lundi 8 août 2022

Le point d'appui ukrainien de Peski est détruit

Pendant 8 années les forces ukrainiennes ont affronté les milices républicaines sur 480 kilomètres de réseaux de tranchées et de casemates dignes de la 1ère guerre mondiale, et l'omniprésence de chaque côté du front d'une artillerie héritée de la puissance soviétique a poussé les belligérants à fortifier en permanence leurs positions car, à Donetsk aujourd'hui comme à Verdun hier, "la sueur épargne le sang".

Dans le Donbass, si le front ukrainien au Sud est tombé après les libérations de Volnovakha et de Marioupol et au Nord, et a reculé au delà du territoire de la République Populaire de Lougansk après celles de Popasnaya, Severodonetsk et Lisichansk, il reste encore de nombreux bastions kiéviens sur le front et particulièrement sur ce front central, entre Donetsk et Gorlovka où se trouve les défenses ukrainiennes les plus solides car bénéficiant d'un réseau dense de localités industrielles propices aux défenses urbaines et directement au contact des deux cités les plus importantes ayant formé la République Populaire de Donetsk.

Ce front ukrainien entre Donetsk et Gorlovka est âprement défendu par un corps de bataille qui, bien qu'amoindri par plus de 5 mois d'offensives russo-républicaines, peut encore opposer une résistance désespérée mais efficace grâce à ce réseau de fortifications rendant très difficile et coûteux un assaut frontal. Cette résistance ukrainienne, qui de toute manière est vouée à l'échec face à la puissance de l'artillerie russe et à la bravoure de l'infanterie républicaine, pourrait même être qualifiée d' "honorable" si elle ne s'accompagnait pas de campagnes de bombardements terroristes génocidaires de plus en plus abjectes comme les récents minages des zones résidentielles de Donetsk et ses environs (voir les articles précédents ici, ici et ). Par ses crimes de guerre répétés l'armée ukrainienne s'est définitivement exclue du respect que tout soldat, même ennemi, peut recevoir de la part de son adversaire.

Tout d'abord, quelques rappels tactiques

Lorsqu'on évoque une ligne de front il serait plus juste de mettre se terme au pluriel car elle est constatée en réalité de plusieurs lignes de front articulées dans la profondeur du champ de bataille depuis les postes d'observation tactique silencieux au contact de l'adversaire et les points d'appui de la première ligne jusqu'aux camps retranchés de la troisième ligne d'où l'artillerie lourde mène sa stratégie d'attrition, en passant par les bastions de la deuxième ligne où se trouvent les forces de combat les plus importantes. 

Et ce schéma simpliste varie selon que le dispositif général est offensif ou défensif. Dans le cas d'un dispositif offensif il y a une plus grande concentration d'unités de combat vers l'avant, dans le cas d'un dispositif défensif son potentiel de combat pour une contre attaque éventuelle est plutôt organisé dans la profondeur derrière des unités de freinage et devant une artillerie de barrage. 

Depuis le début des opérations militaires russes en Ukraine, l'Etat major kiévien dans le Donbass est passé d'une dispositif offensif qui s'apprêtait à attaquer début mars les républiques irrédentistes de Donetsk et Lougansk à un dispositif défensif s'appuyant sur différents bastions renforcés depuis 5 mois. Voyons ici le secteur particulier de Donetsk :

Situation générale sur le front de Donetsk au 5 août 2022

Depuis début août, motivées par les bombardements meurtriers ukrainiens, les forces républicaines avec les appuis russes ont engagé de nouveaux assauts contre les positions ennemies enserrant Donetsk, Makeevka et Yasinovataya. 

Sur ce secteur de front d'environ 40 km de long, les forces ukrainiennes ont articulé leur ligne de défense autour de 2 bastions principaux : Avdeevka au Nord et Marinka au Sud et 1 bastion secondaire mais central : Krasnogorovka, à l'Ouest de Donetsk.

Avdeevka est le plus important de ces points d'appui et le mieux défendu car il bénéficie d'une part d'un milieu urbain industriel solide et disposant d'en réseau d'abris souterrains datant de la guerre froide, et d'autre part d'une ceinture de points d'appui retranchés et minés assurant une première ligne de défense extérieure fortifiée depuis 8 ans. 

Face au front républicain, ces points d'appui ukrainiens sont du Nord au Sud: Kamianka, la zone industrielle Promka, Opitnoe, Vodyane et Peski, cette dernière position étant directement au contact des districts urbains de Kuybishevsky et Kievsky, sur la périphérie occidentale de la zone aéroportuaire dans le Nord de Donetsk (quartiers Oktyabrsky, Veseloe, Volvo center).

Le secteur de Peski est défendu par le 21e bataillon de la 56ème Brigade mécanisée ukrainienne, renforcé par des unités d'artillerie et quelques groupes de nationalistes et spécialistes comme des snipers ou des sapeurs de combat.

Rappel : 

Peski est un petit village en périphérie de Donetsk où vivaient avant la guerre 2000 habitants. Situé sur un léger promontoire surplombant la ville, il est parsemé de petits étangs et traversé par la route E 50 qui rejoint Krasnoarmeïsk appelé Pokrovsk depuis le Maïdan (50km) et sur le Dniepr, Dnipropetrovsk (220km) 
  • Pendant les premiers combats de l'été 2014, Peski est le théâtre de violent affrontements entre les milices et les unités nationalistes ukrainiennes, notamment le bataillon spécial néo-nazi "Dnipro" qui finira par l'occuper le 21 juillet 2014. Depuis les forces ukrainiennes ont fortifié Peski et tous les autres villages environnants le Nord de l'aéroport de Donetsk.
  • Lors de la bataille pour le contrôle de l'aéroport de Donetsk pendant l'hiver 2014-2015, les milices républicaines de Donetsk autour des bataillons Sparta commandé par "Motorola" et Somali commandé par "Givi" vont conquérir de haute lutte la zone aéroportuaire du nouveau terminal, tandis qu'à l'Ouest, les forces ukrainiennes s'accrochent au village de Peski, malgré les ordres de repli qui leur sont initialement donnés.
  • Depuis 8 ans à partir de Peski les forces ukrainiennes vont continuer à affronter les les milices défendant les quartiers Nord de Donetsk, et bombarder les populations civiles des leurs zones résidentielles. A Peski comme sur les autres points d'appui extérieurs du bastion d'Avdeevka, la population a quitté le village qui n'est plus qu'un champ de ruines où n'ont jamais cessé les échanges de tirs.
Aujourd'hui :

Devant l'augmentation intense des bombardements terroristes sur Donetsk, les forces alliées ont engagé au début de ce mois d'août un assaut terrestre destiné à détruire ce point d'appui important qui forme un bouclier derrière lequel dans un rayon de 20 km environ peuvent opérer les unités d'artillerie ukrainiennes. 

