jeudi 16 septembre 2021

"Z" comme Zigomar, Zélote et Zemmour !

Vu du Donbass

Zemmour fait le buzz, enfilant les provocations clivantes et les harangues victimaires comme les perles d'un collier tournant autour d'obsessions racistes et islamophobes tellement simplistes et caricaturales qu'elles entraînent une problématique sociétale pourtant réelle dans un intégrisme de pensée haineuse, pitoyablement ridicule.

Ainsi par exemple, dans un simplisme insultant son intelligence, "Z", en faisant table rase de l'héritage demographique d'une histoire coloniale française, veut interdire les prénoms exogènes, lui qui porte le prénom scandinave pré-chrétien d`Éric, ou encore, il veut interdire l`asile politique aux auxiliaires afghans de la France, lui dont la famille algérienne a fui la guerre et les égorgeurs du FLN etc...

Et dernière polémique en date, pour créer un nouveau buzz et une nouvelle fracture dans une opposition déjà sclérosée, "Z" de plus en plus, "Zigomar" ("individu prêt à tout pour se faire remarquer"), veut maintenant restaurer la peine de mort (toujours en ciblant l'étranger bien sûr), et sans aborder dans ce dossier, la nuance entre "justice de paix" et "justice de guerre" ainsi que l'absence de peine de substitution radicale et dissuasive la remplaçant (perpétuité incompressible et pénible).

Et ce pur produit du système médiatique, qui se plaint à longueur de journée et sur quasiment tous les médias de "subir une censure" totale, se garde bien de revendiquer la sortie de l'UE, de l'OTAN, de l'euro et de toutes ces instances supranationales qui sont autrement plus toxiques que les étrangers dont elles sont d'ailleurs les régulatrices des flux migratoires actuels. 

Mais qu'attendre de plus d'un produit du système qui prétend haut et fort que "la société de consommation n'est pas un problème" , qui refuse toute idée d'impôt sur les grandes fortunes, qui se veut l'ami de "la bourgeoisie de droite" etc...

Au lieu de nous imposer ses fantasmes haineux, Zemmour devrait plus regarder son faciès que son ego, et surtout la cause capitalistes des causes sociales de l'effondrement en cours, plutôt que ces conséquences sociétales visibles..

Et, concernant l'absence d'intégration identitaire, qui selon moi touche autant (si ce n'est plus) les "indigènes" francais que les immigrés, "Z" devrait méditer d'abord sur cette pensée hegelienne : 

« Aucune puissance ne peut détruire l’esprit d’un peuple, soit du dehors, soit du dedans s’il n’est déjà lui-même sans vie, s’il n’a déjà dépéri. »  Hegel

Selon moi "Z",  de plus plus en plus "Zélote" ("personne animée d'un zèle fanatique"), malgré un talent indéniable de polémiste, incarne d'abord ce nationalisme réactionnaire recroquevillé sur ses fantasmes, la haine des autres et qui cherche à idéologiser ce sentiment amoureux, constructif et naturel qu'est le patriotisme charnel. 

En n'étant qu'un pleurnicheur haineux et mégalomane "Z" par ses  provocations stériles mais clivantes n'est que le spasme d'une imposture occidentale crevant (enfin) d'elle même et surtout l'idiot utile d'une Macronie dont le mondialisme constitue avec le nationalisme les 2 têtières  du même joug de la marchandise.

Les temps arrivent où les peuples pour ne pas disparaitre devront à la fois combattre leurs vieux et nouveaux démons qui ne sont que la continuité de leur esclavage. 

Erwan Castel

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître 
et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »

Antonio Gramsci

mercredi 15 septembre 2021

L'imposture républicaine française

Vu du Donbass

Ici et là on entend au sujet de Macron les légitimes expressions de "serviteur de la Finance", "Président des riches" ou "Monarque républicain" par exemple. 

Mais il ne faudrait pas oublier que ce système républicain français fondé sur une illusion démocratique existe depuis sa naissance et que le "macronisme" n'en n'est que le paroxysme décomplexé. 

En effet, si on écoute ce que pensaient ces révolutionnaires fondateurs du système représentatif républicain, on constate que non seulement cette nouvelle bourgeoisie présente capitaliste n'a pas instauré de Démocratie réelle en France mais qu'au contraire elle a même tout fait pour écarter le peuple de l'exécutif politique, bien qu' il lui ait offert le trône. 

Par exemple, cet abbé Sieyés, caricature du parfait serviteur de Dieu, de l'Argent, de l'Etat et artisan révolutionnaire du régime parlementaire, qu'il inscrit dans la perspective des intérêts industriels naissants, déclare :

"Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n'ont pas de volonté particulière à imposer. S'ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique."

Il me semble que c'est clair: le nouveau régime républicain ne considère pas le "Demos Cratos" comme un objectif mais comme son ennemi tout comme il l'était de l'ancien régime et même pire car mes rares corps sociaux intermédiaires qui subsistaient entre les sujets et le Roi (parlements provinciaux, corporations, communaux etc.) vont être balayés par les révolutionnaires au milieu de l'abolition des privilèges ou avec la loi Le Chapelier par exemple.

Et pour celles et ceux qui croient encore au mythe national francais d'une révolution instaurant en France une "démocratie populaire",  il suffit de se rappeler que le premier scrutin mise en place par ces révolutionnaires poudrés fut le suffrage censitaire faisant du Politis la chasse gardée des bourgeois.

Les bourgeois ont décapité le Roi mais que pour mieux garder (et même renforcer) son trône 

Et cette imposture démocratique française est de plus en caricaturale et cynique depuis les 40 années d'un effondrement systémique exponentiel et global observable par tous.

Nous avons ainsi en France une "démocratie parlementaire" qui n'est ni démocrate ni représentative, les élus ne servant que les intérêts des cadres supérieurs qui occupent 81% de l'assemblée nationale alors qu`ils ne sont que 16% de la population (à l`inverse les travailleurs qui sont la majorité de la population n`occupent que 1,9% des 577 sièges parlementaires). 

Et les publics privilégiés par les réductions d'impôts, la continuité de la même politique économique capitaliste, le refus du système référendaire etc, illustrent bien le mépris de cette aristocratie politique pour le sens commun.et l'intérêt général et la foutaise monumentale que constituent ces alternances politiciennes gauche/droite qui ne sont là que pour cristalliser l'attention du peuple dans des diversions sociétales secondaires, clivantes et superficielles...

Même Zemmour, ce bouffon du théâtre médiatique mainstream, et qui cherche à avoir le discours le plus populiste du moment, a avoué cette semaine dans un entretien accordé à Ruquier et Salamé vouloir ratisser à la fois chez les "nationalistes" du RN et chez... les "bourgeois de droite" du LR et que "la société de consommation n'est pas un problème".

Voilà bien une preuve de plus que même les plus vifs opposants au gouvernement continuent, dans un simulacre de changement populiste, à servir toujours le même absolutisme étatique construit autour d'un pouvoir de l'argent asservissant les peuples dans une fonction consumériste et une illusion démocratique...

Et je ne peux résister au plaisir de repartager ici cet extrait du film "Le Président" avec Gabin, et qui n'a pas pris une seule ride depuis 60 ans !

Erwan Castel



L'Etat contre le peuple


Plus j'observe les systèmes politiques et l'Histoire, plus je deviens un anarchiste au sens révolutionnaire du terme, et je comprends pourquoi un certain Karl Marx affirmait que l'argent et l'Etat sont les 2 carcans de la Liberté des peuples (ce qui lui fera dire après la 2e internationale communiste qui prétend vouloir contrôler l'Etat, "je ne serai jamais marxiste")

Revenir aux communautés de l'Etre dans des horizons humains et naturels visibles (ce qui n'est pas incompatible avec des échanges jusqu'au antipodes) pour mieux détruire les sociétés de l'Avoir aux pouvoirs, frontières  artificielles et identités mythifiées...

Erwan Castel

"L'État n'est pas la patrie, c'est l'abstraction, la fiction métaphysique, mystique, politique, juridique de la patrie.

Les masses populaires de tous les pays aiment profondément leur patrie ; mais c'est un amour réel, naturel. Pas une idée : un fait... 

Et c'est pour cela que je me sens franchement et toujours le patriote de toutes les patries opprimées."

"L'État garantit toujours ce qu'il trouve : aux uns leurs richesses, aux autres la pauvreté ; aux uns la liberté fondée sur la propriété ; aux autres l'esclavage, conséquence fatale de leur misère."

"L'État a toujours été le patrimoine d'une classe privilégiée quelconque : classe sacerdotale, nobiliaire, bourgeoise ; classe bureaucratique à la fin, lorsque, toutes les autres classes s'étant épuisées, l'État tombe ou s'élève, comme on voudra, à la condition de machine."

Mikhaïl Bakounine

mardi 14 septembre 2021

Mémoire européenne de Donetsk (2)

Nouvelle escapade vers les sculptures innombrables ouvrant dans les parcs et les rues de Donetsk les pages d'une grande histoire européenne. 

