jeudi 2 février 2017

"No pasaran !"

5ème jour de guerre sur le bouclier Nord de Donetsk

Aujourd'hui 2 février 2017, date anniversaire de la naissance de "Motorola" (Arsen Pavlov né le 02/02/1983 à Ukhta), le Commandant du bataillon Sparta lâchement assassiné le 16 octobre dernier dans un attentat à l'explosif, les lignes de défense républicaines tiennent toujours face aux assauts répétés et aux bombardements intenses des soudards de Kiev.

Dans le Donbass, l'entrée dans ce mois de février 2017 s'est faite sous un froid glacial et des bombardements brûlants. Tandis que l'Ukraine prend pour 28 jours la présidence tournante du Conseil de Sécurité des Nations Unis, son armée continue ses assauts dans le Nord de Donetsk appuyée par des bombardements importants dont certains tirs viennent frapper les quartiers résidentiels au coeur de la ville.

La situation sur le front Nord de Donetsk, même si les bombardements ont diminué d'intensité reste toujours très tendue, car les assauts et pilonnages ukrainiens continuent à chaque heure de la journée et des informations multiples font état de nouveaux renforts et préparatifs d'offensives de la part des forces ukrainiennes. 


le 1er février, des chars de combat ukrainiens arrivent 
au coeur d' Avdeevka sous les yeux de l'OSCE !

Le Nord-Est de Donetsk toujours au coeur de la tourmente 

Les combats font toujours rage dans la zone située entre Avdeevka (secteur ukrainien) et Yasinovataya (secteur républicain) et Kiev semble vouloir persister dans son intention de percer le front dans se secteur.

Comme je l'évoquais dans le précédent article, les médias occidentaux sont en train de tisser^autour de Yasinovataya une nouvelle histoire d'Alep, version Donbass ou la tragédie réelle vécue par la population est instrumentalisée pour servir une propagande de guerre.

Il y a aussi des tués et des blessés dans Avdeevka, inévitables victimes de la guerre urbaine, mais il ne faut pas oublier, même si ce sont des tirs républicains, dépassant parfois la ligne des combats qui provoquent ces souffrances terribles, qui sont les coupables qui ont engagé la guerre contre le Donbass en 2014, jusqu'à cette dernière offensive sur Yasinovataya, qui a réutilisé en premier les Lance Roquettes Multiples d'une façon intensive, bombardé les écoles et les hopitaux volontairement etc... bref : qui attaque et qui se défend !


Aujourd'hui, les habitants du Nord Est de Donetsk
évoquent 2014 en disant "ça recommence !" 

Destruction causée par un bombardement ukrainien 
dans Donetsk le 2 février 2017

Le comportement très ambigu des observateurs de l'OSCE 

D'accord, au cours de la journée d'hier, on peut (enfin) saluer le travail de l'OSCE qui a appelé avec véhémence à l'arrêt des combats et obtenu une courte trêve dans l'après midi d'hier. Cette "pause" de l'artillerie, a permis de réparer la station d'épuration située au milieu des combats et de rétablir la distribution d'eau potable auprès des populations de Donetsk, Yasinovataya et Avdiivka notamment. 

Cependant, l'OSCE dans ses compte-rendus réagit toujours très timidement lorsqu'il s'agit des attaques ukrainiennes, quand elle ne passe pas carrément sous silence des violations flagrantes des accords de Minsk (et de la Convention de Genève) comme par exemple le stationnement au milieu d'une population d'Avdeevka (voir la vidéo ci-dessus) utilisée comme "bouclier humain" de chars de combats ukrainiens, à moins de 2 km de la zone des combats. Ce déploiement interdit d'équipement lourds dans des quartiers résidentiels, n'a toujours pas été signalé dans les rapports de l'organisation.

On peut voir ici au centre d'Avddeevka une voiture et son drapeau, ainsi qu'une observatrice de l'OSCE en train de discuter avec un tankiste ukrainiens

L'armée ukrainienne subit de lourdes pertes


Malgré les rodomontades des services de propagande de Kiev, les informations qui filtrent des réseaux sociaux et des ministères font état de très lourdes pertes subies par l'armée ukrainiennes dans ses tentatives à percer les lignes de défense républicaines de Yasinovataya.

Certaines estimations font état de plus de 300 tués en 5 jours (donc entre 900 et 1200 blessés environ). Pour la seule journée du 31 janvier, les rapports officiels comptabilisent 93 tués et 200 blessés dans les rangs des unités ukrainiennes, et les malades et blessés civils des hopitaux proches du front ont commencé à être évacués vers l'arrière pour laisser la place aux soldats. On signale également l'arrivée à Avdeevka d'un crématorium mobile, qui serait dépêché sur place suite à la saturation des morgues locales.

Ces chiffres énormes et qui n'avaient plus été vécus sur le front depuis les derniers combats du "Chaudron de Debalsevo" il y a 2 ans en février 2015, sont inquiétants car ils démontrent l'intention sacrificielle du commandement ukrainien, qui probablement n'en restera pas là cherchant aujourd'hui à justifier ces pertes par une avancée sur le terrain.

Peter Yakimets, le Commandant d'unité de la 72ème Brigade Ukrainienne qui est déployée dans le secteur de Avdeevka a été remplacé par Andrei Sokolov Valerevicha, extrémiste politique, réputé pour exécuté avec zèle les ordres reçus de Kiev. 


Poste avancé ukrainien à Avdeevka


Principaux événements militaires du 2 février (journal publié initialement sur FB)

Rompant avec la monotonie de salves d'artillerie nocturnes lentes et espacées, l'armée ukrainienne a engagé une série de bombardements matutinaux dès 06h00 du matin sous un ciel couvert et une température encore très basse (-14°).

