mardi 31 mai 2016

Une glorification nauséeuse



On connaissait déjà les défilés à l'apparence de carnaval de mauvais goût aux costumes noirs et bruns d'une Allemagne que l'on croyait appartenir au passé. On connaissait déjà les cérémonies des têtes inertes paradant aux flambeaux sous les runes de combats SS des bataillons spéciaux...

Mais plus les jours passent dans cette Ukraine brune hallucinée, plus les relents d'un passé criminel refait surface, non seulement impuni mais même adulé, applaudi et officialisé par ce nouveau pouvoir de Kiev dont nombres de responsables se réclament ouvertement d'une idéologie nazie !

C'est ainsi qu'hier, le 25 mai, pour le 90ème anniversaire du meurtre de Symon Petliura à Paris, un hommage national a été rendu en Ukraine, les télévisions publiques interrompant leur programme pour passer une minute de silence avec bougie sur fond noir.

Quel est donc ce héros ukrainien qui mérite un tel hommage près d'un siècle après sa disparition ?


Symon Petliura,  qui naquit en 1879, en 1900 il est l’un des fondateurs du Parti révolutionnaire ukrainien d’inspiration nationaliste et depuis, est considéré comme un des pères du nationalisme ukrainien.  pendant la guerre civile révolutionnaire, il fut .combattant lors de la guerre civile autant les armées blanches que les bolcheviques... Cet indépendantiste participa même à la création d'une armée avant d'être vaincu et de partir en exil à travers l'europe de Varsovie jusqu'à Paris où il tomba sous les balles d'un certain assassiné par Shlomo Schwarzbart, le 25 mai 1926 qui cherchait par son acte à pour les juifs victimes des pogroms commis en Ukraine, par les troupes de Symon Petluira.

Car pendant qu'il était en poste et exerçait son commandement militaire 60 000 à 120 000 Juifs furent victimes des pogroms en Ukraine, dont beaucoup furent perpétrés par des nationalistes ukrainiens. Jusqu'à quel niveau Petluira prit-il part aux massacres ? nul ne le sait exactement et il y a même une campagne de réhabilitation qui fut engagé par ses fidèles qui poussèrent le vice jusqu'à l'habiller d'une réputation de philosémite !

Le fait est qu'une véritable polémique existe autour de ce personnage qui a ordonné pour les uns, interdit pour d'autres les massacres de juifs d'Ukraine, quand d'autres encore évitant l'exaltation et l'émotion se contentent de dire qu'il a laissé faire...

Pendant cette période trouble, on estime à environ 900 le nombre de pogroms de masse commis en Ukraine au moment de cette période trouble, dont environ "40% ont été commis par les forces menées par Petlyura, 25% par Armée Verte et diverses troupes de nationaliste et d'anarchistes, 17% par Armée Blanche, particulièrement forces de Anton Denikin, et 8.5% par Armée Rouge"

Lors du procès de Shlomo Schwarzbart, l'assassin de Petluyra, qui fut ouvert en octobre 1927, la défense fit venir à la barre de nombreux témoins et preuves qui le transformèrent en justicier, tandis que sa victime apparaissait sous les traits d'un bourreau. Horrifié par les événements dévoilés, le jury acquitta cet homme qui avait perdu 15 membres de sa famille dans les pogroms ukrainiens.

Mais voilà, presque 1 siècle après les événements, 70 ans après la libération des camps de concentration nazis nous voyons donc au coeur de l'Europe un régime qui honore la mémoire des assassins et des collaborateurs à ces crimes contre l'humanité !

Ainsi en dehors des commémorations des communautés paramilitaires extrémistes, le directeur de l’Institut du souvenir national d’Ukraine, Vladimir Vyatrovich a déclaré le lundi 30 mai que les nationalistes ukrainiens Stepan Bandera et Roman Shukhevych deux acteurs principaux de la collaboration au crimes de guerre nazis auraient leurs noms donné à des rues de Kiev !

Cette lamentable dérive brune sur les lieux mêmes de massacres n'est possible que grâce à la collaboration des pays européens qui ont soutenu le coup de force du Maïdan par des néo-nazis, jusqu'à les protéger dans l'hémicycle de l'ONU, en ne votant pas la condamnation des glorifications de la xénophobie, du racisme et du nazisme.

Et si on rajoute à cela que ces commémorations nauséeuses se réalisent sous le regard consentant des membres mêmes de cette communauté qui fut la principale victime des massacres, comme par exemple le Premier ministre actuel Volodymyr Hroïsman,, nous sombrons dans un délire pitoyable.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

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