mercredi 13 décembre 2017

Adieu camarade !

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Depuis notre arrivée sur le front de Yasinovataya au Nord de Donetsk, les pertes des unités républicaines engagées pour la défense de positions situées à peine à quelques centaines de mètres des avants postes ukrainiens, nous rappellent à chaque instant le danger de ce front qui éclabousse de sang des accords de Minsk impuissants.

Rien qu'à la brigade Piatnashka les rangs se sont clairsemées de trois de nos camarades, dont 2 chefs de groupes émérites... Leur souvenir s'invite désormais dans chacune de nos pensées et guident nos actes de combat.


Mercredi 13 décembre 2017

Pour la deuxième fois en une semaine, nous adressons nos adieux à un camarade tombé sur le front entre Yasinovataya et Avdeevka.

Andreï était de ces hommes venus dans le Donbass, non "pour le sang et l'argent" comme vient de le vomir encore le journal Libération, mais pour défendre une population civile victime d'une agression militaire hallucinante de la part d'un régime totalitaire aveuglé par une russophobie psychotique.

La première fois que j'avais rencontré ce volontaire russe c'était sur le front de Dokuchaïevsk en 2015 alors qu'il servait dans les rangs des "partisans" ouvrant les reconnaissance à travers les champs de mines.
Je devais le retrouver cette année, chef de groupe de la brigade Piatnashka, déployée sur le front de Yasinovataya.

Sous son commandement, nous avons réalisé 4 missions dans ce secteur particulièrement sensible où les avants postes ukrainiens sont arrivés jusqu'à 100 mètres de nos positions.

Les tirs ukrainiens de tous calibres s'étaient intensifiés depuis plusieurs jours, notamment les snipers qui ont organisé une couverture de l'ensemble de nos positions jusqu'à la zone d'accès située près de la route Donetsk-Gorlovka. Ce fut d'abord Maxim tué fin novembre, puis Andreï et le lendemain Daniel. 
Un danger mortel de plus en plus permanent qui nous a obligé à réorganiser une grande partie de notre labyrinthe enterré.

Andreï était enfant de Sibérie, natif de Nolinsk, ce Nord du Nord de la Russie qu'il arbhorait dans son nom de code "Sever" (Nord).

Ce matin, rassemblés dans la cour de la caserne nous lui avons rendu un dernier adieu devant son cercueil en partance pour sa patrie charnelle. Sous les drapeaux en berne, les salves d'honneurs des kalashnikovs ont rompu le silence chargé des souvenirs partagés avec ce camarade.

Non monsieur Sébastien Gobert du Ministère de la Propagande, vous vous trompez lourdement: Andreï n'est pas venu dans le Donbass "attiré par le sang et l'argent" (voir post précédent), mais il a quitté sa blanche Sibérie vers la Mer Noire pour répondre à l'appel de son coeur et offrir sa vie pour défendre un peuple frère.

Bon voyage Andreï, ton souvenir reste ici dans nos coeurs et nous allons chercher à nous montrer dignes de ton engagement.

"Que le souvenir des morts soit la force des vivants"

Erwan Castel


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