev, UNIAN, « la Russie pourrait tenter de faire une incursion et déployer ses troupes plus profondément sur le territoire ukrainien », a rapporté l’agence de renseignement militaire ukrainienne, GUR MO.

En effet, UNIAN rapporte ces déclarations de GUR MO :

« La Fédération de Russie achève les préparatifs d’un ensemble de mesures visant à pousser notre pays à une réponse militaire à l’action hostile des envahisseurs… en étendant la présence militaire de la Russie sur le territoire des soi-disant ‘RPD’ et ‘LPR’ [Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk] en introduisant des unités régulières des forces armées russes, justifiant cette décision par la nécessité de protéger les citoyens russes. »

Par ailleurs, le journal économique OilPrice.com rapporte :

« En Biélorussie et en Ukraine, l’Occident est perçu comme menant une guerre hybride contre Moscou. Du point de vue de Poutine, la seule option est désormais de contre-attaquer activement. Les analystes militaires se disputent encore sur les options de Moscou dans les prochains jours. La majorité s’attend à une soi-disant escalade localisée, dramatique et dévastatrice, conduisant au déploiement de ‘soldats de la paix’ russes. »

L’identité de cette « majorité » d’experts n’est pas révélée, peut-être parce qu’elle n’existe pas. Mais le scénario de base décrit par les médias est clair : la Russie se prépare à attaquer l’Ukraine, utilisant une sorte de provocation pour donner l’impression que l’attaque est justifiée afin de défendre le peuple du Donbass contre l’armée ukrainienne.

La logique ici est quelque peu similaire à celle souvent utilisée lors de l’examen de la guerre de 2008 entre la Russie et la Géorgie. Car on prétend souvent que la Russie a « provoqué » les Géorgiens pour à attaquer l’Ossétie du Sud, afin de lancer sa propre invasion planifiée de longue date. La vérité était très différente. Une commission indépendante créée par l’Union européenne a estimé que la Géorgie était le principal responsable du déclenchement de la guerre de 2008. Néanmoins, l’exemple géorgien soulève le spectre que l’armée ukrainienne et ses amplificateurs occidentaux préparent le terrain informationnel pour justifier une attaque contre les forces rebelles dans le Donbass en donnant l’impression qu’elle agit en légitime défense pour prévenir un assaut russe imminent.

Il est vrai que l’armée russe a organisé des exercices militaires près de la frontière ukrainienne ces dernières semaines. Leur ampleur est cependant bien inférieure à celle requise pour une invasion de l’Ukraine. Plutôt qu’une préparation à l’invasion, il semblerait plus probable que l’activité russe vise à dissuader une attaque ukrainienne contre le Donbass.

La guerre dans le Donbass a éclaté et continué depuis qu’un cessez-le-feu théorique a été convenu en février 2015. Depuis le début de cette année, le cessez-le-feu s’est largement effondré. La Mission spéciale de surveillance de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe dénonce chaque jour des dizaines de violations. Pendant ce temps, des images non corroborées d’une accumulation de forces ukrainiennes dans l’est de l’Ukraine sont apparues sur les réseaux sociaux, alimentant la spéculation sur une offensive ukrainienne imminente dans le Donbass.

La crainte est que l’Ukraine tente de répéter le succès récent de l’Azerbaïdjan dans la récupération des territoires perdus au moyen de la guerre contre l’Arménie. L’Ukraine a beaucoup investi dans son armée depuis 2015. Elle est désormais mieux équipée et entraînée que lorsqu’elle a subi une défaite à Debaltsevo en 2015. Kiev pourrait penser qu’il peut reprendre le Donbass par des moyens militaires.

Ce n’est pas impossible, mais une offensive militaire dans le Donbass se heurterait à de nombreuses difficultés, notamment la nature urbaine du terrain. L’armure ukrainienne serait extrêmement vulnérable aux armes antichar portatives, et les troupes ukrainiennes devraient probablement compter sur un usage intensif de l’artillerie. Cela entraînerait d’énormes destructions. Le chef de l’armée ukrainienne, le général Khomchak, l’a noté la semaine dernière et « a mis en garde contre d’énormes pertes civiles ».

Face à de telles pertes, il y a une forte probabilité que la Russie intervienne, surtout maintenant qu’un grand nombre d’habitants du Donbass ont acquis des passeports russes. Le résultat serait une guerre totale entre la Russie et l’Ukraine.

Il ne fait aucun doute que la Russie gagnerait une telle guerre, probablement très rapidement. Par conséquent, si l’Occident souhaite vraiment aider l’Ukraine, il devrait utiliser toute sa puissance diplomatique pour s’assurer que le gouvernement ukrainien ne cherche pas à résoudre ses problèmes par des moyens militaires. Malheureusement, les signaux en provenance de Washington vont plutôt dans le sens contraire. Lors d’un appel téléphonique le 1er avril avec le ministre ukrainien de la Défense Andrii Taran, le secrétaire américain à la Défense Lloyd J. Austin III « a réaffirmé le soutien indéfectible des États-Unis à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et aux aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine ».

La déclaration d’Austin ne va pas jusqu’à approuver explicitement une offensive militaire, mais un langage tel que « soutien sans faille » pourrait facilement être interprété à tort comme un feu vert. En 2008, les États-Unis n’ont pas encouragé le Président géorgien Mikheil Saakashvili à attaquer l’Ossétie du Sud, mais il semble avoir interprété le soutien américain à l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN comme une preuve que Washington le soutiendrait s’il le faisait. Le danger est maintenant que le gouvernement ukrainien fasse la même erreur en pensant que l’Occident le soutiendra quoi qu’il arrive. Il est important que l’Occident désabuse l’Ukraine de cette notion.

Les propos du général Khomchak au sujet des pertes civiles massives suggèrent que l’Ukraine est consciente qu’une action militaire comporterait de terribles risques. Nous devons espérer que cette prise de conscience fournira la retenue nécessaire pour empêcher une guerre qui ferait un tort immense à toutes les parties impliquées."

Paul Robinson

samedi 17 avril 2021

Retour sur les bombardements du 16 avril

Dans le quartier d'Oktyabrsky, dans la banlieue Nord de Donetsk, je suis retourné dans le
sanctuaire d'Iversky, qui a subi ce 16 avril un nouveau bombardement ukrainien, profanant
une fois encore cette terre consacrée et la quiétude des morts.
(photo personnelle)


Le 16 avril 2021, sur fond d'une escalade militaire aigue, les forces armées ukrainiennes ont procédé à des bombardements importants sur 6 districts et villages faisant partie de la ceinture défensive de la ville de Donetsk. Au total 13 bombardements au cours desquels ont été tirées une centaine de munitions dont plus de 50 obus de mortiers et d'artillerie lourde.

Le soir même, alors que les médias occidentaux regardaient comme d'habitude ailleurs ou niaient la réalité (ce qui est loin d'être le cas lorsque un tir de riposte républicain est engagé déclenchant aussitôt un tollé d'indignations russophobes de cette "Bien pensance") des témoignages, vidéos et photos de ces bombardements ukrainiens apparaissaient sur les réseaux sociaux, publiés et partagés par des habitants vivant sur la ligne de front.

16 avril 21, secteur de Veseloe (Nord Donetsk)
bombardement ukrainien au mortier de 120mm

Ces bombardements ne sont pas plus une action militaire de l'artillerie ukrainienne préparant une offensive que les tirs d'un commandant d'unité isolé prenant dans son coin l'initiative de la terreur, mais bien le résultat d'une planification de provocations dans lesquelles vont être impliquées plusieurs unités ukrainiennes des 1er et 2ème échelon, positionnées autour de Donetsk, depuis Marinka au Sud Ouest jusqu'à Opitnoe au Nord, en passant par Krasnogorovka à l'Ouest.

Et pour comprendre quel est l'objectif de ce type de campagne de bombardements menée par Kiev il suffit de regarder l'actualité présidentielle ukrainienne qui se déroulait au même moment à Paris au cours d'une rencontre trilatérale entre le français Macron, l'allemande Merkel et le mendiant Zelensky, venu chercher soutien et réconfort après que le russe Poutine ait décidé de "remuer le sabre" devant les menaces d'offensive ukrainiennes dans le Donbass en envoyant plusieurs groupes blindés importants sur ses frontières avec l'Ukraine.

