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vendredi 10 avril 2020

Pensée du jour


Un des rares points positifs, et d'ailleurs peut-être le seul, d'une hospitalisation forcée, est de pouvoir parfois libérer la pensée des contingences et préoccupations quotidiennes. Ainsi je cherche a comprendre modestement par delà les champs de batailles physiques et idéologiques, les racines des esclavages et des révoltes qui rythment un effondrement en cours et que je crois malheureusement être plus aujourd'hui celui de l'âme humaine que du système qui l'asservit...


Mais il reste toujours "la foi et l'espérance"...

Alexandre Zakharchenko (1976-2018), président et bâtisseur de la République Populaire de Donetsk. Son assassinat par un attentat terroriste le 31 août 2018 va, contrairement aux objectifs de ses assassins occidentaux, sublimer la résistance armée et renforcer le projet sociétal que le peuple du Donbass a bâti autour de ses traditions et libertés.

Lorsque je tente modestement d'observer les spasmes de notre monde post-moderne et que j'appelle de mes voeux à être les symptômes de la mort prochaine du système mortifère qui en est le moteur, je suis effaré de voir combien les Hommes dans leur ensemble continuent à s'accrocher à ses chimères qui aveuglent leurs libertés de conscience depuis des millénaires.

Est-ce par conditionnement, habitude ou servilité, par manque de courage, d'imagination ou de culture, ou peut-être un peu tout cela à la fois, que les populations se laissent porter par les courants de l'individualisme et des idéologies dogmatiques au lieu de saisir l'opportunité de reprendre leurs destinées en main dans cette dynamique du "surhomme" qui domine à la fois leurs peurs et leurs pulsions. Car force est de constater qu'au milieu des crises multiples et exponentielles qui nous happent vers l'inéluctable chaos régénérateur, l'immense majorité des individus persistent au milieu du naufrage à s'accrocher aux débris pourris de leurs certitudes qui leur sont autant liberticides qu'elles sont désuètes. 

Au lieu de regarde, par delà des vagues qui déferlent sur eux, la montagne dont le sommet luit de la promesse d'un nouveau printemps, les "homo, de moins en moins sapiens" se déchirent ou se réfugient dans la vacuité de réseaux sociaux abscons, incapables de comprendre que ces derniers servent  surtout de valve de dépressurisation pour éviter que de vraies rébellions explosent et menacent réellement le système dont ils sont les esclaves .

Beaucoup critiquent, et à juste titre les avidités, cupidités et carriérismes individuels des élites politiques occidentales qui dirigent des gouvernances toutes dédiées au service d'une ploutocratie internationale, ce nouveau clergé du dieu Mammon. Mais ces "indignés" dans leur immense majorité ne valent pas mieux que leurs maîtres dénoncés car ils persistent à vouloir réagir via les prismes dogmatiques de communautarismes idéologiques religieux, ethniques, politiques ou autres. Ces faux dissidents sont in fine comme ces gladiateurs enfermés dans l'arène des cirques romains et qui s'étripent entre eux en maudissant ceux qui, depuis leurs hautes tribunes des pouvoirs politiques, financiers et médiatiques, tendent leurs pouces vers le sol en se riant de leur stupidité suicidaire . 

Aujourd'hui les peuples tournent en rond autour de leurs désespoirs et de leurs peurs car chacune de leurs réactions au système est aussitôt captée par des fantasmes stériles et contre productifs qui factuellement lui sont aussi utiles à maintenir son pouvoir que le diable est utile à l’adoration de dieu. Des complotistes hurlants qui ne regardent que les personnes à décapiter aux communautaristes qui dirigent leurs haines vers telle ou telle communauté politique ou ethnique, aucune révolte occidentale n'a malheureusement aujourd'hui la vraie consistance d'une rébellion salvatrice, car les européens ont oublié que la Liberté se gagne les armes à la main en avançant dans l'inconnu et non en ruminant des certitudes enchaînées à des dogmes idéologiques hors sol.

Les dissidences occidentales en se perdant dans des luttes horizontales ou des circonvolutions byzantines ne regardent pas au dessus d'eux et surtout au dessus du cirque auquel appartiennent même ces marionnettes politico-médiatiques qui clabaudent du haut de leurs tribunes et que parfois des révolutions viennent éjecter pour aussitôt les remplacer par d'autres marionnettes aussi serviles qu'esclavagistes. Il serait temps que les peuples regardent au delà des chaines de leurs consumérisme individualiste et de leurs peurs collectives organisés par un système orwellien accompli pour désigner et combattre leur véritable ennemi. Cet ennemi, il n'est pas de gauche ou de droite, musulman ou chrétien, blanc ou noir, il n'est même pas cette haute finance internationale qui profite aujourd'hui de sa dictature de la marchandise... 

L'ennemi des peuples de la Terre, c'est cette pensée unique qui est la matrice de toutes les tyrannies de l'Histoire depuis qu'un prétexte prétendu divin mais réellement dominateur et jaloux a demandé à ses larbins "...remplissez la terre et l'assujettissez, et dominez sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, et sur tout être vivant qui se meut sur la terre." Depuis, tel un vrai virus, cette pensée unique métamorphose ses impérialismes esclavagistes de système religieux en système économique, politique ou culturel...

Tant que la matrice de la pensée unique sera féconde dans l'esprit humain perverti par la vanité de sa conscience, la diversité du Monde, donc les libertés animales, végétales et humaines, et par conséquent la survie du vivant dans son ensemble seront en danger mortel. Décapiter les princes, les clercs et les banquiers qui nous asservissent n'est pas la finalité du combat mais juste la toute première étape d'une révolution majeure qui doit s'opérer en priorité dans le coeur de l'Homme, 

La résistance à mener est donc à la fois une guerre verticale contre les tyrannies et un combat herméneutique contre la pensée unique qui les fait naître. Et pour ne pas se perdre dans les combats et defendre ses vraies traditions, l''Homme doit d'abord se dépouiller des dogmes qui prétendent en faire partie mais qui sont en réalité les carcans idéologiques - et souvent exogènes - de sa conscience collective native. Alors seulement les peuples d''Europe, dans la reconquête de l'imaginaire de leurs mythes fondateurs pourront libérer vers de nouvelles hauteurs intérieures leurs libertés civilisationnelles.

Heureusement il reste encore, ici et là des peuples qui ose défier le système esclavagiste de la marchandisation du monde, non pas en s'accrochant aux derniers débris encore flottant des archaïsmes politiques qui l'ont fait naître, mais en projetant avec audace et imagination vers l'A-venir, leurs valeurs humaines forgées par l'Histoire et la Nature dans une entité sociétale supra communautariste et adogmatique. 

Et ces peuples libres, comme celui du Donbass par exemple, ne luttent par pour leur confort, ni même pour leur présent, mais pour leurs traditions et leurs libertés et und survie naturelle et ontologique lointaine, au delà du chaos qui s'annonce, de l'espérance humaine.
Et ces femmes et ces hommes peuvent regarder vers l'Est les premières lueurs d'un printemps qui leur répond avec d'autant plus de confiance qu'ils ont su abandonner leurs oripeaux du passé tout comme ils refusent, les armes à la main, les esclavages du présent.

Erwan Castel

"Au milieu d’un monde à la dérive, nous sommes seuls. Nous sommes tragiquement seuls. Nous n’avons rien à voir avec toutes les formules commodes qui permettent toujours d’entrer dans une des chapelles bien étiquetées de l’échiquier politique. Nous naviguons sur une mer inconnue et personne ne peut comprendre vers quels continents nous cinglons. Nous ne sommes à l’aise nulle part. Mais si chaque parti nous est étranger, chaque militant reste notre frère. Un véritable activiste refuse toutes les formations de l’heure mais il accepte tous les hommes de courage. Et c’est pourquoi nous sommes joyeusement seuls.

C’est justement parce que nous refusons toutes les compromissions et toutes les manœuvres que nous serons le plus pur métal de l’alliage de demain. "
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Jean Mabire
"La torche et le glaive", éditions Libres opinions, 1994


mardi 10 mars 2020

'L'Europe ne se fera qu'au bord du tombeau"

Friedrich Nietzsche


Publié sur les réseaux sociaux le 10 mars

RÉSUMONS LA SITUATION EN 7 SECONDES
  • Crise économique
  • Crise sanitaire
  • Crise militaire
  • Crise migratoire
  • Crise boursière
  • Crise politique
  • Crise sociale

Et celles qui font moins de bruit mais autant de dégâts:
  • Crise écologique
  • Crise morale
  • Crise culturelle
  • Crise climatique
  • Crise religieuse

Aujourd'hui, même les crises.... sont en crise...

"Y aurait -y pas un truc comme un gros bug systémique ???"

Aux Abris !!!

" Nos ancêtres ont refusé de croire à la mort du soleil. Ils portaient au cœur la certitude du printemps. Ils savaient que la vie continuait, que les fleurs allaient crever la neige, que les graines germaient sous la glace, que les enfants allaient prendre leur part d'héritage et que leurs clans et leurs tribus allaient conquérir toutes les terres dont ils avaient besoin pour vivre, toutes les mers dont ils allaient faire leur domaine sans limites.

Notre monde est en train de naître. Invisible comme les fleurs et les blés de demain, il fait son chemin sous la terre. Nous avons déjà nos racines, solidement enfoncées dans la nuit des âges, ancrées dans le sol de nos peuples, nourries du sang de nos anciens, riches de tant de siècles de certitude et de courage que nous sommes les seuls à ne pas renier.

Nous sommes entrés dans un hiver intégral où l'on oblige les fils à avoir honte des hauts faits de leurs pères, où l'on préfère l'étranger au frère, le vagabond au paysan, le renégat au guerrier.
Nous sommes entrés dans un hiver où l'on construit des maisons sans cheminée, des villages sans jardins, des nations sans passé. Nous sommes entrés dans l'hiver.

Nous sommes quelques uns qui travaillons au retour du printemps."

Jean Mabire

jeudi 29 mars 2018

Jean Mabire, passeur de mémoire



"Nous ne changerons pas le monde, 
il ne faut pas se faire d'illusions, 
ce n'est pas nous qui allons changer le monde, 
mais le monde ne nous changera pas."

Jean Mabire

Certaines lectures passées résonnent à nouveau dans ma mémoire à l'aune du présent et surtout de cet engagement sur le front militaire du Donbass entamé il y 3 ans.

Il y a 12 printemps, un 29 mars 2006, disparaissait à Saint Malo Jean Mabire, un gardien de l'âme européenne et éveilleur de consciences.

Ses livres furent sur la table de chevet de ma jeunesse, ces belles années où je croyais le Monde à la portée de mes rêves, sans deviner que plus tard le souvenir de ses écrits allait m'aider à y surmonter les difficultés et même les échecs. De Jean Mabire, beaucoup plus que ses livres d'histoire militaire remontant le couranr d'une historiographie borgne, ce sont ses essais métapolitiques et sa quete spirituelle qui ont le plus semé dans mon coeur.

Et mon âme européenne et païenne, s'est manifestée pour la première fois et explicitement en lisant l'incontournable "Thulé, où le soleil des hyperboréens"

Avec mon père et le vent caressant les vieilles pierres taillées de Bretagne, avec Louis Pauwels, Jean Markale, Xavier Graal, Milig ar Skañv, Antoine de Saint Exupery, Ernst Jünger, Marc Aurèle, Elie Denoix de Saint Marc et tant d'autres, Jean Mabire fut donc pour moi un initiateur, un briseur de dogmes et un libérateur de conscience formidable.

Aujourd'hui, depuis le front des steppes du Don, cet avant poste de valeurs civilisationnelles menacées par le monde moderne, je veut lui rendre hommage car il est un artisan majeur, avec René Guénon et Alain de Benoîst et Dominique Venner, de cette identité européenne qui, au milieu de l'obscurantisme judéo-chrétien et des absolutismes politiques, a ouvert le chemin de mon coeur jusque dans le Donbass rebelle.


Lorsque Jean Mabire s'éteint, son souvenir reste allumé, vif et élevé dans les coeurs où il a semé en héritage le rêve hyperboréen, car "la Tradition ce n'est pas remuer les cendres mais transmettre la flamme"

Erwan Castel

"Nos ancêtres ont refusé de croire à la mort du soleil. Ils portaient au cœur la certitude du printemps. Ils savaient que la vie continuait, que les fleurs allaient crever la neige, que les graines germaient sous la glace, que les enfants allaient prendre leur part d'héritage et que leurs clans et leurs tribus allaient conquérir toutes les terres dont ils avaient besoin pour vivre, toutes les mers dont ils allaient faire leur domaine sans limites.

Notre monde est en train de naître. Invisible comme les fleurs et les blés de demain, il fait son chemin sous la terre. Nous avons déjà nos racines, solidement enfoncées dans la nuit des âges, ancrées dans le sol de nos peuples, nourries du sang de nos anciens, riches de tant de siècles de certitude et de courage que nous sommes les seuls à ne pas renier. Nous sommes entrés dans un hiver intégral où l'on oblige les fils à avoir honte des hauts faits de leurs pères, où l'on préfère l'étranger au frère, le vagabond au paysan, le renégat au guerrier. Nous sommes entrés dans un hiver où l'on construit des maisons sans cheminée, des villages sans jardins, des nations sans passé. Nous sommes entrés dans l'hiver.

Nous sommes quelques uns qui travaillons au retour du printemps."

Jean Mabire