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lundi 6 décembre 2021

L'armée ukrainienne fait le plein

"Quant à la reprise des hostilités à grande échelle, la perspective est 
réelle. Nous entendons constamment parler de cela dans les déclarations 
de l'Ukraine et de ses partenaires occidentaux. Le nombre de personnes et 
d'équipements tirés dans la zone de conflit indique que l'Ukraine est prête." 

Denis Pushilin, Président de la République Populaire de Donetsk


Dans le Donbass, alors que tous les projecteurs occidentaux n'éclairent que les mouvements russes sur leurs territoires frontaliers, les forces ukrainiennes - qui les ont provoqué en réaction - continuent de déployer quotidiennement vers le front des dizaines d'unités de combat dont les effectifs globaux sont évaluer au minimum à 125 000 hommes aujourd'hui. 

Ainsi par exemple parmi les renforts repérés par les observateurs de l'OSCE:

Le 4 décembre, l'OSCE constate le transfert vers le front de nouveaux matériels lourds ukrainiens:
17 chars T64 et 10 obusiers automoteurs de 122mm "Gvozdika" débarqués en gare d'Artemvosk.

Les mouvements des matériels ukrainiens peuvent aussi être repérés par des vidéos amateurs diffusés sur les réseaux sociaux, montrant des convois routiers ou ferroviaires faisant route vers le Donbass (par exemple ici) et, plus cocasse, avec les rapports concernant les accidents qu'ils provoquent régulièrement sur les routes, parfois pour le malheur de la population locale occupée :

A Nikolaiev, accident entre 1 camion et un obusier tracté.

A Kherson, camion ukrainien entré en collision avec une voiture.

Des mouvements militaires ukrainiens sont également observés se dirigeant vers les frontières Nord de l'Ukraine où vers celles de la Crimée où l'Etat major de Kiev organise très régulièrement, à quelques kilomètres seulement des postes frontières des exercices provocateurs d'artillerie et de chars.

Traversant la ville d'Odessa une importante colonne 
d'artillerie ukrainienne fait mouvement vers la Crimée


Du côté de l'OTAN

Si l'OTAN a bien fait comprendre à Kiev qu'elle n'était pas intéressée pour envoyer de ses soldats mourir pour Donetsk, Lugansk et encore moins Sébastopol, en revanche l'alliance militaire n'est pas absente dans les soutiens occidentaux promettant d'aider Kiev à défendre l'intégrité de l'Ukraine par des aides logistiques et des formations accrues.

Ainsi par exemple, sur "recommandation" du Pentagone à Varsovie, la société d'armement polonaise Metalexport-S va livrer à l'Ukraine un premier lot de 5 000 roquettes de 122 mm pour le ses Lance Roquettes Multiples BM-21 "Grad" qui depuis 2015 connaissent des ruptures d'approvisionnement régulières au point qui les ont même contraint au silence pendant plusieurs années.
   

L'agence Bloomberg a récemment confirmé que Kiev avait en fait acquis beaucoup plus de drones d'attaque TB2 Bayraktars qu'on ne le pensait (6). La flotte de ses drones d'attaque de fabrication turque serait en réalité de plusieurs dizaines d'appareils et un lot de 24 Bayraktars arrivera sous peu en Ukraine. Dans plus, récemment, Vasily Bodnar, ambassadeur ukrainien à Ankara a déclaré que le terrain pour le début de la construction de l'usine de Bayraktar en Ukraine avait déjà été acquis. Selon un accord signé entre Kiev et Ankara, la firme Bayraktar construira un centre de maintenance et de modernisation des drones dans la région de Vasilkov.

Rappelons que le drone turc Bayraktar est désormais en permanence dans le ciel du Donbass pour effectuer des missions de reconnaissance, a déjà été employé dans une attaque au sol le 26 octobre dernier dans la région de Telmanovo et que le président turc Erdogan se propose d'être le conciliateur de paix entre Kiev et Moscou... cherchez l'erreur !

A vomir !
A l'occasion de la journée des forces armées ukrainiennes
l'ambassade étasunienne de Kiev s'est fendu d'un clip de
félicitations dignes des caresses du maître à son clébard
malade qu'il veut voir aboyer dans la tanière de l'ours !

Bien que le ministre ukrainien de la Défense Reznikov ait solennellement appelé les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada à déployer des troupes sur la « ligne de front avec la Russie » (Kharkov, Kramatorsk et Marioupol), les pays occidentaux ne semblent pas très pressés de poser un rangers sur le front bouillant du Donbass ou du coté de la Crimée et, malgré les déclarations d'intentions britanniques, françaises et même suédoises, pas une seule unité combattante occidentale a montré à ce jour le bout de ses fusils dans l'Est de l'Ukraine.

2 intentions (et espérances kiéviennes) cumulables sont possibles quant à se déploiement occidental demandé par Reznikov sur son sol : 
  • En cas de contre offensive russo-républicaine, Moscou dans les combats du Donbass contre les ukrainiens ne poussera jamais la victoire certaine de ses unités jusqu'au contact avec des membres de l'OTAN qui ne s'y seront pas directement engagés.
  • Si une unité étrangère est prise sous le feu volontaire ou non d'une unité russe, cela augmentera les chances pour Kiev de voir s'internationaliser encore plus le conflit au moins sur leplan des relations internationales et des sanctions anti-russes.
En attendant, l'OTAN multiplie donc ses aides financières (en 2021, l'Ukraine a reçu des USA 390 millions de dollars et de l'UE, 600 millions d'euros), ses exportations d'armes, ses assistances techniques et ses formations à destination des forces armées ukrainiennes qui restent matériellement et tactiquement loin d'être "la meilleure armée du Monde" comme l'a clabaudé récemment Zelensky à la Verkhona Rada, oubliant comme souvent qu'il n'est plus un clown mais un président. 

Soldat canadien de l'opération "Unifier" formant des soldats ukrainiens sur la base de Yavoriv

Même si officiellement l'Ukraine n'est pas membre de l'OTAN et que cette dernière, par la voix de son secrétaire général Stoltenberg, a signifié à Zelensky que son intégration - laquelle est un des objectif majeur de la politique ukrainienne - n'est pas prévue à court terme, sur le sol ukrainien, l'alliance militaire est déjà très présente, voici quelques exemples  :
  • Au sein du ministère ukrainien de la Défense et de son Etat Major, plusieurs conseillers militaires de l'OTAN sont en poste. 
  • Sur la base de Yavoriv près de Lvov. 400 combattants de l'OTAN y sont stationnés en permanence. Depuis avril 2021, c'est le colonel James Perrin, chef du groupe opérationnel « Raven » de l'unité de combat de la 81e brigade « Stryker » de la garde nationale américaine, qui a été nommé commandant de la base. Sous son commandement des officiers canadiens, britanniques, suédois, polonais, danois, lituaniens procèdent à la normalisation et l'entrainement d'unités de combat ukrainiennes (déjà 13 bataillons et 8 brigades y ont été formés). 
  • Au sein du SBU, depuis février 2019, des experts du Pentagone sur les menaces transnationales forment des unités spéciales aux opérations clandestines et de sabotage. Sur ordre du Pentagone les services de renseignement américains ont même créé le "SBU Special Operations Center" un nouveau département du SBU spécialisé dans le sabotage et la reconnaissance à l'étranger (comprendre: la Russie) et dont les membres sont recrutés par les agents étasuniens eux mêmes.
  • A l'académie militaro-diplomatique de la Direction principale du renseignement du ministère de la Défense de l'Ukraine, du personnel du MI-6 britannique organise des stages de formation. 
  • Au 73e centre d'opérations spéciales de la marine à Ochakov, d'autres experts britanniques préparent des groupes de sabotage pour des opérations en Crimée et en mer Noire et d'Azov, (destruction ou saisie de navires et d'installations côtières). Au total plus de 200 "instructeurs" occidentaux seraient en poste à Ochakov pour former les commandos ukrainiens.
  • etc.
Une estimation minimum de la présence déjà effective de l'OTAN en Ukraine est d'une dizaines de bases militaires camouflées et "centre de formation", ce qui représente environ 4000 militaires étasuniens et 8000 militaires des autres pays de l'OTAN et alliés. Ces militaires de l'OTAN, principalement des cadres de forces spéciales sont en mesure d'être activé immédiatement et sans délais pour des missions spéciales (s'ils ne le sont déjà pas déjà dans la reconnaissance). A noter à ce sujet que des "conseillers" militaires de l'OTAN effectuent très régulièrement des visites du front du Donbass, jusqu'en première ligne et réalisent des missions de formation de plus en plus proches du Donbass.

Les "conseillers" de l'OTAN, viennent régulièrement sur le front du Donbass, 
certains en grande pompe, accompagnant des officiels et des journalistes, d'autres 
plus discrètement, sans laisser de traces... enfin, presque sans laisser de trace ! 

Il convient de rajouter à ces assistances humaines des soldats et experts les structures (bases navales, terrestres, ou aériennes) qui sont réalisées en Ukraine "aux normes de l'OTAN" et conçues dans l'objectif d'accueillir des unités de l'Alliance, ce qui se fait également factuellement dans le cadre des exercices interalliés que les occidentaux organisent plusieurs fois par an, en Mer Noire et en Ukraine.

De facto l'OTAN a donc bien mis une botte en Ukraine et pour ceux qui douteraient encore de son intention il suffit d'écouter le Commandant en second des forces terrestres de l'OTAN, le lieutenant-général britannique Richard Cripwell qui, commentant les missions des forces britanniques auprès de forces de Kiev déclare que "la Grande-Bretagne et l'Ukraine ont des opposants communs : la Russie et la Biélorussie".  Je ferai ultérieurement un article plus détaillé sur cette présence actuelle de l'OTAN en Ukraine.

Et dans le domaine du renseignement, les forces de l'OTAN sont en revanche bien opérationnelle sur le théâtre d'opération pontique, notamment avec leurs unités d'observation stratégiques, avions, drones ou bâtiments de surface.

3 déc 21, un Boieng RC135V et un CL-600 "ARTEMIS" de l'US Air Force en mission au large 
des côtes russes ont été "escortés" par des chasseurs russes  Su-27 et Su-30. il est à noter qu'un
incident s'était produit entre le CL600 US et un Airbus de la compagnie Aeroflot assurant une 
liaison entre Tel Aviv et Moscou, avec 142 passagers à bord et qui a du effectuer une manœuvre 
d'évitement d'urgence lorsque le CL600 étasunien a brutalement changé d'altitude sans répondre
aux appels répétés des services de la circulation aérienne, incident répété avec un avion privé.

Boeing US de reconnaissance électronique RC-135V en provenance de la base
de Suda en Crête effectuant une mission d'observation des régions côtières russes.

6 déc 21, c'est encore un CL-600 "ARTEMIS" (Airborne Reconnaissance and Targeting 
Multi-Mission Intelligence System) de l'US Air Force qui effectue une mission d'observation
électronique le long des côtes de la Russie, au large de Sébastopol et Krasnodar.



Du côté de la Russie

La Russie de son côté continue ses déploiements dissuasifs autour de l'Ukraine espérant qu'elle n'aura pas à dégainer une contre-offensive en cas d'attaque ukrainienne massive dans le Donbass 

Quelques exemples récents observés en Crimée :

5 déc 21, Crimée secteur de Sébastopol, convoi russe en 
chemin vers Dzhankoy, près de la frontière ukrainienne

Crimée, concentration d'unités de combat russes près de Novoozernoe (district de Evpatoria.)

5 déc 21, secteur de Tver, la 126e brigade russe de défense 
côtière en mouvement vers la frontière ukrainienne.

Sur le front du Donbass

Le jour où le Président ukrainien Zelensky visite le front du Donbass, dans le secteur de Svetlodarsk, au Nord Est de Gorlovka (à l'occasion de la journée des forces armées ukrainiennes), ses soudards continuent leurs bombardements sur les territoire des républiques comme sur le village minier 6/7 à l'Ouest de Gorlovka, bombardé en fin d'après midi par du mortier de 120mm ukrainien. 

Mais pour terminer sur une bonne nouvelle, la neige a enfin fait son apparition cachant les cicatrices de la steppe meurtrie et faisant naître entre les mains des enfants rieurs des bonhommes de neige dans les parcs et les jardins.

Erwan Castel


samedi 1 mai 2021

L'Ukraine, ou le refuge des psychopathes

Le psychopathe Muslim Cheberloevsky exhibant fièrement son poignard "Morts aux séparatistes" lors de sa rencontre avec son homologue psychopathe ukrainien Iarosh

  • On connaissait déjà l'Ukraine comme étant le foyer principal (surtout la région occidentale de Lvov) d'une survivance idéologique nazie via ce nationalisme bandériste ethnocentré ayant collaboré avec la face criminelle du nazisme et qui, en 2013 va mettre ses skinheads au service de l'ingénierie étasunienne du Maïdan en échange d'une part du pouvoir politique, de la glorification des collaborateurs nazis et de la reconnaissance de leur idéologie totalitaire comme référence patriotique ukrainienne. Aujourd'hui la peste brune du bandérisme rayonnant à partir de Lvov a infecté le gouvernement et le parlement ukrainiens, les unités militaires et mouvements de jeunesse jusqu'à investir officiellement les rues de Kiev.
  • On observe depuis 2014 l'attirance exercée par la guerre du Donbass auprès des nationalistes occidentaux qui vivent une nouvelle fracture idéologique avec une majorité, dans un fantasme anticommuniste hitléro-américain, qui va soutenir l'offensive atlantiste contre les séparatistes pro-russes tandis qu'une minorité, dans une poutinolâtrie non moins fantasmée, va soutenir les républiques de Donetsk et Lugansk. Et parmi ces tarés et ces rêveurs certains vont même rejoindre les tranchées ou dans les rangs des milices républicaines, ou dans les rangs des bataillons spéciaux néo-nazis ukrainiens comme "Azov" par exemple ou en 2014-2015 on compte une cinquantaine de français. 

Mais dans le jeu géopolitique dont le Donbass catalyse toutes les tensions internationales de la nouvelle guerre froide Washington/Moscou, on voit aussi que les puissances dont les zones d'influence couvrent cette région pontique (OTAN, Russie, Turquie) cherchent à avancer leurs proxys ou les laisser rejoindre la ligne de front qui malgré des accords de paix signés à Minsk n'a jamais cessé d'être active. 
  • Ainsi, des dizaines de milliers de volontaires internationaux sont venus rejoindre les milices républicaines soit par conviction idéologique diverse (communisme, national bolchevisme, anti mondialisme, monarchisme etc...) soit le plus souvent par une conscience identitaire historique qui solidarise dans une idée d'empire héritée les différents peuples de la grande Russie impériale, soviétique et fédérale. 
  • Quant au front ukrainien il attire aussi des volontaires qui cherchent dans une aventure militaire contractuelle à sortir de prison, exprimer leur fanatisme politique ou leur extrémisme religieux, ou fuir des théâtres d'opérations où ils ont perdu la guerre comme par exemple la Tchétchénie ou  la Syrie tout en continuant à être les idiots utiles d'un mondialisme dont ils n'ont pas compris encore qu'ils étaient ses consommables. 
Dmitry Iarosh, chef de la formation paramilitaire nazie "Prayvi Sector"
rencontrant en 2014 à Odessa  Muslim Cheberloevsky, le chef tchétchène
du bataillon Cheikh Mansour, organisation terroriste affiliée à Daesh

Dès 2014, des observateurs avaient signalé des rencontres entre djihadistes salafistes et néo-nazis atlantistes autour de front du Donbass, ici j'ai déjà consacré plusieurs articles (ici et ici par exemple) à ce qui n'était alors, il faut bien le reconnaître, qu'un phénomène anecdotique et sans conséquence concrète importante (les quelques dizaines de djihadistes repérés seront d'ailleurs liquidés par un coup de vent venu du Caucase continuer le nettoyage commencé en Tchétchénie.

Cependant, "la donne a changé" depuis que la Turquie, enivrée par ses victoires en Syrie ou dans le Haut Karabagh, n'entre de plus en plus de plein pied dans la guerre du Donbass que les ukropithèques mènent pour le compte de l'Oncle Sam.

Après le soutien politique inconditionnel au régime de Kiev (notamment au sujet de la Crimée) la livraisons à l'armée ukrainiennes de drones d'attaque "Bayraktar TB2", voilà qu'est à nouveau évoqué l'arrivée sur le front ukrainiens d'unités de djihadistes islamistes venant de Syrie ou d'autres fiefs de la nébuleuse du terrorisme salafiste.

Voici une synthèse relayée par "Réseau International" concernant cette implication probable de djihadistes aux côtés des soldats ukrainiens

Erwan Castel

Source de l'article: Réseau International

Les États-Unis ont intensifié leurs efforts pour saboter les relations turco-russes et préparent un complot: Washington prévoit d’envoyer des mercenaires dans la région du Donbass et d’en faire porter la responsabilité à la Turquie.


Des djihadistes en Ukraine 
Les États-Unis vont organiser l’opération 
et rejeter la faute sur la Turquie

1er mai 2021

United World International a découvert une nouvelle conspiration américaine en Ukraine

L’UWI a obtenu des informations fiables de sources internationales selon lesquelles les États-Unis ont préparé un plan pour d’abord susciter la méfiance entre la Russie et la Turquie, puis provoquer des tensions entre Ankara et Moscou. Selon le plan, les djihadistes et les mercenaires syriens seront déplacés vers la région du Donbass. Ces groupes comprendront des Tatars et des Tchétchènes qui connaissent bien la région et seront envoyés pour combattre les forces russes et pro-russes. Plus tard, les médias mondiaux répandront le mensonge selon lequel la Turquie a transféré ces groupes dans la région. De cette manière, les États-Unis ont l’intention de provoquer un conflit entre la Turquie et la Russie.

Revendications concernant le transfert d’une avant-garde dans la région du Donbass

La source internationale qui a parlé à l’UWI a déclaré : 

« Les relations turco-russes se développent généralement bien. Il existe des points de désaccord, mais ils sont d’importance secondaire. Les relations entre Poutine et Erdogan sont bonnes, et ils l’ont déclaré à l’opinion publique mondiale. Les États-Unis n’acceptent pas cette situation. Washington élabore des plans sur la manière d’éloigner la Turquie de la Russie et applique la tactique de la carotte et du bâton ».

« En ce moment », poursuit la source, « les États-Unis effectuent des démarches informatives en Ukraine. Leur dernière tentative consiste à faire venir des mercenaires de Syrie en Ukraine. Les préparatifs ont déjà commencé. Les hommes sont spécialement choisis dans les groupes qui auraient des liens avec la Turquie et sont entraînés ».

La source poursuit : 

« Des rumeurs indiquent qu’un petit groupe d’avant-garde a déjà été déplacé dans la région du Donbass. Les djihadistes tatars et tchétchènes parmi eux rendront les choses encore plus faciles. Le déploiement sera bientôt terminé et ils recommenceront la propagande selon laquelle la Turquie a transporté en Ukraine les groupes qu’elle a formés en Syrie, comme elle l’a fait en Libye et dans le Haut-Karabakh. Ils accuseront la Turquie de ce qu’ils ont eux-mêmes organisé. Ils utiliseront ces mercenaires dans des opérations secrètes ; ils les utiliseront contre des civils. Ou bien ils mèneront eux-mêmes les opérations et rejetteront la faute sur ces groupes.

La source a déclaré que cette opération vise également à influencer l’opinion publique russe :
 
« Ils présenteront au public des documents de presse, des vidéos, des photos de mercenaires syriens amenés en Ukraine et de leurs actions sur place. Ils publieront des photos et des vidéos de ces groupes prises en Turquie. Ils utiliseront les réseaux sociaux. Ils essaieront également de saboter les relations turco-russes comme ils l’ont fait lors de la crise où l’avion russe a été abattu. Et tout en exécutant ce plan, ils tenteront de provoquer l’opinion publique russe contre la Turquie. Ils utiliseront les forces anti-turques à l’intérieur de la Russie. Ils activeront les forces pro-occidentales en Russie pour accroître les tensions avec la Turquie.


La Russie est alarmée

Pendant ce temps, la Russie serait alarmée. Les sources indiquent que la Russie dispose d’un vaste réseau de renseignements dans la région et déclarent ce qui suit : « La Russie dispose également d’un vaste réseau de renseignements à l’intérieur de l’Ukraine. Moscou a la capacité d’observer toute personne entrant et sortant de la région. En outre, la majorité de la population de la région du Donbass soutient la Russie ».

« La Russie est donc au courant de tous les mouvements et activités dans la région. Il est nécessaire de s’abstenir de toute action que la Russie pourrait mal interpréter. Des mesures erronées qui pourraient rendre la Turquie suspecte provoqueront une forte réaction en Russie. De telles mesures et leur réaction raviront avant tout les Arméniens et le PKK/PYD ».

Déclaration de Lavrov

Lors d’une récente visite en Égypte, le ministre russe des affaires étrangères, M. Lavrov, a répondu comme suit à une question posée lors d’une conférence de presse : 

« Je vous dirai tout de suite que nous exhortons tous les pays responsables avec lesquels nous communiquons, et la Turquie en fait partie, à les inciter fortement à analyser la situation et les déclarations implacablement belliqueuses du régime de Kiev, et nous les mettons également en garde contre le fait d’encourager ces aspirations militaristes ».

Des sources diplomatiques indiquent que des responsables russes ont recueilli des renseignements sur des plans visant à déplacer des mercenaires du Moyen-Orient vers l’Ukraine, et que ces inquiétudes ont poussé M. Lavrov à faire cette déclaration.


Esper a demandé le déploiement de troupes américaines en mer Noire

L’ancien secrétaire américain à la défense, Mark Esper, a demandé que son pays déploie davantage de soldats dans les pays riverains de la mer Noire, tels que la Bulgarie et la Roumanie, afin de prévenir d’éventuelles attaques russes.

Washington devrait chercher à rassurer les alliés européens et à renforcer l’alliance de l’OTAN en déployant davantage de forces en Pologne, « dans les Pays Baltes, si cela a un sens, et dans des pays comme la Roumanie et la Bulgarie, si ce n’est pas de manière permanente, sur la base d’une rotation », a déclaré M. Esper dans une interview accordée à Reuters mardi.

À la suite de la montée des tensions en Ukraine, les États-Unis ont annoncé qu’ils allaient renforcer leur présence militaire en Allemagne. Auparavant, l’administration Trump, où Esper a servi en tant que secrétaire à la défense, prévoyait de réduire la présence militaire américaine en Allemagne de 36 000 à 12 000 soldats. Trump affirmait que l’Allemagne profitait de la présence des forces américaines dans la région sans assumer ses responsabilités financières au sein de l’OTAN.


L’Ukraine comme refuge pour ISIS

Le journal ukrainien Zoborana a publié le 2 décembre 2020 un article intitulé « Les djihadistes en vacances : pourquoi l’Ukraine est devenue un refuge pour les militants d’ISIS ? » L’article présente des informations intéressantes.

L’article de Zobarana rapporte que « plusieurs centaines d’anciens combattants du Califat ont choisi l’Ukraine comme lieu d’installation. Avec des institutions publiques faibles, la corruption, des frontières poreuses et des escarmouches permanentes, l’Ukraine offre de grandes opportunités pour ceux qui veulent rester cachés ».

L’article poursuit : « L’Ukraine attire des militants qui ont perdu en Syrie et en Irak. Le pays est un bon endroit, sûr, pour rester, se cacher et attendre jusqu’à ce qu’ils aient une chance de rentrer chez eux, dans l’Union européenne ou dans une ancienne république soviétique ».


Les États-Unis donnent à l’ISIS de nouvelles tâches

Les États-Unis ont utilisé ISIS comme un passe-partout en Syrie et en Irak pour toutes les portes. ISIS a largement perdu sa valeur après l’opération turque dans la région. Les militants d’ISIS, dont le nombre est estimé à plusieurs milliers, ont reçu de nouvelles tâches. Une partie importante d’entre eux a été transférée avec le soutien militaire américain dans les régions contrôlées par le PKK/YPG.

Cette organisation, dont l’ancien président américain Trump a ouvertement déclaré que la CIA l’avait fondée, est principalement composée de mercenaires. Elle comprend également des militants de Syrie, d’Irak et d’autres pays arabes, ainsi que des combattants du Caucase.

Des militants tchétchènes, dirigés par la CIA et ayant servi dans la guerre de Géorgie, qui se sont ensuite réfugiés dans la vallée de Pankisi en Géorgie, ont été transportés depuis 2011 en Syrie. Ces mercenaires servent selon les besoins de la CIA un jour au sein d’ISIS, le lendemain au sein d’Al Nosra, un autre jour au sein d’une autre organisation « djihadiste », et sont également influents au sein du PKK/YPG.


Les djihadistes en Ukraine

Parmi ceux qui sont actifs en Syrie sous le masque des « djihadistes » figurent également des groupes originaires des anciennes républiques soviétiques et d’Asie centrale. Parmi eux se trouvent environ 500 Tatars de Crimée. Dimitry Yarosh, dirigeant de l’organisation d’extrême droite ukrainienne « Secteur droit », avait en 2014 appelé les dirigeants de l’émirat séparatiste tchétchène du Caucase à unir leurs forces contre la Russie. En mars et avril 2014, des informations ont filtré dans les agences de presse, faisant état d’environ 300 mercenaires revenus de Syrie et ayant commencé à combattre dans la région du Donbass. Le député de l’organisation terroriste Jaish al-Muhajireen wal-Ansar, Abdul Karim Kirimli, a appelé tous les Tatars de Crimée et tous les musulmans d’Ukraine à « entrer dans la voie du djihad ».

D’autre part, les militants de l’organisation terroriste Hizb at-Tahrir avaient commencé leurs activités parmi les Tatars de Crimée avant les événements de Maïdan, le gouvernement de Kiev détournant sciemment le regard. Les idées extrémistes du Hizb at-Tahrir sont très vite devenues populaires parmi la population tatare de Crimée. Entre 2012 et 2013, Hizb at-Tahrir comptait environ 10 000 membres en Crimée et certains d’entre eux ont combattu en Syrie aux côtés d’organisations terroristes."

Sources : 

  • https://uwidata.com/17631-us-will-organize-and-put-the-blame-on-turkey-the-conspiracy-of-mercenaries-in-the-ukraine/ 
  • via http://euro-synergies.hautetfort.com


vendredi 16 avril 2021

Le jeu fourbe de l'ottoman Erdogan

Le président turc Erdogan tente depuis plusieurs années de restaurer une zone néo-ottomane sur un grand échiquier géopolitique agité. Cherchant à "tirer les marrons du feu" d'un chaos grandissant on a pu voir ainsi la Turquie intervenir et s'imposer dans le Nord de la Syrie, en Libye ou plus récemment en Azerbaïdjan dans la guerre menée dans le Haut Karabagh. Située au carrefour de plusieurs "imperiums" (Russie, Occident, Iran, Levant) par lequel passe de nombreuses routes commerciales internationales, la Turquie entretient des alliances multiples avec des "partenaires" qui aujourd'hui s'affrontent gravement. 

La tectonique pontique qui s'est réveillée depuis 2014 autour des enjeux géostratégiques de la Mer Noire révèle ici la stratégie de plus en plus trouble et perverse de la Turquie qui, au lieu de jouer la neutralité et même la médiation, se laisse entrainer par la mégalomanie d'un néo-sultan obsédé par l'impérialisme ottoman, opérant une radicalisation de son soutien au régime de Kiev, laquelle est certainement négociée avec l'OTAN dont elle est membre. 

Lors d'une récente rencontre avec son homologue ukrainien Zelensky, le président turc Erdogan a déclaré ce 10 avril :

« Notre principal objectif est d’assurer que la mer Noire puisse demeurer une mer de paix et de coopération. Nous ne voulons pas une hausse de tensions dans notre région commune. (...) Nous pensons que la crise actuelle doit être réglée par des moyens pacifiques, sur la base du droit international et du respect de l’intégrité territoriale de l’Ukraine »

"Pas de hausse de tensions... des moyens pacifiques"... Or, depuis plusieurs semaines, ce que nous observons c'est un partenariat économique entre Kiev et Ankara qui ressemble de plus en plus à une alliance militaire et qui risque de faire rapidement dégénérer les relations entre la Turquie et la Russie. 

Quelques exemples de cette radicalisation du soutien turc au régime de Kiev depuis le Donbass jusqu'au Bosphore :

Des combattant turcs repérés sur le front du Donbass


En premier cette information très récente et très importante faisant état d'une présence de combattants turcs à Mariupol (de l'effectif d'une compagnie, entre 100 et 150 hommes), place forte Sud de la ligne de front ukrainienne du Donbass  et qui contredit magistralement dans les actes les déclarations pacifiques du sultan ou les récentes promesses de neutralité dans le conflit du Donbass faites par son Ministre des Affaires étrangères :

Le 15 avril des habitants de Mariupol (où de nombreux personnels anglophones sont déjà repérés au sein du dispositif militaire ukrainien) ont signalé l'arrivée d'une compagnie de combattants turcs dans la ville, avec des équipements individuels modernes habituellement en dotation dans les forces spéciales.

Qui sont- ils ? 

Trop nombreux pour être des conseillers militaires, trop équipés pour être des équipages de drones, ces combattants turcs qui appartiennent à une unité régulière ou une société militaire privée turque, ne sont pas venus faire du tourisme dans la Donbass. 

Pour quelle missions ?

Ces combattants turcs sont destinés probablement:
  • soit à des opérations spéciales sur le front (renseignement, sabotage, provocations, opérations sous faux drapeau),
  • soit pour encadrer des mercenaires djihadistes pro-turcs de Syrie et qui ont déjà été engagés dans le Haut Karabagh contre les arméniens à l'automne 2020.
Cette information est à suivre avec acuité tant comme indicateur militaire de ce secteur du front que comme indicateur politique de l'engagement russophobe turc.

Le drone d'attaque Bayraktar TB2...

La Turquie produit le "Bayraktar TB2", un drone d'attaque très performant et relativement peu coûteux, et dont l'efficacité a été démontrée lors de l'offensive azérie contre la république de l'Artsakh dans le Haut Karabagh à l'automne 2020 où seulement 12 appareils turcs engagés ont joué un rôle décisif dans la victoire de Bakou, réalisant au passage leur plus belle opération commerciale. (fiche technique du TB2: ici)

Or Ankara et Kiev ont signé un contrat d'armement fin 2018 pour équiper l'armée ukrainienne avec ce drone d'attaque dans une programmation de livraison, de formation des pilotes et techniciens (achevé depuis 2020) et de ravitaillement logistique des pièces détachées et missiles.  

Kiev dispose donc depuis 2020 de 4 unités opérationnelles de Bayraktar TB2 (1 station et 3 drones par unité) et Ankara a livré récemment 200 autres missiles à Kiev et peut-être un deuxième lot de drones (pour les drones, à confirmer). Au final, le parc aérien ukrainien devrait comporter une cinquantaine de drones turcs.

Et très récemment les "Bayraktar TB2" viennent de faire leur apparition dans le ciel du Donbass pour des vols de reconnaissance sur le front, préparant des éventuelles futures missions de combat.


La Crimée...


Il ne faut pas oublier que la péninsule de Crimée déjà convoitée par la Grèce antique et Byzance a toujours fait partie des ambitions impériales des ottomans qui vont d'ailleurs la dominer de la fin du XVe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle pour y développé notamment le commerce de l'esclavage des populations slaves de la région, et la Turquie y a conservé par la suite des relations étroites principalement via la communauté tatare musulmane qui y est restée.

Aussi, lorsqu'en mars 2014, la population de Crimée (dont la grande majorité de la communauté tatare) se prononce par référendum pour le retour de la péninsule au sein de la Russie (qu'elle avait quitté pour l'Ukraine que depuis 1954, sur l'arbitraire de Kroutchev), la Turquie dans un alignement servile et logique refuse de reconnaitre son rattachement russe.

San surprise, compte tenu de son rêve ottoman et de la réalité de l'appartenance turque à l'OTAN, Erdogan a renouvelé son soutien inconditionnel à Kiev au sujet de la Crimée ce 10 avril dernier lors d'une visite du président ukrainien Zelensky à Ankara. Le néo-sultan a non seulement confirmé qu'il ne reconnaitrait jamais la réunification de la Crimée, mais qu'il défendrait la volonté ukrainienne de reprendre la péninsule à la Russie. 

Par ailleurs Erdogan, dont on connait ses affinités avec les mouvances radicales musulmanes, a déclaré apporter son soutien aux tatars de Crimée pro-ukrainiens qui sont en fait la minorité de la minorité tatare dont les plus radicaux ont rejoint l'Ukraine en 2014 et qui sont affiliés au groupe terroriste islamiste Hizb ut-Tahrir.

Cette vision partielle et partiale du président Erdogan  de la communauté tatare de Crimée à été fustigée par la majorité des tatars restés en Crimée et qui soutiennent le retour de la péninsule en Russie.

La Mer Noire...

La Mer Noire est un enjeu majeur pour l'économie d'exportation (réseau des voies fluviales et maritimes) et la stratégie de défense russes (rayon d'action des armements stratégiques et de guerre électronique) avec la Crimée comme clef de voûte vitale. Aussi, depuis le XIXème siècles les puissances occidentales, turques et russes tentent de prendre, développer ou garder le contrôle de cette mer pontique écartelée par leurs zones d'influence et, de la guerre de Crimée britto-franco-sardo-turque contre la Russie (1854) à l'intégration référendaire de la péninsule en Russie (2014) en passant par l'intégration dans l'OTAN de la Turquie (1952) la les enjeux ou menaces de cette dimension stratégique de la Mer Noire ont sans conteste influencés les décisions politiques internationales.

Conscientes de la nécessité, pour la paix dans le Monde, de stabiliser cette région sensible, les nations ont signé en 1936 un accord international réglementant les circulations maritimes, civiles et militaires dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles. 

Or cet accord appelé "Convention de Montreux" qui entre autres limite la durée et le tonnage cumulé des navires de guerre étrangers en Mer Noire est aujourd'hui menacé par la Turquie. Erdogan a en effet lancé le projet du "Canal d'Istanbul" (une jonction de 45km entre la Mer Noire et la mer de Marmara méditerranéenne), officiellement pour désengorger le Bosphore mais qui selon certains opposants (y compris nombre d'amiraux turcs) permettrait de contourner les contraintes de Montreux qui s'appliquent aux détroits naturels.

De là à voir dans ce "canal d'Istanbul" une porte ouverte aux flottes militaires de l'OTAN, il n'y a qu'un petit pas que le contexte actuel permet de faire aisément...

C'est également le point de vue du général de division Yuri Vladimirov qui juge que ce contournement du Bodphore et par conséquent de la convention de Montreux "conduira à la transformation de la mer Noire en une zone avec présence importante et permanente de la marine américaine ce qui modifiera l'équilibre des pouvoirs dans la région et conduira par conséquent à une grande guerre".


En conclusion :

Avec toutes les actions bellicistes turques observées sur ce volcan pontique qui menace d'exploser dans le Donbass, il faudra que le sultan Erdogan explique ce qu'il entend par une "mer Noire pacifique" pour laquelle il prétend œuvrer. 

Personnellement je ne suis pas sûr que défier la Russie soit le meilleur chemin pour restaurer un impérium turc, que ce soit au Levant (tensions en Syrie) dans le Caucase (soutien aux azéris) ou encore moins dans le Pontus en soutenant l'effort de guerre de Kiev.

Et Moscou, par le voix de Sergeï Lavrov, son Ministre des affaires étrangères, de préciser à l'adresse du néo-sultan au sujet de l'Ukraine :

«Je dirai immédiatement et recommandons fortement à tous les pays responsables avec lesquels nous communiquons, et la Turquie est l'un d'entre eux, d'analyser la situation, les éternelles déclarations militantes du régime de Kiev et de les mettre en garde contre le fait d'alimenter ses sentiments militaristes.".

Et au lendemain de la rencontre entre Erdogan et Zelensky, la Russie sans vouloir envenimer les relations d'annoncer une diminution drastique de ses vols en direction de la Turquie.... pour cause du Coronavirus qui ici aussi à bon dos mais pas pour les même raisons ! 

A suivre...

Erwan Castel

vendredi 19 février 2021

La crainte et la tentation du pire


Karine Bechet Golovko, une fois de plus nous livre en cette période de nouvelle escalade militaire dans le Donbass une analyse indépendante et pertinente, loin des rodomontades soporifiques assénées par les propagandistes s'invectivant de chaque côté de la ligne de front.

Dans son article, Bechet Golovko pose les bonnes questions et je rejoins son analyse avec cependant 2 nuances  q:ue j'évoquerai ici en préambule:


1 / "la Russie ne voulait pas intégrer plus que la Crimée"

Même s'il s'inscrit dans une dynamique identitaire commune, le retour référendaire de la Crimée a bénéficié d'une situation différente et avantageuse par rapport à celle du Donbass: 
  • Enjeu géostratégique prioritaire avec Sébastopol et la flotte russe de la Mer Noire.
  • Autonomie constitutionnelle de la péninsule avec référendum autorisé,
  • Bouclier militaire russe avec la garnison de Sébastopol (env 15 000 hommes en 2014)
  • Effet de surprise calendaire (1 mois après le Maïdan) et rapidité d'exécution,
  • Désorganisation d'un pouvoir ukrainien concentré sur une épuration politique kiévienne
  • Attention relâchée de l'OTAN qui pensait avoir enfin avoir gagner l'Ukraine stratégique...
Dans le Donbass en 2014, même si l'enjeu stratégique est moindre l'effet de surprise impossible, le bouclier militaire et un tutorat russe pour accompagner son séparatisme, Moscou a cependant toujours soutenu la dynamique séparatiste des Républiques de Donetsk et Lugansk tout en protégeant ses propres intérêts et maitrisant au mieux les répercusions internationales du séisme ukrainien. 

Je pense que Moscou n'est pas contre la volonté des populations du Donbass de rejoindre la Fédération mais ne pouvait pas en 2014 les intégrer sans risquer de voir l'opération de la Crimée se transformer en victoire à la Pyrrhus par un dérapage incontrôlé des tensions avec Kiev et les occidentaux. 

Poutine a -t-il eu raison ? Je le pense car à cette époque les perspectives d'un apaisement diplomatique sont encore possibles dans les discours et la Russie n'a aucun intérêt à rechercher une confrontation avec l'Occident. 

Cependant, il y a eu des choix stratégiques malheureux fondés sur les paris diplomatiques moscovites et qui se révèleront plus tard être des erreurs stratégiques, comme par exemple la décision d'abandonner prématurément les contre-offensives victorieuses des milices républicaines, après les échecs ukrainiens de Iliovaisk (sept 2014) et Debalsevo (fevr 2015) et qui étaient pourtant en mesure de reprendre aux forces de Kiev, au Sud Mariupol, 2éme ville et port industriel du Donbass (qui alors n'était plus défendue), et au Nord de libérer l'étreinte sur Gorlovka (peut-être jusqu'à Slaviansk) libérant de nombreuses populations et ressources économiques républicaines, augmentant la viabilité sécuritaire des républiques en rapprochant la ligne de front de la limite des anciens oblasts administratifs (laquelle fait d'ailleurs référence dans la géolocalisation des accords de Minsk).


2/ "Une force, contre laquelle il serait problématique pour la Russie d'intervenir, comme la Turquie agissant au nom de l'Azerbaïdjan, pourrait relancer le conflit dans le Donbass"

L'offensive de l'Azerbaidjan contre la république séparatiste arménienne de l'Artsakh a surpris tout le monde dans sa virulence et son ampleur et surtout l'engagement décisif de la Turquie au côtés de Bakou (forces spéciales, logistique et drones d'attaques notamment) sans lequel l'offensive azérie n'aurait certainement pas été envisageable. Et les échos de cette guerre aux confins de l'Arménie de réveiller les rêves des uns et les craintes des autres de voir un "remake" relancer bientôt le conflit du Donbass. Le fait est que Kiev, enthousiasmé par les résultats des drones turcs Bayraktar B2 dans l'Artsakh s'est empressé d'en commandé une cinquantaine supplémentaires à Ankara (6 avaient déjà été achetés en 2018). 

Cependant, même si leurs genèses sont nées d'une histoire soviétique post soviétique commune, les conflits du Haut Karabagh et du Donbass ont aujourd'hui des contextes géopolitiques très différents, et je ne vois pas, à court terme, un pays de l'OTAN s'engager directement dans un conflit contre un Donbass intimement connecté avec la Fédération de Russie, le risque d'y précipiter directement (et prématurément) l'Alliance atlantique, en responsabilité politique et en actions militaires, dans le conflit est trop important et hasardeux.

Je pense que l'OTAN préfèrera dans l'hypothèse d'une sortie des tranchées du conflit du Donbass avancer d'abord des "alliés non intégrés" et donc consommables servant, comme en Syrie par exemple, de proxies militaires consommables autant que de fusibles politiques sacrifiables une fois qu'ils seront "éparpillés façon puzzle" par les missiles et l'aviation russes. 

C'est probablement dans cette perspective agressive mais prudente de l'OTAN, que vient d'être réactivé le projet d'une triple alliance militaire soutenue et équipée par les occidentaux entre l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie qui toutes les trois sont:
  • Gouvernées par des régimes pro-occidentaux, russophobes et confrontés à des séparatismes régionaux (Transnisstrie, Ossétie/Abkhazie et Donbass), 
  • Des auxiliaires de l'alliance Atlantique qu'ils rêvent fébrilement d'intégrer, comme le démontre le zèle avec lequel ils participent déjà à ses exercices interalliés, 
Bien sûr, personne ne sera dupe que les forces étrangères qui pourraient éventuellement intervenir aux côtés des ukrainiens (tout comme les Sociétés Militaires Privées) ne seraient avec ces derniers que les marionnettes consommables de Washington équipées par les USA et missionnées pour prolonger et amplifier le chaos dans la région, mais tout en maintenant (certes hypocritement) la responsabilité officielle occidentaux à l'abri du Droit international et de la dynamique des alliances atlantistes.

Ceci n'étant bien sûr que mon humble avis....

Erwan Castel

Source de l'article : Russie Politics 

Etats-Unis / Russie : 

L'interminable conflit du Donbass réactivé

par Karine Bechet-Golovko

" L'échec des mécanismes mis en place par les accords de Minsk pour résoudre le conflit dans le Donbass est flagrant, ils ont permis de geler le conflit en attendant l'émergence d'une volonté politique, quelle qu'elle soit, pour faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre, à savoir vers une intégration du Donbass en Russie ou de son retour en Ukraine. En attendant, les populations restent balancées entre attente et attentats, inquiétude d'une reprise du conflit et désespoir de ne jamais le voir finir. Dans la jeune République de Donetsk, les dirigeants se disent prêts au combat. Mais pour quel combat ? Pensent-ils réellement que les Etats-Unis arrivent dans une phase de dégel du conflit sur le mode de la guerre éclaire dans le Haut-Karabagh, car la phase finale de la guerre globale pour la Russie est arrivée ? Ou bien le combat à gagner est justement celui qui se déroule maintenant, gelé et engluant. Pour quel combat la Russie est-elle prête aussi ?

Denys Pouchiline, à la tête de DNR, de déclarer ne pas exclure une attaque massive de l'armée ukrainienne contre le Donbass et d'assurer que la doctrine militaire en tient compte et prévoit une réponse. Le représentant de DNR dans le groupe de contact de déclarer que, vue l'intensification des violations des accords de Minsk par l'Ukraine ces derniers-temps, un retour à une phase chaude du conflit n'est pas exclu. En effet, en février, pour la première fois depuis juin dernier, le calibre des tirs a augmenté ainsi que leur fréquence.

Certes, l'élection de Biden redonne des ailes à l'Ukraine, engluée dans un conflit qui la dépasse, qui la détruit. Mais peut-on pour autant sérieusement attendre une véritable opération militaire atlantiste sous drapeau ukrainien ? Ici, deux scenarios sont envisageables.

Dans un premier cas, les Etats-Unis ont besoin de ce conflit gelé pour continuer à faire pression sur la Russie. Bien que les Etats-Unis dénoncent officiellement une activité déstabilisatrice de la Russie, qui serait un danger pour tous les membres et partenaires de l'OTAN, revenir alors à un scénario prioritairement militaire serait étonnant si les Etats-Unis n'envisagent pas une attaque géopolitique finale contre la Russie :

  • Tout d'abord, parce qu'il ne correspond pas à la manière dont l'Ukraine mène cette guerre. La tentative initiale d'une intervention militaire rapide s'est soldée par un échec cuisant, dont seul l'arrêt des combats avec les accords de Minsk l'a sauvée d'une défaite totale. L'implantation de "conseillers" de l'OTAN permet aujourd'hui une certaine stabilité. Ce cadeau a été possible, également parce que la Russie ne voulait pas intégrer plus que la Crimée. 
  • Ensuite, parce que l'évolution du conflit montre du côté ukrainien à la fois un discours défensif, disant toujours devoir se défendre et non pas assumer une attaque. Pour l'instant, le clan atlantiste ne peut pas se permettre une véritable guerre, avec des morts en pagaille, du sang, de la chaire brûlée. C'est trop voyant, cela sent trop fort. Les oripeaux du mythe de la démocratie triomphante n'y survivraient pas. 
  • Enfin, la technique mise en place du côté ukrainien est celle d'une guerre sale, digne d'un Etat terroriste. Dernière illustration en date : dans la petite ville martyre de Gorlovka, la voiture d'un des commandants militaires a explosé, en pleine ville, avec sa fille à bord.

Pour l'instant, la Russie hésite fortement à s'engager dans un processus juridique d'intégration du Donbass, elle digère encore sur la scène internationale la Crimée, elle apporte une "aide humanitaire" au Donbass - et en ce sens, elle ne l'abandonne pas. Cette hésitation est objectivement discutable, puisque de toute manière la situation internationale n'en serait pas aggravée, en tout cas pas pour cette raison, mais c'est le choix politique fait à ce jour par les élites dirigeantes. La Russie continue à soutenir le Donbass, à poser des pions : facilitation d'obtention de la nationalité russe, accords de reconnaissance des diplômes avec certains établissements supérieurs, etc. Et dans le combat diplomatique entre la Russie et le clan atlantiste (US /UE), la carte du Donbass est aussi une carte jouée : si vous poussez trop, on peut y penser ... Ne serait-ce que pour cela, il serait surprenant que les Etats-Unis relancent un véritable conflit, avec tous les investissements que cela comporte, pour permettre à la Russie de ne plus avoir d'hésitation ... En revanche faire couler les blessures, jusqu'à épuisement du patient, en alternant les phases de soin et d'écoulement, cette stratégie est prévue pour durer.

N'oublions pas qu'aujourd'hui, aucun des conflits en cours n'arrive à être purgé, car des négociations politiques interviennent, suspendent, font durer, dès qu'une situation peut être militairement réglée. Il serait surprenant que le Donbass fasse exception. Quel acteur en jeu aurait le courage d'une volonté étatique ?

C'est bien le deuxième cas, celui d'un dégel du conflit dans le but d'un discrédit insurmontable de la Russie, qu'il faut envisager aussi, surtout après l'intervention militaire aussi inattendue qu'efficace menée officiellement par l'Azerbaïdjan contre l'Arménie dans le Haut-Karabagh, qui a ramené la Turquie aux frontières de la Russie dans la région, Russie qui n'est pas intervenue contre cet étrange "ami" turc, membre de l'OTAN. Car si les Etats-Unis, avec le retour des Démocrates, comprennent qu'il est temps d'attaquer la Russie frontalement, que le combat pour le monde global entre dans une phase finale, le Donbass est l'angle idéal d'attaque. Une force, contre laquelle il serait problématique pour la Russie d'intervenir, comme la Turquie agissant au nom de l'Azerbaïdjan, pourrait relancer le conflit dans le Donbass. Gelé, tant que cela est nécessaire, car dans le Haut-Karabagh, les morts étaient possibles, pas de journalistes, aucun problème sanitaire : c'était le moment de la guerre. Si la Russie n'intervient pas alors militairement pour sauver le Donbass, le pouvoir en place perd le soutien de la population et le pays risque le crash avec une très faible intervention extérieure. 

Finalement pour quel combat les dirigeants de DNR se déclarent-ils prêts ? Celui qui est gelé, pas vraiment militaire mais avec des éléments armés, pas vraiment meurtriers mais avec des victimes, ce long combat qui rappelle les tranchées, mais avec une résurgence de vie, ce combat qui vide de sa substance toute vie qu'il faut gagner. Et vite. Ou le conflit décongelé, éclair, qui va mettre la Russie face à un choix stratégique qu'elle n'a pas vraiment envie de faire aujourd'hui.

Karine Bechet-Golovko

mardi 3 mars 2020

L'insupportable au quotidien

Il y a exactement 6 ans, face au coup d'Etat du Maïdan les régions russophones de Donetsk et Lugansk se soulèvent et revendiquent une nouvelle fois leur appartenance à cette grande Russie où sont leurs racines lointaines autant que leur histoire contemporaine.

Depuis ce printemps 2014, les chars et les avions de combat ukrainiens sont venus détruire les rêves de cette population paisible vivant entre Donetsk et Lugansk sur cette terre noire imprégnée de la sueur des mineurs et du sang des soldats. La guerre est venue telle une tempête et depuis un fossé infranchissable s'est creusé entre le Donbass et l'Ukraine au milieu des tranchées et des villages écrasés par les obus ukrainiens.

Dans le Donbass, les gens be comptent plus les cessez le feu qui brûlent les pages du calendrier Aujourd'hui comme hier et certainement demain les espérances du peuple ne sont heureusement pas dans les illusions politiques kiéviennes mais dans la réalité d'une identité russe revendiquée. 

Alors, Exit les belles promesses de Zelensky ! qu'ici personne n'a vraiment cru, Exit les résolutions d'accords de Minsk ! dont les logorrhées stériles n'apparaissent plus que dans les agendas de ceux qui jouent encore mais sans y croire dans ce théâtre de l'hypocrisie occidentale qu'ont déserté toutes les espérances humaines.

Sur les 460 kilomètres de front qu'un soleil printanier devrait inondé de sourires, les femmes et les hommes du Donbass regardent à nouveau le ciel avec inquiétude car grondent à nouveau à l'horizon les aboiements rauques de l'artillerie ukrainienne, et le soir venu les familles se regroupent loin des fenêtres derrière les murs épais opposé au front, ou dans leurs caves aménagées au fil des années de terreur. 


Régulièrement les écoles situées à proximité du front sont touchées par des bombardements ou des tirs de l'infanterie ukrainienne. Depuis 6 ans enseignants et enfants ,malgré la peur des bombardements, continuent de vivre pour bâtir ensemble l'avenir des républiques populaires du Donbass


Ces premiers jours de mars, les civils du Donbass ont payé un lourd tribut à cette guerre qui est devenue malgré eux leur univers quotidien:
  • Le 1er mars, au bord de la rivière Severodonets, près du village de Nikolaevka, 5 personnes ont été blessées par un engin explosif non identifié.
  • Le 2 mars, près du village de Pionerskoye, un résident de 57 ans, est décédé de ses blessures après déclenché une mine antipersonnel.
  • Le 2 mars, 1 civil a été tué et 1 autre blessé près du front de Lugansk
  • Le 3 mars, 1 femme a été blessée par des éclats sur la périphérie de Donetsk.
La nuit dernière l'artillerie ukrainienne a continué à terroriser les populations civils, principalement à Gorlovka, Donetsk et Shirokino, (Sud de la république). 

Bombardements ukrainiens au Nord de Gorlovka
( Nord RPD), dans le nuit du 2 au 3 mars 2020

Les ukrainiens intensifient leurs provocations meurtrières (26 violations du cessez le feu et 126 obus tirés sur la RPD le 3 mars) et procèdent aussi à une extension de leurs bombardements comme par exemple sur le village de Pantelemonovka, situé entre Donetsk et Gorlovka et qui n'avait pas subi de tirs ukrainiens depuis 2015.

Mais ce terrorisme ukrainien s'alignant sur une modélisation occidentale d'un chaos organisé n'arrive pas ici comme en Syrie a entamé la force de résistance des populations civiles et de leurs forces de défense. Au contraire plus ces explosions insupportables résonnent dans leur quotidien, plus les femmes, les enfants et les hommes du Donbass sont déterminés à clôturer définitivement leur parenthèse historique ukrainienne (1 siècle seulement) et revenir au sein de leur Mère patrie russe millénaire.


Les échos ukrainiens d'une offensive turque 



Lorsque l'imminence d'une guerre russo-turque apparaît sur le théâtre d'opérations septentrional syrien, les ukropithèques du Maïdan ont eu un nouvel accès de fièvre russophobe, considérant pour les cas psychiatriques es plus irrécupérables, comme Biletsky par exemple,que l'escalade militaire en Syrie ouvrait en Ukraine une occasion idéale de relancer l'offensive contre le Donbass et même de déclarer la guerre à la Russie !

Cette onde de choc levantine traversant la Mer Noire n'est pas étrangère à la position ouvertement russophobe du président Erdogan concernant la crise ukrainienne. Ce néo-sultan qui rêve de ressusciter l'empire ottoman a d'ailleurs développé des contrats commerciaux avec l'Ukraine et affirmé à plusieurs reprises son soutien aux revendications ukrainiennes concernant la Crimée, jusqu'à soutenir la faction tatare pro atlantiste qui veut faire la guerre à la Russie. Ainsi Erdogan est-il venu exciter cet appui russophobe sur les rives Nord de la Mer Noire.... quelques jours avant de lancer son offensive en Syrie !

Et maintenant, en écho au conflit syrien où la force de frappe majeure de l'offensive turque sont les drones d'attaque permettant des frappes précises dans la profondeur, des ukrainiens se rappellent avec excitation que l'armée font de Kiev dispose aussi de ces mêmes drones d'attaque turcs employés en Syrie. Ce contrat entre Kiev et Ankara a été concrétisé en 2019 avec la livraison de 2 complexes tactiques de 3 drones d'attaque Bayraktar TB2 chacun. Depuis leur livraison les drones n'ont pas encore été mis en service probablement car il est nécessaire d'abord de former des formateurs en langue ukrainienne (ou russe) pour ensuite former les pilotes qui les guideront, les armuriers et les équipes d'entretien etc.


Et aujourd'hui, Olexandr Turtchinov, ex président ukrainien par intérim qui déclencha (sur ordre de la CIA) l'opération Spéciale Antiterroriste dans l'Est de l'Ukraine, ex-secrétaire du Conseil National de Sécurité et de Défense d'Ukraine qui va organiser la guerre continuelle des populations civiles, "ex" mais dont le surnom de "pasteur sanguinaire" est toujours d'actualité, exige que les drones Bayraktar soient enfin lancés contre le Donbass pour diversifier les bombardements ukrainiens et leurs cibles.
  • "Les systèmes aériens sans pilote du Bayraktar turc se sont révélés très efficaces pour effectuer des frappes de précision contre des cibles militaires en Syrie. Ce sont ces drones qui ont détruit les systèmes de missiles antiaériens antiaériens russes, frappé les postes de commandement et d'autres équipements militaires de l'armée Assad "
  • "De plus, démontrer à l'ennemi notre capacité à détruire des cibles et des communications à une distance considérable de la ligne de front sera beaucoup plus efficace que tous les avertissements et négociations."
Certes, les drones d'attaque sont de beaux jouets meurtriers qu'il ne faut pas sous estimer mais ils sont aussi aussi mortels, et Turtchinov, avant de pérorer comme un chien excité par les premières effluves printanières, devrait regarder de plus près l'évolution sur le front syrien de ces légendaires drones ottomans, car après avoir certes créé une terrible surprise initiale, ils tombent désormais comme des mouches sur le front d'Idlib.

Rien que pour les 3 derniers jours du mois de février, Ankara a perdu 13 drones d'attaque ! Et si cela continue ce sont les unités de défense antiaériennes du Donbass qui vont réclamer à corps et à cris à Zelensky qu'il  leur envoie ses jouets turcs pour faire du tir aux pigeons...

Erwan Castel