vendredi 10 mars 2017

3 ans d'opacité judiciaire et criminelle

Il y a 3 ans,  l'Euro-Maïdan précipitait l'Ukraine 
sur une route sanglante bornée par des massacres sans fin


Le 20 février 2014, alors que le gouvernement de Victor Ianoukovirch venait de signer une compromis de coalition avec les opposants, des tirs de snipers s'intensifient et font un carnage sur la place du Maïdan : environ 100 tués parmi les manifestants et 40 parmi les forces de l'ordre. Suite à ce massacre les manifestations en une semaine se radicalisent, dégénèrent et provoquent le départ précipité du gouvernement qui est aussitôt remplacé par la minorité ultra-nationaliste animatrice du coup d'état et qui n'atteint pas les 5 % des votes lors des élections démocratiques précédentes et suivantes.

Malgré les promesses du nouveau pouvoir de Kiev d'ouvrir une enquête et une procédure judiciaire,  le dossier des "tireurs du Maïdan" n'a jamais été vraiment ouvert et même plutôt détruit par le disparition d'un nombre important de pièces à conviction, photos vidéos et témoignages divers.

Ruslan Kostaba est un journaliste et reporter qui dès le début de la crise a dénoncé la dérive de la violence et notamment l'Opération Spéciale Antiterroriste disproportionnée et génocidaire lancée contre le Donbass, ce qui lui a valut une détention provisoire de 524 jours dans les geôles ukrainiennes avant d'être relâché, faute de preuves contre lui et grâce à une solidarité internationale. Depuis cet homme courageux et honnête continu son combat pour libérer la vérité...    

Merci à Yelena pour les sous-titrages en français


Concernant les "tireurs du Maïdan" suffisamment de preuves et de témoignages recueillis au lendemain du massacre prouvent que la majorité des snipers étaient positionnés dans des secteurs contrôlés par les manifestants, comme l' hotel Ukraina" par exemple. Par ailleurs si on pose la traditionnelle question "à qui profite le crime ?", il est évident qu'elle ne profite absolument pas au pouvoir qui venait juste d'ouvrir les portes du gouvernement à l'opposition, mais bien aux factions ultra-nationalistes qui n'avaient aucune chance de participer au nouveau pouvoir s'il était engagé par un processus démocratique.

Plusieurs médias indépendants avec des experts en balistique et des témoins et survivants du massacre ont réalisé des enquêtes détaillées dès 2014, comme celle -ci :


Et le seul fait que l'enquête sur ce massacre réalisé sous les feux de dizaines de caméras de reporters n'aboutissent pas, prouve et corrobore les accusations portées contre les futurs dirigeants pro-européens qui vont émerger des fumées opaques du Maïdan.

La crise ukrainienne a donc commencé par un "false flag" sanglant qui ouvre une série d'autres crimes innombrables perpétrés au nom des droits de l'Homme et de la Démocratie et qui va précipiter l'Ukraine dans une descente aux enfers ponctuées d'autres massacres interminables (Odessa, Mariupol, Lugansk etc...) dont les enquêtes là aussi n'ont jamais abouti malgré l'évidence des faits et des témoignages...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya 


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Erwan



dimanche 5 mars 2017

Coup d'état indirect et guerre directe

Comment pousser Porochenko vers la sortie 
pour ouvrir une entrée dans la guerre 

Voilà le pire scénario qui se profile à court terme en Ukraine et dont le blocus économique n'est à priori que la première étape : 

1 / Coup de force des radicaux par un blocus protégé par le ministre de l'intérieur Avakov
2 / Crise politique inévitable et départ volontaire ou forcé de Porochenko 
3 / Etablissement d'un gouvernement provisoire dirigé par le néo-nazi Paruiby 
4 / Instauration de la loi martiale pour geler la tenue de nouvelles élections ukrainiennes
5 / Déclenchement d'une nouvelle guerre ouverte dans le Donbass
6 / Réaction en chaîne de la Russie et peut-être de l'OTAN


Entamé en décembre 2016, le blocus du Donbass, mené par les ultra-nationalistes a montré par ses conséquences suicidaires pour l'Ukraine que son véritable objectif politique soutenu et certainement même initié par les têtes d'affiche de l'opposition ukrainienne (Avakov, Timochenko, Turtchinov, Iatsenouk etc...) dans l'ombre de leurs offuscations et  dénonciations hypocrites, était la destitution du Président ukrainien Porochenko,

En effet, plus personne à Kiev ne veut voir Porochenko conserver sa fonction qu'il n'exerce que pour mieux s'enrichir personnellement. Mais cet oligarque, enflé par la cirrhose et la corruption et devenu aussi impopulaire que le bouffon qui squatte l'Elysée français, n'en reste pas moins protégé par le "label Maïdan" décerné par les parrains occidentaux du coup d'état de 2014, et s'attaquer violemment et directement à lui, risquerait de couper la perfusion financière occidentale qui est déjà fatiguée par 3 années d'enlisement ukrainien...

