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vendredi 1 mai 2020

Un premier mai endeuillé


Bien que le 1er mai soit une date internationalement reconnue pour célébrer les droits des travailleurs et se souvenir des répressions sanglantes subies pour les obtenir depuis 1886 aux USA et 1891 en France, l'armée ukrainienne, fidèle à son mépris des traditions et des populations civiles a poursuivi ses bombardements sur la ligne de front et les quartiers résidentiels civils qui lui sont proches.

Ainsi ce 1er mai à 14:35, les forces ukrainiennes ont ouvert le feu sur le village de Spartak situé en périphérie Nord de Donetsk, à l'Est de l'aéroport. Au cours du mitraillage destiné à terroriser la population restante, une femme de 55 ans, Nadejda Ivanovna Minaeva résidant au 18 de la rue Chapaeva a été mortellement blessée. Transportée d'urgence à l'hôpital Kalinina dans le centre de Donetsk elle décédera des suites de ses blessures malgré le combat mené par les chirurgiens.

Nadejda est le quatrième civil tué par les ukrainiens depuis le début de l'année, auxquels il faut rajouter quinze autres qui ont été blessés, dont 1 enfant et 5 femmes.

Ce nouveau crime de guerre prouve s'il en est besoin les violations quotidiennes du cessez le feu par les forces de Kiev ainsi que l'absence d'une "zone grise" prévue par les mêmes accords de paix signés à Minsk (février 2015) et qui prévoit un espace démilitarisé de 2 kilomètres minimum séparant les belligérants.  

Depuis 2016, les ukrainiens n'ont cessé d'envahir cet espace démilitarisé, pour arriver au contact des lignes de défense républicaine, rendant ainsi tout cessez le feu techniquement impossible, car le moindre mouvement des uns et des autres provoquent immédiatement des tirs réciproques.

Lorsque la ligne de front est urbaine ou péri urbaine comme c'est le cas dans des secteurs comme Donetsk, Lugansk, Gorlovka, Dokuchaievsk mais aussi dans de nombreux villages agricoles ou miniers, les ukrainiens étendent leurs pressions terroristes aux quartiers et zones résidentielles où continuent de vivre et survivre de nombreuses familles civiles, et surtout des personnes âgées qui ne peuvent ou ne veulent pas quitter leurs maisons.


Depuis plusieurs mois les tirs ukrainiens sur les postions défensives des milices républicaines se font de plus en plus précis prouvant que les dégâts et pertes occasionnés dans les secteurs civils ne peuvent être qualifiés de "dommages collatéraux", à part quelques rares exceptions. Mais le pire est certainement l'impunité régnant côté ukrainien de part le silence complice des autorités locales et de leurs parrains occidentaux concernant ces crimes de guerre quotidiens que sont les tirs intentionnels sur des zones civiles ou des infrastructures collectives (écoles, hôpitaux, usine d'eau potable, station électrique...).

Aussi les forces républicaines se donnent-elles le droit d'user de moyens nécessaires pour appliquer dès que possible des ripostes ciblées et limitées sur les cibles identifiées responsables des tirs criminels et aussi tenter de repousser les positions ukrainiennes s'étant trop rapprochées de leurs lignes de défense.

Destruction d'une casemate ukrainienne par le tir 
d'un missile antichar républicain de type "Fagot"

En arrière plan de la réalité du terrain, le théâtre diplomatique ukraino-occidental continue à remuer le cadavre d'un plan de paix qui cache la vraie stratégie belliciste opéré par l'OTAN dans la région, mais la patience de Moscou face au jeu cynique de Kiev qui multiplie les sabotages des accords signés à Minsk en février 2015.

Une mise au point ferme du Ministre russe des Affaires Etrangères
concernant la situation dans le Donbass. Un bilan où Sergei Lavrov 
désigne clairement les responsables de l'échec du règlement du conflit.

Tant que le gouvernement de Kiev sera piloté par les services occidentaux, appliquera la feuille de route de l'OTAN dans la région et sera sous l'influence des nationalistes néo-nazis ukrainiens, il n'y a selon moi aucune chance de voir s'opérer un règlement pacifique du conflit du Donbass.

Seule une issue militaire du conflit peut aujourd'hui permettre de stopper l'hémorragie du Donbass et libérer ses territoires occupés par Kiev, en imposant la paix dans cette région par une déroute totale des forces ukrainiennes. 

