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mercredi 29 juillet 2020

La mémoire de la glèbe

Artisan potier de Donetsk - photo Svetlana Kissileva

La mémoire de la glèbe


Sous une frondaison percée par une estivale lumière
Annonçant les feux païens de la Kupala solsticiale,
Là, au milieu des rires, des chants et des danses,
Un homme est assis, immobile comme la pierre.  
Noblement penché au dessus de son savoir ancestral
Il attire les passants qui  sitôt succombent à son silence.

Et du coeur de ses mains aguerries jointes en prière
Comme par magie, naît et se forme une vie minérale 
Sur les berges d'une Kalmius aux douces fragrances.
Potier incarne cette Tradition des peuples de la Terre,
Fusion créatrices des règnes animal, végétal & minéral,
Et l'argile entre ses doigts noueux prend forme et s'élance.

Alors, pour celui qui sait dans le coquillage écouter la mer
Il entendra du vase éclos une glèbe aux souvenirs de métal
Lui narrer les histoires qu'elle a porté, guerres ou romances
 qui sans cesse ont martelé ou caressé cette steppe millénaire.
Et la céramique  du feu confiera alors à la lueur des étoiles 
L'écho de ces cavalcades l'abreuvant du sang des lances.

Car d'aussi loin que les potiers sont, le Donbass est en guerre:
Des rêves de Iaroslav le Sage, aux hordes mécanisées du mal
Le sang des cavalcades a nourri la terre et écrit ses stances.
Scythes, varègues, et russes, de la Rus de Kiev les pères,
Horde d'or mongole, tatars ottomans ou cosaques à cheval,
Sur cette terre pontique, les combats donnent la cadence...

Mais la terre du potier peut aussi vous conter ces houillères
Creusées à force pioche et pic dans les profondeurs infernales
Et leurs gueules noires bâtissant au soleil des cités de romances.
Depuis cet âge les mines sèment sur la steppe des collines fières,
Et les forgerons d'art offrent à Donetsk sa réputation mondiale,
Tandis que dans les champs de blés les outils paysans dansent.

Hélas, le temps des combats est revenu sur cette noire terre, 
Rouverte par l'acier, les tranchées guerrières et sépulcrales, 
Et dans la glèbe blessée, revient cette éternelle souffrance.
Sur cette steppe, l'Histoire vit à nouveau une éruption sévère
Qui plonge les coeurs et les corps dans des peines abyssales,
Exigeant encore et toujours du peuple, courage et résilience.

C'est cela que je lis dans les veines et reflets de cette matière
Que tant de sang, de sueur et de larmes versés ont fait sacrale.
Et les doigts sculptés du potier, avec l'argile en connivence 
Ne créent pas seulement un objet des entrailles de la Terre,
Ils rappellent par le savoir faire, la longue mémoire alluviale
De nos origines glébeuses jusqu'à nos plus folles espérances...

Alawata


Le 6 juillet dernier se déroulait sur les berges de la rivière Kalmius au coeur de Donetsk la nuit de la Kupala, cette fête solsticiale païenne du calendrier Julien, précédée dans l'après midi d'ateliers de danses et d'un marché artisanal C'est à cette occasion que j'ai rencontré ce potier de Donetsk, dont les créations aux couleurs naturelles ne sont pas sans me rappeler celles des amérindiens wayanas de Guyane. 

Quand les peuples de la Tradition se rejoignent dans leurs rapports aux terres charnelles...

Erwan Castel

Contrairement à un Occident gangrené depuis toujours par les communautarismes 
ethniques ou religieux, en Russie, les croyances, et communautés cohabitent 
dans la transmission des traditions partagés et convergent leurs regards 
vers un avenir aux espérances communes. 

lundi 27 juillet 2020

Un pays de traditions

Le rapport au soldat 

Le 26 juillet est célébrée en Russie la marine, comme ici à Sébastopol en 2019.
Sur les bords de la Mer Noire, ce jour est particulièrement important tant par le
souvenir des combats du passé qui l'ont défendu face aux multiples invasions
subies par cette steppe pontique que par la ville portuaire de Sébastopol, fondée
par Catherine II pour y abriter la flotte russe de la Mer Noire et qui enfin a rejoint 

"contre vents et marées" la Russie, sa mère patrie, au printemps 2014.

Depuis plus de 5 ans que je suis arrivé dans le Donbass, je ne cesse d'admirer cette société qui, malgré la guerre et son cortège de souffrances physiques, morales, économiques, sociales, sait maintenir une harmonie sociétale, un art et une joie de vivre portant ses plus hautes espérances dans le domaine du possible.

Certes les jeunes Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk ne sont pas parfaites mais elles ont cette qualité de rester à l'écoute des problèmes rencontrés par la population même si une bureaucratie infernale empêche souvent de les anticiper. Alors que grondent toujours les canons ukrainiens aux portes des cités, le peuple du Donbass tout en défendant quotidiennement bec et ongle sa liberté sur plus de 460 kilomètres de front petit à petit construit son rêve républicain et son cheminement vers la Russie. 

Cette victoire incontestable de cette rébellion du Donbass refusant le coup d'Etat russophobe du Maïdan est sans conteste portée par une cohésion sociale exceptionnelle dont les traditions constituent l'armature inoxydable et ancrée profondément dans cette steppe pontique façonnée et irriguée de la sueur et du sang de centaines de générations d'ouvriers, de paysans et de soldats.

Ici les traditions ne sont pas définies par un dogme politico-culturel comme en Occident où, après les coupes dans les racines opérées par le clergé romain et l'absolutisme royal, les bourgeois ont conquis le pouvoir en détruisant tous les corps sociaux intermédiaires qui assuraient encore la montée d'une sève identitaire populaire et authentique depuis la mémoire des terroirs et des corporations. 

J'ai sélectionné quelques clichés de Svetlana Kissileva pour illustrer les thématiques abordées brièvement mais aussi rencontrer des regards de femmes d'enfants et d'hommes de la République Populaire de Donetsk et je vous invite vivement à retrouver une partie plus importante de son travail photographique (et à liker !) ici : Svetlana Kissileva photographe.


Le rapport à la terre


Alors qu'en Occident, les populations dégénérées ne savent plus dans leur immense majorité nommer les arbres (y compris parmi ces tractoristes et éleveurs hors sol qui ont remplacé les vrais "paysans"), dans le Donbass les familles gardent même jusqu'aux coeurs des cités modernes un rapport à la terre exceptionnel. Outre les villages agricoles qui bornent de leurs champs et de leurs granges principalement les plaines au Sud et à l'intérieur de la république, chaque maison, chaque appartement disposent d'un carré de jardin, individuel ou collectif, au milieu des espaces verts autour desquels sont construits chaque îlot d'habitations. 

Le paysage urbain de Donetsk est impressionnant par ses innombrables parcs et espaces verts, étangs et cours d'eau, jardins et bosquets remplis d'oiseaux chantant autour des mangeoires et d'enfants riant dans leurs aires de jeux. Au printemps les familles se retrouvent pour nettoyer et décorer, bécher et planter, et jusqu'à l'automne les jardins sont une des occasions où la connaissance et les traditions de la terre sont transmises par les anciens aux générations futures. 



Et bien sûr, lié à ces traditions d’auto-subsistance, l'art culinaire tient également une place importante dans tous les foyers où dans les celliers les bocaux de légumes, fruits et confitures, les bourrichons de kvas, jus de fruit et les bouteilles de samogon s'entassent en prévision du siège hivernal...


Dans les quartiers pavillonnaires, comme le quartier d'Oktyabrsky où j'habite, les jardins sont souvent les domaines de poules, cailles, canards, chèvres, lapins et même cochons qui procurent des compléments alimentaires réguliers et importants autant qu'ils amusent les enfants revenant de l'école.

Et lorsque dans les parcs urbains ou les jardins campagnards, dans l'ombre des arbres les fumées des chachliks, les rires des homme et les sourires des femmes invitent souvent pendant l'été, à des moments d'amitiés entre voisins 


Le rapport à la foi 


Dans les églises de cette région russe orthodoxe, les pas du visiteur ne résonnent dans un vide silencieux et glacial comme en Occident. Ici les églises, mais aussi les mosquées et les synagogues sont vraiment de ces "granges à dieu", comme le chantait autrefois le barde Xavier Graal ou les mains ouvertes ou jointes d'une foi populaire et vivante viennent confier leurs espérances et fortifier leur courages. 

Alors qu'en Occident, la trahison des élites politiques et l'abandon des coutumes ancestrales encouragent des expressions ethniques et religieuses incultes et radicales, dans le Donbass, les communautés identitaires cohabitent et convergent au profit d'une destinée commune de type impériale où chaque tradition est conservée et respectée, qu'elle soit sienne, celle du lointain passé ou celle du voisin.

Et lorsque s'allument les feux de la Kupala, cette traditionnelle fête païenne solsticiale (au début juillet selon le calendrier julien orthodoxe), toutes les communautés y viennent dans la joie pour célébrer le feu, l'eau, la terre et l'air, le Soleil et la Lune, la récolte, la fertilité et l'amour.


Ici les dogmes n'ont point effacé les mythes européens et si les communautés s'ouvrent aux autres ce n'est pas par prosélytisme égocentrique mais dans cet esprit fraternel que l'on peut observer chaque jour dans les tranchées protégeant les jeunes républiques du Donbass, où épaule contre épaule, chrétiens, musulmans, juifs, païens, athées, venant de nombreuses ethnies se battent pour la Liberté du Donbass.


Le rapport au travail 


Bien sûr les personnes ici travaillent souvent comme ailleurs par obligation alimentaire, mais nombre de métiers du Donbass restent l'armature vivante de son identité et donnent à l'ensemble de sa population les qualités et le caractère nécessaires à leurs accomplissements. 

Le Donbass est une terre de paysans, de pêcheurs et surtout de mineurs de charbon autour desquels furent fondées les grandes villes de ce bassin du Don au courant du XIXème siècle. Et tout comme les pèches lointaines et périlleuses ont forgé la mentalité bretonne, les houillères profondes et non moins périlleuses du Donbass (où l'on trouve à plus de 1 200 m les galeries les plus profondes d'Europe) ont certainement contribué a forger cette capacité de résistance et de résilience qui caractérise ses populations. 

Aussi lorsqu'en 2014 une nouvelle guerre s'abat sur les cités minières la peur est maîtrisée dans un courage et une résilience exceptionnels, car la souffrance et la mort sont déjà des compagnes et initiatrices fidèles d'un peuple uni dont la mémoire collective, de surcroît, n'a pas oublié les combats et les sacrifices du passé pour sa Liberté. Et ce sont d'ailleurs les mineurs qui vont constituer le fer de lance des premières milices d'autodéfense qui vont au devant des blindés ukrainiens.



L'industrie minière et métallurgique n'est pas seulement le moteur économique de la région mais c'est aussi la fierté de sa population qui a même fait de la métallurgie d'art l'expression de son excellence culturelle. Partout dans Donetsk des sculptures et statues en fer forgées (comme cet immense "parcs de statues" par exemple qui jouxte la mairie de la cité), rappellent artisanat d'excellence qui se fit mondialement connaitre en remportant le "Grand Prix" de l'exposition universelle de Paris en 1900 avec la "palme Mertsalova" (un palmier de plus de 300 kg forgé à partir d'un rail de chemin de fer) 


Le rapport à l'Histoire



Dans le Donbass, comme en Russie, l'Histoire n'est pas une science confinée dans les bibliothèques ou une seulement discipline scolaire et universitaire, elle est composante de l'identité familiale de chaque citoyen qui l'emporte jusqu'à l'ultime corps social du pays qui est celui de la grande Russie, qu'elle soit impériale, soviétique ou fédérale. 

Sur cette steppe russe du Donbass déjà griffée par les invasions mongoles, turques germaniques, polonaises, suédoises, etc. et les guerres civiles, chaque famille se souvient de l'Histoire comme d'une matrice intime de son présent, notamment avec cette immense saignée des 22 millions de morts de la "grande guerre patriotique" (1941-1945) où chaque famille soviétique a apporté sa part sacrificielle à la victoire sur le nazisme. 

Chaque année les 9 mai, les générations se souviennent du sacrifice indescriptible de leurs anciens pour leur liberté qui sont invités dans leurs souvenirs à chaque journée patriotique comme celle par exemple qui célèbre la marne russe tous les 26 juillet. 

Et lorsque le nouveau pouvoir ukrainien lance sa croisade militaire russophobe contre les populations du Donbass ces dernières ne peuvent s’empêcher d'y voir une résurgence ce ce passé douloureux d'autant plus que, des slogans politiques kiéviens inspirés de la propagande anti bolchevique du 3ème Reich jusqu'à la permanence des mêmes champs de bataille et en passant par le déploiement de bataillons spéciaux ukrainiens ouvertement néo-nazis, l'Histoire à la fois glorieuse et douloureuse s'invite dans l'actualité du présent...



Ainsi de cette mythique colline du "Saur Moghila" située dans le Sud de la République Populaire de Donetsk et sur laquelle souffle les vents de l'Histoire, celui de 1943 lorsque des milliers de soldats de l'armée rouge tombèrent dans l'assaut de ce verrou stratégique tenu par les allemands et celui de 2014 où des milices républicaines combattirent jusqu'à la mort pour garder fermés les "chaudrons" où bouillaient les corps blindés ukrainiens emportés par leur haine...

Plusieurs fois par an des rassemblements se déroulent sur ces hauts lieux de l'Histoire réunissant autour du sacrifice immortel et de la Liberté toujours à défendre les parents et les enfants d'une combat qui continue...


Le rapport à la culture 



Il ne faudrait pas s'imaginer que les républiques du Donbass sont des entités de type nord coréen ou une étanchéité culturelle est soigneusement imposé par les gouvernements. Ici on peut écouter notamment via internet les médias du monde entier (y compris ukrainiens) et les tendances musicales à la mode touchent également les jeunes et les moins jeunes qui se retrouvent régulièrement dans les salles ou en plein air dans des concerts de rap, de rock, de métal etc...

Mais ce progrès contemporains des modes et des arts ne provoque pas pour autant de déchirement ni même d'antagonisme dans les esprits des anciens et des jeunes qui peuvent assister et participer au bal tradition d'une université et quelques heures après se trémousser sur le son saturé d'une guitare électrique hurlante.



Quand dans les sociétés occidentales les modes, les tendances, les croyances, les idéologies, cloisonnent et opposent les générations et atomisent les populations, ici la majorité des personnes respecte la diversité des expressions culturelles et se fait un devoir de les connaitre par principe d'héritage et de fierté identitaire. Ainsi de la danse qui ici est populaire, qu'elle soit traditionnelle, classique ou post-moderne...


Le rapport citoyen


Je pourrai continuer longtemps ce florilège des rapports que les femmes et les hommes du Donbass entretiennent avec leur identité, des racines du passé jusqu'aux espérances du futur, mais je terminerai ici sur ce que j'ai appelé le rapport citoyen qui relie les gens du Donbass dans une fraternité humaine quotidienne et désintéressée.

Alors que les maires des municipalités occidentales dit démocratiques et droitdelhommistes sont "élus" par leurs administrés, ici ils sont des chefs d'administration nommés par le gouvernement. Cependant force est de constater chaque jour que ces responsables politiques sont très près de leurs "administrés" allant pour la majorité au contact de leur vécu et de leurs problèmes, ainsi de Constantin Tchalyï, maire d'Aleksandrovka (dans le Sud de Donetsk) qui apporte de l'aide humanitaire au personnes âgées isolées de sa commune bombardée par les forces ukrainiennes chaque semaine.

Mais il serait mensonger que de prétendre qu'il n'y a pas, dans les républiques de Donetsk et Lugansk de problème, de réclamation ou même d'opposition à la politique républicaine menée ici ou là. Comme dans toute république, les débats et critiques existent et parfois même des tensions sociales peuvent émerger comme dernièrement à propos de salaires impayés dans le secteur minier, mais toujours les polémiques sont subordonnées à l'intérêt collectif commun. 
Aussi lorsque des regards extérieurs voient dans certains grincements de dents une fracture sociétale, ils se trompent gravement car la population du Donbass dans son écrasante majorité reste par dessus tout fidèle à son choix exprimé en 2014 et pour lequel elle n'a pas hésité à prendre les armes et assumer ses conséquences. 



Ainsi a chaque occasion, les citoyens de Donetsk et Lugansk, laissant de côté pour certains leurs griefs, soucis et déceptions personnels du moment viennent ensemble exprimer leur confiance et leur soutien pour que se poursuive le long et douloureux chemin d'amour vers la Fédération de Russie engagé en 2014 et qui reste l'objectif prioritaire et la raison d'être de combattre pour les républiques populaires du Donbass.

Car ici le bien commun reste sacré dans le coeur de chacun !


Erwan Castel


dimanche 31 mai 2020

Dans les yeux de ceux qui restent

Une mère du Donbass et son fils à Trudovsky près du front dans le Sud Ouest de Donetsk
Photo Svetlana Kissileva

On peut observer dans le traitement informatif d'un conflit 2 ornières dans lesquelles ont tendance à glisser ceux qui cherchent à rendre compte des événements s'y déroulant: celle de ne montrer que l'action éclatante des uns et des autres et ainsi de se faire l'écho des batailles et manifestations publiques... et celle se contenter d’ânonner des communiqués officiels manichéens et leurs poncifs propagandistes vers d'autres publics qui sont hors de leur portée immédiate. Je pense pour ma part que ces 2 missions sont utiles pour comprendre et faire comprendre et mémoriser pour l'Histoire le déroulement et l'évolution d'un conflit, surtout à une époque post-moderne où la guerre de l'information est quasi aussi vitale que les guerres militaires, économiques ou politiques.

Mais voilà, les combats militaires et les communiqués politiques ne sont en réalité que la minuscule partie visible d'un conflit, et souvent même ils occultent la réalité de la souffrance humaine d'une population précipitée dans la tragédie de la guerre. Et je ne parle pas ici seulement des victimes directes, tués, blessés, bombardés mais aussi de leurs familles, proches et amis qui restent derrière eux, silencieux et souvent invisibles. Ces femmes, ces enfants et ces hommes anonymes portent les pires blessures d'un conflit et qui jamais ne se referment: celles du coeur.

Il est difficile de décrire ces sentiments terribles qui sont souvent l'expression d'un vide vertigineux inconnu dans lequel l'âme a été précipitée et que de surcroît, la pudeur et la douleur veulent souvent garder secrets. Et face à la douleur immense des deuils vécus, le travail du reporter est difficile, car il doit dévoiler sans la violer ou l'exhiber, avec une compassion retenue la détresse profonde de ces personnes tourmentées par la guerre. 


Ceux qui viennent ou vivent dans les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk et particulièrement au sein de leur population au contact de la guerre, ils rencontrent quotidiennement des histoires humaines terribles éclairées par des regards souvent lointains chargés dune peine indescriptible. Et certaines personnes ont ce talent de pouvoir saisir dans ces miroirs de l'âme que sont les yeux toute la tragédie humaine que des mots ne pourraient décrire avec autant de pureté.

Svetlana Kissileva, née en Ukraine soviétique a choisi de revenir dans son pays après que la guerre ait éclaté dans le Donbass où désormais elle vit et exerce le métier de reporter photographe, Ses photos montrent sans le vernis du commentaire les gens du Donbass où, malheureusement, après 6 ans de guerre inachevée, l'acier, les larmes et le sang font désormais partie de leur quotidien.

Une partie de son travail photographique est visible ici : Svetlana Kissileva

Après plus de 6 années de combats et bombardements subis sur plus de 460 kilomètres d'une ligne de front mordant les portes de nombreuses cités et villages des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk, il n'y a pas une seule famille qui n'ait pas été touchée intimement par cette guerre abjecte. Maisons ou appartements bombardées, parents tués ou blessés, fratries séparées par la ligne de front ou par l'éloignement d'un membre combattant sur le front depuis des années etc...

Malgré les apparences de centres-villes protégés où semble régner parfois l'insouciance d'une vie moderne, une part importante des esprits des femmes et des hommes du Donbass reste enlacée à cette guerre qui plane au dessus des terrasses rieuses du boulevard Pouchkine comme une épée de Damoclès.

Et dans ces quartiers et villages des républiques du Donbass, il arrive de croiser dans le yeux des gens, pour qui continuer à vivre malgré la peur et le malheur est un acte de résistance, cette lueur étrange à la fois innocente et consciente qui nous apprend plus que que ne sauraient le faire les mots ou les belles paroles, le poids de la guerre et le prix de la Liberté.




En arrivant à Donetsk, j'ai été étonné de voir dans les innombrables espaces verts alternant systématiquement les barres d'immeubles et les lotissements, ces parcs de jeux colorés et soigneusement entretenus, et qui sont pour le visiteur la première expression visible de la place que tient l'enfant dans la société russe du Donbass. En effet, ici l'enfant est roi, pas dans le sens du "pourri-gâté" comme l’interprètent aujourd'hui les sociétés consuméristes occidentales, mais dans celui qu'il incarne le coeur et l'avenir de la famille, ce corps social premier d'une société humaine restée saine.

Lorsque la guerre s'abat sur le Donbass, les enfants deviennent la préoccupation première des familles qui tentent au mieux de leurs sacrifices de préserver leurs santés physiques et mentales tout comme leurs rêves de jeunesse. Mais malgré cela, cette tragédie révoltante qui secoue le coeur de l'Europe depuis 6 années de honte, s'est insinuée dans leurs regards innocents où la flamme de l'innocence s'est éteinte aux souffles des bombardement.




Et derrière chaque enfant, il y a une femme, mère ou grand mère, naturelle ou adoptive, voisine ou éducatrice qui veille sur son avenir et son bonheur. A ce titre les femmes du Donbass sont remarquables, animées d'un courage et d'un dévouement exceptionnels que seule leur beauté parvient à égaler. Nombre d'entre elles sont même parties depuis les premiers combats porter les armes au devant des blindés ukrainiens, et j'ai eu souvent l'occasion d'évoquer ici leur courage qui n'a rien à envier à celui de leurs camarades masculins (ici par ex.: "Amazones de Novorossiya"). 


Mais ces glorieuses combattantes ne doivent pas faire oublier leurs sœurs devant la guerre qui luttent avec un héroïsme silencieux tout aussi admirable contre la peur et la souffrance, sachant rester debout sous les orages d'acier qui fauchent autour d'elles les meilleurs blés de leur peuple, s'acharnant à rester debout pour que soient préservés au delà de la tragédie de l'Histoire, l'avenir et la dignité du Donbass.

"Veuves du Donbass" un clip dédié à toutes ces femmes courageuses
qui dans le silence des vies anonymes du Donbass mènent aussi à
leur manière un combat terrible pour la dignité et la Liberté humaines

Cela faisait longtemps que je voulais, vous évoquer ces regards croisés quotidiennement dans ce Donbass, mais il m'était impossible avec mes mots maladroits de vous montrer dans toute sa pureté cette flamme indicible qui brille dans leurs yeux et qui éclaire toute l'âme de ce peuple exemplaire...

Merci à Svetlana Kissileva de savoir capturer avec amour ces regards dans des photographies qui mieux que n'importe quel mot nous éclairent sur la réalité du Donbass et aussi nous enseignent sur les valeurs essentielles portées par les traditions et les libertés d'un peuple.

Erwan Castel


samedi 7 septembre 2019

Zakharchenko, un commandeur toujours vivant


La fin de ce mois d'août a été marquée par le premier anniversaire de l'assassinat du président Zakharchenko. A l'occasion de ce triste souvenir des commémorations diverses ont été organisées sur Donetsk et dont les échos ont retenti dans les conversations et les infos transmises jusque sur la ligne de front où j'étais avec mon groupe déployé au Nord de Gorlovka.

Répondant à un précédent article publié ici sur la disparition de Zakharchenko, plusieurs messages de pro ukrops dans des insultes qui ne révélaient que leur crétinisme haineux se sont réjouis de la mort de celui que les gens aiment à appeler "Batia" (le père). N'en déplaisent à tous ces pauvres débiles se cachant derrière l'écran de leur ordinateur et des pseudos anonymes, Alexandre Zakharchenko n'est pas mort car il continue à vivre à vovre dans les coeurs plus fort et plus haut chaque jour.


Des cérémonies, des concerts, des offices religieux d'hommage et de souvenir ont rythmé ces dernières journées la ville de Donetsk, et des dizaines de milliers de personnes sont venues témoigner de leur affection et remerciements pour l'oeuvre et le sacrifice accomplis par Alexandre Zakharchenko pendant ces 4 ans où il a offert sa vie pour le Donbass et fondé la République Populaire de Donetsk.

Ici dans les rues de Donetsk, point de mise en scène encadrée et orchestrée par la propagande et les services de l'Etat, point de grandiloquence dans les discours, ou de dramaturgie politicienne mais juste une émotion populaire simple et pure venant déposer au café Separ de son martyr, ou au cimetière de son repos éternel, des pluies de fleurs et de larmes silencieuses.


"Toute l’histoire de la Russie a été créée et s’articule autour d’un pilier. 
Un pilier qui correspond à aux désirs simples d’une personne ordinaire. 
C’est l’amour pour la mère patrie, l’amour pour la famille, l’amour pour la terre. 
Et c'est autour de ce pilier que l’État a été construit. 
Et puis les principes ont été adoptés et nous les formulons depuis longtemps: 
liberté, conscience, justice, égalité. 
C’est pour tout cela que, probablement, cela vaut la peine de construire un bon État."

Alexandre Zakharchenko


Parmi les manifestations organisées en hommage au Président Zaharchenko la pianiste internationale Valentina Lisitsa est venue donner un concert devant plusieurs milliers de personnes accompagnée de l'orchestre philharmonque dirigé par Vladimir Zavodilenko, et les chanteurs de l'Opéra de Donetsk. l'intégralité du concert ici :





Ce café Separ où "Batia" fut victime d'un lâche attentat terroriste est à 5 minutes de ma nouvelle caserne et je passe souvent devant le bâtiment griffé par l'Histoire et fleuri par le souvenir. Lorsque les gens viennent se restaurer, s'amuser où boire un verre entre amis sur ce beau boulevard Pouchkine où s'écoule la vie sociétale festive de Donetsk , il est fréquent de voir des gens venir se recueillir quelques minutes devant le café Separ pour y déposer des fleurs ou simplement des prières et parfois même au milieu de la nuit et du couvre feu.

Pour moi, ce sont ces marques d'amour et de respect profond, quotidiennes et anonymes, qui révèlent la dimension réelle et populaire que tient définitivement cet homme dans les coeurs et l'Histoire du Donbass. Car au delà de ses qualités et ses défauts que son travail accompli ou inachevé, Zakharchenko incarne l'espérance, le courage et la liberté du Donbass.


Aujourd'hui, celui qui guida l'espérance de tout un peuple pendant plus de 4 ans est devenu un phare dans les mémoires de millions de personnes qui ont volontairement héritées de sa vision idéologique, politique et sociétale, empreinte de devoirs autant que d'humanisme. Et ceux qui ont cru assassiner le "Printemps russe" en tuant celui qui était le gardien de sa flamme se sont lourdement trompés car en enterrant "Batia" le peuple du Donbass n'a pas mis en terre la dépouille inerte d'un homme, mais il a planté dans le terreau de son histoire une graine d'espérance et de courage qui bourgeonne à présent dans les coeurs de celles et ceux qui préfère les chemins escarpés et dangereux menant à la liberté que les ravins moelleux conduisant à l'esclavage.

De son vivant, Alexandre Zakharchenko trouvait toujours le temps de venir rencontrer et écouter les femmes et les hommes du Donbass, il disait y puiser toute la force morale et le courage nécessaires pour continuer à assumer ses devoirs d'homme, de président, de commandeur de la jeune République Populaire de Donetsk.

Aujourd'hui c'est au tour des femmes et des hommes du Donbass d'écouter les paroles de ce personnage hors du commun qui semblait sortir d'une forge du Donbass et pourtant au coeur tellement humain.


"Tôt ou tard, nous ferons à nouveau partie de notre grande patrie. 
Mais c’est une chose de tomber dans l’euphorie, 
et une autre est de passer par de telles épreuves"

Alexandre Zakharchenko


Pour répondre à ces collabos 2.0 qui se réjouissent de la mort de Zakharchenko, je dirais simplement que la partie la plus importante de sa vie a commencé ce 31 août 2018, quand la bombe d'un lâche a semé son exemple dans le coeurs de chacun d'entre nous qui continuons à avancer, avec une arme, un outil, ou un clavier sur le chemin qu'il a ouvert par son sacrifice. 

En pensée et en actes, nous sommes ses héritiers...

... et nous sommes des millions !

Merci à vous commandeur pour tout ce que vous avez fait autour de nous et tout ce que vous continuerez à nous montrer dans nos coeurs !

Erwan Castel

Merci à Svetana Kissileva pour ses photos belles et émouvantes.


"Vous avez probablement remarqué vous-même 
que je ne suis pas une personne qui pleurniche. Cependant, pendant cette guerre, 
il y avait des moments où les larmes ne pouvaient pas être retenues. 
Et non."

AlexandreZakharchenko


lundi 22 juillet 2019

Photographies à coeur ouvert


Ce dimanche 21 juillet 2019, j'ai été invité à nouveau à rencontrer la petite communauté de Trudovsky, un quartier du district de Petrovsky situé sur le ligne de front du Donbass, dans l'Ouest de Donetsk, autour d'une première exposition photo lui étant consacrée.

Une occasion pour moi de revenir toujours avec émotion dsn ce quartier, sur la ligne de front duquel j'ai servi en 2015 et 2017. 


Dimanche 21 juillet 2019

Quand l'actualité est brûlante comme c'est la cas d'une zone de conflit, les fenêtres qui sont ouvertes sur les événements et les personnes sont très différentes et souvent même proposent des regards divergents et contradictoires. Et le Donbass n'échappe pas à le règle, bien au contraire !

Il en est ainsi par exemple des versions des perroquets d'Etat, courtisans et gamellards propagandistes qui bataillent au dessus des tranchées sur un front de l'information où tout leur semble permis pour servir une partialité qui aujourd'hui, dans notre monde post moderne hyper connecté, sont plus ridicules qu'efficaces. Et ces nouveaux "chiens de gardes" éborgent par le mensonge et la censure la déontogie journalistique (quand ce n'est pas la brûler au bûcher d'un fanatisme manichéiste). Il y a aussi les reagrds des acteurs, militaires ou civils engagés dans le conflit par devoir et non par intérêt, et qui apportent, par leurs témoignages et leurs motivations, une profondeur humaine à la guerre permettant de mieux comprendre sa vraie nature beaucoup plus compexe que la vision présentée par les propagandes.

Il y a enfin ceux qui ouvrent des fenêtres sur la guerre, sans rideau cherchant à filtrer ses parts d'ombre ou de lumière, et qui laissent le public la liberté émotionnelle d'en ressentir par lui même toute sa réalité radicale....


La première fois que j'ai croisé Svetlana Kissileva c'était à Paris, autour d'une discussion sur le Donbass quelques jours avant mon départ vers Donetsk. Plus tard Svetlana a également rejoint, au cours de cette même année 2015, ce pays en guerre qui est aussi sa terre natale. Depuis elle témoigne inlassablement, appareil photo à la main, de la vie quotidienne des femmes et des hommes de cette steppe russe à nouveau balayée par les vents violents de l'Histoire.

Engagée au sein de l'agence Novorossiya Today avec laquelle il m'arrive souvent de collaborer, Svetlana Kissileva a su donner à ses photos la profondeur d'un miroir reflétant l'âme des personnes et l'esprit des lieux rencontrés. Par la sensibilité de son regard et son talent photographique, elle nous offre un des plus beaux témoignages sur cette guerre insensée qui saigne le coeur de l'Europe à l'aube de ce XXIème siècle.

Dans ses reportages photographique, Svetlana nous ouvre une fenêtre sur le peuple vrai du Donbass, celui qui vit des souffrances quotidiennes et que la guerre a exarcerbé au delà de l'imaginable et souvent du supportable pour les occidentaux ou même certaines personnes du centre ville de Donetsk, qui vivent dans ces bulles artificielles, où la couleur de la guerre rouge sang et indélébile dans les mémoires n'est plus que le noir d'une encre imprimée entre 2 publicités dans des journaux jetables.

Nous sommes allés plusieurs fois ensemble dans ce quartier de Trudovsky, parfois en compagnie d'Emmanuel et Estelle Leroy qui avec leur association humanitaire "Urgence Enfants du Donbass", aident régulièrement ici les victimes de la guerre et ceux qui tentent de les soigner.

Dans ce quartier aux allures de village, à l'ombre d'un grand terril de charbon vit, où plutôt survit, une communauté au milieu des bombardements et des tirs quotidiens débordant la ligne de front située à moins d'un kilomètre. Chaque soir les familles, encore nombreuses, se calfeutrent chez elles derrière les murs les moins exposés aux tirs, aux fenêtres renforcées de plaques ou dans les caves de leurs maisons aux murs griffés par l'acier. D'autres personnes, principalement des grands mères, rejoignent un ancien abri anti-atomique datant de la guerre froide où elles ont déménagé, pour certaines depuis 5 ans, après un bombardement destructeur important de leur maison.

Devant l'intensité de la guerre et surtout sa durée exceptionnelle on se demande immédiatement comment ces femmes, ces enfants et ces hommes peuvent être toujours là debout et sans sombrer dans la folie ou le désespoir. 

Il existe beaucoup de paramètres répondant à cette question parmi lesquels l'héritage d'une histoire douloureuse où les souffrances des guerres précédentes sont devenues des exemples dans leurs transmissions mémorielles; une vie sociétale fondée autour d'une activité minière difficile et dangereuse ayant éprouvée depuis des générations les corps et les esprits; la capacité développée d'une résilience et d'une solidarité issues du système soviétique; une fidélité à cette terre charnelle où reposent les morts et où les vivants cultivent leurs souvenirs et espérances transmises; etc. ... autant de ces qualités certainement consubtantielles à un inconscient collectif russe qui traverse intact les cycles de son Histoire.


Dans cette région d'Europe où les traditions sont encore sacrées et vivantes, il est important d'observer le rapport entretenu et l'apport réel de la foi religieuse pour mieux comprendre comment, mais aussi pourquoi, cette population du Donbass écrasée par les bombardemenst depuis plus de 5 ans, est toujours là debout au milieu de ses quartiers en ruine.

Et je ne veux pas faire ici de prosélytisme particulier lorsque j'évoque cette dimension sociétale de la foi et affirme qu'elle constitue un pilier important du Donbass, surtout dans le cadre de la guerre qui le frappe. Car il s'agit de la foi naturelle, ce dynamisme religieux universel diversement décliné dans les espaces et les temps humains, et qui est depuis les débuts de l'Humanité une fonction vitale dans l'achitecture ontologique de toute les communautés de l'Etre et même dans celles de l'Avoir qui carcatérisent ce monde moderne où l'on peut observer sans conteste le transfert du sentiment religieux dans un fétichisme non moins organisé de la marchandise. 

Lorsque j'observe la foi, en dehors de toute conviction religieuse personnelle, force est de constater qu'elle permet à l'être humain - à condition toutefois qu'elle ne construise pas un fatalisme victimaire, - de mieux résister aux épreuves individuelles de la vie et celles collectives de l'histoire. Et je tiens d'ailleurs le même discours lorsque j'évoque la la foi musulmane de la ciommunauté tatare près de laquelle je vis à Oktyabrsky.

C'est pour cela que partoit dans le Donbass, les lieux de culte restent ces centres d'équilibre privilégiés autour desquels gravitent l'harmonie et la cohésion d'une communauté et pour laquelle le mot "église", avant de désigner un bâtiment de pierre ou de brique, est d'abord une "assemblée" dans le sens étymologique initial du grec "ekklesia" (ἐκκλησία) et dans laquelle les personnes restaurent et entretiennent et mettent en commun leurs forces mentales.

Le père Alexandre, au milieu du centre d'accueil attenant à l'église bombardée de Trudovsky

Mais, au cours de cette guerre abjecte, Trudovsky la martyre a vu également son sanctuaire touché par l'artillerie ukrainienne, et ses orages d'acier qui ont gravement endommagé ce lieu de prière, de réconfort et d'entraide de cette petite communauté aux lisières occidentales de Donetsk.


Depuis 4 ans, autour du père Alexandre, qui anime à la fois avec charisme et humilité cette paroisse de Trudovsky, les habitants ont entrepris, pierre par pierre et poutre après poutre la restauration de leur sanctuaire qui est religieux mais aussi historique car élevé sur le lieu du martyr de dizaines de partisans et prisonniers russes torturés et assassinés par la Gestapo pendant la dernière guerre mondiale.

A l'occasion de ses reportages Svetlana Kissileva a décidé de mettre son talent au service du projet de sauvetage de ce lieu qui pour les habitants représente le coeur de leur communauté martyrisée et le champ où ils sément leurs espérances vitales.

Ce dimanche a donc eu lieu la première présentation publique d'une sélection initiale de photographies et qui vont être prochainement complétées par de nouvelles photos de Svetlana mais aussi enrichies par celles de Kristina Melnikova, une jeune reporter de l'agence EA Daily et dont le talent de photographe n'a pas à rougir de celui de Svetlana.



L'embryon de cette expostion photos a été présentée pendant toute la journée dans un parc au centre du district urbain de Perovsky et dont dépend le quartier de Trudovsky. Plusieurs dizaines de personnes mais aussi des promeneurs dominicaux sont venus à la rencontre de ces photographies de leur propre histoire. Cela a été l'occasion d'échanger des témoignages, souvenirs et histoires de vie autour de cette tragédie qui se joue toujours à la lisière de leur cité.




Dans les semaines et les mois à venir de nouveaux reportages et d'autres expositions photographiques à coeur ouvert pour témoigner de ce martyr du Donbass qui éclabousse de sang de larmes et de honte cette Europe du XXIème siècle toujours en proie avec ses vieux démons.


Erwan Castel


Observation: Une plateforme d'aides, directement organisée et gérée par la paroisse de Trudovsky sera également mise en place et ses coordonnées communiquées, afin de donner la possibilté à toutes et à tous d'aider à la restauration de son sanctuaire.


Kristina Melnikova et Svetlana Kissileva, 2 reporters  qui ont décidé de mettre leurs talents et leur travail au service de la Vérité et aujourd'hui pour aider à soigner le coeur bombardé de la communauté de Trudovsky