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samedi 13 août 2022

Le chantage nucléaire de Kiev

Le 11 août 2022, l'artillerie ukrainienne a de nouveau tiré sur la centrale nucléaire de Zaporodje, située à Energodar sur la rive gauche du Dniepr, tout comme la propagande ukro-atlantiste, dans un débilisme paroxysmique, accuse la Russie de ces bombardements. Dans un article précédent j'avais déjà rendu compte des bombardements de Kiev sur cette centrale nucléaire qui est la plus grande d'Europe.

Ces nouveaux bombardements ukrainiens dont la majorité des munitions tirées ont été interceptées par la défense antiaérienne russe, ont quand même réussi a endommager une centrale thermique et le système d'alimentation des piscines chargées du refroidissement des réacteurs du site nucléaire. Ce sont surtout des obus, beaucoup plus difficiles à intercepter que des roquettes ou missiles qui ont frappé la centrale, tirés par des obusiers de 152mm appartenant à la 44ème brigade d'artillerie ukrainienne déployée à Nikopol, sur l'autre rive du Dniepr.

Comme d'habitude, l'appareil politico-médiatique ukro-atlantiste accuse la Russie d'avoir bombardé la centrale (où sont ses propres unités de défense !) et le seul fait que le régime de Kiev n'utilise pour ces attaques terroristes que des systèmes d'armes d'origine soviétique communs aux 2 armées prouve que cette inversion accusatoire est un des objectifs principaux de son opération contre la centrale d'Energodar.

Les observations ainsi que les indices laissés 
par les bombardements confirment l'évidence
de leur origine ukrainienne jusqu'à la localisation
des points de tirs utilisés par la 44ème brigade.

Quels sont les objectifs des bombardements ukrainiens ?

Même si leur degré de leur folie suicidaire est historique, ces bombardements ukrainiens sur le site nucléaire répondent à des objectifs facilement identifiables :

  • Diaboliser la Russie pour relancer les soutiens pro-ukrainiens médiatiques, économiques et militaires occidentaux qui commencent à s'essouffler,
  • Menacer la sécurité de la Crimée russe (à moins de 200 km) et des régions de la Novorossiya qui ont été déjà libérées (Kherson, Zaporodje et Donetsk), 
  • Eloigner de Kherson et de la Crimée pour les envoyer à Ernegodar le maximum de moyens de la défense antiaérienne russe,
  • Provoquer une évacuation de la population vivant autour de la centrale nucléaire ce qui est prévu dans les plans des services de sécurité si la menace augmente,
  • Compromettre la tenue des référendums irrédentistes des populations de Kherson et Zaporodje par une insécurité et des évacuations massives.
D'autres objectifs utopiques qui sont une conséquence de la menace organisée par Kiev peuvent être avancés :
  • Provoquer une sanctuarisation internationale de la région de la centrale nucléaire avec déploiement de casques bleus, ce qui ferait reculer les forces russes.
  • Cette sanctuarisation pourrait s'étendre au barrage de Novaïa Kharkova près de Kherson qui permet la retenue d'eau alimentant le refroidissement de la centrale.
  • Reprendre le contrôle total des activités scientifiques qui étaient menées dans l'enceinte de la centrale et notamment la création d'armes nucléaires.

Quelles sont les conséquences des bombardements ukrainiens ?

Les frappes ukrainiennes ont été réalisées par des obusiers lourds de 152mm et des Lance Roquettes multiples de 220mm de la 44ème brigade d'artillerie ukrainienne, positionnés à Nikopol, Marganets et Tomakovka sur la rive droite du Dniepr, en face d'Energodar.

Lors des derniers bombardements sur la centrale, plusieurs objectifs ont été visés par les forces ukrainiennes et atteints par les quelques munitions qui ont réussi à traverser le dôme de fer de la défense antiaérienne russe, au total 13 munitions (10 obus et 3 roquettes) :

  • 5 arrivées sur la zone du site de soudage et du stockage des barres de combustibles radioactifs, 1 obus est arrivé à seulement 10 mètres d'un container,
  • 5 arrivées sur la zone des services d'urgence chargés de la sécurité du site dont la caserne des pompiers a été gravement endommagée,
  • 3 arrivées sur la zone du stockage des isotopes radioactifs et des barres de combustibles usagées (déjà bombardée le 7 août dernier).

Si les réacteurs en eux mêmes peuvent résister dans leur conception à des bombardements, des tremblements de terre ou même des crashs d'avions, en revanche les stations électriques, les stockages des combustibles usagés et les services de maintenance et de sécurité sont plus vulnérables ce qui permet de menacer indirectement la sécurité nucléaire du site... et c'est justement vers eux que les tirs ont été dirigés.

Ainsi par exemple la ligne à haute tension de la sous-station "Kakhovskaya" a été endommagée, déclenchant un incendie qui a été maitrisé de justesse avant qu'il n'atteigne les unités motrices et le stockage des combustibles radioactifs.

Pour le moment, aucune fuite radioactive n'a été détectée, mais les bombardements ukrainiens continuent et pas seulement sur le site mais aussi sur le barrage de Novaïa Kharkova dont il dépend et qui est situé à 130 km en aval. Ici aussi, malgré les nombreuses interceptions de la Défense antiaérienne russe protégeant le barrage (qui sert aussi de pot sur le Dniepr), ce dernier a encore été touché par des HIMARS étasuniens le 12 août suite à quoi les forces armées ukrainiennes revendiquent, en plus des pertes russes occasionnées, avoir rendu sa traversée impraticable. (à confirmer) 

Bombardements ukrainiens sur Novaïa 
Kharkova avec des HIMARS le 12 août.

Il faut noter ici que cette centrale nucléaire, en plus de voir gravement menacés ses systèmes de refroidissement qui évitent la fusion des réacteurs, renferme des milliers de tonnes de déchets radioactifs dans des zones de stockages vulnérables aux bombardements. Si le scénario d'un nouveau Tchernobyl est peu probable (mais pas impossible) en revanche un arrêt d'urgence des réacteurs, une dépressurisation de leurs systèmes ou une destruction de stockages de matières radioactives entraineraient , en plus de l'arrêt de la production d'électricité, une contamination de l'air, des sols et de l'eau donc une évacuation des populations: c'est l'équivalent d'une "bombe sale" qui menace toute la région. Concernant le pire scénario, il n'est possible que si le système de refroidissement des réacteurs (qui doit être maintenu plusieurs années après leur arrêt) est mis hors service malgré toutes les sécurités installées (et renforcées depuis l'accident de Tchernobyl) et qu'aucune réparation ne peut être faite à cause de la situation militaire locale.

Quelles sont les réactions russes ?

Autour de la centrale les forces russes renforcent leur bouclier antiaérien et leur artillerie de contre batterie qui a déjà opéré des ripostes sur les points de tirs ukrainiens repérés, notamment à Marganets.

Le ministère russe de la Défense a annoncé que les bombardements ukrainiens avaient causé des dommages aux systèmes de refroidissement de 3 réacteurs nucléaires.

Au niveau industriel, les autorités russes ont réduit la production à sa charge minimale, à cause des réparations en cours et pour mieux prévenir de nouveaux dégâts éventuels sur les installations. La première conséquence sera que les territoires contrôlés par l'Ukraine ne seront plus fournis en électricité !

Depuis le début des bombardements ukrainiens sur le site nucléaire d'Energodar (20 juillet) mais aussi sur le barrage de Novaïa Kharkova qui lui est lié, les autorités russes ont à plusieurs reprises averti le régime de Kiev et alerté les instances internationales (Agence Internationale à l'Energie Atomique (AIEA) et ONU) qu'elles invitent à venir inspecter la centrale nucléaire "dans les plus brefs délais".

Vasily Nebenzya

Le représentant permanent de la Russie à l'ONU, Vasily Nebenzya a déclaré: "Si les attaques des forces armées ukrainiennes continuent, cela (la catastrophe nucléaire) peut arriver à tout moment. Ensuite, les territoires des régions de Kyiv, Kharkov, Zaporodje, Poltava, Kherson, Odessa, Nikolaîev, Kirovograd, Vinnitsa seront sous la menace d'une contamination radioactive ainsi que  les Républiques populaires de Donetsk et Lougansk, les régions Régions frontalières de la Russie et de la Biélorussie, de la Moldavie, de la Bulgarie et de la Roumanie. Et ce sont les prévisions d'experts les plus optimistes. L'ampleur réelle de la catastrophe nucléaire à la centrale nucléaire de Zaporodje est même impossible à imaginer. Dans ce cas, toute la responsabilité en incombera aux sponsors occidentaux de Kyiv." 

