dimanche 4 septembre 2016

L'OTAN en terrain conquis et soumis

L'Ukraine devient le 51ème Etat US sous commandement militaire


Le G20 et la réunion de la dernière chance sur l'Ukraine... sans Porochenko !

Lors du dernier sommet du G20 à Brisbane en Australie, les tensions provoquées par le conflit ukrainien avaient été visible à la table des discussions comme à celle des restaurants. Cette année pour "calmer le jeu" et diminuer la crise de confiance avec ses partenaires occidentaux, le Président Poutine a ordonné la fin des exercices militaires déclenchées dans la zone Sud, tandis qu'un nouveau cessez le feu tente d'apaiser la ligne de front du Donbass depuis le 1er septembre. 

On est d'accord : l'Ukraine ne fait pas partie du club des G20 et, vu son effondrement économique, n'est pas près de l'intégrer, cependant ses sommets annuels ne sont pas exclusivement réservés à ses membres mais également ouverts à des invités circonstanciels, comme le prouve la présence cette année de l'Espagne, du Tchad, de l’Égypte, du Kazhakstan, du Laos, du Sénégal, de la Thaïlande et de Singapour.

Il y a 2 ans, la crise ukrainienne s'était invitée au sommet de 2014, où une rencontre entre les Présidents Porochenko et Poutine avait été organisée. Deux ans plus tard, cette crise, qui a dégénéré en guerre meurtrière dans le Donbass, est plus que jamais au coeur des préoccupations les plus importantes des partenaires internationaux et une nouvelle réunion autour d'elle est programmée lors de ce 11ème sommet (4 et 5 septembre 2016).  

Or, cette réunion qui concerne essentiellement la mise en oeuvre des accords de Minsk, se déroulera sans l'Ukraine ! Porochenko qui avait pourtant insisté pour y venir n'a pas été invité à partager les discussions concernant l'Ukraine qui se dérouleront entre les dirigeants étasunien, russe, allemand et français !

A ce 11ème sommet du G20, pour défendre l'Ukraine, ce sera donc le maître parlera à la place de son son valet... Un camouflet qui remet simplement à sa juste place ce trublion imbibé d'alcool qui n'est qu'une marionnette étasunienne. !

Cette décision d'écarter le représentant ukrainien d'une réunion qui concerne pourtant son pays au premier chef est symptomatique d'une Ukraine qui n'est plus qu'un comptoir colonial étasunien au coeur de l'Europe et transformée en pion militaire avancé et dirigé contre la Russie.

Cette rencontre entre le Président Poutine et le Président Obama accompagné de ses caniches allemand et français est cruciale car elle intervient après qu'une tentative d'attaque terroriste en Crimée et une nouvelle escalade meurtrière dans le Donbass, durcissent encore plus les relations entre Moscou et Washington.
Surtout, c'est vraisemblablement la dernière rencontre entre Poutine et Obama avant l'échéance électorale étasunienne du 8 novembre 2016, et l'orientation qui y sera définie quant aux crises syrienne et ukrainienne pèsera certainement dans la stratégie des candidats à la Maison Blanche.

Quand les laquais adoptent même le style des uniformes étasuniens 
La mise en touche de Porochenko marque une perte de confiance et montre s'il en était besoin que l'avenir de l'Ukraine depuis le Maïdan se décide à Washington et non à Kiev, qui se retrouve occupé par l'administration étasunienne qui lui dicte ses décisions, lui impose son style, ses procédures et même la coupe de ses uniformes. 
Et nous voyons cette domination étasunienne se traduire sur le sol ukrainien par une véritable parasitose de "Stars and Stripes" faisant éruption partout, depuis les façades des ministères kiéviens jusqu'aux plages de la Mer Noire.

Car l'intégration de Kiev dans l'Union Européenne semble "renvoyée aux calendes grecques", en revanche l'intégration de l'OTAN en Ukraine, ce pivot stratégique européen, est bel et bien engagée...

Voici quelques exemples :

Des GI's de de plus en plus présents sur le sol ukrainien et en Mer Noire

Tournée d'inspection à Mariupol du lieutenant général Hodges, Commandant les forces US en Europe. 
Les forces armées américaines qui ont déjà imposé leurs modes opératoires, leurs instructeurs et surtout leurs commandes industrielles à l'armée ukrainienne, organisent avec d'autres pays membres ou alliés de l'OTAN de plus en plus d'exercices terrestres et maritimes ("Trident", "Sea breeze"  etc...) en territoire ukrainien. Ces exercices d'abord limités à la zone Ouest du pays se déroulent désormais partout, y compris à proximité de la Crimée, et même du Donbass où des instructeurs étasuniens ont été repérés à Mariupol ou Dnipropetrovsk par exemple. Fin août, c'est même le lieutenant général Ben Hodges, Commandant en chef des forces américaines en Europe, qui venait inspecter en personne des unités ukrainiennes sur la ligne de front à Mariupol (Sud de la RPD).

1er exercice de débarquement des US marines en Ukraine

Cette vidéo a été publiée le 31 août 2016 sur la page officielle FB de l'OTAN, alors que le cessez le feu ouvrait normalement au même moment une porte sur un apaisement du conflit dans le Donbass. 

