jeudi 8 septembre 2016

Et c'est reparti !

Nouvelles attaques de l'armée ukrainienne


"Chassez le naturel et il revient au galop !"

Le cessez le feu décrété le 1er septembre n'aura finalement pas tenu plus d'une semaine ! (si on ne compte pas les tirs sur les zones de contact qui n'ont jamais cessé) car les ukrainiens n'ont pas pu résister à leur stupidité haineuse de vouloir bombarder les populations du Donbass. 

Pour la seule journée du 6 septembre l'armée ukrainienne a engagé le feu 102 fois sur le territoire de la République de Donetsk, doublant le nombre de violations du cessez le feu constaté la veille. Obus d'artillerie de 122mm, obus de mortier de 120 et 82mm, complétés par des roquettes et grenades propulsées, des tirs provenant des armes de bord des véhicules de combat et autres armes d'infanterie...

A noter qu'un bombardement sur des quartiers résidentiels a été organisé par le bataillon spécial "Donbass" positionné à Krasnogorovka (Ouest de Donetsk) dans le seul but de satisfaire des militants radicaux venus faire du "tourisme" sur le front !

Le 7 septembre, tandis que les violations ukrainiennes continuaient, tuant un soldat républicain à Petrovsky (Sud Ouest de Donetsk), une équipe ukrainienne de reconnaissance et de sabotage a sauté sur une mine alors qu'elle tentait de pénétrer nos lignes de défense dans le secteur de Marinka (Sud Ouest de Donetsk) Au cours de cette échec, le commando ukrainien appartenant à la 73ème brigade spéciale de marine a eu 1 tué (le capitaine Oleg Medina) et 2 blessés.

Plus tard en début d'après midi le village de Zaitsevo a subit à 14h30 un bombardement ukrainien au mortier de 120mm, alors que de nombreux civils étaient en activité à l'extérieur.

Le soir l'artillerie ukrainienne, bombardait Sahanka au Sud de la République de Donetsk, Volvo Center près de l'aéroport et Yasinovataya au Nord de Donetsk, tandis que la République populaire de Lugansk enregistré également 3 bombardements sur son territoire.

Malgré la trêve l'armée ukrainienne continue d'enregistrer des pertes "hors combat" principalement dues à des accidents de la route, des fautes lors de manipulation d'armes ou d'explosifs, ou des rixes d'ivrognes. Ainsi pour la seule période du 3 au 6 septembre, rien qu'à l'hôpital de Karkhov, 16 blessés graves ont été admis aux urgences en provenance de la Zone de l'ATO.


Des accords de Minsk complètement en panne 

Le groupe de contact qui pilote la mise en oeuvre des accords de Minsk a entamé ce 7 septembre des pourparlers pour définir l'ordre du jour de la prochaine réunion qui aura lieu dans la capitale biélorusse le 21 septembre prochain. Les points importants qui y seront évoqués sont : l'application du "régime de silence", la loi d'amnistie, l'échange de prisonniers. 

Les autorités des Républiques du Donbass, outre le fait que les violations ukrainiennes du cessez le feu reprennent de jour en jour, ont exprimé leurs préoccupations suite aux récentes déclarations du Président ukrainien Porochenko qui rejetait le projet de réforme de la constitution ukrainienne permettant les élections locales et la définition de statut spécial, ainsi que la loi d'amnistie, qui pourtant font partie des points clés de la feuille de route définie à Minsk.

En effet le Président Porochenko s'est lancé ces derniers jours dans une valse hypocrite et cynique du "1 pas en avant, 2 pas en arrière", cherchant à rassurer à la fois ses partenaires et financeurs occidentaux (Kiev attend avec impatience le prochaine tranche d'aides du FMI) qui veulent l'application des accords de Minsk, mais aussi les radicaux qui s'agitent autour du palais présidentiel et qui eux, veulent la guerre contre le Donbass et la Crimée.

Dans ce jeu de dupes, les accords de Minsk ne sont plus qu'un moyen de jouer la montre, 
  • Pour les occidentaux, en attendant d'y voir plus clair dans le conflit syrien, le positionnement turc où les élections étasuniennes,
  • Pour les russes et le Donbass, pour retarder une nouvelle offensive dans le Donbass et espérer que le gouvernement de Kiev s'effondre avant,
  • Pour Kiev, préparer son offensive au maximum, attendre la dernière tranche d'aides du FMI et préparer des provocations de type "false flag".


Un morcellement de l'Ukraine factuel et inévitable 


Dans de telles conditions, la poursuite des négociations va être difficile car l'Ukraine refuse d'admettre la réalité des conséquences du Maïdan, à savoir la désintégration factuelle de l'Ukraine de 1991. Non seulement le coup d'état du Maïdan, commandité par les occidentaux, a provoqué une rupture constitutionnelle et des dynamiques séparatistes en Crimée et dans le Donbass, mais la politique totalitaire et agressive du nouveau pouvoir ethnocentré de Kiev a définitivement rompu les amarres avec les régions russophones du Sud et de l'Est de l'Ukraine.

Le point de non retour a été franchi par les dizaines de milliers de morts et de blessés victimes de la guerre génocidaire lancée par les ukrainiens contre leur propre population russophone... Et même si le gouvernement venait à changer il est très peu probable que les Républiques de Donetsk et Lugansk acceptent de revenir dans le giron de Kiev.

Christelle Néant de l'agence DONi Press fait le point sur cet éclatement probable de l'Ukraine, évoquant le précédent yougoslave où la communauté internationale avait détruit la clef de voûte des Balkans.

Mais si le parallèle est possible quand aux conséquences frontalières des deux crises, il est cependant différent dans les intentions car ici et pour le moment, la communauté occidentale ne veut toujours pas d'une partition de l'Ukraine, car elle verrait une partie de sa proie lui échapper définitivement, et surtout le pouvoir ukrainien même vacillant est toujours en place, et refuserait dans un sursaut consensuel que des puissances étrangères interviennent pour découper son territoire sans son approbation...

Cette partition de l'Ukraine sur des définitions naturelles, culturelles et historiques est cependant inévitable et elle interviendra logiquement à l'issue de la disparition totale du pouvoir ukrainien issu de la fange du Maïdan, que ce soit par un des effondrements politique, économique ou militaire qui le menacent aujourd'hui.


Une réhabilitation des identités naturelles et historiques des peuples


Cette partition inévitable ne sera pas une nouvelle création moderne d'états artificiels déconnectés de la réalité naturelle de leurs populations comme on a pu l'observer au cours des fondations des Etats nations des 19ème et 20ème siècle, mais une réhabilitation de régions-états correspondant à de longues réalités naturelle, culturelle, et historique. 

Ainsi dans l'Ukraine actuelle, on peut observer que les régions du Sud et de l'Est sont homogènes dans une identité culturelle, économique et historique et qui rattache leurs populations à l'ensemble des peuples russes. De la même manière on peut repérer une identité particulière des régions de l'Ouest qui quant à elles sont naturellement rattachées à une Europe occidentale.

Mais ces traces historiques ou culturelles de la géographie humaine, si elles sont capables d'illustrer et d'expliquer les identités ne suffisent pas cependant à justifier une quelconque identité et partition politique. En effet, et dans la logique exprimée par les textes fondateurs de notre civilisation européenne que la charte des Nations Unies incarne, la définition politique d'un territoire ne peut être que l'expression de la volonté commune de sa population.

Or justement, en Ukraine nous constatons la complète légitimité populaire d'une telle partition : 

Pour la Crimée :

Le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie, n'en déplaise aux hystériques occidentaux qui dénoncent une annexion de force réalisée par Moscou, est factuellement une réparation historique voulue par sa population depuis longtemps et rendue possible par la rupture constitutionnelle provoquée par la Maïdan.

