mardi 4 janvier 2022

Des paroles et des actes offensifs

Pendant ces premiers jours de l'année 2022 et surtout à quelques jours des négociations russo-étasuniennes sur l'Ukraine et l'OTAN (du 9 au 13 janvier), on peut observer un certain nombre d'activités et de déclarations russophobes essayer d'exacerber la doxa occidentale belliciste à l'égard de Moscou :

1 / Des paroles 

Josep Borrell

Primo, Josep Borrell le chef de la diplomatie de l'Union Européenne se rendra du 4 au 6 janvier en Ukraine et dans le Donbass où il est même prévu qu'il visite le front dès son arrivée avant les réunions à Kiev. Communiquant sur cette visite de son Haut représentant pour les Affaires Etrangères, la Commission Européenne a déclaré :"La destination de son premier voyage à l'étranger cette année souligne le ferme soutien de l'UE à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine à un moment où le pays est confronté à une accumulation de la puissance militaire russe et à des actions hybrides"

Rappelons que, sans surprise, Borrell est un thuriféraire de la rhétorique russophobe occidentale et que récemment il s'est prononcé à plusieurs reprises pour de nouvelles sanctions économiques contre la Russie et a qualifié les propositions du Kremlin concernant la non extension vers l'Est de l'OTAN "d'agenda purement russe avec des conditions totalement inacceptables". 

Secundo, depuis ce 1er janvier, la présidence de l'OSCE est polonaise, ce qui n'est pas pour arranger l'impartialité déjà douteuse de cette Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe lorsque l'on sait combien la Pologne est sans conteste le pays le plus russophobe de l'Union Européenne et l'un des soutiens les plus engagés à la politique atlantiste du régime de Kiev.
C'est Mateusz Morawiecki, le Premier ministre polonais, qui prend la présidence de l'OSCE après avoir déclaré en 2021 que "la Fédération de Russie est aujourd'hui la principale menace" et que la Pologne, depuis 30 ans a toujours considéré l'Ukraine comme un futur partenaire de l'Union Européenne et de l'OTAN. 
A noter également que Varsovie est avec Kiev un des plus virulents opposants à l'ouverture du gazoduc russe North Stream 2 considérant que "c’est un projet purement et simplement politique qui est réalisé, permettant à la Russie d’augmenter la pression sur l’Ukraine et de lancer une nouvelle vague d’agressions dans notre région".

Tertio, lors que la problématique de l'élargissement de l'OTAN (directe avec de nouveaux membres ou indirecte avec des partenariats) est au coeur des crispations entre Washington et Moscou, voilà que la Finlande qui fait déjà partie des pays dits "partenaire "nouvelles opportunités" de l'Alliance (avec entre autres la Géorgie, l'Ukraine et la Suède), choisit de revendiquer haut et fort son droit à intégrer l'OTAN. Plus qu'une réponse, une provocation !
Alors que son statut de partenaire (qui de facto est une intégration militaire non juridique dans l'alliance pour développer une "plateforme d'interopérabilité") a déjà permis à la Finlande de déployer des unités dans des opérations de l'OTAN dans les Balkans, en Afghanistan et en Iraq, voilà que Sanna Marin, la Première ministre finlandaise, a déclaré lors de ses vœux de nouvel an que Helsinki se réservait “le droit de déposer une demande d’intégration à l’Otan”, tandis que son président, Sauli Niinistö, promet de “renforcer la coopération de la Finlande avec l’Union européenne en matière de défense”, considérant les propositions russes de sécurité collective comme un “ultimatum incompatible avec l’ordre prévalant à l’assurance de la sécurité européenne”

Anders Fogh Rasmussen
Quarto, venant en soutien de son successeur 
Jens Stoltenberg, l'ex secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen - dont il est significatif de rappeler qu'il fut conseiller spécial du président Porochenko en quittant ses fonctions à l'OTAN -, a appelé les membres de l'Alliance à répondre fermement aux propositions de la Russie en intégrant au contraire des propositions de Moscou et l'Ukraine et la Géorgie (sans toutefois inclure les territoires de Crimée, du Donbass, d'Ossétie et d'Abkhazie qui mettraient juridiquement (article 5) l'OTAN en situation de guerre).

"Nous avons promis des sièges à la Géorgie et à l'Ukraine à la table de l'OTAN en 2008 et il est temps d'élaborer un plan d'action pour tenir notre promesse"

Tiens tiens, il y a quand même un terrain sur lequel les occidentaux et l'OTAN se souviennent de leurs promesses et tiennent à les honorer... Quand cela arrange leur russophobie hystérique bien sûr !

Quinto, concernant l'OTAN justement, son commandement politique vient de convoquer en urgence une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de ses pays membres avant le début des négociations entre Moscou et Washington. 
Et selon son communiqué, l'ordre du jour de cette réunion virtuelle prévue ce 7 janvier, est centré sur la réponse ferme à donner face au "renforcement de la puissance militaire de la Russie sur le territoire de l'Ukraine et à ses frontières".

Juste avant ce communiqué de l'OTAN, le chef du département d'État américain Anthony Blinken, qui s'était illustré début décembre par un ton agressif à l'encontre de Sergeï Lavrov, a contacté le secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg pour s'entendre sur le maintien renforcé d'une position commune soutenant l'Ukraine ainsi que d'une position ferme vis à vis de la Russie avec laquelle le faucon étasunien promet d'avoir "une conversation significative".

Kalle Laaneta 
On voit bien, à travers toutes ces déclarations diplomatiques occidentales, auxquelles il faudrait rajouter celles de concert des diplomaties françaises ou baltes par exemple, que l'OTAN et ses partenaires, non seulement font bloc en maintenant un cap d'élargissement de l'Alliance vers les frontières russes, mais tentent d'influencer les gouvernements de l'Union Européenne pour que leur politique (notamment économique) rejoigne la stratégie militaire de Washington dans l'endiguement de la Russie. 

Et cela fonctionne à priori si on en croit les déclarations du ministre estonien de la Défense, un certain Kalle Laaneta qui a accusé la Russie d'être "un réel danger menaçant la Paix et la démocratie" et de fantasmer dans une pure paranoïa : "Le voisin oriental de l'Union européenne ne veut pas vivre seul et permettre aux autres de vivre dans la paix et la démocratie. Les autres pays ne sont pour lui que des territoires à conquérir".


2 / Des actes

Parallèlement à ces déclarations bellicistes, chaque jour des actions convergentes sont réalisées par les ukro-atlantistes, soit pour soutenir l'effort de guerre ukrainien, soit pour nuire aux intérêts de la Russie. En voici pèle mêle quelques exemples récents :
  • A compter du 1er janvier 2022 il est interdit à tout navire russe, commercial ou privé d'entrer dans un port ukrainien quelle que soit sa cargaison ou son motif qu'ils fournissent à l'Ukraine, sont interdits d'entrer dans les ports maritimes (Mers Noire et d'Azov) et fluviaux (Dniepr, Danube etc...) ukrainiens. La conséquence pour l'Ukraine d'une telle mesure débile sera une augmentation des produits importés de ou via la Russie dot les navires marchands changeront simplement de pavillon pour continuer à honorer leurs contrats commerciaux.
  • Le Pentagone a ordonné la construction de 2 nouveaux patrouilleurs militaires rapides Mark VI destinés à l'Ukraine (qui a prévu d'en acheter entre 12 à 16) et qui devront comme les 2 premiers livrés en décembre 2021 être déployés en mer Noire et Mer d'Azov. A noter que ces patrouilleurs qui seront équipés de canons télécommandés MSI Seahawk A2 (deux par bateau) avec des canons automatiques 30-mm Mk 44 Bushmaster ont vu au passage de la nouvelle année leur prix unitaire passer de 20 millions à 25 millions de dollars.Sur 
  • Sur le front du Donbass, les forces ukrainiennes poursuivent les renforcements de leurs dispositifs offensifs pour lesquels sont déployés de nouvelles unités de volontaires nationalistes (DUK, UDA...) s'installant au milieu de zones résidentielles utilisées comme bouclier humain. A noter, en plus du maintien de tirs de harcèlement quotidiens sur les positions défensives républicaines du retour à une stratégie terroriste visant les populations civiles qu'elles soient en zone républicaine ou en zone occupée par Kiev, comme par exemple la coupure d'approvisionnement en eau potable par les forces de Kiev et qui touche les deux côtés du front de Lugansk.  
  • Si les canons sont relativement silencieux depuis 2 semaines, en revanche les unités ukrainiennes de guerre électronique clouent au sol depuis plusieurs jours les drones d'observation de l'OSCE, tandis qu'au sol plusieurs zones du front côté ukrainien leur sont interdites d'accès, certainement pour cacher au maximum les mouvements et déploiements d'armes interdites par le processus des accords de paix de Minsk.
  • Des renforts ukrainiens importants continuent de se diriger vers le Donbass, convois ferroviaires ou routiers, avec des matériels blindés et d'artillerie comme par exemple :
30 décembre 2021, grand convoi ferroviaire ukrainien dans 
l'Ouest de l'Ukraine et faisant route vers la Crimée ou le Donbass.
Géolocalisation du convoi ukrainien du 30/12/21
  • L'OTAN continue ses missions de reconnaissance et d'observation au profit de l'Etat Major ukrainien, que ce soit vers la Crimée, le long de la ligne de front du Donbass ou vers les régions frontalières russes bordant l'Est de la  Mer Noire :
Un  Boeing RC-135W Airseeker R.1 de la Royal Air Force n° ZZ665 décollant de la base 
de Mildenhall a effectué une mission de reconnaissance et d'observation électronique le long 
des côtes de Crimée et Krasnodar  Approches à 46 km de Sébastopol et 47 km de Novorossiysk,


Dernière minute !

Dans le Kazakhstan, cet immense pays d'Asie Centrale partageant avec la Russie méridionale près de 7000 kilomètres de frontières, des manifestations antigouvernementales qui animent les rues d'Amaty depuis quelques jours semblent vouloir dégénérer en émeutes. 

04 janvier 2022, voitures de police incendiées au Kazakhstan
tandis que les manifestants se dirigent vers la centre des médias.

Si les revendications initiales sont économico sociales, notamment vis à vis de la hausse du prix du gaz qui touche tout le pays, il est à noter que les manifestants sont exclusivement membres de la communauté kazakhe (70 % de la population) et que des slogans russophobes sont déjà lancés par les manifestants alors que le Nord du pays où vivent les communautés russophones restent calme.

Sans pouvoir affirmer à ce stade que nous sommes en face d'une nouvelle tentative de déstabilisation d'un pays frontalier avec la Russie et apparentant à sa zone d'influence politico-économique traditionnelle (ancienne république socialiste soviétique jusqu'en 1991) il est légitime dans le contexte de nouvelle guerre froide actuel d'y penser. Le Kazakhstan dispose de 8% des réserves minérales mondiales (uranium, manganèse, fer, chrome, charbon...), mais c'est aussi un grand producteur de pétrole en constante progression. Le contrôle total et exclusif de cette case du grand échiquier permettrait aux occidentaux de poursuivre leur stratégie d'endiguement occidentale de la Russie ("Heartland") par le contrôle de sa ceinture continentale frontalière ("Rimland"), mais aussi de mettre la main sur des réserves de matières premières exceptionnelles (notamment uranium et pétrole). 

04 janvier 2022,  Almaty (place Astana) Affrontements violents
entre manifestants et des forces de l'ordre qui seraient débordées 

A suivre donc attentivement car les événements de cette région d'Asie Centrale sur le flanc méridional de la Russie sont probablement en connexion avec ceux de son flanc occidental...

Il est clair que la Russie ne peut se permettre de voir un nouveau Maïdan éclater au Sud tandis qu'elle fait face à un post Maïdan de plus en plus agressif à l'Ouest  et probablement interviendra rapidement si la situation en Almaty dégénère !

Erwan Castel

lundi 3 janvier 2022

Vers une nouvelle nazification du front ?

Si, au niveau des accrochages entre forces ukrainiennes et les milices républicaines la "trêve des confiseurs" est globalement respectée en cette période de fêtes, en revanche les ikro-atlantistes continuent à fourbir leurs armes et leurs déclarations bellicistes à l'encontre des républiques populaires de Donetsk et Lugansk et de la Russie, contraignant cette dernière à maintenir à portée des frontières ukrainiennes des forces armées capables d'écraser une potentielle offensive de Kiev dans le Donbass.