Si "officiellement" (1)  les aides étasuniennes à l'armée ukrainiennes ne concernent que des fournitures non létales, en revanche d'autres pays ne se cachent pas de vouloir participer plus directement aux massacres perpétrés par les soudards de Kiev dans le Donbass. C'est la cas du Canada qui, "plus royaliste que le roi" étasunien pousse à des livraisons d'armes officiellement à "usage défensif". Un autre membre de l'OTAN, la Lituanie est quant à elle plus franche en a annonçant officiellement fournir des armes et des munitions à l'Ukraine. "cet amie fidèle qui a été attaquée par la Russie" 

(1) De fait des armes américaines létales ont été repérées à de nombreuses reprises en Ukraine, soit par l’intermédiaire des Armées Privées de Sécurité engagées en 2014 - 2015 (sur l'aéroport de Donetsk ou à Debaltcevo par exemple) ou dans des trafics d'armes organisés par des responsables ukrainiens corrompus (pléonasme !) comme ceux en direction de la Syrie par exemple.


Un ex-patron de l'OTAN et russophobe psychotique conseiller de Porochenko  


Pratiquant la tactique misérable du lèche botte servile et flagorneur, Porochenko a nommé en mai 2016 l'ancien secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen au poste de "conseiller du président". Officiellement cette nomination est réalisée pour "commencer une vraie réorganisation du secteur de la défense et de la sécurité afin de rejoindre l’OTAN", mais si on se souvient des déclarations tonitruantes et hystériques lancées par Rassmussen contre la Russie en 2014 et 2015, on devine que sa nomination dépasse de beaucoup le simple cadre technique pour renforcer une russophobie pathologique d'un pouvoir aveuglé par la haine.

Deux mois plus tard, Porochenko invité au sommet de l'OTAN de son nouveau sevrétaire Génaral Stoltenberg la garantie d'un soutien indéfectible résolument tourné dans un affrontement contre Moscou que concrétise une résolution commune complètement délirante et belliciste.


Des drones terroristes en dotation dans l'armée ukrainienne


On connait la politique des "assassinats ciblés" mise en oeuvre par le Pentagone et la CIA dans le cadre de leur "opérations antiterroristes en Afghanistan, Irak etc..." Cette adaptation réelle de "wargame" aux dégâts collatéraux importants et jouant avec le droit international est en train de débarquer en Ukraine. Plusieurs fois nous avions évoqué ici cette possibilité de voir l'Ukraine déployer sur le front des drones de combat. C'est aujourd'hui confirmé.

Alors que les drones d'observation, pour les missions de reconnaissance ou de guidage d'artillerie, complète violation des accords de Minsk, sont déjà fréquemment utilisés par l'armée ukrainienne, l'engagement de ces drones tueurs constitueraient une nouvelle escalade très importante dans l'orientation terroriste menée par Kiev depuis le mois dernier (attaque en Crimée, attentats à Lugansk et Donetsk, assassinats par sniper, formation de groupes de sabotage etc...). L'apparition de ces armes dont on devine aisément quelle va être leur utilisation dans le ciel du Donbass est décrite par différents sites officiels ukrainiens.


On le voit bien, l'Ukraine qui est engagée dans une servitude volontaire au système néolibéral occidental, s'américanise chaque jour de plus en plus, sans vraiment prendre conscience qu'elle n'est qu'un pion sacrifiable sur le grand échiquier...  

Le symbole caricatural de cette soumission politique, économique et militaire à l'Oncle Sam est cette décision prise par Porochenko en octobre 2015 de faire de la langue anglaise la deuxième langue officielle de l'Ukraine. Quand on se souvient que c'est le refus de la co-officialité de langue russe, (qui est pourtant la langue maternelle de plus de la moitié de la population), qui a mis le feu aux poudres en 2014, il y a de quoi appeler les urgences psychiatriques !

Kiev est à la fois un fusible et un détonateur pour Washington, un chien fou qui a renié son identité que l'on peut aujourd'hui sacrifier comme un agneau sur l'autel du Dieu Dollar en le lançant contre un ours qui devient de plus en plus un obstacle à l'hégémonie étasunienne.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Il ne lui manque plus que le chewing-gum !



Un cessez le feu menaçant

Le double jeu de Kiev 


Le "Piètre" Porochenko (tout comme son homologue français Hollande) est la preuve pathétique que le ridicule ne tue pas, car même si les canons ukrainiens se sont pratiquement tus sur le front du Donbass depuis 2 jours, à part ceux servis par quelques irréductibles débiles addictes de vodka et de haine, cette trêve ne trompe personne car les chars de combats ukrainiens continuent d'affluer vers Donetsk et Lugansk pour une grande offensive.

Ce cessez le feu, convenu lors de la dernière réunion du groupe de contact de Minsk, semble plus un maquillage organisé par Washington pour permettre une nouvelle fois à Kiev de mieux organiser son dispositif de combat, pour ne pas perturber l'ordre du jour du G20 qui se déroule en Chine cette semaine et surtout pour bien organisé la provocation qui précédera l'offensive et surtout la justifiera médiatiquement en accusant les séparatistes (et la Russie bien sûr) d'avoir rompu les premiers cette trêve qui n'est avant toute chose qu'un écran de fumée politico-médiatique.

Car le cynisme de cette énième gesticulation diplomatique est tellement grossier qu'il prêterait même à rire si autant de vies humaines n'étaient pas en jeu. En effet comment peut-on croire un seul instant Porochenko quand et sa prétendue volonté de paix quand chaque jour de nouvelles troupes d'assaut ukrainiennes s'approchent du Donbass et de la Crimée, que les réservistes sont rappelés, que l'administration prépare la prochaine mobilisation etc...

Toutes les belles paroles prononcées à Minsk par les représentants ukrainiens sont à l'image de ce plan d'aide imaginé par l'Union Européenne et Kiev pour reconstruire le Donbass : ridicules et insultantes (un plan de 1,52 milliards de dollars a été présenté pour reconstruire le Donbass après la guerre c'est à dire même pas de quoi reconstruire l'aéroport de Donetsk !)

La réalité est celles des faits : 


Si les canons sont en sourdine, le "cessez le feu" n'est pas respecté 


Sans se faire trop d'illusions, les familles du Donbass ont accueilli ce nouveau cessez le feu avec soulagement, au moins le temps qu'il va durer, en pensant surtout à leurs enfants qui ont repris ce même 1er septembre les chemins de leurs écoles.

L'artillerie ukrainienne qui était sur une fréquence moyenne de 700 tirs par jour est en ce moment descendue à moins de 20 tirs par jour. Mais les autres violations moins bruyantes continuent elles d'animer cette ligne de front toujours sous haute tension :
  • Tout d'abord ce sont les accrochages qui continuent avec le armes d'infanterie (mitrailleuses, lance grenades automatiques, lance roquettes antichars, armes d'infanterie etc...) sur les zones de contact du front (principalement Gorlovka, Yasinovataya, Marinka) 
  • Ensuite ce sont les déploiements et progression au plus près des lignes républicaines des unités d'assaut et d'artillerie ukrainiennes, et les dépôts logistiques correspondants.
  • Enfin, les missions de reconnaissance continuent du côté ukrainien, reconnaissances terrestres ou aériennes avec les drones.
Rien que sur la zone de l'aéroport où je suis pour la journée d'aujourd'hui, il y a eu un bombardement avant midi, un vol de drone au crépuscule et des échanges brefs de tirs d'infanterie en début de soirée.

Même sans les canons, le "régime du silence" est loin d'être atteint et le feu couve sous le fragile couvercle de Minsk...


L'Ukraine sonne le rassemblement de la chair à canon


Depuis plusieurs semaines des annonces de responsable politiques kiéviens préparent l'opinion ukrainienne à une nouvelle guerre dans le Sud Est : Alertes répétées concernant l'imminence d'une attaque russe en provenance de Crimée et du Donbass, éventualité forte d'instaurer la loi martiale sur l'ensemble du territoire de l'Ukraine, préparation à lancer une 7ème vague de mobilisation etc...

Aujourd'hui, l'Etat Major ukrainien a annoncé un rappel important de réservistes pour le mois de septembre, dont l'effectif global sera de 8000 hommes dont 10% d'officiers.

Cette mobilisation massive de réservistes se fera en 2 étapes : du 3 au 15 septembre et du 12 au 24 septembre. Ces renforts seront dirigés sur les zones de déploiement de leurs unités, où ils recevront une remise à niveau et exécuteront des exercices d'entrainement.

A l'inverse on observe le départ de certains bataillons spéciaux de la ligne de front comme Azov qui ferait mouvement vers Zaporodje... Rotation d'unités, stage d'entrainement particulier, ou mission de maintien de l'ordre ? A suivre....


Les ukrops ne cherchent plus à cacher leurs violations des accords de Minsk


Désormais, l'armée ukrainienne ne cherche plus à cacher ses multiples et quotidiennes violations des accords de Minsk, depuis les bombardements des populations du Donbass aux déploiements sur la ligne de front d'armes prohibées (+100mm) en passant par l'utilisation de drones dans des missions de reconnaissance ou de guidage d'artillerie. Le site ukrainien Ukroboronprom vante même les prouesses de ses matériels déployés sur le front et de leur présentation au Président Porochenko...

Quant aux armes d'un calibre supérieur à 100 mm et donc prohibées par Minsk, elles arrivent désormais en pleine journée par trains entiers (comme à Stanitsa Luganskaya) ou par convois routiers ( comme à Volnovakha) au vu et au su de tout le monde y compris des obersvateurs de l'OSCE. Pour la seule semaine écoulée, les observateurs de l'OSCE ont observé près de 80 matériels lourds ayant disparu des hangars de retrait imposés par les accords de Minsk, tandis que les services de renseignement républicains en détectaient une partie sur le ligne de front.


Des opérations de sabotage en préparation

D'autres renseignements fiables confirment les préparatifs d'offensive menés par Kiev comme celles qui rapportent la formation de 7 groupes ukrainiens spécialisés dans les missions d'infiltration et de sabotage. Ces groupes d'un effectif de 5 combattants chacun seraient destinés à commettre des attaques terroristes dans les grandes villes, en ciblant prioritairement des installations et des infrastructures vitales...

Les populations de Donetsk et Lugansk sont régulièrement averties des risques grandissants d'actions subversives et terroristes dans leurs villes et les forces de sécurité redoublent depuis quelques jours les contrôles au niveau des axes routiers et des bâtiments et infrastructures sensibles.



Porochenko joue donc comme à son accoutumée un double jeu, celui d'une mendicité agressive soufflant un jour le chaud et le lendemain le froid tout en poursuivant son rêve d’entraîner sur le sentier de la guerre l'OTAN contre la Russie.

Seulement pour cela il doit provoquer cette Russie qui depuis le Maïdan n'est plus tombée dans un piège tendu par les pantins étasuniens de Kiev. Vladimir Poutine l'a répété plusieurs fois : il n'interviendra pas en Ukraine sauf si la Crimée est attaquée ou qu'un massacre de grande ampleur est réalisé dans le Donbass. Mais même dans ces 2 cas Kiev qui aura ouvert le bal en premier, risque de se retrouver seule à danser avec un ours énervé... 

Il faut donc pour Porochenko, d'abord provoquer pour ensuite pouvoir s'ériger en victime et réclamer l'intervention internationale...C'est peut-être aussi l'objectif de cette trêve que de préparer et présenter avec plus d'éclat médiatique la mise en scène d'un faux "casus belli" qui romprait un cessez le feu.