En effet, la Crimée, qui n'a été rattachée à l'Ukraine qu'en 1954 sur décision du Président Kroutchev, a toujours exprimé sa volonté de se détacher des décisions prises à Kiev. Ainsi le 20 janvier 1991, lors d'un premier référendum, 94,30 % de votants se prononçaient pour le rétablissement d'une "République socialiste autonome de Crimée". Plus tard le 27 mars 1994, lors d'un second référendum, ce sont 78.40 % qui réclament un élargissement de l'autonomie de la péninsule.

Lors du référendum du 16 mars 2014 sur le statut de la Crimée et que les 70 observateurs étrangers issus de 23 pays différents ont jugé conforme au droit international et à la Charte des Nations unies, la population confirme sa volonté de se détacher du pouvoir kiévien. Le 16 mars 2014, ce sont 96,77% de votants (sur 86% de participation) qui se prononçent pour un retour en Russie de leur région ne faisant que confirmer la volonté exprimée par ce peuple russe depuis plus de 20 ans.

Pour la Novorossiya :

D'Odessa à Karkhov, les régions du Sud et de l'Est de l'Ukraine, n'ont pas seulement de russe l'héritage culturel et l'Histoire mais également la conscience et la volonté politique. Comme pour la  Crimée, le coup d'Etat du Maïdan et la politique d'ostracisation violente à l'égard des populations russes n'a fait qu'exacerber un sentiment identitaire commun et différent de celui qui est vécu dans l'Ouest de l'Ukraine. Cette identité qui peut être désignée sous le nom de Novorossiya (territoire de l'Empire russe formé à la fin du XVIIIème siècle par Catherine II, partir du Khanat de Crimée) s'exprime politiquement à travers tous les différents scrutins réalisés en Ukraine.

 De la cohésion culturelle ...

...à la cohésion politique

Il serait temps que les "démocraties" respectent la volonté des peuples !

En Occident, la démocratie populaire se termine là où l'intérêt de la ploutocratie commence et cette dernière toute honte bue décide alors tantôt de valider le référendum du Kosovo, tantôt de rejeter celui de la Crimée, montrant par cet exemple que les peuples sont subordonnés aux intérêts militaro-industriels d'une élite financière internationale qui veut contrôler seule leurs destinées.

Mais le pire reste certainement le cynisme de cet Ordre Mondial qui justement à coup de bombardements, de révolutions et de coups d'Etat prétend agir au nom des peuples qu'il massacre....pardon qu'il "libère" !

En Ukraine, tandis que les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk préparent leurs prochaines élections pour la fin de l'année, on observe dans les autres territoires russophones d'Ukraine des tensions persistantes entre le pouvoir et la population, mais aussi des demandes de plus en plus importantes par les autorités locales d'accéder à des statut d'autonomie économique ou politique. Par ailleurs, les résultats des dernières élections municipales ont confirmé, malgré la présence  dissuasive des unités de sécurité kiévienne occupant les rues, la victoire des partis "pro-russes" dans cette région historique de Novorossiya.


 Aujourd'hui, 3 "Ukraines" demain, 3 pays...


Nous avons constaté que la Novorossiya, dans sa définition historique, culturelle et naturelle, n'est pas un fantasme impérial russe, mais bien une réalité humaine et politique exprimée, par les urnes et même les armes. Quant à la Crimée, son appartenance à la Russie n'est plus contestable que par les imbéciles et les fanatiques.

Le 18 mars 2014, lors du discours célébrant le retour du peuple de Crimée au sein de la Fédération de Russie, le Président Vladimir Poutine rappelait l'histoire des russes d'Ukraine : « Après la Révolution, les bolcheviks ont ajouté de grandes sections du Sud historique de la Russie à la République d’Ukraine. Cela a été fait sans tenir compte de la composition ethnique de la population, et aujourd’hui, ces zones forment le Sud-Est de l’Ukraine. Puis, en 1954, Nikita Khrouchtchev a décidé que la région de Crimée serait transférée à l’Ukraine. »

Aujourd'hui, le chaos généré par la crise ukrainienne a réveillé une volonté de réparer les erreurs du passé et, en effaçant les constructions artificielles et contre nature, de redonner aux peuples de cette région leurs souverainetés naturelles et légitimes.

La crimée ayant rejoint sa Mère Patrie, nous pouvons voir maintenant se dessiner "3 ukraines" bien distinctes et qui de toute évidence, dans la concorde ou la guerre vont donner naissance à 3 entités distinctes aux destinées autonomes :
  • La Novovorossiya, d'Odessa à Karkhov qui va se réunir soit en région autonome de la Fédération de Russie, soit en pays indépendant appartenant au bloc eurasiatique.
  • L'Ukraine, héritière des influences eurasiatiques et occidentales,qui deviendra un pays indépendant et entretenant des relations égales avec l'Est et l'Ouest de l'Europe.
  • Vraisemblablement, l'Ouest (Galicie, Volhynie et Ruthénie) réclamera un statut à part pour garantir une identité particulière nettement occidentale.

La stabilisation de cette région entre Occident et Eurasie ne pourra se réaliser pleinement et durablement que sur la base de cohésions nationales retrouvées, encore faut-il que les occidentaux acceptent cette réalité humaine...


Sauver les peuples du naufrage de l'Ukraine

Au centre de Kiev, la crise économique pousse les gens a brader leurs vêtements pour manger 
L'Ukraine, dans ses frontières de 1991 est morte, qu'on s'en félicite ou qu'on s'en lamente, c'est une réalité qui ne pourra pas être changée. Et les efforts de guerre où les combats d'arrière garde menés par les fanatiques d'une intégrité territoriale qui n'a aucune racine profonde ne font que saigner encore plus les peuples de cette région d'Europe.

Il est temps pour la communauté internationale d'ouvrir les yeux et de faire pression sur ce gouvernement halluciné de Kiev qui court après des chimères en sacrifiant son peuple et en massacrant celui du Donbass.

Mais pour cela il faudra certainement attendre que les ukrainiens touchent le fond (ils n'en sont pas loin) et se réveillent pour un nouveau et véritable Maïdan libérant les peuples du joug des tyrans de Kiev de Bruxelles ou de Washington...

D'ici là, la guerre peut achever dans la douleur l'effondrement de cette Ukraine moribonde qui n'arrive pas aujourd'hui à libérer sa réalité multiple du rôle suicidaire que veut lui faire jouer le Nouvel Ordre Mondial. 

Car sûrement la guerre se réveille tandis que Minsk s'évanouit lentement...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Lire aussi : 

- Site DONi Press, le lien ici : La scission de l'Ukraine est inévitable
- Site Les Crises.fr, le lien ici : Voir le chapitre 1




mardi 6 septembre 2016

Comment peut-on être "pro-russe" ?

Ou plutôt : comment ne pas être pro-russe ?...
Le Président Vladimir Poutine honorant les soldats russes tombés au champ d'honneur
Voici un article très intéressant de Bruno Guige, qui renvoie avec clarté les imbéciles et les fanatiques au pied du mur de leur propagande de guerre simpliste et manichéenne.

Depuis des décennies, les amalgames et les mensonges ont fait de cette adjectif de pro-russe un qualificatif péjoratif qui est lancé contre les adversaires de l'hégémonie militaro-industrielle dont Moscou est aujourd'hui le parangon le plus visible et certainement le plus efficace.

La doxa dominante digne héritière des dictatures de la pensée abrahamique a besoin elle aussi d'avoir son diable pour attirer ses fidèles par la peur avant de les fanatiser par la haine... Aujourd'hui le Nouvel Ordre Mondial veut diaboliser la Russie des montagnes des steppes et des déserts pour maintenir agenouillés dans ses banques délabrées la foule fidèles consuméristes qui engraissent dans des palais dorés les vampires d'une élite financière agonisante.

