vendredi 24 décembre 2021

Analyse de la menace chimique dans le Donbass

De Moscou à Donetsk, la menace d'attaques chimiques ukrainiennes contre les territoires du Donbass est dans toutes les déclarations officielles et analyses politico-militaires car, après l'annonce de l'arrivée sur le front d'agents chimiques militaires ainsi que de mercenaires étasuniens, le contexte de plus en plus belliqueux fait craindre qu'une opération sous faux drapeau du style de celle menée à La Goutha en Syrie ne soit déclenchée dans le Donbass pour y amorcer une nouvelle offensive ukrainienne.

Même si les révélations officielles des autorités de Donetsk et surtout russes ont largement dégonflé l'effet de surprise qui est vital la réussite de tout false flag, la menace reste active car ces agents chimiques peuvent être utilisés autant dans une opération initiant un conflit que dans celles le poursuivant.

Voici un point de situation complet technique et contextuel concernant cette menace chimique ukrainienne dans le Donbass réalisé par Kirill Ryabov :


Source de l'article : TopWar 


Armes chimiques dans le Donbass. 
En attendant les provocations

Les cartouches de 40 mm pour lance-grenades à main sont l'une des options permettant
d'utiliser des agents non létaux modernes. Photo du département américain de la Défense

Kirill Ryabov

La situation dans le Donbass se détériore et la menace qui pèse sur les républiques non reconnues augmente. Récemment, on a appris que la partie ukrainienne préparait une nouvelle attaque en utilisant diverses forces et moyens. Dans le même temps, des provocations avec l'utilisation d'agents chimiques sont possibles et certains détails de ces plans sont déjà connus. Cependant, l'Ukraine nie tous les soupçons et accusations.


Dernières nouvelles

Le 21 décembre, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a annoncé la détérioration de la situation militaire dans la région. Lors d'une réunion élargie du collège du ministère de la Défense, il a déclaré que dans les zones contrôlées par l'armée ukrainienne, il existe une préparation claire à l'action. Il y a la construction active, l'équipement et la préparation des positions de tir.

Il a également été constaté que dans les secteurs de Avdeevka et Krasny Liman des barrils contenant des agents chimiques de type inconnu ont été livrés que la partie ukrainienne envisagerait d'utiliser dans de futures provocations.

Le 22 décembre, le chef adjoint du département de la milice populaire de la République Populaire de Donetsk, Edouard Basurin, a révélé quelques détails en direct sur la chaîne de télévision Russia 1. Il a rappelé que les États-Unis approvisionnaient régulièrement l'Ukraine en divers produits militaires et à double usage. Le renseignement de la RPD a pris connaissance des détails de certaines de ces récentes livraisons.
  • En octobre, une de ces livraisons de produits contenait un antidote contre la toxine botulique. 
  • La toxine elle-même aurait été livrée en novembre. L'agent vient des États-Unis et est fourni dans des cartouches cylindriques spéciaux d'un diamètre de 40 mm. De tels conteneurs peuvent être utilisés avec des lance-grenades ou des véhicules aériens sans pilote. 
  • Au cours de la même période, un conteneur de 300 kg contenant de la benzoxazépine est arrivé à Marioupol par voie maritime.
Selon E. Basurin, des conteneurs contenant des agents chimiques ont été transportés dans la région. Il y a des dépôts d'artillerie à partir desquels les munitions peuvent être livrées à la ligne de contact dans les plus brefs délais.

Rendu 3D d'une molécule de toxine botulique. Graphiques Ebi.ac.uk

La réaction de l'Ukraine était prévisible. Le 22 décembre, le ministère de la Défense et le ministère des Affaires étrangères ont nié tous les soupçons et accusations. Les autorités affirment qu'il n'y a pas de Sociétés Militaires Privées ou d'agents chimiques étrangers dans les zones contrôlées. Dans le même temps, la partie ukrainienne a appelé à une solution politique et diplomatique du conflit.


Menace chimique

Selon la milice populaire de la RPD, les structures ukrainiennes ont reçu de l'étranger de la toxine botulique et de la benzoxazépine, ainsi que des conteneurs pour leur stockage, leur transport et leur utilisation au combat. Tous ces moyens sont théoriquement adaptés à la fois à des provocations et à la réalisation d'attaques à grande échelle de nature létale ou non létale.

Examinons plus en détail les agents identifiés :

La toxine botulique est une neurotoxine protéique produite par la bactérie Clostridium botulinum. C'est l'un des poisons les plus puissants en général et le plus dangereux parmi les substances organiques. Lorsqu'elle est ingérée, la toxine provoque une maladie appelée botulisme. Son développement conduit à la défaite progressive de plusieurs systèmes corporels; en l'absence d'assistance en temps opportun, une paralysie des muscles respiratoires et du cœur se développe avec une issue fatale en quelques jours.

Depuis le milieu du siècle dernier, certaines armées considèrent la toxine botulique comme une ADM prometteuse. Par la suite, les États-Unis ont mis en service la toxine botulique de type A sous le code XR. Cette substance a été proposée pour une utilisation au combat sous forme d'aérosols avec divers moyens de livraison et de dispersion. L'aérosol est dangereux pendant plusieurs heures, bien qu'il soit retenu par des masques à gaz et se prête au dégazage.

Peut-être que le nom benzoxazépine faisait référence à la dibenzoxazépine. Ce dernier est également connu sous le nom de DBO et CR. C'est un irritant d'action complexe qui, dans des conditions normales, ressemble à des cristaux jaunâtres avec une odeur poivrée caractéristique. Il est utilisé sous forme d'aérosols ou de solutions aqueuses sous diverses formes et de munitions.

L'agent CR provoque une irritation sévère de la peau et des muqueuses; à cet égard, il est 6 à 10 fois plus puissant que CS. Le contact visuel entraîne des rougeurs, des douleurs et même une cécité temporaire. L'exposition à la peau, selon la quantité de substance, entraîne des rougeurs et des douleurs. L'inhalation d'aérosols est potentiellement une menace d'œdème pulmonaire et d'étouffement, incl. avec une issue fatale.

Pathogenèse du botulisme. Graphiques Wikimedia Commons

Les agents XR et CR peuvent être utilisés sous différentes formes avec différents véhicules d'administration et de nébulisation. En particulier, les grenades à gaz sont utilisées à des fins policières, mélangés pour les lance-grenades ou les vaporisateurs avec de la dibenzoxazépine non létale. Selon des données connues, la toxine botulique de combat doiit être utilisée dans le cadre de projectiles chimiques et d'autres munitions.


Moyens de provocation

Des militaires russes et de Donetsk rapportent que des agents chimiques seront utilisés par l'Ukraine pour mener à bien certaines provocations. Le scénario de ces actions n'est pas encore connu, mais on peut se rappeler des événements similaires qui ont eu lieu dans un passé récent. Ainsi, des provocations avec des armes chimiques ont été menées à plusieurs reprises par des groupes illégaux en Syrie.

