mardi 8 août 2017

L'Histoire au secours de la realpolitik

"Oui, c'est l'Europe, depuis l'Atlantique jusqu'à l'Oural, 
c'est l'Europe, c'est toute l'Europe 
qui décidera du destin du Monde" 

Charles de Gaulle



Le mardi 11 juillet, l'Union Européenne a ratifié son accord d'association avec l'Ukraine dans un climat de tensions croissantes avec la Russie. Peu de temps avant, le Secrétaire général de l'OTAN Jens Soltenberg et le président ukrainien Piotr Porochenko, avaient confirmé lors d'une rencontre à Kiev l’amorçage du processus politico-militaire devant aboutir à l'intégration de l'Ukraine dans l'organisation atlantiste.

L'atmosphère d'une nouvelle "guerre froide" est devenue d'autant plus de plus en plus palpable que cette dernière, avec les représailles économiques et leurs réponses russes, les manœuvres de l'OTAN dans l'Est européen et les combats qui ne cessent dans le Donbass, prend de plus en plus les allures d'une "paix chaude" ensanglantée.

Ce projet d'association entre l'Union Européenne et l'Ukraine qui vient d'être signé, même s'il correspond à des ambitions économiques réelles apparaît donc vraiment comme un cheval de Troie permettant à l'appareil militaire étasunien occupant l'Europe de rapprocher des frontières de la Russie des sentinelles protégeant un étranglement du pays non aligné qui entrave le plus l'hégémonie de la finance internationale, et constitue le bouclier de bien d'autres pays insoumis tel que l'Iran, la Syrie, l'Inde etc...

Il divise le Monde et fracture l'Europe au lieu d'unir les peuples entre eux

Le Président Porochenko le confirme d'ailleurs à chaque occasion : les associations réalisées entre Kiev et Bruxelles (aides et accord économique, manœuvres et assistance militaires) ne sont que les premières étapes de l'intégration de l'Ukraine au sein de l'Union Européenne et surtout dans l'organisation militaire de l'OTAN qui tous deux en fidèles laquais de Washington ont défini la Russie comme la menace principale.

Cette crise majeure qui secoue l'Europe montre bien que la vision portée sur la Russie et l'Ukraine est américaine et non européenne, car l'Ukraine cette immense territoire entre l'Est et l'Ouest continental n'a jamais été un rempart divisant les empires, mais au contraire un lieu de contact et d'échanges, comme le prouve la longue Histoire entre l'Eurasie et l'Occident.

Comme pour les racines d'un arbre, la perspective historique qui donne de la stabilité à la réflexion doit être la plus profonde possible. Or la stratégie hégémonique engagée par ce Nouvel Ordre Mondial qu'incarne aujourd'hui la thalassocratie étasunienne s'appuie sur la courte parenthèse soviétique. En effet, les USA occupant l'Europe depuis 1945, tant militairement, économiquement que culturellement ont pu, grâce à une confrontation idéologique avec Moscou, faire croire qu'ils lui étaient indispensables. 
Progressivement l'idéologie étasunienne relayée chez les individus par un "rêve américain" d'une société du spectacle anesthésiante et l’asservissement des pays par des institutions à leurs ordres (UE OTAN OCDE ONU...) ont pu déformer l'Histoire et l'imaginaire européen.

Il y a 2 ans dans un article intitulé Une amitié éternelle j'essayais de rappeler quelques unes des plus belles pages de l'Histoire européenne écrites par l'amitié franco-russe et dont l'Ukraine, ce berceau de la Russie (la Rus de Kiev") situé de chaque côté du Dniepr entre Occident et Eurasie, a été le plus ancien témoin avec le mariage de la princesse Anna Iaroslavna avec le roi de France Henri 1er.

En effet depuis plus de 1000 ans, la Russie tsariste ou soviétique a toujours entretenu des relations privilégiées avec la France, et les  épisodes napoléoniens de la campagne de Russie (1812) ou de la guerre de Crimée (1854) ne sont que les lamentables exceptions françaises qui confirment dans l'Histoire la permanence d'une amitié éternelle forgée par autant par les architectes des rois de France,  les soldats russes déployés dans les tranchées de Champagne à partir de 1915, que les aviateurs français de la "Normandie-Niemen" défendant la Russie pendant la seconde Guerre Mondiale. 

Cet axe Paris Moscou est défendu depuis longtemps "de Dostoievsky à De Gaulle, par des penseurs libres qui considèrent les nations comme des entités vivantes plus résistantes et plus fortes que les systèmes qui pensent les dominer." En 2002, Henri de Grossouvre écrit "Paris-Berlin-Moscou, la voie de l’indépendance et de la paix", actualisant dans un contexte de soumission progressive des pays occidentaux aux USA, cet axe relationnel majeur qui est la colonne vertébrale de l'Europe.

Vouloir cimenter une Europe, l'Atlantique à l'Oural n'est pas une utopie du passé, il est présent dans les esprits des dirigeants européens, lorsque ces derniers sont toutefois libres dans leurs pensées et leurs actes comme le rappelle ce front que  les présidents Chirac, Schröder et Poutine ont opposé à l'impérialisme  étasunien au moment de l’agression contre l’Irak. Cette coalition anti-mondialiste a fait peur aux néoconservateurs mondialistes qui se sont alors empressés de serrer le collier des piliers européens franco-allemand. Depuis Merkel, Sarkozy et ses successeurs sont rentrés servilement dans la niche de l'Union Européenne gardant les intérêts de la City et de Wall street, et il y a peu de chance que leurs protestations récentes suite aux dommages collatéraux subis à l'occasion des nouvelles "sanctions" étasuniennes, ne dépassent pas le niveau de celui d'un caniche pleurnicheur.




Si l'Europe veut se libérer de la tutelle suicidaire étasunienne et œuvrer pour la Paix, elle doit d'abord renouer ses liens avec la Russie et retrouver ainsi son indépendance. Dans cette dynamique, je pense que l'amitié franco-russe, dont l'écho résonne depuis les palais tsaristes jusqu'aux restaurants moscovites, devrait être aujourd'hui le coeur et le ciment d'un nouveau pont entre l'Est et l'Ouest européens. Mais la France, ce pays qui a inspiré autant la culture que la révolution russes, n'est gouvernée depuis 20 ans que par des laquais étasuniens qui, déformant l'Histoire et léchant des rangers de l'Oncle Sam, participent à précipiter le vieux continent et la civilisation occidentale vers un chaos général.

Car aujourd'hui les européens lobotomisés par la propagande de guerre étasunienne ne regardent Moscou qu'à travers le miroir déformé d'une Union soviétique, avatar éphémère et à jamais disparu de la Russie éternelle qui elle a toujours été ouverte vers l'Occident. 
Cette occultation de la réalité historique des relations millénaires entre la Russie et les pays occidentaux, dont l'objectif  est de les maintenir asservis aux USA pour mieux les mobiliser contre la Russie, est tout simplement suicidaire, car elle aboutira inévitablement l'Europe à devenir à nouveau le champ de bataille d'une guerre fratricide meurtrière.

Face à cette menace il faut que les européens ouvrent enfin les yeux vers leur passé mais aussi vers leur avenir, car l'Histoire autant que que la realpolitik leurs commandent de reprendre leur destinée en main, de se libérer de l'emprise militaro-industrielle étasunienne et d'élaborer en coopération avec Moscou une grande Europe forte, unie et indépendante. Dans un article pour le Figaro, Alexis Feertchak revient aussi à l'occasion de cette nouvelle division de l'Europe, et qui provoque également un éclatement de ce pays ukrainien situé à cheval entre Eurasie et Occident, sur la priorité urgente de réaliser une "Pax Europa".

En 2003, un vieux bushi nenge de Guyane me disait à Régina, que les corps des animaux venimeux contiennent toujours l'antidote à leur poison, et c'est certainement aussi le cas pour cette Ukraine, cet épicentre du nouveau séisme européen, qui doit se débarrasser des marionnettes néoconservatrices du Maïdan et produire ensuite une nouvelle vision sociétale brisant les nouvelles barrières artificielles et désuètes imposées en Europe par un totalitarisme de la marchandise boulimique. Dans le Donbass, les autorités de la République Populaire de Donetsk ont récemment posé cette problématique sur la table et le front qui menace d'entrer dans une nouvelle éruption, en introduisant par le buzz médiatique de la "Malorossiya", un débat sur une vraie fédéralisation de l'Ukraine organisée pour faire triompher la Paix,  mais aussi pour créer un trait d'union entre Occident et Eurasie.

Cette vision sociétale audacieuse, qui se veut "être fidèle au passé et exemple pour l'avenir" est déjà en cours de réalisation et d'éclosion dans les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk, devenues un véritable laboratoire d'idées pour l'avenir du vieux continent.


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



Source de l'article : Le Figaro


Ukraine : après le mur de Berlin, le mur de Kiev ?

FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que l'Ukraine, excédée par la concentration de troupes russes dans l'est séparatiste, se prépare au combat, Alexis Feertchak considère que la France peut encore permettre de désamorcer la crise, à condition de se rapprocher de la Russie.


Par Alexis Feertchak

ll y a vingt-cinq ans, le mur de Berlin tombait. Ceux de l'Ouest l'appelaient le «mur de la honte», ceux de l'Est le «mur de protection antifasciste». Ces mots d'hier paraissent aujourd'hui étrangement familiers alors que le cessez-le-feu en Ukraine, scellé à Minsk en septembre, semble s'effriter à mesure que les combats reprennent dans les Oblasts de Lougansk et Donetsk. Les dépêches de l'AFP se retrouvent de nouveau à la Une des médias: chars venus de Russie, files de camions militaires Kamaz, mise en garde de l'OTAN et de l'OSCE, tout semble mener vers une nouvelle escalade en Ukraine.

C'est l'Europe qui, aux origines de la crise actuelle, 
a imaginé l'Ukraine comme un mur et non comme un pont.

L'imaginaire du «mur» ressurgit en Europe, avec le même vocable que pendant la Guerre froide: le Kremlin crie au «fascisme» en regardant vers l'Ouest ; les Occidentaux condamnent l'invasion russe et les provocations du Président Poutine. Arrivé en tête des élections législatives, le Premier Ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, plus belliqueux dans ses positions que le Président Petro Porochenko, a été le premier à envisager l'érection d'un mur d'ici à trois ans entre les frontières russe et ukrainienne.

Or, si l'hypothèse d'un tel mur ukrainien, physique ou seulement symbolique, se confirmait à l'Est de l'Europe, il faudrait changer le nom d'Ukraine, car le mot «Ukraine», en ukrainien ou en russe, signifie étymologiquement «marches» et non «mur». Une marche, à la différence d'un mur, ne sert pas à empêcher le passage d'un espace à un autre, mais bien au contraire à aider au franchissement de deux espaces voisins. Les mots sont souvent lourds de sens: jusque dans son nom même, l'Ukraine est un pont entre l'Europe occidentale et la Russie. L'idée d'un mur ukrainien serait un oxymore littéraire, mais aussi une faute historiquement lourde.

Une faute a été commise originellement par l'Union européenne qui, en plaidant pour un accord d'association exclusif avec l'Ukraine, ratifié en septembre 2014, a écarté de fait le partenaire russe des négociations. C'est l'Europe qui, aux origines de la crise actuelle, a imaginé l'Ukraine comme un mur et non comme un pont. Dans une sorte de prolongement anachronique de la doctrine du Containment établie pendant la Guerre froide, les Occidentaux ont fait abstraction de siècles d'histoire qui ont lié l'Ukraine à la Russie, mais aussi la Russie à l'Europe. Alors que l'armistice de 1918 a été commémoré en France et ailleurs, on aurait pu se rappeler que la Russie, au sein de la Triple Entente, fut le pays allié qui compta le plus grand nombre de victimes militaires pendant la Première guerre mondiale et qui ne connut pas la victoire du 11 novembre.

En érigeant Vladimir Poutine et la Russie comme ennemis absolus de l'Occident, le débat public autour de l'Ukraine s'est retrouvé faussé. Des critiques se sont élevées ici ou là pour condamner le manque de clairvoyance et l'agressivité des diplomaties européenne et américaine, mais, dans des tonalités différentes, les voix d'Hubert Védrine, de Dominique de Villepin, de Vladimir Fédorovski, d'Hélène Carrère d'Encausse, de Jacques Sapir ou de Jean-Pierre Chevènement n'ont pas porté assez loin pour réduire le manichéisme ambiant.
Récemment, une conférence d'Alexandre Adler, prononcée à l'Institut Diderot, a éclairé le débat sous un jour intéressant. L'historien a rappelé quelques traits de l'histoire ukrainienne, notamment dans ses relations avec l'Europe occidentale et la Russie, qu'il me paraît important de garder à l'esprit.

Il ne s'agit pas de tomber dans les errements de la propagande russe: les Ukrainiens ne sont pas attirés par un prétendu fascisme hérité de la Seconde guerre mondiale, mais bien plutôt par le modèle européen que la Pologne représente à leurs yeux. Le Président Ianoukovitch a été renversé par le rejet populaire de l'oligarchie régnante, de la corruption, du délitement des libertés publiques et par l'échec répété des réformes économiques et sociales. Il ne s'agit pas non plus de tomber dans l'apologie de Vladimir Poutine, apologie qui agite les milieux identitaires et une partie de l'extrême-droite française, lesquels fantasment le Président russe en Tsar autoritaire et réactionnaire, seul capable de se dresser contre l'impérialisme libéral des Etats-Unis.

Au delà de la langue et de la religion, 
c'est leur histoire commune qui lie le plus les Russes aux Ukrainiens, 
de la Rus' de Kiev au IXe siècle jusqu'à l'indépendance ukrainienne en 1991.

Ceci étant écrit, il reste à s'interroger sur la nature historique et culturelle de l'Ukraine, questionnement qui a été écarté largement du débat public. Alexandre Adler rappelle ainsi que l'on ne peut faire fi de l'histoire et, qu'on le veuille ou non, l'histoire de l'Ukraine et celle de la Russie sont indissociablement liées. Ainsi, rappelle-t-il l'inexistence historique de la nation et d'un Etat ukrainiens: «A mes yeux, la nation ukrainienne n'existe pas. Il a certes existé des embryons de puissance étatique en Ukraine à chaque fois que la Russie a été faible, notamment au début du XVIIIe siècle. Il y a eu aussi un mouvement nationaliste et politique ukrainien pendant le XIXe siècle. Mais tout cela ne suffit pas à créer une nation».

On comprendra par exemple que la question linguistique n'est pas un point de clivage sérieux entre Russes et Ukrainiens: peu parlée, la langue ukrainienne est comprise des russophones et, au centre l'Ukraine, une majeure partie de la population parle le Surzhik, un mélange entre l'ukrainien et le russe. Alexandre Adler précise ainsi que «l'identité linguistique ukrainienne est une plaisanterie». Il en va de même de l'identité religieuse car Russes comme Ukrainiens sont majoritairement orthodoxes, même s'il existe deux patriarcats distincts.

Au delà de la langue et de la religion, c'est leur histoire commune qui lie le plus les Russes aux Ukrainiens, de la Rus' de Kiev au IXe siècle jusqu'à l'indépendance ukrainienne en 1991. Alexandre Soljenitsyne écrivait ainsi en 1990, juste avant la chute de l'URSS:

«Parler de l'existence depuis le IXe siècle d'un peuple ukrainien à part, parlant une langue non russe spécifique, est une falsification récente. Ensemble nous sommes issus de la noble Kiev d'où provient la terre russe selon la Chronique de Nestor, d'où nous est venue la lumière du christianisme. Nous avons été gouvernés par les mêmes princes».

Alexandre Adler ne dit pas autre chose lorsqu'il rappelle l'histoire commune des Ukrainiens et des Russes lors de la Seconde guerre mondiale, histoire qui dépasse de loin le ralliement au régime nazi d'une partie minoritaire de l'Ukraine occidentale. Cette accusation d'un mauvais comportement de l'Ukraine pendant la Seconde guerre mondiale, qui est à l'origine de la propagande du Kremlin à l'égard des «fascistes» de Kiev, s'explique par le fait qu'historiquement, une partie de l'Ukraine occidentale n'a pas été associée à l'histoire russe, mais a vécu sous la houlette du Royaume de Pologne, puis de l'Empire austro-hongrois. En 1940, dans le sillon de cet arrimage historique à la Mitteleuropa, une partie des Ukrainiens de l'Ouest ont participé de fait aux agissements du IIIe Reich. Mais ces comportements, qui ont existé, ne sont en rien représentatifs de l'Ukraine, ni même de l'Ukraine occidentale.

L'histoire témoigne in fine de ce que l'Ukraine est bien une marche et un pont vers la Russie, en aucun cas un mur: l'aspiration européenne des Ukrainiens ne peut se réaliser contre la Russie. C'est précisément ce que l'Union européenne n'a pas compris dans la crise qui agite aujourd'hui l'Ukraine. Elle n'a pas compris que la demande légitime du peuple ukrainien doit s'inscrire dans une coopération politique plus large qui englobe la Russie.

Dans le respect de la tradition gaulliste et mitterrandienne, 
il est probable que la solution se trouve entre Paris, Berlin et Moscou, 
dans un rapprochement et une coopération politique entre l'Europe occidentale et la Russie, 
pour construire une Pax Europa autonome qui ne repose plus sur la Pax Americana.

La crise ukrainienne nous renvoie en creux au rêve gaulliste d'une Europe qui irait de l'Atlantique à l'Oural. François Mitterrand fut le dernier chef d'Etat français à avoir tenté de donner corps à ce projet européen. Le 31 décembre 1989, il lançait le projet d'une Confédération européenne, espace de coopération politique qui devait être proprement européen, c'est-à-dire capable de se passer du leadership américain et capable d'inclure à long terme la Russie (qui était encore l'Union soviétique). Comme l'a écrit par la suite Roland Dumas, le projet fut mort-né, même s'il fut bien accueilli par le chancelier allemand Helmut Kohl et le président tchèque Vaclav Havel. En réalité, la construction européenne et l'élargissement aux pays d'Europe de l'Est se sont faits sous l'auspice de la «doctrine Baker», du nom du Secrétaire d'Etat américain de Georges Bush (père). Cette Pax Americana fut rendue possible par l'extension progressive aux anciennes républiques satellites de l'Organisation pour la sécurité et la coopération européenne (OSCE) et de l'OTAN, deux organisations historiquement atlantistes.

La sénateur Marie-Noëlle Lienemann révélait récemment qu'en 1995, le Président François Mitterrand lui avait confié qu'il craignait qu'une guerre se déclarât entre l'Ukraine et la Russie. L'escalade de violences que connaît aujourd'hui l'Ukraine rend la prophétie de François Mitterrand chaque jour plus pertinente. En un sens, elle est même déjà réalisée. Alors, que faire? Dans le respect de la tradition gaulliste et mitterrandienne, il est probable que la solution se trouve entre Paris, Berlin et Moscou, dans un rapprochement et une coopération politique entre l'Europe occidentale et la Russie, pour construire une Pax Europa autonome qui ne repose plus sur la Pax Americana. Quant à la question de savoir si les Russes seraient d'accord pour une plus grande coopération avec l'Europe, l'histoire russe nous en donne une certaine idée: la grandeur de la Russie a rarement existé sans une certaine complicité avec l'Europe. Vladimir Poutine, en bon stratège, doit certainement le savoir. L'histoire russe en Ukraine est d'ailleurs un condensé de cette Russie tournée vers l'Europe. Pouchkine écrivait qu'Odessa, fondée en Ukraine par Catherine II en 1794, était une ville où l' «on peut sentir l'Europe».

Partisan d'une plus grande coopération avec la Russie, le philosophe Dominique Lecourt, qui dirige l'Institut Diderot, introduisait ainsi la conférence d'Alexandre Adler: «L'Union soviétique est désormais bien loin de nous! Il serait grave de donner à la Russie de demain le sentiment que, après un quart de siècle, nous ne nous en sommes pas encore aperçus». Si un certain idéalisme européen ne nous fait pas avancer dans ce sens, qu'au moins, en tirant les leçons de l'histoire, un réalisme de bon sens nous convainque de le faire.

Alexis Feertchak


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Ce blog est le premier des 3 blogs que j'ai ouvert autour du soutien aux Républiques Populaires du Donbass, un travail d'information passionnant mais long et bénévole qui réclame votre soutien financier pour être réalisé et me permettre de vivre dans ce Donbass où je suis arrivé en janvier 2015 pour concrétiser mon engagement auprès de la population civile victime d'une guerre à caractère génocidaire lancée contre elle par les succubes occidentaux du Maïdan depuis avril 2014.

Vous pouvez envoyer vos dons sur le compte référencé ci après en n'omettant pas s'il vous plaît de mentionner le numéro référence à 10 chiffres qui figure au bas de ce Relevé d'Identité Bancaire dans la rubrique observation.

La moindre petite somme est ici la bienvenue, sachant qu'avec 10 euros une personne peut vivre décemment entre 4 et 5 jours (pour exemple la location d'une maison individuelle coûte 50 euros par mois)


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Au delà des 10 000 roubles qui correspondent à mes frais mensuels moyens (alimentation, déplacements, hébergement, et travail) je reverse l'argent reçu auprès des civils du quartier bombardé d'Oktyabrsky dans lequel je vis (voir le lien ici : "Un Printemps pour Octobre")

Ces aides déjà réalisées en coordination avec les autorités civiles du district d'Oktyabrsky seront désormais portées réalisées en partenariat avec le Centre de représentation et portées au crédit de son action humanitaire au profit des populations bombardées du Donbass.

Des comptes rendus financiers et d'actions seront réalisés régulièrement sur ce blog ainsi que celui dédié à Oktyabrsky (lien ci dessus)

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dimanche 6 août 2017

Philippe Ekoziants

Un témoin de l'Histoire et de la Vérité


Tout d'abord je republie en préambule l'appel réalisé au moment du Maïdan par Philippe Ekoziants et que j'avais publié sur ce blog dès décembre 2014.

Appel de Novorossiya aux nations européennes


Philippe Ekoziants est un musicien et écrivain ukrainien originaire de Kharkov qui vit aujourd'hui en exil pour s’être élevé contre le coup d'Etat du Maïdan et le régime de la terreur que les ultra-nationalistes ont instauré en Ukraine. 

Dans cette série de petites vidéos, Philippe Ekoziants le francophile, revient sur les événements qui ont fait basculer l'Ukraine dans le gouffre de la désintégration et de la guerre civile. S'appuyant sur des documents d'archives, Philippe met en évidence l'imposture des acteurs du Maïdan qui ont caché au monde un pouvoir fasciste sous des slogans démocratiques et droit-de-l'hommistes. Depuis 3 ans cet arménien d'Ukraine lance des appels multiples pour réveiller les consciences des peuple d'Europe, mais aussi des ukrainiens, comme par exemple les jeunes soldats de l'ATO qui sont pris au piège dans les tranchées du Donbass, envoyés par Kiev dans une guerre fratricide et vers une mort certaine.

Merci de partager au maximum les témoignages de cet homme de coeur et d'honneur qui s'adresse avec humanisme aux peuples d'Europe qui oublient trop souvent que l'Ukraine fait partie de leur civilisation, et que si personne ne met fin à la crise qui l'ensanglante depuis 3 ans, la guerre qui ravage le Donbass ne sera que le premier épisode d'une destinée dramatique commune.

La vérité 
Introduction et parties 1, 2 et 3






Pour terminer en musique cette série de vidéos de Philippe Ekoziants, voici une de ses chansons dédiée à la folie du Maïdan qui a fait entrer l'Ukraine dans un long et douloureux hiver de son Histoire.


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya




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Opération "10 euros pour un Printemps"

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Erwan Castel

samedi 5 août 2017

Un appel du coeur

Une intelligence du coeur et une pensée généreuse
au service des enfants du Donbass


Emmanuel Leroy s'est investi dans la crise ukrainienne, animé par une conscience européenne forte et une générosité humaine exceptionnelle. Cet observateur calme et cultivé connaît bien le Donbass, dont il défend le choix métapolitique et la population victime d'une agression à caractère génocidaire menée depuis 3 ans parle régime de Kiev.

Partisan d'une Europe unie autour de ses piliers Occident et Eurasie, Emmanuel Leroy dénonce avec force la russophobie suggérée par l'impérialisme étasunien, qui divise l'Europe et menace la paix dans le monde.

Halte à la russophobie !

Lorsque la crise ukrainienne intervient en 2013-2014, Emmanuel Leroy est un des premiers observateurs à dénoncer le coup d'Etat organisé par Washington. Il enchaîne depuis interviews et conférences où à force arguments et preuves il offre au public un autre regard que celui distillé par un mainstream médiatique servile à la propagande de guerre étasunienne.

Un appel du coeur

Parallèlement à son action métapolitique et de réinformation, Emmanuel Leroy et son épouse se sont investis très rapidement dans l'action humanitaire pour soutenir cette population bombardée quotidiennement, et en particulier les enfants du Donbass victimes innocentes qui ont payé depuis 3 ans un lourd tribut à cette guerre européenne avec plus de 100 tués et plus de 1000 blessés). 

"Urgence Enfants du Donbass" était né, et depuis de réseaux sociaux en missions humanitaires cette association, qui s'est étoffée le mois dernier d'un site internet prolongeant ses actions, est devenue un acteur incontournable du soutien au Donbass.

https://urgence-enfants-donbass.fr/
"Urgence enfants du Donbass" est une organisation humanitaire de statut associatif qui depuis 2015 a réalisé 4 missions dans le Donbass apportant du matériel et des dons aux enfants du Donbass, principalement à travers des aides aux hôpitaux, crèches, et orphelinats en souffrance de matériels depuis le blocus économique imposé par Kiev.

A la fin du mois de juin 2017, à l'occasion de la visite de la délégation française du Centre de représentation de la République Populaire de Donetsk qui s'est ouvert à Marseille, j'ai eu le plaisir de rencontrer cet homme remarquable dont je suivais les actions depuis plusieurs années.et que nous avons accompagné dans sa nouvelle mission humanitaire.réalisé à Donetsk.

A gauche, Emanuel Leroy et son épouse accompagnant la délégation française (ici Christiane Pujol et Hubert Fayard) à Oktyabrsky, le quartier bombardé au Nord de Donetsk
Les dons collectés depuis la dernière mission réalisée en mai 2016 ont permis d'aider l'orphelinat du district de Proletarskyi (au Sud Est de Donetsk) ainsi que l'hôpital de traumatologie du centre ville.où du matériel, des équipements chirurgicaux et des fauteuils roulants ont pu être livrés grâce à la générosité des français dont les yeux et les coeurs sont restés ouverts.


Si l'aide russe est importante et efficace, elle n'est cependant pas suffisante pour arriver à restaurer et entretenir les moyens nécessaires à secourir et soigner les victimes d'une guerre qui frappe toujours la population chaque nuit et chaque jour, occasionnant de nouvelles victimes et destructions quotidiennes.

Pour finir cet article, je laisse la parole à Emmanuel Leroy, en vous invitant à rejoindre son action indispensable et vitale pour que le Donbass retrouve l'espérance et la dignité qu'il mérite.

Erwan Castel


"Madame, Monsieur,  

Je suis un citoyen français, père de trois enfants et désormais grand-père. Lorsque la guerre a éclaté dans le Donbass en avril 2014, j’ai été révulsé par les bombardements aveugles que les troupes de Kiev effectuaient sur les zones civiles du Donbass en tuant des centaines de civils innocents, parmi lesquels de nombreux enfants, et cela dans le silence complice des médias occidentaux.


Avec quelques amis, avec ma compagne, nous avons décidé de tout faire pour soulager la misère de ces enfants en leur apportant de l’amour mais aussi des vêtements, des médicaments, des douceurs pour atténuer leur détresse.

Nous avons déjà réalisé quatre missions d’assistance dans le Donbass depuis mai 2015 dont vous trouverez le compte-rendu détaillé sur ce site. Mais la guerre se poursuit avec la pression de l’OTAN et pas un jour ne se passe sans que des bombes ne tombent sur les populations civiles des républiques rebelles du Donbass.

J’ai besoin de votre aide pour continuer à leur apporter aide et assistance. Ils manquent de vitamines, de médicaments, de vêtements, de jouets. J’ai besoin de vous pour poursuivre cette mission humanitaire en apportant un peu de réconfort à ces enfants victimes d’une guerre sans nom et dont personne ne parle.

Ils n’ont rien demandé à personne et tous les jours ils peuvent mourir sous les bombes.
Le Président Porochenko, le Président ukrainien a promis que « les enfants du Donbass passeraient le reste de leurs jours dans des caves ».

Pour que ces enfants ne soient pas contraints de vivre dans des caves, aidez-moi à leur apporter aide et assistance. Ils le méritent ! Ce sont des êtres humains ! Comme vous et moi !

D’avance, je vous remercie".

Emmanuel Leroy

Président de Urgence Enfants du Donbass


Pour faire un don à l'association "Urgence Enfants du Donbass", 

suivre le lien suivant :




Emmanuel Leroy et Kris Roman reçus par le média 
"Oplot tv" de la République Populaire de Donetsk

Gazmanov à Donetsk !

Le coeur russe du Donbass a vibré à Donetsk




Oleg Gazmanov est certainement (avec Lyube) le chanteur populaire qui incarne le plus l’élan patriotique de la Russie contemporaine. Hier 4 aout 2017, celui qui électrise les foules à l’évocation de la mère patrie est venu à Donetsk offrir au parc Sherbakova, devant plus de 10 000 personnes, un concert de soutien au peuple du Donbass.

« Aujourd’hui , je veux que les gens se sentent confiants que tout ira bien » 

Vidéo de Sébastien Hairon de «La voix du Donbass»

« Peu m’importe si je suis sur un territoire dont l’accès est interdit par certains pays, cela na pas d’importance, Il n’a pas d’ importance. La principale chose, je chante et j’écris des chansons pour les gens, ce que reflète ma venue sur scène. Mais pour ces personnes, qui aujourd’hui sur toute la superficie  vont tous et agitent leurs mains, pour ces gens là, je suis prêt à tout ! »




Oleg Gazmanov dont le talent n'a d'égal que l'amour portée pour cette terre russe qui l'a vu naître a offert au peuple du Donbass réuni au park Sherbakova un beau cadeau chargé d'espérance et de foi en l'avenir de ce pays invincible.

Erwan Castel pour News Front

jeudi 3 août 2017

La guerre économique est déclarée !

Publié initialement dans News Front, le lien : ICI


Date de publication: 03 08 2017, 06:32

Depuis une semaine un relent de guerre froide est revenu glaçant à nouveau les relations entre Moscou et Washington, après que le congrès étasunien ait voté un nouveau cortège de «sanctions» économiques contre la Russie qui en retour, a expulsé logiquement et légitimement 755 diplomates US de son territoire. En effet, ces nouvelles «sanctions» économiques qui aux yeux du droit international ne sont que des «représailles» économiques d’autant plus illégales qu’elles ne sont fondées que sur le mensonge d’une prétendue ingérence russe dans les élections étasuniennes, détériorent gravement une situation déjà tendue et les chances de normaliser les relations entre Moscou et Washington.

Comme prévu, le Président Trump a entériné en les signant les nouvelles représailles économiques contre la Russie., confirmant qu’il n’a plus aucune autre marge de manœuvre que de continuer la stratégie d’étranglement militaro-économique de la Russie engagée par ses prédécesseurs. Les mesures définies par le Congrès américain concernent :

  • des restrictions de visa à l’égard des citoyens russes
  • des sanctions contre un certain nombre de sociétés d’état russes, pétrole, défense et secteur financier
  • des mesures restrictives à l’égard de la Crimée

Ces représailles économiques sont les plus importantes répressions engagées contre la Russie depuis 2014 et surtout, elles ont été élargies jusque dans sa zone d’influence occidentale notamment par des restrictions contre les projets énergétiques russes dans une Europe qui subit déjà depuis 2 ans des dommages collatéraux à ces «sanctions».

En effet ces nouvelles mesures répressives à l’encontre de la Fédération de Russie ressemblent de plus en plus à un véritable blocus économique visant, non pas à «sanctionner» mais bien à asphyxier ce «Heartland» qui s’oppose à l’hégémonie étasunienne, la nouvelle thalassocratie du moment (après dans le passé celles de l’ Angleterre, l’Espagne…)

Et ces mesures cette «stratégie du Containment» des USA  provoque aussi des dommages collatéraux aux pays de l’Union Européenne qui sont ici sacrifiés pour protéger le leadership de leur souverain économique : contraintes et interdictions  de coopérer ou participer à des projets avec la Russie, en eaux profondes, dans l’Arctique, etc… Sans qu’ils soient nommément spatialement identifiés ces projets ciblés sont principalement les projets North Stream et South stream reliant la Russie à l’Europe pour son approvisionnement énergétique, mais aussi les partenariats d’exploration et d’exploitation de nouveaux gisements (fournitures d’équipements et de technologie par exemple) etc…

Malgré une désapprobation immédiate et ferme de l’Union Européenne et de Moscou qui a répondu en réduisant drastiquement l’effectif diplomatique étasunien en Russie, Trump a donc signé cette loi qui plonge définitivement le monde dans une vive atmosphère de nouvelle guerre froide. La démocratie parlementaire montre ici la fragilité de son système, basé sur un parlement d’élus déconnectés de l’avis du peuple pour la durée de leurs mandats mais soumis aux intérêts d’un pouvoir militaro-industriel qui finit par lui dicter ses décisions, que même le Président lui-même ne peut contester.

Dans cette offensive contre Moscou, il est peu probable que  les pays Union Européenne écrasés au passage par le rouleau compresseur économique étasunien, puissent faire autre chose que les molles désapprobations d’un chien dont la gamelle dépend de celui qui vient de lui resserrer son collier. Les USA ont d’ailleurs engagés sans hésitation ces nouvelles représailles assurés de la servitude ou au pire de la paralysie des pays occidentaux, devenus colonies économiques et militaires étasuniennes.

Ces répressions économiques élargies des USA ne constituent pas seulement un nouveau wagon accroché au train des «sanctions» engagées contre la Russie depuis 2014, elles franchissent une étape majeure dans la confrontation Est-Ouest qui vient de s’ouvrir et la réaction diplomatique spectaculaire de Moscou, qui jusqu’à présent avait toujours refusé le jeu de l’escalade, le prouve bien.

Le soir même de la signature de Trump autorisant cette loi d’étranglement économique de la Russie, le 1er ministre russe, Dmitri Medvedev, a déclaré que les USA  ouvraient une guerre commerciale à part entière de la Fédération de Russie, et avait «mis fin à l’espoir d’améliorer nos relations avec la nouvelle administration américaine».

Vraisemblablement le gouvernement de Vladimir Poutine et le parlement d’Etat ne vont pas en rester là et engager à leur tour une nouvelle riposte légitime destinée à contrebalancer les effets de cette loi étasunienne, enrayer la chute du rouble, et protéger avec fermeté les intérêts des peuples de la Russie.