La Russie ne s'oppose pas seulement à l'impérialisme étasunien pour protéger ses intérêts ses peuples et son territoire, mais aussi parce qu'elle préserve la vision d'un monde différent et multipolaire où peuvent cohabiter des amis, des alliés, et des partenaires et des étrangers, dans une diversité d'opinions, de croyances et de cultures non hiérarchisées, mais toute soumises à un intérêt commun. 

Cette vision complexe de l'humanité est à l'opposé de celle des occidentaux conditionnés par un suprémacisme dogmatique qui cherche à imposer au monde une même pensée politique, économique, philosophique etc...

C'est l'impérialisme dans sa définition totalitaire centralisée et universaliste qui s'oppose à l'Empire, dans sa définition unitaire fédéraliste et territoriale. La Thalassocratie contre l'Empire du Milieu, l'eau uniforme contre la terre diversifiée...

Entendez-bien, "pro-russe" ici ne veut pas dire entrer dans un camp d'un monde bipolaire mais de partager sans abandonner sa propre identité naturelle, une vision globale du monde partagé, et qui est aujourd'hui défendue par la Russie et d'autres pays "non alignés" de plus en plus nombreux.

Selon moi, ceux qui ne soutiennent pas la Russie dans sa lutte contre l'impérialisme meurtrier des USA ne peuvent être qu'esclaves, imbéciles ou fanatiques de ce dernier (cumul autorisé et même conseillé par Washington) car "pro-russe" cela veut-dire tout simplement être libre !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



Source de l'article le lien ici : Arrêt sur info

Comment peut-on être « pro-russe » ? 

Un soldat roumain assiste à la cérémonie d’ouverture du site américain de défense antimissile Aegis à Deveselu. Source Reuters

Par Bruno Guigue le 05 septembre 2016 

Comme si elle avait les vertus d’un exorcisme incantatoire, une véritable litanie inonde les médias occidentaux. La Russie, dit-on, est une menace pour l’Occident, un péril mortel pour ses intérêts, un ferment corrosif pour ses valeurs. Insensible à la diplomatie, cette puissance aux allures de brute épaisse ne comprend que la force. Hermétique à la négociation, elle est totalement imperméable au code de conduite des nations civilisées. Il faut regarder la réalité en face, et cesser de croire que la Russie a changé, qu’elle n’est pas la réplique d’une URSS dont elle charrie le sinistre héritage. Si l’on veut s’opposer aux ambitions effrénées de l’ogre russe, inutile d’y aller par quatre chemins : il faut réarmer au plus vite et se préparer au pire.

Résumé bêtifiant de tous les lieux communs de l’atlantisme vulgaire, ce discours belliciste n’est pas qu’un discours. Il y a aussi des actes, et ils sont lourds de signification. Les USA ont installé chez leurs vassaux d’Europe orientale un bouclier antimissile qui fait peser sur Moscou la menace d’une première frappe et rend caduc tout accord de désarmement nucléaire. L’OTAN multiplie les manœuvres conjointes aux frontières occidentales de la Fédération de Russie, de la Mer Baltique à la Mer Noire. Colossal, le budget militaire US représente la moitié des dépenses militaires mondiales. En pleine expansion, il équivaut à neuf fois celui de la Russie. A l’évidence, l’essentiel des dépenses nouvelles vise à développer une capacité de projection des forces à l’extérieur, et non à défendre des frontières que personne ne menace.

Dans un monde régi par un minimum de rationalité, ces réalités géostratégiques devraient suffire à couvrir de ridicule les gogos de droite et de gauche qui avalent la propagande antirusse comme on boit du petit lait. Mais les idées les plus stupides ont la vie dure, et il y a encore des semi-habiles pour croire que la Russie est une puissance impérialiste au même titre que les Etats-Unis d’Amérique. Si l’impérialisme désigne l’attitude consistant pour une grande puissance à imposer de gré ou de force son hégémonie à d’autres puissances, on se demande en quoi la politique russe relève de cette catégorie. Où sont les Etats envahis ou menacés par la Russie ?

L’Ukraine est en proie à une crise intérieure gravissime consécutive au coup d’Etat qui a porté au pouvoir une clique ultra-nationaliste dont la politique n’a cessé d’humilier la population russophone des régions orientales. C’est cette provocation délibérée des autorités usurpatrices de Kiev, soutenues par des groupes néo-nazis, qui a poussé les patriotes du Donbass à la résistance et à la sécession. Mais aucun char russe ne foule le territoire ukrainien, et Moscou a toujours privilégié une solution négociée de type fédéral pour son grand voisin. En témoignent les accords de Minsk I et II, qui ont été bafoués par le gouvernement ukrainien, et non par celui de la Russie. Aujourd’hui, la seule armée qui tue des Ukrainiens est celle de Kiev, cyniquement portée à bout de bras par les puissances occidentales pour intimider Moscou. Dans toute cette région, c’est l’Occident qui défie outrageusement la Russie à ses frontières, et non l’inverse. Que dirait-on à Washington si Moscou menait des manœuvres militaires conjointes avec le Mexique et le Canada, et encourageait à coups de millions de roubles la déstabilisation de l’Amérique du Nord ?

Que le terme d’impérialisme s’applique à la politique US, en revanche, ne fait pas l’ombre d’un doute. Elle est d’ailleurs revendiquée par Hillary Clinton qui vient de rappeler que les USA sont « la nation indispensable du monde », un « pays exceptionnel, champion inégalé de la liberté et de la paix », qui montre le chemin à ces peuplades innombrables qui n’ont pas le bonheur d’être américaines, mais qui savent se montrer reconnaissantes à l’égard de leur sauveur à la bannière étoilée. « Les peuples du monde nous regardent et nous suivent. C’est une lourde responsabilité. Les décisions que nous prenons, ou que nous ne prenons pas, affectent des millions de vies. L’Amérique doit montrer le chemin », proclame la candidate démocrate. On imagine la teneur des commentaires si M. Poutine avait affirmé urbi et orbi que la Russie doit guider le monde et sauver l’humanité. Mais c’est l’Amérique, et elle a une « destinée manifeste ». Investie d’une mission civilisatrice à vocation planétaire, l’Amérique est le « nouvel Israël », apportant la lumière aux nations confites d’émotion et saisies d’admiration devant tant de bonté.

Pour le cas où l’enthousiasme des vassaux viendrait à mollir, toutefois, la présence de 725 bases militaires US à l’étranger devrait probablement suffire à y remédier et à entraîner malgré tout l’adhésion des populations récalcitrantes. 725 bases militaires : un chiffre froid et objectif qui donne un minimum de consistance matérielle à ce joli mot d’impérialisme dont abusent les amateurs en géopolitique lorsqu’ils l’attribuent à la Russie de Vladimir Poutine. Car la Russie, elle, n’a pas 725 bases militaires hors de ses frontières. Précisément, elle en a 2, ce qui fait une sacrée différence. La première base est au Kazhakstan, pays allié et limitrophe de la Russie, dont 40% de la population est russophone. La seconde est en Syrie, près de Lattaquié, installée en 2015 à la demande expresse d’un Etat souverain soumis à une tentative de déstabilisation pilotée depuis l’étranger.

Il est amusant de constater que l’accusation d’impérialisme proférée contre la Russie est une ânerie partagée par ces officines de propagande quasi-officielles de l’OTAN que sont les médias français et par des groupuscules gauchistes qui ne sont décidément pas guéris des pustules de leur maladie infantile. Vieille répartition des tâches, au fond, dont il y a d’autres exemples. Ce sont les mêmes groupes qui s’imaginent défendre la cause palestinienne tout en soutenant les mercenaires wahhabites en Syrie, lesquels servent surtout de piétaille à l’OTAN et de garde-frontière à l’entité sioniste. Mais demander à ces benêts de comprendre ce qui se passe au Moyen-Orient relève sans doute du vœu pieux, la réalité concrète ayant manifestement perdu à leurs yeux le privilège que Marx lui reconnaissait. « L’impérialisme russe », cette bouteille à l’encre d’un atlantisme presque séculaire, finira sans doute au cimetière des idées reçues, mais il se peut qu’elle continue un certain temps à empoisonner les esprits faibles.