Un des impacts ayant frappé le sanctuaire religieux d'Iversky ce 16 avril 21.

Même si Kiev ne les a jamais respecté, le fantôme des accords de Minsk hante toujours les réunions et communiqués des diplomaties internationales se penchant avec inquiétude ou délectation sur ce conflit du Donbass vieux de 7 ans; aussi l'armée ukrainienne ne peut légitimer son offensive éventuelle qu'en la présentant politiquement sous la figure d'une riposte inévitable à une agression subie.

Afin de garantir l'absolution de ses parrains et financeurs occidentaux dans la réalisation de son "option militaire" dans le Donbass, Kiev a besoin de provoquer une riposte vive des forces républicaines qui sera présentée alors sur la scène du théâtre politico-médiatique de la marchandise comme l'action initiale déclenchant une offensive.

Pour ce faire, les proxys "ukrops" de l'OTAN réalisent des tirs de harcèlement sur le front, en essayant toutefois de ne pas commettre un massacre que même les médias occidentaux les plus serves se sauraient cacher, espérant en retour une riposte républicaine pour laquelle ont été invités nombre de reporters et journalistes des agences de presse russophobes comme par exemple Reuters, AFP et Euro-news repérés sur le front d'Avdeevka (d'où sont parties les provocations le 16).

Mais les forces de défense républicaines, qui ne sont point dupes de l'objectif politique de ces provocations ukrainiennes, pour le moment, "font le dos rond" ne ripostant même pas lorsque des civils sont tués par les tirs de Kiev. Tout au plus autorisent-elles des destructions de points de tir ennemis lorsque ces derniers sont à la portée des armes de 1er échelon (dans des calibres non prohibés par les accords de Minsk).

Face à ce stoïcisme des milices, les forces ukrainiennes se sont engagées dans un crescendo de leurs provocations :
  1. Provocations localisées sporadiques, puis répétées,
  2. Provocations sur l'ensemble d'un secteur,
  3. Augmentation de la fréquence et de l'intensité des tirs...
Et l'étape suivante est facile à imaginer: c'est celle du "false flag" et du mensonge, international, symptômes de cette perfidie occidentale coutumière depuis les premières croisades du Vatican jusqu'à la destruction de la Libye pour déguiser leurs guerres agressives en opérations défensives comme par exemple récemment: le paquebot Lusitania en 1915, les incidents du golfe du Tonkin en août 1964, les fausses déclarations concernant les armes de destructions massives irakiennes en 2003, ou le prétendu massacre programmé par Kadhafi à Benghazi en 2011. En Ukraine ce type de méthode a d'ailleurs déjà été utilisée notamment en février 2014 avec les victimes des "snipers du Maïdan" qui ont brisé l'accord politique entre le gouvernement et les manifestants et légitimé le coup d'Etat des nationalistes radicaux pro occidentaux.

Le traitement politico-médiatique des pertes ukrainiennes sur le front est un exemple déjà actif et régulier de cette inversion accusatoire pratiquée par Kiev et relayée par les occidentaux comme à l'occasion des tués récents de Shumy  tombés dans un de leurs propres champs de mines mais présentés comme les victimes d'une attaque républicaine.

Sur cette vidéo amateur des bombardements ukrainiens du 16 avril
une femme compte le temps de vol des obus entre la détonation de
départ et l'explosion d'arrivée, ce qui pour le calibre 122mm utilisé
ici (tir tendu de canon) situe les obusiers ukrainiens à une distance
allant de 9 à 15km de la ligne de front, soit du côté d'Avdeevka.

Ce 16 avril 2021, tandis que le trio russophobe Zelensky-Macron-Merkel, dans un concert russophobe où à corps et à cris ils réclamaient le retrait immédiat des forces armée russes de leurs territoires frontaliers avec l'Ukraine, les forces ukrainiennes ont tout fait pour provoquer une riposte vive républicaine qui aurait été servie en direct à ses hôtes par un Zelensky pleurnichant. Et pour énerver la défense de Donetsk ces "ukrops" n'ont pas hésité a frapper à nouveau le Monastère de St Iveron devenu depuis 2014 le symbole spirituel du martyr du Donbass.