De tels incidents ont suivi un scénario. Des « organisations internationales indépendantes » ont annoncé une attaque chimique par les forces gouvernementales et ont même montré des victimes présumées. Ensuite, des traces de substances toxiques ont été trouvées sur le site de l'attaque présumée. Des tentatives ont également été faites pour vraiment empoisonner les civils avec l'aide d'un agent externe.

Chacun de ces épisodes a provoqué une réaction violente de pays étrangers hostiles aux autorités syriennes. Il y a eu des accusations et des appels à punir Damas par toutes les méthodes disponibles. En outre, des sanctions ont été imposées ou des grèves militaires ont été organisées.

Il est fort possible que la même « opération » soit prévue en Ukraine. Une provocation avec l'usage réel d'agents chimiques ou avec son imitation peut être utilisée aussi bien contre les républiques du Donbass que contre la Russie. Moscou, Donetsk ou Louhansk peuvent être accusés d'attaque chimique et de fausses preuves douteuses. Dans la foulée, de nouvelles mesures à caractère politique voire militaire suivront.


Comme une arme

Il faut également prendre en compte les risques de l'utilisation effective des agents livrés. En quantité suffisante, ils représentent un grand danger pour les armées et les civils du Donbass. Par conséquent, les républiques doivent se préparer à différents scénarios de développement des événements, y compris les pires.

Représentation schématique d'une molécule de dibenzoxazépine.
Graphiques Wikimedia Commons

Il est évident que le plus grand danger pour la population et les militaires est la toxine botulique. Il est destiné à être utilisé sous forme d'aérosol, mais d'autres méthodes sont également possibles, incl. le plus cynique. La toxicité élevée de l'agent XR réduira l'influence d'autres facteurs et rendra toute attaque aussi mortelle que possible.

Cependant, la partie qui utilise de telles armes doit être consciente des accords et restrictions internationaux existants. L'utilisation de toxines contre les combattants et les civils est un crime de guerre et doit entraîner une réaction connue. Cependant, il est possible que les provocateurs comptent à nouveau sur l'aide et la « couverture » de l'étranger, bien que cela ne soit pas garanti.

La possibilité de l'utilisation au combat de l'agent CR est remise en question. La substance non létale est pratiquement inutile contre un ennemi entraîné. Dans le même temps, il peut être utilisé contre une population non préparée - à des fins d'intimidation ou par désir de terroriser des personnes indésirables et sans défense.

Cependant, un autre scénario doit être envisagé. Une situation politique instable demeure en Ukraine, et diverses manifestations sont possibles à Kiev, etc. Pour réprimer et disperser les manifestations, la police doit utiliser des moyens spéciaux, dont la dibenzoxazépine américaine. Évidemment, l'irritant fera preuve d'une efficacité maximale dans une telle situation, et non sur la ligne de contact.


En attendant les provocations

La situation dans le Donbass reste difficile et il n'y a pas encore de conditions préalables pour l'améliorer. De plus, des processus sont observés et enregistrés qui peuvent aggraver la situation et conduire à de nouveaux affrontements. En outre, les services de renseignement russes et de la RPD rapportent que de nouvelles provocations sont prévues, notamment des attaques réelles ou imaginaires avec des armes chimiques.

Heureusement, la préparation d'une telle action a été divulguée avec succès et rendue publique à temps. Peut-être que la publication de ces informations forcera les agresseurs ukrainiens à abandonner leurs plans et protégera ainsi la population des républiques non reconnues d'éventuelles attaques et provocations. 

Cependant, la RPD et la RPL doivent prendre en compte tous les risques et dangers, et prendre toutes les mesures préventives nécessaires.

Kirill Ryabov

Noël de guerre dans le Donbass

Même si dans le monde orthodoxe, Noël est toujours célébré le 7 janvier (conformément au calendrier grégorien initial), je ne peux m'empêcher d'associer sa correspondance julienne au solstice d'Hiver et surtout pour celles et ceux qui, de plus en plus nombreux, me suivent ici sur ce blog ou sur les réseaux sociaux depuis l'Ouest européen.

Qu'ils soient catholiques, athées ou comme moi païens j'adresse à tous les lecteurs, à l'occasion de ces fêtes solsticiales, chrétiennes ou simplement culturelles de fin d'année tous mes voeux de bonheur familial et amical, de santé, et surtout de voir autour d'eux se restaurer rapidement l'intelligence de se sens commun qui, détourné et asservi par l'imposture occidentale entraîne les mentalités et la paix vers un naufrage mortel des peuples d'Europe.

Mes pensées vont particulièrement à celles et ceux qui ont répondu généreusement à mon appel pour m'aider à me remettre définitivement des blessures reçues au front en septembre 2019 et dont il reste mon bras gauche à changer. Grâce à eux j'ai déjà pu collecter la moitié de la somme pour une prothèse fonctionnelle. Je les remercie vivement du fond du coeur !

Malheureusement pour les populations du Donbass et leurs défenseurs, la trêve de Noël n'est qu'illusion que de nombreux parents sur le front tentent de faire vivre à leurs enfants dans l'abri de leurs caves, car les forces ukrainiennes, malgré un froid mordant (- 20° cette nuit) continuent de vouloir enflammer le front de leurs provocations :

Ainsi, ce matin du 24 décembre 2021, les forces ukrainiennes ont continué leurs bombardements sur la périphérie Sud Ouest de Donetsk. A 10h05, le village d'Aleksandrovka (Sud de Donetsk) où un civil a encore été blessé hier matin, a subi un nouveau bombardement ukrainien au mortier de 120 mm. 14 obus ont été tirés. 

Dans l'après midi, les forces de défense républicaines ont enfin riposté après avoir confirmé et ciblé les positions ukrainiennes responsables des tirs du 23 et du 24 décembre sur Aleksandrovka :

Tir de riposte de la défense républicaine le 24 décembre après midi


Ailleurs, les forces ukrainiennes continuent de pousser vers la ligne de front leurs unités d'assaut, comme l'ont encore signalé dans leur rapport quotidien d'hier les observateurs internationaux :

Le 22 décembre 21, 59 chars de combat ukrainiens (28 T-64 et 31 T-72) ont quitté leurs lieux
de retrait (imposé par les accords de Minsk), pour faire mouvement vers la ligne de front.

La population civile du Donbass et ses défenseurs tiennent bons malgré 7 années d'une guerre de tranchées hémorragique où les familles subissent quotidiennement bombardements, destructions, privations mais sans jamais faiblir dans leur volonté commune de libérer leurs territoires occupés par Kiev et rejoindre la Fédération de Russie, comme le sœurs de Crimée en mars 2014.

En attendant, les milices républicaines espèrent dans la probabilité grandissante d'une nouvelle offensive ukrainienne que le "Grand père Gel" (l'équivalent du père Noël en Russie) et sa petite "fée des neiges" leur apporteront des cadeaux victorieux !