On peut observer la poursuite du renforcement du dispositif offensif sur la ligne de front du Donbass, avec  notamment l'arrivée de nouvelles unités autonomes composées de volontaires nationalistes recrutés dans les mouvements paramilitaires bandéristes, et qui investissent souvent des quartiers résidentiels près du front, à la fois pour mener une pression psychologique sur les populations civiles et les utiliser comme des boucliers humains pour protéger leurs attaques éventuelles.

  • Ainsi une unité spéciale a été observée investissant l'école du village de Valuyskoe, sur le front Nord de Lugansk, Cette unité composée de volontaires nationalistes a installé dès le 27 décembre dans l'établissement communal un poste de commandement fortifié et des positions de tir avant d'être renforcée par des véhicules blindés, des stations radar ainsi que des équipements de reconnaissance d'artillerie, de surveillance et d'acquisition de cibles. Aujourd'hui cette école située au coeur d'un village bordant le front est devenue un bastion militaire problématique.

Ce nouveau déploiement de radicaux politiques ukrainiens sur la ligne de front n'est pas isolé, du Sud (secteur Mariupol) au Nord (secteur Lugansk) des 480 km du front, chaque semaine les renseignements civils et militaires signalent l'arrivée de volontaires bandéristes, depuis des groupes de snipers jusqu'à des bataillons spéciaux comme Aydar sur le secteur de Volnovakha.

Sur ce sujet précis et qui laisserait à penser que l'Etat Major ukrainien met en place des têtes brulées pour constituer le fer de lance d'attaques futures, Dmitry Iarosh, le "petit furher" de la nébuleuse Prayvi Sector (mouvement politique néo-nazi), chef de l'organisation des volontaires nationalistes (DUK) et Commandant de l'Armée des volontaires ukrainiens (UDA) vient de se fendre d'une nouvelle déclaration dont il est difficile de séparer la vérité de son interprétation propagandiste coutumière de ce roquet bandériste.


Fin décembre, dans une interview à la publication Internet de Kiev Left Banque. Dmitry Iarosh, qui serait devenu conseiller spécial du chef d'Etat Major ukrainien (information déclarée puis démentie avant d'être classée "secrête") a ainsi déclaré :

"Le commandement des Forces armées ukrainiennes nous autorisé à nous déployer prochainement sur le front et a promis des armes. Pendant la guerre, jusqu'à 10 000 personnes sont passées par nos structures, c'est un fait. Mais je comprends que le premier échelon sera constitué de milliers de volontaires qui combattront dans le dispositif des brigades des forces armées ukrainiennes régulières, comme nous l'avons fait tout au long de la guerre en cours. Dès lors, des milliers de personnes seront immédiatement mobilisées. 
Notre structure de commandement existe, et c'est la chose la plus importante. Quand il y a une équipe, les gens qui le savent viennent déjà"..

Selon Iarosh, le 8e bataillon de l'UDA se prépare déjà à monter vers le front pour ce début d'année.

"Je tiens à souligner une fois de plus que cela a été convenu avec le commandement des forces armées. Et vous savez, en 2014, le plus gros problème pour moi n'était pas les gens, mais les armes. Nous avons couru, pris littéralement des armes capturées, fait demi-tour et agi avec ce que nous avions dans nos mains. Pour le moment, nous avons un accord selon lequel les forces armées fourniront les armes nécessaires afin que les volontaires puissent répondre de manière adéquate à certains défis dans différents domaines d'une éventuelle invasion russe".

Reste à savoir si le gouvernement de Kiev prendra le risque d'armer ne serait ce que 10 000 radicaux obéissant d'abord à une appareil politique bandériste qui, depuis 2015 a régulièrement menacé le pouvoir (de Porochenko et Zelensky) d'un coup d'Etat nationaliste !

Après Iarosh continue et tout en pérorant au sujet de "centaines de milliers" de volontaires à venir, confirme cette stratégie plausible qui consisterait à disperser les unités nationalistes au sein des unités régulières (ce qu'il appelle la squelettisation") afin de susciter et d'encadrer une motivation qui chez elles se révèle souvent chancelante.

"Je pense que dans la première vague de mobilisation, ce sont des centaines de milliers de personnes qui vont rejoindre les rangs, et on va juste aider, car les volontaires n'ont jamais été en grand nombre. Nous n'avons pas pris par quantité, nous avons pris par qualité. Et, par conséquent, notre tâche a toujours été, conventionnellement, de «squelettiser» les brigades des forces armées, d'y ajouter des personnes motivées et prêtes à l'abnégation. Nous avons toujours réussi. Je pense que cette fois nous remplirons aussi cette fonction - si nécessaire".

Là encore, au vu des nombreuses rixes souvent meurtrières qui se déroulent régulièrement entre les bataillons spéciaux et les unités régulières voire les forces de police des territoires occupés du Donbass, je ne suis pas sûr que cela soit une source de motivation pour mieux combattre les milices républicaines.

Quoiqu'il en soit, si la proportion de ces "ukropithèques" aux recrutements scabreux (hooligans, repris de justice, néo-nazis ukrainiens et européens...) continue d'augmenter sensiblement sur le front, il est fort à parier que ces têtes brulées aux cervelles plates confondent, comme en 2014, rotation sur le front avec safari criminel.

Quand un volontaire nationaliste ukrainien prend son rêve pour une réalité...

En convergence avec ces arrivées de fanatiques russophobes sur le front du Donbass, on voit revenir une politique criminelle vis à vis des populations civiles des républiques de Donetsk et Lugansk comme par exemple : 

  • Le 2 janvier à partir de 21h00, la partie ukrainienne a interrompu l'approvisionnement en eau potable de la station de filtrage occidentale "Luhanskvoda" vers le territoire de la République Populaire de Lugansk. Suite à cette coupure volontaire, qui constitue un crime au regard de la Convention de Genève, l'approvisionnement en eau des secteurs de Alchevsk, Bryanka, Stakhanov, Kirovsk et du district de Perevalsky a été fortement diminué et celui de Pervomaisk a été complètement coupé.

Si les regards sont aujourd'hui tournées vers le front diplomatique où la Russie essaye de faire comprendre aux USA l'inadmissibilité de voir l'OTAN continuer sa reptation vers ses frontières, les discours ukrainiens forts du soutien inconditionnel de l'OTAN et de nombreux pays occidentaux (pays baltes, France, Pologne...) se moquent ouvertement de la solution pacifique de ces négociations à venir (du 9 au 13 janvier). 

Ainsi du président ukrainien Zelensky qui, lors de ses vœux pour le Nouvel An, a exprimé "l'espoir que cette année, des représentants des Forces armées ukrainiennes seront photographiés en Crimée, Donetsk et Lugansk". Cela veut tout dire concernant les projets ou plutôt les fantasmes de Kiev qui sont aux antipodes d'une résolution pacifique du conflit.

Et les activités des forces ukrainiennes même si elles sont silencieuses confirment chaque jour ces intentions belliqueuses ukrainiennes.


Du côté de la Russie

La Russie joue toujours la carte diplomatique et celle du dialogue avec Washington, mais sans être naïf ni même hypocrite, signifiant à ses interlocuteurs ukro-occidentaux qu'il ne pourront plus trahir à nouveau leur parole et les traités signés sans subir une riposte radicale et militaire.

Ainsi face à la poursuite des préparatifs offensifs ukrainiens, les forces russes continuent également de déployer des renforts sur leur flanc oriental face à l'Ukraine, même si par ailleurs nombre d'unités impliquées dans les derniers exercices militaires dans la région sont effectivement retournées dans leurs garnisons (10 000 hommes soit 10 % des effectifs déployés estimés):

30/12/2021, gare Briansk-Lgovsky, un convoi ferroviaire russe avec 
des véhicules spéciaux pour le transport de liquides inflammables 
fait route vers les frontières ukrainiennes au Nord de Kharkov.
Géolocalisation du convoi de 
Briansk-Lgovsky

2 janvier 2022. Région de Kaluga, Ville de Babynino (ligne ferroviaire 
Kaluga-Sukhinichi-Briansk-Novozybkov). Plusieurs convois ferroviaires 
russes font mouvement vers les frontières ukrainiennes.

Géolocalisation du convoi de Babynino 

Il reste donc à attendre ce que l'échec inévitables des négociations Est-Ouest des 9 au 13 janvier prochains va déclencher tant sur le front diplomatique qu'économique et surtout sur le front militaire du Donbass.

Erwan Castel


dimanche 2 janvier 2022

L'éthique du don de soi

Vu du Donbass

Il y a bien des années que j'ai largué les amarres de ma destinée française, délaissant les belles carrières professionnelles et les oasis de tranquillité qui m'ouvraient leurs portes dorées. Pourquoi ? pour mille raisons que je ne connais pas encore toutes et qui surgissent aux détours de mes choix comme les échos d'un appel du coeur que j'ai décidé de suivre. 

Officier, indépendantiste breton, guide amazonien et aujourd'hui séparatiste dans le Donbass, et qui plus est "pro-russe" ! Autant dire que je suis aux yeux de certains qui m'ont connu officier des unités de recherche humaine aéroportées, tournées à l'époque vers le Pacte de Varsovie, un renégat, un fou, voire un traitre... car je sui passé "à l'Est" !

Et pourtant depuis 30 ans, dans les tourbillons de mes engagements passionnels, je sais avoir gardé le même cap, celui du combat contre ceux qui veulent aliéner les peuples à la dictature de cette pensée unique libérale marchandisant le Monde.

Mais de cette France militaire, j'ai gardé en héritage, malgré mes séparatismes divers, une certaine éthique, notamment celle de ses héros d'autrefois, chevaliers des temps médiévaux ou paras des temps modernes et dont les exemples survivant dans ma mémoire m'ont aidé jusqu'à aujourd'hui à surmonter les sacrifices, les bosses et les plaies, les trahisons et les calomnies, à ne jamais renoncer et même d'être et d'assumer pleinement, dans ce monde à la dérive, ma condition de paria.

A un vieil ami qui me demandais ce que j'avais gardé de ma période d'officier français, je lui ai répondu "l'héritage des anciens", car même si je serai toujours dans l'ombre de leur ombre (et je n'ai pas d'autre ambition que cet Honneur), ils resteront par leurs actes et leurs pensées, les feux humains forgeant une éthique à suivre, à n'importe quel prix et jusqu'au dernier souffle.

Parmi les nombreuses étoiles qui brillent dans mon héritage mémoriel de France, il y a le colonel Jeanpierre qui, à l'instar du monumental lion de sa ville natale incarne le style, la bravoure et l'humilité du vrai soldat de terrain. 

L'exemple de cet officier légion recueilli comme une flamme sacrée par le jeune lieutenant que mon miroir a aujourd'hui oublié, est resté comme un filigrane dans ma mémoire aux côtés de ceux du père, de Marc Aurèle, Antara, Cervantés, Gautier, Jünger, Apollinaire, Degrelle, Saint Exupéry, Denoix de Saint Marc, Guevara et tant d'autres âmes, parfois perdues dans les vents mauvais de l'Histoire, dont les pensées écorchées m'ont accompagné dans ma "queste" d'absolu pour m'aider à combattre les impostures, les injustices autant que mes faiblesses.

Le colonel Jean Pierre, indicatif "Soleil", mort au combat dans le djebel Mermera en 1958 à la tête de son 1er Régiment Étranger Parachutiste, est justement un de ses feux humains de la mémoire que jamais mortel tel que moi ne pourra atteindre mais qui, tel un phare guide l'âme dans les tempêtes de l'engagement....

Voici une de ses pensées écrites peu de temps avant sa mort, et qui, dans le chaos actuel  secouant le monde, résonne avec encore plus de force

Erwan Castel 

"Soldat,

Tu vivras comme un chien...

Tu risqueras ta vie, tu peineras dans le djebel et la rizière. On te fera perdre des batailles. On t’obligera à la perdre. On portera atteinte à ton honneur. Et on t’accusera, toi seul, de la défaite.

On te traînera dans la boue. Tu seras délaissé, oublié, renié. On te crachera dessus, on flétrira ton œuvre. On s’amusera tandis que tu souffriras, loin des tiens, des tiens, des tiens ingrats. 

Un jour, ceux là qui te soutenaient, te glorifiaient, ceux-là aussi te laisseront dans l’abandon. Car ils trouvaient quelque chose qui leur déplaît en toi ; ta justice, ta droiture, ta discipline, ta hiérarchie et même ton courage. Ce jour-là sera bien mauvais. 

Ce sera la désagrégation ; mais toi tu seras grand, même si tu meurs. Et toi, tu te fous de tout cela ; tu te fous des mensonges et des perfidies, des trahisons. Car tu es plus haut. Tu n’es pas de la même race.