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


samedi 3 septembre 2016

Dans l'oeil du cyclone

Quand la paix devient le cheval de Troie de la guerre


A l'heure où l'accalmie du nouveau cessez le feu offre un répit relatif aux combattants et aux civils du Donbass, le bilan du mois est sans appel :

Le mois d'août 2016 est le pire mois vécu par la République Populaire de Donetsk depuis plus d'un an, les forces ukrainiennes ayant tiré 15 269 fois sur le territoire de la République,dont 13 117 avec des armes de calibre supérieur à 100mm prohibé par les accords de Minsk.

Evolution des attaques ukrainiennes contre le Donbass depuis janvier 2016

Les victimes des bombardements et des combats entre le 1er et le 31 août s'élèvent à 50 personnes tuées, (4 femmes et 46 hommes), dont 38 soldats de la république", et 76 personnes blessées. Depuis le début de l'année 256 personnes ont trouvé la mort dont 2 enfants, tandis que le nombre de victimes du Donbass depuis le début du conflit est de 4197 personnes déclarées.

Quant aux destructions matérielles, elles ont connu également une augmentation record ce mois ci avec 408 maisons d'habitations endommagées ou détruites (140 secteur Gorlovka, 219  secteur Donetsk à 219 et 49 secteur Mariupol)

Sur le terrain, si les bombardements ont drastiquement diminué, l'espoir de voir se prolonger ce nouveau cessez le feu est cependant très faible, au vu des précédents historiques de cette guerre où Kiev n'a jamais su respecter ces engagements et des renseignements militaires et de l'OSCE qui rapportent la poursuite du réarmement massif de la ligne de front ukrainienne.

Ainsi par exemple, depuis l'application du cessez le feu ont été signalés arrivant sur le front :
Par les services de renseignements républicains :
  • Dans le secteur de Gorlovka : 1 peloton de d'obusiers automoteurs de 152 mm, "Acacia", 2 batteries de canons tractés de 122 mm obusiers "Gozdika" 1 batterie de quatritubes de 23mm "Shilka", 1 peloton de mortiers lourds de 120 mm.
  • Dans le secteur de Donetsk : 1 batterie d'obusiers automoteurs de 152 mm "Acacia", 1 batterie de 122 mm obusiers "Gozdika", 1 batterie de mortiers de 120 mm, 2 escadrons de chars de combat, 1 section d'infanterie mécanisée sur BMP.
  • Dans le secteur de Mariupol : 1 batterie de 152-mm "MSTA-C", 1 peloton de Lance Roquettes multiples de 122mm "Grad" , 1 peloton d'obusiers automoteurs 152 mm, "Acacia" à une batterie de 120 mm obus de mortier et deux réservoirs bouche.
Par les observateurs de l'OSCE (matériels manquants de leurs dépôts de retrait du front)
  • 4 obusiers automoteurs de 152 mm obusiers "Acacia" 
  • 16 obusiers tractés de 152 mm "MSTA-B" 
  • 18 obusiers de 122 mm "Gozdika"
  • 24 obusiers automoteurs de 152 mm, "Hyacinth" 
  • 6 Lances Roquettes Multiples de 220 mm  "Hurricane" 
  • 1 unité de missiles antiaérien SAM 10 "Strela" 
  • 12 canons antichars de 100 mm MT-12 "Rapira" 
  • 24 mortiers lourds de 120 mm
  • +50 chars de combat T-62 et T-72 
Par ailleurs les forces ukrainiennes poursuivent leurs missions avec les drones de reconnaissance, tandis que des accrochages et des bombardements sporadiques interviennent encore sur les zones de contact du front, notamment à Marinka, Yasinovataya et Gorlovka.

Comme le rappelait le Président de la République de Donetsk, Alexandre Zakharchenko, les précédents armistices ont été déclenchés quand l'armée ukrainienne subissait des revers importants (Minsk 1 après Iliovaisk et Minsk 2 après Debaltsevo) et lui ont permis alors de sauver des unités prises dans les chaudrons et surtout de reconstituer, à l'abri du cessez le feu, de nouvelles forces et une ligne de front chancelante.

L'hypothèse que ce scénario se reproduise aujourd'hui est très élevé, mais cette fois ce sera la dernière offensive ukrainienne car aucun "Minsk 3" ne saura être envisagé avant la défaite totale du régime de Kiev.

L'avion d'attaque au sol Sukhoï 25 ukrainien
Aujourd'hui Porochenko, poussé par les vrais cons du parti de la guerre ukrainien qui veulent lancer une opération militaire en Crimée et dans le Donbass et encouragé par les faucons de Washington qui cherchent à provoquer la Russie, continue son chemin vers la guerre qui semble être sa dernière carte à jouer au milieu de l'effondrement que connait l'Ukraine, sauf bien sûr s'il a accepte une partition du pays (mais qui provoquera quand même sa chute politique par des élections ou un putsch) 

Le problème est que pour Kiev, une guerre sans appuis extérieurs a de grandes chances d'aboutir à une défaite militaire totale et rapide et à la fin de l'aventure lamentable du Maïdan.


Car l'armée ukrainienne est aujourd'hui dans l'incapacité d'obtenir des victoires durables sur le front vu l'état lamentable dans laquelle elle se trouve, tant sur le plan technologique, tactique que moral. Et quand bien même les fournitures militaires létales réclamées à corps et à cris auprès de ses partenaires de l'OTAN lui seraient livrées il resterait à se former à ces matériels modernes et surtout à rattraper 30 années de retard dans le domaine des modes opératoires et des raisonnements tactiques qui ont connu des évolutions radicales depuis la fin de la première guerre froide.