Quelles sont les réactions occidentales ?

Je n'évoquerai pas ici les mantras débiles et haineux des médias-systèmes qui n'ayant peur ni du ridicule, ni de la honte désignent évidement Moscou comme coupable des bombardements sur la centrale tenue par ses forces armées. De ce côté là rien à signaler qui ne relève pas d'un examen psychiatrique...

António Guterres

Du côté de l'ONU nous avons droit à une démonstration remarquable de l'hypocrisie occidentale par la voix de son secrétaire général António Guterres qui s'est fendu de déclarations de circonstance sans conséquence ni menace concrètes à l'encontre des responsables des bombardements sur la centrale nucléaire. Ainsi Guterres demande aux russes et ukrainiens de "faire preuve de bon sens et ne prendre aucune mesure qui pourrait compromettre l'intégrité physique et la sécurité de la centrale nucléaire - la plus grande du genre en Europe", leur demandant d'établir une zone de sécurité autour du site d'Ernegodar.

Quelle est réellement l'influence du "grand machin" comme le nommait le général De Gaulle dans les conflits ? : quasiment nulle surtout lorsque le "bon sens" invoqué ici par son secrétaire Général interfère avec les intérêts de la ploutocratie occidentale (il suffit de voir combien les résolutions contraignantes de l'ONU concernant les territoires palestiniens occupées sont méprisées par l'Etat sioniste par exemple). Et concernant l'Ukraine rappelons que Guterres a agité le spectre d'une famine en Afrique pour forcer le traité d'exportation céréalières depuis le port d'Odessa. Macron le maître du moment de la Francafrique avait même envoyé Macky Sall son laquais de l'Union africaine pleurer auprès de Vladimir Poutine pour lever le blocus russe 

Or, les 8 premiers vraquiers chargés du blé ukrainiens qui ont quitté les ports ukrainiens sont allés les livrer en France, en Grande Bretagne, au Liban, en Irlande, en Corée du Sud, en Turquie et non pas en Afrique qui est une fois de plus le dindon de la farce ploutocratique occidentale qui lui fait jouer le rôle de mendiant, pour mieux s'en mettre plein les poches et finalement la laisser dans sa misère organisée.

Devant la menace pesant sur Ernegodar, Guterres a déclaré "J'appelle au retrait de tout le personnel militaire et de l'équipement militaire de la station et à l'évitement de tout autre déploiement de forces militaires ou d'équipement militaire sur ce territoire", sauf que cette appel ne concerne de facto que les forces russes et non les forces ukrainiennes qui sont de l'autre côté du Dniepr.

Concernant la sécurité de la centrale nucléaire de Zaporodje, il n'y a donc rien à attendre de ce menteur de l'ONU qui n'est qu'un lobbyiste du complexe militaro-industriel capitaliste.

Rafael Grossi

Concernant l'AIEA, son positionnement ici relève plutôt du cynisme quand Rafael Grossi son directeur, après avoir annoncé d'abord qu' "il n'y a actuellement aucune "menace immédiate" pour la sûreté nucléaire de la centrale nucléaire de Zaporodje", admet au lendemain de ces nouveaux tirs ukrainiens être préoccupé par le bombardement de la centrale et a souligné qu'il était prêt à diriger la mission d'experts de l'AIEA pour protéger et garantir la sécurité des centrales nucléaires de la région mais sans montrer un quelconque empressement et encore moins d'autorité vis à vis de Kiev. 


Conclusion

Ce à quoi nous assistons ici, c'est à un chantage nucléaire mené par un régime ukrainien à l'agonie et qui est prêt à mettre au dessus des populations européennes dont sa propre population une épée de Damoclès atomique pour tenter de retarder son inéluctable défaite militaire. 

Même si une catastrophe nucléaire à grande échelle, brutale et irrémédiable est peu probable le risque dune contamination radioactive régionale est bien réel, la menace gravissime et son instrumentalisation politique inadmissible.

Le 12 août 2022, le Ministère étasunien des Affaires Etrangères en déclarant que "la Russie assumerait l'entière responsabilité de la situation de la centrale nucléaire d'Energodar" a donné ainsi son absolution à son vassal ukrainien pour qu'l continue ses bombardements du site nucléaire. De facto ce comportement paroxysmique irresponsable et criminel de la clique ukro-atlantiste donne surtout une carte blanche à Moscou pour écarter radicalement et par tous les moyens disponibles la menace nucléaire qui pèse sur la région.

Quant à savoir si Kiev est prêt à aller jusqu'au bout de sa folie et contaminer une partie de sa propre population, la réponse est déjà donnée par les 8 dernières années où son armée n'a eu de cesse que de bombarder les populations du Donbass, dans une intention ouvertement génocidaire.

Dans la série des opérations mensongères occidentales destinées à diaboliser la Russie dans l'opinion publique, les bombardements de la centrale de Zaporodje viennent nous offrir un nouveau record mondial de stupidité criminelle car leurs conséquences pourraient devenir rapidement incontrôlables et catastrophiques. 

Erwan Castel



vendredi 4 mars 2022

Halte au délire occidental !


Depuis ce matin, je reçois des dizaines de messages concernant cette prétendue attaque russe sur la centrale nucléaire de Zaporodje, entre le Donbass et la Crimée, Qu'en est-il exactement de cette information farfelue et dont le seul but est de jeter de l'huile sur une russophobie de plus en plus délirante et de vouloir maintenir, après la gestion hallucinée du Covid, les populations occidentales dans une psychose servile. 

Voici ce qui s'est passé réellement à 2h00 du matin sur le périmètre de la centrale nucléaire de Zaporodje :

Ce que l'on voit ici, sur les images de la vidéo surveillance, 
c'est une fusée éclairante arrivant près d'un bâtiment annexe
loin des infrastructures sensibles de la centrale nucléaire 
et en aucun cas, comme le prétendent les "journalistes" 
occidentaux, un missile ou un obus tiré contre la centrale !
Suite à l'arrivée au sol de la fusée éclairante un tout petit incendie 
s'est déclaré (ici sur la droite de l'image) et qui a été immédiatement 
maîtrisé par les servicesde sécurité incendie présents H24 sur le site. 

Les explications :

A 02h00 du matin le détachement de la garde nationale ukrainienne est intervenu pour stopper l'incursion d'un groupe de paramilitaires nationalistes dans le périmètre de la centrale venus probablement y commettre un attentat pour accuser ensuite l'armée russe. un échange de tirs aux armes légères a eu lieu lors de cette interception, et pour sécuriser leur action les soldats ukrainiens ont probablement tiré cette fusée éclairante. 

Ce n'est pas la première fois que des accrochages graves se font entre radicaux nationalistes et soldats réguliers ukrainiens et quelques heures plus tard, un autre échange de tir a eu lieu sur le périmètre défensif de Marioupol entre des soldats apeurés de la 56ème brigade ukrainienne et des radicaux excités du régiment "Azov". 

Une bonne capture d'écran d'une fusée éclairante anodine et 
un titre sensationnaliste au service d'une psychose collective
organisée pour conditionner les populations à haïr la Russie.

Que venaient faire exactement ces radicaux nationalistes dans le périmètre de la centrale nucléaire de Zaporodje ? C'est cette question plutôt inquiétante qui aurait dû faire la Une des médias occidentaux au lieu de ce fatras de conneries russophobes avec lesquelles ils veulent achever par la peur les dernières bribes d'esprit critique et de bon sens qui auraient échappé au grand lessivage de la pensée unique. 

A l'Est de Zaporodje, sur la rive gauche du Dniepr, se trouve à Ernegodar cette plus grande centrale nucléaire d'Europe, et les forces russes, conscientes du danger potentiel du site, ont développé une tactique d'approche adaptée: 

  • sans utiliser des armes lourdes capables d'endommager des infrastructures de fonctionnement de la centrale,
  • en abordant le secteur par des axes décalés pour ne pas mettre l'installation nucléaire dans le prolongement des tirs potentiels.

Mais concernant la fusée éclairante de Zaporodje, et qui plus est, est tirée par un soldat ukrainien, les thuriféraires de la russophobie hystérique piétinant toute forme de raisonnement, négligeant de vérifier l'information, voire travestissant volontairement la vérité, ont développé un tel discours apocalyptique et servile qu'on est en droit de s'interroger sérieusement sur leur santé mentale...