-05h00 : Bombardement du Nord de Makeevka
-06h15 : Début des concentrations de tirs sur le secteur de Yasinovataya, au Nord Est de Donetsk.
-07h00 : L'intensité des bombardements diminue dans le Nord de Donetsk, tandis que dans le Sud de la République, l'"artillerie lourde ukrainienne pilonne les positions de Kominternovo (Nord Shirokino)
-07h45 : Bombardements au mortier de Zaitsevo (Nord Gorlovka)
-08h00 : Séries de bombardements sur Yasinovataya puis Spartak. Intensité élevée.

De nombreux districts de Donetsk sont toujours sans eau courante, et dans le Nord de la ville, la vie est au ralenti, plus de la moitié des magasins sont fermés et la circulation est devenue rare (même les transports en commun ont réduit leur navettes)

-09h00 : Après une courte accalmie retour des bombardements, et j'entends des combats du côte de Spartak à l'Est de l'aéroport.
-10h00 : Nouvelle série de bombardements à nouveau au début de la nouvelle heure, 
-10h15 : Les bombardements ne se calment pas dans le Nord

Le réseau d'eau de Donetsk vient d'être rétabli, conséquence des travaux réalisés sur l'usine de traitement des eaux de Yasinovataya pendant le cessez le feu d'hier après midi.

-10h30 : L'artillerie lourde ukrainienne augmente encore sa cadence. Les bombardements s’étendent aussi vers l'Ouest de Donetsk 
-11h00 : A Trudovsky (Sud Ouest Donetsk) des obus ukrainiens sont tombés dans un quartier résidentiel.. A priori pas de victime.
-11h30 : Bombardement de Yasinovataya, arrivée d'obus de 122mm dans le quartier de la gare.
-11h50 : La mine de charbon de Cheglovkaya à Makeevka vient d'être encore bombardée, une femme a eu la main arrachée par un éclat d'obus.
-13h30 : Bombardements au mortier et combats sur Spartak.
-15h00 : Campagne de bombardements intense en cours sur le Nord de Gorlovka et  dans "l'arc Svitlodarsk", secteur de Kalinovka (Nord de Debalsevo)
-16h30 : Violent bombardement dans le Nord de Donetsk, secteur Aéroport et Spartak / Putilovski (quartier de Donetsk au Sud de Spartak) 
-17h00 : Combats sur Spartak, et bombardements à Trudovsky 
-17h15 : Accalmie au niveau des bombardements et même des combats, quelques minutes de silence total et étrange !
-17h30 : Retour des combats dans le secteur de Spartak (Nord Donetsk) et de tirs sporadiques d'artillerie.
-18h00 : Bombardements et combats secteur Kalinovo (Nord Debalsevo)
-18h45 : Bombardements sur Staromikhaïlaovka (Ouest Donetsk)
-19h00 : Bombardements lourds sur Sahanka dans le Sud de la DNR (Nord Shirokino)
-19h30 : Artillerie lourde ukrainienne en action sur le Nord de Donetsk nouveau impacts au coeur du tissu urbain résidentiel :




En soirée la ville de Donetsk est prise sous le feu de plusieurs bombardements massifs qui uitilsent les plus gros calibres de l'armée ukrainienne : obus de 152mm, roquettes de 122 mm Grad, de 220 mm Uragan, et même un missile balistique Tochka U (500 kg de charge) !

Voir le premier compte rendu ici : Donetsk sous le feu de Kiev

Ailleurs sur le front Nord ou Sud de la DNR, Kiev a lancé également de puissants bombardements contre les positions défensives républicaines qui ont également été la cible d'attaques blindées...
20h00 : Les bombardements augmentent sur Donetsk
21h00 : Très fort bombardement du Nord de Gorlovka (Nord DNR)
21h45 : Bombardement massif du quartier de Kyevskyi avec du 152mm


22h50 : Énorme déflagration sur le rond point "Motel" dans l'Est de Donetsk, probablement par un missile Tochka U


23h20 : Bombardement avec des "Grads" 
23h30 : Bombardement important dans le secteur de Shirokino au Sud de la DNR  


Impact dans Donetsk de l'artillerie ukrainienne

Et pour finir, rions un peu !

Les médias ukrainiens après la mort au combat du Commandant du 3éme Bataillon de la Brigade Vostok, Ivan Balakaï, croient pouvoir faire de la surenchère propagandiste pour tenter d'affoler les Républiques du Donbass en annonçant chaque jour de nouvelles et nombreuses pertes républicaines, et notamment celles d'officiers commandants des unités qui leur résistent. 

Ainsi hier les médias kiéviens ont annoncé la mort du "chef terroriste "Consul"", commandant de bataillon participant à la défense de Yasinovataya... 

Si l'information est exacte et pourquoi ne le serait-elle pas car tout le monde sait que le mainstream médiatique occidental ne ment jamais, n'est ce pas ?, alors l'armée ukrainienne a un sérieux problème supplémentaire qui est de combattre des zombies !!!!


Et pour finir une vue plongeante sur les blindés ukrainiens qui attaquent le Donbass et leur escorte blanche tous financés par les contribuables européens !



Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

*
*   *

S'il vous plaît, pour m'aider dans ce travail de réinformation

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos ... et locales, obsédées par la recherche du monopole de l'information.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 

Bien à vous 

Erwan





mercredi 1 février 2017

Les feux de Kiev

Dernière mise à jour du journal d'événements : 20h00

Kiev a atteint son premier objectif :
la mort des accords de Minsk !



Au sortir d'une nuit presque calme les bombardements ont repris dès 06h00 du matin sur toute la ceinture Nord de Donetsk mais aussi au Nord du côté de Debalsevo et dans le Sud de la DNR, du côté de Mariupol.

Hier 31 janvier, les services de la République ont déclenché des mesures d'urgence, mobilisant la totalité de leurs services pour prêter assistance aux populations victimes des bombardements : evacuation des personnes situées dur la ligne des combats ou dont les maisons ont été détruites, réparation des dommages dans les réseaux de gaz et d'électricité, distribution d'eau potable etc...

