samedi 18 août 2018

Sur le front de Yasinovataya

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Depuis 3 jours nous sommes à nouveau déployés en 1ère ligne au Nord de Donetsk, et les ukrainiens continuent régulièrement leur stratégie de provocation en violant le cessez le feu, principalement à partir du début de soirée... lorsque les observateurs du cessez le feu de l'OSCE ont fini leur journée.

Soldats de la République, nous nous sentons aussi sentinelles d'un empire résistant à la marchandisation du monde. Cet empire, sans territoire arrêté ou gouvernement défini, est celui des valeurs intemporelles et pour beaucoup universelles qui ont fondé notre civilisation.


Samedi 18 août 2018

Le deuxième jour de notre rotation, les ukrainiens ont engagé leurs armes de 1ère ligne dans des harcèlements réguliers destinés à provoquer et tester notre dispositif de défense dans le secteur. 

Force est de constater que si les accords de Minsk depuis 4 ans n'amorcent toujours pas le processus de paix, le travail des observateurs de l'OSCE et surtout du STKK est toutefois relativement contraignant et freine sensiblement les provocations de Kiev sur le front. Lorsque les radios signalent le travail des observateurs, les tirs s'estompent puis signalent quelques temps plus tard que le front est à nouveau à la merci des psychopathes ukropithèques.


En face de nous les "ukrops" renforcent également leurs positions, approfondissent les tranchées et rapprochent leur réseau au plus près de nos positions. Ainsi à 100 mètres de nos murs, sur une position d'observation jusqu'ici silencieuse et temporaire, des sacs de terre et de sable ont émergé tels des champignons, hérissés de caisses et percés de meurtrières à partir desquelles naissent de nouveaux échanges de tirs . 
L'avantage de cette proximité est que les ukrops ne peuvent plus utiliser leur artillerie lourde sans risquer des pertes fratricides.

Dans cette guerre de position, les observations réalisées sont vitales, celles de notre position mais également celles des positions voisines et des drones  régimentaires qui viennent régulièrement fouiller les tranchées et les lisières ennemies. Peu à peu, les informations recoupées permettent de dresser un inventaire détaillé du dispositif ennemi, de leur armement collectif, de leurs rotations et voies logistiques etc... et ce travail doit sans cesse être confirmé et mis à jour... et le périscope du soldat devient monocle d’enquêteur.

Les drones confirment et précisent ce que les sens du soldat détectent, comme par exemple ce BMP 1 
dont le moteur grogne régulièrement dans le fouillis d'une lisière (ici dans l'angle supérieur gauche)

Cette activité d'observation et renseignement me rappelle mes années militaires françaises, et je ne peux m'empêcher de sourire à l'idée qu'aujourd'hui, je suis "passé à l'Est" et observe désormais la menace occidentale qui elle est bien réelle. 

Et dans les étages pulvérisés de "Forteruine" une chouette est apparue dans une anfractuosité du mur Ouest, et ce symbole du renseignement militaire occidental (en Russie, c'est la chauve souris) semble m'adresser aujourd'hui un clin d’œil complice dans cet éveil de conscience qui d'année en année, de conflit en lecture, m'a conduit ici jusqu'aux tranchées du Donbass libre.

Erwan Castel 


Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

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