mardi 4 décembre 2018

L'excitation d'un serpent affamé


Les discours mièvres et hypocrites des occidentaux ont cessé depuis la crise ukrainienne où leurs proies principales, la Crimée militaire et le Donbass industriel ont su s'échapper des griffes du coup d'Etat organisé par leurs services sur la Maïdan. Désormais le masque est tombé !

Depuis l'énervement du bloc occidental face à une Russie post soviétique qui résiste de plus en plus à son hégémonie esclavagiste, ne cesse de grandir et les gesticulations de l'OTAN en Europe sont le symptôme le plus visible de la préparation occidentale à cette guerre ouverte contre la Russie qui parait aujourd'hui quasi inévitable et que je pense pour ma part déjà commencée à travers les conflits asymétriques syrien et ukrainien.

L'OTAN, ce bras armé occidental sous commandement étasunien qui n'avait plus aucune raison d'être après la disparition de l'URSS et la dissolution du Pacte de Varsovie, non seulement a survécu à la fin e la "guerre froide" mais s'est même renforcé et lancé dans une conquête territoriale dans la zone d'influence russe et jusqu'à ses frontières occidentales (mais aussi orientales).

L' "élargissement" de l'OTAN auquel il convient de rajouter le Monténegro, dans les Balkans, intégré à l'organisation militaire en juin 2017 mais aussi les pays factuellement alliés bien que non intégrés tel que la Géorgie, la Finlande ou l'Ukraine par exemple 
Et cette expansionnisme militaire occidental illustre bien la "stratégie du containment" de la Russie que la propagande de guerre du mondialisme continue de présenter comme exclusivement défensif et sous le doux euphémisme d "élargissement de l'alliance". 

Or, si on observe une carte de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord sous une projection polaire (moins occidentalocentrée) elle se passe de tout commentaire concernant la stratégie territoriale de l'Alliance vis à vis de la Russie, ce "heartland" que les thalassocraties britanniques et américaines ont toujours cherché à étrangler pour lui interdire des accès maritimes concurrentiels.

Projection polaire de l'OTAN avec au centre de la carte la Russie autour de laquelle il faudrait rajouter les centaines de bases militaires occidentales (principalement étasuniennes) positionnées dans le "himland", cette ceinture de pays situés sur la façade orientale de la Fédération (Afhganistan, Ouzbekhistan, Pakistan, Irak ,etc...) et où se situent ses portes économiques et routes énergétiques vers les mers chaudes.

Une mise sur pied de guerre permanente de l'OTAN 

Depuis ces dernières années les exercices militaires de l'OTAN se succèdent aux frontières de la Fédération de Russie dans un rythme devenu infernal par une fréquence et une importance exponentielles et sans limite.

Ainsi pour la seule année 2018, l'OTAN aura réalisé pas moins de 106 exercices conjoints dans plusieurs zones opérationnelles du théâtre d'opérations européen, auxquels il convient de rajouter quelques 180 exercices nationaux organisés par les pays membres de l'alliance.

Et désormais, depuis le sommet de l'OTAN de 2016 (Varsovie) où Moscou a été ouvertement déclaré ennemi principal de l'OTAN (donc de la ploutocratie mondialiste dont elle sert les intérêts), les scénarios des exercices désignent comme au temps de la guerre froide cherche à détruire des forces dont les caractéristiques jusque dans les moindres détails techniques et tactiques correspondent à l'armée russe.

Sauf que dans le contexte de la crise ukrainienne qui secoue l'Europe et celui de sa guerre dans le Donbass qui a déjà fait environ 20 000 morts et menace de s'étendre, il conviendrait de qualifier ce contexte géopolitique de "paix chaude" plutôt que de nouvelle "guerre froide". 


Dans les anneaux de l'Anakonda



Les exercices périodiques de l'OTAN sur les frontières occidentales russes sont pléthore: "Trident" Juncture", "Black Sea","Saber Strike", "United Trident", "Sky Clear", "Rapid Trident", "Noble Partner", "Sea Shield" etc auquel il faut rajouter les installations militaires de l'alliance dans les pays proches de la Russie appelées: centres de commandement, aérodromes militaires, station de communications et radars, quais militaires quand ce ne sont pas carrément des bases terrestres aériennes et navales.

En fait la fréquence de ces exercices de l'Alliance ainsi que leur volume permet surtout aux occidentaux de maintenir en quasi continu sur les frontières de la Russie des milliers de combattants et d'équipements opérationnels en ordre de bataille.

Et la plus symbolique des ces cyniques "projection de stabilité" de l'OTAN est sans conteste l' "Anakonda" (orthographe polonaise) exercices interalliés qui mobilisent chaque année des dizaines de milliers de soldats sur les frontières russes, principalement en Pologne et dans les pays baltes et dont le cru 2018 est actuellement en cours entre le 26 novembre et le 6 décembre.


Un iceberg nommé "Anakonda 18"

Ce nouvel exercice de l'OTAN, aux objectifs et dimensions déclarées plutôt classiques et mêmes modestes cache en réalité comme la partie immergé d'un iceberg la répétition d'une guerre d'envergure préparée contre la Russie sur le théâtre d'opérations de la Baltique.




1 / Concernant les effectifs 

Sur son site web l'OTAN déclare pour cet exercice "environ 12 500 soldats en Pologne" auxquels il faut rajouter environ 5 000 soldats déployés en Estonie, en Lettonie et en Lituanie."
Le problème est que cet effectif ce 12 500 pour la Pologne est insuffisant et même ridicule par rapport à celui qui doit normalement accompagné les quelques 5 000 unités véhicules militaires, 45 navires et 150 avions et hélicoptères déclarés participant à "Anakonda 18".

Alors pourquoi minimiser ici l'effectif réel engagé pour cet exercice dont les estimations des analystes approchent plutôt les 100 000 hommes ? L'explication la plus logique est que cette sous-estimation grossière est destinée à contourner l'invitation obligatoire d'observateurs des pays voisins dès lors que l'effectif de déployé par l'OTAN dans un pays dépasse 13 000 hommes. 


2 / Concernant la durée 

La durée déclarée de l'exercice "Anakonda 18" est également modeste : 12 jours du 26 novembre au 6 décembre. 