Tu es seigneur de la guerre. Sur le piton qui domine la vallée, tu ne penses pas aux autres hommes. Ils sont si petits en bas, si vilains...

Et si tu perds une bataille, tu seras quand même gagnant car tu t’es battu. Tu as essayé, tu as tenté. Et qu’est ce que la victoire ou la défaite, sinon le fait de s’être battu ? Et là est l’essentiel. Et si on perd ce que tu as gagné, qu’importe encore ? Toi, tu as tenté.

Dommage que ton pays, jadis si grand, se complaise dans la honte et l’abandon. Tant pis pour toi. Qu’est ce que cela peut foutre, si toi tu es grand ; est ce ta faute si d’autres n’ont pas compris, si toi tu as compris ?

Qu’importe la trahison, la fourberie, qu’importe l’amour d’une femme, qu’importe l’admiration. C’est si éphémère. 

Toi tu portes ton amour en toi, toi tu sais et tu n’as pas besoin des autres. Cela ne regarde pas les autres hommes, cela regarde Dieu et toi. Toi tu es soldat, tu es pur : et Dieu te comprend. 

Et si ton ami tombe, qu’importe encore : c’est la plus belle victoire, et tu auras la tienne un jour...

et si tu comprends cela, le reste est facile.

Et tu seras seigneur."

Lieutenant-colonel Jeanpierre

1912-1958.
Vétéran de la 2e guerre, des guerres d`Indochine et d`Algérie.
Grand officier de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945 (1 palme)
Croix de guerre des TOE (4 citations dont 2 palmes)
Croix de la Valeur militaire (4 palmes)

La provocation de Biden

Biden reste avant tout le commandant de l'US Army et donc de l'OTAN

Le jour même où le président étasunien s'engageait à un nouvel entretien téléphonique avec son homologue russe pour trouver un chemin de désescalade à la crise ukrainienne dont le conflit armé du Donbass est devenu l'épicentre de plus en plus critique, l'US Air Force réalisait une nouvelle séries de missions de reconnaissance offensive le long de la ligne de front et au delà jusqu'aux régions frontalières russes voisines. 

C'est la troisième fois que des avions espions étasuniens, décollant de bases de l'OTAN en Europe, viennent renifler la ligne de front du Donbass et les frontières russes depuis l'espace aérien ukrainien et celui des républiques de Donetsk et Lugansk au dessus des territoires occupés par les forces de Kiev. Les 2 fois précédentes où ces avions de l'OTAN sont venus au dessus du Donbass c'était les 11 décembre et 27 décembre 2021, alors qu'ici ils restaient dans l'espace aérien international de la Mer Noire, laissant celui du Donbass aux drones stratégiques "Global Hawk".

Ce 30 décembre 2021, quelques heures avant le nouvel entretien Poutine/Biden articulé autour des demandes russes de voir l'OTAN cesser ses activités le long des frontières occidentales  :de la Fédération, cette dernière a saturé de ciel pontique avec de multiples missions aériennes d'observation frontalière:

30 décembre 21, un Boeing E-8C "Joint STARS" de l'US Air Force est revenu en parallèle de
la ligne de front du Donbass réaliser des observations des territoires républicains et russes.

Dans la journée, le "Rivet Stars" indicatif "Redeye 6" sera rejoint par 2 autres avions 
espions de l'OTAN: 1 Boeing RC-135W "Rivet Joint" de la Royal Air Force et 1 Challenger 
650 ARTEMIS de l'US Air Force effectuant aussi des observations depuis la Mer Noire.  

Si depuis depuis 2 mois, les missions de reconnaissances de l'OTAN, en constante et quotidienne augmentation, sont réalisées sans nul doute au profit de l'Etat-major ukrainien, ces missions du 30 décembre 2021, dans l'imminence d'un entretien entre les présidents russe et étasunien sont clairement une réponse factuelle au traité de sécurité collective proposé par le Kremlin à la Maison Blanche le 17 décembre dernier et dont la clef de voûte est l'arrêt radical des activités de l'Alliance vers les frontières de la Russie.

La nature même des aéronefs, à la pointe des ressources offensives de la guerre électronique moderne suffit à démontrer la légitimité des revendications russes de voir cesser les activités de l'OTAN aux frontières de la Fédération, que ce soit via des pays "membres de l'Alliance" ou des pays "alliés non intégrés".

Sur cette infographie on peut observer que la portée des instruments électronique embarqués 
dont certains sont destinés à détecter mais aussi à neutraliser les systèmes de défense anti- 
aérienne et anti-missile repérés débordent largement sur le territoire national russe. 

Si on cumule ses provocations aériennes de l'OTAN aux crispations diplomatiques entre la Maison Blanche et le Kremlin, aux clabaudages russophobes des gouvernements occidentaux, aux provocations ukrainiennes dans ce Donbass où semblent se cristalliser toutes les tensions internationales, on est malheureusement en droit d'être très pessimistes concernant les conclusions des prochaines réunions bilatérales Est-Ouest qui doivent se tenir entre le 9 et 13 janvier prochains au sujet de l'Ukraine et de l'Alliance atlantique.

Erwan Castel

Marches fécales ukrainiennes

Marche aux flambeaux bandériste dans les rues de Kiev le 1er janvier 2022 (estimée à 3500 personnes)

A l'occasion du premier jour de l'année, les nationalistes radicaux, bandéristes et autres néo-nazis ont manifesté leur nostalgie d'un Reich qui, à l'instar du Maïdan les autorisa pour la première fois à répandre leur haine ethnocentrée à travers l'Europe de l'Est. 
Et dans les rues ukrainiennes, depuis celles du centre de la capitale jusqu'à celles des villes occupées du Donbass ou des nouveaux collabos étaient venus provoquer les populations russes, des marches aux flambeaux rythmées par des vociférations russophobes sont venues brandir comme une icone sacrée les portraits de Stepan Bandera. Né un 1er janvier 1909, l'ultra nationaliste ukrainien, qui fut dirigeant de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), fondateur de la Légion ukrainienne sous commandement allemand se révéla dans les années 40 être un collaborateur nazi aussi ingérable que criminel.

Quelques collabos bandéristes sont venus narguer sous protection
policière les russes de Slaviansk (à 100 km au Nord de Donetsk),
un ville républicaine qui fut le berceau de la rébellion du Donbass,
aujourd'hui occupé par les forces de Kiev, et attendant sa libération.  

Listons ici pour mémoire quelques uns des étrons collabos de Stepan Bandera dont chacun suffit à justifier sa "liquidation" par un commando du NKVD le 15 octobre 1959 et surtout devrait rendre inadmissible et condamnable sa réhabilitation observable depuis le coup d'Etat du Maïdan :

La deuxième guerre mondiale est à ce sujet révélatrice de la dichotomie identitaire ukrainienne, l'Est du pays ayant fourni à l'armée rouge nombre de divisions dont beaucoup comme la "division des mineurs" de Donetsk ont réalisé de hauts faits d'armes lors de la libération de l'Europe, tandis que l'Ouest du pays vomissait surtout des collaborateurs criminels au nazisme. 

Ces "soldats" de Stepan Bandera furent très nombreux (environ 250 000 répartis dans des unités de sabotage, de police, de Wehrmacht, Waffen SS et SS) et se rendirent coupables de nombreux massacres, pogroms, exécutions sommaires, rafles etc. essentiellement contre des populations civiles russes, ukrainiennes et polonaises. 
  • la 14e division SS Galicia, 
  • la 13e division SS Handschar, 
  • les 5e, 6e, 7e, et 8e régiments SS, le 204e bataillon. 
  • les groupes de saboteurs OUN B et OUN M, 
  • les unités de police de sureté antipartisans 109, 114, 115, 116, 117, et 118. 
  • le bataillon Nachtigall spécialisé dans la répression, 
  • l'armée nationale ukrainienne (UPA) "alliée des allemands", 
  • la milice ukrainienne "qui aidera à supprimer les juifs " (lettre de Stetsko à Bandera du 25/06/41),
  • les 201e, 50e et 15e bataillons de police, surveillant les déportations, ghettos et camps,
  • etc. (voir une synthèse ici)
Les victimes directes et attestées de ces collabos ukrainiens bénis par l'église catholique uniate dépassent largement le million de personnes (massacres de Babi Yar, Lwów, Huta Pieniacka Volhynie, Ternopil, Sataniv, Vinnytsia, Kortelisse, Doubno etc.).

Après la guerre, ces criminels bandéristes se sont réfugiés dans les montagnes forestières de leur berceau galicien (région de Lvov à l'Ouest de l'Ukraine) où ils continuèrent pendant des années, sous le sobriquet de "frères de la forêt", a commettre des forfaits et crimes à l'encontre des autorités soviétiques et des civils natifs des régions russophones de l'Est du Donbass (j'ai personnellement recueilli plusieurs témoignages d'amis de Donetsk, dont des parents furent persécutés par ces "frères de la forêt" dans la région de Lvov).

Aujourd'hui ces néo-nazis ressortent des égouts de l'Histoire dans l'indifférence complice et même la collaboration active des autorités ukrainiennes mais aussi de leurs parrains occidentaux !

...des manifestations nationalistes bandéristes dans les rues de Kiev

...aux unités de volontaires sur le front du Donbass, comme ici un
groupe du régiment nationaliste "Azov" exhibe avec fierté le revers
bien plus explicite de son drapeau bandériste à la symbolique nazifiée.

Aujourd'hui le nazi Stepan Bandera est officiellement réhabilité
et glorifié dans cette Ukraine post Maïdan tant chérie par les
démocraties droitdelhommistes occidentales dont les anciens
se sont battus et sont morts pour libérer l'Europe du nazisme !

Cherchez l'erreur !:

Certains ukro-atlantistes diront certainement que mes lignes ne sont que de la propagande s'appuyant sur des faits divers anecdotiques marginaux mais alors comment justifient-ils alors de vote hallucinant répété chaque année à l'ONU concernant une proposition de résolution condamnant la glorification du nazisme et que bien entendu les chiens de garde médiatiques du IVème Reich n'ont pas juger bon de relever dans leurs communiqués propagandistes.

Ce 17 décembre 2021, la Russie a présenté une nouvelle fois au vote des nations unies sa résolution annuelle appelant les nations à combattre la glorification du nazisme, et le résultat est on ne peut plus révélateur du naufrage moral de l'Occident :

75 années après la seconde guerre mondiale,

Les USA et l'Ukraine refusent de combattre le nazisme ! 
et les pays occidentaux, regardant ailleurs s'abstiennent !

Les résultats de ce nouveau vote mémoriel se passent de tout commentaire et au vu de la dérive totalitaire des démocraties occidentales (dans la gestion de la crise sanitaire par exemple), ils ont au moins l'avantage de présenter une triste cohérence avec l'effondrement éthique de ces parangons des Droits de l'Homme qui ressemblent de plus en plus à ces criminels qui agitaient autrefois les bannières du Christ dans les carnages des croisades, conquêtes territoriales qui n'avaient de religieuses que le nom.




Et pour finir sur une pensée bien plus symbolique et chargée d'une espérance éternelle, je retiendrai pour l'Histoire que le 1er janvier, c'est surtout celui de l'année 1959, lorsque les volontaires du commandant Fidel Castro ont la rébellion du peuple cubain à la victoire et, tandis que le dictateur Batista s'enfuyait vers les USA, qu'ils ouvraient le chemin de la dignité des peuples dans leur combat contre l'impérialisme et pour leur Liberté.


"Hasta la victoria siempre !"

Erwan Castel

samedi 1 janvier 2022

La seule loi immuable : celle de la Nature !

Vu du Donbass

Couple étrusque (sarcophage de Cerveteri - VIIe / VIe siècle avant JC)

Que pouvons nous observer dans cette Europe encore prisonnière d'un carcan occidental mais aujourd'hui dégénéré ? : Une opposition entre les dogmatismes idéologiques d'un cosmopolitisme ridicule mais suicidaire et ceux de communautarismes réactionnaires, ethniques ou religieux  caricaturaux tout aussi ineptes qu'ils servent même leurs adversaires. 

Mais le pire, entre ces fantasmes s'opposant, est certainement que la grande majorité de la population occidentale se révèle amorphe, droguée par un individualisme consumériste et doublé d'un égotisme narcissique dont les réseaux sociaux inondés de selfies "photoshoppés" sont l'exemple le plus criant du débilisme ambiant.

La France est dans ce domaine à la pointe de la décadence occidentale car entre les débats électoraux actuels, aussi abscons que cons, de candidats égocentriques prônant pour les uns le progressisme et pour les autres l'ethno-communautarisme nous pouvons observer un immense troupeau de moutons piqués, masqués et repiqués qui s'assoient lorsqu'on leur dit de s'asseoir, se couchent lorsqu'on leur dit de se coucher mais ne pensent plus car depuis longtemps on ne leur demande que de dépenser, travailler pour nourrir un système capitaliste dont le libéralisme n'est que la prison dorée de leurs libertés qu'ils sacrifient eux mêmes sur l'autel d'une marchandise vampirique.

La maladie qui frappe l'Europe au Couchant, c'est précisément ce totalitarisme des idéologies qui asservissent les peuples depuis que l'Occident est né lui même du fantasme migrant paulinien universaliste de l"Homme nouveau" (lettres aux éphésiens) où "il n’y a ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme" (lettres aux galates). Cette interprétation très talmudique d'une pensée christique révolutionnaire respectable (voir par exemple lettres aux corinthiens) est de facto le germe d'une pensée unique et mondialiste qui, après avoir fait des concessions auprès des princes pour créer un Occident hégémonique bicéphale, peut revenir maintenant grâce l'avènement d'un cosmopolitisme individualiste fantasmé soumettant les Etats-nations, à son universalisme hors sol originel (voir par exemple les discours du Pape François appelant l'Europe à "accueillir les migrants pour sauver la "civilisation""

Or, dans les morales et religions natives européennes, qui n'étant ni universalistes ni dogmatiques, étaient en constante évolution et stratifications mutuelles, toute pensée dominante se voulait d'abord être gardienne à la fois d'un bon sens commun, d'une morale religieuse et d'une réflexion scientifique et philosophique dans le respect de la diversité des êtres et des communautés et de la loi de la Nature. 

Si on observe du côté du Levant européen on ne peut que constater qu'un christianisme orthodoxe s'est implanté aussi dans le Monde slave mais sans mettre à feu et à sang les communautés non chrétiennes dont il a même su préserver la diversité identitaire dans un sens commun et une Tradition naturelle partagés alors qu'en Occident ils sont brulés depuis des siècles sur les bûchers de pensées uniques et vaniteuses qu'elles soient religieuses, politiques, économiques, culturelles ou idéologiques.

Interrogé sur la réalité naturelle des genres que des illuminés occidentaux cherchent à effacer dans un anthropocentrisme progressiste hors sol délirant, le président russe Vladimir Poutine a eu cette réponse équilibrée et pertinente, car ne s'appuyant sur aucune idéologie particulière mais uniquement sur un bon sens commun respectant simplement l'ordre naturel de la Vie terrestre:

Il serait temps selon moi que les résistances européennes au mondialisme occidental, cessant de confondre dogme et sens commun, s'inspirent de l'esprit universel qui anime ce discours, au lieu de déterrer des idéologies occidentales fantasmées (et co-responsables du chaos ambiant) pour lutter contre ce cosmopolitisme idéologique qui justement se nourrit de ses contraires. 

Car au regard de ce grand livre sacré de la Nature que porte ce sens commun universel que les chasseurs cueilleurs puis les paysans nous ont transmis à force d'observations et de coopérations plurimillénaires avec l'ordre de la Vie, les anthropocentrismes fantasmés des communautaro-centristes ethniques ou religieux sont aussi débiles et nuisibles que celui des cosmopolites progressistes hors sol qui comme eux veulent avec arrogance et vanité échapper aux lois naturelles.

Erwan Castel

Washington et Moscou creusent leurs tranchées en Ukraine

Cette année 2021, les actions exponentielles des ukro-atlantistes sabotant les accords de Minsk en bombardant quotidiennement les républiques de Donetsk et Lugansk tout en engageant factuellement l'occupation de l'Ukraine par l'OTAN sur fond d'une russophobie de plus en plus hystérique, semblent avoir épuisé définitivement la patience d'une Fédération de Russie qui aujourd'hui, face à l'extension militaire occidentale vers ses frontières "n'a nulle part où reculer davantage".

Si depuis le coup d'Etat du Maïdan le Kremlin a fait montre pendant 6 années d'une ténacité flegmatique exemplaire pour défendre une résolution diplomatique du conflit du Donbass malgré les provocations ukrainiennes et les représailles économiques occidentales acharnées, on a pu observer cette année 2021, un changement progressif dans les discours du président Poutine et de Sergeï Lavrov son chef de la diplomatie:

  • 7 juillet. Dans son article conceptuel "Sur l'unité historique des Russes et des Ukrainiens", Vladimir Poutine a rappelé : "Au début de 1918, la République de Donetsk-Kryvyi Rih avait l'intention de faire partie de la Russie. Les habitants de Donetsk et de Lugansk ont ​​pris les armes en 2014 pour protéger leur maison, leur langue et leur vie. Ont-ils eu d'autre choix après le drame du 2 mai 2014 à Odessa?", (rappel sur la république de Donetsk Krivï Rog ICI)
  •  9 décembre. Lors d'une réunion du Conseil présidentiel des droits de l'homme : "Ce qui se passe maintenant dans le Donbass, on le voit très bien, on le sait. Ceci, bien sûr, rappelle beaucoup le génocide",
  • 23 décembre. Lors de la grande conférence de presse annuelle, le président russe a confirmé sa position sur la RPD et la RPL : "L'avenir du Donbass devrait être déterminé par les gens qui vivent dans le Donbass. C'est tout. Et il ne peut en être autrement", 
  • 15 novembre. Décret du Président de la Russie sur la reconnaissance des certificats d'origine des marchandises délivrés par les organisations opérant actuellement dans la RPD et la RPL.
  • 21 décembre. Lors de la session finale du Collegium de la Défense, le président russe reappelant le conflit du Donbass dans son contexte de l'élargissement de l'OTAN vers le flanc oriental russe a conclu :  "Nous n'avons nulle part où reculer davantage !"

Le 8 décembre 2021, alors que l'escalade politique et militaire bat son plein, les présidents russe et étasunien se contactent pour mettre en place un dialogue où les positions de chacun seront clarifiées.

Le 17 décembre, le Ministère russe des Affaires Etrangères soumet à la Maison Blanche un ensemble de propositions concernant un traité bilatéral de sécurité collective et dont l'arrêt de l'extension de l'OTAN constitue la garantie majeure..

Dès le lendemain, l'OTAN, l'Ukraine, la Maison Blanche, et de nombreux pays occidentaux comme la Lituanie, la Pologne, la France par exemple jugent inacceptables les propositions du Kremlin.

Le 24 décembre, Washington et Moscou conviennent d'une réunion autour de la crise ukrainienne et des propositions russes le 10 janvier 2022

Le 30 décembre, un nouvel entretien privé à l'initiative de la Russie s'est réalisé entre Jo Biden et Vladimir Poutine qui, selon les comptes rendus réalisés s'est avéré plutôt difficile et tendu, Biden menaçant de paralyser économiquement la Russie en cas d'intervention militaire:


Tout d'abord il est difficile de connaître le détail de cette nouvelle conversation entre les présidents Poutine et Biden car seules les comptes rendus officiels filtrés sont à ce jour connus. Cependant en croisant les communiqués de la Maison Blanche et du Kremlin on peut déjà conclure que la discussion fut plutôt difficile et émaillée de menaces autour d'une nouvelle escalade militaire dans le Donbass que de déclarations d'intentions pacifiques.

  • Du côté des USA, en agitant une nouvelle fois le fantasme d'une invasion russe de l'Ukraine et que Moscou est partie prenante du conflit du Donbass, Biden a promis une paralysie économique de la Russie en cas de nouvelle escalade dans le Donbass: " Le président Biden a appelé la Russie à désamorcer les tensions avec l'Ukraine. Il a clairement indiqué que les États-Unis et leurs alliés et partenaires réagiraient de manière décisive si la Russie continuait d'envahir l'Ukraine" 
  • Du côté de la Russie, Poutine a répliqué que toute nouvelle sanctions économique entrainerait la rupture des relations entre les 2 pays, et que les négociations doivent aboutir à des garanties juridiques fermes de cesser l'extension de  l'OTAN et alliés: "La partie russe a donné une réponse exhaustive à l'option, encore évoquée par Joseph Biden, d'adopter des sanctions «à grande échelle» contre la Russie en cas d'escalade de la situation autour de l'Ukraine. En particulier, il a été dit que ce serait une grave erreur, menaçant en fait une rupture complète des relations russo-américaines" 

Concernant cette menace que représente l'élargissement de l'OTAN vers l'Est, Biden a notifié à son homologue russe, pour se donner bonne figure, qu'une guerre nucléaire était inconcevable et que les USA n'avaient pas l'intention de déployer en Ukraine des "armes stratégiques offensives". 

Premières remarques :

  1. Biden évite de parler de l'intégration potentielle de l'Ukraine dans l'OTAN, ce que refuse Moscou au même titre qu'une toute autre militarisation atlantiste à ses frontières sous couvert de coopération avec des pays "membres" ou "alliés" de l'Alliance.
  2. La notion d'armes offensives est très floue car elle sous entend par exemple que des systèmes étasuniens officiellement "défensifs" pourraient en revanche être déployés comme les système "Aegis" en Pologne et Roumanie qui peuvent devenir offensifs.

Des négociations vont donc se tenir prochainement et confirmer ce que tous savons déjà, à savoir que :

  • L'OTAN n'abandonnera jamais sa stratégie d'expansion vers l'Est quitte à la contourner en militarisant même sans les intégrer des pays déclarés alliés comme la Géorgie, la Moldavie ou comme on peut l'observer depuis le coup d'Etat du Maïdan en Ukraine où des milliers de soldats occidentaux opèrent sous couvert d'exercices, de formations, de conseils militaires tout en y déployant bases et ressources de renseignement.
  • La Russie va devoir soit capituler et se contenter de nouvelles promesses vagues qu'elle sait sans garantie et contournables ou passer aux actes pour marquer concrètement ses "lignes rouges", comme par exemple reconnaître les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk et, sous traité de coopération militaire, déployer des unités dans leurs territoires pour, enfin, mettre fin aux provocations meurtrières ukrainiennes.

Ces rendez-vous diplomatiques Est-Ouest se dérouleront pendant la deuxième semaine de janvier et en 3 étapes, les 9 et 10 janvier à Genève puis le 12 dans le cadre du Conseil Russie-OTAN à Bruxelles et enfin le 13 janvier, à l'OSCE.

Il ne reste plus qu'à attendre l'issue de ces réunions où 3 options peuvent être engagées :

  • Soit un statu quo sans traité où la situation actuelle entre guerre et paix (sauf pour les populations bombardées du Donbass) est reconduite dans l'hypocrisie de relations internationales hypocrites et peureuses.
  • Soit la table des négociations est renversée par des USA refusant les propositions russes concernant l'arrêt de l'extension de l'OTAN vers l'Est, directe par adhésion ou indirecte par coopération alliée.
  • Soit un traité est effectivement signé entre Moscou et Washington sachant que dans ce cas, l'un des deux capitulera, les USA défendant l'extension de l'OTAN ou la Russie affirmant qu'il n'y a pas de plan B à ses propositions.
Dans les 3 cas les chemins mèneront toujours à la guerre, plus ou moins rapidement, car l'Histoire moderne nous a appris que les USA n'ont jamais respecté leurs promesses ni même les traités signés d'autant que le naufrage économique du mondialisme les invitent à tenter une réinitialisation belliqueuse du système.

En attendant on ne peut que constater que les USA, même si Washington n'a pas l'intention d'envoyer un GI's mourir pour Kiev, cherchent du haut de leur arrogance à intimider la Russie en lui proposant de se soumettre soit volontairement à leur hégémonie diplomatique soit contraint par leur guerre économique qui sera sans nul doute accompagnée appuyée par des guerres asymétriques régionales. 

Poursuivant la stratégie russophobe du "Containment" si cher aux thalassocraties britannique puis étasunienne, Biden a juste proposer à Poutine de choisir entre un confinement militaire ou un confinement économique...

La Russie va devoir maintenant renverser la table de cette diplomatie unilatérale sur la gueule des ukro-atlantistes ou capituler et les dernières déclarations singulièrement fermes du Kremlin ont déjà annoncé à Washington la fin de son jeu de dupe.

Erwan Castel

Poutine le 22 octobre 2015 à Sotchi :
"La rue m'a appris une règle : si la bagarre est inévitable, il faut frapper le premier !"