En attendant, c’est plus fort que lui, le « pro-Russe » n’en démord pas. Obstiné, il tient à ses chimères. Il croit par exemple que celui qui envahit des pays lointains est impérialiste, tandis que celui qui défend ses frontières ne l’est pas. Il pense que celui qui utilise les terroristes pour semer le chaos chez les autres est impérialiste, et non celui qui les combat à la demande d’un Etat allié. Il a la naïveté de penser que le respect de la loi internationale s’applique à tout le monde, et pas seulement aux pays faibles comme l’Irak, la Libye et la Syrie. Dans son incroyable candeur, il juge absurde le reproche fait à la Russie d’annexer la Crimée quand 95% de sa population le demande, alors même que ses accusateurs ont poussé le Kosovo à la sécession. Têtu pour de bon, le « pro-Russe » préfère un monde multipolaire à ce champ de ruines que la fureur néo-conservatrice d’une Hillary Clinton va continuer à répandre si le complexe militaro-industriel et le lobby sioniste réussissent, comme d’habitude, à imposer leur poulain à la tête de la première puissance militaire mondiale.

Par Bruno Guigue | 05 septembre 2016


Bruno Guigue, ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

Porochenko, l'incendiaire de Minsk

Un format Normandie au point mort  

2 ans après la signature des premiers accords de Minsk, les combats continuent sur le front du Donbass et même un nouvel embrasement général du front menace la paix dans toute la région.

Lors du G20 La Russie la France et l'Allemagne se sont mis d'accord pour tenter une nouvelle de relancer ce processus de Paix appelé depuis Minsk et format Normandie tandis que de son côté l'Ukraine continue de fourbir ses armes et saboter les négociations...

Au G20, la situation ukrainienne a été évoquée entre la Russie, la France et l'Allemagne 
Lors du 11ème sommet du G20, la Syrie et l'Ukraine ont été au coeur des débats. Concernant le conflit du Donbass, les Présidents russe, étasunien, français et allemand se sont rencontrés pour évoquer l'escalade observée au cours des dernières semaines et l'évolution du processus de paix engagé à Minsk.

L'annonce du Président français... sur Facebook 
Le Président français évoquant le traitement de ce dossier avec Vladimir Poutine a rappeler "la nécessité de poursuivre le processus de Minsk, régler les points de blocage actuels, notamment la mise en oeuvre du statut spécial, la situation sécuritaire et l'absence de confiance entre les parties" en se gardant toutefois de rappeler que l'échec actuel des accords est imputable à l'attitude de Kiev qui refuse le dialogue et multiplie les provocations meurtrières, tant en Crimée que dans le Donbass.
En conclusion, Hollande a précisé qu'une nouvelle réunion du format Normandie allait être organisée dans les prochaines semaines.
Peu après Sa collègue allemande Merkel publiait une annonce similaire.


Minsk 2, un pis aller en attendant l'effondrement de l'Ukraine

Nous voyons ici beaucoup de partenaires de la Russie aux Etats Unis, qui s'accrochent aux imparfaits accords de Minsk et pourtant si difficiles à mettre en oeuvre  comme à un radeau sur l'océan de la guerre. Et pourtant leurs motivations ne sont pas les mêmes bien au contraire :

Les USA, veulent gagner du temps, pris au piège par le calendrier des élections présidentielles étasuniennes, par l'évolution du conflit syrien, le changement de cap de la Turquie ou l'aggravation des tensions en Mer de Chine... Si leur objectif final est de défaire et soumettre la puissance russe, une confrontation immédiate n'est ni opportune et serait hasardeuse. La perspective d'une nouvelle guerre mondiale en Europe n'effraie pas plus que cela les USA qui sauront quelle que soit son issue, en profiter comme à chaque fois pour redresser leur économie moribonde et soumettre un peu plus les pays européens affaiblis par la guerre. Mais Washington doit d'abord gérer d'autres incendies, allumés par eux mais dont ils ne contrôlent plus les évolutions soumises aux vents changeants des alliances géopolitiques.

La Russie, dans sa tradition historique privilégiant toujours la diplomatie aux armes tout en se préparant à cette ultime option n'a pas de prétention territoriale en Ukraine. Moscou une fois la réparation historique de la Crimée réalisée (par référendum) cherche plutôt a retrouver à ses frontières une Ukraine indépendante, libre du choix de ses partenaires économiques et surtout neutre de toute alliance militaire avec l'un des 2 blocs de cette guerre froide ressuscitée. L'Ukraine est un fruit pourri par le vers du Maïdan et Moscou sait que le temps joue en sa faveur et que le régime de Kiev va s'effondrer tout seul sur lui même.

L'Union Européenne quant à elle, confrontée à ses multiples crises systémiques (économiques, politiques, migratoires, sociales etc...), elle sait qu'en cas de confrontation militaire entre Kiev et Moscou, l'Europe sera comme lors du 2ème conflit Mondial, la grande perdante de cette tectonique géo-stratégique et ce, quelle que soit l'évolution du conflit car, soit il est circoncrit à l'Ukraine et dans ce cas l'occupation occidentale du Maïdan cessera avec la défaite immédiate de Kiev, soit il va s'étendre à l'Europe qui en devenant un nouveau champ de bataille va accélérer son effondrement définitif. Les européens ici, avec des motivations différentes s'alignent comme des esclaves derrière leurs maître étasunien.

Les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk, même si elles ne sont pas invitées à la table des négociations (et c'est là un des principaux défauts de ces négociations que de refuser l'un des 2 belligérants) interviennent indirectement pour que soient respectés au mieux les accords de Minsk. En effet, les forces républicaines limitent leurs "violations" du cessez le feu à des ripostes légitimes sur des objectifs militaires ukrainiens identifiés et responsables des premiers tirs. Pour appuyer une résolution pacifique au conflit, les autorités des 2 Républiques ont même proposé des rencontres avec celles de Kiev pour ouvrir des négociations directes.


Le Président insignifiant d'une Ukraine médiocre...

Reste l'Ukraine, cette marionnette étasunienne qui comme ses sœurs djihadistes de Syrie commence a échapper au contrôle de son créateur.

Alors qu'en août 2014, quand les USA et l'Union Européenne fondaient sur lui leurs ambitions politiques et surtout financières, le Président Porochenko avait été invité a rencontrer le Président Russe Vladimir Poutine, 2 ans plus tard, le sort de l'Ukraine est débattu à huis clos entre la Russie, les USA, l'Allemagne et la France, tandis que le représentant ukrainien brille (pour une fois !) .. mais par son absence ! Car même si l'Ukraine ne fait pas partie du G20 elle aurait pu y être invitée au même titre que la demi-douzaine de pays africains et asiatiques, d'autant plus que la crise et la guerre qui font rage dans ce pays étaient au coeur de nombreuses réunions...

Cela montre bien deux choses : 
  • Que l'importance de l'Ukraine ne se réduit aujourd'hui qu'au décor stratégique qu'elle représente et dans lequel s'affrontent par procuration les Etats-Unis et la Russie et que son avis est optionnel.
  • Que le Président Porochenko est devenu un fantoche ingérable, tirant sur sa laisse en permanence incapable d'obéir à son maître et de se faire obéir par ses factions nationalistes radicales.
En fait, même si l'Ukraine continue a être une proie pour la ploutocratie mondialiste, les occidentaux, depuis plus d'un an prennent de plus en plus de distance avec le pouvoir actuel de plus en plus infréquentable et ingérable, et tous attendent certainement (avec autant d'espoirs que d'inquiétudes) un changement de régime devenu inévitable, pour poursuive leur stratégie dans la région... 