Erwan Castel

Article concernant la conférence de Sergei Lavrov, le lien : RT

mercredi 20 novembre 2019

Bombardement lourd au Nord de Donetsk


Dans le Donbass, non seulement les ukrops reviennent avec leurs forces de sécurité - police et garde nationale - dans les zones qui avaient été démilitarisées que pour offrir à Zelensky un faire valoir lors de la prochaine représentation théâtrale du "Format Normandie" qui doit se jouer au Gross Paris de Macron le 9 décembre prochain, mais leur artillerie lourde a ait un retour fracassant sur ce front où les attaques de Kiev n'ont jamais cessé.

Les forces républicaines et les observateurs du STKK qui restent en permanence en première ligne (contrairement à ceux de l'OSCE qui la visitent en touristes pendant la journée) ont constaté :
  • l'arrivée d'unités ukrainiennes sur la zone démilitarisée de Zolotoy
  • le retour de véhicules blindés ukrainiens sur la zone démilitarisée de Petrovsky
  • la capture d'une colline par des ukrainiens dans la zone grise au Nord de Gorlovka
Et cet après midi, à partir de 16h20 l'artillerie ukrainienne a tiré 17 obus de 152mm (certaines sources parlent de 122 mm) sur les lisières Nord du village de Spartak, au Nord de Donetsk. Ce pilonnage, confirmé par les observateurs du STKK, a été réalisé par des obusiers automoteurs 2S5 "Hyacinthe" de 152mm (ou 2S1 "Godzilla"), calibre supérieur à 100 mm et théoriquement prohibé par les accords de Minsk.


Par ailleurs d'autres bombardements ukrainiens ont été observés au milieu des échanges de tirs persistant sur l'ensemble du front, comme par exemple sur le village de Holmoisky au Nord Est de Gorlovka, bombardé par des mortiers ukrainiens.

"Et ça continue encore et encore..."


Erwan Castel

lundi 22 avril 2019

Les contrastes du Donbass

Le quartier d'Oktyavrsky où j'ai choisi de vivre lorsque je "quitte" le front pour me "reposer"

Dans l'article réalisé sur le dernier reportage photo de Guillaume Chauvin dans le Donbass, j'avais évoqué le constraste surréaliste existant entre la ligne de front complètement ravagée par 5 années de bombardements incessants et des centres urbains où, à seulement quelques stations de bus, une vie moderne et normale continue malgré les difficultés socio-économiques consécutives au conflit et la menace de se retrouver à toutinstant sous un bombardement de l'artillerie ukrainienne.

Depuis qu'il est rentré en "France de l'intérieur" notre fidèle alsacien a déjà publié nombre de ses photos réalisées courant mars entre le front Nord et ses terrils la ville de Donetsk et ses lumières festives nocturnes, le front Sud et ses rivages marins ou les villages du front où survivent des gens écrasés par l'acier et la peur. 

Dans cette région du Donbass où déjà intervient une amplitude saisonnière d'une cinquantaine de degrés entre l'Hiver et l'été, où la rutilence des centres d'affaires éclaire la noirceur des cités ouvrières, la guerre qui fait rage et le déchire depuis 5 ans a surajouté des contrastes extrêmes qu'il est impossible d'imaginer avant de les avoir vécus. 

Merci à Guillaume Chauvin d'avoir saisi ces 2 mondes opposés qui se côtoient et s'épaulent mutuellement, entre réconfort et protection, et qui sont dans ce paysage de terrils et de mines, d'usines et de cheminées, les creusets ontologiques dans les chaleurs desquels l'âme du Donbass forge à Donetsk et Lugansk, la grandeur de républiques populaires chargés d'Histoire et d'Espérance.

Erwan Castel

Il a été pour moi difficile de choisir parmi la centaine de photos déjà publiées par Guillaume Chauvin un échantillon à vous présentez ici, et je vous invite à visiter le site de son agence Hans Lucas pour les regarder avec attention car elles sont plus que des paysages et des visages, elles sont des histoires et des regards de l'Histoire.

Sources des photos : Agence Hans Lucas, portofolio 1 et portofolio 2


Guerre épaisse...