Les combats menant à la libération de Peski ont été précédé de puissantes campagnes de bombardements menées avec tout l'arsenal disponible (Lance Roquette Multiples "Grad" "Uragan" "Smerch" "TOS", obusiers de 122 et 152mm aviation d'attaque au sol...) qui ont détruit nombre de positions enterrées, champs de mines et provoqué des pertes importantes parmi les ukrainiens, en assommant les survivants.


Il est difficile d'imaginer le niveau apocalyptique des frappes de l'artillerie russe préparant les assauts terrestres. Chaque position ukrainienne est bombardée par des tonnes d'obus, entre 300 et 500 munitions et parfois plusieurs fois par jour, qui en plus des pertes importantes occasionnées détruisent en profondeur les casemates enterrées, explosent un par un les dépôts de munitions et les champs de mines...


Malgré ce rouleau compresseur dantesque, les unités d'infanterie montant à l'assaut ont du engager des combats difficiles pour libérer Peski, progressant rue après rue, maison après maison et gagnant le terrain parfois au prix de corps à corps meurtriers. De leur côté, les forces ukrainiennes ont subi des pertes très importantes qui les ont obligé de reculer de l'autre côté d'une ligne de petits étangs traversant le secteur tandis que leur artillerie et blindés commençaient leur repli plus au Nord, vers Vodyane et Pervomaïkoe. 


Les forces alliées, principalement des unités d'assaut du 11e régiment républicain ("brigade Vostok) et du 1er bataillon de chars (bataillon Somali) progressent sous les appuis feu de l'artillerie des brigades Kalmius et Korsa ainsi que de l'artillerie et l'aviation d'attaque au sol russes.
"C'est juste l'enfer là bas" a déclaré Zelensky
en évoquant les combats autour de Avdeevka
Ici un "barrage de feu" russe sur des positions
ukrainiennes à Marinka, Sud-Ouest de Donetsk

Si le village de Peski est déclaré libéré depuis de 6 août, il y a cependant quelques uns de ses quartiers périphériques en direction de Vodiane au Nord et Pervomaïske au Nord-Ouest soient encore tenues par des dernières unités ukrainiennes couvrant leur repli vers la ligne d'eau formée par les étangs de Pervomaïske, Vodiane et Opitnoe, et sur laquelle va probablement se stabiliser la nouvelle ligne de défense ukrainienne... jusqu'au prochain assaut des forces alliés.

Ici la destruction d'une position ukrainienne 
située entre l'étang de Peskovkyi et l'église du
monastère de Svyato-Iverskogo Zhinochyy. Tir
d'obusier effectué au début du mois d'août.

Sur cette autre angle du bombardement russe, 
on observe la précision du tir et contrairement 
aux allégations ukro-atlantistes qui prétendent 
que c'est l'église du monastère qui a été touchée

Ces dernières résistances ukrainiennes dans Peski se sont regroupées dans le secteur des immeubles les plus hauts du village et surtout derrière une ligne d'eau longue d'environ 1 kilomètres et coupée uniquement par 2 passages (un passage terrestre et une passerelle) formant une barrière naturelle aux progressions alliées. Plusieurs renseignements précisent que des unités ukrainiennes, principalement appuis feu et des compagnies appartenant au 21e bataillon de la 56e brigade ukrainienne, durement amoindries par les bombardements et les combats,  se sont repliées vers le Nord tandis que des unités de conscrits et mobilisés mal formées et mal équipées auraient été envoyées pour les remplacer (à confirmer). 

A Peski, les forces ukrainiennes ont subi de lourdes pertes
sous les bombardements et les assauts de l'infanterie. Ici des
soldats ukrainiens ayant été surpris par un bombardement.

Sur le terrain de Peski, devenu lunaire à force bombardements, les forces alliées ont trouvé au milieu des ruines des dizaines de cadavres, des centaines d'armes et des milliers de munitions abandonnées dans la fuite des unités ukrainiennes. Parmi les trophées des documents très intéressants ont été trouvés comme la carte des champs de mines du secteur ou très important comme un cahier de service de l'artillerie ukrainienne portant les identités des assassins qui bombardent et minent les populations civiles de Donetsk depuis des années.et qui bientôt seront convoqués devant la justice des dieux ou des hommes libres.

Obusier étasunien de 155mm M777 devant Donetsk 

A partir de leurs dernières positions au Nord des étangs du village, les ukrainiens tentent de freiner les forces alliées progressant vers Pervomaïske, car la conquête de ce village situé au Nord Ouest de Peski mettrait sous le contrôle opératif des appuis feux républicains la dernière route principale d'approvisionnement logistique du bastion d'Avdeevka. Parmi les moyens utilisés par les ukrainiens on peut observer la présence toujours importante de drones d'observation modifiés pour larguer des munitions explosives :

Près de l'église du monastère vue sur les
vidéos précédentes, un drone ukrainien
largue une munition sur un groupe allié en
train de faire une évacuation sanitaire.

Situation des combats de Peski au 7 août 2022

Au 7 août, tandis que les bombardements alliés poursuivent la destruction méthodique de toutes les positions ukrainiennes du secteur, et au sol un contournement offensif des 2 étangs a été amorcé à l'Ouest via la route E 50 et à l'Est via la rue Naberezhnaya menant au centre du village. 

Les ukrainiens ont dépêché vers les quartiers Nord de Peski des unités de renfort, venant principalement des 56e brigade mécanisée et 110e brigade territoriale tandis que d'autres unités renforcent le longs des étangs la ligne de défense allant de Opitnoe à Pervomaïske sur laquelle des unités d'artillerie de 1er échelon ont été positionnées.

Le 7 août, Denis Pushilin, président de la RPD
est venu féliciter ses combattants pour la percée
 des défenses ukrainiennes réalisée à Peski, sur la
position conquise "Bychatnik" du 21ème bataillon.

La libération totale de Peski devrait être achevée d'ici quelques jours, sauf en cas d'une contre attaque ukrainienne ce qui reste improbable car c'est l'ensemble des unités de Kiev déployées devant Donetsk sont aussi soumises depuis 10 jours aux mêmes bombardements et assauts terrestres intenses. Cela dit je pense qu'annoncer la libération de Peski, comme on l'entend depuis 2 jours sur la plupart des réseaux propagandistes pro-russes est non seulement  prématuré mais également stupide.


Un succès tactique important 

La libération de Peski, si elle n'est pas une grande victoire stratégique vers Avdeevka, en perçant la première ligne de défense ukrainienne entre Donetsk et Avdeevka est cependant le premier succès tactique et psychologique majeur obtenu sur ce front particulier de Donetsk depuis 8 ans. Cette percée a pu être obtenu grâce à l'appui massif de l'artillerie et la vaillance des unités de mêlée qui sont montées à l'assaut des bunkers ennemis.

Sur cette carte on peut voir l'assaut initial sur Peski, 
réalisé pendant les premiers jours d'août. Si l'attaque 
au Nord a été repoussée, celle au Sud a réussi à percer
les lignes de défense méridionales du village puis avant
d'avancer vers l'Ouest et le monastère par la route E50. 

Contrairement à son bouffon propagandiste Arestovitch qui déclare qu'à Peski "les forces ukrainiennes ne reculent pas mais opèrent une "défense mobile" victorieuse", le président ukrainien Zelensky, dépité, a du reconnaître la réalité du rouleau compresseur russe et la défaite continue de ses forces armées. 

"Pourtant, nous sommes incapables de briser l'avantage de l'armée russe en artillerie et en effectifs, et cela se ressent beaucoup dans les combats, en particulier dans le Donbass. Peski, Avdeevka, autres directions. C'est juste l'enfer là-bas. Il ne peut pas être décrit avec des mots." Volodymir Zelensky le 4 août 2022

Sur le terrain cette percée de Peski a pour conséquences tactiques : 

  • De détruire un réseau de fortifications ukrainiennes qui appuyait sur les défenses de Donetsk, et notamment sur le secteur de l'aéroport,
  • D'occasionner des pertes importantes au sein des unités régulières défendant le secteur d'Avdeevka,
  • De repousser plus loin l'artillerie ukrainienne bombardant Donetsk qui était protégée et positionnée derrière Peski,
  • D'ouvrir une progression vers Pervomaïske (5 km) ce qui permettra à partir de cette localité : 

- de menacer les autres points d'appui de Vodiane puis Opinoe par le flanc, 

- de menacer avec l'artillerie la logistique du bastion d'Avdeevka,

- de contourner Avdeevka par le Sud avec jonction du contournement Nord,

- de poursuivre une offensive en direction de Krasnoarmeïsk

C'est pourquoi les opérations offensives sont élargies déjà à toutes les routes menant à Avdeevka  et qui souvent par leurs remblais et leurs ponts bétonnés offrent  dans la steppe entre les villages et les villes des lignes où les soldats peuvent accrocher et protéger leurs positions défensives.


Ici près de Peski, une autre position ukrainienne 
qui se croyait abritée sous le tablier du pont.

Géolocalisation de la vidéo du BTR ukrainien en feu.
Il s'agit du pont situé dans le Nord-Ouest de Peski, 
après le monastère, en direction de Pervomaïske.

A noter, à propos de cette bataille en cours pour le contrôle de Peski que l'artillerie ukrainienne qui est positionnée à l'Ouest d'Avdeevka, plutôt que de riposter sur les unités alliées au combat préfère poursuivre ses bombardements terroristes sur les populations civiles de Donetsk. Tirs d'obus et de roquettes sur les quartiers résidentiels ou leurs minages à distance par dissémination de milliers de mines antipersonnelles "Tulip". 

Le 7 août, au milieu des bombardements meurtriers qui ont fait 3 morts et 11 blessés 
parmi la population civile de Donetsk, les forces ukrainiennes ont à nouveau disséminé
des mines "Petal" (district de Kievsky") avec des roquettes à sous munitions, ce qui 
constitue un triple crime de guerre, et qui a même été notifié par Amnesty International.

Chaque jour des civils dont des enfants sont tués et blessés au coeur de Donetsk où pourtant il n'y a ni combat ni objectif militaire. Une nouvelle preuve de la haine russophobe et de la lâcheté occidentale qui mènent depuis 8 ans contre les populations du Donbass une guerre à caractère génocidaire.

Le 6 août une nouvelle frappe de l'artillerie ukrainienne 
détruit un bus à Donetsk tuant 3 civils et blessant 5 autres 

En conclusion

Sur le front de Donetsk, même si le plus dur reste à faire avec l'encerclement et la prise d'Avdeevka (à condition que les "ukrops" veuillent s'y maintenir coûte que coûte), une étape importante vient d'être franchie au cours de ces premières journées d'août, un peu comme lorsqu'une porte lourde finit par craquer face à la pression continuelle exercée sur elle.

A l'horizon des forces alliées menant l'assaut 
au Nord de Donetsk se profile leur objectif: le
bastion d'Avdeevka où seraient terrés près de
8000 "ukrops" (points d'appui extérieurs compris)

En plus d'un effondrement physique et moral, les forces ukrainiennes vont devoir rapidement choisir entre s'accrocher à un territoire qu'elle savent perdu et pour lequel elles subissent des pertes quotidiennes catastrophiques. 

Aujourd'hui que la victoire des peuples de Russie apparait de plus en plus nettement à l'horizon de ce conflit terrible, ayant probablement déjà fait près de 100 000 morts, l'Ukraine n'a plus que le choix d'accepter sa défaite ou de disparaître totalement.

Erwan Castel

jeudi 4 août 2022

La lâcheté contre la bravoure


Une nouvelle journée noire pour Donetsk...

Revenant de mon service, un nouveau massacre perpétré au coeur de Donetsk par les forces ukrainiennes m'empêche provisoirement de terminer un point de situation sur les combats de libération du village de Peski qui se déroulent depuis le 1er août sur les lisières Ouest de l'aéroport (Nord de Donetsk), et si j'écris cela en introduction c'est bien parce que les deux évènements sont liés, les soudards de Kiev ne pouvant opposer à la bravoure des forces alliées libérant le Donbass que leur lâcheté criminelle exacerbée par la rage de l'agonisant. Depuis 2014, sur ce modeste blog je cite régulièrement ce dicton "c'est quand un monstre se noie qu'il fait les plus grosses vagues".

Il est plus jamais d'actualité !

Pendant cette matinée du 4 août, les systèmes antiaériens de notre secteur n'ont pas arrêté de tirer leurs missiles contre des roquettes ukrainiennes volant vers Donetsk et qui, par leur saturation atteinte, ont réussi pour certaines à s'abattre au coeur de la cité au milieu des obus de 155 et 152mm qui se joignaient à leur pluie d'acier. Très rapidement  les réseaux militaires et civiles ont à leur tour été saturé par cette nouvelle attaque ukrainienne repoussant une nouvelle fois les limites de l'ignominie criminelle. 

"Korsa"

Car ces bombardements terroriste ukrainiens ont non seulement frappé à nouveau le coeur de la cité républicaine pourtant vide de tout objectif militaire, mais à l'endroit et au moment précis où se déroulait les funérailles nationales du colonel Olya Kachura indicatif "Korsa" Commendant de la division des Lances Roquettes Multiples de 122mm "Grad" de la milice républicaine. "Korsa" que j'ai eu l'honneur de rencontrer près de Yasinovataya était une femme exceptionnelle et loyale engagée sur la front depuis 8 ans, fonçant en permanence de secteur en secteur avec ses "Grad" pour renforcer et souvent sauver des situations critiques. 

Elle a été tuée par un bombardement ukrainien sur le front de Gorlovka ce 3 août 2022 et ce matin avaient lieu les funérailles de cette héroïne décorée à titre posthume des plus hautes distinctions de héros de la République et héros de la Russie. 

Peu avant 11h00 du matin, l'artillerie ukro-atlantiste a violemment bombardé le périmètre où se déroulaient les funérailles de "Korsa" :

La carte miliaire du centre ville de Donetsk au 4 aout à 12h00

Les tirs ukrainiens frappent le théâtre au moment 
précis où se déroule la cérémonie des adieux 
funéraires au colonel Olya Kachura et à laquelle 
assistaient plusieurs personnalités civiles.

Les personnes se précipitent dans les bâtiments et
passages souterrains du quartier mais d'autres sont
surpris avant, et fauchés, tués ou blessés par les tirs 
ukro atlantistes qui vont se répéter plusieurs fois.

A 200 mètres du théâtre, le "Donbass Palace" l'hôtel du 
centre de Donetsk où séjournent de nombreux reporters 
a été lui aussi touché par les bombardements qui ont tué 
1 femme devant l'hôtel se précipitant vers le souterrain.

Ailleurs d'autres quartiers de Donetsk ont été également la cible de bombardements meurtriers, comme celui de Vorochilovsky ou de minage à distance par des roquettes semant des centaines de mines antipersonnelles "Tulip"...

A 14h00, le bilan provisoire de ces nouveaux bombardement terroriste est de

8 tués dont 1 enfant et 6 blessés 

Une nouvelle journée noire pour la ville martyre de Donetsk
doublement endeuillée par la tristesse et le crime abject.

Les services d'urgence déjà en alerte et déployés en ville à cause des précédents bombardements et du minage des quartiers résidentiels par les forces ukrainiennes  interviennent très rapidement, assistés et les militaires présents sur place, et malgré les obus qui continuent de s'abattre sur le centre ville. Plusieurs vies seront ainsi sauvées mais 2  ambulanciers seront également blessés.

Ici encore l'héroïsme des secouristes de la république
qui défient jour et nuit, la mort et la peur est exemplaire 

Alors que les couards de l'OSCE ont quitté le front depuis février, les observateurs su STKK eux, continuent leur inlassable collectes d'informations et de matériels concernant les bombardements subis par les population civiles du Donbass. Arrivés sur les lieux quelques minutes après les tirs, ils relèvent les trajectoires et angles d'arrivées des obus, grâce aux impacts et gerbes des explosions, identifient les calibres utilisés grâce aux éclats, leur nombre etc... Un travail minutieux qui sera certainement versé au tribunal qui condamnera après la guerre ces ukropithèques criminels de guerre .

Devant et dans le Donbass Palace les enquêteurs
collectent des éclats d'obus de 155mm qui, au vu
de la précision du bombardement TERRORISTE ont 
certainement été tirés par des canons français CAESAR 

Ce bombardement ignominieux frappant la population civile de Donetsk n'est pas le premier ni malheureusement le dernier, et il faut même s'attendre à une augmentation de ces crimes de guerre ukro-atlantistes dans le Donbass au fur et à mesure que le corps de bataille bandériste se fera détruire par les forces alliées libérant leur territoire russe. 

En bombardant depuis 8 ans et de façon exponentielle les populations du Donbass, le régime de Kiev, mieux que n'importe quel référendum local, confirme bien par sa haine russophobe et criminelle que cette terre n'est pas sienne et appartient bien à la grande Russie.

Donetsk méritera sans rougir du titre de "ville héros" de la Russie car depuis 8 ans elle est restée debout sous les orages d'acier, malgré la peur, le sang et les larmes et je préfère ici conclure avec le souvenir de Korsa, cette femme héroïque qui incarne aujourd'hui ce peuple d'Europe en marche pour sa Liberté invincible car ici les hommes et les femmes ne se battent pas pour une idéologie politique ou, un communautarisme particulier, ils ne se battent même pas avec la haine des autres....

Les gens libres du Donbass se battent avec leurs peuples frères de Russie pour l'Amour de leur terre, le leurs traditions, de leurs familles et de leurs enfants. Voilà pourquoi nous serons victorieux !

Erwan Castel


mercredi 3 août 2022

Un triple crime de guerre ukrainien

Tandis que les forces terrestres alliées, autour d'Avdeevka, continuent d'avancer mètre après mètre dans les rues de Peski au Sud ou de contourner au Nord ce bastion ukrainien où se trouvent de nombreux points de tir de l'artillerie ukrainienne, cette dernière poursuit ses bombardements terroristes sur Donetsk et ses environs, tuant, blessant des civils et détruisant et minant des zones résidentielles pourtant dépourvue d'objectifs militaires ou logistiques.

Il convient de distinguer ici 3 types de bombardements ukrainiens :

1 / Les bombardements militaires 

En tant de guerre il est logique que des sites représentent des objectifs pour la conduite des opérations militaires, et même s'ils se situent dans des zones urbaines : dépôts de munitions et carburant, états-Majors, centres de communication, ponts, casernes, sites militaro-industriels etc... Et parfois malheureusement leurs bombardements provoquent des pertes et destructions collatérales au sein de la population civile.

Bombardement ukro-atlantiste d'un dépôt 
pétrolier à Makeevka le 02 août 2022.

Environ 13 % seulement des tirs ukrainiens sur les zones urbaines de Donetsk, Makeevka, Yasinovataya... visent des objectifs à intérêt militaire. Les erreurs de tir et les incidents techniques (par exemple une ailette de roquette qui ne se déploie pas, la déviant de sa trajectoire) sont inférieures à 5 % surtout dans le contexte d'une guerre de positions sur des objectifs connus et repérés depuis 8 ans avec avec l'utilisation augmentée de systèmes d'artillerie modernes et très prédis, voire assistés comme le 155mm français CAESAR, ou le 227mm étasunien HIMARS. 

2 / Les bombardements terroristes 

Le 80 %restant des bombardements qui frappent des quartiers résidentiels où il n'y a que des populations et ressources civiles, peuvent donc sans l'ombre d'un doute être qualifiés de terroristes et, au vu de la nature et du leur volume des munitions tirées, d'intention génocidaire.

Les armes utilisées par les ukrainiens contre les populations civiles sont principalement les obusiers lourds de 122, 152 et 155 mm (OTAN, les Lance Roquettes Multiples de 122mm ("Grad"), 220mm ("Uragan"), parfois 300mm ("Smerch").

Bombardement ukro-atlantiste le 3 août
matin à Donetsk district de Kuybishevsky.

Les munitions utilisées sont de 3 types, explosives, à fragmentation, à sous munitions, ces dernières délivrant en altitude des petites munitions antipersonnelles pour augmenter le rayon de frappe, des munitions spéciales de type incendiaire par exemple ou plus récemment depuis le 20 juillet des mines antipersonnelles de type PFM 1 "Tulip" qui sont des engins explosifs à pression très discrets et destinés à mutiler ceux qui exercent sur eux une simple pression. 

12 cm de long, 2 cm d'épaisseur, 70 grammes (dont 
37 d'explosif liquide très puissant) , la PFM 1 dispose 
d'un retardateur l'activant 3 minutes après son largage. 
Elle est emportée par des roquettes de 220mm "Uragan" 
à sous munitions et se disperse grâce à sa forme ailée.

A la fin du mois de juillet les minages terroristes ukrainiens  sont devenus quotidiens et le nombre de PFM1 "Tulip" neutralisées par les sapeurs du service de déminage qui sont maintenant déployés en permanence dans les rues des cités républicaines, dépasse plusieurs milliers. Depuis fin juillet, plus de 8000 mines "Tulip" ont été dispersées par l'artillerie ukrainienne sur les quartiers résidentiels civils entre Donetsk et Yasinovataya, et même si la majorité d'entre elles ont été neutralisées par les sapeurs le reste à trouver constitue une menace réelle et importante qui augmente à chaque nouveau bombardement de ce type.

Ici, un habitant de Donetsk nous montre les
mines "Tulip" tombées autour de sa maison 
le 2 août 2022 et qu'il a marqué en attendant  
l'arrivée des sapeurs des services d'urgence.
6 repérées dans la cour,15 autres dans la rue.

Chaque jour, les bilans provisoires des bombardements "classiques" ukrainiens sur Donetsk et ses environs est meurtrier. Ainsi par exemple le 2 août dans la seule ville de Donetsk ou plus de 300 obus et roquettes ont été tirées par les forces ukro-atlantistes, 2 civils ont été tués et 25 autres blessés dont un nombre très important avec le calibre de 155mm de l'OTAN.

Femme tuée par un bombardement
ukro-atlantiste, le 2 août 2022 à Donetsk.

A ces victimes immédiates des bombardements il faut maintenant rajouté celles des mines disséminées partout dans les rues, les cours, les jardins et les parcs résidentiels et dont la dimension psychologique est exacerbée du fait de la persistance de cette menace omniprésente, silencieuse et discrète.

Civils mutilés par les mines PFM 1

  • 29 juillet : 2 blessés
  • 30 juillet : 3 blessés
  • 31 juillet : 3 blessés
  • 2 août : 5 blessés dont i gars et une fille de 20 ans et 1 adolescent de 17 ans)
  • 3 août matin : 3 blessés (1 homme à Makeevka et 2 à  Donetsk, Kirovsky & Kuybishevsky ) 
Des secteurs urbains entiers sont paralysés animés seulement par des dizaines d'équipes de sapeurs qui cherchent et neutralisent par centaines les mines antipersonnelles ainsi que par des passants avançant prudemment écoutant le ciel d'où la mort peut s'abattre et scrutant maintenant le sol d'où la mutilation peut surgir.

La défense sol-air de Donetsk est bien sûr elle aussi en alerte maximale réagissant à chaque volée de roquettes se dirigeant vers les populations. Si beaucoup de ces roquettes à sous munitions (9М27К3) du BM27 "Uragan" utilisées pour ce minage, sont interceptées avant de délivrer leur terreur, malheureusement quelques unes réussissent à traverser le bouclier antiaérien qui est parfois saturé par le nombres de tirs simultanés. 

Je rappelle ici qu'une roquette de 220 mm "Uragan" utilisée pour ce type de minage de zone contient 300 mines PFM1, et que leur surface de dispersion est en moyenne de 2 km2 (et augmentée par les gros orages des derniers jours). Le 30 juillet par exemple ce sont 10 roquettes qui ont réussi à passer la défense antiaérienne et donc à disperser pour cette seule journée plus de 3 000 mines dans 5 districts urbains de Donetsk et Makeevka.

Sous les chaleurs étouffantes d'août et 
de leurs tenues blindées, les sapeurs
depuis près d'une semaine ne se sont
pas arrêtés un seul instant  pour rendre 
aux habitants leurs quartiers sécurisés.

Ces minages de zones résidentielles par bombardement à sous munitions constituent 3 violations d'accords internationaux et qualifiées de "crime de guerre" : 

  • Bombardement intentionnel d'une population civile (Convention de Genève, 1949),
  • Utilisation de mines antipersonnelles (Convention d'Ottawa 1997),
  • Utilisation d'armes à sous-munitions (Convention d'Oslo, 2007).
Moscou a adressé à l'ONU une notification concernant ce minage des zones résidentielles de Donetsk par des bombardements successifs ukrainiens et qui constituent une violation criminelle grave e traités internationaux...

Il est peu probable que le "grand machin" réagisse pour s'élever contre ces nouvelles actions génocidaires, ou puisse faire pression contre Kiev, mais au moins il confirmera son inutilité voire sa complicité des criminels pro-atlantistes ukrainiens.

Car ce que nous pouvons observer ici c'st l'expression d'une haine folle et génocidaire et qui est, comme toujours depuis 8 ans, la seule réponse des assassins face à leurs défaites multiples sur le front du Donbass. Une lâcheté criminelle qui n'a d'égale que le silence complice des occidentaux qui sont tellement aveuglés par leur hystérie russophobe qu'ils détruisent définitivement les derniers espoirs de les voir retrouver un jour le chemin vers la montagne du bon sens et de l'humanisme.

Erwan Castel

Et à celles et ceux qui s'interrogent sur le fait que plus de 5 mois après le début des offensives russes Donetsk soit toujours sous le feu génocidaire ukro-atlantiste, je réponds: "Patience, c'est une guerre très difficile car l'ennemi y a solidement fortifié ses positions depuis 8 ans. Mais la libération avance chaque jour et rien ne peut l'arrêter ni sauver la vie de ces assassins !"

Artillerie républicaine opérant contre les positions
ukrainiennes entourant Avdeevka début août 2022



 

mardi 2 août 2022

La Crimée dans le collimateur des forces ukrainiennes



Ces événements sont à rattacher bien sûr à l'exacerbation de la situation sur le front de Kherson, que j'ai développée récemment dans "Le grand spectacle désespéré ukrainien vers Kherson", la péninsule et la région de Kherson sont indissociables sur le plan militaire autant que socio-économique, le Dniepr par exemple alimentant la Crimée à partir du barrage de Novaïa Kharkova. Kherson et la Crimée sont aujourd'hui les têtes de pont terrestre et maritime des forces russes vers Odessa et l'Ukraine cherche à retrancher dans une position plutôt défensive qu'offensive. 

A part les actions offensives menées contre le croiseur-amiral Moskva le conduisant finalement par le fond, les autres actions ukrainiennes sur ce front Sud et en Mer Noire ce sont surtout que des coups d'éclat bien plus médiatiques que tactiques et encore moins stratégiques, comme par exemple ces pressions sur l'île au serpent qui certes ont poussé l'Etat Major russe à abandonner ce caillou maritime au larges des côtes ukraino-roumaines mais qui n'ont pas suffit à permettre aux ukrainiens de réoccuper l'îlet.

Sur fond de potentielle réactivation du front Sud, les forces armées ukrainiennes ont réalisé 2 attaques significatives sur le territoire de la péninsule russe de Crimée ;


1 / Attaque du quartier général de la flotte russe

Le 31 juillet, un drone artisanal a attaqué le quartier général de la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol, larguant une munition explosive de moyenne intensité qui est tombée dans sa cour, blessant 6 personnes et provoquant des dégâts mineurs. Cette attaque bien que mineure a eu pour conséquence majeure de provoquer l'annulation, pour des raisons de sécurité  de tous les événements festifs en l'honneur de la Journée de la Marine.

Vidéo de l'explosion sur le site de l'Etat Major

L'attaque a réussi à déjouer la couverture antiaérienne russe car elle fut menée depuis la ville de Sébastopol elle-même avec un petit drone modifié artisanalement comme ceux observés sur le front larguant des grenades ou engins explosifs de faible poids. Tandis que, dans un bégaiement propagandiste manquant cruellement d'imagination, les ukrainiens ont accusé la Russie d'avoir elle-même saboté les festivités de la journée de la Marine pour prévenir une attaque réelle, les forces de sécurité de Sébastopol ont déclenché une enquête renforcée pour "acte terroriste".

La Russie, dans l'hypothèse improbable qu'elle ait voulu annuler les festivités de la journée de la Marine prévues à Sébastopol n'a évidemment pas besoin de simuler une attaque quelconque pour le faire. En revanche cet attentat est sans nul doute directement ou indirectement lié à l'Ukraine qui depuis plusieurs jours veut multiplier sur le front Sud les actions médiatiques pour faire diversion à la cascade des revers tactiques subis dans le Donbass.


2 / Accrochage entre gardes côtes russes et  marine ukrainienne

Quelques heures plus tard, un accrochage a eu lieu dans les eaux territoriales occidentales de Crimée, entre un patrouilleur des gardes côtes russes et un des derniers bateaux encore opérationnels de la marine ukrainienne

Violent accrochage entre les gardes côte russes 
de Crimée et un bateau de la marine ukrainienne.

Pendant 8 ans, les forces ukrainiennes n'avaient jamais porté la guerre vers la Crimée (à part de rares initiatives terroristes manquées), mais depuis le début des opérations militaires russes, leurs actions offensives dans ce secteur de la Mer Noire sont de plus en plus fréquentes et se rapprochent désormais des côtes russes.

Où il est encore question de du système HIMARS

Dans le même temps, Reznikov, le ministre ukrainien de la Défense s'est fendu d'un nouveau clabaudage tentant de compenser le désarroi de la meute kiévienne, annonçant la livraison de 4 M142 HIMARS étasuniens supplémentaires ainsi que de 3 MARS II allemands qui sont la version européenne (allemande française et italienne) du M270, un cousin du HIMARS possédant la même efficacité (avec un châssis chenillé et un deuxième panier de roquettes)

Le système d'artillerie de précision et longue portée allemand MARS II

Et l'ukrainien Reznikov, tout en oubliant de mentionner que 2 autres HIMARS ont été détruits, par des frappes de missiles russes dans Kharkov, de pérorer que ses forces armées attendaient maintenant la livraison par l'OTAN des missiles ATACM, cet autre type de munitions des systèmes HIMARS, mais avec une portée de 300 km (contre 84 pour les roquettes M 30 et M31 actuelles).

Aujourd'hui, entre les nouvelles livraisons au compte gouttes de ces systèmes HIMARS (M142, M270 et MARS II) et leurs destructions par les forces aérospatiales russes, leur nombre sur le front du Donbass n'évolue pas et reste aux alentours d'une vingtaine seulement et répartis sur l'ensemble des 1000 kilomètres du front russo-ukrainien. Donc si leur efficacité est effectivement incontestable, leur puissance de feu accumulée n'a vraiment pas de quoi "casser 3 pattes à un canard". 

Il faut noter toutefois que l'arrivée probable de missiles d'une portée de 300 km dans l'armurerie des HIMARS and Co, permettrait aux forces ukrainiennes  

  • d'opérer à partir de ponts de tir plus éloignés et donc encore moins vulnérables
  • d'avoir une capacité augmentée de frapper le territoire russe dont la Crimée 

On observe après l'inondation des armes antichars étasuniennes "JAVELIN" et britanniques "N LAW" dont les résultats réels sont loin d'atteindre l'efficacité et la rentabilité espérées par l'OTAN, cette dernière a désormais opté pour des systèmes d'armes sophistiqués, beaucoup moins nombreux mais plus performants, notamment en précision et portée. C'est le cas du système anti navire AGM 84 "HARPOON" d'une portée de 280 km et donc de l'HIMARS dont la portée devrait prochainement l'égaliser. 

Mais plusieurs problèmes se posent par rapport à ces systèmes d'armes ultra modernes : QUI les sert réellement sachant qu'ils faut des semaines de formation et d'entrainement pour les maitriser (et les regards de se tourner vers les personnels de l'OTAN) et surtout COMMENT les occidentaux vont-ils pouvoir supporter, en plus du boomerang de leurs sanctions économiques) le prix de cette stratégie d'armement, car si les lanceurs coûtent déjà une fortune (5 millions de $ pour 1 HIMARS), les munitions, dans le cadre d'une guerre de haute intensité et longue, vont vite être un nouveau gouffre financier pour une économie occidentale déjà agonisante (1.5 million de $ pou 1 missile Harpoon, 150 à 200 000 $ pour 1 roquette Himars).

Et, concernant la Crimée, si un drone artisanal a pu surprendre surprendre la défense anti aérienne à Sébastopol c'est grâce à ses capacités minimes et artisanales, lui permettant d'avoir une furtivité mais aussi une efficacité  anecdotiques sans conséquences graves, les roquettes ukrainiennes par leur altitude et temps de vol ont très peu de chance de tromper le parapluie antiaérien des côtes russes d'autant plus que le nombre de lanceurs est beaucoup trop faible pour espérer saturer la défense sol-air particulièrement dense sur la péninsule.

Et quand bien même un missile HIMARS arriverait à frapper Sébastopol ou le pont de Kertch, j'ose à peine imaginer la riposte russe qu'elle provoquera.

Dans la nuit du 1er au 2 août 2022, confirmant que l'Ukraine prend pour cible 
Sébastopol la défense antiaérienne russe a détruit un drone au dessus de la ville.

On voit bien que les discours et les actions ukro-atlantistes autour de la Crimée relèvent surtout d'un fantasme politique et d'une propagande médiatique cherchant à compenser cette immense frustration de l'OTAN de n'avoir pas réussi à mettre la main sur cette perle de la Mer Noire.

