mercredi 20 novembre 2019

Bombardement lourd au Nord de Donetsk


Dans le Donbass, non seulement les ukrops reviennent avec leurs forces de sécurité - police et garde nationale - dans les zones qui avaient été démilitarisées que pour offrir à Zelensky un faire valoir lors de la prochaine représentation théâtrale du "Format Normandie" qui doit se jouer au Gross Paris de Macron le 9 décembre prochain, mais leur artillerie lourde a ait un retour fracassant sur ce front où les attaques de Kiev n'ont jamais cessé.

Les forces républicaines et les observateurs du STKK qui restent en permanence en première ligne (contrairement à ceux de l'OSCE qui la visitent en touristes pendant la journée) ont constaté :
  • l'arrivée d'unités ukrainiennes sur la zone démilitarisée de Zolotoy
  • le retour de véhicules blindés ukrainiens sur la zone démilitarisée de Petrovsky
  • la capture d'une colline par des ukrainiens dans la zone grise au Nord de Gorlovka
Et cet après midi, à partir de 16h20 l'artillerie ukrainienne a tiré 17 obus de 152mm (certaines sources parlent de 122 mm) sur les lisières Nord du village de Spartak, au Nord de Donetsk. Ce pilonnage, confirmé par les observateurs du STKK, a été réalisé par des obusiers automoteurs 2S5 "Hyacinthe" de 152mm (ou 2S1 "Godzilla"), calibre supérieur à 100 mm et théoriquement prohibé par les accords de Minsk.


Par ailleurs d'autres bombardements ukrainiens ont été observés au milieu des échanges de tirs persistant sur l'ensemble du front, comme par exemple sur le village de Holmoisky au Nord Est de Gorlovka, bombardé par des mortiers ukrainiens.

"Et ça continue encore et encore..."


Erwan Castel

Un vent de Liberté



Ce 10 novembre 2019, un nouveau pays s'est embrasé dans cette Amérique du Sud qui n'en finit pas d'être secouée et tiraillée depuis plus de 50 ans entre la tentation libérale et le rêve sociale. Après les colonialismes, les révolutions marxistes, les dictatures fascistes, les régimes socialistes alternant avec les régimes néo-libéraux, le continent de Tupac Amaru et Simon Bolivar est à nouveau le théâtre de d'éruptions populaires envahissant les rues du Chili, de Bolivie, d'Equateur, du Venezuela, de Colombie tandis que de nouveaux changements de régimes se réalisent comme en Argentine par exemple.

Certes on peut observer encore et toujours ces séismes latino-américains dans une vision bipolaire et politicienne opposant une gauche sociale et populaire à une droite libérale et élitiste, mais je pense qu'aujourd'hui les manifestations populaires observées en Amérique du Sud sont également et même avant tout symptomatiques d'une défiance générale des peuples vis à vis de ceux qui sont sensés les représenter. 
Et à ce titre, qu'elles soient instrumentalisées comme à Kiev ou récupérées comme à Athènes par des forces politico-économiques diverses, les foules qui descendent dans les rues de Paris, de Hong Kong, de La Paz ou Santiago expriment dans des identités et des revendications diverses un ras le bol commun vis à vis de toutes les élites politiciennes en général - et de leurs chiens de garde médiatiques - qui sont de plus en plus déconnectées de leurs réalités quotidiennes et exercent des pouvoirs de plus en plus, mensongers, corrompus et autoritaires.

Et l'exemple bolivien est à ce titre révélateur car nous y observons un président Morales, malgré une gouvernance auréolée d'une réussite sociale et économique indéniables, perdre sa légitimité populaire pour s'être accroché au pouvoir jusqu'à commettre des irrégularités électorales (une défaite référendaire dont il ne tient pas compte et une commission électorale partiale qui organise une opacité dans le suivi des résultats précédant sa victoire). Ici il convient de souligner que "irrégularités" ne signifie pas pour autant "fraudes électorales", lesquelles n'ont toujours pas été prouvées. Aussi, au lendemain de la 4ème victoire présidentielle de Evo Morales (avec 10 points d'avance sur son premier opposant), une foule instrumentalisée par l'opposition est descendue dans la rue pour contester les résultats du scrutin, tandis que les principaux membres du gouvernement abandonnaient le navire sous la pression d'une frange de l'armée et de la police acquise à l'extrême droite.

Ici il est important de souligner que c'est bien un coup d'état qui a été réalisé en Bolivie, emmené par des opposants appartenant à une extrême droite communautariste et ethnocentrée possédé par un racisme obscurantiste excité par le réseau des églises évangélistes, tous soutenus par les USA et les occidentaux qui voient dans l'éviction de Morales l'occasion de faire débarquer les capitaines d'industrie affamés de pétrole et de lithium entre autres matières premières dont regorge le pays. La volonté de réaliser un coup d'Etat libéral est accélérée lorsque Morales, s’apercevant (mais un peu tard) qu'il a trop tiré sur la corde du pouvoir, appelle à une nouvelle commission électorale suite à un audit international qui préconise d'invalider les résultats et de rejouer ce premier tour des élections présidentielles. Pour l'oligarchie internationale et ses pions boliviens il ne fallait pas que Morales retrouve son équilibre et sa légitimité.

Aussi, malgré sa vive critique de la personnification du pouvoir engagée par Evo Morales, le peuple bolivien dans sa majorité accepte encore moins la réalité d'un coup d'Etat et depuis 10 jours organise sa résistance, du parlement qui refuse la démission du président et la légitimité du gouvernement provisoire de Jeanine Añez aux populations indigènes qui affluent vers la capitale pour réclamer son retour.

Aujourd'hui la guerre civile menace en Bolivie, mais aussi au Chili et en Equateur, tandis qu'en Colombie où les FARC ont décidé de rompre des accords de paix non respectés par Bogota, la contestation enfle contre ce gouvernement néo-libéral aux ordres de Washington.

Le "wiphala", qui fut brûlé par les putschistes est l' emblème sacré des peuples indigènes en Bolivie, 
dont les traditions sont considérées par la présidente provisoire, la putschiste Jeanine Añez comme "sataniques".

Personnellement je vois dans toutes ces manifestations populaires, plus anti-étatiques que politiques, l'expression de ce "sens commun" populaire décrit par Georges Orwell et qui s'inscrit en dehors de toute forme de dogmatisme religieux, politique ou ethnique, contrairement aux idéologies et actions d'asservissement contre lesquelles s'effectuent ses réveils historiques.

Il s'agit selon moi du commencement de la fin des absolutismes étatiques qui apparaissent il y a environ 10000 ans au Proche Orient avec les premières sociétés urbaines agricoles qui, en remplaçant les sociétés traditionnelles nomades, imposent un paradigme nouveau et artificiel fondé sur le règne de pensées uniques et universalistes, qu'elles soient religieuses, économiques ou politiques.

Les peuples veulent retrouver à légitimement des définitions sociétales basées sur leurs traditions et non sur l'argent et des politiques ascendantes restant sous leur giron au lieu de subir un pouvoir descendant de palais inaccessibles. Ce qui est demandé, ce n'est pas un changement de politique mais un changement systémique, voire même un changement de paradigme. 

Et il est probable qu'à l'heure d'internet les peuples latino-américains, tout comme le peuple du Donbass, nous montrent l'exemple d'une émancipation politique réelle et d'une vraie reconquête de leurs souverainetés. Mais quoi de plus logique pour ce continent dont les multiples dictatures de l'Histoire n'ont pas réussi a effacer des mémoires ce rapport à la Liberté qui fut le berceau de son indépendance et de son identité civilisationnelle moderne.

Aussi, malgré le sang et les larmes qui coulent à nouveau dans ce merveilleux continent je terminerai par une chanson d'espoir et de révolte, illustrée par les manifestations qui en ce moment libèrent le Chili de la dictature de la marchandise !

Erwan Castel


dimanche 17 novembre 2019

2000 jours et 2000 nuits


Voilà 2000 jours que le conflit du Donbass secoue le coeur de l'Europe, 2000 jours et 2000 nuits que les soudards de marionnettes occidentales mises en place à Kiev pendant le coup d'Etat du Maïdan bombardent et saignent une population au seul grief qu'elle est identitairement russe et désire le rester. 

2000 jours... c'est plus long que la seconde guerre mondiale, et même si on ne peut comparer - fort heureusement - l'intensité des combats et l'étendue des pertes, il reste cette réalité inacceptable de voir un peuple et, à travers lui la civilisation européenne, subir la brutalité d'un conflit à caractère génocidaire, à l'aube de ce XXIème siècle. 

Ironie du calendrier, ces 2000 jours marquant cette nouvelle déchirure européenne coïncident avec les trente ans de la "chute du mur" symbolisant la fin de la "guerre froide" et la prétendue réunification de l'Europe. Mais 30 années plus tard, force est de constater qu'en fait de "réunification" l'Europe de l'Ouest s'est soumise à l'hégémon d'une dictature de la marchandise amorale qui cherche à soumettre par tous les moyens les derniers peuples et empires qui protègent leurs héritages ontologiques. 

Il y a 2000 jours, des femmes et des hommes du Donbass ont refusé de ce soumettre aux putschistes pro-occidentaux du Maïdan et d'abandonner leurs traditions et leurs libertés au profit d'un projet désireux de soumettre le monde sensible à l'amoralité de l'argent et la liquéfaction du monde où les diversités humaines seront noyées jusqu'à l'humanité elle même.

Car si le combat du Donbass pour préserver ses libertés et ses traditions est localisé à cette région situées aux marches de l'empire russe, il n'en demeure pas moins qu'il l'expression radicale et symptomatique de ce conflit éternel décrit par Zygmunt Bauman entre les empires solides comme cette Russie considérée par les géopoliticiens comme la "terre du milieu" et les impérialismes liquides représentés par les thalassocraties de l'histoire et notamment les anglo-saxons qui cherchent à la submerger.

Certes les entités solides de l'Histoire, religieuses, politiques, militaires ou culturelles par exemple nous ont imposé souvent dans le passé les cristallisations de leurs ambitions colonialistes: absolutismes politiques, frontières artificielles, communautaro-centrismes, dominations militaires etc. Mais ces hérésies géopolitiques avaient au moins l'avantage d'être idéologiquement et concrètement palpables; donc à la merci des résistances humaines racinaires.