Aussi, en coopération avec les pays de l'OTAN, Kiev a entamé des programmes de modernisation de ses armées, dont voici quelques exemples :

  • A proximité de Khmelnitsky (Ouest de l'Ukraine) un centre de formation des forces spéciales animé par des instructeurs étasuniens entraîne des commandos ukrainiens à des opérations de sabotages, de diversion, de dynamitage ainsi qu'il forme des snipers avec des fusils très longue portée.
  • Un aérodrome militaire abandonné près de Karkhov a été réactivé et réaménagé, sa piste modifiée pour pouvoir accueillir des avions de transport militaires de l'OTAN au plus près des frontières du Donbass et de la Russie.
  • Sur la base aérienne de Loutsk (Ouest de l'Ukraine) a été organisé un centre de formation tactique et d'entrainement pour les avions de combat Su-25 dans les scénarios de vols à très basse altitude, des recherches autonomes d'objectifs et des frappes aériennes dans des conditions d'une visibilité nulle.
  • A proximité de la ligne de front de Lugansk, près de la localité de Chtchastia, une unité spéciale est arrivé sur une base d'entrainement pour saboteurs et tireurs d'élite. Son effectif d'environ 100 soldats comprend des mercenaires polonais (environ 30) et lettons.

On le voit l'armée étasunienne, dont Hodges, le généralissime en Europe, n’hésite pas à venir en personne renifler la ligne de front, est de plus en plus présente dans le "tutoring" de l'armée ukrainiennes dont les programmes de modernisation sont principalement orientés vers la guerre du Donbass.

Porochenko voudrait voir cette guerre sortir de son enlisement dangereux sans toutefois déclencher lui même un nouvel embrasement, comme le montrent les différentes provocations essayées depuis le mois de juin par ses soudards. Aujourd'hui cet objectif de faire bouger le front est devenu urgent, car si le régime de Kiev entretient ce conflit pour faire oublier ses échecs, détourner le mécontentement de sa population et enrichir au passage ses oligarques, le manque de résultats significatifs sur le terrain et médiatiquement exploitables risque à moyen terme de le mettre en danger tant sur le plan militaire que sur le plan politique.

Le temps joue contre Porochenko... 

L'heure du choix arrive et toutes les options sont mauvaises pour lui. Mais je doute que ce fantoche qui sacrifie sa population depuis plus de 2 ans prenne la décision la moins pire pour sont pays mais plutôt celle que Washington jugera la meilleure. Voilà aussi pourquoi est intervenu ce nouveau cessez le feu, car l'escalade certes inévitable devenait incontrôlable et surtout prématurée car la Maison Blanche a besoin d'abord de savoir comment évoluent la situation en Syrie et la course présidentielle étasunienne avant d'avancer à nouveau ou plus exactement de sacrifier son pion ukrainien au moment le plus opportun.

Ce choix quel qu'il soit interviendra sur l'échiquier dans les prochaines semaines.


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Le valet et son maître...


vendredi 2 septembre 2016

Reculer pour mieux sauter

Quand l'armée ukrainienne profite du cessez le feu 
pour préparer son offensive avec ses mentors US

Une délégation de l'Etat Major emmenée par le lieutenant général US Frederick Benjamin "Ben" Hodges est venue à Mariupol
Quelques jours avant que le Président ukrainien, "Piètre" Porochenko, vienne en état d'ébriété vociférer à Mariupol devant un parterre de collabos amusés, une visite plus discrète et pourtant beaucoup plus importante a été réalisée dans cette même ville située sur le front Sud du Donbass par Le lieutenant-général Frederick Benjamin "Ben" Hodges, Commandant en chef des armées étasuniennes en Europe. 

Ce 28 août, lors de ce qu'il convient d'appeler une tournée d'inspection, le Généralissime US en Europe, visitant le groupe opérationnel tactique "Mariupol a prononcé des discours lourds de signification : "Quand nous nous souvenons de nos camarades morts et de blessés, nous comprenons que nous devons nous préparer pour l'exécution des tâches officielles plus efficaces et répondre sérieusement aux demandes pour préparer les jeunes soldats, qui sont l'avenir de l'armée. Par conséquent, les forces américaines continueront à fournir une assistance à l'armée ukrainienne"

Cette coopération entre les forces américaines et l'armée de Kiev a commencé avec un programme de modernisation et de formation des unités ukrainiennes restées dans des concepts désuets datant des années 70-80. Ces programmes de formation encadrés par des unités étasuniennes et canadiennes se déroulent officiellement à Yavoriv dans la région de Lviv (Ouest de l'Ukraine) où un "Centre de sécurité internationale et de maintien de la paix" a été créé. Le premier bataillon ukrainien vient d'ailleurs d'y achever sa formation...

Ces actions faites dans le cadre de l'OTAN qui a nommé l'Ukraine "pays allié non intégré" sont complétées par des fournitures d'équipements et de matériels militaires de plus en plus importantes, ainsi que d'exercices et manœuvres "interalliées" auxquelles participent les forces ukrainiennes et dont beaucoup se déroulent sur leur territoire. 

Lorsqu'on observe l'évolution des coopérations entre l'armée américaine et des pays ou des structures "alliées" (je pense à l'Irak, ou aux djihadistes en Syrie) on sait que les GI's de l'Oncle Sam ne se limitent pas à jouer les professeurs dans des écoles militaires et à fournir des radios et des médicaments à leurs élèves... D'ailleurs un lot de drones de combat américains destinés à guider les tirs d'artillerie est arrivé par avion sur l'aéroport de Kramatorsk au Nord Ouest de Donetsk.

Pour finir avec cette inspection à Mariupol du patron des forces étasuniennes en Europe, imaginez un court instant le concert d'aboiements que les merdias occidentaux nous auraient gratifié si un général russe (ou même un simple caporal) était venu à Donetsk ou Lugansk visiter des unités républicaines déployées sur le front. Or ici, cette visite étasunienne sur le front, qui est autant une inspection qu'une provocation, passe inaperçue, pour ne pas dire normale aux yeux des journalopes, les mêmes qui hurlent à longueur de temps à l'invasion russe dans le Donbass...


Une veillée d'armes entre fleurs et obus

Sans vouloir jouer les Cassandre, ni briser les espoirs de paix que devrait normalement générer ce nouveau cessez le feu engagé à partir du 1er septembre à minuit, force est de constater que sur le front, si le fracas des canons a effectivement diminué, en revanche le grondement des chenilles lui, ne cesse de se rapprocher des lignes de défense républicaines.

Pendant la soirée du 1er septembre, vers 18h30, une femme civile de 39 ans, du village d'Aleksandrovka (au Sud-Ouest de Donetsk) a été victime d'un tir de sniper ukrainien embusqué à Marinka qui l'a sérieusement blessé à l'épaule (le 29 août dernier, dans le même secteur du front 2 femmes avaient déjà été abattues par des snipers ukrainiens).

Mais, c'est dans la nuit du 1er au 2 septembre à 00h15, que le cessez le feu a été le plus violé, quand des combats ont éclaté dans le secteur Nord de Donetsk suite à des tirs ukrainiens engagés contre les positions républicaines de Spartak et Yasinovataya, avec des véhicules blindés, des Lances Grenades Automatiques et des armes d'infanterie. 

Ces accrochages ont confirmé le renforcement important du dispositif d'assaut ukrainien et son déploiement au plus près des lignes républicaines de ce secteur vital pour la défense du Donbass 

Devant le carrefour stratégique de Yasinovataya, les forces ukrainiennes continuent, malgré le cessez le feu en vigueur de réaliser une pression offensive sur les positions républicaines et de déployer de plus en plus d'unités d'assaut et de bombardement dans la zone d'Avdeevka
Ici le secteur très tendu de la zone industrielle située entre Avdeevka (en haut de la photo) et Yasinovataya (en bas). En bleu la ligne de front ukrainienne, en rouge, la ligne de front républicaine
Point positif, dans cette atmosphère de veillée d'armes au calme trompeur d'un œil de cyclone, la rentrée scolaire des enfants du Donbass a pu se dérouler ce 1er septembre dans la quiétude, et des milliers d'enfants, bouquets de fleurs traditionnels à la main ont pu retrouver leurs enseignants pour apprendre à construire un monde meilleur bâti sur la paix et la fraternité.

La veille, les familles s'étaient rassemblées par milliers sur la place centrale de Donetsk pour rendre hommage à leurs enfants tués par les soudards ukrainiens et porter au monde un message de Foi et d'espérance...





Pendant ce temps là, à Odessa, ville russe occupée par l'armée ukrainienne, les parents ont été obligés de donner de l'argent pour l' "Opération Spéciale anti-terroriste" dans le Donbass au lieu du traditionnel bouquet de fleurs... 

Chacun ses priorités : pour les uns la guerre, pour les autres la fraternité !



En attendant, de part et d'autres du front, chacun multiplie chaque jour les alertes en criant "au loup" comme le jeune berger d'Esope, et j'ai conscience de faire partie de ces pessimistes (en espérant secrètement me tromper) mais tout, sur le terrain diplomatique comme militaire, laisse a penser que le front du Donbass est au bord d'une nouvelle éruption...

Car, si les canons ont diminué leurs aboiements meurtriers, en revanche ils sont toujours là et de plus en plus nombreux, rapprochant chaque jour leurs gueules noires et béantes des positions républicaines.

Et si d'un côté nous avons les enfants du Donbass, fleurs à la main, qui portent des espoirs de paix dans leurs écoles, de l'autre c'est un général US, la haine aux lèvres, qui visite le front de Mariupol chargé de promesses de guerre...


Ce cessez le feu ressemble plutôt à l'oeil d'un cyclone grandissant !

Voilà pourquoi, contrairement à la fable d'Esope où à la "drôle de guerre" de 1940, il ne faut pas s'endormir dans nos tranchées de combats et laisser s'émousser par les vagues d'alertes répétées nos sens réactifs car, provoquée volontairement ou exploitée circonstanciellement par l'ennemi, cette attention prolongée sur les remparts présente toujours le risque d'user les sens et fatiguer les muscles des défenseurs de la cité.


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



jeudi 1 septembre 2016

Un cessez le feu éphémère...

Les ukropithèques, fidèles à leur trahison criminelle


Certes il serait malhonnête de ne pas reconnaitre une certaine "accalmie" sur le front, consécutive à un accord de cessez le feu convenu entre les participants de la dernière réunion du groupe de contact à Minsk. Cependant sans être pour autant adeptes de Saint Thomas, nombre de personnes ici préfèrent attendre et voir pour y croire, car un cessez le feu doit être jugé dans sa durée et non dans sa promesse.

Ce cessez feu annoncé entrant en vigueur à partir de 0h00 n'est pas le premier (et probablement pas le dernier) de cette guerre qui n'est depuis plus d'un an qu'une succession ininterrompue de violations meurtrières des accords de Minsk, par l'armée ukrainienne. 
Si le début de soirée s'engageait dans une atmosphère calme et quasi silencieuse, quelques heures plus tard, la naturel ukropithèque revenait au galop et ponctuait la nuit de ses bombardements erratiques sur les positions et les zones résidentielles républicaines.

Alors que l'encre de ce nouvel accord n’était pas encore sèche, les unités d'artillerie de Kiev ont déclenché pas moins de 139  tirs sur la République de Donetsk. L'artillerie lourde de Kiev a frappé  encore et toujours Yasinovataya, Spartak au Nord de Donetsk et Sahanka au Sud de la République sur les bords de la Mer d'Azov.