L'opposition a donc décidé par ce blocus protégé de pousser Porochenko à la faute, de "faire monter le roi sur son trône" pour mieux l'en faire tomber. En effet, soit le président ukrainien ne fait rien et endosse la responsabilité du chaos organisé, soit il réagit et se retrouve dans un conflit ouvert et violent contre les "patriotes" et une partie de l'armée. Dans les 2 cas il est poussé vers la sortie avec un coup de pied aux fesses ou une baïonnette dans le dos ! Le départ du président est donc vraisemblablement le principal objectif final recherché par ce blocus économique du Donbass qui veut : 

- provoquer une escalade économique entre Donbass et Ukraine
- violer gravement les accords de Minsk qu'elle refuse de mettre en oeuvre
- affaiblir le gouvernement de Kiev en s'attaquant au business de ses oligarques
- occuper le terrain politique en déployant les radicaux sur le terrain public

L'erreur fatale de Porochenko a été de laisser s'installer et s'organiser le blocus, s'imaginant au mieux qu'il pourrait même peut-être l'exploiter sur le plan politique ou au pire qu'il serait juste un feu de paille qui s'éteignant rapidement avant de provoquer des dommages collatéraux. Mais d'une part le blocus s'est maintenu en se renforçant et d'autre part les Républiques de Donetsk et Lugansk, après 1 mois d'observation patiente ont contre-attaqué en 3 jours, en nationalisant les actifs ukrainiens pendant qu'elles engageaient plus loin encore leur rapprochement avec la Fédération de Russie.

Aujourd'hui les ultra-nationalistes Anatoly Vinogorodsky et Semen Semenchenko, principaux organisateurs des barrages autour du Donbass annoncent qu'ils vont les étendre aux voies de communication avec la Russie, décidés de provoquer un chaos général.
De son côté, Porochenko ne semble plus rien commander du côté de Kiev à part le départ vers l'Espagne d'avions privés emportant à loin de l'Ukraine vers sa résidence d'été de grosses quantités d'argent et des biens culturels de grande valeur.

En effet, les forces du Ministère ukrainien de l'Intérieur pourtant fortes de 300 000 hommes n'ont pas encore bougé pour libérer les routes et les voies ferrées bloquées par quelques centaines de vétérans de l'ATO. Les seules actions contre le blocus qui ont été observées sont celles d'employés de sociétés privées de l'oligarque Akhmetov qui ont tenté en vain de libérer une voie commerciale et de la police qui s'est contenté de séparer les antagonistes sans évacuer les barrages illégaux.

Donc, sauf si les radicaux ukrainiens changeaient miraculeusement leur fusil d'épaule, un chaos total et le départ du Président Porochenko semblent inévitables et ce, probablement dans les prochaines semaines.


D'accord, mais après ?

C'est justement lorsqu'on essaye de regarder au delà du départ probable de Porochenko que se profile à l'horizon du Donbass des nuages parmi les plus les plus sombres :



Le scénario catastrophe qui est évoqué depuis le début de cette crise ukrainienne devient effectivement de plus en plus plausible aujourd'hui avec la probable éviction brutale de Porochenko par les radicaux ukrainiens, car on assistera inévitablement, comme en 2014 après le coup d'état du Maïdan, à l'installation d'un gouvernement provisoire fasciste, sur fond de préparation d'élections anticipées

Souvenons nous, c'est durant cette période intermédiaire radicale (de fevrier à mai 2014) que le pasteur sanguinaire Turtchinov en tant que Président par interim de l'Ukraine avait engagé la politique russophobe de Kiev, l'ostracisation des populations de la Novorossiya, laissé faire et couvert les massacres d'Odessa, de Mariupol etc...

