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samedi 3 août 2019

En Sibérie aujourd'hui



Cette fois la photo du jour n'est ni de moi ni dans le Donbass. Elle a été publiée dans le cadre d'information concernant la Sibérie. 

Ce qui est interessant das le publication initale de cette photo est qu'une minorité de personnes, mais suffisamment importante pour qu'elle soit citée a cru bon de polémiquer sur l'authenticité de cette photo plutôt que de débattre éventuellement sur le message qui l'accompagnait. Ces idiots qui regardent (et commentent) le doigt qui leur montre la lune sont pléthore aujourd'hui, symptôme de cette société du spéectacle où un paraître aliénatoire engendre tant de frustrations et haines individuelles...

En attendant, les feux de forêts continuent de ravager la Sibérie, infligeant des dégâts catastrophiques aux biotopes...

Cette photo (réelle ou montée) d'une Nature agonisante et que je trouve particulièrement atroce nous rappelle - et même lorsque nous ne sommes pas responsables des drames qui la touchent (pour une fois) - notre responsabilité de la protéger et lui porter assistance, car nous lui devons la seule chose la plus essentielle : la Vie.

Erwan Castel


mercredi 31 juillet 2019

"La Nature est un temple"



Me sont revenus en mémoire les vers de Charles Baudelaire à la vue de la tragédie qui frappe la forêt sibérienne aujourd'hui en feu....

Comment ne pas éprouver un immense tristesse devant cette agonie de la Nature ?

Et pourtant peu d'échos se font entendre au sujet de cette catastrophe aux conséquences incalculables qui frappe la Russie...

A ce jour, plus de 3 millions d'hectares de forêt sont partis dans fumée qui menace plusieurs villes importantes.

Je me souviens de l'incendie de la cathédrale de Paris qui avaient légitimement ému l'opinion publique internationale. Concernant Notre Dame de Paris, la Russie avait été une des premières nations à exprimer son empathie et à participer grandement aux aides pour sa restauration.

Certains peut être interpréteront à tort ma pensée comme un reproche: "nous ne pouvons pas y faire grand chose" ou "comparaison n'est pas raison". 

Or ici je ne désigne personne en particulier mais nous tous en général.

Car ma tristesse devant cette tragédie est autant vis a vis de la Nature blessée que de cet Homme moderne indifférent à son sort... enfin jusqu'à ce que son consumérisme en soit perturbé. 

L'homme des villes post modernes qui orchestre nos émotions à l'aune de son microcosme artificiel a oublié que cette Nature lui est sacrée car nourricière et protectrice de la Vie terrestre dont il fait toujours partie même s'il en est de plus en plus souvent indigne.

Faut-il le rappeler que les forêts ne sont pas seulement qu'une zone exploitable pour nos bois de construction ou nos ressources minières ? 

L'immense Amazonie reconnue par tous comme un patrimoine mondial et vital (sauf pour ce pitoyable gouvernement capitaliste de Bolsonaro qui en a la gestion) a plusieurs soeurs à travers notre unique planète et la sibérienne, en fait partie, au premier plan. 

Ce biotope et un des plus riches de Russie et sa disparition menace des millions d'espèces animales et végétales mais aussi un équilibre complexe organisé autour de son activité.

Mais voilà, la lointaine Sibérie est doublement malchanceuse car loin de nos villes, de nos plages, de nos soucis quotidiens... et en plus elle est en Russie où seul le sort d'un agitateur Navalny semble mobiliser les émotions occidentales manipulées.

Il est vraiment temps que l'homme retrouve son humanité et regarde à nouveau ces forêts incendiées ou éventrées comme des matrices de la vie dont il fait partie...

Et d'ailleurs, pour finir le parallèle avec Notre Dame de Paris, la symbolique sylvestre des cathédrales est bien là pour nous rappeler la dimension sacrée de cette vivante nature...

Erwan Castel

"La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens."

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal