mercredi 14 décembre 2016

La terreur pour la terreur

Dans le Donbass le rouge de Noël a la couleur du sang


Si en Syrie l'opposition au gouvernement élu de Bachar El Assad a décidé d'user du terrorisme pour tenter de le renverser et conquérir son terrain, en revanche, sur le front du Donbass depuis bientôt 2 ans, les attaques de l'armée ukrainienne ne semblent pas avoir d'autre objectif que d'entretenir une guerre de position sans objectif militaire précis, mais qui sabote le processus de Paix signé à Minsk et terrorise la population civile accrochée à son sanctuaire ancestral.

Car cette guerre, que personne en Occident ne veut reconnaître, a bel et bien un caractère génocidaire avéré autant par les déclarations des responsables kiéviens, les opérations militaires réalisées que la nature civile de ses victimes. Lorsque l' "Opération spéciale Anti Terroriste" est déclenchée en avril 2014, dès les premiers jours ce sont les civils du Donbass qui sont prioritairement visés par les forces armées ukrainiennes, qu'ils soient en train de manifester pacifiquement dans la rue comme à Mariupol, attaquée par des blindés le 9 mai 2104 où simplement dans leur vie quotidienne, comme à Lugansk, bombardée par l'aviation le 2 juin 2014 par exemple.
Depuis le début de cette agression militaire de Kiev, les zones résidentielles civiles n'ont jamais cessé d'être les cibles prioritaires des tirs ukrainiens, qu'ils soinet erratiques ou massifs. Ces attaques de Kiev qui se veulent punitives ("punisseurs" est d'ailleurs un autre surnom donné aux "ukrops" de l'ATO) doivent être qualifiées de crimes à caractère génocidaire, car leur fréquence et leur durée sont telles qu'il ne peut s'agir en aucun cas de "dommages collatéraux" ou autres "bavures" et "crimes de guerre" isolés qui malheureusement existent dans chaque conflit.

Cette année, malgré les accords de Minsk, les observateurs de l'OSCE, les Organisations humanitaires et les journalistes présents sur le front, les bombardements de l'armée ukrainienne ont repris de façon sensible et exponentielle, surtout depuis cette été. A part une courte période d'accalmie en septembre, l'escalades des tirs ukrainiens sur le front du Donbass est nette, illustrant bien la détérioration générale des relations entre Washington et Moscou et, toute proportion gardée, parallèle à la situation syrienne où comme en Ukraine Washington ne cesse par procuration de provoquer la Russie.

Au début du mois de décembre le nombre de violations du cessez le feu par l'armée ukrainienne a très sensiblement augmenté comme le montre le compte-rendu de DONi, le service de presse international qui traduit les communiqués officiels de la République de Donetsk.


Et la réalité quotidienne du front donne raison à la propagande républicaine et démontre que le terrorisme à caractère génocidaire de Kiev continue de façon méthodique et ténue sur l'ensemble du front du Donbass :

Prenons ici 2 exemples dans la chronologie de cette semaine pour illustrer cette double interprétation criminelle que Kiev applique à son opération "antiterroriste" et au "cessez le feu" imposé par les accords de Minsk ! Ils illustrent à la fois le mode opératoire du commandement ukrainien qui ordonne des bombardements sur les civils et la mentalité de certains soldats conditionnés par une propagande haineuse, qui ne sont que des soudards assassins livrés à eux-mêmes.


Bombardement d'une école le 11 décembre 2016

Sahanka est un petit village de moins de 500 habitants situé dans le Sud de la République de Donetsk. Il dispose d'une école, installée dans un grand bâtiment, identifié et connu. Le 11 décembre matin, cette établissement public, qui est pourtant éloigné de toute position militaire républicaine, a été délibérément visé par l'artillerie ukrainienne. Fort heureusement aucune victime n'est a déplorer, l'attaque ayant eu lieu juste avant l'ouverture des cours qui commençaient à 9h00 du matin.

Ce bombardement d'un établissement scolaire n'est pas nouveau. Comme les hôpitaux, les écoles sont depuis 2 années les cibles privilégiées de l'artillerie ukrainienne qui est utilisée par Kiev pour détruire les espaces communautaires les plus sensibles et symboliques d'une population civile qu'elle veut traumatiser.

11 décembre - Bombardement de l'école de Sahanka

Mitraillage de civils le 13 décembre 

Il existe sur les 400 km de la ligne de front plusieurs passage organisés en postes-frontière et par lesquels la population de Lugansk et Donetsk peut continuer ses trajets professionnels ou familiaux à travers le front. 


Ce matin, au Nord de la République de Donetsk, sur le check point de Mayorsk situé au Nord de Gorlovka, des passagers d'un transport en commun civil ont été touchés par un membre de l'unité ukrainienne en charge de ce poste frontière. 2 civils ont été tué et un autre blessé par les tirs d'arme automatique. Dans la foulée de cette attaque, les ukrainiens ont doublé par un tir de mortier, vraisemblablement pour tenter de responsabiliser ensuite les forces républicaines. 

L'hypothèse d'un tir de semonce suivi d'un tir accidentel a aussitôt été avancée malgré les témoins qui rapportent que ce sont plusieurs plusieurs rafales qui ont été tiré sur le gtoupe, et quand bien même, cela resterit symptomatique de l'état d'esprit de soudard et de la nervosité des soldats ukrainiens déployés sur le front... 


Que ce soit pour le bombardement de l'école ou le mitraillage des passagers du bus, les observateurs de l'OSCE sont venus constater eux-mêmes ces crimes perpétrés par Kiev mais vraisemblablement (et même comme d'habitude) leurs rapports resteront sans suite malgré une inspection actuellement en cours dans le Donbass de Alexander Hug l'adjoint du chef de la mission de l'OSCE en Ukraine.


Une artillerie de plus en plus menacante et meutrière

Obusier automoteur ukrainien de 152 mm 2S3 "Acacia" sur le front du Donbass
Malgré l'inspection de l'adjoint de l'OSCE, les tirs ukrainiens contre le Donbass continuent avec 859 tirs le 12 décembre et 860 tirs le 13 décembre; provoquant de nouvelles victimes et destructions parmi les civils et les militaires républicains. Si les tirs aux armes légères d'infanterie se limitent à une zone principalement militaire (a l'exception de certaines zones de "contact" comme Marinka ou Zaitsevo où vivent encore des civils), en revanche les tirs d'artillerie frappent souvent des zones résidentielles situées à l'arrière de la ligne de front. C'est pour cette raison que les accords de Minsk avaient exigé dès septembre 2014 (Minsk 1) le retrait de la ligne de front des calibres d'armes supérieurs à 100 mm (chars de combats, mortiers lourds, obusiers, lance roquettes multiples, et lance missile). Mais ce retrait aujourd'hui n'existe que sur le papier car cette année, en complète violation avec ce point essentiel du processus de paix, Kiev a redéployé au plus près de la ligne de front la majorité de son artillerie d'assaut (obusiers tractés et automoteurs et lance-roquettes multiples)

Héritière de la tradition militaire soviétique, l'armée ukrainienne avait  fait de son artillerie une arme maitresse de sa puissace de feu comme en témoignainet les 6500 obusiers, 1944 Lance Roquettes Multiples et 2500 lances missiles qui l'équipaient en 1991. Même si une grande partie de son matériel a été bradé Kiev dispose encore d'un parc d'artillerie très important et pour lequel elle consacre un egrande partie de son budget de modernisation d'une armée désuètte car laissée quasiment à l'abandon depuis l'indépendance de l'Ukraine. Ainsi par exemple le parc d'obusiers divers qui était fort de 6500 pièces, tombé à 3600 en 2008 puis 523 avant le Maïdan en 2013, est remonté à 1850 unités en 2015 et continue depuis son renforcement.

Dans cette vidéo intéressante, vous pouvez voir quelques-unes des pièces d'artillerie que Kiev a déployé sur le front du Donbass. Beaucoup de ces canons n'étaient plus en service en 2013 mais ont été remis en état pour la guerre contre le Donbass.




Apparaissent dans cette vidéo :

00'21"  : l'obusier automoteur 2S7 "Pion". Cet automoteur de 203 mm est certainement le monstre des obusiers soviétiques encore en service dans l'armée ukrainiennne. L'Ukraine disposerait d'une centaine d'unités de cet automoteur de 46 tonnes monté sur un chassis de T80, et qui fut mis en service dans les années 70 par l'URSS. Servi par un équipage de 7 hommes (+7 autres dans un véhicule auxilliaire), le  2S7 est capable de bombarder un objectif jusqu'à 37 km de distance (et même jusqu'à 55 km avec des charges propulsives additionnelles). 

A 00'52" : l'obusier tracté 2A65 "Msta-B". Ce canon de 152mm dont le calibre permet de tirer diifférentes munitions dont des obus à charge nucléaire pèse moins de 7000 kg et il est généralement tracté par des camions Oural. Le nombre de ses servants varie entre 6 et 11. Sa portée est de 29 km et l'armée ukrainienne en disposerait encore environ 150 unités opérationnelles, ainsi que d'environ 40 unités de sa version automoteur, le 2S19 MSTA-S produit à la fin des annés 80.

A 00'22" : 2S7 "Pion" on entend distincement l'alarme de tir qui préviens les servants car la déflagration peut engendrer des dommages auditifs très graves

A 01'37" : 2A65 "Msta-B" déjà cité,

A 02'14" :  le lance-roquettes multiples BM 21 "Grad". Cette arme symbolise peut-être le plus la puissance de feu de l'artillerie de fabrication soviétique.Mis en service dans les années 60, il est l'héritier du célèbre "Katioucha" de la guerre. Ce LRM titre des munitions de 122mm soit à l'unité, en rafales ou en continu jusqu'à 40 roquettes qui constituent le chargement complet de son "panier". L'Ukraine disposerait encore de plusieurs centaines d'unités de cette arme de saturation qui peut traiter une zone jusqu'à 40 km. Arès une période de silence de presque 1 an les "grads" ont recommencé à être employés récemment sur le front du Donbass. 

A 02'34" : 2A65 "Msta-B" déjà cité,

A 02'40" : l'obusier tracté D20. Cet obusier de 152mm qui apparait pour la première fois en 1955 est un des plus anciens canons encore en service. Servi par un équipage de 3 hommes sa portée maximale est de 17 km. Il est caractérisé par un canon court avec un gros évacuateur de fumée. Son poids relativement léger (5,7 tonnes) lui permet d'être tracté et mise en oeuvre rapidement.

A 03'15" : l'obusier tracté 2A36 Hyacinthe-B.  Cet obusier tracté de 152 mm,  mis en service au milieu des années 70 a une portée d'un peu plus de 30 km. D'un poids de près de 10 tonnes il doit être tracté par des gros camions ou des véhiciles chenillés (MTT). Il est servi par 8 hommes qui avec de l'entrainement peuvent lui imprimer une cadebce de 6 coups par minute. Depuis sa sortie, il a été modernisé et une version automoteur a été également concue (2S5 Giatsint-S)


Quand les cowboys entrent en scène 

La fin de la vidéo montre un entrainement réalisé par une unité motorisée de l'armée ukrainienne (équipée avec des véhicules de transport de troupes de type BTR 80) et il est intéressant d'observer à 06'37" la présence d'un instructeur étasunien qui et plus tard  à 8'42" un matériel ultra-moderne fabriqué par Oshkosh industrie: le Hummer blindé avec tourelle L-ATV (Light Combat Tactical All-Terrain Vehicle) produit au 1er trimestre de cette année... 

Elle est finie l'époque où les USA où la Grande Bretagne se débarassaient de leurs casseroles rouillées en Ukraine !

Le L-ATV,  dernier né de la famille des véhicules légers blindés étasuniens, déjà en service sur le front ukrainien (photo de la fiche technique du fabriquant)
Kiev, tout "en maintenant le feu sous la casserole" pour empêcher que les accords de Minsk ne gèlent définitivement la guerre que les USA veulent déclencher aux portes de la Russie, accumule sur la ligne de front du Donbass le maximum de matériels en provenance de leur parc soviétique restauré mais aussi de livraisons de plus en plus visibles et autorisées de matériels occidentaux et même "up to date" comme ces hummers blindés américains...

Plus que jamais, alors qu'en Syrie la stratégie étasunienne est en train de battre en retraite, le front du Donbass apparaît donc comme un second front potentiel que Washington pourrait décider d'ouvrir à nouveau afin de contrebalancer les victoires diplomatico-militaires remportées par Moscou. 

Ce qui est également inquiétant dans ce jusqueboutisme étasunien, c'est que les résultats des présidentielles américaines et les changement de politique internationale qu'ils impliquent, ne semblent pas émouvoir les faucons de guerre... comme si Trump allait avoir les mains liées où qu'il est déjà l'ex-futur Président des USA !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Instructeur étasunien intervenant au milieu d'un exercice militaire  ukrainien

Source de l'article :

- DOni Press, le lien : ICI 
- Vidéo YouTube le lien : ICI
- Dotation artillerie ukrainienne (chiffres 2008), le lien  ICI 

- Sur le L-ATV, le lien : ICI


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