Le Président de la République de Donetsk, Alexandre Zakharchenko s'est rendu sur le front dans la journée d'hier pour inspecter les lignes de défense qui encaissent depuis 4 jours aujourd'hui les assauts et les bombardements ukrainiens, malgré des pertes quotidiennes.

Le Président Zakharchenko, en inspection sur la ligne de front, 
à Yasinovataya le 31 janvier 2017.

Il est difficile d'imaginer comment les négociations pour les accords de Minsk pourraient reprendre après un tel embrasement ! Ces accords bancals pour ne pas dire moribonds n'ont jamais pu dépasser la mise en oeuvre de plus de 2 points d'un processus de paix proposé qui en compte 13 (hormis quelques rares échanges de prisonniers). Et force est de constater qu'après 2 années complètes d'enlisement total, cette offensive ukrainienne sur Avdeevka est un véritable coup de grâce donné à une mascarade de cessez le feu qui n'a jamais été respecté... 

Du côté de la merdiacratie occidentale

Il est difficile de garder son calme et sa politesse lorsqu'on plonge dans le marigot de la presse occidentale lorsqu'elle commente la politique internationale, en particulier lorsqu'il s'agit d'événements intervenant sur des zones d'influence russe ou d'intérêts russes, et le flots de mensonges cyniques dont nous a abreuvé le mainstream politico-médiatique atlantiste concernant la Syrie continue ici a pratiquer grossièrement une inversion accusatoire hallucinante !

Pour ne parler que des médias français de Libération, du Monde, ou de France 24 etc... si tous reconnaissent une aggravation exceptionnelle de la situation, ils persistent en continuant à les nommer "rebelles pro-russes" à sous entendre que ce sont les forces républicaines qui sont à l'origine de cet embrasement du front, avec bien sûr la complicité d'une Russie à qui les instances internationales demandent de faire cesser leurs tirs..

Or aujourd'hui, en plus des déclarations recueillis sur les réseaux auprès des habitants et des soldats de l'ATO, le général Igor Pavlovsky, qui est le Vice-ministre ukrainien de la Défense, a lui même admis que les forces ukrainiennes avaient mené une offensive contre la République populaire de Donetsk. Cette déclaration qui a été faite ce matin aux journalistes ce matin avant le conseil des ministres ukrainiens confirme ce que nous affirmons depuis 4 jours et pour la simple raison que nous sommes sur place et non devant des prompteurs d'une AFP servile à 2000 km du conflit !



"Aujourd'hui, et du mieux qu'ils le peuvent, mètre par mètre, étape par étape, nos gars se sont héroïquement déplacé vers l'avant" a déclaré le général ukrainien, en commentant la situation dans Avdeevka. 

Deux sources ukrainiennes de cette déclaration officielle : Ostrovok et la Chaîne TV 112

Comme d'habitude nous observons donc des "journalopes" occidentales qui, au lieu de réaliser un véritable travail d'investigation (et je pense qu'un conflit de cette intensité au coeur de l'Europe le mérite largement et même prioritairement), se contentent de répéter les communiqués de la propagande ukrainienne. 

Un preuve de leurs asservissement idéologique à la voix de Kiev : ils répètent tous mot pour mot cette phrase : "Au moins 13 personnes ont été tuées depuis dimanche dans des combats près de la ville industrielle d'Avdiïvka", chiffre officiel du Ministère ukrainien de la défense communiqué à la presse... 

Mais le plus abjecte est certainement la sauce humanitaro-pathologique que ces manipulateurs de conscience servent tout au long de leurs communiqués évoquant, ce qui est vrai, le sort "des milliers de civils d'Avdiivka qui sont sans électricité ni chauffage", mais sans jamais évoquer une seule fois le sort exactement similaire des populations républicaines. Ceci est un "mensonge par omission" délibéré et qui sous entend auprès de leur public d'hypnotisés que les victimes étant du côté ukrainien, les coupables sont "forcément" du côté des affreux "séparatistes pro-russes" !

Tous ces bouffons qui se pavanent dans leur rédactions devraient au moins avoir le courage d'assumer leur rôle de propagandistes et de se déclarer chargés de communication auprès de l'ATO ukrainienne plutôt que de se prétendre "journaliste", noble métier qu'ils insultent de leur signature !

Le coeur de l'Europe s'appelle aujourd'hui Donetsk !

2 ans après les furieux combats qui ont chassé les "cyborgs" de son aéroport, la ville de Donetsk est à nouveau sous des orages de d'acier qui donnent à la neige la couleur noire et rouge des assassins qui assaillent à nouveau de leur haine la cité libre.

Hôpitaux, écoles, immeubles d'habitations sont régulièrement touchés dans la ville dont l'horizon résonne du fracas des combats. Les réseaux d'eau potable et de chauffage sont coupés un peu plus à chaque bombardements, mais ici la vie continue au mieux d'un froid très vif (-20°)

Pendant ce temps, vautré dans leurs fauteuils inondés de lumière et de chaleur, des journalopes à Paris, Berlin ou Washington vous racontent que c'est l'armée russe qui a déclenché une offensive contre Kiev !

Pensez vous 5 minutes qu'à quelques de négocier le rétractation des sanctions économiques contre elle, la Russie se lance dans une aventure militaire contre un pouvoir déjà moribond et qui vit ses derniers temps ?


La réalité est que les néo-cons ont lâché leur chien fou ukrainien contre le Donbass, espérant que l'ours se réveille et entraîne un nouveau chaos européen...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

"Le chant des Grads"
Un aperçu sonore de l'ambiance qui règne sur la ligne de front 
au Nord de Donetsk depuis 4 jours 


Principaux événements militaires du 1er février (journal publié initialement sur FB)

A peine les bombardements terminés les services municipaux avec les habitants 
LES FEUX DE L'ENFER PENDANT 15 MN !

