dimanche 2 mars 2014

La guerre de retour à l'horizon de l'Europe ?

"QUI SÈME LE VENT RÉCOLTE LA TEMPÊTE" 
(cité par A. Chauprade)

Mon sentiment actuel, sur la situation en Ukraine telle que j'essaye d'observer entre les feux de la propagande occidentale et les élans patriotiques des nationaux-traditionalistes ukrainiens...



DE LA TENTATION IDÉOLOGIQUE...

Les revendications patriotiques des manifestants ukrainiens, qui veulent définitivement larguer les amarres avec la capitale de l'ex URSS, sont certes séduisantes tant sur le plan des principes géopolitiques, que sur celui des valeurs traditionnelles défendues par les pravyi sektor notamment. 

Sauf qu'ici, le conflit n'est pas un problème ukraino-ukrainien et loin s'en faut, comme le prouvent les interventions sur place des émissaires occidentaux pro-américains venus, non pas soutenir une quelconque diplomatie équitable et pacifique, mais jeter de l'huile sur le feu en soutenant la radicalisation violente de l'opposition.

La situation en Ukraine semble effectivement beaucoup plus complexe et surtout avoir des origines extra-localistes. Si l' héritage de l'histoire, avec les hégémonies impériales austro-hongroises à l'Ouest, soviétiques à l'Est, Ottomanes au sud, a laissé des stigmates dans les mentalités et une fragmentation démographique de la population, il faut regarder surtout où se situent les réelles ambitions et les enjeux actuels, car le Mur est tombé depuis longtemps, même si son ombre trouble encore les analyses...


A LA MANIPULATION POLITIQUE

Les ukrainiens sont pris en otage par les enjeux géostratégiques régionaux et internationaux, et les ambitions des nationalistes, envers qui j’ai une réelle sympathie, sont utilisées aujourd’hui par les américains comme est utilisée le fanatisme salafiste en Syrie par exemple, pour déstabiliser une position géopolitique antimondialiste tenue par les partisans eurasistes emmenés par Poutine… 
Bien sûr la dépendance imposée par la Russie est inadmissible (pas plus d'ailleurs que celle que nous subissons des USA), bien sur la corruption a caractérisé les derniers gouvernements ukrainiens (pas plus que les nôtres soit- dit en passant)… mais la "paix chaude" à laquelle nous participons entre les USA et la Russie, même si elle semble prolonger la guerre froide dans sa localisation et ses « belligérants » n’en a cependant pas les mêmes origines.
Cette impression de continuité de guerre froide est d'ailleurs entretenue par la propagande anti-russe et le maintien de l'OTAN qui pourtant n'a plus sa raison d'être idéologique depuis 1989. Maintenir les mentalités européennes sur le pied de guerre, le regard tourné vers l'Est, tout en verrouillant ainsi leur ancien ralliement logique face au communisme soviétique par une dépendance vitale au système militaro-économique étasunien...

Car en Ukraine, comme en Syrie (les deux conflits sont liés par leur essence ontologique et les manipulations internationales exercées) nous assistons à une confrontation entre une vision du monde unipolaire menée par la thalassocratie américano-sioniste et une vision multipolaire menée par la Fédération de Russie qui sans chercher à reconstruire l’URSS, comme essaye de nous faire croire la propagande américaine, tente seulement de protéger ses anciennes républiques fragilisées depuis la chute du mur et, de maintenir un glacis devant ses frontières.. Dans cette aventure, les nationalistes ukrainiens (dont les valeurs défendues, sont plus proches de celles du Kremlin que de Washington) sont les « idiots utiles » des USA, et le discours de BHL, le bouffon incontrôlé du Nouvel Ordre Mondial, venu exciter des personnes ici qu’il méprise ailleurs en est un exemple révélateur.

Bien sûr, je suis choqué par cette nouvelle confrontation meurtrière fratricide qui oppose des européens en Ukraine, mais sans vouloir minimiser leurs revendications identitaires légitimes, je pense aujourd’hui que le choix qui s’impose est bien au-delà des frontières de ce pays écartelé. Car ce que je vois d’abord c’est une opposition menée par un boxeur ayant une immatriculation sociale et une double nationalité américaine, un égérie nattée qui s’est fait prendre la main dans le pot de confiture, et le tout, soutenu par l’Etat-major américain et ses vassaux Fabius & Co. 


EN PASSANT PAR UNE DÉPENDANCE ECONOMIQUE

La troisième voie d'une vraie indépendance, que veut prendre une grande partie des opposants ukrainiens manipulés par leur meneurs aux ordres du libéralisme mondialiste, est malheureusement aujourd'hui impossible à réaliser, car l'identité ukrainienne tiraillée entre l'Est et l'Ouest voit son antagonisme exacerbé par une situation économique exsangue, et qui l'oblige a rechercher un souteneur.

Du coup, l’Ukraine qui veut se dégager d’une dépendance russe (et ce serait théoriquement l’idéal) n'a pas d'autre choix que de se précipiter dans les bras d’une dépendance américaine, car ne nous leurrons pas : lorsqu’elle invoque et fait appel à l’Europe, c’est la C.E.E qui se rapplique. Or LA C.E.E. N’EST PAS L’EUROPE ! : c’est un valet de la puissance hégémonique étasunienne et c’est une forfaiture que de lui attribuer le nom impérial des patries charnelles fondatrices de notre civilisation.

Une nouvelle fois les occidentaux agitent ici le miroir aux alouettes, démocratique et droit-de-l'hommiste, pour attirer les ukrainiens dans leurs rets militaro-économiques. Comme en Lybie, en, Egypte ou en Syrie... c'est la stratégie américaine qui définit et commande ici la tactique ukrainienne.

Dans les années 80, Jean Pax Mefret chantait "s'il faut choir entre deux camps..." c'était l'époque ou le communisme soviétique menaçait nos libertés et nous avons fait le choix pragmatique, pour les défendre, de s'engager aux côtés de ceux qui leurs avaient donné leur sang sur les plages normandes. 
Mais cette alliance, devenue "hommage lige" moderne, s'est transformé peu à peu en dépendance servile, offrant un boulevard sans obstacle à la progression du Nouvel Ordre Mondial en Europe.  Le démantèlement de l'empire soviétique par Gorbatchev, son ouverture libérale avec Elstine semblait annoncer la victoire finale de l'oncle Sam ... jusqu'à l'arrivée de Poutine, qui s'opposa à l'hégémonie unitaire du libéralisme étasunien.


S'IL FAUT CHOISIR...

Aujourd'hui, les européens, ceux qui placent leur liberté au dessus de tout, se retrouvent de nouveau à la croisée de 2 chemins. L'un est aisé, mais c'est une impasse menant à un asservissement définitif, l'autre est un chemin de montagne se hissant vers les sommets d'une Europe restaurée. 

Entre la vision fédérale russe et le Nouvel Ordre Mondial américain, s’il me faut choisir, c’est vers Moscou qui se tournera mon cœur et mon regard, car l’Europe est d’abord continentale, et sa colonne vertébrale géopolitique passe par un axe Paris-Berlin-Moscou. 

Pour l’Ukraine Moscou est aujourd’hui bien plus qu’un un pis-aller, c’est un engagement vers une vision fédérale et unitaire d’une Europe indépendante. 
Et ses nationalistes européistes devraient ouvrir leurs yeux, car aujourd’hui, ils sont trompés par une cristallisation logique de leur histoire avec Moscou, des meneurs qui obéissent à des intérêts internationaux et qui entretiennent une vision idéalisée d’une Europe libérale qui n’est qu’un masque utilisé par le véritable ennemi à combattre.

Si l'ombre de la guerre revient renifler à l'horizon de l'Europe, j'ai peur que nous soyons cette fois du mauvais côté...

En attendant, comme l'analyse très justement Aymeric Chauperade, la grande perdante de ce conflit c'est l'Ukraine.

Erwan Castel,  le 2 mars 2014


L'article cité dans son intégralité ici :
http://www.realpolitik.tv/2014/03/qui-seme-le-vent-recolte-la-tempete-par-aymeric-chauprade/

Erwan Castel, le 2 mars 2014
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L'article d'Aymeric Chauprade

Qui sème le vent récolte la tempête
Realpolitik.tv le 2 mars 2014

Photo : poignée de main entre le Secrétaire à la Défense américain Chuck Hagel et le ministre ukrainien de la défense Oleksandr Oliynyk pendant une réunion de la Commission Ukraine de l’OTAN. Bruxelles, le 27 février 2014. Crédit : secdef via Flickr (cc)

La Russie a donc fini par réagir à ce qui s’apparente à une véritable agression stratégique depuis le début des événements à Kiev. La Crimée est protégée par un statut d’autonomie et des accords entre l’Ukraine et la Russie, et il en va de même des populations russophones d’Ukraine. Moscou a estimé que ces accords avaient rompu par un coup de force contre le président élu en Ukraine.

Dans ces conditions qui peut s’étonner de l’intervention russe ?

Kiev n’a plus de gouvernement légal et agit sous la pression de milices radicales qui ont annulé la démocratie, balayé les droits linguistiques des russophones, limité les programmes de télévision d’opposition, arraché les églises orthodoxes ukrainiennes du patriarcat de Moscou et menacé d’annuler l’autonomie de la Crimée garantie par des traités.

Comme l’intervention armée française au Mali, l’intervention russe dans l’Est de l’Ukraine et en Crimée vise d’abord à désarmer une population qui était en train de s’armer dangereusement, à garantir les droits des russophones qui venaient d’être anéantis par Kiev, et, bien évidemment aussi, à l’instar de la France en Afrique subsaharienne, à garantir quelques intérêts stratégiques propres à toute zone d’influence historique.

En voulant otaniser de force l’Ukraine les Européens ont “tout gagné”. La Russie va reprendre ce qui lui appartient historiquement : ce qui était la Petite Russie durant tous ces siècles, avant que l’Ukraine ne soit construite récemment.

Il y aura donc deux gagnants dans cette crise : les États-Unis qui accomplissent leur stratégie de division pour prévenir toute unité eurasiatique, et les Russes qui vont renforcer leur unité politique et économique avec les provinces russophones et ethniquement russes de l’État ukrainien. Les perdants sont les Européens de l’Ouest et du Centre car la coopération avec la Russie progressait ces dernières années et les catholiques et les orthodoxes pouvaient commencer à mieux se comprendre. La fracture risque donc d’être ravivée, sauf si les catholiques et les protestants d’Europe savent déjouer le piège anti-orthodoxe qui leur est tendu. Pour cela, je leur conseille de revenir au livre programmatique que Samuel Huntington publia en 1990 : Le Choc des civilisations. Le programme américain y est annoncé clairement. Le bloc occidental souhaité par Washington y exclut clairement le monde orthodoxe.

Aymeric Chauprade




vendredi 21 février 2014

Le vrai visage de la révolution ukrainienne

Publié initialement sur Facebook le 21 février 2014


Notre bouffon national, Bernard Henri Lévy, le sioniste mythomane, s'est une fois encore couvert de ridicule en allant à Kiev, suivant sa mégalomanie et un jeu dangereux ... 

En Libye, pays du pétrole défiant les banksters de la CEE (UE), au nom de la "démocratie libérale" il a soutenu le renversement de Khadafi et un chaos qui a profité .... aux islamistes intégristes, 
en Syrie, pays du gaz et ennemi d'Israël, la chemise immaculée entrouverte par un ego aussi surdimensionné que ridicule est venu jouer au pyromane excitant les égorgeurs salafistes...
Cet idiot utile médiatique dont l'obsession est "d’œuvrer à la réalisation du Grand Israël" serait pitoyable et pourrait même faire rire si ses interventions bellicistes ne provoquaient des milliers de mort et le chaos dans les pays visés par ses amis financiers internationaux.

Jusqu'à aujourd'hui, de tel propos m'auraient condamné ennemi de la république, un antisémite, un fasciste, bref...un nazi !

Mais voilà que "le prince de Saint Germain", toute honte bue, réapparaît en Ukraine, pays du gaz et objectif stratégique des USA, haranguant sur les pentes du volcan des manifestants soit-disant pro-européens (traduire " pro-UE") ...
Ce philosophe juif, parangon du Nouvel Ordre Mondial a atteint les sommets du grotesque, se lançant dans une incitation lyrique à la guerre civile devant une foule excitée et dont la base activiste est composée majoritairement d'anarchistes, d'antisémites et de néonazis parmi les plus extrémistes de la région !!!

Ces groupuscules nationalistes, qui défendent radicalement avec une idéologie et des méthodes extrémistes, un projet de libération légitime de leur pays, sont farouchement opposés aux hégémonies venant de l'Est comme de l'Ouest de l'Europe.

Ils sont le fer de lance de l'insurrection et surtout les manipulés d'un pouvoir libéral occidental qui cherche, coûte que coûte a faire reculer l'influence russe sur le continent eurasiatique et faire main basse sur les ressources minières (notamment gaz de schiste) de l'Ukraine....
Et de voir fleurir sur les façades des quartiers occupés par les émeutiers les portraits de Stepan Bandera, fasciste ukrainien responsable de pogroms anti-juif et anti-polonais et ... d'Adolf Hitler !
Il est vrai que ces fascistes ont l'habitude de profiter du cynisme des puissants, telle L'U.P.A, cette guérilla nationaliste ukrainienne formée en 1942 et collaborant avec les nazis avant d'être soutenue par la CIA pendant la guerre froide !

Mais rassurez vous le héros BHL lui, est allé sur place et assure la main sur le portef... pardon le coeur, n'avoir "pas vu de néo-nazis, je n’ai pas entendu d’antisémites, j’ai entendu au contraire un mouvement incroyablement mûr, incroyablement déterminé et très profondément libéral " ! 

Une preuve que le marché libéral qui déjà n'a pas de patrie, n'a pas plus de cohérence idéologique, diabolisant un gouvernement légitime ici, ou s'alliant avec le diable ailleurs, au gré de ses intérêts...

Pour le coup nous sommes en droit de poser les questions suivantes : 

Qui sont les vrais fascistes dans ce bras de fer entre l'Est et l'Ouest qui se joue en Ukraine aujourd'hui ? 

Quant à ce Tartuffe de BHL, n'aurait-il pas besoin de s'acheter rapidement une paire de lunettes...et une cervelle ?

Erwan Castel Cayenne le 21 février 2014





France 1914, Ukraine 2014

Publié initialement sur Facebook le 20 février 2014



1914-2014...


Alors que nous entrons dans la commémoration du centenaire de la guerre fratricide européenne la plus meurtrière, nos "Hommes" "politiques", ces misérables faquins qui nous gouvernent, devrait-on plutôt dire, cupides et avides des ressources minières, vitales à leurs profits veulent aux vents de fausses paroles pousser leur domination sur toute la planète. 
Pour sauver leur système, tandis qu'ils gavent les imbéciles contre des urnes électorales, broient les cervelles des écoliers et condamnent toutes les opinions différentes de la leur, ils allument des feux de guerre un peu partout, de la Libye à l'Ukraine en passant par la Syrie... 

Nous entrons certainement dans une nouvelle ère chaotique, et elle sera pire que la précédente car le Nouvel Ordre Mondial piétine notre mémoire et les leçons d'une Histoire sanglante que nous risquons alors de revivre...

Si nous ne réagissons pas en renversant les tyrans qui se cachent derrière le masque de nos démocraties pourries, nous nous rendons complices de la mise en esclavage de l'humanité, insultant dans notre lâcheté les sacrifices des anciens et condamnant dans notre égoïsme la liberté des enfants de demain.

Erwan Castel à Cayenne le 20 février 2014


Publié initialement sur Facebook le 21 février 2014


FRANCE 1914 - UKRAINE 2014

L'Ukraine s'enfonce dans la guerre civile parce que les dirigeants de la plupart des pays de l'Europe de l'Ouest ont abandonné l'éthique de l'honneur pour la stratégie des intérêts, et par les mensonges, manipulent des hommes et des femmes qui vont mourir, hypnotisés par les fantasmes d'un système libéral corrompu.

Un siècle quasiment après l'attentat de Sarajevo, la guerre menace donc à nouveau l'Europe, prise en otage dans un jeu d'alliances politico-économiques difficilement maîtrisables, car leurs épicentres sont loin du continent eurasiatique et ne répondent qu'à des intérêts internationaux déshumanisés..

Dans cette course vers le chaos, les européens sont tous des ukrainiens, pris entre le marteau et l'enclume, tiraillés entre les USA et leur politique libérale mondialiste permettant à un totalitarisme financier de contrôler de fausses démocraties d'une part, et la Fédération de Russie d'autre part qui, ne se cache pas d'être une "démocratie dirigée", mais qui cherche avec honneur et fidélité à ses valeurs ancestrales, à maintenir un monde multipolaire et privilégiant la diplomatie à un interventionnisme néocolonial armé (la Syrie en est le dernier exemple).

Parce que je refuse l'hégémonie d'un seul, 
parce que je hais le pouvoir de l'argent, 
parce que je suis européen de cœur et tourné vers une identité continentale
parce que je suis attaché aux libertés acquises par des siècles de pensées et de combats, et qu'elles me semblent supérieures à n'importe quel droit inventé,
parce que je souhaite l'autodétermination des peuples pour des gouvernances indépendantes dans leurs territoires naturels et intégrés dans une fédération, 
parce que le préfère la paix à la guerre (sans l'exclure de sa qualité d"ultima ratio") 

Pour tout cela, je choisi mon camp sans hésiter et m'aligne sur la position défendue par la Russie, tout en ayant conscience de la réalité humaine d'une nation déchirée entre deux identités et de l'affrontement entre américains et russes...

Car comme le dit Desmond Tutu : 

"Etre neutre face à une situation d'injustice c'est choisir le côté de l'oppresseur"... 

... et aujourd'hui l'oppresseur de l'Europe est à Washington et New York avant d'être à Moscou ou Kiev.


L'Europe doit réagir, se débarrasser du vampire libéral étasunien et de ses valets de la CEE (UE) et des palais des "demo-crassies", puis, avec la Russie, notre cousin européen historique, rechercher la paix coûte que coûte par la diplomatie. 

Mais si le feu insurrectionnel ukrainien, allumé par les excités libéraux, s'il ne peut pas être éteint par la paix, doit être étouffé par des contre feux révolutionnaires attaquant les gouvernements occidentaux qui, soutenant les émeutiers de Kiev, trahissent leurs patries et nous invitent à danser sur un volcan.... 


Il nous faut refuser la logique d'une nouvelle guerre fratricide, et la meilleure défense : c'est l'attaque, pour que les européens reprennent leur destin en main... Aujourd'hui la ligne de front et à l'intérieur et l'ennemi à abattre se terre dans nos propres palais.


Erwan Castel, Roura le 20 février 2014


dimanche 2 février 2014

L'agression étasunienne en Ukraine


L'Ukraine, nouvelle étape 
dans la stratégie de domination américaine

Par Aymeric Chauprade

Au moment où l'Ukraine est traversée par des troubles importants, il convient de se poser la question de l'origine de ces troubles. Sont-ils le fait de l'absence de démocratie ? N'y a-t-il pas d'autres raisons bien plus géopolitiques ? Par Aymeric Chauprade. © realpolitik - janvier 2014

Sources de l'article
- Site de l'agence "REALPOLITIK TV",  le lien : ICI

mercredi 1 janvier 2014

Un Président au milieu de son peuple !

Vœux du Président Vladimir Poutine pour l'année 2014


Chers amis 

Nous voici au seuil de la nouvelle année 2014 : dans quelques minutes, nous marcherons du présent vers le futur. 

La présentation des vœux pour le Nouvel An est une de nos traditions les plus cordiales et les plus réconfortantes. Elle se transmet de générations en générations, nous unissant tous. 
Au cours de l’année écoulée, nous avons dû faire face à de graves problèmes et relever des défis difficiles, comme les attaques terroristes inhumaines de Volgograd et les calamités naturelles sans précédent par leur ampleur dans l’Extrême-Orient. Dans les temps de détresse, la Russie a toujours été unie. 

Cette année, mes chers amis, je ne vous adresse pas mes vœux depuis le Kremlin de Moscou, comme de coutume, mais de l’Extrême-Orient où je suis arrivé pour partager le réveillon du Nouvel An avec ceux qui ont supporté avec dignité et honneur des désastres naturels, mais ne peuvent pas encore faire la fête, cette nuit, dans leurs propres maisons. Je voudrais, avec eux, saluer la Nation toute entière et lever une coupe pour notre Peuple à la santé de tous ceux qui se sont battus de façon désintéressée contre l’inondation, qui ont montré leur compassion et leur générosité altruiste. 
  
Chers amis, 

Nous nous inclinons devant les victimes des attentats cruels. Confiants, déterminés et sans faiblesse, nous poursuivrons la lutte contre les terroristes, jusqu’à leur éradication totale. 
Nous soutiendrons les victimes ; nous exécuterons tout ce que ce que nous avons planifié ; nous construirons et restaurerons tout ce qui doit être reconstruit et restauré. 

Dans le même temps, nous avons eu beaucoup de satisfactions au cours de l’année écoulée. Notre pays est devenu plus grand, plus riche et plus hospitalier : il défend sans relâche ses intérêts sur la scène internationale. C’est pour cela que nous pouvons nous réjouir, malgré tout, de l’arrivée de la Nouvelle Année, et la saluer avec l’espoir et les rêves que porte l’avenir. 
Quelque soit l’endroit où nous nous trouvons, à cet instant, l’atmosphère unique de cette magnifique nuit réchauffe nos cœurs. 

Nous envisageons l’avenir avec optimisme, nous croyons sincèrement que le meilleur est encore à venir, nous croyons dans notre bonne étoile et notre succès. Chacun de nous comprend que la prospérité ne vient pas toute seule : elle est le fruit d’un dur labeur et de ses réalisations personnelles, par nos tentatives d’exécuter tout ce que nous avons planifié. 
Ces accomplissements forgent le destin de notre Patrie, de la même façon que l’attention que nous devons accorder à notre famille, à nos enfants, et à nos anciens est intimement liée à la défense de la Russie, ce pays où nous vivons, que nous aimons et que nous voulons voir prospère et fructueux. 

Ces sentiments et ces aspirations renforcent notre unité. C’est seulement ensemble que nous pouvons être vraiment forts, assurer les succès de la Russie et réaliser tous nos projets communs et nos aspirations. 
  
Chers amis, 

nous aurons beaucoup à faire l’année prochaine, dans le domaine économique, dans l’amélioration de la vie des gens, pour garantir leur sécurité et placer les jeux Olympiques et Paralympiques de 2014, qui commenceront dans à peine dans un mois, au plus haut niveau d’excellence possible. 

La nuit du Nouvel An est un moment unique, où nous nous sentons exceptionnellement proches. Et nous pouvons nous féliciter mutuellement de cette compréhension réciproque et de ce soutien, de cet amour et de cette solidarité. Nous ne le faisons pas assez souvent dans l’agitation de la vie quotidienne. C’est bien le soutien de nos proches et l’intégrité de nos amis qui nous donnent confiance et nous motivent à leur donner plus que nous ne recevons. 
  
Je vous souhaite à tous la santé et le bonheur ! 

Que la joie soit dans chaque maison, que l’harmonie soit dans chaque famille, que la prospérité soit dans chaque foyer. 

Bonne année 2014 à la Russie ! 

Vladimir Vladimirovitch Poutine 
Président de la Fédération de Russie

mardi 24 décembre 2013

La bataille d'Ukraine

Entre mondialisme et civilisation européenne: 
la bataille d'Ukraine

Samedi 1er novembre 2014, publié sur le site "CERCLE MILITANT QUÉBECOIS", le lien : ICI 

Cet éditorial du journal nationaliste social français Militant date de décembre 2013, mais il conserve néanmoins son actualité et sa pertinence étant donné que la bataille se poursuit contre les forces mondialistes et cosmopolites qui veulent prendre le contrôle de l'Ukraine sous prétexte de défendre sa liberté. (http://journal-militant.fr/edito-n-655-decembre-2013/).

L'article initial, mise en ligne en février 2014 sur le site "MILITANT", le lien : ICI 

Entre mondialisme et civilisation européenne : la bataille d’Ukraine

Décembre 2013

Ces dernières semaines, l’Ukraine fait parler d’elle avec la tentative de révolution qui a suivi la décision du président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, de ne pas signer un « Accord d’association et de libre échange » avec l’U.E., autrement dit de rejeter l’arrimage de l’Ukraine au « camp mondialiste », par ailleurs soumis au chantage droit-de-l’hommiste, mais bien plutôt de se rapprocher de la Fédération de Russie qui propose un « Pacte eurasiatique ».

L’actuel Etat ukrainien est un Etat artificiel, dont le noyau est issu du découpage interne de l’empire russe par les gouvernements soviétiques, auquel ont été ajouté entre 1940 et 1945 des populations qui, bien que slaves, ont des histoires différentes : 

1) des Russes orthodoxes d’une part, essentiellement dans la partie orientale, appelée Nouvelle Russie, territoires vides d’hommes jusqu’à ce que la tsarine Catherine II en lance le peuplement ; des Ukrainiens russisés et orthodoxes héritiers des hetmanats cosaques constituant la « Petite Russie » avec Kiev pour centre ; 

2) des « Ruthènes » vivant dans la partie occidentale avec Lvov (Lemberg) pour ville principale, majoritairement rattachés à l’Eglise romaine et ayant vécu jusqu’en 1945 hors de l’empire russe, sous suzerainetés polonaise et austrohongroise. Globalement, les premiers regardent vers la Russie moscovite, les Ruthènes se tournent vers l’Ouest européen.

Mais depuis l’implosion de l’URSS et la déclaration d’indépendance de l’Ukraine en 1991, celle-ci, en tant qu’Etat charnière entre les deux parties de l’Europe, constitue un enjeu majeur de l’offensive que mène le mondialisme à direction états-unienne et sioniste pour étendre sa domination sur l’Europe et, si possible, sur la Russie. Cette dernière fait l’objet d’un encerclement méthodiquement mis en place depuis 1991, appliquant en cela la doctrine de Mackinder et Spykman selon laquelle, pour dominer le coeur du continent eurasiatique, le « heartland » – autrement dit l’Europe de l’est et la Russie -, il fallait contrôler le « Rimland » – la périphérie allant de l’Allemagne à l’Asie centrale en passant par les Balkans et le Proche-Orient.

En 2004, une première tentative mondialiste de contrôler l’Ukraine, connue sous le nom de « Révolution orange », a été conduite sous la férule principale de l’organisation Pora (« il est temps ») cornaquée par des officines telles que : l’Open Society Institute du spéculateur juif né en Hongrie, Georges Soros ; OTPOR et Canvas nourries de l’idéologie de résistance individuelle non violente de Gene Sharp et diffusée notamment par le Einstein Institute et le International Center on Nonviolent Conflict (ICNC) dirigé par Peter Akerman ; Freedom House, financée en grande partie sur les fonds publics américains, notamment l’USAID (United State Agency for International Development).

Cela recommence en 2013 alors que l’Ukraine, selon son tropisme naturel regarde vers la Russie moscovite en cours de redressement, sachant que la Russie est un empire aux facettes multiples qui connaît comme tel des périodes d’expansion et de repli ; le tsar n’était-il pas « empereur de toutes les Russies ». Si l’Ukraine rejoignait le pôle occidental, elle se trouverait aussitôt sous l’emprise de l’affairisme débridé et prédateur de la superclasse mondiale apatride, du satanisme moral et culturel piloté par les cercles mondialistes inspirés par les Illuminati.

L’Ukraine n’a rien à gagner d’un arrimage à une U.E. affaiblie, endettée, en voie de désindustrialisation et d’islamisation au travers de l’immigration extra-européenne. Elle deviendrait plus que jamais un terrain d’exploitation du mondialisme ultra libéral et la population ne verrait pas son niveau de vie s’améliorer significativement, hormis quelques hochets apportés par la mode du consumérisme clinquant, tandis que l’incitation à l’inversion et à la perversion des moeurs deviendrait de règle. La presse russe parle à juste titre « d’homosexualisation » de l’Ukraine.

Face à cela, nous avons la Russie post soviétique qui,revendiquant sa foi chrétienne orthodoxe, le respect de la tradition et de l’ordre universel, est actuellement le seul grand Etat d’Europe qui s’affirme contre le satanisme destructeur occidental. Certes, n’idéalisons en rien la Russie. Mais lorsque l’on parle de répression en Russie ou en Ukraine, il faut voir combien la répression s’abat, en France notamment, sur ceux qui combattent les lois de subversion comme la loi Taubira, celle qui s’abat sur les nationalistes, celle qui un peu plus chaque jour limite la liberté d’expression tant dans la presse que sur l’Internet.

Néanmoins, même si, comme l’écrivait le marquis de Custines au XIXème siècle, la Russie a toujours été une « puissance pauvre », elle doit, pour tenir un rôle de pôle attractif du redressement européen, rénover son industrie, moderniser ses infrastructures, sans pour autant singer les standards industriels occidentaux. Le peuple russe a montré par le passé un génie créatif en tous domaines et il n’y a aucune raison qu’il fasse défaut à l’avenir. Mais la Russie connaîtrait un puissant dynamisme si elle s’inspirait des principes de l’économie orientée, fondés sur la création monétaire par la seule banque centrale et l’initiative privée orientée et stimulée par de grands programmes d’État.

Si nous devons faire de la prospective, indépendamment des aléas contemporains, disons que l’actuel État ukrainien est vraisemblablement appelé à éclater, la création d’un État « ruthène » dans sa partie ouest étant justifiée, alors qu’il faudra aussi résoudre de nombreux problèmes territoriaux restés en suspens depuis 1918 et 1945, telle la question des minorités hongroises vivant hors de Hongrie et celle de la Transnistrie pour rester dans cette partie de l’Europe.

Tout cela pourra-t-il se faire au moindre coût ? Mais, au delà ce toute prévision, ce qui se joue aujourd’hui en Ukraine est en partie l’avenir de l’Europe en ce sens que nous avons en présence, d’un côté, les forces du mondialisme apatride, ennemies de la civilisation européenne, et de l’autre la Russie qui aujourd’hui, en dépit de ses faiblesses et défauts, incarne la civilisation.
MILITANT

vendredi 20 décembre 2013

UKraine : "Quelle position ?"

L'Ukraine, 10 ans après la "Révolution orange" est à nouveau secouée par des émeutes sur la place central de sa capitale Kiev. 

Depuis plusiaurs semaines les manifestants dont les actions se radicalisent en même temps que le froid hivernal réclame du gouvernement qu'il revienne sur sa décision de ne pas signer l'accord économique avec l'Union Européenne. 

Dans les coulisses du Maïdan où commencent à fuser des hurlements réclamant le départ du Président élu Ianoukovitch, on devine les rouages d'une machinerie occidentale qui tire les ficelles des meneurs s'agitant devant les cordons de policiers qui restent stoïques sous les jets de pavés.

Cette nouvelle révolution, même si elle ne s'affiche pas sous une teinte proclamée semble bien être un nouvel épisode de la longue série des "révolutions colorées" qui ont secoué les anciens pays de l'URSS et plus récemment les pays arabes, tous "non alignés" sur la vision étasunienne qui comme leurs bannières agitées revendique un monde monochrome, "unipolaire" et soumis à Washington (et surtout Wall street)

L'Ukraine est-elle en train de "déraper" ?

Ce qui est sûr c'est que certaines revendications sont inquiétantes et surtout ceux qui les portent derrière des cagoules menacantes armées de barres de fer et des coktails molotov. 

L'Ukraine révèle certainement une histoire européenne qui n'est pas encore digérée et que les officines occidentales qui rêvent d'inscrire cet immense pays à leur tableau de chasse tentent de faire vomir pour mieux y installer un chaos nihiliste...

Ce que je vois aujourd'hui s'agiter sur le Maïdan ressemble plus aux vieux démons du passé qu'à des revendications audacieuses tournées vers un avenir constructif. Et surtout un dérapage de la situation pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l'Europe entière.

Erwan Castel

Ukraine : « quelle position » ?


Par Jean-Marie Chauvier

Source de l'article : Mondialisation.ca, 

13 décembre 2013

La question m’est posée – comme au temps de la « révolution orange » en 2004 – de savoir s’il ne faut pas « prendre position pour un camp contre l’autre », soit pour les opposants unanimement soutenus en Occident, soit pour ceux qui résistent aux ingérences occidentales, en l’occurrence maintenant : le pouvoir légal contre des émeutiers cherchant à « renverser le régime » avec l’encouragement de Bruxelles et de Washington, car c’est bien de cela qu’il s’agit et la violence première n’est pas celle du pouvoir, manifestement confus et incapable de se défendre !

Comme à l’époque, je ne vois aucune raison de « choisir un camp », en l’occurrence un clan de l’oligarchie industrielle et financière contre un autre, les groupes dominants de l’Est, plus proches de la Russie, contre d’autres groupes implantés à l’Ouest , soutenus par les EU et l’UE, et vice-versa. Je n’ai « d’intérêts » dans aucun.

Donc, « ni, ni » ? Désolé, oui : « ni, ni ». Mais pas équidistance pour autant, ni indifférence quant à ce qui se joue entre des acteurs auxquels nous ne nous identifions pas, qu’ils soient « décideurs » (Kiev, Moscou, Bruxelles, Washington) ou manifestants manipulés par ces mêmes décideurs ou par des aventuriers fascistes.

Il y a, dans le débat ukrainien tel qu’il nous est présenté, simplifié à outrance (« prorusses » contre « proeuropéens ») non seulement une caricature (les prorusses ne sont pas antieuropéens, et entre Yanoukovitch et Poutine ce n,’est pas le grand amour) mais surtout une grande absence : le peuple ukrainien, les travailleurs, les paysans, soumis à un capitalisme de choc, à la destruction systématique de tous leurs acquis sociaux, aux pouvoirs mafieux de tous bords.

Je crois que notre vision occidentale – y compris « à gauche » – de l’Ukraine est largement tributaire de préjugés anticommunistes et antirusses. Mais ce n’est pas tout : nous ne voyageons ou nous ne rencontrons généralement que des Ukrainiens de l’Ouest (la très grande majorité des émigrés viennent de l’Ouest) ou de Kiev, s’agissant des élites occidentalisées. C’est cette partie du pays et des populations que nous sentons les plus proches, qui nous renvoient un peu notre image. Même les militants de gauche aiment rencontrer, à Moscou, à Kiev, des gens qui leur ressemblent, parlent leur langue. A l’Est, c’est plus russe, plus ouvrier, plus soviétique, donc moins compréhensible pour l’intellectuel occidental. Et l’intellectuel ukrainien qu’il va rencontrer cherchera, à son tour, à parler comme on parle à Paris ou à Londres. C’est vrai pour les militants comme pour les businessmen : on est dans le « village global », on parle « globish », c’est l’esprit de la jet society.

Le salut par l’Europe ?  Beaucoup de jeunes, à Kiev et ailleurs, y compris à l’Est, y croient ferme et ne comprennent pas qu’il faille encore des visas. Si nous leur offrions le libre passage, de beaux appartements chics et des salaires plantureux, toute l’Ukraine se viderait. Autant que l’Afrique. Le problème, que l’on, comprend mal à Kiev, c’est qu’on « ne peut accueillir toute la misère du monde », même ukrainienne. Voyez d’ailleurs nos difficultés avec les Grecs, les Portugais !

Les défenseurs du « choix européen », à Bruxelles ou à Kiev, n’ont apparemment que faire des conséquences désastreuses qu’aurait, pour les productions locales, les emplois, le niveau de vie une « adhésion à l’Union Européenne » qui, de toute façon, n’est pas à l’ordre du jour mais qui, avant de l’être, les priverait déjà de leur « marché naturel » en Russie et dans le reste de l’ex-Union soviétique.

Je ne suis pas en mesure de juger des résultats éventuels d’une intégration à l’Union douanière Russie-Belarus-Kazakhstan-Ukraine, qui a certes l’avantage de se fonder sur une communauté séculaire, des liens économiques, technologiques, humains, au moins à l’Est et au Sud. Seraient-ils désireux de se retrouver dans la banlieue de Bruxelles ? Beaucoup y sont déjà, exploités à outrance dans les chantiers de construction, les serres d’Andalousie, les réseaux de prostitution – des millions d’Ukrainiens ont pris le chemin de l’exil de puis la fin de l’URSS qui a signifié, pour eux encore plus qu’en Russie, une catastrophe.

Je pense que le « désir d’Europe » que l’on voit s’exprimer sur Maïdan est surtout le fruit de fantasmes, et sans doute d’intérêts d’une nouvelle bourgeoisie, d’une jeunesse très excitée par notre « look »,  mais aussi de l’action tentaculaire des fondations et médias financés par les Etats-Unis et l’Union Européenne pour promouvoir l’idéologie occidentaliste, le libre échange, le consumérisme, la russophobie. Prétendre « analyser » ou même « soutenir » la contestation en cours (comme la « révolution orange » il y a dix ans) sans mentionner ou en minimisant ces interventions extérieures relève de l’aveuglément ou de la manipulation intellectuelle. Or, je constate que celle-ci a lieu dans les médias habituels, sans surprise, mais encore dans les milieux « de gauche » qui, de facto, participent à cette espèce d’idéologie coloniale se réclamant des « valeurs » de l’Europe.

Il y a  plus grave, c’est l’occultation ou la minimisation d’un phénomène que l’on qualifie aimablement de « nationaliste » et qui est de fait néofasciste voire carrément nazi. Il est principalement (mais pas uniquement) localisé dans le parti SVOBODA, son chef Oleg Tiagnibog et la région occidentale correspondant à  l’ancienne « Galicie orientale » polonaise. Combien de fois n’ai-je vu, entendu, lu des citations de ce parti et de son chef comme « opposants » et sans autre précision ?

On parle même de sympathiques jeunes « volontaires de l’autodéfense » venus de Lviv (Lwow, Lemberg) à Kiev, alors qu’ils s’agit de commandos levés par l’extrême-droite dans cette région qui est son bastion.

Lourde est la responsabilité de ceux – politiques, journalistes – qui jouent à ce jeu, à la faveur de courants xénophobes, russophobes, antisémites, racistes, célébrant la mémoire du collaborationnisme nazi et de la Waffen SS dont la Galicie (et non toute l’Ukraine !) fut la patrie. Les bureaucrates de Bruxelles jouent avec le feu.

Il semblerait que la haine de la Russie soit devenu le ciment de notre idéologie médiatique, littéralement hystérique sur ce plan.

Et je pense également aux « spécialistes de l’Ukraine » sur la place de Paris, qui sont de mèche avec les « historiens » militants, héritiers de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens alliés aux nazis puis convertis au « Monde libre » pendant la guerre froide, aujourd’hui idéologues du nationalisme en Ukraine…et presque tous originaires de la même région galicienne. Un fameux pot aux roses !