A noter que les pièces d'artillerie responsables de la plupart de ces provocations étaient dans le secteur d'Avdeevka où elles espéraient ainsi attirer une riposte symétrique républicaine au moment même où des journalistes pro-occidentaux y sont concentrés, et dont les agences de presse participent à cette extravagante fable médiatique qui prétend que "les milices pro-russes menacent d'attaquer les forces de Kiev" affirmation d'autant plus inepte que le rapport des forces de 1/4 défavorable aux républiques vient de passer depuis les renforts ukrainiens à 1/8 ! (mais comme on dit, "plus le mensonge est gros, plus il passe").

Et cette stratégie perfide ukrainienne et qui ne connait aucune limite morale, risque donc de continuer et se radicaliser ces prochains jours entre terreur réelle et victimisation simulée...

Erwan Castel 

vendredi 16 avril 2021

Aggravation du front du Donbass


Le nouveau boss de la Maison Blanche semble plus que ces prédécesseurs être l'incarnation paroxysmique de cette schizophrénie occidentale qui dit tout et son contraire mais surtout agissant prioritairement à l'opposé de ses déclarations de bonnes intentions.

Ainsi Biden dans un cynisme sans limite a t-il déclaré aujourd'hui 16 avril 2021 lors de la conférence de presse de la Maison Blanche être "favorable pour une désescalade des tensions entre la Russie et les Etats Unis, et avancer de manière constructive sur la voie du dialogue" exprimant "sa confiance dans le fait que les peuples russe et américain aspirent à la paix."...

MAIS, quelques heures avant son discours paternaliste et même pacifiste, le vieux démocrate a signé un nouveau paquet de sanctions économiques contre la Russie et décidé d'expulser 10 diplomates russes en poste à l'ambassade de Russie aux USA (Moscou fera de même en retour) !

Quant à Zelensky, ce gouverneur de la colonie étasunienne Ukraine, qui continue sa tournée de mendiant auprès de ses partenaires de l'OTAN (le 10 avec Erdogan, le 16 avec Macron et Merkel) il a bien appris les leçons d'hypocrisie de ses mentors étasuniens déclarant aujourd'hui dans une autre conférence de presse que "l'Ukraine est toujours prête à revenir à une conversation diplomatique significative sur le Donbass"...

MAIS, dans le même moment, les soudards de ce clown ukrainien bombardaient à nouveau les banlieues Nord et Ouest de Donetsk avec de l'artillerie lourde ! (voir ci aprés)

Un homme se juge à ses actes et non à ses discours, surtout s'ils animent la comédie politico-médiatiques et spectaculaire du théâtre de la marchandise où les pires crapules enfilent les masques de la démocraties et des "droits de l'homme" que pour mieux imposer la dictature d'une pensée unique criminelle à des populations conditionnées, consuméristes et prostrées. 

(Des mises à jour seront réalisées en cours de soirée si nécessaire)

Sur le front du Donbass

Aujourd'hui, les périphéries de Donetsk ont connu une brusque augmentation des bombardements ukrainiens qui ont utilisé tout au long de la journée des obusiers de 122mm, des mortiers lourds de 120mm, des mortiers de 82mm ainsi que des roquettes et missiles antichars.

A 20h00, le nombre d'obus tirés depuis le matin sur les villages
et districts de la périphérie de Donetsk s'élevait à 47
(5 de 122mm, 35 de 120mm, 4 de 82mm) 
et les bombardements continuent !

💥 16 avril 21, 05h50 : bombardement ukrainien du village Aleksandrovka (Sud Donetsk) depuis Marinka, 2 roquettes anti char RPG 7 et 30 obus de véhicule de combat d'infanterie BMP 2 tirés.

💥16 avril 21, 08h35 : bombardement ukrainien au mortier du quartier Volvo Center (Nord Donetsk) depuis Peski. 2 obus de 120 mm tirés. 

💥16 avril 21, 08h40 : bombardement ukrainien à l'artillerie lourde de Staromikhaïlovka (Ouest Donetsk) depuis Krasnogorovka. 5 obus de 122 mm tirés.