Erwan Castel, pour News Front

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Erwan Castel

mercredi 2 août 2017

Descente dans le caniveau ukrainien

Le dernier étron du psychopathe Gerashchenko


Poursuivant son hystérie russophobe et sa paranoïa délirantes l’Ukraine vient de rajouter à son arsenal abject «Separator», un fichier public recensant tous les opposants au régime de Kiev, en particulier les séparatistes pro-russe et leurs sympathisants… Prolongeant les petites fiches collabos et délirantes du site ukrainien Mirotvorets, Separator invite ses lecteurs à une collaboration active avec les services de sécurité du pouvoir Kiévien en leur offrant un moteur de recherche visuel qui leur permettra de réaliser des contrôles faciaux autour d’eux.

Comme son grand frère Mirotvorets, Separator est une déclinaison nauséeuse de la russophobie du député ukrainien Anton Gerashchenko, qui est animé d’une haine psychotique pour tout ce qui rappelle l’histoire et l’identité russe de son pays (récemment il a fait interdire le port du ruban de Saint Geaorges par exemple, emblème de la victoire de 1945 contre le nazisme).

Mais cette fois, Separator organise ouvertement ce que Mirotvorets suggérait seulement entre ses lignes inquisitoriales : une chasse aux pro-russes, où qu’ils se trouvent à travers le monde ! Voici un article de Karine Bechet Golovko qui rapporte cette naissance hideuse.


Erwan Castel volontaire en Novorossiya


Source de l’article : Russie Politics 

Separator, ouverture de la chasse à l’homme en Ukraine

Par Karine Bechet Golovko


«Après avoir établi des listes de plusieurs milliers de personnes, allant de simples journalistes accrédités dans le Donbass aux membres actifs des bataillons de combattants et leur famille, le site ukrainien Mirotvorets, soi disant fermé, annonce la création du projet Separator, devant permettre le contrôle facial immédiat de toute personne, pour savoir s’il fait ou non parti de la liste des «ennemis» du pays.


La chasse à l’homme est ouverte. Et les instances de protection des droits de l’homme n’ont toujours pas réagi.
Le site Mirotvorets est la façade du Centre ukrainien du même nom, créé après le Maïdan, visant à la poursuite des «criminels et terroristes portant atteinte à la sécurité nationale». C’est certainement pour cela que des personnes ne suivant pas la nouvelle ligne politique radicale, comme le journaliste O. Bouzina ou le député d’opposition O. Kalachnikov, furent assassinés après que leurs données personnelles et leurs photos furent mises en ligne.


Mais ne s’arrêtant pas en si bon chemin, en mai 2016, le site a publié une première liste de 4000 noms de journalistes assimilés à des séparatistes, puisqu’ayant obtenu une accréditation par les autorités de DNR LNR. Des journalistes européens et américains ayant été visés, l’UE et les Etats Unis ont menacé de sévir et le Centre a immédiatement annoncé sa fermeture. Pourtant, une enquête pénale a été ouverte contre le produit du député Guerashenko, qui n’a évidemment conduit à rien. Quelques jours plus tard, une deuxième portion de 5000 noms a été mise à jour.

C’est donc ce site servant de base pour les opérations spéciales contre les combattants dans le Donbass et ceux qui osent s’opposer au régime de Kiev, qui a acheté et obtenu l’utilisation d’un programme américain de conrôle facial immédiat, qui sera lancé sous le nom de Separator.


Chaque personne, où qu’elle se trouve, pourra comparer une photo faite par elle-même ou bien apparaissant dans les réseaux sociaux avec les milliers de données existantes sur le site pour déterminer si la personne qui se trouve en face d’elle est «maidano-compatible» ou bien ose s’opposer à l’idéologie Maïdan, mettant par la même en péril la sécurité nationale. Et quelle sera alors la réaction des fanatiques?


La chasse est ainsi ouverte, faisant fi de la protection de la vie privée, de la présomption d’innocence, de la protection contre les violences illégales. Mais il est vrai que l’Ukraine a suspendu l’effet de la Convention européenne des droits de l’homme. Et que l’Europe a autre chose à faire, pendant que le nouveau conseiller américain semble particulièrement actif.»

Karine Bechet Golovko
Source : Russie Politics

mardi 1 août 2017

Un gambit par le fou

La tentation étasunienne d'armer et lancer
 son bélier ukrainien contre le rempart russe

"Le yankee et son kamikaze" 
La stratégie étasunienne cheval de bataille de la finance internationale est dans les cordes, concurrencée par la Chine et la Russie, mise en échec en Syrie, piétinant au Vénézuéla, défiée en Corée du Nord et surtout giflée par les sanctions russes qui viennent de punir son arrogance en expulsant 755 diplomates étasuniens de la Fédération de Russie. 

Dans un article précédent, nous avions envisagé que la réponse inévitable du département d'Etat étasunien qui vient d'être fermement rappelé à l'ordre et au respect des lois internationales par Moscou, ne pourrait se faire que par procuration, et idéalement sur le théâtre d'opérations ukrainiens où, contrairement à la Syrie, toutes les options militaires sont encore ouvertes. 

La question de livraison d'armes américaines à Kiev est un serpent de mer qui resurgit régulièrement depuis 3 ans dans ce conflit entre les forces ukrainiennes pro-OTAN et les forces séparatistes pro-russes qui fait rage dans le Donbass. Depuis plus de 2 ans, un plan d'aide militaire, soutenu par les vautours néoconservateurs tel John Mac Cain, voulant relancer la guerre cherche à contourner les difficultés techniques (normalisation et instruction), politiques (budget, accord du congrès) et diplomatiques (accords de Minsk, Russie)

Jusqu'à présent hormis des petites livraisons réalisées via les sociétés privées de sécurité qui opèrent en Ukraine, et des fournitures d'équipements non létaux et de véhicules de liaison, aucun armement n'avait été officiellement fourni à l'Ukraine. Mais cette année de trousse médicale en radio, de treillis en gilet pare-balles, sont apparues des livraisons d'optiques de tirs destinées notamment aux fusils de précision des snipers déployés sur la ligne de front du Donbass.

Dans le même temps les exercices interalliés occidentaux, intégrant l'armée ukrainienne, mais aussi les instructeurs chargés de la former et préparer son intégration dans l'OTAN se multiplient et se rapprochent du Donbass, à l'image des drones stratégiques US qui viennent renifler sa ligne de front .



Au lendemain de l'expulsion des diplomates étasuniens, dans son édition du 31 juillet 2017, le Wall Street Journal annonce la mise en oeuvre d'un plan de livraison d'armes pour l'Ukraine.

Ce plan de livraisons d'armes létales que certains propagandistes osent encore affubler du cynique  euphémisme de "défensives" s'il est réalisé rapidement et en grande quantité constituerait à n'en pas douter une nouvelle étape importante dans cette escalade folle qui nous mène lentement mais sûrement vers une nouvelle guerre mondiale. En effet il est hautement probable que la livraison à l'armée ukrainienne engagée contre la population civile du Donbass d'armes létales lui permettant de relancer une offensive violente contre ses lignes de défense provoquerait en retour un engagement direct de Moscou aux côtés de rebelles pro-russes, lequel malgré les fantasmes kiéviens n'a pas encore eu lieu en raison de la réaction en chaîne militaro-diplomatique qu'il risque de provoquer.

Le pouvoir militaro-industriel US a repris la main et le chemin de la guerre

Jusqu'à présent la Maison Blanche, consciente de cette réaction en chaîne potentielle et probable, n'avait pas oser donner son feu vert pour une telle livraison d'armes, y compris du temps de l'administration Obama pourtant responsable du séisme du Maïdan. 

Mais aujourd'hui, et paradoxalement à la défaite de Clinton, les néo-conservateurs n'ont jamais autant en position de force que depuis le déclenchement fin juillet de nouvelles représailles économiques contre la Russie, illustrant au passage la prise en otage du président Trump, forcé de rallier leur stratégie russophobe agressive, et dont la réaction russe légitime et cinglante a ouvert une nouvelle étape vers une confrontation ouverte.

Parmi les armes étasuniennes prévues de renforcer l'armée ukrainienne se trouvent des systèmes d'armes antiaériennes destinées à protéger les unités d'artillerie et d'assaut de Kiev d'une riposte  russe.éventuelle mais aussi des missiles antichars portatifs de dernière génération de type "Javelin" capable de détruire les véhicules blindés en service dans les forces républicaines.

 Le missile anti-char Javelin

Et le faux-prétexte d'une ingérence russe dans son élection présidentielle semble renforcer encore plus une mise à l'écart du président Trump, déjà dans le collimateur des néo-conservateurs, dans les discussions autour de cette livraison d'armes à l'Ukraine.  Ainsi un haut fonctionnaire de l'administration US avoue que le Président n'a pas été informé de ce projet alors que son Secrétaire américain à la Défense James Mattis, l'a quant à lui approuvé !

Lors des pécédente proposition d'armer l'Ukraine il était question d'équiper d'armes défensives seulement les forces de sécurité ukrainiennes situées dans la région de Kiev. Cette fois leur utilisation sur le théâtre d'opérations du Donbass est envisagé "en cas d'urgence" ...

Si l'Allemagne et la France, qui sont garants des accords de paix pour l'Ukraine signés à Minsk, restent sceptiques quant aux effets de ces livraisons d'armes, en revanche le Département d'Etat étasunien appelle les pays de l'OTAN (notamment le Canada, le Royaume Uni, la Pologne la Lituanie russophobes) à les soutenir. Le général Curtis Scaparrotti, Commandant en chef de l'armée américaine en Europe et de l' OTAN.quant à lui exhorte toujours avec force d'armer l'Ukraine contre la Russie, appuyé par le nouveau Conseiller spécial étasunien pour l'Ukraine Kurt Volker, dont le parcours et les responsabilités dans le giron du faucon de guerre Mac Cain, ne laissent planer aucun doute sur son idéologie ouvertement russophobe et belliciste.

Pendant ce temps là, sous couvert de manœuvres interalliées de plus en plus nombreuses et renforcées, l'OTAN continue sa militarisation des pays de l'Est européen aux plus près des frontières orientales de la Fédération, redonnant vie à l'Intermarum, ce glacis militaire reliant la Baltique à la Mer Noire et destiné à isoler militairement et économiquement la Russie. 
Dans le Donbass, malgré une "trêve du pain" qui est sensée "calmer le jeu" jusqu'à celle de la rentrée scolaire, les combats et bombardements ukrainiens ont repris de la vigueur au moment même du durcissement des relations américano-russes des derniers jours et à la veille de la prochaine réunion de Minsk qui doit avoir lieu le 2 août prochain.


De l'idiot utile du Maïdan au bélier sacrifié de l'OTAN


Au jeu des échecs, le sacrifice d'un pion, pour créer une ouverture d'attaque, s'appelle un "gambit" (gambit du roi, de la tour etc...) la tentation pour les USA de sacrifier l'Ukraine en l'armant et la jetant contre la Russie pour provoquer cette dernière est grande et risque même d'aboutir car Kiev pas seulement d'un pion sur le "grand échiquier" mais surtout le fou principal de l'arsenal pointé contre Moscou !

Plus que jamais l'Europe est assise sur un baril de poudre et l'Ukraine en est le détonateur !

Mais la Russie, qui vient de frapper du poing sur la table diplomatique, veille au grain et désormais montre les crocs aux soudards qui rôdent un peu trop près de ses murailles. Et les gigantesque manœuvres "Zapad 2017(du 14-20 septembre 2017), mobilisant 100 000 soldats russes et biélorusses devant le "passage de Suwalki", ce point faible de l'articulation occidentale de l'OTAN  constituent un message on ne peut plus clair envoyé aux adeptes du chaos : attention l'ours est réveillé !

Espérons que côté occidental, la raison l'emporte sur la folie (on a bien le droit de rêver non ?)

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Le sénateur US Mac Cain qui soutient les violences néo-nazies et russophobes ukrainiennes depuis le Maïdan (il n'y a pas que son cancer qu'il faut lui retirer du cerveau)  s'est déclaré ravi à l'annonce de la future livraison d'armes à Kiev

Sources de l'article :



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