Quant aux journalopes français ils sont comme d'habitude sont sur le podium de
l'imbécilité haineuse et servile, comme BFM TV, cette officine mondialiste de la
marchandisation du Monde et asile des BHL, Ackermann and Co ! :

Et pour information, voilà à quoi ressemble un vrai bombardement russe :

Antenne de télévision de Kiev détruite par un 
missile russe le 1er mars, interrompant les 
diffusions des télévisions ukro-occidentales.

Et que surtout les journalistes ensuite ne s'étonnent pas qu'en Ukraine, les antennes de télévision de la propagande de guerre ukro-atlantiste soient prises pour cibles par les forces russes car bombarder de tels incendiaires médiatiques relève plus d'un acte humanitaire que d'un acte de guerre !

Merci de ne pas paniquer: les russes ne sont pas des fous comme ceux qui ont détruit Hiroshima, le Vietnam, la Serbie, l'Irak, la Syrie, la Lybie etc.. et voulaient détruire le Donbass !

Erwan Castel


samedi 23 juillet 2022

Rappel géopolitique


A la veille des 5 premiers mois du conflit russo-ukrainien, cette région pontique, carrefour historique et stratégique majeur de l'Europe attire de nombreux regards devant lesquels les propagandes s'affrontant au dessus du champ de bataille tentent d'imposer une vision idéologique partiale et donc partielle.

Il est donc important de rappeler le contexte et les racines de cette crise qu'une stratégie d'affrontement entre 2 visions du Monde a finalement éclaté en conflit de haute intensité et symétrique entre Moscou et l'OTAN, cette dernière bataillant par son proxy ukrainien.

Voici une analyse signé Emmanuel Leroy qui aborde le conflit à travers 10 questions qui reviennent régulièrement sur les réseaux. Emmanuel Leroy est à la fois un penseur proche de la vision eurasiste de la nécessité d'instaurer un monde multipolaire et un homme d'action qui organise depuis 7 ans des actions humanitaires en faveur des enfants du Donbass. 

J'apprécie beaucoup ce genre d'analyse, à la fois pertinente et argumentée mais qui jamais ne sombre dans une caricature propagandiste bipolaire au service d'une idéologie personnelle et sectaire. Des questions et des éléments de réponse qui laissent libres l'esprit critique et la liberté de conscience du lecteur 

Erwan Castel

P.S. Je me suis permis de rajouter quelques observations personnelles et mise à jour.

Source de l'article : Saker francophone

Les 10 mystères de la guerre d’Ukraine

Pourquoi l’armée russe a t-elle attaqué le 24 février 2022 ?

Pourquoi les Russes attaquent-ils à 1 contre 2 ?

Pourquoi les Russes ont-ils lancé l’assaut contre Kiev et Kharkov ?

Que s’est-il passé à Tchernobyl ?

Que s’est-il passé à Energodar ?

Quid des laboratoires biologiques US ?

Où sont passés les 50 officiers français de Marioupol + autres officiers de l’OTAN ?

Que s’est-il passé à Boutcha ?

Que s’est-il passé à Kramatorsk ?

L’île aux serpents


Lancée dans la nuit du 23 au 24 février 2022, l’opération militaire spéciale, puisque c’est comme cela que les Russes l’ont appelée, recèle comme tout ce qui touche à la Russie, une bonne part de mystère et de nombreuses questions restées sans réponse. Nous allons tenter de répondre à certaines d’entre elles, ou du moins formuler des hypothèses, car il est bien évident qu’à ce stade des opérations et du brouillard de guerre qui l’environne, il est tout à fait impossible de répondre catégoriquement et on peut même affirmer qu’à l’issue de ce conflit – qui peut encore durer très longtemps – il est probable que certaines de ces questions ne connaîtront pas de réponses claires avant longtemps, si tant est qu’elles en reçoivent jamais. Mais cela n’empêche pas d’imaginer quelques réponses, quitte à soulever d’autres questions que d’autres essayerons de résoudre un jour.


Pourquoi l’armée russe a t-elle attaqué le 24 février 2022 ?

Pour ceux qui suivent le dossier du Donbass depuis les origines, c’est-à-dire depuis le coup d’État du Maïdan de 2014, la bonne question serait plutôt : pourquoi les Russes ont-ils tant tardé à intervenir pour mettre un terme à ce conflit qui n’a jamais cessé depuis 2014 ? En effet, nombreuses sont les personnalités politiques et militaires qui en Russie même, critiquent le Kremlin pour n’avoir lancé l’opération spéciale qu’en 2022 alors que l’armée ukrainienne avait été battue à plate couture en février 2015 et qu’elle n’existait virtuellement plus à cette date après la cinglante défaite de Debaltsevo. La réponse la plus plausible à cette question est que la Russie n’était pas suffisamment forte en 2015 pour encaisser le contrecoup des sanctions infernales qui n’auraient pas manqué de lui être infligées comme elles le sont aujourd’hui. Il est probable qu’en 2015 l’économie russe n’aurait pas été assez résiliente pour résister à l’étranglement des sanctions. De même à cette époque l’architecture financière de la Russie était encore rudimentaire et trop dépendante de l’Occident pour faire face aux coupures du système Swift et à l’arrêt quasi complet des exportations vers l’Europe. De plus, on peut ajouter qu’en 2015, la restauration de la puissance de l’armée russe n’était pas achevée (le discours de Poutine sur les nouvelles armes russes date de 2018) et il est probable que la Russie ne s’estimait pas prête à un conflit ouvert avec l’OTAN si celui-ci avait éclaté à cette date.

Les Russes ont affirmé (sans preuve dirimante pour l’instant) avoir saisi des documents dès les premiers jours de l’opération qui prouveraient que l’armée ukrainienne se préparait à donner l’assaut contre le Donbass dans les premiers jours de mars. Ce qui est établi c’est que l’état-major de Kiev avait positionné sur la ligne de front du Donbass depuis le printemps 2021 environ la moitié de son armée (plus de 150 000 hommes) et que ces troupes d’assaut étaient constituées des meilleures divisions de l’armée ukrainienne.

Le blogueur états-unien Moon of Alabama, spécialiste de géopolitique, affirme que

"l’entrée de la Russie en Ukraine le 24 février 2022 visait très certainement à prévenir l’assaut de l’armée ukrainienne dans le Donbass. Le rapport du 15 février de la mission spéciale de surveillance de l’OSCE en Ukraine a enregistré 41 explosions dans les zones de cessez-le-feu. Ce chiffre est passé à 76 explosions le 16 février, 316 le 17 février, 654 le 18 février, 1413 le 19 février, un total de 2026 les 20 et 21 février et 1484 le 22 février. Les rapports de mission de l’OSCE ont montré que la grande majorité des points d’impacts de l’artillerie se situaient du côté séparatiste de la ligne de cessez-le-feu."

Ma conviction personnelle est que l’armée ukrainienne a bien tenté l’assaut contre les républiques de Donetsk et de Lugansk en avril 2021 mais que cette tentative a été brisée par l’emploi massif de techniques de guerre électronique par les Russes qui a littéralement coupé toutes les communications radio des forces ukrainiennes et provoquant de ce fait ce que l’on pourrait appeler un véritable déni de guerre. Il a fallu près d’un an pour l’OTAN et pour l’armée ukrainienne pour rebâtir un système de communication que les Russes ne pouvaient plus inhiber. Et c’est ainsi qu’intervient la mise à disposition « miraculeuse et gratuite » du réseau satellitaire STARLINK d’Elon Musk au bénéfice de Kiev – opérationnel dès le début du conflit, et sans doute bien avant – et qui a sans doute considérablement gêné l’état-major russe dans les premières semaines de l’opération et probablement aujourd’hui encore.


Pourquoi les Russes attaquent-ils à 1 contre 2 ?

Tous les spécialistes militaires vous diront que l’on n’attaque jamais avec un ratio inférieur à deux contre un, voire trois contre un de préférence, pour espérer pouvoir l’emporter. Dans le cas présent, les Russes semblent avoir lancé l’opération avec environ 150 000 hommes sur 4 secteurs différents (Kiev et Kharkov au nord, le Donbass à l’est et Kherson au sud) et cela sur une ligne de front de 2500 km). Pour mémoire, lors de la campagne de France en mai 1940, et sur un front beaucoup plus réduit, l’Allemagne attaque avec 137 divisions et un total de 2 750 000 hommes. Rien que les forces armées ukrainiennes dans le Donbass disposent d’un nombre d’hommes équivalent à l’ensemble des forces russes engagées dans l’opération. Alors pourquoi lancer l’assaut dans ces conditions ce qui a littéralement sidéré les états-majors occidentaux ?

Première observation, même si l’armée russe est indubitablement la première armée d’Europe, et de loin avec près d’un million d’hommes affectés à la défense du territoire, les forces opérationnelles de l’armée de terre ne dépassent pas 300 000 hommes et il serait très hasardeux de dégarnir toutes les frontières de la Fédération de Russie pour les engager massivement sur le théâtre ukrainien si l’OTAN décidait par exemple, d’actionner son valet japonais du côté des Kouriles. Les Russes n’ont pas oublié la leçon de 1905.

Deuxième observation, on a le sentiment que la décision d’intervention est prise dans la précipitation, probablement dans le but d’agir en premier dans une guerre préemptive afin d’éviter le massacre de populations civiles dans le Donbass dans le cas où les forces armées ukrainiennes (FAU) auraient lancé l’offensive. On se rappelle que les populations civiles du Donbass commencent à être évacuées massivement quelques jours avant le 24 février.

Troisième observation, il s’agit pour les Russes d’une opération militaire spéciale et non pas d’une guerre ce qui interdit la mobilisation générale et le réveil du traumatisme de la Grande Guerre patriotique de 1941 avec ses 27 millions de morts toujours à vif dans l’esprit des Russes. La raison de ce choix politique est probablement que les dirigeants russes sont parfaitement conscients que cette guerre n’est pas une guerre contre l’Ukraine mais une guerre contre le Système occidental dans toutes ses composantes et qu’il est impératif de garder des forces sur le front économique afin de ne pas voir s’effondrer la Russie face aux sanctions occidentales. Mais il est bien clair que ce pari reposait sur une guerre courte et décisive et que sa prolongation, encouragée de toutes ses forces par l’OTAN, verra inéluctablement la transformation de cette opération militaire spéciale en situation de guerre stricto sensu avec toutes les conséquences qui en découleront, y compris pour les alliés de Kiev.


Pourquoi les Russes ont-ils lancé l’assaut contre Kiev et Kharkov ?

Bien évidemment, l’irruption des forces russes au nord sur les secteurs de Kiev et de Kharkov a contribué à fixer une part notable de l’armée ukrainienne dans cette zone ce qui a permis de soulager les fronts est et sud de l’opération. C’est un des arguments avancés par les propagandistes pro-russes pour justifier a posteriori la validité de ce choix stratégique. Si la prise rapide de tout le littoral sud qui a permis de sécuriser la péninsule de Crimée entre Kherson et Novoazovsk et de sanctuariser la mer d’Azov pourrait justifier la mise en place de cette stratégie, en revanche sur le front du Donbass, la résistance féroce des FAU jusqu’à aujourd’hui ne justifiait pas le sacrifice de milliers de soldats russes dans les batailles sanglantes à Irpin, Soumy, Kharkov et Tchernikov, d’autant moins que ces secteurs furent abandonnés quelques semaines après pour opérer une réaffectation des forces russes dans les opérations du front du Donbass.

Bien que cela ait été nié, on ne peut exclure que l’état-major général de l’armée russe ait été abusé sur l’état moral de l’armée ukrainienne et que la prise rapide de Kiev – peut-être avec des complicités internes qui auraient été déjouées par l’OTAN et le SBU – était escomptée de manière à provoquer un effondrement rapide de la résistance ukrainienne. Si cette hypothèse est vraie, on ne peut que constater qu’elle fut un dramatique échec dont la conséquence sera probablement d’aboutir à une guerre longue dont l’Ukraine sera la principale perdante.


Que s’est-il passé à Tchernobyl ?

La centrale nucléaire de Tchernobyl située à une centaine de kilomètres au nord de Kiev est occupée dès le 24 février par les troupes aéroportées russes en provenance de la frontière biélorusse toute proche. Le contrôle de ce site industriel ne présente aucun intérêt stratégique ni pour l’assaut sur la capitale ukrainienne, ni même dans le déroulé de l’opération militaire spéciale car l’essentiel des efforts de contre-attaque des FAU durant le mois de mars se dérouleront plus au sud pour la reprise de l’aérodrome Antonov de Kiev et de la ville adjacente de Gostomel. Contrairement à ce qu’affirme Wikipédia, il n’y a pas eu véritablement de « bataille de Tchernobyl » car les soldats ukrainiens et les forces de sécurité présentes sur place se sont rendues très vite quasiment sans résistance et semblent même avoir collaboré, au moins partiellement, avec les forces d’occupation.

Néanmoins, les Russes resteront sur place jusqu’au 29 mars en établissant quelques éléments de défense autour de la centrale, notamment en creusant des tranchées sur la périphérie sud. Qu’est-ce qui a poussé l’armée russe à envoyer quelques-unes de ses meilleures troupes sur un site hautement contaminé ? L’hypothèse la plus vraisemblable est qu’elle avait en projet d’empêcher les Ukrainiens de fabriquer une bombe nucléaire « sale » élaborée à partir de déchets radioactifs. Cette conjecture complotiste doit être examinée à l’aune des déclarations de Volodymir Zelensky le 18 février 2022 lors de la 58ème conférence de Munich sur la sécurité où il déclare très clairement que l’Ukraine est prête à remettre en question son statut de puissance non-nucléaire en menaçant de dénoncer le Mémorandum de Budapest. Le régime de Kiev avait-il déjà commencé à travailler à la mise au point d’une bombe atomique à partir des déchets radioactifs de la centrale de Tchernobyl ? On ne peut pas l’exclure, ni l’affirmer non plus, mais la question suivante au sujet de la prise de contrôle de la centrale d’Energodar apportera peut-être quelques éclaircissements.

Observation personnelle : 

Cette dernière remarque d'Emmanuel Leroy sur la fabrication potentielle de munitions nucléaires pat le régime de Kiev est confirmée 

  • par la volonté déclarée publiquement à Vienne par Zelensky à la mi février 2022 de voir la composante nucléaire revenir dans l'arsenal ukrainien.
  • par  le découverte dans la centrale nucléaire d'Ernegodar (centrale de Zaporodje) de stocks nucléaires hors inventaire et excédentaires.(voir § suivant)
  • techniquement, se doter de l'arme nucléaire ne présente pas un gros problème pour l'Ukraine qui possède l'expérience, des usines et des lanceurs soviétiques.

 

Que s’est-il passé à Energodar ?

Ville située sur la rive gauche du Dniepr au sud de Zaporijia, Energodar est une cité moderne sur laquelle a été construite la plus puissante centrale nucléaire d’Europe. Comme Tchernobyl, la ville et la centrale d’Energodar passent sous contrôle russe – malgré le démenti du maire Dmitri Orlov – dès le 26 février. Dans un article daté du 25 mai 2022 le journaliste étasunien du Wall Street Journal, Laurence Summer, affirme que le chef de l’AIEA (Agence internationale de l’Energie Atomique) Rafael Rossi aurait déclaré à Davos que la centrale nucléaire recelait 30 tonnes de plutonium et 40 tonnes d’uranium enrichi. Selon le degré d’enrichissement de ce dernier, il aurait été assez simple pour l’Ukraine de reconstituer tout un stock d’armes nucléaires avec le soutien occidental, ce qui était un risque que les Russes ne pouvait pas tolérer. Ce qui est sûr, c’est que dès le 4 mars, les forces spéciales ukrainiennes – peut-être assistées de SAS britanniques – tentent de reprendre le contrôle de la centrale afin d’empêcher le transfert en Russie des stocks de plutonium et d’uranium.

Selon le chercheur Thierry Meyssan 

"le plutonium est vendu entre 5 000 et 11 000 $ le gramme. 30 tonnes achetées au prix coûtant, cela représente 150 milliards de dollars. Le prix de l’uranium dépend de son degré d’enrichissement. À moins de 5 %, il ne peut être utilisé qu’à usage civil et doit atteindre au moins 80 % pour un usage militaire. Ignorant son degré d’enrichissement, on ne peut évaluer son prix. La saisie par la Russie de ce stock non-déclaré rembourse probablement l’ensemble des sanctions prises contre elles."

Le président du Réseau Voltaire poursuit : 

"L’information dont nous disposons soulève plusieurs questions : depuis quand l’Ukraine, qui avait cédé à la Russie tous ses stocks de l’époque soviétique, détient-elle ces matériaux ? D’où viennent-ils et qui les a payés ? Subsidiairement: quel est le taux d’enrichissement de l’uranium et qui l’a enrichi ?".

Ces questions restent en suspens et ne manquent pas d’interroger sur le rôle réel qu’a joué l’AIEA dans cette affaire.


Quid des laboratoires biologiques US ?

Dès la chute de Viktor Yanukovitch en 2014, l’OTAN renforce son emprise sur l’Ukraine et met en place un réseau d’une trentaine de laboratoires biologiques dont des documents récupérés par l’armée russe dès le début des opérations exposent qu’y étaient réalisées « des expériences extrêmement dangereuses visant à renforcer les propriétés pathogènes de la peste, de l’anthrax, de la tularémie, du choléra et d’autres maladies mortelles en recourant à la biologie de synthèse ». Les États-Unis, après avoir nié l’existence de ces laboratoires, ont affirmé qu’il s’agissait d’un programme visant à détruire les armes biologiques que l’Union soviétique aurait fabriquées et stockées en Ukraine. Pour la Russie au contraire, le Pentagone faisait sous-traiter en Ukraine – comme il le fait également en Géorgie, au Kazakhstan et ailleurs – des recherches sur des vecteurs biologiques interdits par la Convention sur l’interdiction des armes biologiques de 1972.

Malgré les tentatives américaines d’effacer toutes traces de ces recherches en ordonnant la destruction des souches et des documents y afférents dès le début de l’invasion, des sources russes affirment que des expériences auraient été menées sur des malades mentaux à l’hôpital psychiatrique n° 1 (dans la ville de Streletchyé, oblast de Kharkov) et qu’un agent tuberculeux aurait été manipulé pour infecter la population du district de Slavianoserbsk (République populaire de Lougansk). Ce qui semble avéré également serait la participation de Hunter Biden, fils du Président US, dans ces expériences comparables aux pires abominations nazies.

En effet, selon des médias états-uniens :

"Environ un an après que les fonds d’investissement de Hunter Biden ont investi de l’argent dans Metabiota, des représentants de la société ont assisté à une réunion en octobre 2016 impliquant des responsables militaires américains et leurs homologues ukrainiens pour discuter de « la coopération dans la surveillance et la prévention des maladies infectieuses particulièrement dangereuses, y compris les maladies zoonotiques en Ukraine et dans les pays voisins". 

Les contrats gouvernementaux corroborent également la relation de travail entre Metabiota, les laboratoires ukrainiens et le département américain de la Défense, l’entreprise ayant reçu une subvention de 18,4 millions de dollars de l’agence américaine en 2014.

Alors ? Complotisme ? Propagande russe ? Hystérie ? Nous vous laissons juge.


Où sont passés les 50 officiers français de Marioupol + autres officiers de l’OTAN ?

La présence de milliers d’occidentaux dans les rangs de l’armée ukrainienne et cela bien avant le début du conflit, est parfaitement documentée : Instructeurs de l’OTAN, mercenaires, conseillers divers, forces spéciales… et il est même établi que notre Gendarmerie nationale a fourni quelques instructeurs aux FAU et peut-être même au régiment Azov, au moins durant l’année 2021.

Alors d’où vient cette rumeur sur la présence d’officiers français à Marioupol ? Dès la mi-mars 2022, l’encerclement de la ville est achevé et des rumeurs font déjà état de la présence de nombreux occidentaux (Canadiens, Britanniques, Américains, Français, Israéliens…) présents aux côtés des FAU et du célèbre régiment Azov qui défendent la ville. Le 30 mars, alors que les bruits enflent sur la présence de soldats français (des photos trouvées sur les réseaux sociaux montrent des insignes de la Légion étrangère française et des bérets verts trouvés dans les ruines de la ville), on apprend que le général Eric Vidaud, directeur du renseignement militaire est brutalement limogé alors qu’il n’est en poste que depuis 7 mois.

Durant tout le mois d’avril des pressions très fortes sont exercées par les occidentaux contre les Russes (le président français en première ligne sur ce sujet) pour obtenir un couloir humanitaire afin d’évacuer les « civils » de Marioupol. Devant le refus obstiné des Russes de laisser partir, non pas les civils mais les gros poissons (on a parlé d’un général canadien et d’un amiral US) enfermés dans l’usine Azovstal, plusieurs opérations de sauvetage par hélicoptères et même par voie maritime seront tentées et aboutiront toutes à des échecs sanglants. Selon les sources, entre 2 et 8 hélicoptères seront abattus lors des tentatives d’extraction. Lors de l’une d’entre elles, deux officiers français auraient été retrouvés morts dans la carlingue calcinée d’un des aéronefs.

Alors d’où vient cette rumeur sur la présence des 50 officiers français de Marioupol ?

L’affaire prend véritablement de l’ampleur lorsque le Secrétaire général du parti nationaliste turc VATAN, Özgür Bursal, tient une conférence de presse au siège de son parti à Ankara le vendredi 22 avril 2022 en annonçant que « Macron avait laissé mourir plus de 50 officiers français en Ukraine ». Le Turc affirme tenir cette information de source russe de haut niveau.

Il est évident que ce type de révélation à quelques jours de la présidentielle française aurait eu un impact direct sur l’issue du scrutin et qu’il était crucial pour l’Élysée de maintenir le couvercle sur cette affaire, au moins jusqu’à l’issue de l’élection.

Quoi qu’il en soit, le 18 mai les derniers défenseurs d’Azovstal commencent à se rendre après deux mois de siège et de nombreuses vidéos circulent sur la Toile montrant le spectacle de la reddition. Si une photo présente de manière présumée l’amiral US Eric Olson (affirmation démentie par les médias aux ordres mais ni confirmée ni infirmée par l’armée russe), plus aucune trace de mercenaires ou d’officiers occidentaux n’apparaît dans la presse russe officielle. Seules les rumeurs continuent de plus belle sur les réseaux sociaux. Et parmi celles-ci, l’une d’entre elles affirme que les officiers de l’OTAN qui voulaient se rendre ont été exécutés par les fanatiques du régiment Azov qui ne voulaient pas entendre parler de reddition. Ce qui est certain, c’est que plusieurs centaines de cadavres (certaines sources parlent de plus de 200 corps) ont été retrouvés dans les sous-sols de l’usine dans des camions frigorifiques qui ne fonctionnaient plus. Des Français font-ils partie du lot ? Seuls les Russes ont la réponse à cette question. Sont-ils au contraire sortis vivants et feront-ils l’objet d’âpres négociations entre l’OTAN et le Kremlin lorsque la diplomatie reprendra ses droits ? Seul l’avenir nous le dira, peut-être…

Observation personnelle : 

Lors du nettoyage de l'Usine Azovstal, en plus des corps trouvés dans les pièces frigorifiques ou simplement entreposés dans des souterrains, un crématorium a été découvert avec des restes humains appartenant à plusieurs dizaines de corps et à proximité un fragment d'une carte d'identité étasunienne. Pourquoi était-il nécessaire de faire disparaître certains corps parmi les cadavres de l'usine, civils assassinés, soldats exécutés ou effectivement membres de l'OTAN à faire disparaître ? 


Que s’est-il passé à Boutcha ?

Avec l’affaire de Boutcha, nous entrons clairement dans la propagande de guerre de bas étage et qui paradoxalement se démonte aujourd’hui plus facilement, grâce en partie aux réseaux sociaux, que les histoires de bébés crucifiés aux portes des granges par l’armée prussienne en 1914.

Il faut dire que dans cette affaire, la précipitation et l’amateurisme des faussaires ont permis d’éventer rapidement la supercherie.