Et c'est de cette résistance racinaire dont il s'agit dans le Donbass, tout comme celle des peuples de Syrie, de Gaza, du Vénézuéla, de Bolivie etc. qui luttent contre la submersion du libéralisme pour rester eux-mêmes. 

Dans le Donbass, depuis 2000 jours et 2000 nuits des enfants, des femmes et des hommes résistent à l'agression ukrainienne qui quotidiennement les méprise moralement, les nie culturellement, les asphyxie économiquement et les bombarde physiquement. La grande erreur d'un observateur serait de réduire ce conflit à une guerre civile opposant  les enfants perdus d'un empire soviétique disparu aux nostalgiques d'un totalitarisme ukrainien russophobe aux relents néo-nazis. Même si ces 2 dimensions idéologiques sont une réalité de ce conflit qui n'en finit pas, mais elles ne sont que l'écume de vagues qui se rencontrent aux confins d'un monde russe solidifié par la Tradition et d'un monde occidental liquéfié par l'Argent.

Cette dimension ontologique est primordiale pour comprendre l'essence même de ce conflit et surtout se prémunir mieux de cette "tentation libérale" qui via une mondialisation des systèmes de communications, des échanges économiques mais aussi culturels s'immisce dans nos vies et nos pensées quotidiennes tel un poison qui affaiblit les défenses immunitaires des identités humaines. Car, n'en déplaise aux pseudos "pro-russes" français qui pour beaucoup ne se montrent dans le Donbass que pour mieux nourrir leurs ambitions d'affairistes libéraux et mafieux installés à Moscou, il n'y a pas de bons et de mauvais libéralismes. 
Le libéralisme est l'ennemi mortel des peuples et il est agité comme un miroir aux alouettes par les élites esclavagistes, bourgeoisie du passé ou finance du présent, que pour mieux les soumettre à la pensée unique servant leurs pouvoirs égocentriques et tyranniques. Qu'elle soit religieuse, économique ou culturelle, l'idéologie libérale, dans sa forme politique ou sociale est le cancer de l'humanité pour la simple raison comme le rappelle Lucien Cerise que ce "Nouvel Ordre Mondial" qu'elle promeut "ne cherche pas à promouvoir un type d’homme. Ce qui est visé, c’est la fin de l’humain, donc le post-humain, le transhumain, etc." afin qu'arrive in fine la dictature universelle de l'argent via une atomisation des sociétés humaines traditionnelles en un troupeau indistinct d'individualistes consuméristes et aliénés à sa marchandise.


Voilà donc 2000 jours qu'un peuple européen, entre Occident et Eurasie, résiste à cette marée libérale meurtrière qui depuis 30 ans progresse vers les murailles de la Russie poussant devant elle les bandéristes et autres idiots utiles ukrainiens. 

D'aucuns prétendront que cette rébellion du Donbass est un "combat d'arrière garde" d'un monde soviétique disparu. 

Je pense pour ma part que les républiques populaires de Donetsk et Lugansk, en défendant radicalement les valeurs, les traditions et les libertés d'une Russie éternelle sont au contraire à l'avant garde des peuples se rebellant de plus en plus contre ce Nouvel Ordre Mondial et ses élites hors sol et corrompues. 
Car depuis 2000 jours, le monde a changé sous les réactions des peuples qui se mobilisent de plus en plus sur tous les continents contre l'hégémonie mondialiste et revendiquent chacun dans leurs sanctuaires, la souveraineté de ce "sens commun" civilisationnel enfoui dans le coeur de chacun. Ce "sens commun" supra communautaire qui survit au temps, aux guerres, aux esclavages, est indestructible car il est cet "inconscient collectif" des peuples décrit par Heidegger hérité de leur histoire, de leurs traditions, et qui fonde leur vraie Liberté.

Le temps de la reconquête des peuples arrive...

Erwan Castel



samedi 16 novembre 2019

Adieu "Tepa"


Triste nouvelle.


Ce 14 novembre 2019, Patrick D'Hondt alias "Tepa", créateur du média alternatif Meta TV, nous a quitté prématurément à l' âge de 48 ans, victime d'un cancer. J'ai découvert cet homme intègre et ardent défenseur de la liberté d'expression en 2014, grâce à Alain Benajam du réseau Novopole qui collaborait avec lui pour libérer cette Vérité étouffée par la dictature de la pensée unique mondialiste.

Paix à son âme...

"Tepa" incarnait selon moi la vraie défense des valeurs françaises et européennes, dans une expression saine et constructive car au delà de tous ces communautarismes simplistes, et haineux qui tentent trop souvent les résistants, dissidents et autres "patriotes" réactionnaires.

En 2012, Tepa avait réalisé un "rap patriote" qui illustre bien sa volonté de briser les barrières communautaristes ethniques, culturelles ou autres pour s'adresser à un public qui est la première victime d'l'individualisme consumériste, cet autre cancer moderne, par lequel s'impose l'hégémonie libérale mondialiste.

Le point d'honneur de ce combattant de la Liberté était de donner la parole à celles et ceux que le système censure et rejette, tous ces "empêcheurs de penser en rond" qui tentent de sauver la conscience et l'esprit critique dans les coeurs des citoyens.

Aujourd'hui, le combat pour la Liberté, la Vérité et la Tradition continue plus loin et plus fort, grâce à des hommes comme Tepa qui lui ont consacré toute leur vie. Si cet homme a disparu de nos horizons, il nous appartient en revanche de cultiver les graines qu'il a semé avec d'autres amoureux de la vie sur cette terre brûlée par le feu de l'argent roi. Et demain une nouvelle forêt maturante renaîtra au milieu de ce désert aride qu'est devenu l'âme humaine moderne.

Erwan Castel

En juin 2015, "Tepa" m'avait longuement interviewé, en direct, alors que j'étais affecté dans une unité de reconnaissance d'un bataillon de chars à l'ouest de Donetsk (unité que je devais quitter rapidement pour la 5ème brigade, faute d'avoir des missions concrètes sur le front). 




mercredi 13 novembre 2019

Sous le masque du "statut spécial"


Le seul avantage que l'on peut trouver aux gesticulations diplomatico-médiatiques réalisées chaque mois depuis 5 ans autour d'une table à Minsk c'est qu'elles permettent de maintenir la porte ouverte à un dialogue entre les belligérants de la guerre du Donbass.

Dialogue, dialogue ... mais faudrait-il que celui-ci soit un minimum franc, surtout de la part des ukrainiens qui tentent d'enfumer à nouveau les populations du Donbass avec cette farce grotesque qu'est la "formule Stenmeier", nouvelle déclinaison d'accords de paix qui tentent de ramener les républiques de Donetsk et Lugansk sous la botte ukrainienne en échange d'un "statut spécial" dont tout le monde sait qu'il ne sera jamais respecté et sert de cheval de Troie pour permettre à Kiev de s'emparer du Donbass libre. 

Une nouvelle preuve de la perfidie ukrainienne vient d'apparaître, dévoilant la réalité des intentions criminelles de Kiev dans le Donbass. Il s'agit de documents officiels émanant du Conseil National de Sécurité et de Défense de l'Ukraine qui décrit le processus de lustration de la population qui sera mise en oeuvre à l'issue d'une hypothétique application des accords de Minsk.

Il s'agit tout simplement de directives visant à éradiquer les russophones vivant dans le Donbass !

Sous le titre "Le projet de stratégie de l'Etat pour la réintégration sans danger du Donbass", ce document court mais explicite nous explique ce qui va arriver aux populations de Donetsk et Lugansk une fois leurs milices désarmées et leurs frontières retournées sous contrôle ukrainien.

Primo: Les résidents du Donbass disposeront d'un mois de délai durant lequel ils pourront librement quitter leur terre vers la Fédération de Russie.

Secundo: pour celles et ceux qui seront restés il est prévu de les définir selon plusieurs catégories de culpabilité :

- Ceux qui auront servi dans les rangs des forces armées.
- Ceux qui auront servi dans les ministères et administrations d'Etat.
- Ceux qui auront travaillé dans des entreprises contrôlées par l'Etat.
- Ceux qui auront payé des impôts aux républiques de Donetsk ou Lugansk

Selon le document, ces 4 catégories de personnes devront subir «un châtiment mérité», selon la législation ukrainienne, sous la forme de condamnations «pénale, administrative ou autre».

Et ce n'est pas fini !...

Celles et ceux qui n'auront pas participé aux combats, ni servi la république par leur travail ou leurs impôts seront expulsés vers les régions du centre et de l'ouest de l'Ukraine (fief des nationalistes radicaux ukrainiens)

Tertio: l'Etat organisera un repeuplement du Donbass avec des immigrés et des gens de l'Ouest du pays "dignes de restaurer ce que les gens du Donbass ont détruit."

Voilà donc ce qui attend les citoyens du Donbass si les accords de Minsk sont réalisés via un statut spécial qui n'existera que le temps de désarmer les milices et fermer les frontières et piéger ainsi la population dans les rets des forces de sécurité ukrainiennes, bien décidées à prolonger la guerre mais sous la forme d'une répression sanguinaire.

Les personnes qui me lisent depuis un certain temps savent très bien que je ne suis pas un adepte de la "reductio ad hitlerum" et que je conchie plutôt ce simplisme de la pensée qui consiste à réduire une critique acerbe en une comparaison souvent idiote avec "les heures les plus sombres de notre Histoire". Mais force est de constater que ce projet de lustration des populations russes des républiques populaires de Donetsk et Lugansk aurait pu être signée sans hésitation par Himmler ou Goebbels il y a 75 ans.

Il semble bien qu'en Ukraine, sous l'égide d'un Porochenko ou d'un Zelensky, la nazification  fanatique du pays soit bien l'autre face de sa dérussification hystérique, sur fond de génocide de la population du Donbass !

Erwan Castel

"Méthode" pour novembre


Ce 11 novembre est paru le mensuel "Méthode", cette publication de l'institut franco-russe qui ne cesse de s"étoffer au fil des publications. 

Pour ce numéro, une fois de plus, l'équipe menée par Hélène Sydorova et François Maurice m'a fait l'honneur de publier un de mes articles consacrés aux mineurs du Donbass et qui a été rehaussé ici par le talent photographique de Svetlana Kissileva.

Mais je tiens ici a remercier chaleureusement les pensées d'encouragement exprimées ici par l'équipe de l'Instiyut franco-russe de Donetsk à l'occasion de ma blessure et mon hospitalisation. Avec les très nombreuses autres personnes qui m'ont offert également leur soutien fraternel, ces gens de coeur et d'honneur ont joué une part importante pour préserver mon "esprit de combat" plus que jamais nécessaire dans l'épreuve médicale engagée. 


Concernant ce numéro de "Méthode" voici les liens vous permettant de le lire gratuitement :



Et voici le sommaire de ce numéro ;


SOMMAIRE

L’Édito          4


DONBASS

Erwan CASTEL          Le jour des « gueules noires »          5

Vladimir TCHERNINE          Anne-Laure Bonnel, une réalisatrice engagée          8


POLITIQUE & SOCIÉTÉ

Jean-René BACHELET          L’Europe, de l’Atlantique à l’Oural… et au-delà          13

Christian VANNESTE          Syrie : le triomphe du réalisme          20

Antoine CHARPENTIER          Au nord de la Syrie, qui est le vainqueur ?          23

Jean GOYCHMAN          Trump gagne face au deep state et donne la victoire en Syrie à Poutine      26

Alexandre ARTAMONOV          Les Russes dans la Légion étrangère          31

Bruno ADRIE          Qui peut croire que la propagande de guerre débouchera un jour sur la paix ?    35

Pierre de LAUZUN          Esprit de combat, esprit de sacrifice : au nom de quoi ?          37

Thierry GODEFRIDI          Climat : le leurre et l’argent du leurre          40

Michel GAY          Réchauffement climatique et culture scientifique          44

Aliona DENISSOVA          Salade Olivier vs Salade russe          52

Anne-Charlotte KERVOELEN          La thèse doctorale : un combat entre fascination et désillusion    59

Franck ABED          Deux ou trois choses que l’on ne vous dit jamais sur le capitalisme par                                                    Ha-Joon Chang          65

Olivier PIACENTINI          Mondialisation et contre-culture (2nde partie)          69

Lucien CERISE          Nationalisme et révolution : le cas ukrainien (2nde partie)          77


SCIENCES & TECHNIQUES   

Jean-Marc TRUCHET          La transition énergétique dans tous ses états…          83

Gilles-Éric SERALINI          Pourquoi l’agriculture intensive et les OGM sont inadaptés et dangereux                                                  pour le climat et nourrie le monde       94


HISTOIRE

Alexandre WATTIN          Berlin 1989-2019 : 30ème anniversaire de la chute du mur (2nde partie)     96

Yves LOIR          Bombardements inutiles en Normandie en 1944 : les « road-blocks » (1ère partie)      102

Samuele FURFARI          Crise iranienne : comme en 1951-1953, une histoire de pétrole et de                                                       pétroliers          110

Vincent GOJON          L’insurrection du Rand (1922)          115


CULTURE

François LEJEUNE          L’Église orthodoxe russe : un instrument politique ou civilisationnel ?     120

Luc-Olivier d’ALGANGE          L’Icône et la vertu du paradoxe (1ère partie)          124

Anna GICHKINA          La nouvelle chance des religions          130

Marie GENKO          Situation actuelle de l’ex exarchat de Tradition Russe du patriarcat de                                                     Constantinople en Europe occidentale     133

Rodolphe ARFEUIL          La Russie thaumaturge de l’Occident          135

Jonathan STUREL          Simone Weil sur le mensonge journalistique          139

François MAURICE          Sauvons le Théâtre Toursky !          142

Michel MOGNIAT          Soif d’Amélie Nothomb          146

Roland THEVENET          Repas de morts. Dimitri Bortnikov          150

Jean-Louis ETIENNE   Harry Dickson et Karl Freiberg, avatars belge et russe de Sherlock Holmes  154

Daniela ASARO ROMANOFF          Ayrton forever in our hearts          160

Roger-Pol COTTEREAU          Transmettre          163

Julia CASADO          Parlons russe ! Leçon 8. Qu’aimez-vous faire ?          164


dimanche 10 novembre 2019

Un rideau de fumée


Hier, samedi 9 novembre, après plusieurs échecs dus essentiellement à des refus ukrainiens, le retrait de 1 kilomètre des forces armées belligérantes du secteur de Petrovsky (périphérie Ouest de Donetsk) a été réalisé.

Aussitôt le focus médiatique sur cette application réalisée des accords de paix s'est engagé vers un optimisme hystérique que je suis loin de partager et pour plusieurs raisons :
  • Si la restauration d'une zone neutre entre les belligérants est effectivement la condition sine qua non pour l'application d'un vrai cessez le feu sur le front entre les unités d'infanterie, cela cependant ne sert pas à grand chose si le retrait des armes lourdes aux portées de tir dépassant sa largeur n'est pas lui aussi appliqué.
  • Petrovsky et Zolotoy où un retrait est également prévu ne représentent que 1% d'une ligne de front où ailleurs les bombardements ukrainiens, et les combats consécutifs continuent. Il serait donc mensonger de généraliser l'exception des zones pilotes pour décrire la situation véritable du front du Donbass (voir article précédent).
  • Techniquement, Kiev a maintenu des forces de police sur la zone évacuée, et certains veulent même y positionner la garde nationale. Or, les forces de sécurité intérieure ukrainiennes selon leur modèle soviétique disposent d'armements similaires aux forces armées conventionnelles. Il y a donc "retrait" mais non "démilitarisation".
  • Enfin l'expérience de ces 6 dernières années, notamment avec les multiples cessez le feu calendaires (trêves du pain, de l'école, de Noël etc.) montre bien qu'aucune confiance ne peut être accordée aux ukrainiens et que les bonnes résolutions ont toujours été violées par Kiev après des vies éphémères.
Il faut donc aller chercher plus loin que le Donbass et même la Paix pour comprendre ce qui se trame vraiment derrière ce retrait localisé des troupes et que beaucoup veulent ériger en buzz médiatique annonçant le début de la fin d'un conflit meurtrier qui ensanglante l'Europe depuis 6 ans.


Lorsqu'on lit les comptes rendus presse concernant ce retrait des forces sur les zones pilotes de Petrovsky et Zolotoy on y apprend entre les lignes que de sa réussite dépend la nouvelle convocation du "Format Normandie" (Russie/Ukraine/Allemagne/France) promis lors du dernier sommet du G7 à Biarritz.

Là se situe probablement le véritable enjeu de cette opération de retrait microcosmique des forces au milieu d'un front où continuent dans une indifférence générale bombardements et combats meurtriers. Et si d'aucuns disent que ce "format Normandie" est justement au chevet du Donbass, je pense pour ma part que les objectifs occidentaux d'un tel sommet sont plus d'augmenter la pression sur la Russie en transformant les accords de Minsk à l'avantage de l'Ukraine que d'instaurer réellement la paix dans le Donbass.

Et pour ce faire le président Zelensky redevient un comédien qui fait semblant juste ce qu'il faut pour que le dialogue diplomatique international soit maintenu et lui ouvre les portes de Minsk, consacrant au passage sa légitimité présidentielle de plus en plus contestée en Ukraine. Voilà pourquoi Kiev a signé la "formule Stenmeier" (statut spécial, élections locales...) qui tente de réanimer les accords de paix, bien qu'elle soit largement contestée en Ukraine. Voilà pourquoi le retrait des troupes sur quelques centaines de mètres d'un front de 460 kilomètres été finalement consenti par Kiev. Kiev tente ici la tactique du "reculer pour mieux sauter" !

Car ce prochain sommet du "Format Normandie" s'annonce déjà dans un contexte international qui dépasse largement les enjeux et les menaces pesant dans un Donbass qui n'apparaît qu'un prétexte pour redéfinir une stratégie occidentale vis à vis de Moscou. 
Dans cette stratégie le français Macron et l'allemande Merkel qui soutiennent inconditionnellement l'ukrainien Zelensky vont probablement tenter de renouer un dialogue politico-économique avec Moscou, en échange d'un "Minsk 3" dans lequel l'Ukraine n'est pas obligée de modifier sa constitution en vue du statut spécial ou d'appliquer la loi d'amnistie généralisée par exemple qui sont des points très contestés et menaçant la cohésion que le comédien Zelensky  a bâti autour de lui lors des élections il y a 6 mois. Car le plus important pour les occidentaux est "calmer le jeu" entre Moscou et Kiev pour mieux poursuivre l'asservissement de l'Ukraine via son intégration future dans l'Union Européenne et surtout l'OTAN qui fera d'elle un bélier appuyé contre les murailles de la Russie.

Très probablement cette réunion tournera en procès d'intention contre Moscou et les "séparatistes" de Donetsk et Lugansk et sera un nouvel échec sur le terrain diplomatique et sur celui du Donbass et qui engagera un gel meurtrier du conflit pour encore longtemps, car pour l'instant ni les occidentaux ni la Russie ne veulent s'affronter directement sur cette nouvelle fracture européenne Est-Ouest. Et les signatures et promesses de Zelensky, tout comme celles de Porochenko prendront le chemin de la poubelle tandis que ses troupes réinvestiront à nouveau les zones récemment démilitarisées...

Seule une guerre d'usure par procuration est acceptable, pour le plus grand malheur des enfants, des femmes et des hommes du Donbass.

Erwan Castel

vendredi 8 novembre 2019

Zelensky = Porochenko


Voilà maintenant 6 mois que Zelensky est le nouveau président ukrainien, porté au pouvoir par ses promesses de rupture avec la politique catastrophique de son prédécesseur Porochenko et surtout sa volonté prioritaire de stopper la guerre qui fait rage depuis plus de 5 ans dans le Donbass, semant quotidiennement mort blessures et destructions sur plus de 460 kilomètres d'un front tendu à l'extrême.

Or ce que nous observons, et sans surprise pour les populations du Donbass, c'est juste une nouvelle marionnette kiévienne qui assure un "changement dans la continuité" de la guerre.

Car derrière les beaux discours, le théâtre de Minsk 2 et les buzz médiatiques tel que l'échange asymétrique de prisonniers réalisé dernièrement, force est de constater que la situation sur le front reste inchangée et même poursuit lentement mais sûrement son aggravation.

Preuve en est, plus de 30 défenseurs des républiques de Donetsk et Lugansk ont été encore tués sur le front en octobre, sans compter les blessés graves et les destructions au cours desquelles plusieurs civils ont été également blessés. Et pendant ce mois commençant, l'hémorragie continue à l'exemple de cette journée du 8 novembre où 3 défenseurs de la République Populaire de Donetsk ont été tués au cours d'attaques ukrainiennes (ce qui porte pour la première semaine du mois les pertes à 6 soldats tués et plusieurs blessés dont 1 civil).

Républicains connus tombés sur le front en octobre 2019

le 7 novembre en soirée, un des tirs de mortier ukrainien 
arrivant dans le village de Trudovsky, à l'ouest de Donetsk

Plus les mois s’enchaînent dans cette guerre du Donbass plus l'issue au conflit apparaît impossible, car de toute évidence les objectifs définis par le protocole de Minsk sont à l'opposé de ceux poursuivis par les 2 parties : 
  • L'Ukraine en effet refuse de modifier sa constitution, préalable à la définition d'un statut spécial qui ouvrirai la porte à une fédéralisation du pays espérée par d'autres régions identitairement non ukrainiennes (Sub Carpathie, Lvov, Odessa etc.). De plus en plus de responsables politiques à Kiev excluent également une amnistie générale pour des populations de Donetsk et Lugansk...
  • Les Républiques quant à elles maintiennent leur cap vers une intégration future au sein de la Fédération de Russie, et veulent conserver le contrôle de leurs frontière avec elle. Cependant, contrairement à l'Ukraine, les républiques du Donbass "jouent le jeu" des accords de Minsk pour montrer leur ambition d'obtenir la fin effective des hostilités sur le front et prouver que le sabotage du plan de paix est principalement le fait de la partie ukrainienne.
Aujourd'hui ce qui semble le plus illustrer cette enlisement de la situation est certainement l'échec de la démilitarisation de 2 secteurs test du front, à Zolotoy sur le front de Lugansk et Petrovsky sur celui de Donetsk.
Sur ces 2 points du front, contrairement aux républicains, les forces ukrainiennes refusent de reculer d'1 kilomètre comme prévu lors de la dernière réunion du groupe de travail de Minsk. Du coup les belligérants restent sur leurs positions.

Ici le gouvernement Zelensky, dans une lâcheté et une faiblesse assumées montre du doigt les paramilitaires nationalistes qui occupent les positions ukrainiennes en refusant de partir. Une fois de plus Kiev utilise les néo-nazis ukrainiens pour arriver à ses fins sans endosser l'initiative du sabotage. Cette stratégie grossière avait déjà eu cours sous le gouvernement Porochenko quand quelques groupes de nationalistes ukrainiens avaient imposé le blocus économique des républiques en sabotant les voies ferrées et en contrôlant les blok posts traversant la ligne de front. c'est la politique du fait accompli par procuration tacite. 

Et quand bien même ce retrait bilatéral des secteurs de Zolotoy et Petrovsky aboutirait, cela changerait quoi à la situation générale si sur les 99 % restant du front les combats et bombardements meurtriers continuent ? Et quelle garantie que les forces ukrainiennes qui ne cessent de "grignoter" impunément les zones neutres depuis 3 ans, ne vont pas revenir investir ces secteurs démilitarisés et même jusqu'aux positions républicaines abandonnées ?

Sur le front, la situation est loin de confirmer une quelconque volonté ukrainienne d'amorcer ce processus de paix enlisé depuis sa signature. Du Sud au Nord, les ukrainiens continuent leur guerre d'attrition, cherchant à épuiser les forces républicaines et le moral de la population qui subit toujours des bombardements quotidiens, comme ici à Kominternovo au début de ce mois de novembre.

Bombardement ukrainien du village de Kominternovo dans le Sud de la RPD
(vidéo du drone d'observation et de correction utilisé par les artilleurs)

Ces attaques ukrainiennes obligent parfois les forces républicaines à riposter lorsque les avancées ennemies menacent trop leur ligne de défense, comme ici par exemple où un nouveau poste avancé ukrainien organisé dans la zone neutre a été détruit par une unité de reconnaissance républicaine.

Un groupe antichar d'une unité de reconnaissance républicaine 
détruit une nouvelle position ukrainienne dans la zone neutre

Et pour compliquer cette situation déjà inextricable des voix s'élèvent à Kiev surenchérissant sur la voie de la guerre :
  • William Taylor, le chargé d'affaires américain en Ukraine a déclaré au sujet du retrait des forces prévu qu’après avoir quitté la zone désignée l’armée ukrainienne pourrait-être remplacée par la police  et la Garde nationale ukrainienne. Proposition inacceptable et contraire au principe de démilitarisation de zone, et immédiatement rejetée par les républiques.
  • Sergey Krivonos, du Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine a proposé de préparer la population à une guerre de guérilla avec la Fédération de Russie en appelant à la création d'une défense territoriale.
  • Arsen Avakov, le Ministre ukrainien de l'Intérieur a déclaré : "J'espère que la paix sera définitive dans tout le pays et que lors du prochain déploiement des troupes, Donetsk nous sera libéré et que le retrait s'achèvera à la frontière entre l'Ukraine et la Fédération de Russie" (il a le droit de rêver !)...

En résumé, l'intégration en retour au sein de l'Ukraine après bientôt 6 années de guerre et environ 20 000 morts est inconcevable pour les républiques du Donbass qui savent les répressions qui les attendent quel que soit leur statut  L'option paix n'est pas réalisable pour Kiev qui sait que cela amplifierait les tensions avec les nationalistes et ouvrirait la porte à une balkanisation de l'Ukraine. L'option guerre ouverte n'est pas souhaitée, ni par Moscou ni par les occidentaux qui contrôlent à distance les belligérants, car cela déstabiliserait la région et l'Europe.

Il semble aujourd'hui plus que jamais que l'option "guerre gelée" soit la carte jouée par Kiev, qui espère un épuisement des forces vives, militaires et politiques, des républiques populaires du Donbass qui de leur côté continuent le processus long car prudent de leur intégration en Russie (normalisation, passeports etc).

Le bras de fer risque donc malheureusement de continuer sur fond de larmes et de sang !

Erwan Castel



lundi 4 novembre 2019

Une histoire toujours vivante

E. Lissner "L'expulsion des Polonais du Kremlin"

Ce 4 novembre, les peuples de Russie ont célébré le "jour de l'Unité Nationale". Cette date correspond à l'anniversaire de la victoire russe en 1612 sur les envahisseurs polonais et leurs alliés, qui contrôlaient à cette époque une grande partie de la Russie fragilisée par des troubles et des divisions internes.

A cette époque les puissances étrangères veulent prendre le contrôle de la Russie, directement par des guerres mais aussi indirectement en semant le désordre et la corruption parmi son élite dirigeante. Et pourtant l'Etat russe sera sauvé par un sursaut militaire qui va renverser en quelques mois la situation.

Mais ce qui est intéressant dans cet épisode historique c'est que la Russie a été sauvée des envahisseurs par son peuple car de facto les troupes qui vont reconquérir sa souveraineté territoriale sous le commandement de Kuzma Minin et Dmitry Pozharsky sont des milices populaires nées 1 an auparavant et qui ont afflué pour défendre leur empire et libérer Moscou.

4 siècles plus tard, cette page de l'histoire impériale russe trouve une résonance dans la situation actuelle de la Fédération de Russie. Tout d'abord la stratégie de déstabilisation et de contrôle de la Russie par les puissances occidentales qui, même si les méthodes ont un peu changé, reste la continuité d'une volonté de soumettre l' "empire du milieu" via des guerres modernes économiques, culturelles, politiques et médiatiques.

Mais ce qui est positif en revanche est que cette "unité nationale" initiée par les peuples de Russie est toujours vivante et qu'elle continue à honorer les notions de défense du bien commun et de sacrifice, notamment via la levée spontanée et volontaire de milices populaires qui incarnent, au delà des communautarismes et des systèmes politiques la permanence de cette "notion d'empire" dans le coeurs des femmes et des hommes du "monde russe".

Au printemps 2014, dans les villes et les villages du Donbass, des milliers d'hommes et de femmes s'organisent en "milices d'autodéfense" pour résister contre l'agression de l'armée ukrainienne
Aujourd'hui ce sont sans conteste les forces armées des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk qui illustrent le plus la permanence de l'Histoire et incarnent cet esprit d'une milice populaire spontanée qui résiste à la fois à un envahisseur extérieur et à la faillite des forces régaliennes intérieures et par delà ses diversités ethniques, religieuses, sociales.

Depuis le "printemps russe" en 2014 ce sont des dizaines de milliers de volontaires qui se sont portés sur les barricades puis dans les tranchées du Donbass pour faire barrage à l'agression à caractère génocidaire menée par Kiev contre les populations du Sud Est de l'Ukraine qui refusaient l'ostracisation de leur identité russe.

Et depuis bientôt 6 ans, malgré des bombardements meurtriers incessants, un marasme économique dû au blocus mené contre les républiques auto proclamées, une campagne médiatique de dénigrement et de haine à leur encontre etc. les populations de Donetsk et Lugansk n'ont pas faibli un seul instant. 

Et le coeur de leur résistance est cette milice populaire, aujourd'hui modernisée et entraînée à l'égal d'une armée professionnelle, qui tient jour et nuit sous la mitraille depuis plus de 5 ans 460 kilomètres d'une ligne de front active. Depuis 2014, ce sont des volontaires locaux mais aussi russes et étrangers qui alimentent par un roulement permanent cette force de plus de 20 000 combattants soutenus par une population et des organisations de vétérans qui se sont organisé en force de réserve, prête à reprendre les armes si la situation militaire s'empire. 

Et chaque jour des volontaires tombent sur cet avant poste de la Russie !

Là encore le monde russe en général et le Donbass en particulier, dont la grande majorité des citoyens n'a pas sombré dans un individualisme consumériste, peuvent servir de références et d'exemples aux autres peuples désireux de reconquérir leurs souverainetés et leurs traditions. A condition que les citoyens épris de liberté sachent subordonner leurs intérêts personnels à l'intérêt collectif de leur nation ! Car le plus grand cancer du libéralisme, qu'il soit économique ou social, est de vouloir placer l'individu et le matérialisme au dessus des corps sociaux intermédiaires (famille, village/quartier, pays, corporation etc.) qui pourtant le définissent via l'environnement, l'histoire et les passions humaines.

La plus grande richesse pour un individu est de préserver ce bien commun que sont ses traditions et sa liberté car elles sont fondation du vrai bonheur lorsque les autres richesses n'apportent souvent que des plaisirs artificiels et éphémères comme ceux dont se repaissent de nos jours les esclaves de la marchandise.

Erwan Castel