Erwan Castel

 

Ukropithèques décomplexés

2 déclarations convergentes de responsables kiéviens révèlent le niveau d'excitation et la mentalité criminelle de ces ukropithèques vomis par le Maïdan il y a 8 ans et qui rappelons le encore sont soutenus inconditionnellement par les chères démocraties droitdelhommistes occidentales :

  • Tout d'abord les représentants de Kiev du groupe de contact du processus de paix  lors d'une nouvelle tentative de pourparlers concernant l'échange de prisonniers (point 6 des accords de Minsk) ont déclaré cette semaine : "il n'y aura bientôt plus de prisonniers en Ukraine" (!?).
Si on ne connaissait pas le cynisme des représentants ukrainiens aux réunions des accords de Minsk on pourrait presque penser à une expression évasive maladroite, sauf que Dmitry Iarosh qui est le fondateur du mouvement paramilitaire néo-nazi  ukrainien "Trizub", un des leaders du "Secteur Droit" les plus virulents du Maïdan et fondateur du Corps des Volontaires Ukrainiens, "DUK" et devenu conseiller spécial du Chef d'Etat Major de l'armée ukrainienne a appelé sur l'antenne de la chaîne Espresso TV à procéder à un nettoyage de masse des pro-russes par les nationalistes radicaux ukrainiens:
  • "Sans aucun doute, les services spéciaux ukrainiens devraient neutraliser les personnes qui s'opposent ouvertement et non ouvertement à l'État ukrainien. Ils font quelque chose, nous le voyons constamment dans les rapports sur les arrestations d'agents russes, mais cela ne suffit pas. À mon avis, si une invasion à grande échelle commence, les lois du temps de paix passeront à l'arrière-plan, et alors les patriotes ukrainiens devront être prêts à nettoyer ces saboteurs russes qui sont dans la politique, la culture et les affaires. Ce sont eux qui sont considérés par le Kremlin comme la future administration d'occupation"
Le fait est que depuis 2 mois on observe une augmentation des unités autonomes ukrainiennes au recrutement néo-nazi et nationaliste : bataillon Aydar (secteur Volnovakha à 40 km au Sud de Donetsk), groupes de tireurs d'élites ou volontaires de l'organisation DUK...) auxquels il faut rajouter le retour important d'unités de mercenaires étasuniens issus de la nébuleuse "Blackwater" (devenu "XE service" puis "Academi" après le massacre de civils irakiens en 2007) qui étaient déjà environ 400 en 2014 (source renseignements allemand). D'autre part un décret d'application ukrainien vient d'être activé pour simplifier l'obtention du passeport ukrainien aux étrangers volontaires pour le front du Donbass.

Entre ces paramilitaires et ces mercenaires, Washington et Kiev (qui soit dit en passant sont les 2 seuls pays s'opposant à l'ONU à la condamnation de la promotion du nazisme) disposent sur le front du Donbass d'unités "non gouvernementales" idéales pour commettre des crimes de guerre car elles n'engagent pas juridiquement leurs responsabilités. Et à ce sujet, le ministère russe de la défense a relevé récemment l'inquiétant déploiement sur le secteur d'Avdeevka (front au Nord de Donetsk) de mercenaires étasuniens et de stocks d'armes chimiques.

Alors que la France vient de pousser l'ONU à des sanctions contre la société militaire privée russe "Wagner" qui (à l'invitation des gouvernements centrafricains et maliens) porte ombrage à son pré carré néocolonialiste, Paris, pourtant "garant des accords de paix" signés à Minsk regarde ailleurs lorsque Washington déploie en toute illégalité morale des mercenaires sur le front du Donbass... Encore une fois un exemple du "2 poids 2 mesures" du laquais de l'Oncle Sam.

Ces faits avérés ainsi que l'actuelle exacerbation idéologique des tensions militaires et diplomatiques actuelles hystérique occidentale ne risquent pas, sur fond d'hystérie russophobe  occidentale, de calmer le fanatisme meurtrier des bandéristes...


Encore un civil blessé par les forces de Kiev

Confirmant que l'accalmie relative des derniers jours n'était qu'une illusion, les forces ukrainiennes - qui avaient déjà repris hier leurs bombardements lourds sur Aleksandrovka - ont engagé de nouveaux pilonnages sur le front de Donetsk
  • Le 22 décembre 2021, à 8h30, bombardement ukrainien avec des obusiers lourds du secteur de Spartak (Est aéroport de Donetsk) depuis leurs positions d'Avdeevka
Pour remplacer le lance grenades automatique soviétique vieillissant AGS 17 (30mm),
l'industrie militaire 
ukrainienne a mis au point récemment l'UAG 40 (tout comme la
Russie a l'AGS 40), un lance grenade automatique de 40 mm, plus précis et rapide et
qui ayant terminé ses tests en 2017 et apparait aujourd'hui sur le front du Donbass.

Malgré la traditionnelle trêve de fin d'année qui se prolonge jusqu'au Noël et vieux nouvel an orthodoxe, on observe la reprise de l'escalade militaire en cours. Ainsi pour la journée du 23 décembre les forces ukrainiennes ont repris leurs tirs sur les front  de Lugansk et Donetsk où un civil a été gravement blessé dans le village d'Aleksandrovka (Sud de Donetsk).

Piotr Ozolin, habitant d'Aleksandrovka a été visé et touché par le tir ukrainien d'une grenade autopropulsée AGS 17 (30mm) ou UAG 40 (40mm) d'une unité de la 54e brigade mécanisée ukrainienne du colonel A.S. Maistrenko, à 5h30 alors qu'il sortait du village pour se rendre à son travail. Présentant des "blessures multiples à la région temporo-pariétale gauche, à l'épaule gauche, blessure pénétrante à la région iliaque pulmonaire, blessure aux deux jambes sur la face avant", l'homme de 53 ans a été évacué aux sois intensifs de l'hôpital n°14 du district urbain voisin de Petrovsky dans un état est jugé grave.

A noter que la compagne de la victime, Victoria Ozolina,  a été elle aussi blessé le 27 novembre dernier dans un autre bombardement ukrainien. Le destin tragique de cette famille d'Aleksandrovka n'est malheureusement pas exceptionnel, il illustre la situation de ces milliers de familles qui survivent depuis 7 ans sous les tirs quotidiens des forces ukrainiennes et l'indifférence d'une communauté internationale qui passe son temps à hurler contre une agression russe fantasmée.

Cela fait maintenant 72 jours que Andreï Kociak, observateur 
du Centre de Contrôle et de Coordination du Cessez le feu a été 
capturé, torturé et jeté illégalement dans les geôles ukrainiennes 


Du côté de la Russie

Illustrant la radicalisation obligée du Kremlin face à l'obstination des ukro-atlantistes de piétiner les accords de paix de Minsk et de poursuivre l'installation de l'OTAN en Ukraine, les forces armées de la Fédération de Russie se préparent à réagir à une potentielle offensive ukrainienne qu'elle soit dirigée contre elles ou contre les populations du Donbass.

Contrairement au printemps, les déploiements dissuasifs russes sont cette fois plus importants et surtout continuels depuis plusieurs semaines, et annoncent à Kiev les pires augures si Washington décide d'engager une option militaire dans le Donbass. Même si l'armée ukrainienne a doublé ses effectifs par rapport à 2014, s'est un peu modernisée grâce aux formations et équipements occidentaux, elle reste ridicule face à la puissance militaire russe et surtout seule car elle sait que l'OTAN, en dehors de l'aide logistique, du renseignement du champ de bataille et éventuellement de quelques mercenaires et forces spéciales, restera physiquement en retrait du front que Washington lui aura donné l'ordre d'ouvrir.

Pour faire suite aux différentes informations concernant ces déploiements militaires russes vers les frontières ukrainiennes  voici d'autres mouvements dissuasifs réalisés ostensiblement au vu at au su de tous par l'Etat Major russe :

Evolution de la base militaire russe de Bakhchisarai, en péninsule de Crimée. La photo 
à gauche date d'octobre, celle de droite du 13 décembre. On peut y voir une concentration 
d'environ 100 véhicules blindés, chars et véhicules de combat, transports de troupes, obusiers automoteurs, défense anti aérienne aérienne... ce qui correspond à une brigade de combat.  

Le 20 décembre dans la région de Riazan, à la gare de triage  de Riazan, un convoi
ferroviaire russe avec des tracteurs d'artillerie Kamaz-63501AT "Medved" et des 
obusiers 2A65 "Msta-B" a été vu faisant mouvement vers les frontières ukrainiennes
Localisation du convoi de Riazan

Entre le 10 et le 17 décembre, de nombreux convois ferroviaires russes 
comme celui cisont arrivés sur la base militaire près de Voronej.
Localisation du convoi de Voronej

Egalement vu, dans la région de Nijni Novgorod, un autre convoi ferroviaire russe en route
vers les frontières ukrainiennes avec notamment un véhicule de commandement Gaz-66 KShM, 
des transports et tracteurs MT-LB, des transports de troupes BTR 82, des chars de combat, 
des Lance Roquettes multiples de 122mm "Grad", des engins du génie combat... 
Géolocalisation possible du convois en fonction des bases existantes près de la frontière ukrainienne

Aujourd'hui avec un chemin de la paix obstrué par les provocations ukrainiennes, les coups tordus de l'OTAN et les mensonges de Washington et ses alliés, sans oublier l'indifférence des populations occidentales le nez plongé dans la psychose covidienne et la dinde de Noël, force est de constater que la situation dans cette région sous haute tension de la Mer Noire, continue de glisser lentement mais sûrement vers le chemin de la guerre totale.

Erwan Castel

jeudi 23 décembre 2021

Comment déclencher une guerre en Ukraine ?

Aujourd'hui, tous les éléments sont en place pour que dans le Donbass les ukro-atlantistes engagent une option militaire dont les objectifs prioritaires seront non pas de récupérer tout ou partie des territoires séparatistes de Donetsk et Lugansk mais de provoquer une intervention de la Russie permettant le déclenchement de représailles économiques occidentales sans précédent contre la Fédération de Russie.

Il ne reste plus qu'aux faucons de guerre mondialistes d'organiser le prétexte pour pouvoir, aux yeux de l "opinion internationale", légitimement sacrifier leurs auxiliaires ukropithèques sur l'autel de leurs intérêts économiques. Le but de Washington est de créer un incident criminel libérant des tranchées les vents de la guerre et surtout que les thuriféraires de la bien pensance occidentale pourront imputer à force mensonges médiatiques à la Russie ou aux républiques de Donetsk et Lugansk.

Le stratagème n'est pas nouveau et même constitue une sorte de marque de fabrique du bellicisme étasunien. Il suffit de se remémorer l'interminable liste des false flags et mensonges organisés par les USA ou leurs alliés pour déclencher des guerres, comme par exemple 

  • les incidents du golfe du Tonkin en 1964, imputés au Nord Vietnam, 
  • le massacre de Račak en Yougoslavie en 1999 imputé aux serbes, 
  • la prétendue présence de Ben Laden en Afghanistan en 2001, 
  • les armes de destruction massive de Saddam Hussein en Irak en 2002,
  • la menace de répression libyenne sur Benghazi en 2011,
  • les attaques chimiques de La Goutha en Syrie en 2013 imputées au gouvernement,
  • les assassinats du Maïdan en février 2014, imputés au gouvernement...
Mais le pire dans toute cette fourberie criminelle étasunienne (Madeleine Albright dira par exemple à propos de l'Irak que "la mort de 500 000 enfants irakiens "en valait la peine"), c'est certainement la veulerie complice des populations occidentales qui continuent pour leur majorité à croire aux manipulations mentales de cette bien pensance mondialiste et ce malgré les millions de morts, les pays détruits, les millions de réfugiés et migrants, l'émergence du terrorisme international et les preuves que cette stratégie du "chaos constructif" est en réalité fondée sur des mensonges finalement avoués par leurs auteurs (massacre de Račak, armes de destruction irakiennes, répression libyenne, Maïdan etc...).

Finalement devant la lâcheté de la majorité de leurs populations qui, par complicité, individualisme, crétinisme, laissent la tyrannie capitaliste se radicaliser à l'extérieur comme à l'intérieur de leurs pays, pourquoi la ploutocratie mondialiste arrêterait sa stratégie ? 

Et aujourd'hui c'est en Ukraine que nous risquons d'assister à un nouvel épisode de cette fourberie criminelle occidentale avec un incident organisé pour accuser soit les républiques du Donbass et/ou la Russie.

Idéalement cet incident doit émotionnellement choquer selon les critères médiatiques à la mode (terrorisme, armes de destruction massives, génocide, droits de l'homme etc...) et dont les affirmations dogmatiques validées par un absolutisme médiatique deviennent paroles d'évangile d'une théologie politique occidentale.

Or une menace suffisamment confirmée et grave pour que Sergeï Choigou, le Ministre russe de la Défense l'évoque lors de son rapport annuel au Collegium de la défense du 21 décembre vient étayer ce scénario d'une opération sous faux drapeau organisée par les services étasuniens pour relancer la guerre aux frontières dans une rhétorique victimaire:

Menace d'attaque chimique dans le Donbass ?

Concernant la situation critique régnant dans le Donbass, le ministre russe Choigou a rapporté deux éléments reliés provenant de ses services de renseignement :

  • L'acheminement militaire ukrainien à Krasni Liman et Avdeevka à 100 km et 20 km au Nord de Donetsk de produits chimiques.
  • Le déploiement sur le front de Donetsk, à Avdeevka et Priazovskoe de 120 mercenaires de sociétés militaires privées étasuniennes.

Concernant ces 2 informations, elles sont confirmées par d'autres sources de renseignement qui font état de la présence de mercenaires étasuniens et polonais dans le Donbass depuis 2014 et de livraison d'armes chimiques en octobre à l'armée ukrainienne par les USA: 
  • à Kharkov, d'une toxine botulique pouvant être chargée dans des munitions légères vectorisées par des lance grenades ou des drones par exemple et 
  • à Mariupol d'un fut de 300 kg de benzoxazépine, une autre arme chimique de type aérosol.
Géolocalisation de Krasni Liman
Ces armes chimiques étasuniennes peuvent être effectivement stockées dans les nombreux dépôts militaires enterrés que l'URSS avait construit en Ukraine, notamment dans la région de Kramatorsk (proche de Krasni Liman) dans d'anciennes mines désaffectées.

Et certains d'évoquer au vu de ces renseignements inquiétants un false flag à la syrienne comme celui que les groupes islamistes avaient organisé en bombardant La Goutha en 2013 pour accuser Bachar el Assad de crime de guerre contre sa population. Cette hypothèse est d'autant plus sous les projecteurs que depuis 2 semaines est observée des agents chimiques dans le réseau de distribution d'eau potable des républiques du Donbass dont beaucoup de réseaux viennent du côté ukrainien.

Géolocalisation de Avdeevka
Personnellement je ne crois pas à l'utilisation de ces armes chimiques pour un false flag car malgré l'artillerie médiatique occidentale, le commun des mortels sait que la Russie n'a pratiqué pas ce genre d'attaque terroriste, pas plus que les républiques du Donbass qui n'ont pas réalisé un seul sabotage en 7 ans côté ukrainien. 

En revanche, on peut envisager raisonnablement, au début des hostilités l'emploi d'agents chimiques dans les républiques de Donetsk et Lugansk, dans des attaques tactiques contre des positions républicaines et/ou dans un terrorisme destiné à tuer et faire fuir les populations civiles de leurs localités.


Pour conclure provisoirement sur le déploiement d'armes chimiques étasuniennes dans le Donbass il faut regarder cette menace dans la stratégie de Washington qui a déplacé ces centres biologiques militaires des États-Unis près des frontières russes, en Géorgie, Ukraine, et Kazakhstan ou en Azerbaïdjan et Ouzbékistan, ces 2 derniers pays participant même à leur programmes biologiques militaires. 

Maintenant que le renseignement militaire concernant la livraison étasunienne d'armes chimiques dans le Donbass a été rendu public aux plus hauts sommets de l'Etat russe, il sera compliqué pour les ukro-atlantistes de falsifier la signature de leur utilisation.


Vers un incident de Kertch ?

En revanche, un false flag "plus classique" est selon moi plus probable pour provoquer un cycle militaire grave engageant les représailles économico-diplomatiques anti-russes rêvées par la ploutocratie mondialiste : 
  • Accrochage violent sur le front entre forces ukrainiennes et milices républicaines entrainant un duel d'artillerie au cours duquel une zone résidentielle serait détruite côté ukrainien par des tirs sous faux drapeau pour accuser les milices républicaines voire l'armée russe directement et enclencher ainsi le processus attendu par Washington (attaque du front, intervention russe, condamnation internationale, sanctions, militarisation de l'Ukraine, etc.).
  • Incident grave direct entre les forces de défense frontalières russes et la marine ukrainienne lors d'une nouvelle tentative suicidaire de forcer sans autorisation le passage du détroit de Kertch au large de la Crimée avec des pertes côté ukrainien. Cette hypothèse est déjà invitée par une résolution récente de l'ONU concernant la "militarisation du Donbass" et qui entre autres points condamne les contrôles russes au détroit de Kertch.
A suivre attentivement donc, car ces prochains jours sont pour les ukro-atlantistes une fenêtre idéale pour organiser un incident majeur permettant à Washington de refuser d'un revers de manche les propositions diplomatiques russes concernant l'OTAN irrévocables car elles se fondent sur les mêmes principes de sécurité collective que ceux qui sont invoquer par les USA ou ses alliés dans leurs propres zones d'influence.

Erwan Castel

L'OTAN persiste et signe !

"L'OTAN ne fera jamais de compromis avec la Russie 
sur le droit de l'Ukraine de "choisir sa propre voie" 
Jens Stoltenberg, secrétaire généra de l'OTAN.

Dans un entretien du 18 décembre à un média français, Soltenberg, le secrétaire général de l'OTAN, au sujet de l'élargissement de l'alliance, a persisté dans ses déclarations fermes et vis à vis de la Russie.

Répondant à ce positionnement belliqueux et sourd à toute discussion, le ministre russe de la défense a suggéré dans une analyse logique qu'il a eu du mal à maintenir dans sa courtoisie habituelle que Stoltenberg outrepassait sa fonction dans un abus d'autorité et lui a suggéré de démissionner 

Factuellement dans la crise ukrainienne, l'OTAN, qui aurait du être le principal bénéficiaire du Maïdan si le peuple de Crimée n'avait pas décidé de revenir en Russie et de maintenir ainsi la flotte russe de la Mer Noire à Sébastopol, est le fer de lance du soutien mondialiste à la junte de Kiev, et je n'en veux pour preuve que la reconversion du prédécesseur de Stoltenberg à sa direction, un certain Rasmussen qui s'est retrouvé en octobre 2014... conseiller personnel du président ukrainien Porochenko ! 

Alors que la Russie, en bon "partenaire" respectant les règle du jeu international envoie des propositions diplomatiques à Washington pour discuter de la problématique OTAN, cette dernière persiste et signe, sous les applaudissements des faucons mondialistes.

Certains diront comme en 2014, que "la Russie gagne du temps" pour mieux se préparer à l'affrontement inévitable... peut-être... mais à force de reculer on finit par capituler ou tomber tout seul. Et surtout que dans la tactique du gain de temps, l'histoire récente des conflits asymétriques nous a appris que les services étasuniens comme les "ONG" Soros profitent toujours des pauses diplomatiques pour fomenter des coups tordus de type false flag.

Dans un article du 20 décembre Karine Bechet Golovko analyste pro-russe mais libre de tout syndrome propagandiste ou idéologique (contrairement aux larbins Moreau et Néant par exemple qui ne sont que les pendants des Benoit Vitkine et Galia Ackerman pro-ukrops), revient sur l'apparente naïveté de la diplomatie russe encore et toujours prête à faire confiance à d'éventuelles promesses occidentales.

Cette analyse sans ambages, confirme ce que j'ai encore récemment exprimé ici ("Une seule garantie face à l'OTAN : occuper le terrain"), aucune confiance ne peut être accordée à des responsables occidentaux conditionnés par 2000 années de manichéisme judéo-chrétien aujourd'hui mis au service du marché mondial, cette dernière phase du libéralisme capitaliste conduisant à la marchandisation du monde et l'asservissement des peuples. 

La seule diplomatie que comprend l'Occident, c'est celle des armes, qui a triomphé de son vampirisme en Syrie et dans le Donbass, ou celle de l'occupation du terrain par un adversaire qui lui est mortel.

Et le Monde ne reviendra sur le chemin de la Paix que lorsque l'Europe se sera libérée de cet Occident qui après l'a soumis a un universalisme idéologique intolérant et violent, religieux, économique, politique et aujourd'hui systémique. Avec l'aide de la Russie les peuples d'Europe peuvent ce libérer de leurs carcans étatiques qui aujourd'hui sont les fers d'un mondialisme esclavagiste pour lequel ils doivent travailler et se battre pour consommer et se consumer.

En attendant, si Washington ne désavoue son va t-en guerre comme l'a suggèré le ministre russe Lavrov espérant sa démission, cela confirmera bien que "qui ne dit mot consent !"

Erwan Castel

Source de l'article : Russie Politics 

L'OTAN rejette le principe de toute négociation avec la Russie : 
le temps de la diplomatie prend fin


Par Karine Bechet Golovko

"Alors que les Etats-Unis avaient un certain temps envisagé une conférence OTAN-Russie, que Peskov déclare sur tous les tons que les rapports entre Biden et Poutine sont respectueux et qu'ils envisagent une rencontre en réel, Stoltenberg rejette cette conférence et Biden oublie ses déclarations passées. Toute négociation concernant un non-élargissement de l'OTAN vers l'Est est catégoriquement exclu, l'on voit à quel point la conversation Poutine-Biden a été fructueuse. Comme le déclare Stoltenberg, "Comment voulez-vous négocier quoi que ce soit dans ce contexte?". Le "contexte" est celui de la fameuse "agression russe en Ukraine". Manifestement, l'OTAN attend la reddition de la Russie pour entamer des "négociations". L'on ne peut pas faire de la diplomatie, quand votre interlocuteur refuse le dialogue.

L'impasse des relations entre l'OTAN et la Russie n'a rien de surprenant. Le rapport des forces consécutif à la Seconde Guerre mondiale a changé, la Russie n'est pas l'URSS et elle a du mal à défendre son héritage, incompatible avec le cours décidé de l'intégration dans la globalisation économique. Les répétions successives rappelant que la Russie ne veut pas intervenir en Ukraine sont interprétées en Occident comme de la faiblesse et non pas de la sagesse ; le suivisme russe dans la furie covidienne affaiblit le pouvoir à l'intérieur du pays. Dans ce contexte, les tenailles peuvent être resserrées sur le pays, ce qui se passe actuellement, notamment en utilisant l'Ukraine.

Assez étrangement, alors que la Russie n'est objectivement pas en position de pouvoir imposer ses "lignes rouges", par ailleurs manquant de clarté, Poutine a insisté et finalement proposé un accord à Biden concernant l'OTAN, dans lequel celui-ci devait volontairement, de bonne volonté, restreindre sa puissance et accepter, sans très bien savoir pourquoi, de ne pas se développer à l'Est, vers la Géorgie et l'Ukraine. Autrement dit, alors que la tension est extrême en ce moment, la Russie proposait à l'OTAN une pause, un certain équilibre. Le temps passe et manifestement certains oublient ce qui a précédé Yalta et qui l'a rendu possible.

Comme si l'OTAN et le monde globaliste avaient intérêt à s'arrêter dans leur conquête, comme s'ils le pouvaient encore, même si certaines voix restent dubitatives, face à cette fuite en avant de l'autoritarisme globaliste.

Dans une interview donné au journal français le JDD, la France étant la fille aînée de l'Atlantisme, Stoltenberg, le Secrétaire général de l'OTAN, oppose une fin de non-recevoir sans appel à la Russie : alors que la Russie amasse des forces armées aux frontières ukrainiennes, organiser une conférence OTAN - Russie, alors que les diplomates russes n'ont plus mis les pieds à l'OTAN depuis des années, serait un pas en arrière, inacceptable dans "ce contexte".

Le contexte, très concrètement, concerne le soutien russe aux populations du Donbass et le rattachement de la Crimée.  Mais cela n'empêche pas la Russie de devoir être plus transparente dans les mouvements de déplacement de ses troupes sur son territoire, dans l'organisation de manœuvres militaires ... L'OTAN accepte donc toutes les concessions que la Russie est prête à prendre pour "améliorer" les relations, mais refuse de prendre le moindre engagement. 

L'on peut également interpréter ces déclarations comme un appel de la Russie à accepter la reddition, puisque la restauration de relations "normalisées" avec l'OTAN, in fine, n'aura lieu qu'à cette seule condition. L'OTAN n'acceptant que la soumission, c'est sa vision de la normalité. Concrètement, en filigrane, l'on comprend qu'il s'agit d'un abandon par la Russie des populations du Donbass, d'un abandon de la Crimée. Avant que d'autres exigences ne voient le jour.

Ce jusqu'au boutisme de l'OTAN, soutenu par Biden, n'est pas du goût de tous. Par exemple, le ministre britannique de la Défense a déclaré sa très forte réticence à l'envoie de forces militaires en Ukraine, dans le cas d'une agression russe, puisque l'Ukraine n'est pas membre de l'OTAN. Selon lui, il ne faut pas se bercer d'illusions :

  • ‘It’s a fact it’s not a member of Nato, so it is highly unlikely that anyone is going to send troops into Ukraine to challenge Russia… We shouldn’t kid people on that we would.’

Il est urgent pour la stabilité du Continent européen, que la Russie ait un discours beaucoup plus ferme et suspende sa cherche de contact, cette course inutile aux négociations, qui ne mènent à rien pour l'instant. Si la fermeté n'est pas l'agressivité, elle doit en revanche permettre de restaurer le respect qui s'impose entre Etats et qui fait grandement défaut aujourd'hui."

Karine Bechet Golovko

mercredi 22 décembre 2021

Un nouveau rideau de fer s'abat sur l'Europe

 "Nous n'avons nulle part où reculer davantage !"

Vladimir V. Poutine, Président de la Fédération de Russie

Le conflit du Donbass ne peut pas être abordé sans le mesurer à l'aune des enjeux et des menaces que représente cette région stratégique de la Mer Noire dont la pierre angulaire est Sébastopol en Crimée où la flotte russe et sa base jouent le rôle vital de la sentinelle Sud du flanc occidental de la Fédération de Russie, et qui sans nul doute était un objectif majeur du coup d'Etat du Maidan de 2014 qui in fine s'est révélé être un acte politique de l'OTAN, bien plus qu'une "révolution de la dignité" du peuple ukrainien.

Depuis 7 ans, si le rattachement de la Crimée a été stabilisé (mais non acté internationalement), dans le Donbass, le conflit entre les forces ukrainiennes et les populations séparatistes du Donbass est entretenu par les ukro-atlantistes pour maintenir actives les revendications de l'OTAN sur la région (contrôle de la Mer Noire, militarisation des frontières russo-ukrainiennes, et à moyen terme, intégration de l'Ukraine dans l'alliance et installations de bases stratégiques étasuniennes près de la Russie).

Après avoir dans un premier temps ravi des griffes de l'OTAN la proie criméenne du coup d'Etat du Maïdan - et en s'appuyant sur la volonté légitime de sa population à revenir en Russie - le Kremlin a réussi avec succès 

  • à encaisser les vagues des représailles économiques occidentales contre la Fédération,
  • à soutenir sans y intervenir militairement les républiques séparatistes du Donbass.
Cependant, force est de constater et contrairement aux sempiternelles prédictions simplistes des Moreau, Néant et autres manichéistes de la propagandistes manichéistes prétendument "pro-russes" que l'Ukraine, d'une part ne s'est pas effondrée car son enjeu stratégique est tel que les occidentaux lui maintiendront toujours coûte que coûte la tête hors de l'eau, et que d'autre part l'OTAN, poursuit et même accélère sans vergogne sa militarisation d'une Ukraine qui pourtant n'est pas membre de l'alliance.

Aussi Moscou, après avoir joué pendant 7 ans la carte diplomatique d'accords de Minsk systématiquement saboté en réunion et bafoués sur le front par Kiev, a été obligé de radicaliser ses positions pendant cette année 2021 et d'engager une nouvelle stratégie de défense de ses intérêts et des populations du Donbass, plus que jamais menacés par les actions agressives des ukro-atlantistes.

Et le ton tout comme le style des responsables russes ont visiblement changé, tandis que pour la deuxième fois cette année, leurs forces armées exécutent des mouvements vers les frontières ukrainiennes pour dissuader Kiev de lancer une offensive contre les populations des républiques de Donetsk et Lugansk (où vivent déjà près d'un million de citoyens naturalisés russes).

Après le temps initial des palabres diplomatiques courtois et patients confiés surtout aux responsables du Ministère russe des affaires étrangères, cette année, le président russe a rappelé fermement et plusieurs fois la nécessité de respecter un glacis sécuritaire devant les frontières occidentales russes dans lequel aucune base de l'OTAN ne saurait être tolérée. 
Mais les ukro-atlantistes, non seulement ont méprisé les demandes légitimes de la Russie qui correspondent en réalité à un engagement étasunien de 1990 aussitôt trahi quelques années plus tard (comme les suivants), mais ont renforcé drastiquement leur militarisation de l'Ukraine et leurs soutiens aux provocations criminelles de Kiev dans le Donbass. 

Aussi observe t-on aujourd'hui dans l'aggravation majeure en cours sur les fronts du Donbass et des relations internationales Est/Ouest, un changement radical de style dans les déclarations de Moscou auxquelles participent de plus en plus les hauts responsables russes.

Ainsi, à l'occasion de la réunion annuelle du Collegium du Ministère russe de la Défense, la situation internationale et la guerre dans le Donbass ont dominé les présentations des bilans des programmes militaires en cours. Ici Vladimir Poutine, même s'il continue cordialement à les appeler "partenaires" dénonce clairement et sans ambages la responsabilité des occidentaux dans l'exacerbation des tensions internationales qui se cristallisent essentiellement autour de l'Ukraine, tandis que le Sergeï Choigou, le ministre de la défense illustre ensuite ces propos par des exemples récents et concrets observés dans le Donbass : 

21 déc. session finale de la réunion annuelle du Collegium
russe de la Défense, Vladimir Poutine et Sergeï Choigou

Entre autres déclarations du Président russe Vladimir V. Poutine : 

  • A 6', VVP dénonce la menace d'une avancée de l'OTAN en Ukraine, 
  • A 7' 30 VVP dénonce les retraits par les occidentaux des traités internationaux, 
  • A 8'30 VVP rappelle les relations amicales ayant existé entre OTAN et Russie mais constate aussi que depuis, les occidentaux sont sortis des traités de désarmement, soutiennent les séparatismes islamistes du Caucase et poursuivre l'extension de l'OTAN,
  • A 10 ' VVP rappelle le droit souverain de la Russie d'assurer sa sécurité nationale à ses frontières,
  • A 11'35, VVP dénonce le "2 poids 2 mesures" des occidentaux concernant la définition et l'application du droit international,
  • A 12' 30 VVP rappelle les missions prioritaires du programme de défense pour l'horizon. 

Suit le rapport de Sergeï Choigou, ministre russe de la défense.

Sergeï Choîgou, dans son introduction au rapport annuel de la défense, confirme sur le plan militaire les menaces organisées par l'avancée de l'OTAN vers l'Est :

  • A 18'50 SC constate le déploiement de 8000 soldats étasuniens à portée des frontières occidentales de la Russie (lesquelles je le rappelle n'ont pas de profondeur stratégique protégeant les grands centres névralgiques de la Fédération), ainsi que la restauration en Allemagne du commandement opérationnel de l'OTAN,
  • A 19'20 SC relève la création d'une brigade stratégique de l'OTAN disposant de plusieurs systèmes de missiles de frappe, ainsi que de l'achèvement des bases de missiles de officiellement "anti missiles" en Pologne (après celles de Roumanie),
  • A 20'20 SC observe l'augmentation des exercices de l'OTAN sur les frontières occidentales russes avec des simulations d'attaque sur la Russie de bombardiers stratégiques porteurs d'armes nucléaires. Cette année, le volume des missions aériennes de l'OTAN sur les frontières de la Fédération de Russie a été doublé.
  • A 20'30 SC évoque la préoccupation de l'Etat Major russe de voir se réaliser sur ses frontières des exercices de l'OTAN avec des forces de pays qui n'en font pas partie comme la Géorgie, l'Ukraine ou la Moldavie, dans un contexte de tension militaire croissante initiée par Kiev dans le Donbass.
  • A 21'08 SC confirme l'aménagement militaire durable atlantiste de l'Ukraine sous couvert de ces exercices continuels de l'Alliance sur son territoire avec des livraisons d'armes létales (missiles antichars et drones notamment) de plus en plus importantes,
  • A 21' 28 SC rapporte l'observation par le renseignement militaire de Sociétés militaires privées étasuniennes en Ukraine qui sont déployées près des républiques du Donbass pour entrainer les forces ukrainiennes à des provocations.
  • A 21'52 SC relie la présence de ces mercenaires occidentaux à l'arrivée de stocks d'agents chimiques sur le front, dans le secteur d'Avdeevka,
Concernant la situation aux frontières russes, Sergeï Choigou note que les continuelles provocations ukrainiennes sur le front du Donbass menace la s"curité collective des états de la région.

A l'issue du rapport annuel des activités de défense du ministre, le président russe Vladimir Poutine reprend la parole en conclusion et enfonce le clou concernant la situation internationale qui est des plus préoccupantes 

  • A 52'30 Dans sa conclusion VVP rappelle pour mémoires les actions agressives illégales des occidentaux qui détruisent des pays et déstabilisant la sécurité internationale : Yougoslavie, Irak, Syrie...  précisant que la situation en En Ukraine est beaucoup plus grave car ici, les actions de l'OTAN ne se réalisent pas à des milliers de kilomètres mais aux portes de la Russie. Sous la couverture ukrainienne les USA arment des extrémistes contre la Russie. Les propositions ont été transmises à Washington et ses réponses rapides sont attendues avec des garanties claires.
  • Mais VVP de conclure avec réalisme que les occidentaux risquent encore, comme d'habitude de chercher à gagner du temps, puis si un accord est conclu de le trahir par la suite.
Aussi la Russie, bien que ne voulant pas d'escalade militaire avec l'OTAN est déterminée à s'y préparer car comme l'a rappeler le président russe : "Nous n'avons nulle part où reculer davantage !"

Référence You tube des interventions : ici 

Au lendemain de la session finale du collegium russe de la Défense, le 22 décembre, Sergeï Lavrov le ministre russe des Affaires Etrangères a convoqué à Moscou un entretien presse exclusif pour faire le point sur les propositions russes concernant la sécurité collective à ses frontières occidentales.

Lavrov a rappelé que le dialogue avec les USA étant maintenu la Russie espère que les occidentaux accepteront un accord avec des garanties juridiques et surtout qu'ils le respecteront...