Car, n'oublions pas que les objectifs du coup d'Etat du Maïdan, commandité par l'administration étasunienne d'Obama, et dont Biden est aujourd'hui revenu "aux affaires", avaient pour objectif de servir à l'OTAN sur un plateau la région stratégique de Crimée et la région frontalière du Donbass, et que par la volonté de leurs populations russes et le soutien de la Fédération de Russie ces pièces maîtresses de l'échiquier ukrainien sont restées russes !

Aujourd'hui La Crimée et Donbass disparaissent définitivement au delà des appétits vampiriques de cette pieuvre mondialiste qui, à force de ne pas vouloir lâcher sa proie ukrainienne, risque tout simplement de se faire décapiter par la colère de l'ours !  

Erwan Castel

"Sébastopol restera russe !"


lundi 1 août 2022

Du côté de Donetsk

Des pluies de mines antipersonnelles ukrainiennes continuent de s'abattre sur Donetsk
 
Plusieurs événements sont intervenus sur le front de Donetsk qui, sans changer radicalement la situation militaire sont symptomatiques d'une exacerbation des opérations menées de chaque côté du front et de l'avancée des forces alliées autour d'Avdeevka notamment.


1 / Les bombardements terroristes sur Donetsk continuent

Développée dans le précédent article, la dissémination par l'artillerie ukrainienne de mines antipersonnelles "Tulip" sur les quartiers résidentiels de Donetsk continue, mobilisant la peur de la population et les réactions permanentes et intensives des services de  déminage russes et républicains.

Mines PFM1 "Tulip" dans le quartier de Lozovoye le 31 juillet

Alors que de nombreuses rues, parcs et jardins du centre ville sont toujours bloquées et soumises au travail de libération des sapeurs neutralisant les mines PFM1 disséminées le 30 juillet soir, l'artillerie ukrainienne a récidivé, cette fois sur le district de Kievsky, à l'Ouest du centre ville. La Russie a déployé en urgence des unités de sapeurs en renfort ainsi que des robots blindés de déminage.

La mine "Tulip" ne possédant qu'une charge limitée
et ne dispersant pas d'éclats, sa neutralisation peut
se réaliser sur place, dans un périmètre de sécurité.
Ici, destruction d'une mine au centre ville le 31 juillet.

Hier lors d'une liaison en ville j'ai vu 8 mines neutralisées par les sapeurs sur 200 mètres de rue à proximité du marché central de Donetsk, d'autres étaient même tombées sur des balcons et des toits. Mais les zones les plus dangereuses sont les jardins, massifs de fleurs, parcs, qui sont très nombreux entre chaque paire d'immeubles, le long des boulevards et des plans d'eau etc. et dans lesquels ce type de mine devient invisible et impose un ratissage lent et dangereux.

On compte déjà des premières victimes comme cet homme de Petrovsky qui ce matin a eu le pied arraché par une de ces merdes terroristes que les ukrainiens envoient chaque jour au milieu des familles de Donetsk dans l'indifférence complice des occidentaux pourtant thuriféraires autoproclamés de ces 'Droits de l'Homme" qu'ils n'invoquent finalement que pour tenter de légitimer leurs massacres de par le Monde.

Voilà à quoi ressemble les rues de Donetsk aujourd'hui
parsemées de mines pouvant vous arracher un pied ou 
une jambe juste par un simple contact. Ici dans la rue 
Izumrouda dans le centre ville de Donetsk,  le 31 juillet.

A coté de ces bombardements spéciaux minant la ville de, les forces ukro-atlantistes poursuivent leurs bombardements classiques sur les populations, à coup d'obusiers de 122, et 152 et 155mm (OTAN) et de lance roquettes multiples de 122 et 220 mm notamment.

2 / Le massacre des prisonniers ukrainiens d'Elenovka

Dans la nuit du 28 au 29 juillet 2022, le centre de détention militaire d'Elenovka (25 km au Sud de Donetsk) a été touché par des tirs ukro-atlantistes réalisés avec le système d'armes de précision HIMARS. Le bilan est très lourd : sur les 160 prisonniers ukrainiens, 53 ont été tués et 71 autres blessés.

La partie centrale et isolée du camp d'Elenovka où dormaient les prisonniers 
ukrainiens a été entièrement détruite par un tir précis de roquettes HIMARS.

J'ai d'abord pensé, en apprenant la nouvelle, à une confusion du renseignement de l'OTAN confondant le camp de prisonniers avec une base militaire mais, apprenant que la plupart des victimes de ce bombardement appartenaient au régiment néo-nazi Azov défait à Marioupol, l'acte intentionnel a percé sous la bavure ainsi que la réponse à la question "A qui profite le crime ?"

Alors que les propagandistes occidentaux, fidèles à leur russophobie hystérique et à leur débilité pathétique annoncent en chœur que ce sont les forces alliées qui ont exécuté les prisonniers ukrainiens avec leur artillerie, je veux juste rappeler ici quelques faits à l'aune du bon sens : 

  • Ce bombardement intervient alors que la justice commence à recueillir les premiers aveux concernant des crimes de guerre commis depuis 8 ans par l'unité spéciale "Azov".

- Qui a intérêt à ce que cessent ces aveux dénonçant toute une chaîne de commandement militaro-politique ukro-atlantiste ?

  •  Les médias occidentaux, comme d'habitude, accusent les russes d'être les auteurs de ce crime de guerre, destiné à tuer des prisonniers ukrainiens.

- Pourquoi bombarder leur camp quand ces prisonniers pouvaient être précisément éliminés dans le brouhaha des combats de Marioupol ?

-  Comment les russes pourraient-ils bombarder avec un système d'artillerie étasunien qu'ils ne possèdent pas ?

  • Les services d'urgence se sont immédiatement rendus sur place pour secourir et sauver les gardiens et prisonniers grièvement blessés.

- Pourquoi vouloir  tuer des hommes et ensuite tout faire pour les sauver jusqu'à sacrifier des réserves de sang précieuses.

Etc... 


Les nationalistes ukrainiens servant avec zèle, les desseins de l'OTAN en échange de l'onanisme immature de quelques statues bandéristes et cérémoniels néo-nazis ridicules, finiront ils par comprendre qu'ils ne sont, à l'instar des djihadistes de Syrie, que les idiots utiles et vermines jetables de ce régime ukro-atlantiste qui les a abandonné à Marioupol, sacrifié à Severodonetsk et qui aujourd'hui les assassinent dès qu'ils commencent à trop parler ? Personnellement,  vu le profil psychologique de la plupart de ces soudards et leur fanatisme russophobe, j'en doute !

Le nouveau foutage de gueule des occidentaux 

Face à la nouvelle vague russophobe hystérique l'accusant d'être à l'origine de ce bombardement meurtrier, et tandis que Kiev prétend que la Russie interdit qu'un enquête puisse être menée sur place, Moscou a invité l'ONU et le Comité International de la Croix Rouge a dépêcher une commission d'enquête sur les lieux.