1er septembre soir les combats à Avdeevka


A Lugansk, c'est pire car le silence des armes n'a duré q'une heure, et les forces ukrainiennes ont bombardé au milieu de la nuit les secteurs de Logvinova, Kalinovka, et Lozove sur les ordres de Commandant d'unités décidé à ne pas respecter les ordres de cessez le feu comme le Colonel Gorbatyuk commandant la 54ème brigade d'artillerie ukrainienne.

Il faut également noter qu'un nouvel attentat terroriste a eu lieu, cette fois en république de Lugansk contre le monument militaire dédié aux défenseurs du Donbass.



Cet attentat est doublement symbolique, car il vise un monument célébrant la défense du Donbass et est perpétré le jour d'un cessez le feu déclaré. Cela montre bien que la volonté d'arriver à une résolution pacifique du conflit est est loin d'être unanime. 

Par ailleurs, tant en République de Lugansk que de Donetsk, de nouvelles unités ukrainiennes  d'artillerie et d'assaut sont repérées se déployant au plus près de la ligne de front. Par exemple, dans le secteur de Volnovakha (au Sud de Donetsk) près du village de Kamenka à quelques kilomètres de la ligne de contact ont été identifiés 6 véhicules de combat d'infanterie et des véhicules blindés, dans le village de Granite à 500 mètres de la ligne de front ukrainienne, 3 obusiers tractés de 122 mm (D30), 8 véhicules blindés, 1 section d'infanterie et 5 camions avec des munitions ont été observés.

Il y a un risque élevé que les forces ukrainiennes comme les précédentes fois profite de cette trêve pour réorganiser tranquillement le déploiement de leurs unités de combat au plus près des bases d'assaut.

Le précédent cessez le feu intervenant après la signature des accords de Minsk avait été conclu le 1er septembre 2015 (par rapport à la rentrée scolaire comme celui de cette année) n'avait guère duré plus longtemps, et aujourd'hui, la poursuite des tirs et les renseignements rapportant les préparatifs et déploiement des unités ukrops sur la ligne de front des Républiques ne laissent pas envisager pour 2016 un autre scénario que celui de nouvelles violations débouchant sur une grande opération offensive.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



Bilan provisoire de la crise ukrainienne

Une analyse de Guy Mettan 


Source de l'article : Arrêt sur info

Ukraine, deux ans après

le 31 août 2016 Crises Médias UE


Deux ans après le début du conflit en Ukraine, le moment est venu de faire un bilan provisoire. La poussière des événements est suffisamment retombée pour qu’on puisse en reconstituer la trame. Peu à peu, grâce aux enquêtes réalisées par des observateurs avisés comme le dénonciateur de l’Irangate et Prix Pulitzer Robert Parry, la vérité commence à se faire jour.

Et comme d’habitude, elle n’est pas très reluisante. La belle histoire de la révolution populaire qui jette à bas un régime honni et corrompu apparaît dans sa réalité crue: ce n’était qu’une fiction, une fable habilement tissée pour tromper un public avide de contes qui finissent bien.

Souvenez-vous du crash du vol MH 17 qui a fait près de 300 morts en juillet 2014 et semé l’effroi dans le monde entier, dont John Kerry déclara qu’il était dû à un missile « probablement russe » et qui servit de prétexte au second train de sanctions économiques contre la Russie.

Deux ans après, toujours aucune preuve malgré les promesses. Les résultats de l’enquête ne sont toujours pas publiés et les Etats-Unis, dont les satellites espions arrivent pourtant à lire les plaques de nos voitures, refusent de livrer leurs images aux enquêteurs alors que le SBU, le service secret ukrainien, multiplie les cajoleries envers les experts occidentaux chargés du dossier.

Souvenez-vous des fameux tirs de la police qui avaient décimé les manifestants « pacifiques » de la place Maidan en février 2014. Ici aussi, on nous a promis une enquête. Toujours sans résultat. Les arbres et le mobilier de rue qui avaient reçu des impacts de balle et auraient permis de repérer l’origine des tirs ont été détruits par le nouveau régime alors que les vidéos montrent que ces tirs visaient aussi bien les manifestants que les policiers qui les combattaient, dans le but de pousser ces derniers à réagir et à tirer sur la foule qui leur faisait face. À l’examen, il ressort que le procureur et les responsables de service de police chargés de l’enquête sont des agents zélés du nouveau pouvoir et d’anciens militants des mouvements d’extrême droite actifs dans le service d’ordre de Maidan. Qui sait que Andriy Paruby, aujourd’hui chef du Conseil de sécurité d’Ukraine et qui paradait comme un grand démocrate devant les télévisions occidentales en sa qualité de chef du « service d’auto-défense » de Maidan, est le cofondateur du parti national-social d’Ukraine qui a donné naissance au parti d’extrême-droite Svoboda en 2004? Et que son organisation de jeunesse, « Patriote ukrainien » est une composante du mouvement paramilitaire Secteur Droit?

De fait, il apparaît désormais que le mouvement de Maidan, loin d’être l’expression démocratique et spontanée d’un peuple en colère, a été encadré, géré et organisé par les leaders des réseaux ultra-nationalistes originaires de l’ouest de l’Ukraine. La plupart de ses membres ont été formés dans les camps de jeunesse d’extrême droite qui ont proliféré dans les années 2000 et transportés par cars jusqu’à Kiev. Les photos et films non censurés des manifestations de Maidan montrent une abondance d’insignes, de symboles et de portraits de nationalistes héritiers des partis qui ont dirigé l’Etat ukrainien mis en place par les nazis. Quant aux références antisémites, encore nombreuses au début du mouvement, elles ont été soigneusement expurgées afin de ne pas braquer les néoconservateurs américains proches d’Israël et les médias occidentaux.

De même, le passé compromettant des nouvelles autorités a été gommé afin de leur redonner une nouvelle virginité. Qui se souvient que le président Porochenko, présenté comme un simple homme d’affaires à succès, a été ministre aussi bien dans le gouvernement corrompu du tandem Yushchenko-Timoshenko que dans celui du président Yanukovitch? Il n’y a décidément pas que Staline qui retouchait les photos…

De fait, la formation idéologique des « héros » de Maidan qui occupent aujourd’hui les postes les plus en vue du gouvernement s’inspire directement des ultra-nationalistes des années 1920-1940 et des collaborateurs du régime ukrainien qui a exterminé les juifs et les Polonais de Volhynie en 1941-1944 – armée insurrectionnelle d’Ukraine (UPA), organisation des nationalistes ukrainiens de Stepan Bandera (OUN-B) – et de théoriciens racistes comme Yaroslav Stetsko, ancien premier ministre de l’Etat ukrainien en 1941 et partisan des « méthodes allemandes de dépopulation juive excluant leur assimilation ».

Les recherches montrent que nombre de ces dirigeants nationalistes ont émigré en Europe et aux Etats-Unis à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et qu’ils ont ensuite servi de relais avec les groupes de pression occidentaux jusqu’à leur prise du pouvoir en 2014. On peut citer comme exemples la femme de l’ancien président orange Yushchenko et Nadia Diuk, vice-présidente de National Endowment for Democracy et proche de l’actuelle secrétaire d’Etat américaine Victoria Nuland, celle qui a mis au pouvoir l’ex-premier ministre Iatseniuk après Maidan.

Mais arrêtons-là. Le plus déplaisant de toute cette affaire, ce n’est ni d’avoir été trompé ni qu’on nous ait vendu des manifestants fascisants comme de bons démocrates – après tout chacun peut évoluer – mais que rien n’ait changé dans le pays. Jusqu’à quand supporterons-nous que les oligarques et la corruption continuent à sévir, que l’actuel président renie sa promesse de vendre ses entreprises, que des obus continuent à être tirés sur les populations civiles du Donbass sous prétexte de « provocations rebelles »? Il serait temps que les médias et les dirigeants européens mettent fin à cette stupéfiante hypocrisie.

 Guy Mettan | 30/08/2016

Un colibri qui grandit

Bilan statistique du mois d'août 2016 
du blog "Soutien à la rébellion du Donbass"


Ce mois ci, l'audience du blog "Soutien à la rébellion du Donbass" a encore augmenté, témoignant de l'intérêt et du soutien croissants portés par le public à la guerre dans le Donbass et la cause défendue par les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk. 

Pour ce mois ci, la barre des 65 000 lectures a été franchie, portant les consultations quotidiennes à plus de 2000 par jour ! 


Ces articles (plus de 800) continuent donc leur chemin contre vents et marées, subissant en permanence les censures des réseaux sociaux sur lesquels ils sont diffusés et notamment celles de la psychotique Svetlana qui, dans l'ombre de sa poignée de trolls débiles ou dans l'anonymat de ses fonctions de modératrice et administratrice de certains réseaux (Novorossiya Today et groupes FB), continue hystériquement de censurer et supprimer régulièrement mes articles comme ceux d'autres personnes travaillant avec moi ou DOni press par exemple.
Les résultats croissants de l'audience montrent bien la misérable portée de ces insectes rampants dont les actions minables servent plus les intérêts du SBU ukrainien que ceux des Républiques du Donbass. 


Je tiens ici surtout à remercier toutes celles et ceux qui depuis le Maïdan m'accompagnent dans cette guerre de l'information, relayant autour d'eux et sans relâche la Vérité que j'essaye modestement de libérer ici. Sans ce réseau de soutien qui augmente de jour en jour, ce blog d'information n'atteindrait pas l'ombre de ses résultats actuels.

Voici quelques avatars du blog sur les réseaux sociaux: 

- Groupe FB "Soutien à la Rébellion du Donbass" - 11 662 membres au 1er septembre
- Compte FB "Erwan Castel" - 5000 "amis" et 1545 abonnés au 1er septembre
- Page FB "Erwan Castel" - 1 500 abonnés
etc...

Mais le plus important reste à faire car sur le front de l'information nous nous battons contre un mainstream médiatique servant une propagande de guerre cynique et criminelle. Article après partage, discussion après commentaire, nous avançons au milieu d'un sentier obscur et semé d'embûches, portant la Vérité vers la lumière. 

En Occident, les peuples commencent à bouger, car bousculés jusqu'à l'inquiétude par les multiples crises qui révèlent de fiat un effondrement systémique, ils cherchent des explications rationnelles et alternatives en dehors du formatage des consciences imposé par la dictature de la pensée unique. 

Cet éveil des conscience est aujourd'hui vital et urgentissime car le Nouvel Ordre Mondial enlisé dans ses propres folies veut entraîner le Monde vers la guerre contre la Russie et un chaos mondial dans lequel il espère obtenir un sursis salvateur...

Souvent, je rappelle cette légende amazonienne du colibri :

"Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. 
Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu.
Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? »
« Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part » .

Modestement chacune et chacun nous avons la possibilité et le devoir de participer à cet éveil des consciences et j'ai le prétention de considérer ce blog, votre blog, comme un petit colibri portant sa goutte d'eau vers l'incendie...

Donc aujourd'hui plus que jamais, il nous faut redoubler nos efforts pour libérer la Vérité et travailler pour la Paix dans un monde meilleur libéré des esclavages du monde moderne...

Merci encore pour votre immense soutien 

"Sursum Corda" !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya