samedi 17 août 2019

Rien de nouveau à l'Ouest


Les ruptures ukrainiennes de la trêve décrétée le 21 juillet dernier s'enchaînent dans un concert de bombardements certes moins importants qu'avant sa signature mais suffisamment régulières et meurtrières pour qu'on ne puissent les qualifier de sporadiques ou exceptionnels... Durant la dernière semaine écoulée les forces de Kiev ont tiré sur le seul territoire de la RPD plus de 100 obus par jour.

Du 9 au 15 aout 2019, 3 soldats de la République Populaire de Donetsk ont été tués sur le front et 1 civil blessé par des attaques ukrainiennes.

  • Le 15 août 2019 en début de soirée, la partie républicaine du village de Zaitsevo a subi de nouveaux tirs ukrainiens. un homme de 56 ans résidant au 212 rue Rybalko, a été sérieusement blessé par des éclats à l’avant-bras gauche avec lésion de l’artère radiale, au genou droit et à la cuisse gauche, avec une hémorragie aiguë, choc hémorragique de degré 1


  • Le même jour un groupe de reconnaissance ukrainien a tenté de s'approcher des lignes de défense du le secteur de Dokuchaievsk. Cette opération d'infiltration a été annulée lorsque le drone d'observation qui l'appuyait a été abattu par la défense républicaine. sur la vidéo du drone on peut voir la progression du groupe.
  • Et aujourd'hui 16 aout j'apprends qu'un camarade de combat, et athlète de haut niveau a perdu sa jambe suite à l'explosion d'une mine antipersonnelle sur le front de Donetsk. Evacué en urgence à l'hopital de traumatologie du centre ville, les chirurgiens ont réussi à le stabiliser mais sans toutefois pouvoir sauver sa jambe. il désire pour le moment rester anonyme pour ne pas inquiéter sa mère.
Sur la ligne du front de nombreuses maisons d'habitations ont été encore détruites ou endommagées par les tirs ukrainiens, comme ici sur le front Sud de la RPD dans le village d'Oktyabr où continue de vivre une population principalement agricole.


Ce matin 17 août 2019, je suis allé rendre visite à mon camarade amputé à l'hôpital de traumatologie, aux chambres et couloirs remplis de mutilés et d'handicapés, claudiquant entre 2 béquilles où poussant péniblement leurs fauteuils vers un espace fumeur ou des salles de repos communes. 
Lorsqu'on parle des guerres en général et de celle du Donbass en particulier on évoque souvent les tués, ceux qu'on nomme les "200" (depuis l'Afghanistan) comme indicateurs de la situation sur le front, et on oublie souvent les "300" ces blessés qui sont 3 à 4 fois plus nombreux et dont nombre resteront handicapés en sortant de ce champ d'obus et de mines...

Si les autorités continuent de "jouer le jeu" des accords de Minsk devenus des fantômes pathétiques, les populations du Donbass, civiles et militaires ne croient plus du tout en la possibilité d'une résoltion pacifique du conflit tant que Kiev sera sous la coupe de régimes de paille aux ordres de Washington. Et la simple évocation d'un "statut spécial" pour le Donbass, qui était la revendication des fédéralistes de 2014, apparait aujourd'hui après 5 annnées de sacrifices, une trahison de ce "printemps russe" qui est toujours en éclosion...

Erwan Castel

mardi 13 août 2019

Ils ne respectent même pas leurs morts


Sur le front de Lugansk, lors d'une tentative d'infiltration vers des positions républicaines, un groupe ukrainien de reconnaissance d'est fourvoyé dans un champ de mines. 2 soldats ukrainiens ont été tués et 1 autre blessé.

Si dans les premiers mois de la guerre aucune procédure avait été mise en place sous l'égide de l'OSCE, aujourd'hui des contacts peuvent être établis pour organiser l'évacuation des morts ou des blessés restés sur le champ de bataille.

Mais une fois encore, malgré les garanties de sécurité offertes par la République de Lugansk pour permettre aux ukrainiens de récupérer le corps d'un de leurs soldat abandonné sur le terrain, rien n'a été fait.

Ce sont donc les soldats républicains qui sont allés finalement entre les lignes pour évacuer le corps du soldat ukrainien. Il sera évacué ces prochains jours vers l'Ukraine.

Une anecdote banale de ce front du Donbass, mais qui révèle bien la divergence des mentalités de ces combattants qui s'affrontent pour un territoire mais aussi autour de valeurs humaines et une éthique de la guerre.

Erwan Castel

dimanche 11 août 2019

Seuls les morts...


Les bombardements continuent sur le front du Donbass. Certes dans des proportions moindres depuis la "trêve" du 21 juillet mais ils continuent à répandre le sang sur la terre noire du Donbass.

Hier, les forces de Kiev ont continué l'augmentation de leurs attaques tirant sur la seule RPD 144 obus au cours de 7 violations du cessez le feu

Aujourd'hui au cours des bombardements qui continuent, 3 défenseurs de la République Populaire de Donetsk ont été blessés par des attaques ukrainiennes.

C'est une guerre d'artilleurs et de snipers, une guerre où des morceaux d'acier déchirent l'air, le silence et les chairs sans que leurs tireurs ne soient visibles.

Quelques exemples du jour:

14h30 - Secteur Marinka (Ouest Donetsk), Trudovsky sous les tirs de mitrailleuses lourdes et armes légères ukrainiennes.

14h40 - Secteur Yasinovataya (Nord de Donetsk), tirs ukrainiens de 2 roquettes antichars RPG et 8 grenades auto propulsées AGS sur des positions républicaines

18h15 - Secteur Kominternovo (Sud de la RPD) tirs de mitrailleuses lourdes et armes légères ukrainiennes.

18h20 - Secteur Shirokino (Sud de la RPD), 20 obus de BMP2 (30mm) et tirs de mitrailleuses lourdes et des armes légères ukrainiennes sur les positions de Sahanka.

Etc.

Même Denis Pushilin, le nouveau président de la RPD, par nature plus politicien que militaire, a dû lancer un avertissement à Kiev, menaçant de faire riposter les forces républicaines de façon significative si les violations ukrainiennes du cessez le feu continuaient.

Dans ce Donbass perpétuellement sous le feu depuis plus de 5 années, "seuls les morts ont vu la fin de la guerre"...

Erwan Castel

Mises à jour :

22h20 - Dans le secteur ou notre section est déployée au Nord de Yasinovataya plusieurs tirs de mortier et de mitrailleuses lourdes se sont fait entendre sue le front de Promka.

22h50 - les tirs sporadiques continuent

Le drame de l'effondrement soviétique

Andrei Andreevich Derevenka, un jeune de Donetsk, militant du "printemps russe" antimaidan puis parmi les premiers volontaires de la milice populaire. Dans les rangs de Vostok il participe aux violents combats de Saur Moghila. Puis il a intégré un bataillon cosaque, toujours en première ligne au plus fort des combats. Il y a 5 ans le 10 août 2014 dans le village de Grabari, il a été fauché dans une embuscade du bataillon  spécial "Dniepr". Il avait juste 20 ans !



Lorsque L'URSS s'effondre brutalement, des millions de citoyens russes soviétiques se retrouvent en dehors des frontières de l'actuelle Russie.

Et au fur et à mesure que les indépendances s'effondrèrent dans la corruption oligarchique ou l'asservissement à la ploutocratie mondialiste, une nostalgie de la "sovietskaya soyouz" à grandit dans le coeur de ces exilés russes, ces nouveaux "malgré nous" bousculés par les vents de l'Histoire. 

Ici on ne parle pas d'idéologie politique ni même d'identité communautaire, mais de destinée humaine partagée par de très nombreuses communautés ethniques, culturelles, religieuses et forgée autour d'une notion d'empire transmise à travers les siècles.

Depuis 25 ans, ces territoires russes exilés sont le théâtre de conflits plus ou moins violents autour d'un sentiment d'appartenance russe qui persiste au delà des tectoniques géopolitiques : Ossétie, Abkhazie, Haut Karabagh, Transnisstrie, Donbass etc... Tous autant de récifs résistants au tsunami des dictatures de la marchandise et de l'OTAN.

Pour ces peuples d'Europe jetés dans les vents de l'Histoire comme des fétus de paille c'est un drame humain et défi historique.

C'est ce qu'a souligné en 2005 , Vladimir Poutine lorsqu’il a déclaré : "  Par-dessus tout, nous devrions reconnaître que l’effondrement de l’Union Soviétique fut un désastre géopolitique majeur du siècle dernier. Pour la nation russe, il devint un authentique drame. Des dizaines de millions de nos concitoyens et compatriotes se sont retrouvés à l’extérieur du territoire russe. De plus, l’épidémie de la désintégration infecta la Russie elle-même. "

En 2016 dans le quartier bombardé d'Oktyabrsky où je vis lorsque je reviens du front, je demandais à une amie comment définissait-elle son identité dans le Donbass en guerre. Ukrainienne ? Russe ? Donbassienne ?

Sans hésiter une seconde, cette jeune veuve de guerre et mère de 2 enfants m'a répondu, une brillance dans le regard :

"je suis soviétique !" 

Et les derniers lambeaux de la propagande occidentale au milieu de laquelle je suis né se sont déchirés au milieu de ses explications argumentées simples et humaines loin des idéologies dogmatiques dont beaucoup malheureusement (à l'Est comme à l'Ouest) vont trahir in fine ce qu'elles prétendaient défendre.  

Malgré ses erreurs systémiques, l'URSS en sublimant cette identité russe multiple a incarné un authentique "vivre ensemble" loin des individualisme cupides et stupides de la décadence occidentale actuelle. 

Il ne s'agit point de revenir en arrière, ceci n'est ni souhaitable ni possible, mais de projeter vers l'avenir les valeurs ontologiques de cette "notion d'empire" qui caractérise le "monde russe" par delà toutes ses déclinaisons historiques. 

Le Donbass a choisi cette "Révolution conservatrice", difficile et sacrificielle, et 5 ans après avoir donné naissance aux Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk, les femmes et les hommes des steppes et des terrils continuent à payer de leur sang la défense de leurs traditions et de leurs libertés.

Ils sont aux avants postes de cet empire russe encerclé par l'impérialisme occidental.

Erwan Castel


samedi 10 août 2019

Rébellion !


Souvent je suis entre rire, colère et pitié lorsque j'observe des réactionnaires prôner la restauration de paradigmes communautaro-centrés qu'ils soient politiques, religieux, ou ethniques pour se défendre contre l'effondrement civilisationnel.

Si ces Tartuffe et Torquemada du passé prenaient un minimum de distance verticale avec leurs idéologies artificielles, ils verraient dans le plus lointain de l'Histoire des idées que leurs références dogmatiques qu'elles soient universalistes ou autarciques sont justement les génitrices du système esclavagiste qui nous suicide aujourd'hui.

Car le virus mortel des âmes et des corps est cette pensée unique intolérante et hégémonique qui depuis environ 6000 ans se diversifie et se métamorphose de système religieux en système économique puis culturel, politique etc...

Nouveau prophète, nouvelle monnaie, nouveau média, nouvelle politique, nouveau réseau social, nouvelle mode, nouveau livre, nouvelle guerre....

Tous ces mirages du passé ou du futur ne sont souvent et malheureusement que d'autres déclinaisons de cette pensée unique diversifiée qui pour survivre et faire tourner en rond dans ses enclos les esclaves spécialisés invente ses propres diables pour perdre les derniers Hommes libres dans de faux combats communautaristes.

La seule voie de libération n'est pas dans des oppositions politiques, religieuses, ethniques, ou culturelles qui sont aussi infectées par le virus de la pensée unique, mais dans une vraie rébellion radicale afin de retrouver l'essence même des identités humaines débarassées de leurs servitudes multiples.

C'est un combat éternel dont nous ne verrons jamais les lauriers, mais peu importe car le plus important est de rester debout pour saluer chaque matin ce soleil invaincu éclairant nos libertés perdues...

Erwan Castel

« Soudain j'ai tout compris. Je vivais en prison depuis ma naissance. On m'avait retiré tout ce que mes ancêtres avaient mis des milliers d'années à construire et on m'avait donnés quelques hochets à la place : du confort, quelques années de plus à vivre (en me faisant chier), des DVD, une carte d'électeur trafiquée. On m'avait dressé comme les clébards du lieutenant. Dressé à aller travailler pour les autres tous les matins. Dressé à voter pour des parasites qui vivraient sur mes impôts. Dressé à accepter d’être fiché de tous les cotés. Dressé à désirer ce que l'on attendait de moi. Dressé à accepter l'idée de finir en maison de retraite. Dressé à ne plus rien contrôler de ma vie. Dressé ! La voilà, la civilisation ! Après l'ivresse, j'avais une solide gueule de bois. Il fallait s'échapper, tout brûler, tout casser… »

Olivier Maulin, Gueule de bois

(Extrait via le groupe FB "Païen païenne")

Aggravation du front Sud


Le 7 août, le président ukrainien Zélensky a téléphoné au président russe Poutine pour évoquer la situation tendue du front Sud de la République Populaire de Donetsk où persistent des combats et bombardements importants malgré la trève décrétée le 21 juillet dernier.

En effet dans ce secteur de Kominternovo, Sahanka, tout comme dans ceux de Yasinovata, ou Zaitsevo par exemple, les lignes de front des belligérants sont tellement proches les unes des autres, suite à l'occupation ukrainienne de la zone neutre qu'un cessez le feu est quasi impossible. Et si on rajoute à cette situation la présence de nombreuses unités de Kiev composées de paramilitaires néo-nazis et repris de justice, on a une situation qui du côté ukrainien est très difficilement contrôlable.

Plusieurs défenseurs de la République populaire de Donetsk sont tombés dans ce secteur depuis la trêve du 21 juillet et de nombreux autres ont été blessés dont plusieurs très grièvement lors de bombardements ou d'attaques ukrainiennes, comme par exemple Maxim Khotkovsky, indicatif" Rainbow ", 19 ans grièvement blessé au visage et éborgné Du côté deKiev les pertes sont également importantes, comme lors de cette journée du 6 août où 4 soldats ukrainiens ont été tués officiellemnt par par des ripostes républicaines mais en réalité par un manipulation de minuitions modifiées artisanalement.

Bombardement du village de Kominternovo par des mortiers ukrainiens

Force est de constater que l'entretien téléphonique entre Kiev et Moscou n'a pas calmé des velléités agressives des unités ukrainiennes. Bien au contraire, ces dernières qui ont réalisé un déploiement général en ordre de combat sur le première ligne de ce front Sud ont intensifié leurs provocations et attaques meurtrières.

Hier soir, les unités de la 36ème brigade ukrainienne d'infanterie de marine ont à nouveau bombardé le village de Kominternovo, tirant sur les positions défensives républicaines mais également les zones résidentielles. Au cours de ces bombardements longs les ukrainiens ont utilisé des lance grenades automatiques mais aussi des mortiers de 82 et 120mm.

Bilan: au moins 2 défenseurs de la république ont été tués lors de ces nouveaux bombardements de KIev.

Après minuit, les combats et bombardements continuaient dans ce secteur.


mercredi 7 août 2019

Flash, Alerte dans le Sud !


Il y a quelques heures, les forces ukrainiennes du secteur Sud ont été mises en alerte de combat en urgence et déployées sur la première ligne du front entre Mariupol et Novoazovsk.

Cette alerte de combat concerne la 406e brigade d'artillerie de marine déployée à Ternovoye, Kirovo, Andreevka, a portée de tir de nos positions; tandis que l'ensemble des 36e et 35e brigades d'infanterie marine se sont avancées jusqu'aux avants postes du front en formation de combat.
A Mariupol les radicaux néo-nazis du régiment Azov et la 56ème brigade d’infanterie motorisée sont également en alerte de combat et rassemblés sur leur base d'assaut au Nord de la ville.

Sur le front a été observée une intensification des vols de drones de reconnaissance ukrainiens, dont 2 ont été abattus pat nos forces de défense.

Soit cette mise en alerte de combat des forces ukrainiennes est le prélude à une offensive majeure. Le scénario de plus probable serait une attaque éclair au Nord de Novoazovsk en direction des frontières russes situées à moins de 100 kilomètres pour couper en deux les forces républicaines.

Soit, ce que personnellement je crois, c'est un test opérationnel réalisé par le nouveau Commandant en chef de l'Opération des Forces Combinées nommé la veille, le lieutenant général Vladimir Kravchenko, auparavant en charge du Commandement du secteur Nord ukrainien (Tchernigov) et connu pour sa russophobie psychotique.

En attendant de voir de quoi il en retourne, ce déploiement sur leurs bases d'assaut des forces du secteur Sud reste une nouvelle provocation majeure à l'encontre de nos forces, invitées à des tirs de défense préventifs et qui seraient déclarés immédiatement désignés comme une rupture républicaine de la trêve.

De notre côté une mise en alerte de nos unités a été également déclenchée....

Erwan Castel

mardi 6 août 2019

Retour sur les routes

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Accompagné du soleil revenu nous repartons sur les routes de la République Populaire de Donetsk pour des sécurisations de zones entre Donetsk et Gorlovka.

Dans ce ruban de moins de 5 kilomètres de large se côtoient à la fois une ligne de front active, des agglomérations habitées et une des principales voies de communication entre Donetsk et Gorlovka et même plus loin vers Lugansk, notre république soeur du Donbass.


Mardi 6 août 2019

Autour de nous, les stigmates et les marques de la guerre semblent organiser la signalétique de cette ligne invisible animée au milieu des activités civiles par le flux et le reflux de véhicules militaires ou de soldats à pied et en armes.

Ici la guerre fait partie depuis 5 ans de l'horizon et la banalité de la vie quotidienne mais sans pour autant effacer dans les coeurs sa dimension tragique et la vigilance de tous, enfants compris qui font silence en épiant l'horizon lorsque les percussions d'un canon, d'une roquette ou d'une mitrailleuse lourde s'invitent dans les conversations.

Mais ici la dignité et la pudeur commandent de ne montrer ni la peur ou l'anxiété, ni les difficultés de la vie ou l'incertitude des lendemains, mais au contraire de continuer à vivre "comme si de rien n'était" pour que les traditions des grand- mères et les sourires des enfants continuent à fleurir dans les jardins fruitiers du Donbass.

Et je regarde ce soleil couchant incendier l'horizon par delà la silhouette déchiquetée d'une maison bombardée, en pensant que c'est aussi la même étoile qui joue dans les frondaisons des grands bois" tropicaux, au coeur de cette Guyane enchanteresse aux pieds de laquelle j'ai déposé auparavant mes rêves pendant 15 années...

Étrange planète et surtout étrange espèce, que cet "Homo sapiens sapiens" trop souvent si mal nommé qui est capable du meilleur, mais surtout du pire.

Erwan Castel

lundi 5 août 2019

Trump ouvre une boîte de Pandore



Il semble que le POTUS ait trop pris de viagra ces derniers temps, au vu de ses nouveaux cacas nerveux contre l'Iran, le Vénézuela, l'Europe, la Russie, la Chine etc...

Mais le pire et plus sournois de ces actions stratégiques est aujourd'hui le retrait définitif des USA du traité de non prolifération des armes nucléaires à moyenne portée (INF), annoncé sourire aux lèvres par son faucon de guerre Pompeo ce 2 août dernier.

Et cet incendiaire de Pompeo, qui rêve chaque nuit de bombarder la Corée du Nord, le Vénézuela et l'Iran a eu l'outrecuidance d'accuser la Russie d'être responsable de la fin de ce traité vital pour la Paix mondiale que conclurent en 1987 Gorbatchev et Reagan et qui permit d'amorcer une désescalade nucléaire bilatérale historique (je me souviens du retrait retentissant des fusées intermédiaires (env 5000 km de portée) "Pershing" américaines et "SS20" soviétiques du théâtre européen).

Ce traité qui scellait une démilitarisation stratégique de l'Europe à été pour la première fois remis en cause par l'administration Obama en 2014, en pleine crise ukrainienne, accusant sans preuve (comme d'habitude) la Russie de violer le Traité en expérimentant un nouveau missile de croisière (9M929).

Un an plus tard, en 2015, Washington annonçait un plan de redéploiement de missiles nucléaires intermédiaires terrestres en Europe (plan en fait déjà amorcé sous couvert des sites de lancement du système AEGIS officiellement "défensifs", en Pologne et Roumanie).

Or le départ de la Maison Blanche de ces fous de guerre ne va absolument rien changer, et Trump qui pourtant a fait toute sa campagne à vouloir changer leur politique belliciste va confirmer en 2018 ce plan belliqueux du russophobe Obama (et le Congrès donnera même son feu vert pour l'expérimentation d'un missile nucléaire sur système mobile).

La Russie va quitter également le Traité INF ce 3 juillet pour répondre légalement à la nouvelle course aux armements engagée par Washington.

Dans cette nouvelle guerre froide, les grands perdants sont à nouveau les pays européens, pros en otage par l'OTAN et qui se voient menacer par l'installation des missiles étasuniens sur leurs territoires qui ne sont qu'à une dizaine de minutes de vol des centres névralgiques russes, tandis que les USA retentissant hors de portée des missiles intermédiaires russes.

L'hypocrisie occidentale est sur ce dossier générale y compris au niveau d'une Union Européenne qui ne défend que la stratégie des USA en déclarant vouloir préserver les acquis du traité mais en refusant à l'ONU la proposition russe d'instaurer un réseau de contrôles et de négociations à cet effet.

Aujourd'hui les USA avec le soutien suicidaire de leurs laquais de l'OTAN ont engagé une nouvelle course aux armements, à la fois contre la Russie mais aussi contre la Chine, comme l'a confirmé Pompeo, plongeant ainsi le monde dans une guerre froide pire que la précédente.

Erwan Castel

dimanche 4 août 2019

Retour vers Donetsk

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Cette 2ème mission d'appui aux forces de police sur l'arrière du front s'achève sous une pluie froide et battante qui a surpris tout le monde, et nous quittons le secteur de Krasnei Partisan, "trempés comme des soupes" 


Dimanche 4 août 2019

Sous une pluie fine et froide rappelant la marche des saisons, nous attendons notre relève et un repos sur Donetsk...

Ce matin un couple d'anciens allant au marché est venu nous offrir sous les nuées orageuses des poignées de cerises gorgées de soleil.

Les brumes fusionnées de la terre trempée, des usines métallurgiques, et des feux ménagers een diluant à l'horizon la terre et le ciel, fécondent mes pensées de questions existentielles... par définition sans réponse.

11h56, un tir de SPG 9, ce canon sans recul de 73mm très présent sur le front du Donbass, rappelle que la guerre est toujours là, rampante autour de ces ruines qui signalent aux vivants, sur plus de 400 kilomètres entre Mariupol et Lugansk, qu'ils peuvent ici et sans raison croiser à tout instant la grande faucheuse noire.


Sur les portails griffés par l'acier des nombreuses maisons encore habitées, des croix blanches signalent aux pompiers, en cas de bombardement, la présence de personnes.

Mais la vie continue malgré la Camarde et les pluies qui semblent être sur cette steppe griffée par l'acier, les larmes des Dieux abandonnés, impuissants et attristés par la folie des Hommes.

Erwan Castel