Quant à Moscou, depuis l'opération terroriste ukrainienne tentée en Crimée, le Président Vladimir Poutine ne considère plus Porochenko comme un interlocuteur fiable et légitime.


... qui poursuit un cap vers la guerre totale

Tandis que les chefs d'Etats occidentaux, comprenant que la Russie ne reculera plus d'un mètre devant leur hégémonie militaro-industrielle, cherchent a mettre en oeuvre les accords de Minsk pour au moins conserver le territoire restant de l'Ukraine dans leur giron, le satrape de Kiev, continue quant à lui sa progression sur le chemin de la guerre, certainement encouragé par les faucons de guerre étasuniens qui dans les coulisses du pouvoir médiatique étasunien influencent la Maison Blanche et alimentent les caisses de Wall Street.

Nous avons signalé lors dans les précédents articles (Voir ICI, et ICI par exemple ) que sur le terrain militaire, malgré une trêve relativement respectée (au moins pour les bombardements aux armes lourdes) l'Etat Major ukrainien poursuivait son renforcement du front et la préparation à une prochaine offensive majeure.

Sur le plan politique, Porochenko ne loupe pas une seule occasion pour persister et signer sa stratégie belliciste à l'encontre des Républiques de Donetsk et Lugansk et de la Russie.
Ainsi après ses invectives guerrières chargées de vodka lancées à Mariupol fin août, le Président Ukrainien lors d'un discours à la Verkhona Rada (où il ne semble pas avoir encore dessoûlé) ce 6 septembre matin a menacé à nouveau le Donbass :

«le Retour du Donbass sera difficile et douloureux, 
mais l'armée ukrainienne est prête à défendre l'Ukraine de l'agression russe»


Lors de ces rodomontades arrogantes, destinées autant à rassurer les partisans de la guerre qui continuent à le menacer d'un "3ème Maïdan" que provoquer à nouveau la Russie et le Donbass, le "Piètre" Porochenko a continué a jeter de l'huile sur le feu de la guerre : 


Quant à l'OTAN, même si l'adhésion de l'Ukraine à l'Organisation militaire étasunienne n'est pas officiellement à l'ordre du jour, Porochenko a rappelé qu'elle reste «l'objectif stratégique de l'Ukraine», ajoutant qu'aujourd'hui, «Kiev est monté à un niveau de coopération sans précédent et plus que jamais rapproché avec les pays de l'OTAN».

Concernant les projets d'une nouvelle mobilisation et d'une loi martiale en Ukraine, Porochenko n'a pas écarté l'hypothèse de leurs applications tout en rejetant la responsabilité de ces mesures impopulaires sur la Russie  "Personnellement, je ne veux pas non plus la mobilisation ou la loi martiale (...) mais la réponse définitive à cette question dépend de Moscou".

Dans ses discours, Porochenko reste fidèle à ses mentors  du parti de la guerre étasunien comme le sénateur Mac Cain

Porochenko rejette les accords de Minsk 

Mais l'un des sujets le plus intéressants abordés ce matin par Porochenko est certainement sa position politique par rapports aux accords de Minsk. N'ayant pas peur des incohérences, le pantin kiévien tout en déclarant défendre les accords de Minsk précise que l'Ukraine  «ne cédera aucune position de principe» confirme ici son intention de poursuivre le blocage des négociations et de saboter le processus de paix notamment sur les points suivants :
  • Porochenko refuse d'apporter des modifications à la Constitution de l'Ukraine, qui concernaient l'approbation d'un projet de loi sur la décentralisation de certaines régions, et un statut spécial pour celles de Donetsk et Lugansk. 
  • Poursuivant sur le sujet, le Président ukrainien a rejeté également le projet de loi sur les élections locales dans le Donbass et "toute autre démarche stratégique”
Or, les élections locales comme l'étude d'un statut spécial font partie des bases des négociations engagées à Minsk. Il s'agit donc ici de la part de l'Ukraine qui est pourtant officiellement garante de leur application d'un rejet pur et simple des accords qu'elle a signé !
La prochaine réunion du Format Normandie, annoncée lors du G20 risque donc d'être difficile et de ressembler à un dialogue de sourds entre ceux qui ne partagent pas les mêmes objectifs et celui qui ne veut rien entendre !

En attendant, sur le secteur de l'aéroport où je suis, vers 11h00, les soudards ukropithèques ont à leur manière salué le discours de leur président en bombardant le secteur de Volvo Center.


Une guerre pour faire oublier ses échecs, se victimiser et forcer l'aide occidentale.

Complètement possédé par son hystérique russophobie le filleul de Mac Cain and Co a terminé son délire en précisant «Notre objectif, pour renforcer la capacité de défense de l'Ukraine est d'optimiser la coopération militaro-technique, d'aider le transfert de technologie militaire nous fournissant des armes meurtrières, au moins dans le cas d'une invasion à grande échelle par la Russie, que nous ne pouvons pas exclure et à laquelle nous nous sommes engagés à être prêt à tout moment».

Malgré sa défaite inévitable, la guerre dans laquelle Porochenko cherchera à tout prix à entraîner la Russie n'est ici qu'un moyen pour faire porter à cette dernière la responsabilité de son échec lamentable et de l'effondrement total d'une Ukraine disloquée. Pour réussir son coup et espérer un sursis, l'Ukraine a aussi besoin du soutien des occidentaux. Mais les amarres lancées dans l'hystérie enthousiaste du Maïdan commencent à fatiguer sérieusement y compris au niveau des investisseurs les plus affamés. 

Aussi pour ne pas risquer de revivre, soit le scénario géorgien (ou Sakaachvili s'était finalement retrouvé seul après son attaque contre les forces Russes) soit le scénario du Maïdan (coup d'état par les radicaux nationalistes) 

Arrivé à la phase finale de son effondrement l'Ukraine de Porochenko n'a donc plus que l'automne pour pouvoir prolonger son agonie en jouant la carte de la guerre. A condition que la Russie et surtout les occidentaux entrent dans la danse...

Aussi faut-il se méfier des scénarios les plus fous à l'image de l'attaque chimique de La Goutha en Syrie ce false flag qui allait provoquer l'escalade du conflit et accroître l'engagement des occidentaux, car le pouvoir Kiev aujourd'hui n'a jamais éta aussi dangereux car il n'a bientôt plus rien à perdre !


Une guerre qui revient lentement mais sûrement de sa pause 



Sur le front, les violations du cessez le feu se font chaque jour de plus en plus importantes : 4, 7, 10, 37 et maintenant 50 tirs qui ont été enregistrés hier sur la République de Donetsk. Les obus prohibés (calibre supérieur à 100 mm) ont également fait leur retour.

Par ailleurs, les forces ukrainiennes continuent leur approche des positions républicaines, alimentent leurs stocks logistiques, et invitent des journalistes étasuniens sur le front pour "observer les violations du cessez le feu par les séparatistes" (!) 

Il faut donc s'attendre dans les prochains jours à de nouvelles provocations importantes de la part de Kiev, voire des opérations de type "false flag" organisées sur la ligne de front, du côté ukrainien.


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Le SITREP hebdomadaire de Christelle Néant de l'agence DONi news.


Plan de la première vidéo :

00'25" : Situation cartographiée de la ligne de front au Nord de Donetsk
10'20" : Bilan statistique des bombardements 
19'45" : A propos d'une éventuelle intervention militaire russe
21'50" : Entrainement des unités blindées républicaines
22'30" : Terrorisme de Kiev, attentat à Lugansk 
23'30" : Sécurité civile à Donetsk
24'50" : Tortures et prisons secrètes en Ukraine
26'10" : Ingérence étasunienne en Ukraine
29'00" : Collaboration et propagande mensongères occidentales 
29'40" : Crimes et procès du bataillon Tornado



Plan de la deuxième vidéo :

00'05" : Crimes et procès du bataillon Tornado et propagande occidentales (suite)
04'30" : Le consulat représentatif de la DNR à Ostrava et les réactions de Kiev
05'45" : Situation économique à Kiev, déflation et paupérisation de la population
07'20" : La fuite en avant victimaire et belliciste de Kiev
09'20" : Le projet d'autodéfense de la population
10'30" : Les aides structurelles et humanitaires de la Russie en Crimée et Donbass
12'00" : L'effondrement inévitable et nécessaire de l'Ukraine et son morcellement
16'10" : Le risque d'un Maïdan 3
18'00" : Néo-nazisme et sionisme 
20'20" : L'option diplomatique a défendre jusqu'au bout pour éviter les pertes d'une guerre
25'25" : Actualités de l'agence DONi news, circuit de découverte du Donbass
26'30" : Divers - Les rencontres pendant le G20 - Le rapprochement entre Chine et Russie
30'15" : Conclusion


lundi 5 septembre 2016

Des droits de l'Homme très variables

Source de l'article : le Saker francophone

Les défenseurs des droits humains complices 
des violations des droits de l’homme en Ukraine de l’Est


Par Roger Annis – Le 26 août 2016 – Source Strategic-Culture

Amnesty International et Human Rights Watch ont publié un rapport le 21 juillet 2016 sur la situation des droits humains dans la région du Donbass, en Ukraine de l’Est. Ce rapport ne peut être décrit que comme couvrant les crimes de guerre perpétrés par le régime de Kiev, depuis qu’il a lancé son opération anti-terroriste (une guerre civile) en avril 2014. La guerre a été déclenchée pour écraser la résistance dans le Donbass, résistance au coup d’État illégal et à la prise du pouvoir à Kiev, en février 2014, par le mouvement qui s’est lui-même nommé Maïdan.

De manière fortuite, des attaques à l’artillerie et autres par le Maïdan d’Ukraine contre les républiques populaires rebelles de Donetsk et Lugansk, dans le Donbass, se sont intensifiées au cours des deux derniers mois, au moment même où les défenseurs des droits humains préparaient la publication de leur rapport.

Le rapport de 65 pages des deux organismes est intitulé You Don’t Exist: Arbitrary Detentions, Enforced Disappearances, and Torture in Eastern Ukraine [Vous n’existez pas : détentions arbitraires, disparitions forcées et torture en Ukraine de l’Est]. Il minimise les détails sinistres, ainsi que la dimension internationale de la guerre civile anti-terroriste menée par l’Ukraine depuis plus de deux ans. Il soutient que les victimes de la guerre portent une responsabilité dans les violations des droits, égale à celle des auteurs. 

L’introduction dit :
  • Tant les autorités gouvernementales que les séparatistes soutenus par la Russie [sic] dans l’Est de l’Ukraine ont maintenu des civils en détention arbitraire prolongée, sans aucun contact avec le monde extérieur, y compris avec leurs avocats ou leurs familles. Dans certains cas, les détentions constituaient des disparitions forcées, ce qui signifie que les autorités en question refusaient de reconnaître la détention de la personne ou refusaient de fournir une information sur le lieu où elles se trouvaient ou sur leur sort. La plupart des détenus ont subi la torture ou d’autres formes de mauvais traitements…
La recommandation principale dans le résumé de l’introduction du rapport est la suivante :
  • Amnesty International et Human Rights Watch appellent le gouvernement ukrainien et les autorités de fait dans les DNR et LNR [République populaire de Donetsk et République populaire de Lugansk] à mettre fin immédiatement aux disparitions forcées et aux détentions arbitraires et au secret, et de mettre en place des politiques de tolérance zéro, en matière de torture et de mauvais traitements sur les détenus. Toutes les parties prenant part au conflit doivent s’assurer que les forces sous leur contrôle sont conscientes des conséquences des mauvais traitements infligés aux détenus en vertu du droit international et que les allégations de torture et de mauvais traitements en détention font l’objet d’enquêtes soigneuses et que leurs responsables sont tenus d’en rendre compte.
La méthode du rapport est bien connue, c’est la même que celle employée dans les rapports sur l’Ukraine produits par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme (OHCHR) il y a deux ans. Le dernier rapport de l’OHCHR sur l’Ukraine a été publié la semaine précédant le rapport d’AI/HRW et a été examiné ici par l’auteur de cet article.

Comme le Haut-Commissariat de l’ONU, Amnesty International et Human Rights Watch considèrent que les forces rebelles en Ukraine de l’Est ont les mêmes obligations de respecter les accords internationaux sur les droits humains que le gouvernement qui les attaque. Ce qui manque à cette équation est le fait que le gouvernement ukrainien est un signataire reconnu de la plupart des conventions internationales sur les droits humains et que pourtant il mène une guerre civile intérieure contre ses citoyens. Les rebelles, en revanche, sont ignorés et non reconnus par le monde, y compris par Amnesty International et Human Rights Watch, et donc incapables de devenir eux-mêmes signataires, comme ils seraient sûrement d’accord de le faire, si les conditions le permettaient. En tant que gouvernement membre des Nations unies et signataire des conventions internationales, le gouvernement ukrainien a-t-il une responsabilité et des obligations spéciales dans ce conflit ? Ou ses responsabilités sont-elles diminuées lorsqu’il peut affirmer, que ce soit vrai ou pas : «Hé, de l’autre côté, ils violent aussi les droits humains» ?

AI et HRW esquivent ces questions dérangeantes. Ils usent de la même terminologie insultante et péjorative que Kiev, pour décrire les forces rebelles attaquées. Les termes «autorités de fait» et «séparatistes soutenus par la Russie en Ukraine de l’Est» sont utilisés de manière interchangeable pour décrire les responsables élus à Donetsk et à Lugansk. Permettez-moi de rappeler que ces responsables ont héroïquement conduit leur populations à se défendre contre une attaque militaire brutale par les forces armées ukrainiennes et leurs alliés, des milices paramilitaires d’extrême-droite. Selon les chiffres sous-estimés des Nations unies, l’offensive ukrainienne a causé la mort de plus de 10 000 personnes. Elle a provoqué des dizaines de milliers de blessés et plusieurs millions de personnes chassées de leurs foyers ou de leur patrie du Donbass.

Comment les dirigeants de Donetsk et Lugansk sont-ils supposés suivre les subtilités de la guerre humanitaire recommandée par AI/HEW, lorsqu’ils sont méprisés et vilipendés au niveau mondial, même par les soi-disant défenseurs des droits humains ? N’y a-t-il personne, dans les lointains bureaux de Londres et de New York, pour se soucier des populations de Donetsk et de Lugansk, qui sont soumises quotidiennement aux tirs d’artillerie et à d’autres attaques avec l’encouragement actif et l’aide financière des gouvernements occidentaux (sans parler de l’aveuglement volontaire des organisations de défense des droits humains) ? AI et HRW n’ont pas de réponse à ces questions.

You Don’t Exist consiste en 18 études sur le traitement des prisonniers, neuf par côté du conflit, en même temps qu’en recommandations sommaires. Il n’y a aucun doute sur la gravité des accusations contre les autorités ukrainiennes. Une litanie de rapports internationaux ont documenté les violations des droits humains en cours en Ukraine – détentions de personnes critiques et même meurtres de masse, comme à Odessa en mai 2014 ; harcèlement, détention et même meurtres de journalistes et de politiciens de l’opposition ; torture dans des prisons secrètes ; interdiction des médias en russe ; destruction de monuments témoignant du passé soviétique de l’Ukraine et élévation de deux collaborateurs de l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, au rang de héros nationaux ; et ainsi de suite. Comme le rapport de AI/HRW le reconnaît un tant soit peu prudemment et superficiellement, la situation en termes de détention illégale et de torture en Ukraine est si mauvaise, que le rapporteur de l’ONU chargé de l’enquête sur le sujet a pris la décision sans précédent, en mai 2016, d’annuler son enquête sur le pays.

Et du côté des rebelles ? Supposons que les biais avérés d’AI et HRW ne les aient pas empêchés de mener des enquêtes impartiales et que les allégations de mauvais traitements sur neuf prisonniers à Donetsk et Lugansk soient vraies. Supposons aussi, hypothèse honnête, que les forces rebelles adhéreraient aux conventions internationales et aux enquêtes qui en découlent sur le traitement des prisonniers si elles avaient confiance que de telles procédés ne seraient pas tout simplement utilisés comme instruments de propagande contre elles, comme c’est le cas aujourd’hui. Comment alors arriver à des conditions de détention qui satisferaient les conventions internationales et aux organismes de défense des droits humains ? En diffamant ceux qu’on cherche à influencer et en détournant les yeux d’une guerre cruelle qui est en premier lieu la source des violations des droits humains ? De nouveau, AI et HRW n’ont pas de réponse.

Mais en même temps, nos organisations de défense des droits humains disent effectivement que le gouvernement ukrainien n’a pas plus ni moins d’obligations légales que les forces rebelles, non reconnues. Cela banalise les violations de l’Ukraine en ne rendant pas plus responsable le gouvernement que ceux qui sont qualifiés d’«autorités de fait» et de «séparatistes soutenus par la Russie en Ukraine de l’Est».


Les graves parti-pris du rapport AI/HRW les disqualifient comme observateurs objectifs

Le profond parti-pris et les préjugés du rapport d’AI et de HRW en faveur de l’Ukraine et de ses soutiens occidentaux sont mis en évidence dans les trois pages du chapitre «Contexte», aux pages 8 à 10 du rapport. Nous y lisons la norme, la présentation du coup d’État du Maïdan par les gouvernements et les médias occidentaux («destitution» d’un président élu, selon le langage du rapport). Il y a «l’annexion» de la Crimée par la Russie, ignorant complètement la longue et complexe histoire du statut de la Crimée dans l’Ukraine post-soviétique et dans l’Ukraine soviétique avant cela, et ignorant le vote du référendum pour se séparer de l’Ukraine du 15 mars 2014. Il y a le blanchiment et la banalisation de la violence du nouveau régime du Maïdan à Kiev contre ses opposants. Le rapport met le terme «unités d’auto-défense» entre guillemets lorsqu’il décrit comment les gens du Donbass ont répondu à l’arrivée de paramilitaires vengeurs, extrémistes et néo-nazis sur leur territoire, à la suite du coup d’État du Maïdan.

C’est incroyable, mais ce rapport ne parle qu’une seule fois de l’accord de cessez-le-feu intitulé Minsk-2, du 12 février 2015. Il n’y a aucune mention de l’accord dans la section «Recommandations», nonobstant le fait que l’accord est approuvé par les gouvernements de la Russie, de l’Allemagne et de la France ainsi que par le Conseil de sécurité des Nations unies. (Kiev n’a pas signé Minsk-2, il a désigné un ancien président ayant une compétence fictive pour le signer.) Le rapport traite brièvement d’une unique clause de Minsk-2, celle relative aux échanges de prisonniers par les deux camps. (Comme toutes les autres clauses de Minsk-2, celle-ci n’a pas été respectée par Kiev.) Le texte complet de Minsk-2 est ici.

Minsk-2 offre une base complète pour la résolution du conflit armé en Ukraine de l’Est (Donbass). Mais les soutiens du gouvernement ukrainien, y compris les gouvernements français et allemand, n’ont jamais aimé cet accord et n’ont rien fait pour garantir son application. C’est parce que les recommandations centrales de l’accord traitent du cœur du conflit – qu’une décentralisation du pouvoir politique est nécessaire en Ukraine et que l’autonomie politique devrait être garantie aux régions qui ont une revendication politique et historique en ce sens. Kiev est catégoriquement opposé à la décentralisation et à l’autonomie. Les gouvernements occidentaux sont d’accord, comme, apparemment, les organismes occidentaux de défense des droits humains.

Un autre aspect particulièrement accablant du rapport d’AI et de HRW est l’usage du même langage incendiaire contre les républiques rebelles de Donetsk et Lugansk, que celui du gouvernement ukrainien. Les républiques populaires de Donetsk et Lugansk sont qualifiées d’ «auto-déclarées» – transmettant l’idée que les autorités gouvernementales là-bas n’ont aucune autorité morale ou légale. Les forces rebelles sont qualifiées de «séparatistes». C’est faux – la lutte au Donbass a toujours été une lutte contre la violence institutionnelle de l’État Maïdan d’Ukraine et en faveur de l’autonomie politique. Mais plus scandaleusement, le terme de «séparatisme» montre que les grands prêtres des droits humains sont inconscients que dans l’Ukraine actuelle, une étiquette de «séparatiste» contre un individu est une autorisation à le battre, à l’emprisonner ou à le ou la tuer, tandis que qualifier tout un mouvement en faveur de l’autonomie de «séparatiste» est la recette pour mener à la guerre civile. Imaginez deux organisations de défense des droits humains avec des décennies d’expérience politique derrière elles, parfaitement inconscientes du pouvoir incendiaire et destructeur du langage en période de conflit civil ! Cela défie toute compréhension.

Andrew Kramer, du New York Times, s’est inspiré des grands prêtres et a commencé son article en résumant le rapport AI/HRW par : «Un rapport, publié jeudi, par deux importants groupes de défense des droits humains, accuse les services de sécurité ukrainiens soutenus par l’Occident de pratiquer des abus et la torture de la même manière que les groupes rebelles qu’ils combattent.»

C’est clair, les gens du Donbass qui souffrent de bombardements et d’attaques quotidiens par l’armée ukrainienne ne peuvent pas compter sur les héros des droits humains que sont Amnesty International et Human Rights Watch pour les soutenir. Le peuple ukrainien dans son ensemble non plus, pour qui les conséquences de cette guerre sont un désastre économique intérieur, des violations massives des droits humains et la vue de leur pays utilisé comme pion, dans les menées irresponsables de l’Otan pour provoquer la guerre avec la Russie, avec tous les risques de frappes nucléaires.

Le secours au Donbass et à l’Ukraine viendra d’une solidarité accrue pour contrer cette guerre, dans le pays et au niveau international, et du soutien de gouvernements solidaires. Si on considère que l’OTAN lance les dés nucléaires en Europe de l’Est, la responsabilité des forces progressistes et anti-guerre dans le monde pour lutter contre cela devrait être évidentes.

Roger Annis 

Article original paru sur CounterPunch

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker francophone

Roger Annis est un retraité de l’aérospatiale à Vancouver BC. Il écrit régulièrement pour CounterPunch et rassemble ses écrits sur A Socialist in Canada. Il est rédacteur en chef du site The New Cold War: Ukraine and beyond. On l’atteint à l’adresse rogerannis@hotmail.com.

Une trêve déjà agonisante

Nouveaux bombardements et nouvelles menaces


Actuellement dans la gestion de la crise ukrainienne les occidentaux affichent un comportement pour le moins paradoxal, réalisant un grand écart entre les discours pacifistes et consensuels des uns et les mesures bellicistes et isolationnistes des autres. Ainsi, tandis que la France et l'Allemagne tentent de renouer un dialogue constructif avec la Russie, les USA eux augmentent les représailles économiques contre la Moscou, en visant 20 nouvelles entreprises russes et 17 personnes, et Kiev engage des procédures judiciaires contre des hauts responsables de la fédération, comme le Ministre de la Défense Choigou. Comme si à chaque tentative d'engager un dialogue avec la Russie, les faucons de Washington et leurs marionnettes ukrainiennes engagent des nouvelles provocations pour perturber les négociations et saboter le processus de paix.