Si l'Ukraine s'engage à nouveau dans une transition chaotique qui sera obligatoirement dominée par les radicaux néo-nazis, il est probable que durant cette période soit déclenchée une nouvelle guerre ouverte contre le Donbass car jamais le "parti de la guerre" n'aura réuni autant de conditions pour la déclencher :
  • Le Président par intérim (désigné par la constitution) sera Andry Paruiby, l'actuel Président de l'assemblée ukrainienne, la Rada, qui n'est autre que le co-fondateur avec Oleg Tyanebock du "parti socialiste-national ukrainien" (remettre dans l'ordre svp) devenu depuis "Svoboda". Ce néo nazi russophobe est un des piliers du parti de la guerre.
  • L'armée ukrainienne est sur les starting-blocks depuis janvier 2017, et les conditions logistiques comme les conditions météo sont aujourd'hui favorables à une offensive.
  • Une guerre permettrait au pouvoir provisoire et qui n'a aucune chance de gagner des élections démocratiques d'instaurer la loi martiale de détourner l'échec économique et de conforter son pouvoir en gelant les élections.
  • Avec un Trump empêtré dans ses contradictions et les entraves des néo-conservateurs qui contrôlent l'Union Européenne, les occidentaux ne pourront intervenir directement pour enrayer cette logique de guerre semée en Ukraine.
Si Kiev a les moyens d'engager à court terme une offensive d'envergure contre le Donbass, en revanche il est incapable de l'exploiter à moyen terme et encore moins de gérer les territoires qui seraient éventuellement conquis. Donc, le seul but d'une telle offensive sera de mobiliser l'Ukraine loin des échecs du Maïdan en provoquant en réaction une intervention russe légitime qui déclenchera à son tour une réaction en chaîne diplomatique et potentiellement militaire de l'OTAN restée sous le contrôle des néo-conservateurs, via un même jeu infernal d'alliances que celui qui, en 1914, a précipité l'Europe dans le 1er conflit mondial après l'attentat de Sarajevo.

Ce scénario du pire, que je ne souhaite pas devenir réalité, est aujourd'hui malheureusement possible par la paralysie des peuples occidentaux, la panique des néo conservateurs et la folie des radicaux ukrainiens...
Et l'Ukraine sera alors ce que les néo conservateurs ont toujours voulu : un bélier sacrifié lancé contre Moscou pour déclencher en Europe cette nouvelle guerre , détruisant ses peuple, boostant la finance internationale pour servir le suprémacisme de la ploutocratie mondialiste...


Et pendant ce temps là sur le front du Donbass...

Observateurs de l'OSCE ont à nouveau été pris sous le feu de l'artillerie ukrainienne le 4 mars 2017 (photo d'archive de 2016)
L'accalmie de le ligne de front n'est qu'une illusion due à une légère diminution des tirs de l'artillerie lourde ukrainienne, car sur le terrain de la ligne de front les combats continuent jusqu'en lisières des quartiers résidentiels.

A Yasinovataya, si la station de filtration d'eau potable d'Avdeevka est à nouveau en service, elle continue à être la cible de Kiev comme hier lorsque une équipe d'observateurs de l'OSCE s'est retrouvée sous le feu de mortiers de 120mm ukrainiens. 

Plus tard en fin d'après midi de nouveaux bombardements ont frappé des quartiers résidentiels de Yasinovataya.



Dans le Sud, du côté de Mariupol, les bombardements et attaques ukrainiennes sur Kominternovo s'intensifient, tandis qu'à Dokuchaiesk, les ukrainiens continuent de tirer régulièrement sur la lisière Ouest de la ville.

Dans le Nord, sur "l'arc Svitlodarsk", l'armée ukrainienne maintient également une pression offensive constante par des bombardements permanents qui s'étendent vers le secteur de Lugansk...

Quatre courtes vidéos illustrant la vie quotidienne sur le volcan du Donbass...

Kalinovo le 3 mars 2017

Aleksandrovka le 4 mars 2017

Makeevka le 4 mars 2017

Yasinovataya le 5 mars 2017


Les nationalisations réalisées dans le Donbass début mars en réaction du blocus ukrainien ont certes certainement surpris le pouvoir oligarchique de Kiev par leur rapidité d'exécution et leur organisation mais surtout ont piégé les radicaux nationalistes qui sont maintenant obligés d'aller jusqu'au bout de leur logique suicidaire...

Au cours des prochains jours, Kiev va donc certainement vivre une accélération du dérapage commencé il y a 3 ans sur le Maïdan et, soit par l'effondrement ou la guerre, la crise ukrainienne va s'achever bientôt comme elle a commencé ou incendier l'Europe entière...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


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Erwan



samedi 4 mars 2017

L'erreur de Trump sur la Crimée

Ci dessous une nouvelle analyse intéressante sur la Crimée et le positionnement inculte et incohérent de la nouvelle administration Trump à son sujet. Un article signé Bruno Guigue.

Source de l'article : ca Mondialisation


La deuxième guerre de Crimée n’aura pas lieu



Par Bruno Guigue

Mondialisation.ca, 02 mars 2017

La crise ukrainienne sera-t-elle une épreuve de vérité pour la nouvelle administration américaine ? Comme un révélateur chimique, elle semble mettre à nu les intentions de Donald Trump. Après la démission du conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, accusé d’avoir eu des échanges « inappropriés » avec la Russie, Washington a clarifié ses relations avec Moscou. « Le président Trump a bien précisé qu’il attendait que le gouvernement russe désamorce la violence en Ukraine et rende la Crimée », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, le 14 février.



Marchant dans les pas de son prédécesseur, Donald Trump exige donc de la Russie qu’elle « rende la Crimée » à l’Ukraine. Il se dit déterminé à prolonger les sanctions économiques tant que cette exigence n’aura pas été satisfaite. Peu surprenante de la part d’un dirigeant occidental, la formule n’en est pas moins étrange. Elle laisse entendre que cette péninsule majoritairement peuplée de Russes a été ravie par on ne sait quelle brute épaisse avide de conquêtes. Elle suggère que sa population a été enlevée à on ne sait qui, cette opération, systématiquement qualifiée d’ « annexion » par les Occidentaux, ayant comme un parfum d’Anschluss.



Le plus frappant, dans ce discours, c’est qu’il fait bon marché des Criméens. A croire que ces gens insignifiants n’ont aucune volonté et sont incapables de décider de leur destin. Peu importe que les 2,6 millions d’habitants de ce pays aient opté à 96,77%, le 16 mars 2014, en faveur de leur intégration à la Russie. Peu importe qu’ils aient fait ce choix, suite aux provocations des putschistes de Kiev, à l’occasion d’un référendum qui n’encourut aucune critique sérieuse sur son caractère démocratique. Pour les Occidentaux, ce ne sont que des broutilles, et l’invocation des nobles idéaux dans lesquels se drape leur rhétorique, on le sait bien, varie selon les latitudes.



Les chancelleries occidentales, bien sûr, ont invoqué le principe de l’intangibilité des frontières internationales. Le 27 mars 2014, l’assemblée générale de l’ONU a voté une résolution réaffirmant l’intégrité de l’Ukraine et déniant toute validité au référendum d’auto-détermination organisé par le parlement de Crimée. Mais ce vote fut loin d’être unanime. La résolution obtint 100 voix sur les 193 Etats-membres. 11 pays ont voté contre, 58 se sont abstenus et 24 n’ont pas pris part au vote. L’opposition entre le principe d’auto-détermination et le principe d’intangibilité des frontières a jeté le trouble, semble-t-il, dans une assemblée où la manie occidentale de désigner les bons et les méchants n’a pas convaincu tout le monde.



Cet hymne à la légalité internationale, il est vrai, sonnait étrangement dans la bouche des dirigeants occidentaux. Les USA stigmatisent volontiers l’attitude du Kremlin qui serait responsable, selon eux, de ce scandaleux démembrement de l’Ukraine. Mais ce sont les USA, pourtant, qui ont orchestré la sécession illégale du Kosovo après avoir infligé à un Etat souverain, la Serbie, un déluge de bombes que n’autorisait aucun mandat de l’ONU (1999). Quant à la France, le rattachement unilatéral de l’île de Mayotte, en 1976, imposa à la nouvelle République des Comores une amputation territoriale illégale que cet Etat-archipel ne cesse de dénoncer avec l’appui unanime de l’Union africaine. « Faites ce que je dis, mais surtout ne faites pas ce que je fais ». Si la formule est si connue, c’est sans doute parce que les Occidentaux lui ont donné une notoriété planétaire.



Il suffit pourtant de considérer l’histoire de la Crimée pour comprendre la situation. Arrachée aux Turcs par Catherine II, cette péninsule de 26 945 km2 est une province russe depuis 1784. Elle a fait partie de la République socialiste fédérative soviétique de Russie de 1922 à 1954, puis elle a été rattachée à l’Ukraine par une décision du régime soviétique. C’est le 19 février 1954, en effet, que Nikita Khrouchtchev a offert la Crimée à Kiev pour fêter le tricentenaire de la réunification de la Russie et de l’Ukraine. Ce geste politique déclinait la stratégie du pouvoir post-stalinien, désireux de panser les plaies du passé. Dans la mesure où la citoyenneté soviétique prévalait sur l’appartenance nationale, il pouvait paraître sans conséquence majeure.



Il n’empêche que cette décision était sujette à caution, aussi bien sur le fond que sur la forme. Artificielle, elle fut imposée par le pouvoir. Curieusement, ceux qui fustigeaient le caractère totalitaire de l’URSS s’insurgent aujourd’hui contre la mise en cause de cette décision arbitraire. Ils veulent graver dans le marbre un rattachement territorial à l’Ukraine qui n’a ni justification historique, ni légitimité démocratique. C’est leur ami Mikhaïl Gorbatchev, pourtant, qui s’est chargé de leur rappeler combien il était cocasse de voir des puissances férues de démocratie condamner de la sorte la réparation d’une faute commise, il y a soixante ans, par le pouvoir soviétique.



Le caractère factice du rattachement opéré en 1954 est la cause lointaine de la crise actuelle. Mais c’est la politique stupidement russophobe des nationalistes ukrainiens qui en est la cause immédiate. En abolissant la loi qui faisait du russe une deuxième langue officielle, les irresponsables qui ont pris le pouvoir à Kiev en 2014 ont humilié la population russophone, la poussant dans les bras de Moscou. Par sectarisme, ils se sont chargés eux-mêmes de clôturer la période historique ouverte par le geste de Khrouchtchev en précipitant le retour de la Crimée dans le giron russe. Vladimir Poutine n’a eu qu’à cueillir le fruit de cette crise délibérément provoquée par les ultras de Kiev, encouragés par les néo-cons de Washington.



Le Kremlin est sorti doublement vainqueur de cette crise. Il a accueilli dans un climat d’effusion patriotique le retour à la Mère-Patrie de ses enfants de Crimée. Plus prosaïquement, il a obtenu la sécurisation de la base navale de Sébastopol sur laquelle l’atlantisme revendiqué de Kiev faisait peser une menace stratégique. Désormais, les jeux sont faits. L’administration américaine peut hausser le ton et les nationalistes ukrainiens multiplier les provocations, Moscou ne reculera pas d’un pouce. Avec la rébellion du Donbass, la Crimée constitue le principal foyer de la crise ukrainienne. Elle fournit à l’Occident vassalisé par Washington le prétexte d’une nouvelle guerre froide. Mais la Crimée est russe et elle le restera. De 1853 à 1856, les puissances occidentales y ont affronté l’Empire des Tsars. Cette guerre est finie, et il n’y en aura pas d’autre.



Bruno Guigue

vendredi 3 mars 2017

"Motorola" dans nos coeurs


Le 16 octobre 2016, le colonel Arsen Pavlov, est tué à l'âge de 33 ans, dans un attentat terroriste au coeur de Donetsk. Ce lâche assassinat, loin de faire disparaître un des commandants les plus mythiques de la rébellion du Donbass contre le régime fasciste de Kiev, a renforcé la cohésion patriotique d'un peuple qui, unanimement, l'a accueilli dans les rangs dans son régiment éternel.

Hier soir le 2 mars 2017, au cinéma "Zvezdochka" a eu lieu la première de "Son bataillon", un film hommage consacré au bataillon Sparta dont "Motorola", désormais entré dans la légende était et restera la figure mythique.

C'est une nouvelle création du reporter de guerre et réalisateur Maxime Fadeev qui nous offre depuis le début du conflit des témoignages et des images de cette ligne de front où son talent, fondé sur une éthique irréprochable embellie par une esthétique exceptionnelle, explose au milieu du fracas des combats.

Ce film qui est un des meilleurs de Maxim Fadeev, loin de tomber dans la tentation idolâtre dresse avec finesse un portrait de Motorola à travers un hommage rendu à ses hommes et ses lieutenants qui continuent aujourd'hui a avancer sur le chemin de l'honneur ouvert par leur "commandeur" qui méritait sa réputation....

De témoignages émouvants en images d'archives époustouflantes, le film dans un rythme et un montage parfaits nous invite à plonger au coeur de cette unité d'élite,  à travers ses entraînements et les combats menés, de Slaviansk à l'aéroport de Donetsk, où les champs de bataille résonnent pour l'éternité des noms de Sparta et de Motorola.

Un bel hommage qui garde vivant dans nos coeurs cet homme invincible sur le champ de bataille et qui a donné sa vie pour le Donbass avant d'être lâchement assassiné comme son frère d'armes "Givi" 3 mois plus tard...

A la fin de la séance, le public debout ovationne les héros et leur Commandant qui resteront à jamais vivants dans les coeurs de la Novorossiya, et des larmes coulent sur les joues des frères d'armes, des veuves et des amis qui ont retrouvé dans la magie du cinéma des sourires disparus...

Quelques minutes plus tard, je retourne silencieux vers mon quartier d'Oktyabrsky, au Nord de Donetsk, à l'horizon duquel se profile dans la nuit le squelette décharné de l'aéroport où le bataillon Sparta a écrit en lettres d'or une des plus belles pages de son histoire glorieuse...

A 21h40, au Nord-Est résonnaient, encore et toujours, les tirs de l'artillerie lourde ukrainienne rappelant à tous que le combat continue...

Erwan Castel, pour Novorossiya Today

Arsen Pavlov (2 février 1983 - 16 octobre 2016) indicatif "Motorola",
Colonel de l'armée de la République Populaire de Donetsk et Commandant du bataillon "Sparta"




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jeudi 2 mars 2017

Pour en finir avec la Crimée

La Crimée toujours dans l'oeil du cyclone ukrainien

Le 16 mars prochain, la Crimée célébrera le 3ème anniversaire de son retour vers la Mère Patrie russe, une réparation historique espérée depuis l'indépendance de l'Ukraine et rendue légitime au lendemain de la rupture constitutionnelle causée par le coup d'état du Maïdan.

Un droit souverain du peuple de Crimée à disposer de lui-même mais dont les soubresauts ne sont pas terminés....

Manifestation pro-gouvernementale à Stavropol (Russie), le 18 mars 2014, pour célébrer le rattachement de la Crimée à la Russie. (Photo Danil Semyonov / AFP)
Depuis son investiture, le Président Trump poussé par des courants néoconservateurs profond est parti à la dérive dans la direction imposée par la ploutocratie mondialiste qui garde une main forte sur le gouvernail. 
Tout en lui laissant une marge d’initiative étroite (et impopulaire) dans le domaine de la politique intérieure, le pouvoir profond semble avoir forcer le maintien du cap de la guerre dans un océan international déjà très houleux.

Que ce soit en Mer de Chine ou autour de l'Iran, l'administration Trump reste aujourd'hui globalement alignée sur les directives de la précédente, et la Crimée est certainement l'exemple le plus flagrant du retournement opéré par le candidat Trump depuis son investiture à la Maison Blanche. En effet, ignorant à la fois le sens de la "real poilitic" et la réalité du sens de l'Histoire, Trump continue à corps et à cris de demander la restitution de la Crimée à l'Ukraine, méprisant ainsi la volonté quasi unanime de ses habitants autant qu'il s'aligne sur la stratégie d'un Euro-maïdan qu'il n'a pas cessé de dénoncer pendant sa campagne présidentielle...

La propagande de guerre appuie souvent ses mensonges sur un déni de l'Histoire quand ce n'est pas carrément une manipulation ou une déformation de ses événements, et le mythe occidental d'une Crimée prétendument annexée de force par Moscou suite à une invasion de l'armée russe n'échappe pas à cette manipulation médiatique des foules occidentales.

De fait, il n'y a eu ni "invasion" ni "annexion" car :
  • Les 24 000 soldats et marins russes présents au moment des événements étaient déjà en garnison dans cette péninsule, qui est historiquement russe comme le prouve la flotte de la Mer Noire à laquelle ils appartiennent, et qui est depuis sa création en 1783 basée dans le port de Sébastopol. Cette présence militaire russe en Crimée était d'ailleurs autorisée par un accord international entre Kiev et Moscou signé le 28 mai 1997 (en échange entre autre de tarifs gaziers préférentiels) 
  • La Crimée a rejoint la Russie par un référendum populaire qui ne fait que confirmer une volonté déjà exprimée plusieurs fois depuis qu'en 1954 le Président Kroutchev l'avai arbitrairement rattachée à l'Ukraine soviétique. En effet, les criméens ont toujours exprimé leur volonté de se détacher des décisions prises à Kiev. Ainsi le 20 janvier 1991, lors d'un premier référendum, 94,30 % de votants se prononçaient pour le rétablissement d'une "République socialiste autonome de Crimée". Plus tard le 27 mars 1994, lors d'un second référendum, ce sont 78.40 % qui réclament un élargissement de l'autonomie de la péninsule.
Donc, le 16 mars 2014, les 96,77% de votants (sur 86% de participation) se prononçant pour un retour en Russie de leur région n'ont fait que confirmer la volonté exprimée par ce peuple russe depuis plus de 20 ans via un référendum populaire que sécurisait la garnison russe locale, et qui a été observé par 70 observateurs étrangers issus de 23 pays différents qui l’ont jugé conforme au droit international et à la Charte des Nations unies. Deux jours plus tard, le 18 mars, la Douma d'état de la Fédération de Russie a également procédé à un vote démocratique validant à l'unanimité la demande exprimée par le peuple de Crimée.

Aussitôt les parangons occidentaux de la démocratie, ceux là même qui ont imposé le référendum du Kosovo, bidouillé celui des grandes Comores etc... ont  hurlé contre celui de la Crimée invoquant le même "Droit international" qu'ils bafouent avec leurs révolutions colorées, opérations militaires et coups d'état multiples dans les pays souverains qui refusent leur dictature. 

Dans le cas précis de la Crimée, il y avait urgence, et les mesures qui ont été prises par Moscou pour protéger la population très largement pro-russe (et même binationale) de la péninsule sont pleinement légitimes et justifiées par une série d'incidents graves comme des attaques perpétrées à l'encontre de ses habitants comme à Korsun où le 20 février 2014, des manifestants de Crimée ont été violemment arrêtés et bastonnés à Korsun par des activistes euro-maïdan.


Le pogrom de Korsun

Depuis le retour de la Crimée vers sa Mère Patrie, les pays occidentaux ont déclenché contre Moscou une batterie sans fin de représailles économiques qui tirées dans tous les sens finissent mêmes par ricocher et les frapper en retour. Cette réaction violente et hystérique révèle l'importance géo stratégique cruciale de cette presqu’île de la Mer Noire, qui est l'objectif militaire principal du coup d'état organisé sur le Maïdan et qui a su échapper in extremis aux griffes occidentales.

Peut-on raisonnablement piétiner et brûler une constitution un jour sur le Maïdan et le lendemain faire référence à elle pour contester un référendum populaire ? Car de fait le coup d'état du Maïdan a provoqué une rupture constitutionnelle à Kiev alors que la Crimée autonome a toujours sa constitution régionale du 12 janvier 1999.

"Double langage", "double format" etc nous avons ici un exemple éclatant de la duplicité d'un occident amoral dont la seule référence guidant ses actions et ses déclarations est l'intérêt et non les principes fondant une civilisation. Ignorant avec mépris l'Histoire et pensant que nous ferons de même, le Nouvel Ordre Mondial pousse sa mauvaise foi mauvaise foi jusqu'aux sommets jusque là invaincus d'un ridicule en défendant aujourd'hui bec et ongle la décision arbitraire et autoritaire du soviétique Kroutchev qu'il a combattu pendant des années.

La Crimée risque donc d'être la mort définitive de toute forme de rapprochement et désescalade entre Moscou et Washington, car la Russie ne pourra jamais accepter de céder une partie de son territoire national, surtout à un gouvernement qui a promis de faire la guerre aux russes. entre une situation paralysante et une situation explosive la frontière est parfois mince et la pente dangereuse...

En attendant, ces banksters qui se cachent dans les défilés masqués des carnavals démocratiques continuent en toute impunité à bafouer les droits souveraines des peuples comme par exemple cet article 1 (point 2) et 55 de la charte des Nations Unis du 26 juin 1945 qui reconnait et protège "Le droit des peuples à disposer d'eux mêmes"... ce que la Fédération de Russie a scrupuleusement fait en mars 2014 !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Ci -après une mise au point réalisée par Ted Galen Carpenter sur le même sujet :


Source de l'article :  National interest

Amérique, la Crimée et les dangers de hypocrisie

l'accusation de Washington sur le changement territorial forcé est extrêmement faible


Par Ted Galen Carpenter

"L'administration Trump poursuit la politique de son prédécesseur en ce qui concerne la question de Crimée. L'ambassadeur américain Nikki Haley est le dernier officiel pour confirmer ce point. Dans un discours prononcé le 2 Février, Haley a souligné que les États-Unis avaient l' intention de maintenir les sanctions économiques contre la Russie jusqu'à ce que Moscou retourne la péninsule à l' Ukraine. " La Crimée est une partie de l' Ukraine" , at - elle déclaré sans ambages. Elle a réitéré la position ferme de Washington dans une allocution devant le Conseil de sécurité des Nations Unies le 21 Février.

Cette position est presque identique à la politique de l'administration Obama. L'ancien secrétaire d'Etat John Kerry a fustigé l'action de la Russie dès le départ . «Vous ne pouvez tout simplement pas dans le vingt et unième siècle adopter un comportement à la mode du dix-neuvième siècle en envahissant un autre pays sur toutes pièces jusqu'à prétexte," fulminait-il " La Russie viole la souveraineté de l'Ukraine. La Russie viole ses obligations internationales ".

Je l'ai écrit ailleurs comment la position de l'administration Trump sur la Crimée incarne retraite rapide du président du réalisme de la politique étrangère. Mais le cas de la Crimée illustre également un problème de longue date avec la politique étrangère américaine: une volonté d'employer des doubles standards flagrantes.

De nombreux responsables américains au cours des décennies ont insisté sur le fait que les changements territoriaux obtenus par la force militaire sont illégitimes, et que Washington ne peut tolérer un tel comportement. La Crimée est simplement la dernière application de cette politique. George HW Bush a pris une position intransigeante concernant l'invasion et l' occupation de l' Irak du Koweït, et à la différence des administrations Obama et Trump, même mené une guerre pour renverser le résultat. Lors d'une session conjointe du Congrès pour justifier l'entrée en guerre du Golfe de l' Amérique, il a déclaré : "Un régime fantoche imposé de l'extérieur est inacceptable. L'acquisition de territoire par la force est inacceptable. "

Cependant, la position de Washington concernant le comportement similaire par les alliés des États-Unis est nettement différente. On peut se demander, par exemple, lquand les États-Unis vont demander à Israël de restituer les hauteurs du Golan à la Syrie. Israël a saisi cette zone pendant la guerre de 1967 des Six Jours, un conflit qui a été initié par Israël en tant que mesure préventive parce que la Syrie et l'Egypte semblaient faire des préparatifs pour une attaque sur l'Etat juif. Tel Aviv a des raisons de sécurité solides pour vouloir conserver les hauteurs du Golan. Ce sont des emplacements à partir desquels lartillerie syriennes a menacé à plusieurs reprises les communautés israéliennes dans la vallée en dessous.

Néanmoins, il est un cas indiscutable d'un ajustement territorial réalisé par la force militaire, et l'annexion ultérieure par Tel Aviv du territoire confirme qu'il ne sera jamais restitué à la Syrie. Pourtant, en contraste marqué avec la politique américaine concernant la Crimée, Washington n'a jamais imposé des sanctions à Israël. Au contraire, les relations bilatérales sont devenues très proches dans les années intermédiaires.

Un tout aussi flagrant double standard US existe en ce qui concerne l'invasion de la Turquie et de la saisie du nord de Chypre en 1974. Dans cet épisode, même une justification de sécurité solide faisait défaut. Ankara utilisé des incidents isolés de violence chypriote grecque contre les Chypriotes turcs comme un prétexte pour occuper environ 37 pour cent du pays. Bien que Washington ait initialement des sanctions douces sur la Turquie pour son agression, ces mesures ont rapidement été annulées et oubliées. La Turquie a pu ainsi procéder par l'établissement de la marionnette République turque de Chypre du Nord. Le manque de légitimité significative de cette entité a été soulignée quand Ankara a orchestré l'exode de plus de cent mille colons de la Turquie continentale pour consolider l'occupation.

On peut se demander en quoi les actions de la Russie en Crimée étaient tellement bien pire que les précédents épisodes pour  justifier l'imposition de sanctions sévères. Bien que la logique de sécurité de Moscou pour l'annexion n'a pas été aussi forte que la situation d'Israël concernant les hauteurs du Golan, elle était loin d'être négligeable. Avec l'émergence d'un régime fermement anti-russe en Ukraine, le Kremlin avait des raisons de craindre pour l'avenir de sa base navale cruciale de Sébastopol. En outre, les responsables russes ont été échaudés par l'ingérence des américains et des européens en soutien aux manifestants à Kiev qui ont renversé le président pro-russe démocratiquement élu Viktor Ianoukovitch, deux ans avant l'expiration de son mandat.

De plus, les Russes soulignent que la Crimée faisait partie de la Russie depuis les années 1780 jusqu'en 1954, lorsque le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev a transféré son contrôle à l'Ukraine. Alors que l'Ukraine et la Russie étaient tous deux partie de l'Union soviétique, cette décision n'a pas beaucoup d'importance à l'époque, mais avec la désintégration de l'URSS, ayant une base militaire essentielle dans un pays étranger la Crimée est devenue une préoccupation pour la Russie. Aujourd'hui, les Russes ont des raisons de se demander pourquoi les dirigeants politiques américains et les décideurs considèrent l'édit arbitraire faite par le dictateur communiste d'un pays disparu avec un tel respect.

Enfin, les États-Unis et ses alliés de l'OTAN se sont eux mêmes engagés dans un ajustement territorial par le force. L'OTAN a mené une guerre aérienne de soixante dix jours contre la Serbie en 1999 pour détacher de ce pays et de la compétence de Belgrade la province agitée du Kosovo. Par la suite, en 2008, Washington et ses alliés ont contourné le Conseil de sécurité des Nations unies (et un certain veto russe) pour accoucher de la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo. Cela a créé un précédent essentiel, que Moscou a saisi plus tard cette même année dans une guerre contre la République de Géorgie. Ce conflit a aidé dans deux régions sécessionnistes, l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, de se libérer du contrôle de Tbilissi.

Compte tenu des multiples cas d'un double standard flagrant, le fondement moral de la politique de Washington en ce qui concerne les ajustements territoriaux forcés est extrêmement faible. Et l'actuelle position stricte concernant la Crimée n'a pas même pas de sens du point de point de vue pratique. Les dirigeants américains doivent accepter la réalité que la Russie ne renoncera pas à la Crimée. Ni la Serbie pourra récupérer le Kosovo ou la Syrie reprennent les hauteurs du Golan en provenance d'Israël. En dépit de la dernière série de négociations périodiques au cours des décennies, il est également peu probable que le gouvernement chypriote ne sera jamais retrouver la souveraineté sur ses territoires du Nord.

L'Amérique n'a rien à gagner à persister dans avec entêtement, dans sa futile demande adressée à la Russie de retour de la Crimée à l'Ukraine. Washington est l'hypocrisie sur cette question à la lumière des positions prises par les puissances Occidentales (y compris les États-unis eux-mêmes) dans des cas similaires de saisies territoriales, rend cette attitude est encore plus répulsive."

T.G. Carpenter




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