Après une nuit ponctuée de bombardements lents et réguliers,  Donetsk a été réveillée ce matin par un déchaînement d'artillerie impressionnant. 
Je n'ai pas l'habitude d'user de superlatifs mais à 06h15 du matin, un nombre très important de pièces d'artillerie a simultanément ouvert le feu impressionnant dans le Nord de Donetsk, du mortier au Lance Roquettes Multiples en passant par les obusiers ! 

En fin de matinée, un cessez le feu de quelques heures a été annoncé au Nord Ouest de Donetsk, jusqu'à 17h00, afin de permettre de réaliser réparation des services et évacuation de la population civile proche de la zone des combats.

La canonnade de 152mm qui a suivi à failli passer pour un moment de silence.

-06h15 : Coordination brutale de différents bombardements ukrainiens assourdissant le Nord de Donetsk. Intensité maximale pendant 15 minutes !  Les secteurs touchés sont l'Aéroport, Spartak, Yasinovataya et Makeevka.
-06h30 : L'intensité "diminue" progressivement mais reste élevée.
-07h00 : Les services d'urgence de la ville de Donetsk diffusent la liste des 1836 abris aménagés pour faire face à des bombardements .
-07h30 : Dans mon secteur l'artillerie républicaine riposte (122mm D30) aux tirs qui frappent le secteur de Yasinovataya
-09h00 : Bombardements et combats dans le secteur de Kalinove sur le flanc Est de l'arc Svitlodarsk, au Nord de Debalsevo.
-09h30 : Combats importants sur Spartak
-10h00 : Intense bombardement de LRM ukrainiens sur le secteur de l'usine de traitement des eaux qui est mise hors tension suite à plusieurs impacts dans ses installations. Bombardements important également dans le Nord ce Makeevka et à Putilovka (quartier du district de Kyivskyi, au Nord de Donetsk) La mine de Cheglovkaya prise pour cible 3 mineurs ont été blessés et l'usine a du interrompre son travail à cause de l'intensité des tirs.

Les bombardements ukrainiens qui ont frappé
l'intérieur de la ville de Donetsk le 1er février 2017

-10h00 : Les coupures d'alimentation en eau s'étendent à la ville de Donetsk.
-10h30 : Nouveaux bombardements avec des tirs qui frappent le district de Kalininskyi à l'Est du Centre ville. Un obus tombe à proximité d'une ambulance blessant 3 personnes dont 2 ambulanciers


-11h30 : Bombardements importants sur les quartiers résidentiels au Nord de Makeevka et Donetsk, à Yasinovataya et Spartak. L'école n° 21 de Makeevka est touchée par des obus (heureusement le régime scolaire a été suspendu depuis 2 jours) Une femme de 78 ans est tuée.

Différents rapports font état de l'arrivée de nombreux renforts blindés ukrainiens dans la ville d'Avdeevka, par ailleurs les reseignements républicains ont intercepté un ordre du l'Etat major ukrainien à eu commandement de la 72ème Brigade mécanisée ukrainienne déployée dans le secteur l'autorisant à utiliser massivement ses appuis feu contre les quartiers de Yasinovataya.



-12h00 : La trêve est engagée sur le secteur Nord de Donetsk entrainant une accalmie des bombardements mais des combats se poursuivent sur les zones de contact, à Yasinovataya, Spartak et Petrovsky
-12h30 : Les combats augmentent dans la zone industrielle de Avdeevka/Yasinovataya


-17h00 : A la minute où se termine la trêve, Kiev reprend sa campagne de bombardement dans le Nord de Donetsk. Intensité faible.

-18h00 : Combats à Pervomaisk sur la flanc Ouest de "l'arc Svitlodarsk" au Nord de Debalsevo.

-19h30 : Regain des bombardements sur le Nord de Donetsk accompagné de combats à Volvo Center, l'aéroport
- 23h00 : Augmentation des tirs d'artillerie, et intensification également des combats au sol sur Yasinovataya et Spartak

Erwan Castel

Pour finir par une focale sur la zone industrielle d'Avdeevka où se déroulent les combats les plus forts, voici une analyse de Dimitri Kirilov.

La zone industrielle où se déroulent depuis 4 jours de violents combats, est située au Nord Est de Donetsk, le long de la route Donetsk /Gorlovka qui sépare Avdiivka la ville contrôlée par Kiev à l'Ouest de la ville républicaine de Yasinovataya à l'Est.

L'enjeu des assauts ukrainiens et de prendre le contrôle de la route logistique mais aussi de l'usine de traitement des eaux qui est ici représentée par un rectangle noir au milieu de la photo.


Source de l'article : Rusdialog

L'Ukraine bascule dans le Donbass


Par Dimitri Kirilov

29 janvier 2017, 01h02 

"Dans le Donbass apparaissent les contours d'une nouvelle «offensive rampante» de l'armée ukrainienne, à laquelle répondent répondent de plus en plus durement les forces républicaines. Dans la nuit du 27 janvier à Donetsk et Marioupol retentissaientt de puissantes canonnades. Cela faisait longtemps que les habitants n'avaient pas de nouveau entendu le travail des LRM (Lance Roquettes Multiples) «Grad». Selon les rapports du commandement opérationnel de la DNR, d'autres tirs de «Grad» ont eu lieu au nord de Donetsk, à côté de l'aéroport.

Le Service de presse de l'ATO ("opération anti-terroriste", nom officiel donné par Kiev officiel de l'opération militaire contre les milices dans l'est du pays) signale de nombreux bombardements intensifs républicains sur les positions ukrainiennes, entraînant la mort de deux soldats. Ces emplois massifs de l'artillerie et des LRM des républiques du Donbass, sont très probablement une réponse à l'«offensive rampante» que l'armée ukrainienne mène dans toutes les directions. 

Sur fond de cette aggravation est arrivée une nouvelle impasse des participants de équipe de négociation de Minsk lors de la dernière vidéoconférence du 26 janvier. Cette réunion a été principalement consacrée à la situation aiguë autour de usine de traitement des eaux de Donetsk. Le Président du Conseil de la République de Donetsk Dennis Pushilin et qui participe aux réunions a rappelé que Kiev avait "précédemment signé un document interdisant la présence de forces armées dans un rayon de 1,5 km de l'usine de traitement des eaux de Donetsk". "Malheureusement, la partie ukrainienne a refusé la demande de retrait, conformément au document, signé par l'armée ukrainienne en Mars 2016», a dit Pushilin. À son tour, le porte-parole du représentant de l'Ukraine, l'ex-président Leonid Koutchma, à la fin de la vidéoconférence a écrit sur sa page sur Facebook, que la situation autour de cette usine était en effet un sujet central de discussion. Dans le même temps, il a souligné que les questions de sécurité sont la principale composante du processus de Minsk. Selon lui, l'accord de Minsk doit être pleinement mis en œuvre. "En particulier il faut respecter la ligne de démarcation établie par le mémorandum du 19 Septembre 2014. La restauration de la ligne de démarcation est l'une des principales composantes de la sécurité dans la région " a souligné le représentant ukrainien. 


"Saut de grenouille de l'armée ukrainienne" 

Cette position Kiev est devenu le point culminant dans le processus de négociation en Novembre, et il est coordonné avec les actions des forces armées de l'Ukraine sur toute la ligne de confrontation. La bataille de Décembre de "l'arc Svitlodarsk" est maintenant présentée sous une lumière complètement différente. L'armée ukrainienne utilise des tactiques de "sauts de grenouille" quand dans de nombreux secteurs, des unités militaires avancent la nuit de 200 à 500 m et se fixent dans une nouvelle zone. C'est ainsi que les zones de steppe à proximité immédiate de  routes logistiques ont été capturé.
Ainsi, selon des sources de "Gazety.Ru", "sans coups ni pertes» la hauteur controlant l'accès à Stakhanov a été prise, et depuis les unités DNI ne peuvent plus se fournir en eau potable, nourriture et munitions. 

Il est difficile de s'y retrouver dans les zones désertiques des sources officielles et anonymes à Donetsk pour confirmer ou infirmer  les informations. 

"Officiellement Kiev rapporte que la reprise d'un certain nombre de positions sous Debalcevo et Gorlovka par les soldats de la LNR et DNR précédemment conquises est un mensonge" - Par exemple, le 23 Janvier les rapports du sous-ministre de la Défense de la DNR Eduard Basurin, mentionnait un attaque ukrainienne repoussée par ses soldats. Dans le même temps le 22 Janvier dans le rapport de la mission d'observation de l'OSCE est soudainement apparu des informations sur l'apparition d'une position fortifiée ukrainienne à 200 mètres de Donetsk de l'usine de traitement des eaux, sur laquelle a ensuite été hissé le drapeau ukrainien. 

Cette usine a toujours été dans la zone neutre entre les positions des belligérants pour la préserver contre les dommages, car elle fournit plus de 400 mille personnes en Avdeevka et et Yasinovataya. 

L'apparition dans ce secteur sensible de positions avancées ukrainiennes ouvre des combats pour le contrôle de la route Donetsk-Gorlovka, qui est déjà "fermée" au niveau dans la zone industrielle d'Avdeevka à cause des combats. Maintenant, la circulation des marchandises de Donetsk vers Gorlovka et Lugansk contourne en traversant Yenakievo, Yasinovataya pour sortir sur Gorlovskaya 1,5 km après les nouvelles positions de l'armée ukrainienne. Les ukrainiens pour battre sous leurs feux encore plus de cette route logistiques des républiques, doivent prendre le contrôle, par Vasinievka, de la piste, des zones boisées et des vergers abandonnés de la ferme locale. 

Selon les récits de combattants républicains, dans la plupart des cas, ils ne peuvent quitter leurs positions, tout simplement car en raison du "saut de grenouille" réalisé la distance à l'ennemi est souvent raccourci de 1,5 km à 150 m. 

Dans ce domaine la promotion par l'OSCE de l'armée ukrainienne est devenu clair, les informations des volontaires et des médias ukrainiens à propos du village mi-encerclé de Kominternovo situé sous Mariupol (Sud de la DNR) sont impossibles à vérifier de façon fiable. Le 'adjoint de la mission d'observation de l'OSCE, Alexander Hug prétend que l'accès sur ce secteur par les observateurs ne peut désormais s'effectuer ni d'un côté ni de l'autre à cause du minage des routes réalisé par les deux belligérants.


Kiev estime que «Minsk-2" n'est pas violé 

L'autre point chaud de cet hiver est Debalsevo. Une source de "Gazety.Ru" d'un bataillon de la 3e Brigade motorisée du 1er Corps d'Armée de la DNR a confirmé que leur unité a du abandonner en janvier 500 m au contrôle de l'armée ukrainienne jusqu'au village de Kalinovo. cette action s'inscrit dans une stratégie de capturer "les zones de steppe." Quoi qu'il en soit dans ce secteur de Debalsevo "Gazeta.ru" n'a pas pu confirmer la capture de Kalinovo. Des sources ukrainiennes affirment que l'armée ukrainienne s'est approché venir à 6 km de Debalsevo, "demi-encerclé" comme Gorlovka, Dokoutchaïevsk et Yasinovataya. 

Ce mouvement coordonné et simultané des troupes dans cinq secteurs de la ligne de front ne peut être accidentel. Surtout quand il coïncide avec les exigences politiques persistantes des négociateurs ukrainiens dans le groupe de contact Minsk pour revenir à la ligne de confrontation du 19 Septembre 2014. La différence entre Septembre 2014 et aujourd’hui (défini par la situation de février 2015)  c'est 1500 kilomètres carrés de territoire. La zone contestée comprend également deux grandes villes, Debaltsevo et Dokoutchaïevsk que les cartes des premiers accords de Minsk définissent comme ukrainiennes. Cette zone continuait en direction de Mariupol jusqu'à Sahanka et Kominternovo qui sur la carte étaient également sous le contrôle de l'armée ukrainienne. 

Lutter pour reprendre ces zones, du point de vue de l'Ukraine n'est pas une violation des accords de Minsk. Devant nous s'offrent deux scénarios possibles: soit un déclenchement de la guerre avec un encerclement complet des villes "contestées" ou de poursuivre une négociation rendue difficile par la poursuite de «offensive rampante » et la pression diplomatique. 

Le 7 Février prochain, lors de la session ordinaire de la Verkhovna Rada, est prévue le vote de la loi «Sur les territoires occupés de l'Ukraine." "Cette loi définira le statut des "territoires occupés du Donbass", comme de la Crimée", et prévoit "d'exclure des négociations les représentants des militants séparatistes, Pushilin et d'autres personnalités, pour négocier directement avec la Russie" objectif  de l'adoption de ce projet de loi, tel que présenté par l'un de ses auteurs, le député Dmitry Tymchuk ." 

Dimitri Kirilov pour Gazeta.ru

A nouveau les quartiers résidentiels de Donetsk et ses environs sont gravement touchés par des tirs d'artillerie continuels, menés toute la journée par les ukrainiens 

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Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 

Bien à vous 

Erwan





La tentation de la guerre totale

Pousser en cognant sur la porte 
pour ensuite passer par la fenêtre 


Depuis le mois de décembre 2016, certainement pressé par les perspectives d'un rapprochement entre Washington et Moscou souhaité par le nouveau Président étasunien Trump, le pouvoir de Kiev conseillé sans nul doute par les néo-conservateurs étasuniens, a engagé une escalade gravissime de la situation militaire dans la Donbass.

Dans des articles précédents nous avions décrit cette stratégie ukrainienne nouvelle qui, de "saut de crapaud" en "saut de crapaud" exerce depuis mars 2016 une pression de plus en plus forte sur la ligne de front, en réduisant jusqu'à 150 mètres dans certains secteurs cette "zone grise" qui doit être normalement un espace démilitarisé au minimum de 1,5km de large. 

Cette pression offensive de Kiev qui concerne principalement les 5 secteurs de Debalsevo, Gorlovka, Yasinovataya, Dokuchaievsk et Shirokino (du Nord au Sud) s'effectue tant sur le plan militaire que diplomatique. En effet par des revendications territoriales de Kiev tente de légitimer les attaques de ses unités d'assaut, en agitant une carte du front de septembre 2014, méprisant celle qui a suivi lors des accords de "Minsk 2" réalisés en février 2015.

Ces grignotages de la ligne de front par l'armée ukrainienne, obligeant même parfois des unités républicaines à céder du terrain, provoque une tension qui vient d'arriver à un point de rupture à Yasinovataya, autour du contrôle d'une station d'épuration d'eau. Ce combat engagé en début d'année a débouché le 29 janvier sur une journée complète de bombardements et de combats au Nord de Donetsk.

La station d'épuration d'eau est le rectangle noir au milieu de la carte et aussi des combats actuels
Je ne reviens pas ici sur les opérations militaires en elles mêmes (voir article précédent) mais plutôt sur le contexte international dans lequel elles se déroulent, car malgré les combats violents du front du Donbass, la confrontation la plus importante est ailleurs, entre un impérialisme étasunien vacillant et une Russie renaissante...


Peur d'un rapprochement Washington-Moscou


Enfants terribles d'un coup d'état organisé par les néo-conservateurs étasuniens, les imposteurs du Maïdan ont toujours eu besoin pour se maintenir au pouvoir de la tutelle politico-financière occidentale, et du mythe de la guerre contre une invasion russe.

Or cette ploutocratie mondialiste qui rêve d'asservir le Monde à ses intérêts élitistes vient de subir 2 revers très importants : 
  • La Syrie où le stratégie occidentale a non seulement échoué dans sa tentative de renversement terroriste du régime Assad mais a permis à la Russie son ennemi désigné de s'imposer sur la scène internationale.
  • Les USA où la candidate Clinton qui devait poursuivre l'hégémonie mondialiste a été battue par un Trump tonitruant qui promet de détruire le Nouvel Ordre Mondial jusque dans ses fondations financières et militaires.
Si on rajoute à cela un contexte de crise économique grandissante et irréversible, on peut deviner que, afin d'éviter une noyade rapide dans le courant de l'Histoire, la ploutocratie mondialiste qui s'est mlse en mode "panique", va tout tenter pour stopper son effondrement en récupérant l'initiative du jeu géopolitique.
Pour cela, la tribu des Soros, Kagan, Clinton and Co, dont l'amoralité totale et sanguinaire n'est plus à démontrer, va certainement tout faire pour détruire le projet de politique internationale de Trump qui, voulant mettre fin à l'expansionnisme militaro-industriel américain, est fondé sur un rapprochement et partenariat avec la Russie de Poutine, leur ennemi juré.

Dans ce bras de fer terrible qui s'annonce, l'Ukraine, qui est un dossier extrêmement sensible aux répercussions internationales importantes, va certainement être le champ de bataille par lequel les néoconservateurs vont essayer de saboter le rapprochement espéré entre Poutine et Trump, qui doit commencer bientôt par une discussion concernant les "sanctions" économiques occidentales contre la Russie.

Et quel meilleur scénario en effet, pour refroidir les relations Est-Ouest,que d'imposer une guerre difficile qui obligerait Moscou à intervenir directement. Du côté de Kiev, Porochenko qui n'a plus de carte en main et perd la confiance de ses parrains occidentaux peut considérer une reprise de la guerre ouverte comme un quitte ou double, ou au pire un sursis pour ce pouvoir fantoche noyé dans ses crises économique, politique, sociale, morale etc. et dont l'agonie est inévitable...

Néoconservateurs étasuniens et bandéristes ukrainiens de toute façon n'ont plus rien à perdre, pour des raisons certes différentes, mais avec un ennemi désigné commun. 
Maître et laquais ont pu donc s'entendre pour organiser par l'Ukraine cette fuite en avant suicidaire appelée "guerre totale" et qui est le "modus mori" de tous les totalitarismes en perte de vitesse...


Les phases préparatoires d'une offensive


0 : Conditionner l'opinion 

Comme toute les impostures idéologiques la doxa libérale qui cache son hégémonie derrière les dogmatiques "démocratie" et "droits de l'homme", comme toute religion de la pensée unique a besoin d'agiter l'effigie d'un diable inventé pour maintenir le troupeau dans sa chapelle. 

Et le discours de ce Nouvel d'être une propagande de guerre permanente dont les objectifs comme le rappelle Michel Collon sont :
  • De diaboliser l'adversaire qui s'oppose à son hégémonie militaro industrielle
  • De se victimiser ainsi que les peuples des pays visés (pour ensuite les massacrer)
  • De cacher les vrais intérêts géostratégiques des conflits déclarés "humanitaires"
  • De manipuler et cacher l'Histoire, les changements de frontières, les alliances...
  • De contrôler les médias par une dépendance économique et une censure
A ces 5 principes je rajoute aussi :
  • De légaliser la pensée unique pour rendre condamnable tous ceux qui s'y opposent
Appliquant les principes de l'ochlocratie décrite par Gustave le Bon dans "Psychologie des foules", cette propagande, utilise l'inversion accusatoire au même titre que les manifestations pour manipuler et priver de sens critique l'opinion publique.

Parallèlement aux opérations militaires la clique des chefs d'Etat européens et oligarques néoconservateurs qui contrôlent des médias occidentaux ont également lancé une vaste offensive propagandiste autour de l'embrasement du front du Donbass, accusant les séparatistes, quand ce n'est pas les russes directement d'être responsables de cette escalade gravissime de la situation. Et bien sûr pour mobiliser par le pathos l'opinion une focale est faite sur la situation humanitaire tendue de la ville d'Avdiivka qui est dans la zone controlée par Kiev, tout en ignorant totalement les villes républicaines de Yasinovataya, Makeevka et les quartiers Nord de Donetsk qui subissent le même sort de villes envahies par la guerre...  


"Si Kiev ne veut pas lancer une nouvelle offensive majeure, alors c'est bien imité !" pourrait-on dire lorsqu'on voit les actions militaires menées par Kiev depuis le 29 janvier et qui correspondent exactement à la phase préparatoire d'une offensive majeure...

Depuis que l' "Homo bellum" s'est redressé sur ses pattes de derrière, sa stratégie pour vaincre l'adversaire que ce soit avec une massue ou un bombardier supersonique a toujours était tissée autour des mêmes préceptes immuables décrits par l'ensemble des théoriciens militaires, de Sun Tzu à Giap en passant par Von Clausewitz, et qu'on peut résumer ainsi : Fixer, Déborder, Attaquer. L'apparition de la guerre urbaine a rajouté depuis le XXème siècle notamment la contrainte que peut représenter une population pour un assaillant (sauf lorsqu'il pratique le terrorisme massif) et qui apparaît encore au grand jour dans ce conflit asymétrique du Donbass.


1 : FIXER L'ENNEMI 

Lorsque les accords de Minsk sont signés, l'armée de Kiev en profite pour se restructurer, se réorganiser, et surtout se soigner des terribles revers subis dans les chaudrons de 2014 (Iliovaisk, Debalsevo etc...), tandis que les milices républicaines se professionnalisent et se modernisent en prenant modèle sur l'armée voisine russe. Aujourd'hui les armées en présence ont décuplé leurs forces et leur préparation au combat, les unités républiqcaines compensant leur infériorité numérique par leur position défensive et surtout un moral supérieur à celui des unités de Kiev...



Depuis mars 2016, Kiev a engagé une stratégie de "saut de crapaud", grignotant mètre par mètre la zone grise située entre les 2 lignes et qui est censée restée neutre. Pour mettre en oeuvre cette stratégie extrêmement coûteuse en vies humaines, l'état major ukrainien a choisi des secteurs républicains qui sont en même temps contestés par le pouvoir de Kiev veut respecter aujourd'hui la ligne de démarcation des accords de Minsk 1 (septembre 2014) plutôt que celle des accords de Minsk 2 (février 2015) qui les prolongent. Prétextant de cette légitimité Kiev depuis des mois viole le cessez le feu et avance ses pions en tioute impunité dans les secteurs de Debalsevo, Gorlovka, Yasinovataya, Dokuchaievsk et Shirokino. 

Depuis décembre les pressions de l'armée ukrainienne sont montés d'un cran avec des séries d'assauts de plus en plus violents sur Yasinovataya (Nord Donetsk), Debalsevo (Est Gorlovka), Kominternovo (Nord Shirokino). 

Le 29 janvier une nouvelle offensive a été lancée au Nord de Donetsk (voir  les articles précédents) avec un déploiement de moyens et des appuis d'artillerie tels qu'ils laissent présager d'une escalade beaucoup plus importante dans les prochains jours si la diplomatie ne parvient pas à stopper la folie de Kiev.

La conséquence de cette stratégie offensive est de mobiliser le maximum des forces républicaines sur ces points de pressions, jusqu'aux unité des forces de réserves qui viennent renforcer les défenses et mener des contre-attaques.


2 : FAIRE FUIR LA POPULATION



Depuis le début de ce conflit on voit que de très nombreuses infrastructures de vie sont la cibles des tirs ukrainiens. La fréquence et le nombre élevé d’hôpitaux, d'écoles, d'églises, d'orphelinats etc. bombardés depuis 2 ans et demi dans le Donbass exclut immédiatement l'hypothèse de dommages collatéraux accidentels. 

Rien que pour la journée d'hier, le 30 janvier 2017, l'armée ukrainienne a détruit 2 chaufferies, endommagé 2 hôpitaux, 2 écoles et 1 jardin d'enfants à Makeevka ville situé à l'Est de Donetsk et éloignée de la ligne de front. Il s'agit de toute évidence d'une stratégie visant à terroriser les civils pour obtenir une évacuation maximale d'une zone urbaine à forte densité de population

En effet, dans une guerre, la prise des villes est souvent incontournable car elles sont souvent situées sur des points de passage obligés transformés en carrefour logistique vital (le débarquement de Normandie par exemple stagnera plus d'un mois sur les côtes jusqu'à la prise de la ville de Caen)

De Troie à Gaza, en passant par Stalingrad, l'Histoire des Hommes est pavée des pierres de ces villes incendiées ou bombardées par les guerres, et qui posent un réel problème aux armées cherchant à les investir. En effet, le combat en zone urbaine est certainement la guerre la plus difficile à mener, car extrêmement coûteuse en hommes, matériels et munitions. La ville devient au moment des combats une forêt fortifiée où chaque ouverture dans les murs les toit ou les caves de son labyrinthe, devient une meurtrière fatale pour celui qui s'y aventure...

Mais le principal problème dans la guerre urbaine est bien la population civile. Pas tant pour les dégâts collatéraux (qu'un commandement militaire digne de ce nom cherche à éviter), que pour la participation directe ou indirecte des habitants à la résistance de leur cité. L'Histoire nous montre que lorsqu'une population est confondue à l'armée qui la défend, cette dernière, outre un moral et une combativité accrus, peut y trouver gîte et couvert et donc bénéficier de ressources, de soins et d'aides permanentes qui réduisent considérablement sa fatigue. 


La stratégie offensive est donc d’épuiser préalablement les ressources de la ville par cette guerre de siège ce qui pratiqué depuis des millénaires. Mais lorsque ce blocus n'est pas possible, les armées cherchent alors avant l'assaut  à faire fuir la population urbaine pour isoler ses défenseurs, en réalisant sur elle des bombardements aveugles pour la terroriser...

Les combats qui se déroulent autour de la station d'épuration d'eau de Yasinovataya sont aussi éventuellement à inscrire dans cette stratégie d'évacuation par la terreur, compte tenu des risques sanitaires majeurs qu'engendrerait le contrôle par l'ennemi d'une source principale d'approvisionnement en eau potable (400 000 foyers sont tributaires de cette station). 
Le contrôle de l'approvisionnement en eau potable des habitants de Donetsk est certainement un objectif de l'offensive en cours, aussi important que celui de la route qui relie Donetsk à Gorlovoka et Lugansk qui se situe à 200 mètres de l'usine.


3 : DÉBORDER LE DISPOSITIF DE DEFENSE



Que ce soit au niveau d'une section ou d'une armée en phase offensive, après avoir "fixer" l'adversaire sur un coté on cherche à contourner ses défenses sur le flanc généralement dégarni. Le principe est de maintenir une pression menaçante sur des points vitaux pour y concentrer le maximum des forces de défense, mobiliser les forces en réserve et même si possible dégarnir les autres secteurs plus calmes...

Au Nord les forces ukrainiennes, en menaçant depuis le 29 janvier, Yasinovataya  et surtout la route qui relie Donetsk à Gorlovka et Lugansk créent une situation particulièrement dangereuse,  pour les enjeux que représente ce couloir logistique pour la menace d'enveloppement du Nord de Donetsk et donc d'un rallongement du front sur une secteur déjà très sensible... D'où le déploiement dans la bataille de Yasinovataya d'une partie des forces en réserve de la DNR.

Au Sud les forces ukrainiennes ont également lancé hier des assauts blindés violents sur les positions républicaines de Sahanka, Leninskoe et Kominternovo, au Nord de Shirokino, provoquant également une mobilisation de renforts dans ce secteur proche de la frontière avec la Russie.

Si elle est effectivement la stratégie actuelle de Kiev, cette intention de "fixer les forces de défenses républicaines pourrait augmenter par une nouvelle offensive dans un autre secteur comme par exemple Gorlovka ou Debalsevo, tout en continuant d'augmenter la pression offensive sur les autres secteurs engagés.


Pendant ce temps là, des secteurs pourtant relativement calmes voient le dispositif d'assaut
ukrainien augmenter de jour en jour, comme par exemple dans le secteur de Volnovakha, au Sud de Donetsk. 


4 : ATTAQUER 



Personnellement, je ne crois pas à une grande offensive de Kiev à l'intérieur d'un tissu urbain dense et solidement défendu comme celui de Donetsk et sa conurbation, ce serait un tombeau  pour l'armée ukrainienne encore très faible et dont les soldats sont animés d'un moral de chien battu ou de chien fou...

En revanche, si une options diplomatique n'est pas rapidement imposée et que les moyens et l'opinion permettent à Kiev de continuer à sacrifier ses soldats on peut imaginer une grande offensive lancée dans un secteur qui dans le contexte actuel d'un embrasement général se retrouverait seul pour encaisser le choc

Soit l'objectif (qui est autant politique que militaire) est ambitieux et on peut alors imaginer une percée entre Volnovakha et Telmanovo en direction de l'Est, soit les moyens et les délais sont plus faibles et dans ce cas on peut imaginer les "ukrops" vouloir tenter de s'emparer de Dokucahaevsk ou/et  Debalsevo qui sont tous deux des "villes contestées" par Kiev...

En face de ses 2 secteurs de très nombreuses concentrations blindées ukrainiennes sont arrivées récemment,notamment autour de Volnovakha...



Dans tous les cas de figure, le volcan de la guerre a bien été réveillé par Kiev ce 29 janvier 2017 et si la diplomatie internationale ne réussit pas à stopper net l'élan des fous du Maïdan il est probable que les mondialistes décident de se sacrifier l'Ukraine dans une guerre totale comme un joueur d'échec menaçant le roi par un pion sacrifié pour tenter d'empêcher l'adversaire de faire un roque.

Les prochains jours vont rapidement nous montrer quel chemin va emprunter notre Histoire.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya




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