"Les prochaines élections présidentielles en Ukraine s'achèveront ce 14 avril, et outre le redressement d'un pays fébrile économiquement, socialement, ethniquement, et que l'on dit rongé par les passions, la corruption et les amibitions personnelles, les candidats auront aussi la charge de résoudre la guerre civile à l'Est du pays, où le gouvernement actuel combat toujours les républiques auto-proclamées de Donetsk et de Lougansk, qu'il considère comme une simple « opération anti-terroriste » depuis bientôt cinq ans...

L'accès à ces républiques est pour les étrangers de plus en plus restreint, même si au centre-ville de Donetsk, la guerre n'est plus vraiment palpable: depuis 2014, les voitures ont réinvesti les avenues, les militaires n'y sont plus visiblement armés, les affiches à la gloire des héros de la république ont fait place à des panneaux publicitaires, les magasins sont fournis, les étudiants qui s'embrassent ont parfois les cheveux multicolores, et la nuit ne résonne plus des bombardements entrants et sortants. Les seuls indices du conflit en cours sont les nombreuses vitrines encore vides, les immeubles fermés à clef, ou la sirène du couvre-feu qui résonne encore tous les soirs. La guerre, « la vraie », est circonscrite à la ligne d'un front long de 300 km, à l'accès plus restreint encore.

Mézigue dans une tranchée du front de Yasinovataya

À quelques minutes de voiture des bars et des boutiques à la mode, on redécouvre en effet le Verdun de nos livres d'école: dans les villages encore bombardés par l'armée ukrainienne ou ses bataillons nationalistes, ne restent que quelques vieux civils accrochés à leurs jardins, et entre deux maisons éventrées, des soldats séparatistes, locaux où volontaires venus de Russie et d'ailleurs, poursuivent depuis des caves et des tranchées un combat qui s'étire autant que les idéaux s'érodent... Beaucoup ne combattent en effet plus que pour leurs camarades de bataillon, et pour que toutes celles et ceux déjà tombés ne le furent pas en vain. Pour ces combattants et ces civils qualifiés par Kiev de « terroristes », le constat de voir les médias extérieurs acquis au camp adverse malgré les dérives criminelles de bataillons nationalistes (Aidar, Donbass, Praviy Sektor...) renforce une motivation héritée des aïeux soviétiques, qui, pendant la grande guerre patriotique, « luttaient déjà héroïquement contre l'envahisseur nazi ». Bien que conscient des différentes propagandes, chaque camp s'accroche malgré tout à la promesse d'une paix proche, trop de familles ayant déjà été déchirées par ce conflit opposant parfois d'une tranchée à l'autre des cousins et des frères.

Le marché central de Donetsk ouvert 6 jours par semaine

À Donetsk, le nouveau gouvernement local, proche de Moscou et au style plus technocratique que son prédécesseur, peine encore à succéder à la figure charismatique du « petit père » Zakharchenko, assassiné il y a quelques mois dans des conditions encore troubles, dans un attentat aussi bien attribué à Kiev qu'à Moscou. La population préfère quant à elle garder en ligne de mire le retour au confort de vie d'avant guerre, et cette paix promise depuis longtemps, souhaitée même sans victoire évidente, mais pas sans condition, des milliers de vies civiles et militaires ayant déjà été sacrifiées pour réclamer l'autonomie de ces régions du Donbass. Ces dernières demeurent opposées à la russophobie des nationalistes ukrainiens et au gouvernement de Kiev, qu'elles considèrent toujours comme illégitime. Dans un cimetière à l'écart de la ville, une formule sur une croix voisine du tombeau provisoire de l'ex-président résume bien l'état d'esprit de cette rébellion et ses enjeux : « interdit d'oublier, impossible de retourner ».

Abdul Jabar Rafi, "Abdullah", volontaire afghan infatigable malgré une terrible blessure 
au combat qui l'a amputé de ses 2 jambes (voir le lien suivant : ici)

Beaucoup ici, malgré la fierté d'avoir engagé en 2014 une aventure libertaire et romantique en admettent désormais les failles, et regrettent de n'avoir aussi pu y rallier à temps les régions stratégiques russophiles de Marioupol, Zaporoje, Kherson, Karkov, ou Sloviansk. On anticipe donc déjà la disparition à moyen terme de ces républiques, par une hypothétique réintégration à l'Ukraine sous statut spécial - certaines élites locales voyant déjà là leurs intérêts économiques et politiques - ou la fédéralisation avec le voisin Russe qui serait pour beaucoup la conclusion la plus « honorable » et pacifique à ce conflit, malgré la probable récupération des richesses locales par les autorités et les hommes d'affaires russes... Et dans tous les cas, une zone tampon entre la Russie et l'Occident... Le prochain gouvernement de Kiev (et indirectement celui de Moscou) aura donc la responsabilité de prolonger ou non ce conflit fratricide et complexe, bien qu'aucun clip de campagne des candidats n'ose évoquer cette guerre toujours en cours aux portes de l'Europe."

Guillaume Chauvin


"Ces images sont une mise en lumière d'un quotidien que l'Occident refuse toujours de voir"








Vika est une enfant orpheline qui vit avec sa grand mère dans le village 
toujours bombardé de Spartak au Nord de Donetsk, et depuis 4 ans, 
Guillaume va à la rencontre cette fillette qui grandit sous les bombardements.
(voir Vika en 2017, le lien: ici)


vendredi 2 février 2018

Enfants d'Europe dans la tourmente

Guillaume et Vika une rencontre complice dans les ruines de Spartak

Ce reportage est plus qu'une photographie de cette nouvelle guerre européenne au milieu de laquelle des enfants tentent de survivre, c'est la rencontre entre 2 êtres humains exceptionnels qui nous offrent un regard sans haine sur la guerre où reste entretenu avec amour la flamme de l'espérance.

Vika est pour ainsi dire une voisine, habitant à Spartak, ce village à l'Est d'Oktyabrsky ou je vis et avec lequel il partage des bombardements et combats ininterrompus depuis bientôt 4 ans.

Guillaume est un ami alsacien, photographe de talent que j'ai eu l'immense plaisir d'accueillir 3 fois à Donetsk pour des reportages saisonniers réalisés sur la guerre.

Tous les deux croisent leur regards, celui de l'innocence et celui de l'expérience avec une pureté qui reste au dessus des idéologies, des intérêts et des pulsions qui secouent les hommes sur les chemins d la guerre...

Merci à tous les deux de savoir rester au milieu de la tourmente tout simplement.....humains !

Erwan Castel

Reportage paru dans Géo Ados





Source internet du reportage ; Cameleo

mardi 22 août 2017

Spartak sous le feu

Spartak après le feu ukrainien - Photo Mikhaïl Andronik 
Pour la deuxième nuit consécutive, les ukrainiens ont déclenché des tirs d'artillerie importants dans le Nord de Donetsk, visant particulièrement le village de Spartak situé à l'Est de l'aéroport international.

Les tirs ukrainiens sur Spartak ou résident encore une soixantaine d'habitants ont éclaté vers 21h30, utilsant de nombreuses armes diverses : Obusiers, mortiers, lance roquettes chars et mitrailleuses, jusqu'au "Zuchka" ces bitubes anti-aérien de 23mm qui sont souvent utilisés aussi en tirs terrestres.

Extrait du journal du 22 août :
  • 20h30 : Depuis 1 heure des détonations lourdes se font entendre à l'horizon Nord du quartier, vers les secteurs de Yassinovataya et Yakolevka.
  • 21h00 : les tirs d'artillerie se rapprochent et réveillent le secteur de Spartak qui commence à 1 kilomètre au Nord
  • 21h37 : Dans cette courte vidéo réalisée à la volée depuis un coin de fenêtre, on peut voir et entendre (avec le décalage son et lumière) le feux d'artifice offert par Kiev aux habitants de la rue voisine à l'aide des "zuchkas" ces bitubes antiaériens de 23mm mais qui peuvent également être employés pour des tirs terrestres redoutables.Ici les éclatements des obus en altitude dispersent des éclats dans un rayon d'autant plus important qu'ils sont tirés en rafales rapides.

Tirs de ZSU 23/2 au dessus du quartier 15 au sud de Spartak
  • 21h50 : Les tirs ont diminué d('intensité mais sur la ligne de front les mitrailleuses lourdes continuent leurs échanges par dessus l'étroite zone grise séparant les combattants.
Quelques jours auparavant, le 17 août, le village de Spartak avait déjà subi un lour bombardement qui avaient détruit plusieurs maisons, heureusement inhabitées. Cette fois ce sont 11 habitations qui ont été détruites dans ce village martyr du Donbass.

Bombardement de Spartak le 17 août 2017 - Photo Mihaïl Andronik
Le même jour, l'armée ukrainienne a également bombardé de façon importante le village de Zaitsevo sur la périphérie Nord de Gorlovka (Nord de la DNR) visant là aussi les quartiers résidentiels où subsistent encore malgré 3 années de destruction quelques familles.

Les dégâts après le bombardement de Spartak

Tandis que les services du Ministère des Situations d'Urgence continuaient à lutter sur la brèche des bombardements, à Donetsk leurs camarades et amis enterraient Valery Vdovichenko, l'officier commandant la troisième unité des sapeurs pompiers de Donetsk, tué sous les bombardements ukrainiens il y a 2 jours à Trudovsky (district de Petrovsky au Sid Ouest de Donetsk) alors qu'il luttait déjà contre un incendie qu'ils venaient de provoquer.

Photo Mikhaïl Andronik
En début de soirée, le front d'Oktyabrsky est plus calme, à part quelques tirs sporadiques du côte de l'aéroport, mais les habitants évitent de rester dans les jardins malgré la chaleur estivale toujours importante et les oreilles trainent un peu vers l'obscurité Nord, à l'affut des détonations tenues annonçant les départ de coups de l'artillerie ukrainienne...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


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Pour m'aider dans mon travail d'information

Ce blog est le premier des 3 blogs que j'ai ouvert autour du soutien aux Républiques Populaires du Donbass, un travail d'information passionnant mais long et bénévole qui réclame votre soutien financier pour être réalisé et me permettre de vivre dans ce Donbass où je suis arrivé en janvier 2015 pour concrétiser mon engagement auprès de la population civile victime d'une guerre à caractère génocidaire lancée contre elle par les succubes occidentaux du Maïdan depuis avril 2014.

La moindre petite somme est ici la bienvenue, sachant qu'avec 10 euros une personne peut vivre décemment entre 4 et 5 jours (pour exemple la location d'une maison individuelle coûte 50 euros par mois)

Merci de mentionner "Erwan" lors de vos virements


Opération "10 euros pour un Printemps"

Au delà des 10 000 roubles qui correspondent à mes frais mensuels moyens (alimentation, déplacements, hébergement, et travail) je reverse l'argent reçu auprès des civils du quartier bombardé d'Oktyabrsky dans lequel je vis (voir le lien ici : "Un Printemps pour Octobre")

Ces aides déjà réalisées en coordination avec les autorités civiles du district d'Oktyabrsky seront désormais portées réalisées en partenariat avec le Centre de représentation et portées au crédit de son action humanitaire au profit des populations bombardées du Donbass.

Des comptes rendus financiers et d'actions seront réalisés régulièrement sur ce blog ainsi que celui dédié à Oktyabrsky (lien ci dessus)

Merci beaucoup de votre soutien moral et financier qui permet de consolider l'espérance et l'amitié entre les peuples.


mercredi 21 juin 2017

Une soirée sur le front Nord

Chroniques d'Oktyabrsky 10



Devant le regain d'activités militaires sur le front Nord de Donetsk, j'ai décidé de visiter les lisières Nord de mon quartier, cette semaine du côté Est, entre un aéroport qui est bombardé quotidiennement et un village de Spartak où les accrochages et pilonnages sont à nouveau quasi permanents depuis environ 2 semaines.

Au départ je me suis dirigé vers la rue Stratanovtov, cette artère Est-Ouest qui relie Spartak à Peski en longeant la zone aéroportuaire complètement en ruine aujourd'hui. dans cette fine ceinture nord complètement détruite survivent quelques personnes âgées et même à ma connaissance 2 familles dont les maisons, telles des navires que l'on colmatent sans arrêt au milieu d'une tempête, leur offrent encore un abri précaire et dangereux...

Vers 20h00 des bombardements ukrainiens mais également des tirs ont frappé les positions républicaines situées à quelques pas au Nord des dernières maisons en ruines et abandonnées. Il s'en est suivi un échanges de tirs bref mais vif pendant environ 30 minutes

Ambiance des soirées "son et lumière" d'Oktyabrsky 


Les rues dans ce quartier sont tellement dévastées et désertes que les personnes croisées semblent être des fantômes surgis d'un passé pourtant proche où les rires des enfants fleurissaient les jardins tandis que leurs parents se réunissaient autour de barbecues odorants...

Au moment où j'emprunte cette petite rue entre le front et la rue Stratanovtov, les 2 ou 3 personnes qui y sont se sont réfugiées derrière les murs épais de leurs maisons, que des balles voire des obus perdus viennent encore frapper régulièrement. Il me semble déambuler dans le décor d'un film où la vie aurait disparu brutalement...


Et pourtant nous sommes bien au coeur de l'Europe et en 2017 ! :






Passant par des raccourcis je rejoins Spartak avant la tombée du jour accueilli ici aussi par des autres tirs ukrainiens qui harcèlent continuellement les positions républicaines et les quelques dizaines d'habitants (sur les 5000 avant la guerre) qui survivent au milieu de leur village martyr.

A Spartak, changement d'ambiance, après avoir salué Vika et sa grand mère, je rejoins la ligne de front en compagnie des soldats qui m'ont invité. Les positions sont aux lisières d'un quartier abandonné où des hangars crevés rivalisent en destructions avec des maisons endommagées. 

Quelques instants anonymes quelque part au Nord de Spartak
Pendant ce reportage un sniper ukrainien essaie en 
vain de nous toucher, le tir le plus proche (à 1'52") 
passant encore à plus de 20 centimètres de sa cible.

Devant nous en direction du Nord se dispersent dans l'horizon les fumées industrielles de la ville d'Avdeevka aujourd'hui occupée par l'armée ukrainienne. 

Sur les postes de combat les hommes sereins, la bonne humeur brillant dans tous les regards mais également sont attentifs car les ukrops ont des positions proches à partir desquelles régulièrement dans la journée ils envoient des tirs d'armes légères, mitrailleuses, lance-grenades ou lance roquettes, tandis que leur artillerie située un peu plus loin (Opotne) pilonne également à intervalles réguliers la zone depuis les tranchées jusqu'aux quartiers résidentiels où les derniers habitants vivent dans leurs caves.

Au bout de la rue du village la guerre a dressé un mur de terre, de pierre et de feu

Au delà, l’étroit "no man's land" devenu le royaume des renards des sangliers et de la mort

Une vie de spartiate s'organise à l'abri des bunkers 

La foi arme le courage et rappelle aux sentinelles du Donbass qu'ils ne sont pas seuls

Une vie "au jour le jour" que  rythment  les gardes, les briefings, les entretiens et les alertes

Devant les tranchées une zone polluée par la guerre et parsemée de pièges et mines mortels

Derrière les tranchées, les abris de repos où la popote et les plaisanterie soudent les hommes et soulagent la fatigue

Spartak, ses ruines, ses habitants et ses défenseurs sont devenus un symbole de la résistance du Donbass

Ici les habitants et les soldats sont à l'écoute des bruits du monde autant que de ceux de la guerre, et au fil des conversations ils me demandent souvent mon avis sur la diplomatie française qu'ils croient toujours influente sur la géopolitique internationale.

Avec beaucoup de tristesse et même de honte je leur fais comprendre que la dignité française est à l'image de leurs maisons éventrées et ouvertes aux chiens errants à la recherche d'un os à ronger... 

Ici dans le Donbass la dignité des hommes et des femmes est en revanche intacte et même certainement renforcée par une détermination et un amour d'une Liberté bafouée par Kiev depuis 3 ans...

Car si les murs sont effondrés sous les assauts de la haine et de la cupidité occidentales en revanche les citadelles intérieures sont toujours là gardiennes de traditions et de libertés européennes victorieuses !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



Le lien pour lire les autres "Chroniques d'Oktyabrsky"

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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos, mais également par des crapules, jaloux ou obsédés du monopole de l'information venus jouer les vautours dans le Donbass..

Au delà de mes besoins de subsistance (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) j'utilise les dons supplémentaires pour aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel

Bien à vous
Erwan


vendredi 9 juin 2017

Un alsacien au milieu des ruines

Quand l'humanisme de son regard éclaire les photos du reporter

Guillaume Chauvin est un photographe émérite et un ami, pour la troisième fois en 2 ans j'ai eu le plaisir de l'accueillir, cette fois dans le secteur d'Oktyabrsky où j'habite, l'invitant à découvrir une autre facette de cette guerre et de ce quartier Nord de Donetsk où survit une population exceptionnelle...

Voici un premier témoignage de son passage au milieu des ruines...


Pour Guillaume Chauvin, le Donbass n'est plus depuis longtemps une steppe inconnue entre Eurasie et Europe, mais une terre humaine connue et reconnue et visitée pour la troisième fois au mois d'avril cette année sans toutefois voir la passion du premier jour s'altérer et s'effilocher par des sentiers déjà battus...

Car pour cet alsacien venu fixer dans un objectif photographique un regard, à la fois professionnel et intime, sur cette guerre occultée, consiste pour cet homme calme et posé à montrer plus que jamais, au milieu des ruines que "le plus important n'est pas dans l'objet mais dans le regard"...

Au mois d'avril de cette année, Guillaume est revenu dans le secteur de Donetsk, et nous avons ensemble pérégriné entre tranchées militaires et quartiers bombardées pour mesurer à l'aune des regards croisés l'ampleur de ce conflit fraternel qui agite secrètement le coeur d'une Europe malade d'elle même.

Des tranchées de la "Division Sharthiorskaïa" à l'école bombardée de Yakolevka, en passant par l'immeuble "Diviets étages" d'Oktyabrsky, nous avons enchaîné chaque jour des reportages et surtout comme le chante si bien Zaz de ces "rencontres qui sont les plus beaux voyages ".
Ainsi, plusieurs jours et nuits nous sommes restés dans le Nord de Donetsk, avec des amis, des voisins, et n'en déplaise aux insectes rampants calomniateurs, des personnes aidés matériellement grâce à ce réseau de soutien.

A Spartak où nous sommes restés plusieurs jours entre le village civil et la ligne de front militaire, Guillaume a voulu accompagné Vika, cette enfant de 10 ans qui vit au milieu des bombardements depuis 3 ans. 
Celle que j'aime appeler la "Princesse de Spartak" nous a invité à vivre son quotidien, entre la cave où elle dors chaque nuit, à son école de Yakolevka, en passant par les rues désertées et crevassées de son village.
Sur cette enfant de Spartak et qui malheureusement n'est pas la seule dans le Donbass, Guillaume vient de faire un focus en attendant un article à venir prochainement. 

Il nous livre ici la pensée de son regard qui certes traverse le boitier froid d'un appareil photo mais que commande toujours un coeur attentif.

Guillaume que je remercie vivement de ce beau témoignage (voir ci-après) a donc déjà rencontré plusieurs facettes de ce Donbass extraordinaire, à travers les prismes de l'été, de l'hiver et du printemps, et il lui reste encore l'automne à visiter, cette saison si particulière où les futures fleurs de l'espérance germent, cachées sous l'humus d'une pluie de feuilles mortes...

J'espère de tout coeur retrouver ce reporter atypique et de grand talent devenu au fil des balades un ami sincère, que je remercie vivement car son regard nous épaule avec justesse apportant  à notre engagement passionnel le juste équilibre d'un regard extérieur et humaniste. 



Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Source de l'article : 6 mois, le XXIème siècle en images

"On est chez nous ici !"

Chaque semaine, un photographe raconte l’une de ses images qui l’a marqué. Guillaume Chauvin revient sur sa rencontre avec des écolières du Donbass, zone en proie à la guerre civile depuis 2014.


« Au début de la crise en Ukraine, beaucoup d’articles européens décrivaient les séparatistes comme des fanatiques pro-russes. J’étais intrigué. J’avais envie de comprendre ce qu’ils vivaient réellement. Lors de mon premier séjour dans le Donbass, il y a deux ans, j’ai rencontré Vika, à droite sur la photo. J’y suis retourné en avril dernier et je l’ai retrouvée.

Âgée de dix ans, Vika a perdu sa mère avant le début de la guerre et son père a fui la région. Elle est maintenant élevée par sa grand-mère, qui a construit elle-même la cabane que l’on voit sur la photo. Avec sa voisine Marina, 16 ans, elles sont les deux seules enfants du quartier de Spartak, dans la banlieue nord de Donetsk, la « capitale » du Donbass. Sur les cinq milles personnes résidant là avant la guerre, il reste seulement soixante quinze habitants…

Marina et Vika continuent d’aller à l’école, à vingt minutes en bus de là. La zone a déjà été bombardée à trois reprises depuis le début de la guerre et toutes les fenêtres du bâtiment sont brisées. Parfois l’alerte retentit encore, forçant les professeurs des deux classes restantes à abriter leurs élèves au sous-sol.

Les fillettes risquent leur vie tous les jours. Mais lorsque je leur demande pourquoi elles restent, la réponse est toujours la même : « on est chez nous ici, on n’a nulle part où aller ». 

J’ai pris cette photo alors que nous rentrons de l’école. Elles s’installent sur la table de la cabane et, pour plaisanter, décident de prendre une pose « studieuse » : elles sortent leurs cahiers et se mettent à faire semblant de réviser leur cours de chimie. Leur petit jeu parvient même à énerver la grand-mère de Vika, qui leur reproche de trop s’amuser et leur demande de se mettre vraiment au travail. Sans succès : l’instant d’après, les deux gamines s’installent dans la cave avec leur chat pour regarder des dessins animés à la télévision.

Cette histoire est à la fois touchante et révélatrice du quotidien des habitants du Donbass. Leur vie continue au milieu des champs de ruines et des bombardements ukrainiens. À la fin, les fillettes avaient même oublié que j’étais là, trop occupées à jouer avec leur chat. »



Propos recueillis par Thomas Grosperrin


D'autres photos de Guillaume Chauvin prises à l'occasion de son reportage à Spartak et que je me suis permis de commenter ici. 


Depuis 3 ans les bombardements ukrainiens ininterrompus ont forcé les quelques 70 habitants qui s'accrochent à leur village de se réfugier dans les caves où ils dorment chaque nuit  
Vika en compagnie de Marina, l'autre enfant du village qui est restée à Spartak

Après l'école et le chemin du retour qu'elles effectuent en bus et à pied, les fillettes se retrouvent dans une maisonnette collective où a été aménagé une cuisine au feu de bois pour  faire leurs devoirs..

Vika reste une élève appliquée et studieuse consciente que sa réussite scolaire participera à lui offrir une vie meilleure

Marina, une jeune adolescente qui partage avec Vika les peurs de guerre et les rêves de paix

"Marquise" la maîtresse secrête de la cuisine improvisé et ses amis fidèles, le fourneau à bois et les gamelles


Après la disparition de ses 2 parents la grand mère de Vika l'élève et la protège malgré la pauvreté et des ruines nouvelles qui chaque jour apparaissent autour d'elles  

La grande majorité des 5000 habitants ont quitté le village et les 75 résistants à la guerre passent désormais rapidement leurs rues attentifs aux vrombissements d'acier qui peuvent déchirer à tout moment le ciel de Spartak.

Vika et Marina vont à l'école de Yakolevka au Nord Est et dont dépend leur village, qu'elle rejoigne après une première marche qui leur permet de rejoindre une ligne de minibus encore en fonctionnement


Malgré les bombardements subis depuis 3 ans l'école de Yakolevka a su préserver pour ses enfants un environnement, à la fois studieux et récréatif où la guerre est un instant oubliée...

Dans l’après midi, Vika retrouve le chemin de son village bombardé, de la folie des hommes et des peurs de la nuit 

Âgée tout juste de 10 ans, la "Princesse Vika", au milieu de ses poupées et jeux d'enfant offre déjà au monde un regard où brille une sagesse précoce qu'aiguisent un courage et une humilité exceptionnels...


Vous pouvez apprécier d'autres photos de Guillaume sur le lien de l'article ci-dessus 


Né en 1987, Guillaume Chauvin a travaillé un temps en Russie. Ses photos ont été publié dans la presse nationale et internationale (Le Monde, Libération, Feuilleton, 6 Mois, Paris Match, Desports..). 

Il développe en parallèle un travail d’écrivain (éditions Allia) et d’éditeur (Les éditions m’habitent). Ses photos ont été exposées aux Rencontres d’Arles, à la Faculté de journalisme de Moscou, et acquises par l’Artothèque de Strasbourg. Guillaume Chauvin est membre du studio Hans Lucas depuis 2015.






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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos, mais également par des crapules, jaloux ou obsédés du monopole de l'information venus jouer les vautours dans le Donbass..

Au delà de mes besoins de subsistance (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) j'utilise les dons supplémentaires pour aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel

Bien à vous
Erwan