Il importe aussi de savoir (combien de fois faut-il le répéter ?!) que l’Ukraine est partagée – historiquement, culturellement, politiquement – entre l’Est et l’Ouest, et qu’il n’y a aucun sens à dresser l’une contre l’autre, sauf à miser sur l’éclatement voire la guerre civile, ce qui est peut-être bien le calcul de certains. A force de pousser à la cassure, comme le font les Occidentaux et leurs petits soldats sur place, le moment pourrait bien venir où l’UE et l’OTAN obtiendront « leur morceau » mais où la Russie prendra le sien ! Ce ne serait pas le premier pays qu’on aurait fait délibérément exploser, en misant sur le « clash des civilisations », en l’occurrence ici les écarts entre ukraïnophones et russophones, entre cultures industrielle-urbaine de l’Est et agricole-rurale de l’Ouest, entre Orthodoxie majoritaire à l’Est, et catholicisme uniate (uni au Vatican) influent à l’Ouest. Nul ne doit ignorer non plus que le choix européen serait également militaire : l’OTAN suivra et aussitôt se posera la question de la base russe de Sebastopol, de la Crimée majoritairement russe et stratégiquement cruciale pour la présence en Mer Noire. L’un des buts poursuivis est évidemment le débarquement de troupes étatsunienne dans le sud de l’Ukraine. On doute qu’un Poutine leur fasse le tapis rouge.

Rien de tout cela ne « légitime » la politique du pouvoir en place, largement responsable de la crise sociale qui profite à l’extrême-droite…et aux trompeuses sirènes de l’Union Européenne et de l’OTAN. Pouvoir impuissant, de fait, défenseur qu’il est d’une oligarchie et non « de la Patrie » dont il se réclame.

Il y a de telles situations, où le choix d’un « camp» contre un autre serait absurde, mais où il importe d’être lucide, de chercher à comprendre, de détecter les dangers.

Hélas pour les Ukrainiens, les temps de confusions et de convulsions vont encore durer. Et « l’Europe » rêvée n’existe que dans les rêves.

Jean-Marie Chauvier


lundi 16 décembre 2013

La Russie au secours de l'économie ukrainienne


16 décembre 2013, publié sur le site "REALPOLITIK"

Les États-Unis et la Russie surenchérissent pour l’Ukraine, mais chacun à sa manière. La Russie, sans réelle surprise, s’apprête à proposer, non pas une entrée dans l’union douanière, mais une série d’accord bilatéraux qui devrait permettre au gouvernement ukrainien de continuer à fonctionner par l’octroi d’une ligne de crédit. Ce crédit devrait être accompagné d’une réduction du prix du gaz qui constituera un choc de compétitivité pour l’industrie ukrainienne.

Du côté américain, les moyens ne sont pas les mêmes biens entendus. Avec 46 millions de leurs concitoyens vivant de bons d’alimentation, soit plus que la totalité de la population ukrainienne, il ne reste plus grand-chose à envoyer à Kiev. En faisant les fonds de tiroirs, les États-Unis ont trouvé quelques gâteaux, quelques menaces, un vieux sénateur et une actrice pornographique, qui incarnent parfaitement bien le projet américain pour l’Ukraine.

Quel mépris ! Comme les « creativny class » de Moscou, la foule de Maidan représente la partie politiquement immature de l’Ukraine. On peut, bien sûr, comprendre l’impatience d’une partie de l’Ukraine, Yanoukovitch n’est pas Poutine. Son bilan est cependant bien meilleur que celui de son prédécesseur et il s’est efforcé de réconcilier les Ukrainiens. Ceux qui manifestent encore aujourd’hui sont des rêveurs ignorants, prêts à tout pour obtenir un visa et aller grossir les bataillons des chômeurs d’Europe de l’Ouest. On y trouve aussi « Svoboda », parti ouvertement raciste – les Russes sont des asiatiques à chasser d’Ukraine – qui serait depuis longtemps interdit en France et ses dirigeants lourdement condamnés. C’est avec ces « ultras » que Klischko, qui apparaît de plus en plus comme un grand niais manipulé, veut faire campagne. Comme la « creativny class », les « europeïstes » ont besoin de ces fanatiques entraînés à la guerre civile. Sans eux, ils perdent leurs bataillons de choc et leur seul légitimité, qui est d’avoir érigé des barricades dans la rue et d’avoir pris d’assaut les bâtiments officiels. Que l’on s’imagine seulement, le sort qui aurait été réservé aux manifestants de la manif pour tous, s’ils s’étaient emparés de l’Hôtel de Ville.

La population ukrainienne se doit désormais de réagir lors des prochaines élections et montrer que l’Ukraine n’est pas une république bananière à échanger contre de la verroterie occidentale.

Élie Martin

vendredi 6 décembre 2013

Les acteurs de la crise ukrainienne

Analyse de Xavier Moreau

Crédit photo : mac_ivan via Flickr (cc)

5 décembre 2013, publié sur le site "REALPOLITIK"

Il est temps de revenir sur la crise ukrainienne afin de comprendre les acteurs et les enjeux. Nous verrons qu’une fois de plus, la lutte du bien contre le mal n’a pas grand-chose à y voir.

Les États-Unis

Nous avons souvent évoqué la nécessité revendiquée, pour les géopoliticiens anglo-saxons, de séparer de manière radicale l’Ukraine de la Russie. Le but est de réduire au maximum l’ « européannité » de l’empire eurasiatique, dont la proximité géographique en fait un partenaire naturel des deux autres grandes puissances continentales, française et allemande. Les États-Unis souhaitent aujourd’hui maintenir leur domination sur l’Europe à moindre frais, afin de concentrer leurs forces vers l’Asie. La rupture entre l’Ukraine et la Russie écarterait pour un temps l’ascension inévitable de Moscou comme première puissance européenne.

Les États-Unis utilisent donc l’Union Européenne, dans le but pour lequel ils l’ont créée : empêcher l’émergence de puissances continentales en Europe, en rejetant la Russie à ses frontières et en diminuant les puissances française et allemande, par le truchement du parlement européen et de la présidence tournante. Cela produit le genre de situations ridicules, où nous voyons des micros états comme la Slovénie, la Croatie ou les pays baltes et plus actuellement, la Lituanie, parler au nom de la France et l’Allemagne.

La Pologne

La Pologne est l’allié continental privilégié des États-Unis, toujours méfiants vis-à-vis de la France et de l’Allemagne. Varsovie s’est tournée dès les années 90 vers les États-Unis, faute de pouvoir s’appuyer sur son allié français traditionnel. Les frontières orientales de la Pologne contemporaine sont loin de celles de son expansion historique maximum. Elle a certes beaucoup gagné en 1945 en se voyant attribuer par Staline, la Silésie et la Prusse orientale. Elle aurait donc beaucoup à perdre en remettant en cause ouvertement ces redécoupages. Faire basculer l’Ukraine dans le camp occidental serait un bon moyen pour elle, de reprendre pied sur les territoires disputés. La Pologne dispose d’un atout non négligeable, qui est celui de sa transition exemplaire et réussie vers l’économie de marché. Malgré cela, la galaxie de mouvements fascistes autour du parti « Svoboda », sur laquelle elle s’appuie, lui est autant hostiles qu’aux Russes. Leur figure historique, Stepan Bandera, avait d’ailleurs commencé sa carrière en assassinant le ministre de l’intérieur polonais en 1934.

L’Allemagne

L’Allemagne, l’autre grand bénéficiaire de l’Union Européenne après les États-Unis, souhaite intégrer l’Ukraine dans son nouveau « Zollverein ». L’accord de coopération lui permettrait de le faire pour rien. Les intérêts allemands sur cette question, rejoignent ceux des États-Unis, comme dans les années 90, où l’Allemagne organisa la bascule de la Yougoslavie vers la guerre civile. Pour elle, le contrôle de l’Ukraine achève celui qu’elle souhaite exercer sur la « Mittel-Europa », conformément à ses buts géopolitiques traditionnels.

L’Union Européenne

Vouée tôt ou tard à disparaître, comme son prédécesseur soviétique, l’Union Européenne, ou plus exactement, les apparatchiks qui en vivent, souhaitent évidemment faire croire que le cadavre bouge encore… Il faut donc nourrir le « Léviathan » au moyen de nouveaux membres. L’accord avec l’Ukraine était le seul réellement significatif, au contraire de ceux signés avec la Géorgie et la Moldavie. Les technocrates de l’Union Européenne souhaitent, eux aussi, rejeter hors d’Europe, la Russie, dont le social-conservatisme et le souverainisme affirmés séduisent de plus en plus les populations européennes. C’est le sens du rejet par JM. Barroso, de la tenue, pourtant nécessaire, de négociations tripartites. Cela démontre une nouvelle fois, que l’objectif réel de cet accord n’est pas le bien de l’Ukraine, mais sa séparation forcée d’avec la Russie.

La Russie

La Russie a évidemment beaucoup à perdre en cas de signature de cet accord, qui annulerait automatiquement celui qu’elle a déjà signé avec son ancienne capitale. Il faut cependant garder à l’esprit que sur le long terme, la position russe en Ukraine est assez solide. La Crimée et l’Est de l’Ukraine « industrialisé » resteront toujours liés à la Russie, où elle compte de nombreux binationaux. Dans le cas où l’Ukraine actuelle éclaterait – ce qui est possible si les occidentaux continuent de mobiliser l’Ouest contre l’Est – la Russie récupérera la meilleure part dans sa zone d’influence.

La France

La France a tout à gagner dans ce conflit UE/Russie, si elle arrive à créer une relation bilatérale forte avec l’Ukraine. Elle peut y trouver un moyen de se rapprocher plus étroitement avec la Russie, en soutenant la solution médiane d’accords tripartites. Elle renforcerait ainsi l’axe Paris-Moscou, ce qui freinerait les ambitions impériales allemandes ; l’axe Paris-Berlin-Moscou n’étant qu’une vision romantique sans réalité historique ou politique. On a d’ailleurs apprécié la discrétion des dirigeants français sur les derniers événements.

L’Ukraine

L’Ukraine est l’État qui a le plus à perdre de la signature de cet accord. L’UE n’a pas plus d’argent à distribuer en 2013, que l’URSS n’en avait en 1991… Cet accord priverait Kiev de son principal partenaire économique, sans obtenir rien en retour avant 10 ans. La visibilité économique du gouvernement ukrainien est à 6 mois. Que se passera-t-il si l’Ukraine perd 35% de son marché à l’export en quelques mois ? Si Yanoukovitch perd les prochaines élections, son successeur sera mis devant le même dilemme : signer l’accord et faire basculer l’économie ukrainienne dans la dépression, où chercher une solution médiane.

Ces manifestations ont, en tout cas, permis de mettre en évidence, l’ineptie des leaders de l’opposition ukrainienne, entre l’insignifiance d’Arseni Iatseniouk et la maladresse de Vitali Klitchko, hésitant l’un et l’autre à basculer dans l’illégalité la plus totale. C’est peut-être finalement la chance de Viktor Yanoukovitch, de ne pas avoir de prétendant sérieux contre lui. Même si l’on peut reprocher à l’actuel Président ukrainien d’avoir maintenu à son profit, le pouvoir oligarchique, il garde à son crédit d’avoir tenté de réconcilier les deux « Ukraines », celles de l’Est et de l’Ouest. Sa politique qui consistait à faire pression sur la Russie et l’UE, pour obtenir le plus possible de l’un et de l’autre fut judicieuse, quoique maladroite dans son exécution. Ajoutons qu’il est l’initiateur de la politique ukrainienne d’indépendance énergétique.

La solution serait pour le gouvernement ukrainien, de tenir le rôle d’une puissance d’équilibre entre les puissances continentales germanique, française et russe. Pour cela, le Président Yanoukovith doit s’efforcer de négocier de manière bilatérale avec les puissances qui comptent, européennes bien sûr mais également extra-européennes (25% des exportations ukrainiennes se font vers l’Asie et la Turquie est son deuxième partenaire économique derrière la Russie). Avec 45 millions d’habitants et un pays de la taille de la France, le gouvernement ukrainien a mieux à faire que de se faire sermonner par les micro-états qui composent l’UE. En tout état de cause, la négociation tripartite semble aujourd’hui être la solution à développer en priorité, dans la mesure où la France et l’Allemagne pourront réduire les eurocrates au silence.

La raison fondamentale de l’échec de la signature du traité de coopération repose sur le fait que l’Ukraine d’un côté, les États-Unis, l’Allemagne et la Pologne de l’autre, avaient deux objectifs différents. Le but de l’Ukraine était économique et politique : assurer ses exportations vers l’Union Européenne pour rééquilibrer sa balance commerciale déficitaire de €10 milliards et pouvoir parler d’égal à égal avec la Russie, son principal fournisseur d’énergie et son premier partenaire commercial. Le but de la coalition américano-germano-polonaise était uniquement géopolitique : séparer l’Ukraine de la Russie sans rien donner en échange. En signant cet accord, Yanoukovitch aurait rejoint la vaste équipe des « visionnaires » qui ont un jour fait confiance aux États-Unis tel Noriega, Saddam Hussein, Milosevic, Chevardnadze, le Shah d’Iran…

Xavier Moreau
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Sources de l'article
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