De la même manière, sur le front, les actes contredisent les paroles et depuis le premier jour de la trêve où l'armée ukrainienne a réalisé 11 attaques contre la République de Donetsk, Kiev ne cesse de poursuivre la préparation de sa prochaine offensive en multipliant les violations des accords de Minsk. Quant aux ruptures du cessez le feu elles continuent crescendo, des bords de la Mer d'Azov jusqu'à Lugansk, comme par exemple le 4 septembre soir quand des 122 mm ont frappé la périphérie de Dokuchaievsk (au Sud de Donetsk) ou ce 5 septembre à 03h25 du matin où les mortiers de 120mm ukrainiens positionnés à Marinka ont bombardé les quartiers résidentiels de Trudovsky au Sud ouest de Donetsk.


Un cessez le feu pour mieux préparer l'offensive

Déclenché le 1er septembre à 00h00, ce nouveau cessez le feu annoncé le 26 août lors de la dernière réunion du groupe de contact à Minsk, n'a de fait jamais débouché sur ce "régime de silence" défini par les accords de Minsk comme la condition sine qua non à la mise en oeuvre d'un processus de paix dans le Donbass.


Certes les tirs de l'artillerie lourde de Kiev ont depuis 5 jours quasiment disparu à l'horizon des bastions de Donetsk et Lugansk, mais les provocations ukrainiennes sur la ligne de front en revanche n'ont jamais cessé et font entendre toujours et de façon croissante les crépitements des armes d'infanterie, des mitrailleuses légères ou lance grenades automatiques, des armes de bord de véhicules blindés et même des mortiers de 82mm. 

Impact de 122 mm à Trudovsky le 5 septembre matin
Ainsi pour la seule journée du 3 septembre l'armée ukrainienne a violé 37 fois le cessez le feu sur le territoire de la République Populaire de Donetsk, en utilisant tout l'éventail des armes de calibres inférieurs à 100mm. Quant à la journée du 4 septembre elle a a été également ponctuée par de nombreuses provocations ukrainiennes, du bombardement au mortier de 82mm subi par Sahanka (Sud de la RPD) à 9h15 du matin jusqu'aux attaques aux armes d'infanterie qui ouvraient la soirée sur la ligne de front de Donetsk.

Autour de Donetsk, les attaques ukrainiennes se sont produites principalement à Marinka à l'Ouest, Yasinovataya et Krasneï Partizan au Nord.

Le 5 septembre matin à 3h30, l'artillerie ukrainienne a frappé le village de Trudovsky au niveau de la rue Petrovsky (N°337) 3 logements d'habitation en construction ont été endommagés.

Et toujours, l'armée ukrainienne continue d'acheminer de nouvelles unités et matériels vers la ligne de front. Rien ne justifie ce renforcement important de la ligne de front ukrainienne depuis l'application (relative) du cessez le feu si ce n'est la poursuite des préparatifs d'une offensive prochaine.
  • A Kodema (6 km de la ligne de contact) un groupe d'assaut de la 54ème brigade mécanisée avec des véhicules de combat d'infanterie et des véhicules blindés, 
  • A Krasnogorovka (3 km de la ligne de contact) 2 mortiers lourds de 120 mm,
  • A Marinka (1 km de la ligne de contact) 4 mortiers lourds de 120 mm,
  • A Konstantinovka (à 25 km de la ligne de contact) un groupe d'assaut blindé de 30 véhicules de combat d'infanterie et véhicules blindés,
  • En Artemovsk (à 20 km de la ligne de contact) arrivée de 200 deux combattants du bataillon spécial "Zolotyye vorota".appartenant au Ministère de l'Intérieur.
De plus, selon le rapport de l'OSCE du 3 Septembre, les observateurs ont notifié la présence dans la zone d'exclusion des armes lourdes de 
  • 12 Lance-Roquettes Multiples de 220mm BM-27 "Uragan",
  • 6 canons antichars de 100 mm MT-12 "Rapira", 
  • 6 obusiers tractés de 152mm "MSTA-B"
Egalement notifié par les représentants de l'OSCE la'bsence de leurs lieux de stockage de 
  • 5 canons antichars MT-12 "Rapira"; 
  • 1 obusier tarcté de 152mm "MSTA-B"; 
  • 6 mortiers de 120 mm  2B11 "Sani".

Menace d'attaque chimique sur le Donbass ?


Sur l'aérodrome de Krasnoarmeïsk, à l'Ouest de Donetsk, les services de renseignements ont repéré une activité pour le moins inquiétante : des unités ukrainiennes de protection chimique ont débarqué des conteneurs sécurisés pour ensuite les déposer dans des hangars agricoles sécurisés pour le stockage de produits chimiques.

Selon le Commandant en second du Commandement opérationnel de la RPD, il s'agirait de gaz de combat, vraisemblablement du gaz moutarde appelé aussi Ypérite, qui pourrait-être employé sur le front ou dans des attaques terroristes à l'intérieur des villes républicaines.

Une alerte donnée par un politicien ukrainien de Kherson en contact avec l'Etat Major ukrainien confirme cette menace d'attaque chimique insensée :

Alexei Zhuravko rapporte le 5 septembre :

"Avant-hier, j'ai reçu une information émanant de personnes travaillant au Ministère de la Défense de l'Ukraine que l'état-major général de l'Ukraine prépare une opération militaire sur le territoire de Donetsk, impliquant des aéronefs pour des bombardements chimiques. Il semble que la plupart plupart des généraux sont opposés à une telle opération qui est une idée de Turtchinov"

Cette information si elle est confirmée constitue une nouvelle escalade très grave dans le conflit, et une violation flagrante d'accords internationaux par Kiev. En effet, une Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC), a été signée le 13 janvier 1993 à Paris et est entrée en vigueur le 29 avril 1997. Cette Convention interdit formellement la mise au point, la fabrication, le stockage et l'usage des armes chimiques et impose la destruction des stocks existants.

Quelle pourrait-être l'objectif d'une telle opération ? Certainement en dehors du fait de terroriser la population de Donetsk ou Lugansk Kiev chercherait à provoquer une réaction immédiate et inévitable de la Russie en tentant de la présenter comme l'agresseur initial et pourquoi pas, comme pour les bombardements d'El Goutha en Syrie, de responsabiliser les Républiques dans ce bombardement.

En attendant, l'idée même d'un tel bombardement, qui sans surprise vient de l'halluciné "pasteur sanglant" Turtchinov, initiateur de l'Opération spéciale dans le Donbass, confirme la mentalité psychotique et criminelle des hauts responsables de l'appareil kiévien.



La population du Donbass, même si elle profite de ce répit relatif, reste donc sur ses gardes, consciente que dans quelques jours ou quelques semaines au plus la Mort risque de s'abattre à nouveau sur leurs maisons...

Quant aux autorités des Républiques, en limitant leurs ripostes au maximum, elles essayent de ne pas tomber dans le piège des provocations ukrainiennes qui cherchent a déclencher de leur part une contre attaque d'envergure qui serait aussitôt désignée comme la première violation du cessez le feu et un casus belli justifiant le déclenchement de l'offensive que Kiev prépare depuis des semaines.

Il reste à attendre maintenant la conclusion des réunions sur l'Ukraine (et la Syrie) réalisées pendant le G20, et surtout les réactions qu'elles vont susciter à Washington et Kiev pour deviner quel avenir automnal se profile à l'horizon des cités rebelles de Donetsk et Lugansk.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya