mardi 10 décembre 2019

Quartet Normandie: bis repetita !


Lundi 9 décembre s'est tenue à Paris une nouvelle réunion du "format Normandie" entre les présidents Poutine, Merkel, Macron et Zelensky. En marge de la réunion des 4 en elle même qui devait tenter de réanimer le processus de paix dans le Donbass, s'est tenue une première rencontre bilatérale entre Poutine et Zelensky qui n'aura duré que 15 minutes, c'est dire le niveau de dialogue ouvert autour du Donbass !

De fait chacun est venu avec ses idées et surtout ses intérêts dont la paix dans le Donbass n'est pas un des objectifs prioritaires. 
  • Ainsi Zelensky est venu pour asseoir sa légitimité, confirmer la confiance - et les deniers - des occidentaux; tout en protégeant son trône des menaces des nationalistes qui considèrent que Minsk avec le retrait des troupes, le statut spécial, les élections etc est une capitulation devant la Russie. D'ailleurs une poignée de vétérans ukrops est venue jouer les trublions dans les rues parisiennes  en déchirant le drapeau russe:

  • Ainsi Poutine est venu pour s'assurer que les accords déjà difficiles de Minsk ne soient pas détournés vers un nouveau scénario à la croate de capture politico-militaire du Donbass ouvrant une épuration ethnique soutenue par l'Occident. Le Kremlin dans le cadre de la sécurisation de ses frontières occidentales veut que les républiques puissent faire entendre leur voix et faire valoir leur droit à choisir leur destinée russe librement.
  • Quant à Merkel et Macron ils sont venus tous deux, dans une concurrence pour le leadership européen, faire valoir leurs intérêts économiques dans lequel un réchauffement des relations avec Moscou est vital vu l'importance des importations russes vers l'Europe (gaz notamment) et les préjudices commerciaux subis dans les exportations vers la Russie suite aux sanctions économiques orchestrées par Washington.
C'est ainsi que les seuls résultats importants ont été fait dans le dossier du gaz européen  plus que dans la destinée des territoires du Donbass occupés par Kiev par exemple ou dans le retrait effectif des armes lourdes de la ligne de front sans lequel toute démilitarisation localisée est un échec.

Dès le soir même, les commentaires avaient du mal a cacher derrière un optimisme de façade - qui se faisait l'écho de la conférence de presse finale des 4 - une déception quant à l'évolution réelle de la situation sur le terrain. Certes il y a eu un consensus pour procéder à un nouvel échange de prisonniers en décembre. Certes il a été convenu de poursuivre le retrait des forces avec la démilitarisation de 3 nouvelles zones critiques de la ligne de front. 

Mais il faut reconnaitre aussi que les lignes rouges principales fixées par Kiev et Moscou n'ont pas bougé d'un iota et restent un nœud gordien pour la résolution du conflit. D'un côté on a un Zelensky obligé par les pressions menaçantes des nationalistes de refuser toute forme de fédéralisation de l'Ukraine et de l'autre un Poutine qui veut octroyer aux Républiques via un statut acté une reconnaissance internationale qui leur permettra de mieux faire entendre leur volonté populaire de rejoindre la Fédération de Russie. C'est ainsi que des points de divergences et d'opposition persistent comme par exemple le contrôle ukrainien des frontières du Donbass ou le désarmement des milices demandés par Kiev ou les élections locales et la modification de la constitution ukrainienne autorisant l'autonomie du Donbass demandées par Moscou (et stipulées par les accords de Minsk).

Pour le reste on peut dire que nous avons assisté à une nouvelle représentation du quartet Normandie qui nous a interprété la même symphonie désaccordée, tandis que sur le front continuent d'aboyer les canons et mortiers ukrainiens. Aussi je considère comme superflu de m'épancher dans de longues diatribes propagandistes car seuls les actes sur le terrain comptent à mes yeux. 

Si certains peuvent se demander comment une crise touchant si petite région ne peut être résolue depuis 6 ans, il suffit de se rappeler les enjeux et les menaces internationales qui l'environnent et dont elle est devenu malgré elle le détonateur armé d'un nouveau conflit mondial. Voilà pourquoi je vous laisse en guise de conclusion cette petite vidéo synthétisant la problématique géostratégique globale Est-Ouest dont l'Ukraine est le pivot.

Erwan Castel


samedi 7 décembre 2019

"Suis ton coeur"

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Dans une tranchée de Promka sue le front de Yasinovataya (photo Guillaume Chauvin)

Au sortir d'un deuxième séjour en réanimation (cette fois pour soigner les derniers problèmes des blessures au ventre), j'ai reçu de la part d'amis de Donetsk la proposition d'écrire un article sur mon parcours de vie et engagement dans le Donbass pour une revue universitaire. 

C'est avec plaisir mais aussi intérêt que j'ai accepté cette "commande", non pas pour parler de ma personne et son parcours de vie mais pour tenter, sans prétention aucune, de trouver dans mes passions vécues une substantifique moelle qui pourrait interpeller des personnes et particulièrement des jeunes se lançant à l'aventure de ce monde en pleine mutation post-moderne. En voici la version française initiale de cet article qui sera publié prochainement en langue russe dans la gazette universitaire Don NTU.

Je ne prétends pas apporter des réponses mais plutôt essayer de susciter modestement des questionnements ontologiques au moment où s'avère vital, pour sauver la civilisation et notre avenir, d'imaginer un nouveau paradigme libéré définitivement des dogmes liberticides et esclavagistes du passé et du présent.


Samedi 7 décembre 2019

"Suis ton coeur"


Ce matin de septembre 2019 sur le front de Novoazovsk, brisant le silence de la tranchée, un petit « clic » devait précipiter mon engagement dans le Donbass et ma vie dans une longue parenthèse de douleurs et de pensées. Une fraction de seconde plus tard un petit monstre jaillissait de terre, enveloppant mon impuissant bond en arrière d’une nuée brûlante de lumière, de chaleur et d’éclats d’acier. 

« Putain de mine ! »

La suite est un torrent d’actions et de réactions fulgurantes dont le souvenir restera à jamais gravé dans ma mémoire. Mes camarades de la brigade Piatnashka, en m’évacuant avec une rapidité et un professionnalisme extraordinaires m’ont sauvé la vie, tout comme les services d’urgences des hôpitaux de Novoazovsk et de Donetsk où je suis toujours aujourd’hui, plongé dans un cycle infernal d’opérations chirurgicales. 
Depuis l’explosion de cette mine ukrainienne, le temps semble être figé dans cette expérience douloureuse. Et pourtant je ne regrette rien de ce long parcours qui m’a conduit jusqu’aux tranchées du Donbass pour défendre cette belle République Populaire de Donetsk, qui à mes yeux et mon cœur est autant fidèle à son passé qu’exemplaire pour notre avenir européen.

Je suis né il y a 56 ans et je fus nourri dans mon enfance aux laits des traditions françaises, européennes mais aussi et surtout bretonnes, car mon clan est de cette péninsule celtique occidentale, « parfois vaincue mais jamais soumise » et qui reste sous les vents de l’océan et de l’Histoire farouchement attachée à ses traditions identitaires. Je rêvais alors de chevaliers défendant les forêts et les légendes européennes. 
Aujourd’hui je me définis comme un européen de nationalité bretonne et citoyenneté française mais surtout comme un nomade profondément enraciné dans ses traditions et ses valeurs héritées et acquises au cours de 4 vies successives, radicalement différentes les unes des autres mais qui je le pense gardent comme dénominateur commun la passion désintéressée et le service à la personne:


Officier français

Fils d’officier je m’engageais traditionnellement à l’aube de mes 20 ans sur les traces de mon père, au milieu d’une Europe déchirée par la « guerre froide ». Être officier reste toujours à mes yeux une des plus belles vocations et figures sociétales car au-delà des savoirs faire multiples qui lui sont imposés et des limites humaines qu’il doit sans cesse repousser, il est avant toute chose l’incarnation des valeurs nationales et  civilisationnelles qu’il défend au milieu de ses hommes jusqu’au péril de la vie.

Malheureusement en France, si les hommes et les femmes en uniforme restent de grande valeur, l’armée en revanche dans les missions qui lui sont confiées, n’est plus que l’ombre de ses drapeaux où sont inscrits en lettre d’or les noms des batailles qui ont forgé sa gloire. Aujourd’hui dans cet Occident post-libéral soumis aux avidités de l’oligarchie internationale, les armées ne sont plus que des « sociétés publiques de sécurité » protégeant les intérêts des grands capitaines d’industrie, comme par exemple ceux qui pillent encore et toujours l’Afrique ou ceux qui, dans les wagons de l’OTAN, mettent à feu et à sang les derniers pays libres du Moyen Orient.

Séparatiste breton

Après 12 ans de service actif, l’officier parachutiste que j’étais, s’en allait, via la Birmanie, vers  un « retour aux sources » au milieu des landes bretonnes et y poser un sac à dos chargé de questions existentielles. C’est à cette période de ma vie que je me suis échappé du carcan de la propagande occidentale dans laquelle j’avais grandi et étudié. Je me dépouillais progressivement des oripeaux du catholicisme romain, du centralisme jacobin, du libéralisme économique, de la vanité occidentale, tous arcanes d’une pensée unique protéiforme qui tente depuis des siècles de soumettre les peuples d’Europe à l’esclavage d’élites devenues aujourd’hui ploutocrates et apatrides. 

Pendant ces années 90, tandis que s’effondrait l’empire soviétique, je me plongeais dans l’histoire des idées et des traditions européennes, convaincu que cette vieille Europe, dont Nietzsche prédisait qu’elle ne se construirait « qu’au bord du tombeau », ne pourra survivre qu’en s’engageant sur la voie d’un fédéralisme authentique où ses peuples natifs retrouveraient leurs souverainetés identitaires. Et tandis que j’exerçais le métier d’animateur sportif de « Gouren » cette lutte bretonne multimillénaire, je devenais également militant culturel et séparatiste politique !

Guide amazonien

En 2000 je vis un nouveau besoin de boucler mon sac vers d’autres horizons pour aller encore plus loin dans mes rêves et la recherche de moi-même. Et je deviens progressivement guide expédition en forêt amazonienne au cœur de cette merveilleuse Guyane Française que j’avais découvert lors de mes années militaires. Là je réalise une immersion ontologique au sein de la Nature primordiale et nourricière mais aussi au milieu des peuples venus, de gré ou de force, bâtir l’histoire de cette « France équinoxiale » et qui ont su conserver un rapport filial et sacré avec elle. Autochtones amérindiens, descendants d’esclaves en fuite «Bushi Nenge », réfugiés asiatiques « hmongs », descendants d’esclaves libérés « créoles », migrants en provenance des Caraïbes, du Brésil ou des autres pays latino-américains…. 

Depuis ce paradis terrestre amazonien où mon corps et mon âme se renforçaient des diversités naturelles et humaines côtoyées, je continuais à lire et relire pour aiguiser ma pensée métapolitique De Benoist, Heidegger, Marx, Rousseau, Douguine, Schmitt, Jünger, Montherlant, Arendt, Michéa et autres philosophes et penseurs écartés ou oubliés par la « bien pensance » dominatrice. A cette époque j’observe toujours les spasmes occidentaux post-modernes secouant ma vieille Europe, mais aussi le Moyen Orient : « révolutions colorées », crise économique, « printemps arabes », crises migratoires etc.

C’est alors qu’intervint la révolution du Maïdan…


Volontaire dans le Donbass

Dès novembre 2013, je pressens la gravité de la contestation opérée sur le Maïdan et la main invisible étasunienne manipulatrice excitant les foules afin qu’elles renversent le pouvoir en offrant l’Ukraine à la boulimie libérale occidentale. Je me lance alors dans la réinformation puis ouvre un blog « Soutien à la rébellion du Donbass », qui comptabilise aujourd’hui près de 1 500 000 lectures, pour tenter, à mon modeste niveau, de libérer la vérité des griffes de la propagande occidentale.
Lorsque le massacre d’Odessa est perpétré le 2 mai 2014, mon travail d’information devient quotidien et lorsque Lugansk est bombardé 1 mois plus tard, je décide de rejoindre le Donbass pour mieux témoigner et participer physiquement à sa résistance. Le temps de boucler mon carnet de commandes et clôturer mon entreprise individuelle de guide amazonien, je m’envole pour l’Europe en décembre 2014, puis pour le Donbass via la Russie 1 mois plus tard.

Depuis février 2015, j’ai été engagé successivement sur les fronts de Debalsevo, Marinka, Dokuchaievsk, Promka aux seins de différentes unités jusqu’à la brigade Piatnashka, où je sers en tant que sniper depuis 2017.

Lorsque je suis en repos, je pars dans le quartier d’Oktyabrsky où je loue une petite maison proche du front. Dans ce quartier martyrisé j’essaye modestement d’aider chaque mois amis et voisins grâce au réseau de soutien qui s’est développé autour de moi au fil des années : réparations de maisons bombardées, aides financières, prise en charge de soins médicaux etc.

Aujourd’hui, depuis mon lit d’hôpital j’essaye de poursuivre mon travail d’information et de soutien attendant impatiemment le jour où je pourrais me remettre concrètement au service de la République Populaire de Donetsk.


Mon engagement dans le Donbass, commencé il y a bientôt 5 ans, est à ce jour la plus intense tranche de vie que j'ai vécu, traversant à la fois l'expérience métapolitique, militaire, humaine, sans oublier celle de d'écriture. Je ne regrette rien de cet engagement aux confins de l'Europe et la Russie, et le peuple russe du Donbass qui m'a fait l'honneur de m'accueillir avec chaleur est à mes yeux et mon coeur l'exemple le plus élevé de la reconquête identitaire historique des peuples encore vivants de leurs traditions et leur histoire, face aux pouvoirs absolutistes de pensées uniques esclavagistes. 
La République Populaire de Donetsk est porteuse d'une légitimité et d'une noblesse immenses car elle est le fruit d'un élan populaire apolitique et supra communautaire qui en 2014 a refusé l'humiliation imposé aux russes d'Ukraine par les putschistes du Maïdan. 

Cet élan populaire, toujours intact et invaincu malgré la guerre et le temps, est selon ma modeste expérience l'expression vivante de ce "sens commun" populaire ("common decency") décrit par Orwell et qui trouve ici pour s'épanouir le terreau idéal qu'est en conscience chez les peuples de Russie cette "idée d'empire" survivant à ses différentes métamorphoses historiques (impériale, soviétique et fédérale), et qui caractérise l'identité et l'âme de cette grande "terre du milieu" éternellement unie dans sa diversité.

Maintenant je m’aperçois que ma narration dépasse la longueur initialement prévue, et tout en m’en excusant auprès des amis qui m’ont fait la gentillesse et l’honneur de m’inviter dans les pages de cette belle revue, je vais m’efforcer de conclure en offrant aux jeunes ce que je retiens de mon engagement protéiforme depuis ces 40 dernières années.

Certes je pourrais, sur un ton paternaliste, vous évoquer les valeurs civilisationnelles ou identitaires pour lesquelles un homme doit se battre pour protéger ses libertés individuelles et collectives. Je pourrais aussi vous évoquer l’importance des diversités naturelles et humaines qui sont le socle de l’adaptation et de la survie de toutes les formes de vie sur notre belle Terre… Que la nuance des peuples, forgée par les causalités successives des différences environnementales puis culturelles est la plus grande richesse de notre humanité… Que l’accomplissement d’un individu ne peut se réaliser qu’à force travail et discipline mais également amour et patience, etc.

Tout cela, gens du Donbass, vous le savez déjà car vous en faites quotidiennement la démonstration depuis ces 5 longues et terribles années de guerre où vous défendez jour après nuit vos traditions et libertés russes.

Ce que je veux essayer d’évoquer ici en guise de conclusion, c’est qu’il est vital que vous protégiez et développiez tout au long de votre vie votre liberté de penser et votre sens critique et ceci en plongeant avec curiosité et passion dans l’histoire des idées, non pas celles qui sont balisées par les dogmes religieux, politiques ou économiques (fussent-ils les meilleurs) mais celles des penseurs libres maitrisant l’historicité la plus lointaines des idéologies et de leurs évolutions. Et la connaissance ne doit pas écarter l’intuition, bien au contraire, cette dernière doit à son contact se développer dans votre conscience comme une liane s’appuie sur l’arbre pour conquérir la lumière.  

Chaque individu est une feuille, mais ne peut vivre et se régénérer en dehors de sa branche qui est son peuple, lequel ne peut croître en dehors de son arbre civilisationnel, mais le plus invisible élément et pourtant le plus vital d’entre eux sont les racines lointaines des traditions qui nourrissent de force, d’espérance et de spiritualité les peuples s’élançant vers l’inconnue de leurs destinées. Chérissez et protégez tout comme vos enfants, les coutumes, la langue et l’histoire de votre peuple, et pas seulement celles des livres qui sont une interprétation figée d’un héritage parcellaire de l’identité, mais aussi et surtout les traditions orales qui circulent au sein de vos familles depuis la nuit des temps.

Enfin et surtout, conservez intacts dans vos cœurs vos rêves de jeunesse, car ils sont à la fois le bouclier et le glaive, le navire et le port, la soif et la source qui vous aideront à accomplir le long chemin de votre vie avec dignité et honneur. Vous devez cheminer loin des cupides, des courtisans et des imposteurs pour qui le paraître et les honneurs sont tellement plus important que l’être et l’Honneur qu’il finissent par tarir l’âme de l’Homme et le réduisent en esclavage. Car ces rêves de jeunesse ne vous appartiennent pas, ils sont le fruit de votre inconscient collectif hérité et vous indiquent le vrai chemin à suivre… mais souvent aussi le plus difficile ! En suivant votre cœur vous accomplirez vos rêves d’enfant et vous réveillerez l’adulte idéal qui sommeille en eux. 

C’est pour tout cela aussi que je remercie le peuple du Donbass, car par ses sacrifices courageux, ses traditions défendues, sa Liberté partagée, il a permis au petit breton que je suis de vivre un de ses plus beaux rêves de jeunesse, celle d’un peuple partant à la reconquête de lui-même.

Merci de votre attention 

Erwan Castel

Avec Staï, le lynx le compagnon de "Mamaï", notre commandeur de Piatnashka, tué au combat en 2018

mardi 26 novembre 2019

"Morts pour la France"... à fric !!



Un drame est survenu à nouveau au Mali dans le cadre de l'opération militaire française déclenchée par Hollande dans le Nord de ce pays. 13 militaires ont trouvé la mort dans un crash de 2 hélicoptères d'assaut s'étant percutés lors d'une opération contre des djihadistes dans la région de Gao.

Ces 13 tués constituent les pertes les plus lourdes subies par l'armée française depuis son intervention au Mali. Mes pensées fraternelles vont naturellement à leurs familles et leurs camarades endeuillés.

Si seulement la mort inadmissible de ces 13 hommes, pour la plupart des officiers et sous officiers pouvaient ouvrir les yeux des français sur cette politique abjecte menée par la France dans son pré carré post-colonial et pour laquelle elle sacrifie l'élite de la nation !

Car ne nous leurrons pas, derrière les beaux discours larmoyants des princes évoquant les droits de l'Homme, les femmes battues, les massacres et des destructions perpétrés par les djihadistes qui terrorisent le Nord du pays, les vraies raisons de l'intervention militaire française au Mali sont plus cupides. En effet l'armée française, contrairement à la doxa officielle de la bien pensance républicaine n'est pas intervenue en novembre 2012 pour protéger les droits de l'Homme au Mali mais les intérêts de sa société Areva dont les gisements d'uranium se trouvaient menacés par la rébellion touareg qui depuis 1 an progressait du Nord vers le Sud.

Les soldats français, dont le courage est irréprochable, ne sont pas "morts pour la France" dans ce qu'elle représente de plus élevée en termes de valeurs de "Liberté" d' "Egalité" et de "Fraternité" mais pour  protéger cette "Francafrique" - ou plutôt "france à fric - qui tente de continuer le pillage des ressources africaines au delà des fausses indépendances organisées au lendemain de la décolonisation officielle. 

Pour cette stratégie libérale post coloniale, que je trouve encore plus abjecte que sa période coloniale où était opéré un relatif développement des pays conquis, la France n'hésite pas à fomenter des coups d'Etat, protéger des dictateurs corrompus, couvrir des génocides quand elle ne les alimente pas par ses ventes d'armes, et maintenir l'économie de ses anciennes colonies dans le carcan d'un franc CFA qui empêche toute forme de développement indépendant. Et lorsque surgissent des hommes courageux qui veulent redonner à leurs peuples la dignité et la liberté de pays réellement indépendant, la France organise simplement leur assassinat comme par exemple ceux du capitaine Thomas Sankara qui avaient nationalisé les ressources minières de son pays ou plus récemment Kadhafi qui voulait créer une monnaie africaine émancipée de ses colons occidentaux.

Certes on pourra clamer haut et fort que les coupable de cette tragédie sont ces rebelles touaregs fortement gangrenés par des groupes de djihadistes salafistes sévissant dans le Nord saharien du Mali (dont certains groupes avaient été soutenus et armés par la France lors de son attaque contre la Libye !), il n'en reste pas moins qu'ils sont d'abord les sacrifiés d'une ingérence coloniale occidentale qui persiste à protéger coûte que coûte ses intérêts économiques dans des pays faussement indépendants dont les frontières artificielles coloniales et les dictatures réelles affidées aux capitaines d'industrie occidentaux continuent de mépriser les peuples vivant sur leurs sols éventrés par les pelleteuses et les obus.

Voilà pourquoi ce soir je suis à la fois triste et en colère. Triste à cause de ces pertes d'hommes d'élite de la nation française, du deuil de leurs familles et camarades; mais aussi en colère car ils ont été sacrifiés pour les profits d'un complexe militaro industriel et des intérêts privés qui n'ont rien à voir avec les valeurs pour lesquelles un homme s'engage dans l'armée jusqu'au don de sa vie.

Aujourd'hui l'armée française n'est bientôt plus plus qu'une armée privée de sécurité payée par les fonds publics pour protéger les intérêts privés de multinationales apatrides et les dictateurs locaux et corrompus qui collaborent au pillage de leur pays pour le plus grand malheur de leurs peuples aliénés par les chimères occidentales.

Erwan Castel


Sur le crash des hélicoptères :

lundi 25 novembre 2019

Un long chemin

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Pour répondre à de nombreux messages quotidiens je donne ici des nouvelles personnelles.

Blessé par une mine ukrainienne le 23 septembre dernier, je suis depuis toujours hospitalisé à Donetsk dans un programme d'opérations nombreuses destinées à sauver mon bras gauche gravement endommagé puis de restaurer ses fonctions.


Lundi 25 novembre 2019

Si les plaies aux jambes, dos et ventre sont aujourd'hui cicatrisées il reste le bras gauche, déchiqueté dans l'explosion qui est toujours sous les projecteurs des salles d'opérations.

Ce vendredi 22 novembre une cinquième opération a été réalisée pour redonner à mon avant bras une position normale et nécessaire pour recevoir ultérieurement des prothèses osseuses en céramique pour remplacer son ossature détruite, ainsi que des greffes musculaires et nerveuses. Puis ce sera les opérations destinées à reconstituer et repositionner les tissus musculaires, nerveux, sanguins etc. dans le bon ordre. 


Autant dire que le chemin chirurgical est loin d'être achevé, avant de pouvoir entamer la phase rééducation qui s'annonce encore plus longue, mais qui devrait commencer au mois de décembre dans un autre hôpital de Donetsk, en attendant la prochaine opération.

Cette parenthèse médicale présente cependant des points positifs, tant sur le plan personnel que sur celui du réseau de soutien où les très nombreux gens sincères dans leurs engagements désintéressés pro Donbass et pro russe se détachent des quelques faquins et des cuistres du réseau Moreau/Brayard/Néant and Co dont le silence hurle leur méchanceté et leur stupidité d'insectes rampants et de vautours, dont d'ailleurs les frasques moscovites remontant ces derniers jours à la surface ne font que confirmer leur amoralité d'individus cupides et le caractère mafieux de leur misérable réseau d'affairistes. Ce réseau français libéral autoproclamé installé à Moscou et qui tente d'organiser un monopole de la représentation francophone dans le Donbass à force intrigues, calomnies et censures, envoie régulièrement ses "têtes d'affiches" (Moreau, Tarrade) à Donetsk surfer sur le drame de la population locale pour dorer leurs narcissismes et étendre leur réseau d'affaires russe (voir aussi les articles de Sputnik, la lettre A,) Je publierai ultérieurement d'autres infos et preuves de leur puanteur.

En attendant  je remercie ici toutes celles et ceux qui, depuis le Donbass, la France, la Russie et d'autres pays plus lointains, soutiennent la population du Donbass dans sa résistance et les volontaires qui ont rejoint les rangs de ses défenseurs.

Erwan Castel


mercredi 20 novembre 2019

Bombardement lourd au Nord de Donetsk


Dans le Donbass, non seulement les ukrops reviennent avec leurs forces de sécurité - police et garde nationale - dans les zones qui avaient été démilitarisées que pour offrir à Zelensky un faire valoir lors de la prochaine représentation théâtrale du "Format Normandie" qui doit se jouer au Gross Paris de Macron le 9 décembre prochain, mais leur artillerie lourde a ait un retour fracassant sur ce front où les attaques de Kiev n'ont jamais cessé.

Les forces républicaines et les observateurs du STKK qui restent en permanence en première ligne (contrairement à ceux de l'OSCE qui la visitent en touristes pendant la journée) ont constaté :
  • l'arrivée d'unités ukrainiennes sur la zone démilitarisée de Zolotoy
  • le retour de véhicules blindés ukrainiens sur la zone démilitarisée de Petrovsky
  • la capture d'une colline par des ukrainiens dans la zone grise au Nord de Gorlovka
Et cet après midi, à partir de 16h20 l'artillerie ukrainienne a tiré 17 obus de 152mm (certaines sources parlent de 122 mm) sur les lisières Nord du village de Spartak, au Nord de Donetsk. Ce pilonnage, confirmé par les observateurs du STKK, a été réalisé par des obusiers automoteurs 2S5 "Hyacinthe" de 152mm (ou 2S1 "Godzilla"), calibre supérieur à 100 mm et théoriquement prohibé par les accords de Minsk.


Par ailleurs d'autres bombardements ukrainiens ont été observés au milieu des échanges de tirs persistant sur l'ensemble du front, comme par exemple sur le village de Holmoisky au Nord Est de Gorlovka, bombardé par des mortiers ukrainiens.

"Et ça continue encore et encore..."


Erwan Castel

Un vent de Liberté



Ce 10 novembre 2019, un nouveau pays s'est embrasé dans cette Amérique du Sud qui n'en finit pas d'être secouée et tiraillée depuis plus de 50 ans entre la tentation libérale et le rêve sociale. Après les colonialismes, les révolutions marxistes, les dictatures fascistes, les régimes socialistes alternant avec les régimes néo-libéraux, le continent de Tupac Amaru et Simon Bolivar est à nouveau le théâtre de d'éruptions populaires envahissant les rues du Chili, de Bolivie, d'Equateur, du Venezuela, de Colombie tandis que de nouveaux changements de régimes se réalisent comme en Argentine par exemple.

Certes on peut observer encore et toujours ces séismes latino-américains dans une vision bipolaire et politicienne opposant une gauche sociale et populaire à une droite libérale et élitiste, mais je pense qu'aujourd'hui les manifestations populaires observées en Amérique du Sud sont également et même avant tout symptomatiques d'une défiance générale des peuples vis à vis de ceux qui sont sensés les représenter. 
Et à ce titre, qu'elles soient instrumentalisées comme à Kiev ou récupérées comme à Athènes par des forces politico-économiques diverses, les foules qui descendent dans les rues de Paris, de Hong Kong, de La Paz ou Santiago expriment dans des identités et des revendications diverses un ras le bol commun vis à vis de toutes les élites politiciennes en général - et de leurs chiens de garde médiatiques - qui sont de plus en plus déconnectées de leurs réalités quotidiennes et exercent des pouvoirs de plus en plus, mensongers, corrompus et autoritaires.

Et l'exemple bolivien est à ce titre révélateur car nous y observons un président Morales, malgré une gouvernance auréolée d'une réussite sociale et économique indéniables, perdre sa légitimité populaire pour s'être accroché au pouvoir jusqu'à commettre des irrégularités électorales (une défaite référendaire dont il ne tient pas compte et une commission électorale partiale qui organise une opacité dans le suivi des résultats précédant sa victoire). Ici il convient de souligner que "irrégularités" ne signifie pas pour autant "fraudes électorales", lesquelles n'ont toujours pas été prouvées. Aussi, au lendemain de la 4ème victoire présidentielle de Evo Morales (avec 10 points d'avance sur son premier opposant), une foule instrumentalisée par l'opposition est descendue dans la rue pour contester les résultats du scrutin, tandis que les principaux membres du gouvernement abandonnaient le navire sous la pression d'une frange de l'armée et de la police acquise à l'extrême droite.

Ici il est important de souligner que c'est bien un coup d'état qui a été réalisé en Bolivie, emmené par des opposants appartenant à une extrême droite communautariste et ethnocentrée possédé par un racisme obscurantiste excité par le réseau des églises évangélistes, tous soutenus par les USA et les occidentaux qui voient dans l'éviction de Morales l'occasion de faire débarquer les capitaines d'industrie affamés de pétrole et de lithium entre autres matières premières dont regorge le pays. La volonté de réaliser un coup d'Etat libéral est accélérée lorsque Morales, s’apercevant (mais un peu tard) qu'il a trop tiré sur la corde du pouvoir, appelle à une nouvelle commission électorale suite à un audit international qui préconise d'invalider les résultats et de rejouer ce premier tour des élections présidentielles. Pour l'oligarchie internationale et ses pions boliviens il ne fallait pas que Morales retrouve son équilibre et sa légitimité.

Aussi, malgré sa vive critique de la personnification du pouvoir engagée par Evo Morales, le peuple bolivien dans sa majorité accepte encore moins la réalité d'un coup d'Etat et depuis 10 jours organise sa résistance, du parlement qui refuse la démission du président et la légitimité du gouvernement provisoire de Jeanine Añez aux populations indigènes qui affluent vers la capitale pour réclamer son retour.

Aujourd'hui la guerre civile menace en Bolivie, mais aussi au Chili et en Equateur, tandis qu'en Colombie où les FARC ont décidé de rompre des accords de paix non respectés par Bogota, la contestation enfle contre ce gouvernement néo-libéral aux ordres de Washington.

Le "wiphala", qui fut brûlé par les putschistes est l' emblème sacré des peuples indigènes en Bolivie, 
dont les traditions sont considérées par la présidente provisoire, la putschiste Jeanine Añez comme "sataniques".

Personnellement je vois dans toutes ces manifestations populaires, plus anti-étatiques que politiques, l'expression de ce "sens commun" populaire décrit par Georges Orwell et qui s'inscrit en dehors de toute forme de dogmatisme religieux, politique ou ethnique, contrairement aux idéologies et actions d'asservissement contre lesquelles s'effectuent ses réveils historiques.

Il s'agit selon moi du commencement de la fin des absolutismes étatiques qui apparaissent il y a environ 10000 ans au Proche Orient avec les premières sociétés urbaines agricoles qui, en remplaçant les sociétés traditionnelles nomades, imposent un paradigme nouveau et artificiel fondé sur le règne de pensées uniques et universalistes, qu'elles soient religieuses, économiques ou politiques.

Les peuples veulent retrouver à légitimement des définitions sociétales basées sur leurs traditions et non sur l'argent et des politiques ascendantes restant sous leur giron au lieu de subir un pouvoir descendant de palais inaccessibles. Ce qui est demandé, ce n'est pas un changement de politique mais un changement systémique, voire même un changement de paradigme. 

Et il est probable qu'à l'heure d'internet les peuples latino-américains, tout comme le peuple du Donbass, nous montrent l'exemple d'une émancipation politique réelle et d'une vraie reconquête de leurs souverainetés. Mais quoi de plus logique pour ce continent dont les multiples dictatures de l'Histoire n'ont pas réussi a effacer des mémoires ce rapport à la Liberté qui fut le berceau de son indépendance et de son identité civilisationnelle moderne.

Aussi, malgré le sang et les larmes qui coulent à nouveau dans ce merveilleux continent je terminerai par une chanson d'espoir et de révolte, illustrée par les manifestations qui en ce moment libèrent le Chili de la dictature de la marchandise !

Erwan Castel


dimanche 17 novembre 2019

2000 jours et 2000 nuits


Voilà 2000 jours que le conflit du Donbass secoue le coeur de l'Europe, 2000 jours et 2000 nuits que les soudards de marionnettes occidentales mises en place à Kiev pendant le coup d'Etat du Maïdan bombardent et saignent une population au seul grief qu'elle est identitairement russe et désire le rester. 

2000 jours... c'est plus long que la seconde guerre mondiale, et même si on ne peut comparer - fort heureusement - l'intensité des combats et l'étendue des pertes, il reste cette réalité inacceptable de voir un peuple et, à travers lui la civilisation européenne, subir la brutalité d'un conflit à caractère génocidaire, à l'aube de ce XXIème siècle. 

Ironie du calendrier, ces 2000 jours marquant cette nouvelle déchirure européenne coïncident avec les trente ans de la "chute du mur" symbolisant la fin de la "guerre froide" et la prétendue réunification de l'Europe. Mais 30 années plus tard, force est de constater qu'en fait de "réunification" l'Europe de l'Ouest s'est soumise à l'hégémon d'une dictature de la marchandise amorale qui cherche à soumettre par tous les moyens les derniers peuples et empires qui protègent leurs héritages ontologiques. 

Il y a 2000 jours, des femmes et des hommes du Donbass ont refusé de ce soumettre aux putschistes pro-occidentaux du Maïdan et d'abandonner leurs traditions et leurs libertés au profit d'un projet désireux de soumettre le monde sensible à l'amoralité de l'argent et la liquéfaction du monde où les diversités humaines seront noyées jusqu'à l'humanité elle même.

Car si le combat du Donbass pour préserver ses libertés et ses traditions est localisé à cette région situées aux marches de l'empire russe, il n'en demeure pas moins qu'il l'expression radicale et symptomatique de ce conflit éternel décrit par Zygmunt Bauman entre les empires solides comme cette Russie considérée par les géopoliticiens comme la "terre du milieu" et les impérialismes liquides représentés par les thalassocraties de l'histoire et notamment les anglo-saxons qui cherchent à la submerger.

Certes les entités solides de l'Histoire, religieuses, politiques, militaires ou culturelles par exemple nous ont imposé souvent dans le passé les cristallisations de leurs ambitions colonialistes: absolutismes politiques, frontières artificielles, communautaro-centrismes, dominations militaires etc. Mais ces hérésies géopolitiques avaient au moins l'avantage d'être idéologiquement et concrètement palpables; donc à la merci des résistances humaines racinaires.


Et c'est de cette résistance racinaire dont il s'agit dans le Donbass, tout comme celle des peuples de Syrie, de Gaza, du Vénézuéla, de Bolivie etc. qui luttent contre la submersion du libéralisme pour rester eux-mêmes. 

Dans le Donbass, depuis 2000 jours et 2000 nuits des enfants, des femmes et des hommes résistent à l'agression ukrainienne qui quotidiennement les méprise moralement, les nie culturellement, les asphyxie économiquement et les bombarde physiquement. La grande erreur d'un observateur serait de réduire ce conflit à une guerre civile opposant  les enfants perdus d'un empire soviétique disparu aux nostalgiques d'un totalitarisme ukrainien russophobe aux relents néo-nazis. Même si ces 2 dimensions idéologiques sont une réalité de ce conflit qui n'en finit pas, mais elles ne sont que l'écume de vagues qui se rencontrent aux confins d'un monde russe solidifié par la Tradition et d'un monde occidental liquéfié par l'Argent.

Cette dimension ontologique est primordiale pour comprendre l'essence même de ce conflit et surtout se prémunir mieux de cette "tentation libérale" qui via une mondialisation des systèmes de communications, des échanges économiques mais aussi culturels s'immisce dans nos vies et nos pensées quotidiennes tel un poison qui affaiblit les défenses immunitaires des identités humaines. Car, n'en déplaise aux pseudos "pro-russes" français qui pour beaucoup ne se montrent dans le Donbass que pour mieux nourrir leurs ambitions d'affairistes libéraux et mafieux installés à Moscou, il n'y a pas de bons et de mauvais libéralismes. 
Le libéralisme est l'ennemi mortel des peuples et il est agité comme un miroir aux alouettes par les élites esclavagistes, bourgeoisie du passé ou finance du présent, que pour mieux les soumettre à la pensée unique servant leurs pouvoirs égocentriques et tyranniques. Qu'elle soit religieuse, économique ou culturelle, l'idéologie libérale, dans sa forme politique ou sociale est le cancer de l'humanité pour la simple raison comme le rappelle Lucien Cerise que ce "Nouvel Ordre Mondial" qu'elle promeut "ne cherche pas à promouvoir un type d’homme. Ce qui est visé, c’est la fin de l’humain, donc le post-humain, le transhumain, etc." afin qu'arrive in fine la dictature universelle de l'argent via une atomisation des sociétés humaines traditionnelles en un troupeau indistinct d'individualistes consuméristes et aliénés à sa marchandise.


Voilà donc 2000 jours qu'un peuple européen, entre Occident et Eurasie, résiste à cette marée libérale meurtrière qui depuis 30 ans progresse vers les murailles de la Russie poussant devant elle les bandéristes et autres idiots utiles ukrainiens. 

D'aucuns prétendront que cette rébellion du Donbass est un "combat d'arrière garde" d'un monde soviétique disparu. 

Je pense pour ma part que les républiques populaires de Donetsk et Lugansk, en défendant radicalement les valeurs, les traditions et les libertés d'une Russie éternelle sont au contraire à l'avant garde des peuples se rebellant de plus en plus contre ce Nouvel Ordre Mondial et ses élites hors sol et corrompues. 
Car depuis 2000 jours, le monde a changé sous les réactions des peuples qui se mobilisent de plus en plus sur tous les continents contre l'hégémonie mondialiste et revendiquent chacun dans leurs sanctuaires, la souveraineté de ce "sens commun" civilisationnel enfoui dans le coeur de chacun. Ce "sens commun" supra communautaire qui survit au temps, aux guerres, aux esclavages, est indestructible car il est cet "inconscient collectif" des peuples décrit par Heidegger hérité de leur histoire, de leurs traditions, et qui fonde leur vraie Liberté.

Le temps de la reconquête des peuples arrive...

Erwan Castel



samedi 16 novembre 2019

Adieu "Tepa"


Triste nouvelle.


Ce 14 novembre 2019, Patrick D'Hondt alias "Tepa", créateur du média alternatif Meta TV, nous a quitté prématurément à l' âge de 48 ans, victime d'un cancer. J'ai découvert cet homme intègre et ardent défenseur de la liberté d'expression en 2014, grâce à Alain Benajam du réseau Novopole qui collaborait avec lui pour libérer cette Vérité étouffée par la dictature de la pensée unique mondialiste.

Paix à son âme...

"Tepa" incarnait selon moi la vraie défense des valeurs françaises et européennes, dans une expression saine et constructive car au delà de tous ces communautarismes simplistes, et haineux qui tentent trop souvent les résistants, dissidents et autres "patriotes" réactionnaires.

En 2012, Tepa avait réalisé un "rap patriote" qui illustre bien sa volonté de briser les barrières communautaristes ethniques, culturelles ou autres pour s'adresser à un public qui est la première victime d'l'individualisme consumériste, cet autre cancer moderne, par lequel s'impose l'hégémonie libérale mondialiste.

Le point d'honneur de ce combattant de la Liberté était de donner la parole à celles et ceux que le système censure et rejette, tous ces "empêcheurs de penser en rond" qui tentent de sauver la conscience et l'esprit critique dans les coeurs des citoyens.

Aujourd'hui, le combat pour la Liberté, la Vérité et la Tradition continue plus loin et plus fort, grâce à des hommes comme Tepa qui lui ont consacré toute leur vie. Si cet homme a disparu de nos horizons, il nous appartient en revanche de cultiver les graines qu'il a semé avec d'autres amoureux de la vie sur cette terre brûlée par le feu de l'argent roi. Et demain une nouvelle forêt maturante renaîtra au milieu de ce désert aride qu'est devenu l'âme humaine moderne.

Erwan Castel

En juin 2015, "Tepa" m'avait longuement interviewé, en direct, alors que j'étais affecté dans une unité de reconnaissance d'un bataillon de chars à l'ouest de Donetsk (unité que je devais quitter rapidement pour la 5ème brigade, faute d'avoir des missions concrètes sur le front). 




mercredi 13 novembre 2019

Sous le masque du "statut spécial"


Le seul avantage que l'on peut trouver aux gesticulations diplomatico-médiatiques réalisées chaque mois depuis 5 ans autour d'une table à Minsk c'est qu'elles permettent de maintenir la porte ouverte à un dialogue entre les belligérants de la guerre du Donbass.

Dialogue, dialogue ... mais faudrait-il que celui-ci soit un minimum franc, surtout de la part des ukrainiens qui tentent d'enfumer à nouveau les populations du Donbass avec cette farce grotesque qu'est la "formule Stenmeier", nouvelle déclinaison d'accords de paix qui tentent de ramener les républiques de Donetsk et Lugansk sous la botte ukrainienne en échange d'un "statut spécial" dont tout le monde sait qu'il ne sera jamais respecté et sert de cheval de Troie pour permettre à Kiev de s'emparer du Donbass libre. 

Une nouvelle preuve de la perfidie ukrainienne vient d'apparaître, dévoilant la réalité des intentions criminelles de Kiev dans le Donbass. Il s'agit de documents officiels émanant du Conseil National de Sécurité et de Défense de l'Ukraine qui décrit le processus de lustration de la population qui sera mise en oeuvre à l'issue d'une hypothétique application des accords de Minsk.

Il s'agit tout simplement de directives visant à éradiquer les russophones vivant dans le Donbass !

Sous le titre "Le projet de stratégie de l'Etat pour la réintégration sans danger du Donbass", ce document court mais explicite nous explique ce qui va arriver aux populations de Donetsk et Lugansk une fois leurs milices désarmées et leurs frontières retournées sous contrôle ukrainien.

Primo: Les résidents du Donbass disposeront d'un mois de délai durant lequel ils pourront librement quitter leur terre vers la Fédération de Russie.

Secundo: pour celles et ceux qui seront restés il est prévu de les définir selon plusieurs catégories de culpabilité :

- Ceux qui auront servi dans les rangs des forces armées.
- Ceux qui auront servi dans les ministères et administrations d'Etat.
- Ceux qui auront travaillé dans des entreprises contrôlées par l'Etat.
- Ceux qui auront payé des impôts aux républiques de Donetsk ou Lugansk

Selon le document, ces 4 catégories de personnes devront subir «un châtiment mérité», selon la législation ukrainienne, sous la forme de condamnations «pénale, administrative ou autre».

Et ce n'est pas fini !...

Celles et ceux qui n'auront pas participé aux combats, ni servi la république par leur travail ou leurs impôts seront expulsés vers les régions du centre et de l'ouest de l'Ukraine (fief des nationalistes radicaux ukrainiens)

Tertio: l'Etat organisera un repeuplement du Donbass avec des immigrés et des gens de l'Ouest du pays "dignes de restaurer ce que les gens du Donbass ont détruit."

Voilà donc ce qui attend les citoyens du Donbass si les accords de Minsk sont réalisés via un statut spécial qui n'existera que le temps de désarmer les milices et fermer les frontières et piéger ainsi la population dans les rets des forces de sécurité ukrainiennes, bien décidées à prolonger la guerre mais sous la forme d'une répression sanguinaire.

Les personnes qui me lisent depuis un certain temps savent très bien que je ne suis pas un adepte de la "reductio ad hitlerum" et que je conchie plutôt ce simplisme de la pensée qui consiste à réduire une critique acerbe en une comparaison souvent idiote avec "les heures les plus sombres de notre Histoire". Mais force est de constater que ce projet de lustration des populations russes des républiques populaires de Donetsk et Lugansk aurait pu être signée sans hésitation par Himmler ou Goebbels il y a 75 ans.

Il semble bien qu'en Ukraine, sous l'égide d'un Porochenko ou d'un Zelensky, la nazification  fanatique du pays soit bien l'autre face de sa dérussification hystérique, sur fond de génocide de la population du Donbass !

Erwan Castel