Erwan Castel

mardi 21 décembre 2021

Quelque chose se prépare

Lance grenades automatique AGS 17 (30mm), en service de chaque côté du front du Donbass

"Les actions de l'Ukraine et d'autres pays ont atteint un point qui 
oblige la Fédération de Russie à prendre des mesures radicales"

Andrey Rudenko vice-ministre russe des Affaires étrangères

Depuis 2 semaines environ, les bombardements ukrainiens ont sensiblement diminué sur le front pour laisser l'avant scène aux chutes de neige. Pourtant on ne pas évoquer pour autant une désescalade, bien au contraire car les préparatifs offensifs de l'armée ukrainienne sont toujours en cours ainsi que de multiples provocations réalisées sur le front par leurs armes de premier échelon, leurs drones de frappe tactiques et leurs snipers qui continuent à tuer et blesser des défenseurs républicains.

Quelques exemples parmi les provocations ukrainiennes des derniers jours :

Le 17 décembre

  • A 15h20, bombardement ukrainien par drone tactique sur la caserne de la 43ème unité de pompiers de Gomoisky (Nord-Est Gorlivka), provoquant des dégâts matériels. 

Le 18 décembre :

  • A 11h25, bombardement ukrainien au mortier du village minier de Gagarine (Ouest Gorlovka) depuis les positions de Dzerjinsk.  8 obus de 82mm tirés. 
  • A 16h30, bombardement ukrainien de Kalinovo depuis les positions de Troitskoe. 6 obus de 73mm (SPG 9): 1soldat de la milice populaire de Lugansk a été tué et un autre a été blessé. La milice a répondu immédiatement aux tirs ukrainiens provoquant 2 tués et un blessé chez l'ennemi.
Ce même front de Svletlodarsk (Nord-Est Gorlovka) 
vidéo sous le feu de mortiers de 120mm ukrainiens
Le 20 décembre :
  • A 15h35, bombardement ukrainien de Bayrak (Nord Est Gorlavka) depuis les positions de Novoluganskoe. 29 grenades AGS tirées.
Mortiers de 120mm ukrainiens en action dans le Donbass

Le 21 décembre :
  • A 12h57, bombardement ukrainien au mortier lourd du village d'Aleksandrovka (Sud de Donetsk) depuis des positions situées à Marinka. 20 obus de 120mm tirés.


La confrontation politico-militaire Est-Ouest se radicalise 


Si le front militaire vit depuis quelques jours une accalmie relative (jusqu'au bombardement d'Aleksandrovka d'aujourd'hui), en revanche sur le front diplomatique, les échanges entre les Washington et Moscou se font désormais à couteaux tirés, notamment au sujet de l'extension de l'OTAN vers les frontières russes pour lequel les occidentaux refusent de considérer les inquiétudes russes comme légitimes, piétinant les principes souverains de sécurité internationale dans les "zones d'influence", qu'ils ont pourtant souvent imposé au Kremlin comme par exemple lors de la crise des missiles de Cuba (et qui sont d'autant plus vifs aujourd'hui avec l'amélioration des portées et vitesses des armements stratégiques). 

La position de l'OTAN est à ce titre très significative et semble même imposer un alignement servile et zélé des gouvernements occidentaux. Ainsi le secrétaire générale de l'Alliance a t- il déclaré:
  • "L'OTAN ne fera jamais de compromis avec la Russie sur le droit de l'Ukraine de "choisir sa propre voie" Jens Stoltenberg, secrétaire généra de l'OTAN.
Et cette extension agressive de l'OTAN vers les frontières de la Fédération de Russie, laquelle est définie dans les sommets annuels de l'Alliance comme l'ennemi principal, est soutenue d'une même voix par les responsables occidentaux qui campent sur la position de Washington et parfois dans une rhétorique encore plus agressive que celle de l'alliance qui est devenue sa force d'occupation militaro-politique de l'Europe. Par exemple:

"Nous devons clairement dire à la Russie qu'elle n'a pas le droit de dire aux partenaires de l'OTAN comment ils doivent se comporter"a déclaré Christina Lambrecht, la ministre allemande de la Défense lors d'une visite en Lituanie.



Washington veut protéger l'agression ukrainienne

Et dans ce jeu d'allumettes au dessus d'un baril de poudre des diplomaties occidentales, Washington cherche de toute évidence à la fois :
  • à encourager Kiev d'intervenir dans le Donbass, en réaffirmant son soutien politique, économique et logistique inconditionnel qui reste inscrit dans un processus ouvert d'intégration à l'OTAN, sans toutefois militairement s'engager directement sur le front d'un éventuel conflit russo-ukrainien.
  • à dissuader Moscou d'intervenir en Ukraine pour défendre les populations du Donbass, en agitant au dessus de la Russie des nouvelles sanctions économiques et diplomatiques qui seront selon les dires d'un responsable de la Maison Blanche "écrasantes, immédiates et entraîneront des coûts importants pour l'économie et le système financier russes"
Une fois encore les USA jouent ce jeu cynique qui consiste à pousser les ukrainiens, par leurs soutiens et leurs promesses, sur le chemin de la guerre contre la Russie pour pouvoir déclencher de nouvelles sanctions contre Moscou, mais tout en restant à distance pour ne pas que les occidentaux soient en première ligne...

Du côté de la Russie

Tandis qu'à Moscou, le ton se durcit autour de la sécurité des populations du Donbass et de l'implication de l'OTAN en Ukraine, sur le terrain, l'Etat major russe poursuit inlassablement le déploiement d'unités de combat, de logistique ou de guerre électronique vers les frontières avec l'Ukraine et le Donbass (voir sur ce sujet les articles précédents comme ici)

19 décembre en gare de Klintsy (région de Briansk) est arrivée un autre convoi ferroviaire russe
avec du matériel militaire divers. Parmi les véhicules de combat d'infanterie et les chars on peut 
observer des camions logistiques couverts, des engins du génie comme des ponts mécanisés lourds 
TMM-3, EOV-4421, un convoyeur à chenilles PTS-4, un lance-roquettes automoteur UR-77 "Meteorite", un IMR- Débroussailleuse 3M, des camions-grues et plusieurs BMP-2K.


Il est probable que le positionnement de Moscou concernant l'Ukraine et la menace de l'OTAN fera l'objet d'une présentation publique de ses exigences en matière de sécurité nationale étendue à sa zone d'influence pontique pour garantir à ses centres névralgiques une profondeur stratégique et soutien humanitaire; ainsi qu'un ultimatum à Kiev concernant ses violations criminelles permanentes à l'encontre des populations civiles du Donbass.

Alors que la neige étend son manteau glacial sur le Donbass, l'Hiver menace plutôt de devenir brûlant et ce dans les quatre prochaines semaines, qui sont le délai que l'administration de la Maison Blanche s'est donné pour forcer la Russie, par la menace économique, de renoncer à ses positions en Ukraine concernant l'OTAN, le Donbass et bien sûr la Crimée dont le rattachement référendaire de 2014 n'a toujours pas été digéré par les faucons mondialistes.

Erwan Castel