Or, des responsables de la Croix Rouge ont répondu qu'ils n'avaient pas le mandat pour mener ce genre d'enquête, alors que ce même CICR était venu précisément enquêter sur les conditions de rétention des prisonniers du camp de rétention de Elenovka quelques jours avant son bombardement (tiens tiens !).

Donc résumons : le CICR a le droit d'enquêter sur ceux qui gardent leurs chers prisonniers mais pas sur ceux qui les ont tué ? Cette absurdité apparente désigne par défaut les ukro-atlantistes comme responsables du bombardement et la cohérence des occidentaux de voulour faire disparaître les exécuteurs de leur stratégie criminelle dans le Donbass autant que de ne pas médiatiser les débris des roquettes de l`OTAN qui ont voulu les faire taire.

A suivre....


3 / Les forces alliées progressent sur le front d'Avdeevka 

En parallèle à une importante intensification des bombardements sur les positions défensives ukrainiennes et les points de tir de leur artillerie, les forces terrestres alliées ont engagé plusieurs assauts pour détruire l'étau des avants postes qui enserrent Donetsk et protègent les batteries qui bombardent sa population.

Ces opérations offensives sont parmi les plus difficiles du conflit car les bastions ukrainiens devant Donetsk sont puissamment organisés depuis 8 ans et défendus par des garnisons importantes (environ 15 à 20 000 hommes du Nord au Sud de ce secteur du front). Je rappelle ici que dans l'art opératif il est recommandé d'avoir pour l'assaillant un rapport de force de 5 contre 1 pour espérer vaincre des positions urbaines fortement défendue car ces combats urbains sont dans toutes les guerres. parmi les plus meurtriers.

Malgré l'omniprésence de l'artillerie de combat, l'appui des technologies modernes comme les drones, la bataille autour de Donetsk, comme celles de Volnovakha, Marioupol, Izioum, Popasnaya Severodonetsk... sera celle d'une infanterie héroïque allant conquérir "à la petite cuillère" et au prix de lourdes pertes  les quartiers, rue par rue, maison par maison, étage par étage....


4 assauts principaux dans 4 secteurs différents sont à noter, du Nord au Sud :

3. 1/ Avdeevka

Dans le secteur d'Avdeevka les troupes alliées poursuivent leur progression de contournement au Nord du bastion ukrainien telle que décrite dans le précédent SITREP le concernant. Après avoir franchi la route H 20 reliant au Nord la base arrière de Konstantinovka à partir de laquelle transitent de nombreux approvisionnements vers Avdeevka, les forces alliées ont atteint la voie ferrée qui lui est parallèle, continuant ainsi l'encerclement par le Nord de la ville.

Destruction au mortier d'une position 
ukrainienne au Nord d'Avdeevka

Les différents succès tactiques obtenus au Nord d'Avdeevka par les forces alliées (traversée de la route H20 et percée jusqu'à la voie ferrée) ont même été reconnus par l'ISW, l'institut d'analyse stratégique étasunien majeur et l'Etat-Major des forces ukrainiennes. L'encerclement opératif d'Avdeevka par les feux de l'artillerie russe et républicaine devrait intervenir d'ici à l'automne. 

3.2 / Peski

Peski est un village situé à l'Ouest des ruines de l'aéroport de Donetsk, formant un point d'appui important du dispositif éloigné de la défense du bastion ukrainien d'Avdeevka situé à 10 km au Nord de la capitale républicaine. Depuis 8 ans les échanges de tirs et bombardements n'ont jamais cessé dans ce secteur qui est un des boucliers principaux de l'artillerie ukrainienne augmentant exponentiellement ses tirs sur Donetsk et qui ont fait de sa libération par les forces alliées une priorité urgente.

Depuis le 30 juillet un nouvel assaut républicain a été engagé contre les positions ukrainiennes de Peski sous l'appui de puissants appuis feu fournis par l'artillerie et l'aviation de combat russes. Au 31 juillet 2 rues ont été conquises dans ce village en ruine vidé de sa population mais très fortement "bunkérisé" et protégé par des réseaux importants de tranchées et de mines, 

Précédant l'assaut terrestre, le "hachoir" de 
l'artillerie assomme les forces ukrainiennes
défendant à Peski le flanc Sud d'Avdeevka.

Les assauts russo-républicains, menés depuis 2 directions sur la défense ukrainienne de Peski, s'ils sont parvenus à atteindre les premières rues du village ont rencontré une forte résistance et il semblerait que l'un deux ait même été repoussé. Reste à savoir si la zone conquise pourra être maintenue. 

3.3/ Krasnogorovka

A l'Ouest de Donets, la ligne de front qui sépare Staromikhaïlovka (côté républicain) de Krasnogorovka (côté ukrainien) a été également bousculée par des assauts terrestres alliés qui se sont rapprochés des lisières de la ville occupés par les forces kiéviennes. A noter que sur le secteur Nord du dispositif ukrainien de Krasnogorovka se trouvent plusieurs points de tir important de l'artillerie ukrainienne, qui va devoir battre en retraite si la progression des forces alliées se prolonge durant les prochains jours.

3.4 / Marinka

Dans le Sud Ouest de Donetsk (district de Petrovsky et village d'Aleksandrovka), des assauts terrestres alliés ont également repris contre les positions ukrainiennes  ici aussi fortement retranchées et organisées . Après avoir subi un demi échec en avril dernier dans un quartier pavillonnaire de Marinka à l'Ouest d'Aleksandrovka (une partie rues libérées dans des combats meurtriers ont été ensuite reprises par les ukrainiens). l'infanterie républicaine avance désormais très lentement dans ce terrain chaotique, fortement miné et battu par les feux ukrainiens positionnés à Marinka. 


En conclusion

Dans tous ces assauts terrestres russo-républicains,
l'artillerie joue un rôle majeur car son barrage de feu
permet de rééquilibrer le rapport de forces qui est
logiquement en faveur de celui qui est en défensive.

Pour le moment, sur ce front de Donetsk, à part dans le secteur d'Avdeevka où les progressions sont plus importantes, on ne peut pas encore parler de "succès tactiques" car aucune position ukrainienne importante n'a pas encore été prise et les acquis russo-républicains ont besoin d'être maintenant consolidés pour durer. Cependant mais sans crier victoire prématurément, on peut dire avec assurance que "les choses avancent dans le bon sens" et qu'à force d'exercer une telle pression tactique et d'artillerie sur la digue ukrainienne celle-ci finira bien par céder prochainement, et probablement brutalement. Malheureusement il est également probable que les agglomérations libérées sortent des combats en cours quasiment complétement détruites.

Il reste que le plus important pour les forces alliées engagées sur la défense de Donetsk est de neutraliser ces systèmes d'artillerie qui bombardent la ville et sèment la terreur parmi la populations.

Erwan Castel

Affiche diffusée partout auprès de la population de Donetsk  
et environs pour  prévenir du danger des mines "Tulip".