💥 16 avril 21, 09h00 : une puissante explosion retentit dans le secteur de Yasinovataya, (Au Nord de Donetsk) avec une onde de choc importante.

💥16 avril 21, 09h42 : bombardement ukrainien au mortier de Staromikhaïlovka depuis Krasnogorovka. 5 obus de 120 mm tirés.

💥16 avril 21, 10h25 : bombardement ukrainien du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk). plusieurs grenades autopropulsées AGS ainsi que des tirs d'armes légères.

💥16 avril 21, 10h 35 : bombardement ukrainien du village de Zolotoe 5 (front de Lugansk) depuis Zolotoe 4. 1 roquette RPG 7 et 1 grenade autopropulsée tirées, ainsi que de violents échanges de tirs d'infanterie 

❗ 16 avril 21, un soldat de la République Populaire de Lugansk , le sergent Alex Kariagin a été tué aujourd'hui par un sniper ukrainien dans le secteur de Zolotoe 5.

💥16 avril 21, 09h42 : bombardement ukrainien de Kruta Balka ( front de Yasinovataya, au Nord de Donetsk) depuis Kamenka. 2 obus de 82mm tirés.

💥16 avril 21, 13h50 : bombardement ukrainien du village. de Kalinovo (front Sud, secteur de Novoazovsk) depuis Novozvanovka. 2 obus de SPG 9 tirés.

💥 16 avril 21, 15h40 : bombardement ukrainien du village Aleksandrovka (Sud Donetsk) depuis Marinka, 5 roquettes anti char RPG 7 tirées ainsi que des armes légères.

💥16 avril 21,18h15 : bombardement ukrainien au mortier de l'aéroport de Donetsk à Oktyabrsky (Nord Donetsk). 2 obus de mortier de 120 mm.

💥16 avril 21, 18h25 : bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 4 obus de 82mm tirés. 

💥16 avril 21, 18h30 :bombardement ukrainien du village de Zhabunki à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 2 missiles antichars tirés.

💥16 avril 21, 18h42 : bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 20 obus de 120mm tirés.

 ❗ Le monastère d'Iversky situé entre l'aéroport et Veseloe a été bombardé par l'artillerie ukrainienne, plusieurs tirs ont touché le sanctuaire. 

Le monastère d' Iveron est un des plus haut symboles du martyr du Donbass, plusieurs fois bombardé en 2014 et 2015 il dresse toujours son squelette au milieu
des ruines d'Oktyabrsky (voir quelques articles sur ce lieu crucifié par la guerre: ici)

💥16 avril 21, 19h10 : bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 4 obus de 120mm tirés.

💥16 avril 21, 19h55 : bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 3 obus de 120mm tirés.

En plus de ces accrochages et provocations, l'armée ukrainiennes procède à des mouvements importants de blindés sur la première ligne du front, dont certains sont entendus depuis les avants postes ukrainiens, comme par exemple à Avdeevka où environ 12 chars et 15 véhicules de combat d'infanterie BMP 1 et BMP 2 sont arrivés pendant la nuit du 14 au 15 avril.

C'est à travers cette réalité quotidienne qu'il faut jauger et juger les princes ou plutôt aujourd'hui les banquiers qui gouvernent le Monde et non à travers leurs chargés de communication qu'ils soient ministériels ou présidentiels qui cherchent avec leurs chiens de garde médiatiques à cacher leurs crimes aux yeux de leurs esclaves...

Erwan Castel

Mises à jour : 

💥16 avril 21, 21h34 : nouveau bombardement ukrainien sur le secteur de l'aéroport (Nord Donetsk) ainsi que des échanges de tirs aux armes d'infanterie.  

💥16 avril 21, soirée:  également, bombardements ukrainiens au Nord-ouest de Gorlovka, notamment dans les secteurs de Bessarabka, Izotovo, Khimik, Rtutni, Michurino, mine 6/7...

 

L'église du monastère d'Iversky en 2015. Elle commençait a être restaurée
depuis 2 ans permettant aux offices religieux de s'y dérouler à nouveau.

lundi 12 avril 2021

Errance au milieu des ruines

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Par un matin d'avril, l'envie de m'échapper encore une fois d'un centre ville de plus en plus envahi par une nomenklatura superficielle et puante, je suis allé cueillir des minutes de silence, loin des traitresses  envies consuméristes des nouveaux bourgeois et vautours revenus imposer leur paraître à Donetsk.

Et instinctivement, au sortir de la caserne, ce 9 avril, mes pas m'ont mené vers l'horizon Nord de la cité, dans ce quartier d'Oktyabrsky que j'affectionne tant que j'y ai posé mon sac à dos il y à déjà 5 ans. 


Vendredi 9 avril 2021

Sous un ciel déserté par les chants des oiseaux et les rêves des enfants au milieu du cimetière bombardé d'Iversky, un ange sombre mordoré de cicatrices veille sur une sépulture martyrisée, offrant aux vivants la force d'une épée que le feu ukrainien n'a pas su fondre dans les larmes et le sang, bien au contraire....

A l'horizon où résonne l'écho des armes, au delà du squelette de l'église Saint Iver aux murs griffés par 7 années de bombardements mais toujours debouts, se pressent depuis un mois de nouvelles nuées sombres chargées de haine et d'acier.

Si l'ange pouvait parler... 

il nous raconterait sûrement les grêles d'acier venues faucher les offrandes de fleurs, éclabousser de sang et de larmes les vitraux éclairant les prières des vivants et réveiller les âmes endormies,

Il se souviendrait en tremblant des bombardements et des combats profanateurs, des blessés couvrant les explosions avant que de rejoindre cette foule silencieuse et souterraine que la Camarde réveille dans l'au-delà pour une deuxième danse macabre.

Il crierait le traumatisme de ces pluies de phosphore apportant l'enfer dans ce sanctuaire où pourtant des croyants chantent le Paradis, et que les oiseaux peinenr à regagner tant les arbres à l'entour n'y sont plus que fantômes calcinés.

Il chanterait avec les fidèles qui malgré le danger continuent plusieurs fois par semaine d'apporter la foi et l'espérance dans ce lieu sacré, ainsi que les rêves des enfants dans les caves à l'entour réfugiés. 

Mais les lèvres de pierre restent closes, car finalement, dans ce décor dantesque d'une "divine comédie" où se joue la tragédie humaine, seul le silence peut décrire avec justesse la souffrance du Donbass.

Erwan Castel 

vendredi 2 avril 2021

Une terreur ukrainienne en crescendo

Maisons d'habitation de Zaitsevo en feu à l'issue d'un nouveau bombardement ukrainien du village

Alors que la semaine dernière les bombardements ukrainiens ont été constants ( 24 bombardements sur le seul territoire de la RPD), aujourd'hui 2 avril 2021, les tirs ukrainiens ont connu une nouvelle augmentation, sur l'ensemble du front du Donbass courant sur plus de 460 kilomètres sur les territoires des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk. Dans l'article précédent je rendais compte des tirs ukrainiens de la matinée ayant principalement frappé les périphéries Nord et Ouest de Donetsk avec plusieurs dizaines d'obus de mortier de 120mm et 82mm depuis 7 ans, et le reste de la journée allait continuer crescendo.

2 avril 2021 matin, bombardement de la zone aéroportuaire, au Nord de Donetsk
(secteur du monastère d'Iversky) par des mortiers ukrainiens de 120mm.

Il est difficile d'imaginer quel danger guette à chaque instant les civils du Donbass vivant sur le front, et lorsque c'est le cas de comprendre comment ils peuvent continuer à y vivre 7 ans maintenant. Voici un exemple de "surprise ukrainienne" vécue quotidiennement par les habitants du quartier d'Oktyabrsky, près de la zone aéroportuaire (complétement détruite) situé au Nord de Donetsk:

2 avril 2021. Arrivée d'un obus de mortier ukrainien dans
le quartier d'Okyabrsky, en périphérie Nord de Donetsk

Cet après midi, les forces ukrainiennes ont continuer à tirer sur les républiques du Donbass, frappant indifféremment les positions défensives des milices aussi bien que les zones résidentielles où vivent encore des milliers de familles.

A relever principalement pour cette deuxième moitié de la journée du 2 avril, des tirs sur le village de Zolotoe 5 sur le front de Lugansk, obligeant les habitants à se précipiter dans les caves aménagées en abri anti bombardements. ce village habité est régulièrement bombardé ou mitraillé par les "ukrops" depuis plusieurs jours.

2 avril 2021. Dans un abri aménagé dans une cave une famille écoute 
les tirs ukrainiens s'intensifier (à partir de la 40ème seconde)

Sur le front de Gorlovka (60km au Nord de Donetsk) les villages miniers de Yuzhnaya et Gagarina 6/7 ont subi des bombardements ukrainiens touchant plusieurs zones résidentielles et y provoquant des incendies :

2 avril 2021. Bombardements ukrainiens des villages de
Yuzhnaya et Gagarina 6/7, sur le front Ouest de Gorlovka.

Toujours sur le front de Gorlovka, mais cette fois au Nord de la cité minière, c'est le village de Zaitsevo qui a été une nouvelle fois la cible de tirs ukrainiens utilisant des lance grenades et des mitrailleuses lourdes "Utios", qui ont touché et incendié des maisons d'habitation aux 169 et 171 de la rue Poletaeva:

2 avril 2021. Bombardement ukrainien du village 
de Zaitsevo sur le front Nord de Gorlovka. 

Aujourd'hui un autre soldat républicain a été tué au combat sur le front de Lugansk. Paix à son âme !

  • A 18h35, les bombardements ukrainiens continuaient comme par exemple sur le village de Yakolevka, visé par 6 obus de mortier de 120mm tirés depuis le secteur d'Avdeevka.
  • A 20h33, nouveaux bombardements ukrainiens au mortier de 120mm de la banlieue Nord de Donetsk...
En soirée, alors que déjà les positions défensives du bataillon républicain "Prizrak" ont été sous le feu ukrainien toute la journée, c'est sur le front de Lugansk qu'il y a eu les plus forts bombardements de l'artillerie ukrainienne notamment dans les secteurs de Bryanka, Stakhanov, Pervomaisk, Kirovsk et Alchvesk :

2 avril 21 en soirée, des combats et bombardements illumine le front au
Nord de Kirov, sur le front de la RPL, à l'Ouest de Lugansk.
  • 21h45: Bombardement ukrainien du secteur de Kalinovo-Borchevatoe avec des obusiers lourds de 122mm. 16 obus tirés.
  • Puis l'artillerie lourde ukrainienne s'en est prise aux défenses républicaines de la piste de Bakhmukta, sur le front de la République Populaire de Lugansk :
2 avril 2021 soir. Bombardement ukrainien lourd de la piste 
Bakhmukta sur le front de la République Populaire de Lugansk

Activité de l'aviation ukrainienne

Dans le cadre de cette escalade militaire du front du Donbass on peut observer le retour de l'aviation militaire ukrainienne :
  • Le 1er avril 21, un hélicoptère repéré le matin dans le secteur de Marinka, lors des bombardements de Trudovsky (Sud Ouest de Donetsk), tandis qu'un premier drone d'attaque Bayraktar survolait le front de Yasinovataya (au Nord de Donetsk),
  • Ce 2 avril, des hélicoptères ukrainiens ont été aperçus survolant Selidovo près du secteur de Mikhailovka (à l'Ouest de Donetsk), où se concentre un groupe blindé mixte important avec des unités d'appui d'artillerie automotrice.


Du côté des vautours de l'OTAN...

Ce matin je publiais la carte de l'aviation civile montrant le vol vers la péninsule de Crimée du drone stratégique RQ-4 "Global Hawk" AF42-112049 de l'US Air Force. Voici en fin d'après midi le tracé de ses vols de reconnaissance au large des côtes russes et de la ligne de front du Donbass:


Et dans le même temps un autre drone stratégique non identifié mais venant de la base sicilienne de Sigonella (OTAN) venait à son tour au dessus de la Mer Noire pour prendre la relève du RQ4 sortant.


Dans le Donbass, il semble bien aujourd'hui que les diplomaties impuissantes à imposer un chemin commun de la paix aient désormais passer le relais aux Etats Majors militaires ! 

Erwan Castel

2 avril 2021, depuis une cave d'un village du Donbass