vendredi 4 novembre 2016

Où il est à nouveau question de Debalsevo

Intensification des attaques ukrainiennes sur la ligne de front


Depuis la semaine dernière les attaques de l'armée ukrainienne connaissent une nouvelle escalade sur l'ensemble de la ligne de front du Donbass. L'intensité des tirs de l'artillerie et des chars de Kiev est même remontée à plus de 700 violations du cessez le feu par jour :
  • 30 octobre : 722 tirs 
  • 31 octobre : 440 tirs
  • 1er novembre : 755 tirs
  • 2 novembre : 402 tirs
Aujourd'hui, 3 novembre 2016, les forces ukrainiennes ont réalisé de multiples provocations durant la journée sur l'ensemble du front et notamment dans le secteur de Yasinovataya où les tirs ont gagné en intensité et calibres utilisés à partir de 17h00.

Entre 18h00 et 21h00 l'armée ukrainienne a également pilonné la périphérie de Gorlovka (Zaitsevo au Nord ey Shiroka Balka à l'Ouest), le secteur de Krasny Partizan et jusqu'au Nord de Makeevka (Nord Est Donetsk), et à 19h00 le secteur de Trudovsky et Staromiklhaïlovka (Ouest Donetsk)

Cette fois, face à ces bombardements prolongés dirigés contre la zone industrielle d'Avdiivka (Nord Est Donetsk) et le village de Spartak (Est Aéroport), les forces républicaines ont été obligées de procéder à des tirs de contre batteries afin de neutraliser les pièces d'artillerie ennemie où au pire les obliger à se replier.

Depuis 23h00, l'artillerie lourde ukrainienne continue de pilonner les périphéries Nord et Ouest de Donetsk.

L'aéroport, défendu par le bataillon Sparta et touché une nouvelle fois par l'artillerie ukrainienne
Kiev lance de nouveaux défis au processus de paix

En plus des incessantes violations du cessez le feu, la stratégie de sabotage des accords de Minsk engagée par Kiev s'exerce également dans le jeu déjà difficile des négociations qui tentent désespérément de débloquer le processus de paix.

Lors de la dernière réunion du quartet Normandie (Allemagne France Russie Ukraine), le 19 octobre à Berlin, Porochenko avait insisté pour que soit déployée une mission armée de l'OSCE dans le Donbass. Poursuivant dans son délire obsessionnel de vouloir contrôler les frontières du Donbass avec la Russie, avant d'engager le volet politique du processus de paix (élections locales et statut spécial), Kiev demande aujourd'hui pour cette mission armée de l'OSCE un effectif d'environ 18 000 à 20 000 hommes. 

Et quand bien même, il est fort probable que les 57 membres de l'OSCE qui fournissent actuellement les 700/800 observateurs déployés en Ukraine éprouvent quelques difficultés à mettre en oeuvre une telle force tant au niveau de ses effectifs qu'au niveau de la coordination de commandement ou logistique par exemple...  

Il s'agit donc de toute évidence de la part de Porochenko d'une nouvelle manœuvre dilatoire destinée a faire échouer l'échéancier de la feuille de route de Minsk.

Non content de compliquer le processus déjà bloqué, Kiev en rajoute à chaque occasion comme par exemple sa dernière revendication de vouloir reprendre le contrôle de Debaltsevo (à l'Ouest de Gorlovka) dans le cadre des zones de retrait des forces armées que tente de mettre en place le groupe de contact chargé de l’exécution des accords.

Pour justifier ce nouveau délire, dont le but même pas voilé est de planter toujours et encore le processus de paix, Kiev ressort des archives la carte du front du 19 septembre 2014, au moment où le premier mémorandum a été signé à Minsk. Or l'évolution de la situation militaire et politique avait alors conduit les participant à réviser ce premier accord et de rédiger un nouveau mémorandum signé le 12 février 2015 ("Minsk 2") que le groupe de contact tente depuis de mettre en oeuvre.

Cette nouvelle exigence évoquée lors de la réunion de Berlin vient d'être à nouveau présentée par le Ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkin, pour jeter une nouvelle embûche dans l'ordre du jour de la prochaine réunion du "quartet Normandie" qui doit normalement présenter une nouvelle feuille de route simplifiée pour la réalisation des accords...


Retour sur Debalsevo

Si Kiev ressort de sa manche la carte de Debalsevo et la lance sur la table de Minsk comme un pavé dans la mare, c'est pour plusieurs raisons :
  • L'importance stratégique de Debalsevo pour le Donbass
  • Le litige chronologique de sa libération
  • L'impossibilité de toute forme de négociation 

Carte du front au 4 février 2015, quand la poche de Debaltsevo s'est refermée sur plus de 4000 soldats ukrainiens
Tout d'abord il est important de se rappeler que les accords de Minsk 1 avaient sauvé l'armée ukrainienne d'une première déroute consécutive à la chute du chaudron d'Iliovaisk en août 2014. A l'époque où est signé ce premier accord, Mariupol est sur le point d'être libérée par les forces républicaines en pleine contre-offensive.

Pendant l'hiver 2014-2015, alors que le front se stabilise dans au Sud de la DNR, les combats continuent et même s'intensifient dans le secteur de Debalsevo.

Debalsevo est une petite ville de 25 000 habitants située à 60 km au Nord Est de Donetsk mais c'est surtout un important nœud routier et ferroviaire entre Kharkov, Mariupol, Rostov-sur-le-Don, Taganrog et Moscou et surtout depuis la guerre lancée par Kiev contre le Donbass, le trait d'union entre les deux Républiques de Donetsk et Lugansk. 
L'importance de ce carrefour stratégique n'avait pas échappé aux combattants qui vont se le disputer dès de mois de juillet 2014 :
  • Le 29 juillet 2014, les miliciens sont repoussés par les assauts des forces ukrainiennes qui s'emparent de la ville après de violents combats.
  • Fin août 2014, les forces républicaines réussissent à reconquérir en plusieurs jours de combats la ville de Debalsevo
  • En septembre 2014, la ville tombe à nouveau aux mains des forces ukrainiennes qui commencent alors a fortifier et agrandir vers le Sud (Nikishino) le saillant réalisé;
  • En janvier 2015, les forces républicaines contre attaquent et forcent les ukrainiens a abandonner leurs positions et de très nombreux matériels blindés et d'artillerie
  • Le 26 janvier 2015, le chaudron de Debalsevo s'est refermé sur plusieurs milliers de soldats ukrainiens, qui ont déjà perdu près de 2000 hommes


Début février 2014, Kiev, qui va toujours nier les pertes subies dans ce nouveau chaudron incompréhensible après les précédentes expériences similaires vécues près de la frontière Sud et à Iliovaïsk, tire la sonnette d'alarme et implore une nouvelle réunion à Minsk pour sauver une nouvelle fois son armée d'un désastre historique...
  • Le 12 février 2015, le mémorandum de Minsk 2 est signé alors que les combats font rage aux portes de Debaltsevo
  • Le 15 février 2015, le cessez le feu entre en vigueur, et le Président Zakharchenko offre aux soldats ukrainiens encerclés la possibilité de se rendre
  • Le 18 février 2015, l'armée ukrainienne abandonne la ville de Debaltsevo aux forces républicaines.
On peut observer que le cessez le feu de Minsk 2, en imposant un arrêt des combats a surtout évité à l'armée de Kiev de vivre une Bérézina vs ukrainienne en empêchant à l'armée républicaine d'exploiter vers le Nord sa victoire écrasante dans le chaudron de Debalsevo. 

Le Président ukrainien Porochenko lui-même le reconnaissait en juin 2015 lorsqu'il déclarait : “Il y a encore trois mois le matériel n’avait pratiquement plus de valeur combative, les gens étaient fatigués de se trouver sur le front depuis presqu’un an. La question m’a été posée à quoi ont servi les accords de Minsk. Premièrement, nous avons besoin de la paix. Deuxièmement, cela a permis de rétablir l’aptitude au combat de l’armée et élever la ligne de défense“ 

Alors que les estimations des pertes ukrainiennes oscillent entre 2000 et 4000, Porochenko ne reconnaîtra après 6 mois de combats  violents que... 30 blessés !
Donc aujourd'hui, oubliant le contexte militaire désastreux de l'époque, la perfide Kiev en ressortant une carte caduque de septembre 2014, veut jouer sur la seule chronologie des faits de février 2015 pour revendiquer aujourd'hui Debalsevo sous prétexte que des soldats ukrainiens encerclés s'y étaient réfugiés au moment de la signature de "Minsk 2".
Porochenko, dans ce nouveau jeu de dupe sait pertinemment que cette nouvelles revendication concernant Debalsevo, après celles du contrôle des frontières préalable au processus politique et de la mission armée de l'OSCE, est totalement inacceptable, tant sur le plan politique, militaire que moral vis à vis des populations libérées en février 2015 de l'occupation ukrainienne.

Le Président Zakharchenko a d'ailleurs rappelé clairement et fermement l'évidence, en refusant tout compromis concernent Debalsevo

On pourrait avancer "qui ne tente rien n'a rien" car en exigeant l'impossible tout en invoquant les accords de Minsk, Kiev cherche surtout (et seulement) à responsabiliser les Républiques du Donbass de l'échec inévitable et à venir du Processus de Paix et à créer ainsi un "casus belli" construit sur une mauvaise foi qui sera n'en doutons pas camouflée par le discours mensonger des médias occidentaux...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Source de l'article 


Sur le chaudron de Debalsevo




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S'il vous plaît, pour m'aider dans ce travail de réinformation

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos ... et locales, obsédées par la recherche du monopole de l'information.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 

Bien à vous 
Erwan






mercredi 2 novembre 2016

Bilan octobre 2016 du blog

Les chacals aboient et la caravane passe


Malgré seulement 36 articles de réalisés au cours du mois d'octobre 2016 et surtout en dépit des censures multiples organisées par les pro Kiev mais également les agences locales (en particulier DONI press) la fréquentation du blog continue sa courbe ascendante atteignant pour ce mois dernier 

73 424 lectures soit une moyenne de 2368 par jour !


Plusieurs blocages réalisés par Facebook et surtout une censure totale organisée par l'équipe de DONi press (qui pourtant est censée travailler comme moi pour le Donbass) sur leur site égocentrique mais également au niveau de leur réseau français, qui s'appuient sur des imbéciles qui, soutenant la starisation du métier de l'information ne sont que des groupies d'adolescents attardés et narcissiques comme Laurent Brayard ou Christelle Néant, venus jouer les vautours et les hyènes dans une zone de guerre !

Bref passons ...

Ce mois ci, l'information a été marquée principalement par l'assassinat de Motorola le Commandant du Bataillon Sparta, et l'article réalisé en soirée à peine 1 heure après l'attentat qui lui a coûté la vie montre à quel point cet homme était aux yeux de beaucoup un exemple de courage et d'incarnation de la résistance du Donbass face à l'agression kiévienne.

En quelques jours l'assassinat de Motorola va émouvoir et informer la blogosphère de la réalité de la guerre 
Ce blog, ouvert au moment du Maïdan fin 2013 recense uniquement les événements et les analyses de la crise ukrainienne en générale et de la guerre qu'elle a déclenché dans le Donbass. PAu total, plus de 900 articles, (soit près de 1 article par jour) qui s'efforcent de rétablir cette vérité qui est tant déformée par le mainstream médiatique occidental et soumis à la propagande de guerre étasunienne.

Écrits uniquement en français ("mea culpa, mea maxima culpa") les articles touchent donc majoritairement un public francophone, mais en revanche ne se limitent pas aux frontières de la France. 


Actuellement j'ai quitté l'armée pour me consacrer pleinement à ce travail de réinformation pour lequel je m'efforce de réaliser au minimum une publication quotidienne malgré une absence totale de moyens (appareils, transport, salaires, informatique, etc...) et surtout d'accréditation qui me permettrait de faire des reportages de terrain sur le front. 

Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie il faut signaler que ce manque de reconnaissance officielle de mon travail est dû à l'ostracisation réalisée par l'équipe Putkonen à qui les autorités de la DNR ont imprudemment accordé confiance et crédit, car ces arrivistes ne savent utiliser leurs pouvoirs que pour se servir et chercher à consolider un monopole de l'information en censurant, bloquant et écartant tous les autres acteurs qui, sur le terrain essayent (et souvent depuis plus longtemps qu'eux) de servir la cause du Donbass.

Je dois à ces vautours et ces hyènes puantes calomnies, blocage de passeport et d'accréditation, ainsi que censures quotidiennes et ostracisation totale de mon travail. Si je les dénonce aujourd'hui ce n'est pas parce que ces pauvres hères confondant l'Honneur avec les honneurs et ont brisé l'Union sacrée, mais parce qu'ils profèrent aujourd'hui des menaces contre moi mais aussi contre les personnes qui osent par exemple partager mes articles de soutien sur le Donbass.

Je tiens ici à préciser ici que de mon côté, refusant de céder au manichéisme occidental qui les caractérise, je continue à les citer et même à publier certains de leurs articles lorsque leur travail de traduction des communiqués officiels le mérite. 

Mais ceci n’empêchant pas cela 

Et il est temps aussi de dévoiler la nature de ces reporters de salon, chasseurs de privilèges et de médailles aux trains de vie ministériels et qui sont venus dans le Donbass reproduire en microcosme cette "société du spectacle" clientéliste et narcissique qu'ils prétendent faussement combattre à l'abri derrière la ligne de front.

A mes yeux ils ne représentent rien d'autre qu'une imposture flagrante et surtout pas cette flamme de la résistance à laquelle ils prétendent vaniteusement s'identifier ! 

Et surtout je les emmerde !

A bon entendeur salut !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Les collectionneurs de médailles... Janus: 5, Jaana: 2, Laurent: 2 Christelle: 1... des bouffons occidentaux échoués dans le Donbass et qui feraient rire s'ils n'avaient pas une capacité de nuisance lâche et nauséeuse.



Le masochisme ukrainien

Le volcan du Maïdan menace d'une nouvelle éruption


Ce n'est pas la première fois que le gouvernement Porochenko voit son bateau à la dérive menacé par une nouvelle tempête que beaucoup appellent de leurs voeux et nomment déjà "Maïdan 3" (après la Révolution orange de 2004 et l'Euromaïdan de 2014)...

En septembre, un sondage a été réalisé auprès de la population ukrainienne et la température qu'il révèle est inversement proportionnelle à celle qui est attendue cet hiver par une population qui commence a être menacée par la famine :

Parmi les ukrainiens interrogés,
  • 74 % sont mécontents des actions du Président Porochenko (contre 47% en mars)
  • 79 % sont mécontents des actions du gouvernement (44% en mars)
  • 89 % sont mécontents des actions du parlement, la Verkhovna Rada (9% en mars)
Sur ce dernier point l'exaspération des ukrainiens devient souvent colère vis à vis de leur parlementaires, plus occupés à s'enrichir personnellement, se battre physiquement ou s'enivrer de délires russophobes. Ainsi cette réflexion acerbe d'un invité de l’émission TV Shuster Live à Kiev le 23 septembre dernier :

Ce ras le bol des ukrainiens a franchi ce mois ci une nouvelle étape, avec un appel a manifester ce 4 novembre dans les rues de Kiev (à 12h00) pour exiger la démission des parlementaires ukrainiens. A l'origine de cet appel, l'indignation générale d'une population ayant appris que les députés se sont octroyés une augmentation de salaire au milieu d'un effondrement économique total qui force les gens à se serrer chaque jour un peu plus la ceinture. En effet, dans le même sondage :
  • 74 % des personnes interrogées constatent que la situation économique de leur pays s'est fortement dégradée et 50 % pensent qu'elle va encore s'empirer...
  • 70 % déclarent devoir emprunter pour faire des achats ménagers
  • 20 % déclarent devoir économiser la nourriture
De quoi énerver les ukrainiens dont le salaire moyen mensuel en chute libre approche aujourd'hui les 60 euros, tandis que leurs "représentants" se vautrent dans le luxe et les privilèges de fonctionnaires corrompus d'un système national-oligarque dont le 1er d'entre eux, Porochenko lui-même, a vu sa fortune quadruplée en 2 ans de pouvoir (estimée aujourd'hui à 949 millions de dollars !)

Si le pouvoir est gravement remis en cause, la population ukrainienne n'en reste pas moins aveugle et manipulée, à tel point que l'on peut légitimement se demander si l'effondrement du pays ne fait pas partie de la stratégie occidentale post-Maïdan pour le faire basculer encore plus rapidement dans le camp occidental.

En effet, lobotomisés par la propagande de guerre russophobe, parmi les ukrainiens interrogés, dont 64 % déclarent avoir l'intention d'aller voter au prochain scrutin :
  • 53 % déclarent que le principal problème est la guerre dans le Donbass
  • 38 %  déclarent que c'est la corruption
  • 29 % déclarent que c'est le chômage 
Mais aucun bloc remettant en cause le coup d'état et l'aventure suicidaire du Maïdan n’apparaît ici... peur, inconscience, fatalisme ?

Au contraire, la majorité des ukrainiens interrogés, bien que lucides sur les compétences inexistantes de leurs dirigeants actuels semblent même atteints d'une sorte de "syndrome de Stockholm" collectif et suivent la voie imposée par les putschistes du Maïdan :
  • 51% pensent que l'Ukraine a besoin de se déplacer vers l'Union européenne. 
  • 68% sont favorable à une adhésion de l'OTAN par un référendum organisé !
En attendant, le gouvernement prend très au sérieux cet appel à manifester lancé à la population, et déjà 1300 policiers et soldats de la Garde Nationale ont été mobilisés à Kiev pour réagir en cas d'émeutes anti gouvernementales.

A quelques jours du 3ème anniversaire du Maïdan (26 novembre) la société ukrainienne vit une nouvelle et énième ébullition, cette fois plus authentique et légitime que cette "révolution de la dignité" téléguidée par le département d'Etat étasunien en 2014. La question cependant est de savoir si, dans leur contestation légitime, les ukrainiens sauront se libérer de la propagande de guerre russophobe et des mirages occidentaux pour analyser en conscience et profondeur les véritables raisons de l'éclatement de leur pays et leur effondrement sociétal. 

Sur ce dernier point, force est de constater que rien n'est moins sûr, car les ukrainiens semblent être entraînés dans une spirale infernale dans laquelle on comprend mieux l'intérêt pour Kiev d'entretenir une guerre insensée dans le Donbass afin de mieux détourner l'opinion des vrais responsables du naufrage ukrainien. 

La guerre permet donc pour le milliardaire Porochenko,  de faire des affaires, de mobiliser encore la population même en la faisant souffrir, de réduire le risque d'un coup d'état nationaliste et surtout d'éviter un éclatement définitif de l'Ukraine, car un véritable cessez le feu engagerait aussitôt l'étape politique du processus de Paix signé à Minsk, et de la fédéralisation demandée ce qui donnerait à coup sûr une victoire aux pro russes non seulement dans le Donbass mais aussi à Kharkov, Kerson, Odessa etc... 

Et quand bien même un troisième Maïdan surgirait cet hiver il y a de grandes chances qu'il ne fasse que précipiter l'Ukraine dans l'UE, l'OTAN, la guerre et sa disparition définitive...

En attendant, que le volcan explose ou n'explose pas, la coupe de l'exaspération ukrainienne quant à elle, déborde de déception, de colère et de peur tandis que le froid tombe sur Kiev et que des cercueils ne cessent de revenir du front du Donbass.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


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Erwan




mardi 1 novembre 2016

La leçon de guerre

Des enfants d'Europe entre blessure et initiation

De ces anges aux ailes brisées, vous n'entendrez jamais parlé dans les médias serves occidentaux, car ils n'ont pas droit à la compassion de cette bien-pensance prétendue "universelle"...

... Pourquoi ? parce que tout simplement ils s'appellent Anastasia, Roman, Irina ou Vladimir et qu'ils sont russes !


Le 8 juin 2014 à Slaviansk (au Nord Ouest de Donetsk) le premier enfant du Donbass tombait sous les obus ukrainiens lors du bombardement d'un église. Depuis plus d'une centaine d'enfants sont morts, et des centaines d'autres ont été blessés, victimes d'un terrorisme d'état frappant le coeur de d'une Europe anesthésiée.

Cette année, plusieurs enfants ont été à nouveau les victimes des soudards de Kiev, certains ne se sont pas relevés, mais tous porteront à jamais les stigmates de la haine, dans leurs chairs où leurs coeurs, car depuis plus de 2 ans la guerre a décoloré l'univers des enfants du Donbass, et pour des milliers d'enfants, les détonations des canons ukrops ont remplacé le chants des oiseaux...


Un volontaire rencontré par une équipe de News Front venue visiter sa position avancée déclarait que la pire chose vécue par lui dans cette guerre était la mort des enfants. Et ces morts et blessés innocents ne sont pas de ces "victimes collatérales" réalité malheureuse et inévitables d'une guerre urbaine moderne, mais bien des objectifs déclarés dans cette guerre à caractère génocidaire lancée par la junte de Kiev qui se réjouit lorsque les anges du Donbass pleurent dans leurs caves secouées par les bombardements. 

Pour s'en convaincre il suffit d'écouter le sadisme de Porochenko cette marionnette étasunienne qui depuis plus de 2 ans pratique en toute impunité un terrorisme halluciné :

"Les enfants resteront dans les caves !"

Ce mois d'octobre, un court métrage a été réalisé par Nina Vedmitskaya, sur ce thème dramatique des enfants du Donbass, victimes de l'agression ukrainienne lancée contre leur terre depuis avril 2014. Dans cette fiction s'appuyant sur des faits réels survenus à Donetsk en 2014, un parallèle historique est fait entre les événements de la seconde guerre mondiale et ceux d'aujourd'hui...

Si "comparaison n'est pas raison", il faut cependant admettre que ce parallèle entre 1941 et 2014 est d'autant plus légitime qu'il est imposé par les ukrainiens eux-mêmes qui pour justifier leur "opération anti terroriste" ont réanimé par delà l’héritage d'une guerre froide rallumée par Washington les slogans anti-bolcheviques véhiculés par la propagande de guerre nazie il y a plus de 70 ans. A cela il faut rajouter l'idéologie revendiquée par de nombreux bataillons spéciaux qui assument leur héritage nazi jusque dans leur symbolique régimentaire...

"Leçon non apprise 14/41"
Film réalisé par Nina Vedmitskaya 


Novorossiya Today en juin dernier rappelait le tragique anniversaire de la mort du 1er enfant du Donbass tué à Slaviansk en 2014. depuis plusieurs autres ont été victimes des bombardements ukrainiens sur la ligne de front, à Kominternovo, où plus récemment le 27 octobre, lors du dernier bombardement de Makeevka...


Dans le secteur du front où je réside, je croise chaque jour des enfants jouant à la guerre dans leurs jardins labourés par les bombardements tandis que des futures mamans revenant du marché en écoutant le ciel où sifflent les obus. Au milieu des ruines l'innocence et l'espérance restent toujours intactes dans les coeurs invincibles du Donbass.

Chaque semaine, des enfants naissent dans le Donbass, protégés par l'amour et la foi de leurs familles tandis que l'âge de l'innocence de leurs aînés s'efface prématurément devant celui du devoir qui les conduit vers les portes des casernes...

Tandis qu'en Occident des enfants gâtés jouent frénétiquement à la guerre sur des écrans tactiles hors de prix, ici, entre Donetsk et Lugansk une nouvelle génération de la guerre est en train de naître en Europe, victime d'un destin dramatique qui a détruit ses rêves merveilleux mais qui lui a offert en conscience les promesses héroïques d'une liberté restaurée.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya







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Erwan





Quand la vérité habille le mensonge

Kiev en cherchant à se défausser avoue son lamentable échec


Décidément, depuis le Maïdan les ukropithèques semblent se faire un point d'honneur à imiter leurs parrains étasuniens, de la coupe des uniformes de la police de Kiev au logo de leur service de Renseignement, mais surtout dan les discours animés par une russophobie hystérique de plus en plus délirante...

Alors qu'aux USA, la vampire Killary Clinton mise en difficulté dans la course à la Maison Blanche accuse la Russie de saboter sa campagne présidentielle face à Donald Trump, l'Ukraine brune en plein naufrage vient de sortir de son casque un dernier lapin qui est aussi hallucinant qu'intéressant.

En effet, condamnée irrémédiablement à disparaître dans une convergence de crises économique, politique, sociale, militaire etc... le gouvernement Porochenko dans une ultime argutie lâche et immature accuse la Russie d'être responsable de son effondrement !

Ce qui est intéressant dans ce scénario accusatoire, c'est que les autorités ukrainiennes se cachant derrière d'imaginaires hackers piratant la boite mail du conseiller russe Surkov en charge de la crise ukrainienne, se sont sentis obligés de décrire à travers les objectifs et les résultats de la cette pseudo subversion russe, le bilan réel de leur politique désastreuse....

Or, s'il y a bien un pays où Moscou n'a pas besoin de mettre en oeuvre une éventuelle stratégie subversive déstabilisatrice, c'est bien l'Ukraine... car elle se charge toute seule, et mieux que personne, de son propre effondrement !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source de l'article : Russie politics

Le "Plan Surkov" de déstabilisation que vient de lancer l'Ukraine


25 octobre 2016

Les hackers sont à la mode. Clinton qui accuse la Russie d'utiliser des hackers pour craquer les mails des Démocrates, CNN qui annonce que des hackers américains ont piraté le site du Ministère russe des affaires étrangères - seulement c'est passé inaperçu, si c'est la vérité, car ce site n'est plus utilisé depuis longtemps. L'Ukraine, qui se sent un peu oubliée, redevenue le parent pauvre à qui l'on rappelle ses obligations pour rester à la table des grands, est en pleine crise existentielle. Elle aussi a des hackers. Qui doivent dévoiler des secrets à la face du Monde libre: comment la Russie va destabiliser la situation en Ukraine pour provoquer des élections anticipées. Et pour cela, quoi de mieux que d'annoncer d'avoir craqué, comme les grands, les mails de V. Surkov, cette fois, le conseiller russe en charge de la situation. Sans compter le style parfois très ukrainien de ces documents, sur le fond l'on comprend à quel point le pouvoir ukrainien actuel a peur de sa chute, qu'il sent très proche.

Grande nouvelle: des hackers ukrainiens ont craqué la boîte mail de V. Surkov. Et les Kiberhunta (traduction: la junte d'internet) ont mis en ligne des documents dont le titre est explicite:  "Plan pour les premiers éléments de déstabilisation de la situation politico-sociale en Ukraine - Chatoun". Pourquoi pas comme nom de code Nevaliachka, mais non c'est trop optimiste, cette poupée ne tombe pas. Il vaut mieux que le titre soit clair, imaginez que les journalistes ne lisent pas la suite... Or, les auteurs sont certains de la chute de l'Ukraine.

Et la suite, il faut la lire. Cela mériterait une réelle analyse psychanalytique. Je regrette mon incompétence en la matière. Car en fait de Plan, les ukrainiens ont publié un bilan de leur activité, mis en avant leurs point faibles, éléments connus de tous mais qu'ils ne reconnaissaient pas encore à ce jour.

Ainsi, pour reprendre quelques grandes lignes:

Avant novembre 2016:
  • critique de la politique socio-économique du Gouvernement actuel; 
  • réanimer les anciennes affaires de corruption et lancer des enquêtes de grande envergure sur la corruption aujourd'hui - c'est ce que leur demande le FMI, l'UE et les Etats Unis;
  • Modifier la Constitution pour y introduire des zones à statut particulier ( - ce qui est exigé par les accords de Minsk), créer des zones économiques particulières pour Odessa, kharkov, Lvov ..
  • critique de l'efficacité de la police à lutter contre l'augmentation de la cirminalité;
  • critique de la décision du Gouvernement d'augmenter l'âge de retraite à 65 ans.
  • Octobre-décembre 2016:
  • lancer des négociations avec les hommes d'affaires qui font de l'exportation ( - puisque ce sont eux qui ont le plus perdu de la fermeture des relations commerciales avec la Russie) et qui ont de l'influence en politique intérieure, notamment à la Rada, leur offrir un soutien médiatique et financier pour les prochaines élections; développer les liens avec les journalistes;
  • organiser des manifestations;
  • activer les organisations de défense des droits des minorités (des russes) et lancer des slogans ( - inacceptables manifestement) comme "le pays a besoin de la paix", "cela suffit de souffrir pour les intérêts des oligarques", etc
  • organiser une campagne médiatique pour monter l'inefficacité du pouvoir ukrainien
Je ne rentrerai pas plus dans le détail, vous pouvez vous amusez en lisant ces quelques feuillets.

Une question est sur toutes les lèvres: est-vrai ou est-ce un coup monté?

L'on pourrait dire que c'est vrai, pourquoi pas. Il doit bien exister dans les tiroirs russes plusieurs scénarios d'évolution de la situation en Ukraine, dont l'agressivité à ses frontières et dans les instances internationales constitue une menace directe pour sa sécurité intérieure russe. Poroshenko finalement a de la chance de ne pas avoir les Etats Unis comme voisin ...

Evidemment, en Ukraine, à qui mieux mieux le SBU et le ministère de l'intérieur se pressent d'affirmer l'authenticité de ces documents. De son côté, la Russie, par la voie du porte-parole du Kremlin D. Peskov affirme que l'on prête toujours beaucoup d'intentions à V. Surkov, dont il est assez éloigné.

G. Maskal, à la tête de la région ukrainienne de Transcarpatie, a de sérieux doutes sur l'authenticité de ce document en raison d'erreurs, grammaticales et autres, flagrantes, ressortant souvent de la langue ukrainienne. Sur le fond, il estime que tenter de créer dans sa région, aujourd'hui, une autonomie de type République de Donetsk est voué à l'échec et démonte une méconnaissance totale de la réalité de la situation.

Or, l'on peut reprocher beaucoup de chose à V. Surkov, mais certainement ni la naïveté, ni l'incompétence. Par ailleurs, dans ses grandes lignes, ce Plan ne semble, pour sa part, ne pas avoir besoin ni de V. Surkov en particulier, ni de la Russie en général pour se réaliser. La popularité des politiciens ukrainiens est très basse, , ils se discréditent eux-mêmes, la confiance de la population est en chute libre. Ce que Kiev sait parfaitement. 


Que révèle ce Plan dévoilé par les ukrainiens eux-mêmes?

Ce Plan montre un état assez proche de la panique dans les rangs des dirigeants ukrainiens. L'on se souviendra des différentes insultes proférées lorsqu'on leur demande d'appliquer les accords de Minsk, de Baïden qui fatigue de parler plus souvent à Poroshenko qu'à sa femme, de la tension intérieure qui monte. Timoshenko, plus d'une fois, critique vertement la politique de Poroshenko, dont elle trouve le régime oligarchique très semblable, sur de nombreux points, à celui de Yanukovitch, l'ancien Président déchu lors du Maïdan. Elle a même affirmé qu'à Lvov, les gens demandaient le retour de Yanukovitch, dont le régime était certes corrompu, mais sous lequel ils vivaient mieux.

Ce plan révèle tous les échecs flagrants du régime (baisse des aides sociales, paupérisation de la population, augmentation de la criminalité, destructuration du tissus économique et industriel, etc.) et toutes ses peurs profondes (campagne de dénigrement médiatique - autrement dit que cela sorte de la cuisine - manifestations sociales de personnes qui n'ont plus rien à perdre, renversement du régime).

Ce Plan est nécessaire pour justifier la potentielle réaction du régime envers le danger populaire. Si devant eux, ils ont des gens qui ont faim et froid, même l'Occident ne peut autoriser Poroshenko à leur tirer dessus. Si les chaînes de télé qui font des reportages objectifs sont systématiquement fermées et sous répression, il risque à terme d'y avoir une réaction. La pression idéologique doit rester. Les pays européens fatiguent de cette situation et ils ont assez à faire avec leurs propres problèmes, sans parler de leurs élections. Les leaders qui soutenaient l'Ukraine sont sur le départ (Obama sortant, Merkel en chute, Hollande discrédité). Les yeux peuvent être autorisés à s'ouvrir. 

Or, s'il s'agit d'un Plan organisé de l'extérieur, depuis cette Russie honnie par les Etats Unis et leurs Etats satellites, l'Ukraine se défend, elle n'est pas l'agresseur: contre des gens enrôlés pour destabiliser un pays sur la voie de la démocratisation. L'on peut tirer, fermer des chaînes de télé/émissions, exclure des candidats.  Puisque la critique n'est pas honnête, puisqu'elle est fabriquée et instrumentalisée pour faire tomber le régime.

La faiblesse du système est ici: l'impossibilité de la critique. C'est aussi cet élément qui fait douter de l'authenticité de ces documents. Et cette faiblesse on la retrouve aussi en France, on la retrouve au fondement même du système néolibéral qui nous gouverne. Ce système ne peut être populaire en raison des mesures anti-sociales qu'il exige, or les élections sont encore nécessaires pour garder les apparences. Il faut donc discréditer toute critique des fondements du système. 

Dans cette logique l'on voit publier Le négationnisme économique par P. Cahuc et A. Zylberberg. Le négationnisme a un sens très précis en France: la remise en cause des horreurs commises par les nazis et leurs alliés. Sur la méthode, il s'agit déjà d'une remise en cause de la signification concept, d'une réécriture de la langue et de la création d'une incertitude. Mais sur le fond, c'est simplement l'interdiction de toute forme de liberté de pensée, négation de la possibilité même de critique des dogmes fondant la société contemporaine, ce qui passe évidemment par l'économie. Une violente critique, heureusement, a soulevé la société française, car la France n'est pas l'Ukraine.

L'Ukraine n'a pas les ressources intellectuelles pour sortir un ouvrage devant conceptualiser le dogme du régime actuel, elle créé un Plan Surkov qui recouvre tous ses fantasmes. 

Karine Bechet-Golovko