Tout d’abord la chronologie même des événements ne colle pas avec la réalité : le 30 mars les soldats russes évacuent la ville et dès le lendemain, le 31 mars, le maire de Boutcha hilare devant une caméra, le confirme et précise même qu’il n’a aucun mort à déplorer dans sa ville ce dont il se réjouit, bien évidemment. Le même jour, les néo-nazis du régiment Azov entrent dans Boutcha et le 4 avril est publiée dans le New-York Times une photo satellite datée du 19 mars, qui montre une rue jonchée de cadavres. La photo, diffusée aux médias occidentaux, a été présentée comme preuve d’un « crime de guerre commis par les troupes russes en Ukraine ». Mais des experts établiront que la photo n’a pas été prise le 19 mars, quand l’armée russe se trouvait encore dans la ville mais le 1er avril, deux jours après qu’elle l’ait évacuée. La date et l’heure exacte de l’image ont été calculées par le programme SunCalc sur la base de l’inclinaison du soleil au-dessus de l’horizon et donc de la direction des ombres. Dans l’image satellite publiée par le New York Times, l’angle du Soleil est de 42 degrés. Cela signifie que la photo satellite a été faite à 11h57 GMT le 1er avril.

Par la suite, les expertises réalisées dans le cadre de l’enquête internationale chargée de démontrer la réalité du prétendu crime de guerre commis par la Russie, concluront au fait que la plupart des cadavres de Boutcha présentaient des blessures par des fléchettes contenues dans des obus utilisés par l’armée ukrainienne alors que les autorités de Kiev affirmaient que tous les civils avaient été exécutés avec des armes automatiques.

Fin de la manipulation et silence radio désormais sur les médias de grand chemin au sujet du « massacre de Boutcha ».

Observation personnelle : 

L'unité spéciale ukrainienne venue à Boutcha le 1er avril est précisément le bridage "Safari" spécialisée dans le maintien de l'ordre (on va la retrouver lors de la réoccupation de villages dans le secteur de Soumy notamment où de nombreux habitants dénoncés comme pro-russes vont  "disparaitre"

Concernant Boutcha, d'autres observations détruisent facilement le narratif ukro-atlantistes comme par exemple les brassards blancs (qui avec les brassards rouges désignent les russes et pro-russes ), l'absence de lividité et rigidité cadavérique lors des premiers reportages du 2 avril. Ensuite il est simplement ridicule pour les occidentaux de vouloir nous faire croire que des corps puissent rester intacts pendant 2 semaines sans être enterrés (même provisoirement) par une population chrétienne pour qui c'est inconcevable, épargnés par les chiens errants et les oiseaux et épargnés par les bombardements ukrainiens et les véhicules russes qui ont redoublé avant leur départ.


Que s’est-il passé à Kramatorsk ?

Dans cette autre affaire de manipulation où un missile a été lancé le 8 avril 2022 sur la gare de Kramatorsk juste après que les autorités ukrainiennes aient annoncé que des trains d’évacuation étaient à disposition des habitants et où une foule importante de civils était assemblée dans la gare (plusieurs dizaines de morts). Il y a là deux objectifs qui sont poursuivis : outre la volonté de présenter un agresseur russe commettant des crimes de guerre aux yeux de l’opinion publique mondiale, il y avait la volonté d’empêcher les populations du Donbass de quitter les villes où elles servent de bouclier humain aux FAU en les décourageant de partir par le train (pour les nombreuses familles qui ne disposent pas de véhicules).

Là encore, à l’heure des réseaux sociaux, après l’effet d’annonce, il est plus facile de faire circuler l’information et quelques minutes après l’attentat, une photo est reprise sur la Toile où l’on peut voir très nettement le numéro de série du missile Tochka-U (?91579 en russe) qui a frappé la gare ferroviaire. Ce missile provient d’un stock clairement identifié comme appartenant à l’armée ukrainienne. Seules les FAU disposent de missiles Tochka-U. L’armée russe n’utilise plus cette arme depuis 2019. Les Républiques Populaires de Donetsk et de Lugansk ne l’ont jamais utilisée. Il s’agit là de manière plus qu’évidente d’un crime de guerre accompli par le régime de Kiev contre sa propre population dans le but de blâmer la Russie.

Seuls ceux qui ne connaissent pas le degré de haine et de mépris dans lequel sont tenus les habitants du Donbass par les militants nationalistes et suprémacistes ukrainiens pourront s’étonner de voir une armée tirer délibérément sur son « propre » peuple.

Observation personnelle : 

Si le fait que l'armée russe ne peut-être avancé comme argumentaire, car  les russes gardent toujours leurs stocks d'ares et munitions (y compris ceux datant de la IIGM) et les réactivent si nécessaire (comme récemment le chars de combat T62 récemment déployés en Ukraine pour servir d'artillerie mobile appuyant les assauts urbains de l'infanterie), en revanche le numéro de série du missile lisible sur le débris de son empennage photographié des centaines de fois appartient bien au stock fourni aux brigades de missiles de l'Ukraine soviétique et dont pas une seule avait des dépôts dans le Donbass.


 L’île aux serpents (Ile Zmeiny)

Cet îlot minuscule situé en Mer Noire à une cinquantaine de kilomètres des côtes ukrainiennes et roumaines est d’une importance stratégique majeure dans le conflit actuel car la possession de ces arpents de terre permet à celui qui les contrôle de verrouiller l’accès à Odessa, c’est-à-dire au seul port dont dispose encore Kiev et surtout de surveiller toute la partie ouest de la Mer Noire où deux pays de l’OTAN sont présents, Bulgarie et Roumanie, cette dernière étant particulièrement active dans le conflit, notamment dans le cadre de la future très probable agression de l’OTAN contre la République Moldave du Dniestr, entité séparatiste pro-russe mieux connue sous le nom de Transnistrie et située entre la Moldavie et l’Ukraine.

Au-delà de l’intérêt stratégique pour le contrôle de cette île, il y a eu également des rumeurs sur la présence d’un laboratoire biologique sur l’île des Serpents mais les sources disponibles ayant relaté l’information sont plutôt sujettes à caution.

En revanche, la volonté de l’OTAN de reprendre le contrôle de cette île à tout prix découle clairement des moyens engagés – et perdus -. Petite chronologie des événements :

Dès le matin de l’offensive, le 24 février 2022, l’île est prise par la marine russe. Le récit de la prise de cet îlot stratégique sera l’occasion du premier bobard de guerre car selon le ministère ukrainien de la défense, les treize garde-frontières présents sur l’île auraient résisté jusqu’à la mort en refusant l’ultimatum d’un navire russe qui leur demandait de se rendre. Mais deux jours plus tard, la diffusion sur la Toile des photos de la reddition des gardes-frontières contraint les autorités ukrainiennes à annoncer que leurs soldats sont bien en vie et ont été capturés par les Russes. Une image satellite prise le dimanche 27 mars 2022 par Maxar Technologies montre l’île des Serpents dont certains bâtiments sont endommagés, ainsi qu’un navire de débarquement de classe Ropoutcha de la marine russe ancré près de l’île. Des frappes militaires russes ont donc bien eu lieu, mais d’ampleur limitée, en préalable à l’occupation de l’île. Fin mars 2022, les garde-frontières ukrainiens (il y en avait 82 et non pas 13) ont été libérés lors d’un échange contre des prisonniers russes détenus par l’Ukraine.

Le communiqué du Ministère de la Défense russe publié le 9 mai 2022 (date anniversaire de la victoire de l’Union soviétique contre l’Allemagne) fait état des faits suivants :

Selon les informations mises à jour, 6 hélicoptères Mi-8 et Mi-24 ont été détruits pendant la nuit près d’Artsiz dans la région d’Odessa près de l’aérodrome militaire de Chervonoglinskoe par des missiles de haute précision Onyks du système de missiles côtiers Bastion. …

Le 7 mai, sur ordre direct de Zelensky, l’état-major ukrainien, avec l’implication directe de conseillers américains et britanniques, a planifié une provocation majeure pour s’emparer de l’île de Zmeiny.
 
Au cours des deux derniers jours, le régime de Kiev a fait plusieurs tentatives désespérées d’assauts aériens et maritimes sur l’île de Zmeiny, qui est importante pour le contrôle de la partie nord-ouest de la mer Noire.

La provocation ukrainienne a été déjouée grâce à l’action compétente d’une unité des forces armées russes sur l’île. L’ennemi a subi de lourdes pertes.

4 avions ukrainiens, dont 3 Su-24 et 1 Su-27, 3 hélicoptères Mi-8 avec des parachutistes à bord, et 1 hélicoptère Mi-24 ont été abattus en vol pendant que l’armée repoussait les attaques contre l’île de Zmeiny.

En deux jours, 29 drones ukrainiens ont été abattus en vol, dont 8 drones d’attaque Bayraktar TB-2. De plus, 4 drones Bayraktar ont été abattus cet après-midi.