Aujourd'hui c'est dans la pierre que le souvenir des peuples cavaliers est gravé pour le passant du parc Sokil. 

Ces nomades venus d'Asie centrale vont dominer le centre de l'Europe du VIIe siècle avec les scythes jusqu'au début de l'ère vulgaire avec notamment les sarmates qui nous ont laissé de nombreuses traces dans le Donbass. Ces peuples cavaliers qui fondèrent la prime civilisation de cette région pontique d'où vont rayonner par la suite tant d'autres peuples aryens à qui nous devons notre socle identitaire européen vont être également des acteurs majeurs de la route de la Soie qu'aujourd'hui les pays insoumis font resurgir face au mondialisme  occidental.

Erwan Castel

Une guerre qui continue

Sur le front du Donbass, les forces ukrainiennes poursuivent inlassablement leur guerre d'attrition, harcelant quotidiennement les lignes de défense républicaines dont les unités subissent des pertes hebdomadaires et bombardant également régulièrement avec leur artillerie lourde des zones résidentielles dans l'intention de tuer et terroriser les populations (encore 2 autres blessés civils la semaine dernière). 

A noter que depuis une semaine, les soudards de Kiev ont bombardé à l'aide de drones des installations industrielles républicaines, provoquant entre autres dégâts l'explosion d'un dépôt de carburant dans le quartier de Kirovsky, au Nord de Donetsk (photo ci dessus)

Le drone polonais "Warmate 3"

En complément de ses drones d'observation modifiés mais trop légers, de ses drones d'attaque turcs (TB2 Bayraktar) puissants mais trop repérables, Kiev vient d'opter pour des drones de bombardements moyens, le Warmate 3, de fabrication polonaise et dont le parc devrait atteindre 1 millier d'unités en 2022. 

Face à ces attaques ukrainiennes en augmentation les forces de défense républicaines ont engagé des tirs de riposte cible sur des unités ennemies, à l'exemple de ce camion Kamaz ukrainien détruit par un missile antichar lors d'une relève d'unité en 1ère ligne (minimum 1 tué et 10 blessés) 

La routine dans laquelle est entrée cette guerre du Donbass ne doit pas la faire disparaître des radars et surtout faire oublier que quotidiennement les hommes, des femmes et des enfants européens vivent dans leur chair l'horreur de ce mondialisme hégémonique qui veut soumettre aux portes de sa Russie un Donbass libre et rebelle.  

Erwan Castel 


lundi 13 septembre 2021

Les choses les plus simples

Cédant à l'appel d'un soleil généreux dominical, je suis allé rêver dans un coin de Nature aménagé pour les escapades familiales ou solitaires toujours émaillées de belles et vivifiantes rencontres animales et humaines...

Et revient à ma mémoire cette chanson de Gabriel Yacoub : 

(...)

"Alors, je me souviens des choses les plus simples

Les choses qu'on a dit ne jamais oublier

Les choses les plus simples, jamais oublier

Il faut marcher longtemps pour en finir de ces langueurs

Il faut marcher longtemps pour en finir de ces langueurs

Il faut fermer les yeux, partir ailleurs"

Erwan Castel

samedi 11 septembre 2021

Un vrai socialiste assassiné

Vu du Donbass

Aujourd'hui les médias, assomment plus qu'elles n'informent, organisant une saturation mentale grâce à un catéchisme médiatique, de gavages et d'enivrements dogmatiques faisant passer pour hérétique toute critique  

L' autre conséquence de cet abrutissement des foules, est de leur faire perdre la mémoire de l'histoire, le sens des mots, le courage des Hommes et l'éthique des idées.

11 septembre par exemple... qui se souvient de cet assassinat du rêve chilien qu'incarnait Allende.

Et pourtant de Santiago à New York les passerelles entre l'argent et le sang enjambent le temps....

Erwan Castel


Le 11 septembre 1973, Salvador Allende était assassiné. 

Le gouvernement dirigé par Salvador Allende était renversé à l'issue d'un coup d'Etat militaire mené par le général Pinochet et soutenu par le gouvernement américain. Cet événement inaugure une période sanglante pour l'histoire du Chili, au cours de laquelle près de 3.000 opposants ont été assassinés, et 40.000 torturés.

La présidence de Salvador Allende avait marqué les esprits par la radicalité de ses réformes : nationalisation du secteur bancaire et des grandes entreprises, réforme agraire, encadrement des prix et hausse des salaires... 

Dans son dernier discours prononcé à la radio chilienne le 11 septembre 1973, Allende appelait ses partisans à reprendre son œuvre, une fois la période dictatoriale terminée. Il est considéré, en Amérique latine, comme l'une des figures majeures de la lutte pour l'émancipation du sous-continent.

lundi 6 septembre 2021

Merci Bébel !

 Vu du Donbass


Jean Paul Belmondo vient de s'en aller au delà de l'horizon, nous laissant orphelins de nos rêves, de nos rires et de nos folies de jeunesse...

Un homme, "un vrai" serai-je tenter de rajouter au milieu de cette société dégenrée jusqu'à être dégénérée, dans toute la pureté de l`amour et de la force mises au service de la générosité. 

Il fait partie je pense de ces acteurs de plus en plus rares dont le talent consiste à rester naturel devant les caméras et de laisser s`exprimer leur noblesse d`âme.  

Pour moi en tout cas, "le professionnel", "le magnifique", l'homme de Rio", "Pierrot le fou" etc... ont fait beaucoup plus que m'enchanter:  Belmondo est de cette petite poignée d'individus qui ont animé la forge d`où sont sortis mes rêves de jeunesse et que je n'ai jamais voulu abandonner...

Merci donc à cet alchimiste du bonheur !

Erwan Castel

Ingérence étasunienne indirecte

Dans leur volonté d'écraser la résistance du Panshir, les talibans, mis en place à Kaboul dans une passation de pouvoir étasunienne renforçant leur arsenal militaire, sont aujourd'hui appuyés dans leur guerre par l'armée pakistanaise qui ici appuie leurs offensives avec des chasseurs bombardiers. 

Lorsque l'on connaît l'histoire des relations tordues entre Washington et Islamabad, commencées dans les années 50, chacun cherchant à profiter d'une alliance avec l'autre (avoir un allié régional anti communiste et nucléaire pour les USA, et se renforcer dans sa rivalité avec l'Inde pour le Pakistan) qui se sont renforcées pendant l`occupation soviétique de l`Afghanistan puis dégradées après le 11 septembre et la complaisance pakistanaise avec les réseaux islamistes, on peut observer ici un nouveau changement qui semble confirmer que les USA veulent jouer une nouvelle fois la carte salafiste dans la région tout en restaurant leur relation avec le Pakistan. 

Cela préfigure d'une alliance militaire probable entre un Afghanistan abandonné aux talibans par les américains et un Pakistan opportunément pro-atlantiste. 

Un alliance qui sonne le glas pour le Panshir s`il reste isolé, et qui va déplaire fortement à  plusieurs pays, comme la Russie, le Tadjikistan et surtout l`Inde qui connaît des guerres et confrontations régulières avec le Pakistan notamment autour du territoire contesté du Cachemire.

Si cette radicalisation des tensions régionales déjà existantes se confirme alors on comprendra mieux le pari de la Maison Blanche d`offrir le pouvoir aux talibans pour qu`ils donnent au chaos afghan une dimension régionale dirigée contre les "non alignés" et au milieu de laquelle un terrorisme international peut potentiellement être réactivé. 

Le merdier occidental continue donc de plus belle...

Erwan Castel 

La dérive hérétique des monothéismes

Pour rebondir sur des commentaires échangés avec Luc-Olivier d'Algange ou André Michel Chanclu au sujet des d`un certain moralisme chinois ou des résistances asiatiques qui selon moi sont liés dans leur mentalité, je fais remonter ici à la surface cette interview éclairante de Han Suyin (1917-2012), qui, devant le nouveau variant musulman de l'intégrisme religieux est toujours d'actualité...

Ici, dans l`exemple historique qu`elle donne du prosélytisme colonial catholique (et qui malheureusement n`est pas le monopole du christianisme) Han Suyin démontre à quel point, au nom d`un universalisme de croyance "salutaire", les clergés sont capables d'actions amorales qui sont non seulement une abjection sociale mais aussi une trahison de la pensée originelle qu'ils prétendent représenter. 

Contre l'obscurantisme des dogmes cléricaux qui exigent de l'Homme sa soumission, dans une sacralisation fantasmée de la mort future, il y a les questionnements des mythes et philosophies qui lui proposent une sacralisation de la Vie dans une éthique de la liberté et de la diversité naturelles. 

Et sans nul doute, ces sagesses naturelles sont bien plus près du divin que tous ces fanatiques du maghen, de la croix ou du croissant qui en réalité ne sont souvent que les hérétiques de leur propre spiritualité. 

Erwan Castel