Mais en réalité cet exercice n'est que la dernière partie nommée "Anakonka" d'un ensemble de manœuvres liées et qui ont commencé dès octobre avec une simulation de coordination interalliée entre les commandements opérationnels de l'armée polonaise, de l'OTAN et de l'Etat Major interallié du front Nord Est et se sont poursuivies en novembre par des exercices "Livex" en Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, ainsi qu'en mer Baltique, plus des nationaux, tous complémentaires et convergents vers la phase finale qui est jouée lors de cet "Anakonda 18"


3 / Concernant l'objectif

L'objectif officiel de ces exercices "Anakonda 18" commandée par le major-général Tomash Piotrovsky, chef du commandement opérationnel des forces armées polonaises, est de "vérifier la compatibilité des forces armées polonaises avec les troupes de 10 alliés de l'OTAN: Tchéquie, Estonie, Allemagne, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Turquie et États-Unis".

Là aussi, même si l'intention déclarée fait effectivement partie des objectifs logiques de tous les exercices interalliés de l'OTAN, le déploiement des participants sur le terrain montre clairement qu'au centre des exercices des portes flingues de l'impérialisme étasunien se trouve l'exclave russe de Kaliningrad dont la capture (ainsi que la résistance à dres contre-attaques venant de Russie et de Biélorusssie) est clairement l'objectif final de ce scénario imaginé par les apprentis sorciers galonnés étasuniens et européens.

Au cours de cet ensemble d'exercices seront testés entre autres : 
  • le franchissement de coupures humides (fleuves, estuaires ou lacs), 
  • l'utilisation de segments d'autoroute par l'aviation de combat, 
  • la capture d'un navire dans une zone portuaire, 
  • l'utilisation de gaz de combat y compris dans le cadre d'attaques maritimes, 
  • l'évacuation de populations civiles, 
  • les procédures d'emploi d'armes chimiques radiologiques et même nucléaires, 
  • la mise ne oeuvre de chaîne médicale tactique, 
  • la coordination de bombardements polonais et étasuniens, etc.
Les quelques informations qui ont filtrées concernant ces exercices liés de l'OTAN montre bien qu'ils se déroulent dans les 5 domaines de la guerre moderne à savoir Terre, Air, Mer mais aussi Espace et Cyberespace.


4 / Diminuer la dépendance technologique 

Ce qui est intéressant c'est que cet exercice va également essayer maintenir un niveau opérationnel pour des groupes de combat de l'OTAN autonomes, isolés et démunis de leurs moyens électroniques. Ce nouveau scénario de combat de l'OTAN et qui prend en compte les surprises désagréables des rencontres rapprochées avec des unités russes sont aussi un aveu d'impuissance des unités occidentales devant les capacités de guerre électronique russes 


5  / Dans un environnement civil

L'implication de  la population civile civile dans le scénario de cet exercice est importante, et pas uniquement dans la définition d'un environnement passif des combats en zone urbaine imaginés mais également dans la coordination avec les autorités les administrations et forces de sécurité locales. Ces exercices visent a gérer les populations civiles dans le contexte d'une guerre moderne urbaine (évacuation, gestion des déplacement, logistique etc) mais également à les intégrer dans les dispositifs militaires et les actions menées. C'est dans cette hypothèse qu'a été organisée dans le déroulement de cet exercice la participation de quelques 450 milices armées non gouvernementales assistant les forces régulières de l'OTAN.




Kaliningrad est au Nord de la façade orientale de l'OTAN ce que la péninsule de Crimée est à son Sud: un bastion russe puissamment défendu et qui empêche aux occidentaux de stabiliser dans la profondeur un front contre les frontières de la Russie et qui est la condition sine qua non à une offensive militaire contre elle.

Neutraliser Kaliningrad (tout comme neutraliser la Crimée) sera une priorité et un prélude au déclenchement de la guerre contre la Russie car ses capacités militaires sont capables d'entraver l'agression occidentale suffisamment pour permettre à Moscou de mettre en oeuvre des contre offensives victorieuses. Voilà pourquoi tous les exercices de l'OTAN qui se déroulent dans ce pivot Nord de l'Intermarum (zone stratégique reliant la mer Baltique à la Mer Noire) sont basés sur la vitesse la brutalité et... l'option nucléaire tactique.


Erwan Castel



Opération Mariupol / 1


Depuis l'incident de Kertch, les alertes sur le front du Donbass qui se concentraient essentiellement dans le secteur de Gorlovka (Nord de la RPD) où une menace d'attaque chimlque a été confirmée plusieurs fois, se sont vues augmenter d'une autre menace non moins sérieuse dans le secteur de Mariupol, la grande ville portuaire du Donbass, aujourd'hui occupée par les forces ukrainiennes.

Cette ville de Mariupol, qui est la deuxième agglomération du Donbass après Donetsk, est aujourd'hui au centre de l'escalade politico-militaire qui réveille la flamme de la guerre entre la Russie et l'Ukraine.
  • Depuis 2014 Mariupol qui est une grande ville industrielle et surtout le seul port économique du Donbass est la pièce manquante pour assurer aux Républiques du Donbass pour acquérir un début d'autonomie réelle. 
  • Mariupol est lié à l'incident de Kertch car c'est la clef de voûte de la militarisation de la Mer d'Azov lancé par Kiev qui veut en faire une importante base militaire certainement en coopération avec l'OTAN. dont des "conseillers" sont déjà présents.
  • Plus à l'Ouest de Mariupol se situe le port de Berdyansk où la base navale qui est en projet (complémentaire avec les quais militaires logistiques de Mariupol) est au coeur de la militarisation ukrainienne de la Mer d'Azov.
  • Militairement Mariupol qui dispose d'un terminal portuaire, aérien, ferroviaire est la charnière Sud de la ligne de front tenue par les forces ukrainiennes et qui s'appuie ensuite plus au Nord sur Volnovakha, puis Marinka et le front de Donetsk.
Le port industriel de Mariupol, par ses enjeux démographiques, économiques, logistiques, militaires et politique est donc après Donetsk, Lugansk et les frontières avec la Russie un objectif essentiel de la guerre du Donbass et une réactivation des combats par Kiev, ici ou ailleurs, entraînerait à coup sûr une contre offensive républicaine dans sa direction.


Un "festung" ukrainien au milieu de la population civile

La difficulté de combattre à Mariupol est que Kiev a élaboré son maillage de positions militaires au cœur de zones résidentielles civiles denses médiatiquement particulièrement sensibles depuis qu'un bombardement ukrainien y a  tué le 24 janvier 2015 plus de 30 civils et blessé une centaine d'autres lors d'une escalade militaire sur le front de Shirokino, la petite ville côtière située sur le front à l'Est de la ville

Aujourd'hui Porochenko cherche à faire accuser la Russie d'un acte de guerre inadmissible et qui justifierait une offensive ukrainienne présentée comme de la légitime défense. 

Or l'attaque chimique dans le secteur de Gorlovka, bien que toujours d'actualité; a peu de chance d'être utilisée comme un détonateur car sa préparation (réalisée à priori avec des spécialistes militaires de l'OTAN) a été éventée et rendue publique. Quant à l'incident de Kertch s"il a fonctionné en provoquant les forces russes, la modération de leur réaction n'a pas permis d'en faire un "casus belli" crédible de la propagande de guerre occidentale.

Il reste donc le secteur de Mariupol pour réaliser une autre provocation ukrainienne de type "false flag" mais sans attirer trop les soupçons du fait de son intérêt majeur pour les forces républicaines, sa proximité des frontières russes et dont les victimes civiles inévitables seraient un levier émotionnel pour engager des réactions politiques et militaires simulées et bien entendu anti-russes.

Les forces républicaines sont donc particulièrement attentives sur les activités ukrainiennes  concernant Mariupol et dont le front est depuis 5 ans un des secteurs les plus tendus et plus meurtriers du Donbass. 

Depuis le 25 novembre on observe entre autres indicateurs confirmant l'hypothèse d'une nouvelle provocation ukrainienne dans le secteur : 
  • La mise en ordre de bataille de 3 brigades d'assaut ukrainiennes déployées dans le secteur (les 79ème brigade d'assaut motorisée, 36ème brigade d'infanterie de marine et 128ème brigade d'assaut de montagne)
  • Le discours récent du Président Porochenko semble préparer politiquement l'opinion au scénario du false flag, en accusant la Russie de vouloir envahir la côte entre la République populaire de Donetsk et la Crimée (Mariupol et Berdiansk)
  • L'arrivée à Mariupol de 6 médias occidentaux dont CNN, Associated Press et la BBC qui médiatiseront le scénario présenté par la propagande de Kiev pour amplifier les pertes et dégâts, exacerber la russophobie et influencer les réactions.
  • Enfin le déploiement de nouveaux renforts militaires ukrainiens à Mariupol comme ces blindés photographiés et publiés sur les réseaux sociaux par Sergueï Takhmazov, un soldat ukrop qui précise que l'arrivée de cet escadron de chars de combat uktrainiens s'est faite en présence d'une trentaine de reporters occidentaux.


Les Occidentaux qui n'ont plus la main en Syrie ont intérêt aujourd'hui a exacerber le conflit du Donbass pour tenter d'affaiblir la Russie en la forçant à une intervention aux conséquences internationales ou un abandon aux conséquences nationales.

De son côté Porochenko, qui voit se dessiner son échec et mat à l'horizon du scrutin présidentiel ukrainien de mars 2019, s'est lancé dans une série de gambit (sacrifice d'une pièce pour attirer l'adversaire). 

Et l'idéal est d'engager une nouvelle provocation à la faveur de la loi martiale qu'il pourra ensuite renouveler.

On peut donc imaginer le scénario suivant :
  1. False flag ukrainien médiatisé accusant la Russie d'avoir attaqué Mariupol et provoqué par des  des bombardements de nombreuses pertes civiles 
  2. Attaque ukrainienne en "réaction" pour bousculer la ligne de front en direction des frontières avec le Russie mais très limitée dans le temps et l'espace pour éviter une réaction russe.
  3. Contre attaque des forces républicaines et réactivation en chaîne de la ligne de front ( ou le scénario chimique Nord pourrait même être alors mis en oeuvre).
  4. Gesticulations internationales des occidentaux à L'ONU pour accuser la Russie et demander des sanctions, des renforts de l'OTAN, des casques bleus, des aides militaires etc.
  5. Capitalisation de l'avancée ukrainienne par un accord de type "Minsk 3" etc.
Si cette option est retenue pour la prochaine provocation de Kiev contre la Russie, cela risque d'être une déflagration majeure et un tournant dans ce conflit car l'importance de Mariupol obligera chaque adversaire à rentrer dans un cycle infernal d'actions-réactions extrêmement dangereux. 

"Wait and see"

Erwan Castel

lundi 3 décembre 2018

La tentation du pire


Les alertes menaçantes et les alarmes médiatiques qui fusent de part et d'autre de la ligne de front du Donbass ressemblent depuis 4 ans à ce conte populaire du jeune berger qui criait tellement de fois "au loup" que plus personne ne l'a crû je jour où l'attaque survint réellement. Et je ne compte plus depuis longtemps les surenchères propagandistes des rapports militaires réalisées par ces pseudo-journalistes rampant dans les alcôves ministérielles à la recherche de sensationnalisme et cherchent à entretenir la peur et se donner de l'importance. Il est devenu lassant de trier le bon grain de l'ivraie dans cette avalanche de communiqués banalisant la menace et l'alerte. Et pourtant au milieu du bluff et de l'exagération, du mensonge et de l'omission, de la confusion et de l'erreur mixés par une propagande médiocre réalisée par des amateurs finissant même par croire à leurs impostures, se cache souvent des faits réels et inquiétants.

Ainsi, depuis l'incident de Ketch, derrière l'accélération de la guerre habituelle des communiqués, des décisions et des actions importantes sont engagées tant sur le plan politique, économique que militaire.

Par exemple la loi martiale décrétée en Ukraine et limitée aux oblasts russophones, frontaliers de la péninsule de Crimée, Russie, Mer d'Azov et Donbass a déclenchée une ostracisation et des mesures répressives à l'encontre des russes travaillant en Ukraine et de la population locale :
  • Interdiction d'entrée dans le territoire pour les russes de 17 à 60 ans
  • Mobilisation des réservistes 
  • Réquisition par l'armée de véhicules et domiciles privés
  • Interpellations accrues parmi les civils traversant les blockposts du front 
  • etc...
Sur le plan économique, la situation est plus cocasse car si de nombreux portes-paroles de ce camp occidental soutenant Kiev préconisent de nouvelles sanctions pour la Russie, sur le terrain, c'est plutôt l'Ukraine qui avec la fermeture du détroit de Kertch et la loi martial paye un coût économique fort à sa provocation.