Par ailleurs, trois bateaux d’assaut amphibies ukrainiens blindés transportant du personnel de la marine ukrainienne ont été détruits lors d’une tentative de débarquement dans la nuit du 8 mai.

Suite à la provocation irréfléchie de Zelensky, plus de 50 saboteurs ukrainiens ont été tués en mer et sur la côte lors du débarquement et des tentatives de consolidation sur l’île.

24 corps de militaires ukrainiens morts ont été abandonnés sur le rivage de l’île de Zmeiny.

Côté russe, les pertes sont également sensibles puisqu’au moins deux navires de la Flotte de la Mer Noire ont été coulés (probablement par les missiles sol-mer ou air-mer) soit à proximité immédiate de l’île, soit au large de celle-ci.

Il est peu probable que les restes archéologiques du temple d’Achille découvert sur cette île pélagienne soient la raison principale des moyens très lourds engagés par les deux parties pour conserver ou reprendre le contrôle de ce bout de terre aride. Sa position-clé à une époque où les radars, la guerre électronique et les missiles à capacité stratégique jouent un rôle majeur dans la conduite de la guerre, suffit largement à expliquer l’intérêt majeur que représente ce bout de terrain situé aux confins des frontières de l’OTAN dans la guerre en cours entre la Russie et l’Occident.

Observation personnelle : 

Depuis cet article, l'île au serpent a été abandonnée par les forces russes car trop isolée, son ravitaillement était vulnérable (surtout depuis la perte du croiseur Moskva qui assurait la couverture anti aérienne du secteur) et trop proche des côtes ukrainiennes elle subissait des bombardements d'attrition augmentés grâce aux aides occidentales (drones d'attaque, missiles et obusiers longue portée). Mais les forces aérospatiales russes maintiennent ce caillou au large d'Odessa sous leurs feux continuels qui dissuadent les forces ukrainiennes de le réoccuper et l'utiliser pour menacer la rade de Sébastopol par exemple. 

Probablement que dans le cadre des accords internationaux pour réactiver les exportations céréalières ukrainiennes à partir d'Odessa, cet ilot va être  sanctuarisé  et rester neutre.

Enfin pour conclure et au rebours de certains propagandistes pro-russes exagérément optimistes, et malgré les succès tactiques de l’armée russe obtenus dans le Donbass depuis son repositionnement du mois d’avril et son indubitable supériorité aérienne et de capacité d’artillerie, la lenteur extrême de l’avancée russe sur le front est et la stagnation quasi complète sur les autres fronts démontrent que le Kremlin ne pourra échapper à une mobilisation générale s’il veut l’emporter. La guerre d’Ukraine est une guerre existentielle pour la Russie comme pour l’Occident. Nous n’en sommes qu’au début et les peuples d’Europe n’ont pas fini de souffrir. Sursum corda !

Emmanuel Leroy

Président de l’Institut 1717 – Pour une nouvelle alliance franco-russe

jeudi 10 mars 2022

Jour Z+13, point de situation

BTR détruit dans un combat en banlieue de Kharkov

Le pourquoi de cette guerre russo-ukrainienne

Je ne reviendrai pas ici sur les origines de cette guerre commencée il y a 8 ans dans le Donbass et qui a explosé en Ukraine depuis le 24 février, maintes fois rappelés lors d'articles précédents mais il m'a semblé très intéressant de publier ici ce que Biden, alors sénateur étasunien,  disait avec justesse en 1997: 

"La seule chose qui peut provoquer une 
réponse hostile et énergique de la Russie 
c'est l'expansion de l'OTAN aux États baltes."

Nous constatons donc ici que l'argumentaire déployé par le Président Poutine concernant cette inadmissibilité sécuritaire de l'expansion de l'OTAN aux frontières de la Russie est légitime et même reconnue de longue date par ceux là mêmes qui dirigent cette alliance militaire au coeur de l'Europe. La crise ukrainienne, qui commence sur le Maïdan en février 2014, qui se radicalise avec le conflit asymétrique du Donbass et finit par exploser par cette  guerre moderne en Ukraine est donc bien le fait de cette obstination occidentale à vouloir menacer et provoquer la Russie jusque sur ses frontières occidentales ! 

Il est vraiment temps que les peuples européens ce libèrent de leurs étatismes capitalistes serviles qui les entrainent dans un chaos voulu par cette ploutocratie mondialiste cherchant dans une fuite en avant suicidaire à se sauver de ses propres folies cannibales...


A / Situation générale

A-1 : Du côté de l'OTAN

Les occidentaux dans leurs provocations habituelles contre la Russie viennent d'arriver au bord d'une nouvelle ligne rouge avec la demande de Washington de voir les avions MIG 29 et les aérodromes polonais mis à dispositions des pilotes ukrainiens Alors que déjà les pistes et et bases aériennes polonaises près de la frontière ukrainienne sont déjà de facto intégrées à la chaîne logistique des forces ukrainiennes au combat, cette action de l'OTAN (car la Pologne est membre à part entière de l'Alliance) serait une nouvelle étape majeur dans l'escalade Est-Ouest et surtout le franchissement d'une nouvelle ligne rouge impardonnable !

Si de prime abord, la Pologne et l'OTAN ont été rétifs à la proposition de Washington, la Russie menaçant de bombarder les aérodromes concernés si elle était mise en œuvre, non seulement ils n'ont pas rejeté formellement l'idée mais le Pentagone a déjà déployé sur les frontières orientales polono-ukrainiennes 2 systèmes de missiles antiaériens "Patriot".
  
"Patriot" étasunien sur la frontière polono-ukrainienne

Quant aux livraisons d'armes et de munitions, le pont aérien de l'OTAN s'intensifie déversant des milliers de tonnes d'aide militaire aux forces ukrainiennes (jusqu'à 1400 tonnes/jour) sur les aérodromes à l'Est de la Pologne. Ces aides sont aussitôt acheminées sur le front comme par exemple à Kharkov quasiment assiégée où, le 8 mars 2022, il a été signalé qu'une nouvelle cargaison de missiles antichar/casemate britanniques NLAW venaient d'arriver avec des "instructeurs" de l'OTAN. Au total, selon des rapports ukrainiens l'OTAN aurait livré aux forces ukrainiennes depuis la mi janvier 17 000 missiles antichars (principalement "Javelin" et "NLAW") et 2000 missiles antiaériens "Stinger".


Alors que les opérations militaires russes destinées à vidanger l'Ukraine de la guerre du Donbass, de sa militarisation atlantiste rampante et de la résurgence du nazisme européen se poursuivent, les occidentaux, fidèles à leur folie criminelle et suicidaire, au lieu de chercher concrètement une désescalade, surenchérissent en provocations militaires scabreuses.



A-2 : Des civils pris en otage

Dans les précédents articles consacrés à Marioupol, j'ai déjà évoqué la situation dramatique des populations civiles prises au piège dans les villes assiégées (Tchernigov, Kharkov, Soumy, Marioupol, Nyzhin, Volnovakha...) avec les nationalistes ukrainiens qui leur refusent l'évacuation par les corridors humanitaires organisés côté russe et ukrainien, et ce, malgré les pressions diplomatiques et internationales exercées sur Kiev.

La raison de cette "prise d'otage des civils" est simple à expliquer et comprendre : devant la stratégie de frappes sélectives et ciblées de forces russes cherchant à épargner au maximum les populations, les soldats ukrainiens veulent utiliser ces dernières comme "bouclier humain" et les impliquer dans les zones des combats.

Chaque jour de nouvelles preuves de cette stratégie criminelle nous parviennent dont par exemple cette zone d'immeubles résidentiels de Marioupol dont les immeubles habités sont utilisés aussi comme positions de combat par les nationalistes du Régiment Spécial Azov :

Ici, près de l'avenue "Pobedy" à l'Ouest de Marioupol les drones russes repèrent
des postions antichars installées sur le toit d'immeubles encore habités par des
civils interdits d'évacuer pour empêcher qu'ils soient lourdement bombardés.

Ailleurs, si ici et là des évacuations de civils ont pu quand même se faire un tout petit peu le 9 mars (environ 3000 personnes dans le Nord de l'Ukraine) dans certaines villes assiégées les bataillons ou les administrateurs nationalistes aux commandes n'hésitent pas à terroriser la population afin qu'elle reste sur les zones des combats, comme par exemple le maire de la ville de Soumy (Nord Est Ukraine), Alexandre Lyssenko, qui a déclaré publiquement: "Il n'y aura pas de couloirs humanitaires, pas un seul civil n'ira en Russie, et ceux qui tenteront de le faire seront fusillés".

Dans l'ensemble des villes assiégées il y aurait environ 4 millions de personnes bloquées par  les forces ukrainiennes, empêchées d'emprunter les corridors d'évacuation humanitaire.

A-3 : Les opérations militaires russes 

Sur le front des opérations militaires, l'avancée des forces russes se poursuit inexorablement et si la vitesse de progression semble plus lente que celle des premiers jours c'est essentiellement due :

  • La présence, évoquée ci dessus, d'une population civile imbriquée dans le dispositif défensif ukrainien ralentit sensiblement les opérations offensives qui doivent se réaliser précautionneusement et parfois au prix de pertes russes (l'aviation de bombardement par exemple s'approche au plus près de ses cibles pour éviter au maximum les erreurs de tir, et les unités blindées risquent des reconnaissances offensives dans les localités sans préparation d'artillerie massive).
  • Après le premier choc des attaques russes, les forces ukrainiennes ont réussi à créer des résistances sur des zones urbaines, des cours d'eau ou des reliefs, engageant des combats qui même s'ils ne repoussent pas leur ennemi le ralentissent un peu voire l'obligent à rechercher des axes de progression alternatifs ou de contournement. 
  • Les villes aux unités ukrainiennes, encerclées initialement et mises de côté pour privilégier la vitesse et optimiser la surprise des attaques initiales, doivent être maintenant "traitées" pour ne pas immobiliser autour d'elles, loin d'un front qui avance chaque jour un peu plus des forces de combat et d'appui importantes pour la stratégie globale de l'Etat Major russe. De plus, en dehors de leur importance militaire, certaines de ces villes,  comme par exemple Kharkov et Marioupol, sont aussi un symbole politique et psychologique important pour chacun des belligérants.
Carte générale des opérations militaires en Ukraine et dans le Donbass

Les actions significatives du front actuel :
  • Dans le secteur de Kiev, appuyées par des frappes aériennes de plus en plus intenses, les forces russes, d'une part poursuivent leurs manœuvres d'encerclement de cette immense mégapole de plus de 800 km2 et d'autre part engagent ses défenses périphériques ukrainiennes, notamment dans les banlieues Nord-Ouest. 
Les entrepôts militaires ukrainiens à Balakliya, détruits
  • Au Nord de l'Ukraine, les villes de Tchernigov et Soumy continuent d'être les cibles de frappes aériennes et d'artillerie sur les positions militaires et ressources de défense ainsi que des attaques d'épuisement sur leurs périphéries, tandis que dans leurs avancées vers le Dniepr, les forces russes ont réalisé un nouveau chaudron urbain à Nyzhin.
Soumy, bombardement d'une position de radicaux nationalistes 
  • A l'Ouest de l'Ukraine, dans la ville de Kharkov (350 km2) les forces russes rencontrent une résistance importante menée par nombre de bataillons et volontaires nationalistes qui continuent à recevoir quotidiennement des renforts et de la logistique. Cette ville de Kharkov qui est le verrou Nord de l'Est de l'Ukraine est tellement symbolique pour le régime de Kiev que Arsen Avakov, l'ex ministre de l'Intérieur mais toujours homme politique fort du régime de Kiev est venu en prendre la direction. Les forces russes œuvrent toujours pour encercler cette ville et couper ses voies logistiques Sud, tout en poursuivant leur progression vers le Sud depuis un axe partant de Koupiansk, une ville située plus à l'Est tandis qu'à l'Ouest une percée russe vers la ville de Poltava a encerclé sur son passage la ville de Okhtyrka.
Bombardements de positions ukrainiennes à Okhtyrka.
  • Dans le Donbass, les opérations se poursuivent avec de plus en plus de bombardements et de combats au sol au Nord et au Sud du front: 
    • Au Nord, le mouvement tournant des forces républicaines de Lougansk, rejointes par les forces russes venant du Nord, est arrivé à moins de 20 km de Slaviansk (ville symbole où la guerre commença en 2014) et Kramatorsk plus au Sud où se situe l'Etat Major des forces ukrainiennes dans le Donbass. Plus à l'Est de Kramatorsk le pression républicaine s'exerce désormais sur Severodonetsk et Lisichansk,
    • Au Centre, si la ligne de front est stable, sauf une petite percée républicaine dans le secteur de Popasnaya, à l'Est de l'arc Svetlodarsk (Nord Est de Gorlovka), en revanche les bombardements ukrainiens se poursuivent, avec des frappes d'artillerie lourdes jusqu'au coeur des zones résidentielles. De leur côté, les forces républicaines et russes augmentent elles aussi leurs frappes sur les positions ukrainiennes et font monter sur les premières lignes des effectifs de combat en renfort.
Une école qui heureusement n'était pas en activité,
bombardée dans les quartiers Nord de Donetsk

Au cours des derniers jours, plusieurs missiles
tactiques ukrainiens "Tochka U" ont été tirés sur
Lougansk, Gorlovka, Donetsk et même Rostov et
Taganrog en Russie, interceptés par la Défense russe.
1 seul Tochka U ukrainien est parvenu a toucher 
sa cible: un dépôt de carburant sur Lougansk :
    • Au Sud, le nettoyage de Volnovakha est toujours en cours à cause du maintien de la population civile dans la ville et de la résistance ukrainienne qui s'abrite derrière elle. Les unités républicaines ont désormais encerclé ce carrefour routier et ferroviaire et poursuivent leur progression vers l'Ouest. 
    • Du côte de Marioupol, les bombardements russes et républicains s'intensifient ainsi que les pressions offensives sur les périphéries de la ville où les forces républicaines ont déjà pris quelques quartiers Ouest. Le siège de Maroupol est également un enjeu politico-médiatique très important comme le montre la guerre de l'information qui y fait rage également.
  • Au Sud de l'Ukraine, les forces russes poursuivent leur progression sur Zaporodje le long du Dniepr en sécurisant le site de sa centrale nucléaire et vers Odessa sur le chemin de laquelle l'encerclement de la ville de Nikolaïev est en phase terminale. toujours sur cette poussée à l'Ouest de Kherson les forces russes progressent à l'Ouest du Dniepr vers la ville de Krivoï Rog et plus à l'Ouest en direction de Pervomaïsk, avec sur la route Vasnessensk où se trouve une autre centrale nucléaire à aborder avec précaution et sécuriser. Depuis Odessa, les forces de défense antiaérienne ukrainienne ont abattu un Mig 29 roumain qui s'approchait des frontières ukrainiennes.
Lance Roquettes Multiples russes dans le secteur de Kherson

Centrale nucléaire de Zaporodje (à Ernegodar) sécurisée

Parmi les documents saisis dans les Etats majors des unités ukrainiennes conquises plusieurs confirment que les forces ukrainiennes devaient attaquer les républiques du Donbass au tout début de mars, ce qui a vraisemblablement déclenché le lancement des opérations militaires préventives russes visant à démilitariser l'Ukraine. 

Pour conclure, signalons le départ effectif des observateurs de l'OSCE, via le territoire de la Fédération de Russie qui seule peut assurer leur sécurité. Leur mission très controversée est donc achevée, avec des observations certes nombreuses et intéressantes démontrant les violations quotidiennes du cessez le feu principalement par les forces ukrainiennes, mais sans efficacité concrètes car pilotées par une partie occidentale partiale et une absence de moyens coercitifs forçant les parties à respecter les accords de paix.

Départ de Donetsk des impuissants observateurs de l'OSCE


B / Concernant Zelensky


Le président ukrainien Zelensky ne serait plus à Kiev, et il y a des signes que son emplacement exact est caché. Zelensky a enregistré deux vidéos prétendument à Kiev, mais quelques indices permettent d'en douter :
  • Il enregistre la vidéo sur son smartphone téléphone, 
  • il y a un montage où le tableau qui est derrière lui disparaît lorsque l'angle change. 
  • Zelensky a une coiffure légèrement différente et différentes longueurs d'ombre sur son visage. 
  • Etc..
Certains  disent que le chef de guerre ukrainien est en Pologne, d'autres en Roumanie, ces derniers s'appuyant sur un vol d'un avion non identifié avec escorte militaire aérienne allant vers le frontière roumaine 

Erwan Castel