Sur le plan militaire, on observe un renforcement des positions ukrainiennes et surtout une agitation au niveau des bases arrières et des bases logistiques qui dépasse celle des habituelles rotations d'unités qui rythment l'activité militaire du front depuis plus de 4 ans.



Dans cette ébullition nouvelle il faut observer tout d'abord que :
  • Ce nouveau séisme politico-militaire a largement débordé le théâtre d'opérations du Donbass pour s'étendre par son épicentre de Kertch et son onde de choc internationale à toute la région maritime partagée entre la Russie et l'Ukraine et qui remet la péninsule de Crimée dont le retour référendaire en Russie malgré les discours de principe était quasi acté par la communauté internationale, au cœur des discussions et des tensions bellicistes.
  • Ensuite c'est la première fois que forces ukrainiennes et forces russes sont sciemment confrontées directement l'une à l'autre, et même si il est très exagéré de parler de "bataille navale", les bateaux ukrainiens en infraction frontalière s'étant rendus dès la première action coercitive russe, la crise russo-ukrainienne, après 5 ans de mensonges ukrainiens le prétendant est réellement passé au stade de la confrontation armée.
Les objectifs de cet incident de Kertch sont simples et multiples :
  • Restaurer l'union occidentale autour d'une Ukraine de moins en moins crédible.
  • Remettre en cause les accords maritimes internationaux des Mer Noire et mer d'Azov 
  • Activer la militarisation par l'OTAN de la Mer Noire et sa rive ukrainienn
  • Prolonger et augmenter les sanctions économiques anti-russes (vote en décembre).
  • Stigmatiser une nouvelle fois la Russie sur la scène internationale.

Le Président ukrainien Porochenko même s'il n'a pas d'autres choix que d'obéir aux directives étasuniennes y voit quant à lui l'opportunité de redorer son image et revêtant l'uniforme de commandeur et de tenter de prolonger une vie présidentielle fortement menacée par son impopularité à la veille du scrutin présidentiel de mars 2019.
De leur côté, les nationalistes de la rue, aux bataillons en passant par  les rouages de l'administration profitent aussi de cette escalade pour exprimer à nouveau leur russophobie haineuse en paroles et en actes dans des manifestations,des répressions et provocations contre les russes ethniques..Ce contexte rend également plus facile l'ostracisation des russes par les pouvoirs de l'Etat ukrainien comme la saisie des biens de l'Eglise orthodoxe russe en Ukraine, les interpellations ou les interdictions de territoire par exemple.


Enfin, l'armée ukrainienne peut passer à l'étape suivante de la "loi de réintégration du Donbass" grâce aux pleins pouvoirs dont elle dispose via la loi martiale, sur les autorités civiles et militaires comme par exemple le transfert de la Garde Nationale sous son autorité, la mobilisation des réservistes etc.

C'est ainsi que l'on a observé la mise en formation de combat de 3 brigades ukrainiennes dans la région de Mariupol (front Sud de la RPD), l'arrivée d'une brigade parachurtiste à Kontantinovka (front ord de la RPD), des renforts logistiques, des réquisitions de moyens civils et hospitaliers pour l'armée etc...


La tentation du pire du Président Porochenko

Si on peut dire que la provocation ukrainienne organisée à Kertch a réussi du fait qu'elle a obligé les russes à employer la force et se placer ainsi dans le collimateur de la propagande de guerre lourde occidentale, en revanche le sacrifice par Kiev de cette vingtaine de marins n'a pas atteint la dramatisation tragique espérée (pas un tué ni un bateau de coulé) et qui aurait fait de Kertch un "casus belli" (intention que l'on retrouve dans la sémantique des réactions ukrainiennes). La provocation malgré sa gravité importante reste dans la catégorie des incident frontaliers rares mais classiques qui sont observés sur ces zones dites "contestés frontaliers" et qu'on retrouve un peu partout à travers le Monde.

Et Kiev semble vouloir aujourd'hui s'engager dans une fuite en avant !

A ce stade Porochenko, qui n'a plus rien à perdre, est pris à son propre piège et s'est donc lancé dans une surenchère délirante d'invectives à l'encontre de la Russie et dans lesquels il tient des discours dont l'incohérence exacerbée par l'inversion accusatoire coutumière de la propagande occidentale frise une stupidité affligeante.

Ainsi dans une interview récente au "Funke Média Group" allemand, le gouverneur de la colonie Ukraine par exemple considère les marins appréhendés par les gardes frontières russes de "prisonnier de guerre". Or pour qu'il y ait des "prisonniers de guerre" faufrait-il qu'il y ait une guerre entre les pays concernés . Ce qui n'est pas (encore) le cas et qui a même été souligné par le Porochenko lui-même lorsqu'il expliquait il y a quelques jours les conséquences de l'instauration de la loi martiale 'partielle) en Ukraine Moscou de son côté n'a pas accordé le statut de prisonnier de guerre incarcérant les 21 marins (officiers sous-officiers, marins et agants du SBU) au seul chef d'inculpation de "franchissement illégal de la frontière de l'État" aux termes de la partie 3 de l'art. 322 du Code pénal de la Fédération de Russie (franchissement illégal de la frontière d'un État, commis par un groupe de personnes lors d'un complot préliminaire, par un groupe organisé, ou faisant l'objet de violences ou de la menace de les utiliser).  

Ensuite Porochenko, poussant son délire alcoolisé jusqu'à la limite du comique troupier, a prétendu que Moscou "tente de créer un corridor terrestre reliant le Donbass occupé à la Crimée occupée, en capturant Berdyansk et Marioupol". D'une part cette assertion n'a aucun rapport avec l'infraction maritime commise par ses marins, et d'autre part le satrape de Kiev semble oublier que c'est Moscou justement qui, pour ne pas envenimer la crise en septembre 2014, avait empêché aux milices du Donbass poursuivant les débris de l'armée ukrainienne laminée dans le chaudron d'Illiovaisk, de prendre la ville de Mariupol, de se replier et de geler les opérations militaires pour engager des pourparlers diplomatiques (Minsk 1)


A ce stade de la crise, le seul qui fait raccord entre le Donbass et son front de Mariupol avec la Crimée et son détrit de Kertch c'est bien Porochenko, dont le discours belliciste doit-être mis en perspective avec plusieurs indicateurs qui sur ce front Sud du Donbass viennent de se mettre au rouge :
  • La mise en ordre de bataille de 3 brigades d'assaut ukrainiennes dans le secteur de Mariupol,
  • L'arrivée concentrée de correspondants de grands médias occidentaux dans ce secteur (6 médias serves de la propagande occidentale dont CNN, Associated Press   et la BBC.
On peut donc raisonnablement, au vu du contexte et des observations réalisées, s'attendre à une nouvelle provocation ukrainienne cherchant à accuser la Russie d'une nouvelle agression. Un false flag comme par exemple un bombardement de civils des quartiers ouvriers de Mariupol (dont on sait qu'ils sont majoritairement pro-russes) et qui serait médiatisé et présenté comme un "casus belli" accélérant encore plus les sanctions économiques anti-russes, la militarisation de l'OTAN, le projet de déployer une force d'interposition pro-occidentale et servirait peut-être même de prétexte à des opérations offensives ukrainiennes.


Conscientes du nouveau caractère de cette menace ukrainienne ainsi que de son contexte augmentant sa probabilité d'exécution pendant la période de cette loi martiale pré électorale, les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk, sans toutefois procéder à une mobilisation ont augmenté le niveau d'alerte de leurs unités et élevé le niveau opérationnel de leurs forces de sécurité (police par exemple) pour participer si nécessaire à la défense militaire de leurs territoires.


Sur les polygones d'entrainement de la République populaire de Donetsk proches du front de Mariupol, des exercices tactiques des forces blindées et de leur artillerie d'appui ont été réalisés pour envoyer un message clair à Kiev : "nous sommes prêts à vous accueillir !"

Erwan Castel




dimanche 2 décembre 2018

Des sacrifiés inutiles


Les soldats ukrainiens continuent de subir, de l'aveu même de leurs responsables militaires et politiques, des pertes importantes dans la zone où est déployée l' "Opération des Forces Combinées" (qui a remplacé cette année l'initiale "Opération Spéciale Antiterroriste").

La majorité de ces pertes ukrainiennes sont des "200" (tués) et "300" (blessés) "hors combats : accidents, rixes, suicides etc... qui animent les faits divers du territoire occupé par Kiev. Quant aux pertes au combat la plupart sont dues à des fautes de commandement, des tirs fratricides ou des explosions de mines très souvent posées par leurs propres forces.

C'est ainsi que le 29 novembre 2018, une unité de reconnaissance ukrainienne de la 10ème Brigade de montagne a tenté de pénétrer de nuit plus en avant dans la zone grise proche de Loginovo, un secteur du front de l'arc Svitlodarsk situé sur le terrtoire de la République Populaire de Lugansk (Au Nord Est de Debalsevo).

Cette mission répondait à l'ordre direct du Lieutenant Général Naiev le Commandant de l'Opération des Forces Combinées, de conquérir de nouvelles positions dans la "zone grise", dans le cadre de la Loi Martiale récemment déclenchée. 

La section de reconnaissance ukrainienne (environ 20 soldats) qui avait été repérée par les unités de défense républicaine a été observée s'engageant dans l'un des champs de mines posés par l'armée ukrainienne elle-même et qui apparemment n'avait pas fait l'objet d'un marquage terrain et d'un report cartographique. Ces négligences sont des fautes de procédures mortelles sont très courantes sur le front du Donbass.

Résultat: lorsque plusieurs mines ont explosé (par déclenchement mécanique ou sympathique), 5 soldats ukrainiens ont été tués et au minimum 8 autres blessés. Plusieurs corps ont été abandonnés sur le terrain par les ukrops dont celui identifié du Soldat Sergey Grigoryevich Prodanyuk de la 10 Brigade, et qui a pu être récupéré en sécurité par une unité républicaine.


Ces nouvelles pertes ukrainiennes illustrent bien le type de provocation régulière opérée dans la zone grise du front par l'armée ukrainienne et l'amateurisme de ceux qui en sont chargés. 

Mais aussi, en perspective avec le tsunami politico-médiatique déclenché par l'incident de Ketch, cette autre provocation ukrainienne du moment qui a entraîné la capture de 3 unités navales ukrainiennes et de leurs équipages par les garde une inversion accusatoire pour détourner sur la scène internationale un acte de protection légitime des frontières russes, et de l'autre côté une ignorance totale d'une autre violation flagrante par Kiev de la ligne de front protégée par les accords de Minsk, mais qui est inexploitable par la propagande de guerre occidentale, et ce malgré son bilan humain très lourd.

Dans les 2 cas nous constatons que les politicards de Washington et de Kiev jouent avec une légèreté criminelle avec la vie des soldats et marins ukrainiens qui sont sacrifiés quotidiennement et inutilement sur l'autel du délire russophobe occidental.

Erwan Castel

Article source : V Kontacte et Stalker Zone



Mac Cain s'est réincarné !

Plus ça va, moins ça va et plus Kurt Volker, le représentant spécial étasunien pour l'Ukraine, montre les symptômes d'une russophobie psychotique de plus en plus délirante et qui rappelle celle du sénateur John Mac Cain, le parangon du parti de la guerre américain décédé cette année mais dont le venin circule toujours dans les discours de ses fidèles.

Commentant l'incident de Kertch, cette éminence grise de Washington qui murmure à l'oreille du pantin Porochenko a déclaré : 

"Ce serait bien si l'Europe envisageait la possibilité d'introduire de nouvelles mesures restrictives à l'encontre de la Russie, ainsi que de nouvelles sanctions introduites à Washington. Ainsi, il est nécessaire de punir la Russie pour l'incident survenu dans la mer Noire"

Et ce chien de garde de la propagande russophobe mondialiste de rajouter, concernant la polémique de savoir qui a provoqué qui le 25 novembre entre les marins ukrainiens et les gardes côtes russes que "la question n'est pas pertinente" et que :

"Peu importe qui est responsable de ce qui s'est passé dans le détroit de Kertch, mais il est conseillé d'introduire de nouvelles sanctions contre la Russie et à la Russie même d'exiger la libération immédiate des navires et des marins ukrainiens. La Russie doit s'asseoir à la table des négociations"

Là, Volker réussit même à dépasser son mentor Mac Cain, dans le domaine du cynisme et de la haine, mais il lui reste au moins le mérite de la franchise !

Et cet incendiaire qui rêve de voir l'Europe à feu et à sang dans une guerre contre la Russie, espérant que cela réanime la santé économique d'une ploutocratie moribonde, n'est malheureusement pas le seul chien aboyant au sein de la meute des clébards occidentaux prêts à tout pour que l'Oncle Sam remplisse leurs gamelles d'esclaves.

Car, derrière le rideau déchiré des discours diplomatique de façade de l'ONU, de l'UE appelant à une désescalade des tensions et un réglement diplomatique de la crise de Kertch, les aboiements des va-t-en guerre soumis et irresponsables se font entendre de plus en plus fort. 

Voici quelques autres exemples de collabos occidentaux qui supportent le chaos mondial organisé et qui, complètement possédés par une russophobie délirante excitent dangereusement la meute des psychopathes ukropithèques suicidaires qui sous couvert d'une loi martiale partielle et partiale, radicalisent leurs discours belliciste, militarisent les zones frontalières avec la Russie, répriment les citoyens russes et intensifient leurs provocations dans le Donbass :

Sandra Kaniete et le sénateur Mac Cain

UNION EUROPÉENNE
  • Sandra Kalniete, députée européenne de Lettonie soutient un projet de résolution sur les relations avec la Russie, qui sera examinée par la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Dans ce projet qui propose une séries de nouvelles sanctions anti-russes, Kalniete préconise d’arrêter le projet commercial russe "North Stream 2" qui projette d'exporter le gaz vers l'Europe en contournant par le Nord l'Ukraine. Les USA se sont toujours opposé à ce projet commercial qui tisse des liens entre Moscou et les pays européens (principalement l'Allemagne qui est un de ses plus gros acheteurs de  gaz) et concurrence le marché américain. Cette volonté d'annuler le "North Stream 2" au titre de nouvelles sanctions éconiomiques contre la Russie est probablement un des objectifs majeurs de la provocation ukrainienne de Kertch, parrainée par les occidentaux.
  • Federica Mogherini, représentante de la diplomatie européenne déclare être "consternée" par le recours "inacceptable" de la force par la Russie lors de l'incident de Kertch et que l'UE "agira de manière appropriée, en coordination étroite avec ses partenaires internationaux" dans la formulation de sa réponse. 
  • Donald Tusk, President du Conseil Européen, s'est dit certain que l'UE renouvellerait en décembre ses sanctions économiques contre la Russie, après l'incident de Kertch.
GRANDE BRETAGNE
  • Theresa May, Première Ministre britannique qui considérait Mac Cain comme "un grand homme d'état, qui incarnait l'idée du service au-dessus de soi-même" commentant l'incident de Kertch a promis que  Londres allait pousser pour que des "sanctions appropriées" soient décrétées contre Moscou.
ALLEMAGNE
  • Annegret Kramp-Karrenbauer, Secrétaire générale de l'Union démocrate-chrétienne allemande que certains présentent comme la dauphine de Merkel, a demandé à l'Union européenne et aux États-Unis de discuter de la possibilité de fermer leurs ports aux navires russes venant des eaux de la mer d'Azov.
  • Norbert Röttgen, chrétien-démocrate qui dirige la commission des Affaires étrangères du Bundestag (chambre basse du parlement allemand), l'Europe pourrait devoir durcir ses sanctions envers Moscou après cet incident naval. "Je suis très inquiet devant le fait que nous avons affaire ici à un nouveau comportement de la Russie, qui recherche son expansion territoriale (...) Pour le moment, on ne parle pas de durcir les sanctions, mais de façon générale, je ne l'exclus pas".
AUTRICHE
  • Karin Kneissl, Ministre autrichienne des Affaires étrangères, a déclaré que l'UE envisagerait des sanctions en fonction "de l'exposé des faits et de l'attitude à venir des deux camps".
POLOGNE
  • Andrzej Duda, Président polonais  a annoncé que son pays était prêt à soutenir de nouvelles sanctions contre la Russie.
ESTONIE
  • Juri Luik, Ministre estonien de la Défense  a estimé que dessanctions "seraient le moyen le plus efficace de montrer au gouvernement russe" que les Européens sont déterminés
USA
  • John Herbst, ancien ambassadeur américain en Ukraine quant à lui, suggère d'interdire aux navires russes quittant les ports d'Azov d'entrer dans des ports situés en Europe et aux États-Unis.
ETC...

Ainsi, de nombreux laquais du parti de la guerre mondialiste, et malgré les réticences franco-allemandes actuelles à remettre une couche de sanctions économiques anti-russes pénalisant aussi leurs propres économies, ont donc bien répondu aux ordres sous forme de vœux de la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert lorsqu'elle déclarait:  "Le gouvernement américain a pris une position très forte pour soutenir l’Ukraine et nous voudrions que d’autres pays en fassent également plus".

Il est fort probable que nous assistions dans les prochains jours à une nouvelle escalade de la croisade anti-russe destinée à isoler encore plus Moscou de la scène internationale ainsi qu'aux militarisation accélérée de l'Ukraine par l'OTAN et radicalisation de son régime dictatorial.
Et si d'aventure certain pays européens hésitent (plus par cupidité commerciale que par éthique politique) a rejoindre l’hallali contre l'Ours, il est probable que de nouvelles provocations ukrainiennes en Mer Noire et dans le Donbass sauront les remettre dans le chemin de leur servitude au Nouvel Ordre Mondial. 

Quant à Moscou, le pouvoir semble avoir (enfin) compris qu'à l'Ouest il n'a pas un seul "partenaire" mais que des ennemis soumis et zélés prêts à servir de chair à canon à l'impérialisme de la marchandise.

Erwan Castel


Pour mieux découvrir ce dauphin de Mac Cain voir ici ; Kurt Volker et John Mac Cain 

samedi 1 décembre 2018

"Qui s'y frotte s'y pique !"

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Depuis un an, dans la guerre de postions rapprochées qui nous opposent à l'armée ukrainienne sur le secteur de Promka entre Yasinovataya et Avdeevka (Nord de Donetsk), les avants postes ennemis n'ont cessé de se renforcer et surtout de s'approcher à coups de pelles et de de pioches souterraines jusqu'à 100 mètres des lignes de défense républicaines, ce qui nous a forcé à réagir fortement durant ce mois de novembre.

Samedi 1er décembre 2018
En faisant le bilan des actions menées sur le front pendant le mois de novembre, j'ai retenu parme les plus significatives la destruction de plusieurs postes avancés ukrainiens qui avaient été aménagés à très courtes distances de nos positions.

Depuis mars 2016, le secteur du front où la Brigade Piatnashka est déployée aujourd'hui entre Yasinovatay et Avdeevka n'a cessé d'être "grignoté" par l'armée ukrainienne qui a, en complète violation avec les accords de Minsk, envahi par une succession de "sauts de crapauds" (ainsi nommés par l'état major ukrainien lui-même)  dans cette "zone grise" située entre les lignes des belligérants et sensée rester démilitarisée sur une largeur de 2 kilomètres minimum. Résultat : les ukrops sont arrivés au contact des défenses républicaines et parfois à des distances minimalistes de 100 mètres à peine, ce qui rend impossible l'application du cessez le feu, et ces secteurs particulièrement dangereux du fait des activités permanentes des snipers et des tireurs de roquettes antichars et grenades autopropulsées. 

Et chaque jour, nous entendions des coups de pioches et de pelles se rapprochaient lentement et surement de nos postions et chaque semaine, de nouveaux sacs de sable et rondins apparaissaient au ras du sol des décombres de la zone industrielle de Promka qui sépare Avdeevka (côté ukrainien) de Yasinovataya (coté républicain).

Il nous a fallu se résoudre à traiter ce cancer ukropithèque rapidement par une chimiothérapie de choc réalisée à l'aide de nos armes antichars, missiles "tour" et roquettes "RPG". Et ainsi en une semaine, plusieurs de ces métastases rampantes qui nous infligeaient jour et nuit des tirs rapprochés dangereux ont été éradiquées définitivement du paysage !

"Tzigan" au RPG depuis un des nombreux postes 
de tir aménagés dans nos tranchées de combat

Pour de nombreuses positions ennemies, aménagées dans des abris de tranchée ou à des fenêtres de bâtiments, le lance roquette antichar RPG 7 s'avère être une arme idéale, légère et maniable, facile d'emploi et efficace, de plus elle dispose d'un éventail de munitions adaptées à chaque cible : charges antichar diverses, charge antipersonnel, charge thermobarique et même peut tirer des obus de mortier de 82 mm par exemple.


Mais pour des casemates plus fortifiées ou des complexes enterrés important, nous sortons nos postes de tirs "Tour" tirant des missiles antichars de 120mm emportant 1,7 kg d'explosif et capables de percer de 200 à 400 mm de blindage selon l'inclinaison. 
C'est ainsi que nous avons mis fin en novembre à l'avancée d'une tranchée ukrainienne proche d'une de nos positions en détruisant, à partir de la route Donetsk-Gorlovka qui surplombe le secteur, le dernier ensemble de casemates qui avait été organisé à 100 mètres à peine de nos murs...


Plusieurs de nos missiles "tour" ont "traité" cet ensemble de casemates qui couvraient de leurs feux rapprochés nos postes de tir et d'observation. Depuis les ukropithèques ont abandonné l'idée de se rapprocher de la brigade "Piatnashka" qui à leurs dépens leur appris le dicton français "qui s'y frotte s'y pique".

Au suivant !

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

Armée ukrainienne sur les starting-blocks


Une nouvelle alerte pour le secteur Sud du front du Donbass vient d'être lancée par les services de renseignement de la République Populaire de Donetsk (avec certainement ceux de la Fédération de Russie qui surveillent attentivement ce front). 

Des unités ukrainiennes déployées dans le secteur de Mariupol, au Sud de la RPD se sont regroupées pour constituer un groupe d'assaut blindé important. Il s'agit principalement de la 79ème brigade d'assaut motorisée, de la 36ème brigade d'infanterie de marine et de la 128ème brigade d'assaut de montagne. 

Encore une énième menace d'offensive imminente de Kiev me direz-vous ,telle que celles qui sonnent régulièrement l'alarme sur ce front du Donbass depuis l'été 2015. Peut-être, mais aussi peut-être pas car un contexte complètement différent exacerbe aujourd'hui la menace et fait plus que jamais de la ligne de front du Donbass un fil prêt à rompre à tout moment :


1 / Tout d'abord l'incident du détroit de Kertch provoquée par Kiev (forçant les grades frontières russes à user de la force pour stopper une intrusion illégale de navires militaires ukrainiens dans leurs eaux territoriales) a mis en place des conditions internationales et nationales favorisant un coup de force dans le Donbass :
  • Porochenko en victimisant l'Ukraine auprès d'une "communauté internationale"  en quête de prétextes russophobes bellicistes fabrique une situation de légitime défense.
  • La loi martiale qui a été décrétée dans la zone du Donbass occupée par l'armée ukrainienne, autorisant mobilisation militaire et neutralisation de la population civile. 
  • Porochenko a dit qu'il n'attaquerait pas la Russie (donc la Crimée) mais cette dernière absente du Donbass, ce dernier n'est pas à l'abri d'une nouvelle provocation de Kiev.
  • Kiev a achevé la préparation de l'offensive, déploiement, réquisition des services (transports, hôpitaux etc), et transfert de la Garde Nationale au Ministère la défense. 
  • Une offensive dans le Donbass avec un gain, même minime, de terrain donnerait au candidat Porochenko du crédit et mobiliserait à nouveau les nationalistes sur le front.

2 / Les forces républicaines, avec la multiplication des zones de contact consécutives à l'invasion de la zone grise, ont été obligées depuis 3 ans de renforcer considérablement les postions défensives de la première ligne avec des effectifs et des rotations prises dans des forces de réserve dédiées aux contre-attaques de deuxième ligne. Pendant ce temps là les forces ukrainiennes ont augmenté leurs effectifs et capacités opérationnelles, restaurant même une partie de leur aviation de combat.

Il y a donc pour Kiev, une "fenêtre de tir" de 1 mois pour tenter un coup de force militaire dans le Donbass. L’exécution de cette menace est cette fois encouragée par une crise internationale russophobe majeure, une loi martiale en Ukraine, une préparation militaire maximale, une opportunité politique électoraliste, des conditions météos encore favorables etc.

Mais Kiev ne peut se permettre de réaliser une offensive coûteuse en pertes financières militaires et surtout civiles et de plus longue dans son déroulement, car cela pourrait rendre sa décision impopulaire et surtout reproduire les scénarios de 2014-2015 où les unités et la logistique militaire ukrainiennes avaient perdu les batailles des chaudrons d'Iliovaisk, Debalsevo etc... Donc, les scénarios d'une attaque directe en zone urbaine ou d'une offensive générale sur l'ensemble du front sont à exclure, de même qu'une offensive avec des objectifs lointains.

Et n'en déplaise aux propagandistes français de DONI press qui en oubliant que la base du combat est de "ne jamais sous évaluer son adversaire" ne cessent, dans leur inaptitude pathétique, de sous-évaluer de façon caricaturale et manichéenne les capacités militaires de Kiev, ces dernières sont largement suffisantes pour réaliser un coup de force militaro-politique limitée dans l'espace et le temps. 
En effet, si les forces ukrainiennes prouvent chaque jour leur manque de combativité par rapport aux républicains, force est de constater qu'elles ont toutefois pu réaliser une modernisation de leurs capacités opérationnelles laissées à l'abandon depuis l'indépendance du pays et compensent leur faiblesse morale par une supériorité numérique évidente qui est de l'ordre de 5 contre 1, ce qui leur donne un avantage dans le scénario d'une offensive brutale et non urbaine.


Idéalement, il faut pour Kiev réaliser une offensive de type "Blitzkrieg" (guerre éclair), c'est à un assaut blindé brutal localisé et limité dans le temps, appuyé par de l'artillerie mobile et de l'aviation de bombardement, et qui dans le contexte géopolitique et international du Donbass serait figé par une résolution diplomatique qu'on pourra appeler Minsk 3, si la Russie refuse de prendre le risque de déclencher une internationalisation du conflit en offrant aux forces républicaines un appui vital sans lequel elles ne pourront pas repousser l'agresseur.

Dans cet hypothèse stratégique nous risquons de voir se réaliser l'hypothèse que j'ai développé depuis 2015 et nommé "l"axe Sud" et qui dans le déroulement des 3 phases classiques du combat (Fixer, Déborder, Attaquer) pourrait se dérouler ainsi.
  • Dans un premier temps opérations offensives au Nord et au Sud de l'axe prévu pour l'offensive, destiné à "fixer" les forces de défense républicaines, et faire fuir le maximum de civils des zones bombardées pour mobiliser les ressources des Républiques et encombrer les réseaux logistiques et de communication. La préparation à cette phase a peut-être déjà commencé depuis plusieurs jours dans le secteur de Gorlovka (au Nord) avec des pressions offensives importantes et une menace d'attaque chimique. Cette phase initiale sera complétée par des sabotages, voire des bombardements de sites et objectifs logistiques à l'arrière du front (dépôts mais aussi ponts, carrefours...) Cela est possible comme l'a démontré la destruction d'un pont réalisé à l'arrière du front cette année entre Donetsk et Lugansk. Les voies routières et ferrées utilisées pour les déplacements des unités et de logistique seront également soit visées soit soumises à une encombrement du à l'exode civil provoqué. Dans le secteur Sud déjà sous grande pression une offensive limitée en direction de Novoazovsk (mais sans forcément chercher à l'atteindre) mobilisera rapidement tous les moyens de défense.
  • Puis un rapide mouvement offensif sera lancé pour briser la ligne de défense dans une zone éloignée, non activée et dénuée de poches de résistance urbaines incontournables. Là il s'agira pour Kiev de gagner rapidement du terrain dans un couloir suffisamment large et défendu pour éviter les chaudrons et si possible jusqu'à la frontière avec la Russie pour couper en 2 les forces républicaines et déclencher à nouveau une crise internationale. Or le secteur du front qui est le plus propice pour réaliser cette "Blitzkrieg" est celui de Volnovakha, qui est un gros carrefour logistique routier et ferroviaire situé à seulement 100 km des frontières russes et où les ukrainiens ont déployé une importante force blindée, aérienne et logistique qui peut très rapidement être renforcée.
  • Parallèlement à cette "blitzkrieg", une stratégie politico-diplomatique sera organisée par Kiev, et ses mentors et alliés occidentaux pour engager une intervention internationale diplomatique pour stopper les combats... et donc tenter de neutraliser une intervention russe potentielle tout en verrouillant l'avancée réalisée par l'armée ukrainienne. Ceci est loin d'être un pari irréalisable pour Kiev et on a vu lors des précédentes poussées offensives de son armée, transformant la "zone grise" (zone démilitarisée entre les lignes bélligérantes), que jamais elle n'a été sommée de libérer le terrain capturé. En outre le provocation de Ketch a permis à Kiev de tester le soutien partial des occidentaux à ces initiatives militaires contre la Russie, et d'augmenter les tensions contre la Russie.
Bref, du côté ukrainien les feux pour une offensive sont passés quasiment tous au vert à l'exception de ceux de Washington et surtout de l'OTAN, car sans leurs soutiens politiques et militaires inconditionnels, l'Ukraine risque de perdre à coup sûr ce quitte ou double qu'elle s’apprête peut-être à jouer dans les prochains jours.

La Russie acceptera t-elle de relever le défi de la 3ème guerre Mondiale dans le Donbass ou alors ce dernier sera t-il sacrifié au profit d'un prolongement éphémère d'une paix en Mer Noire et dans le monde ? 

C'est là toute la question et Kiev avec ses complices occidentaux s'appètent à parier dessus.

Personnellement je pense que Moscou, dans un attentisme diplomatique et militaire tétu cherchant à laisser à tout prix une chance à la paix, en laissant l'OTAN avancer jusqu'à ses frontières et son pays être isolé et fragilisé par des sanctions économiques exponentielles et sans fin,.a reculé aujourd'hui jusque "dans les  les cordes". Poutine avait prévenu lors du forum de 2015 à Valdaï : « Si la bagarre s’avère inévitable, il faut frapper le premier », et je pense que la réponse musclée des forces russes à la provocation de Kertch sont également un avertissement russe clair aux occidentaux et à leur larbin ukrainien qui jouent depuis trop longtemps avec la patience de l'Ours.

Erwan Castel

Article source : Dan news