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mercredi 29 juin 2022

Les origines du conflit entre l''OTAN et la Russie

Il est trop facile et surtout malhonnête d'aborder un mouvement de l'Histoire humaine comme ce conflit russo-ukrainien par un arrêt sur image d'où tout le narratif devrait commencer. C'est ainsi que procède depuis 4 mois la propagande ukro-atlantiste qui désigne la Russie comme responsable de cette nouvelle tragédie européenne.

Cependant, il est vital pour comprendre les origines et les développements actuels de cette tectonique ukrainienne de mettre dans une perspective historique les enjeux et les menaces qui ont déclenché en 1991, 2014 et 2022 un basculement de l'Europe vers un 3ème conflit mondial. 

Pour comprendre la position de la Fédération de Russie, qui mieux que son président peut expliquer cette cinétique géopolitique infernale déclenchée par l'expansion belliciste de l'OTAN vers ses frontières. Je republie ici le discours de Vladimir Poutine prononcé le 21 février 2022 à l'occasion de la reconnaissance des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk est un concentré en 50 minutes d'un siècle de relations à la fois entre l'Ukraine et la Russie puis entre la Russie et l'OTAN. 

Prenez le temps d'écouter et de réécouter ce discours et, s'il vous plaît en dehors des filtres idéologiques déformant, comme ceux des fantasmes globalistes russophobes autant que ceux, des fantasmes nationalistes pro-russes, car ce discours est avant celui d'un bon sens apolitique qui tisse autour des événements historiques et des revendications géopolitique la légitimité de ce qui peut-être nommé "notion d'empire", souvent trahi de l'intérieur et menacé de l'extérieur, et sur laquelle a été construite cette grande Russie, qui est aux avants postes d'un monde multipolaire luttant contre la dictature du Nouvel Ordre Mondial.


Pour conclure je pense vital de se débarrasser des idéologies politiques passéistes et clivantes pour adopter un positionnement métapolitique fédérateur (et fédéraliste) qui seul peut offrir une résistance victorieuse  au nom de cette "common decency" que Georges Orwell appelait de ses voeux pour lutter contre la dictature de la pensée unique et de sa marchandise.

Vouloir projeter des fantasmes communautaristes politiques, religieux ou ethniques dans son soutien au monde multipolaire et son idée d'empire est non seulement idiot mais même contre productif à l'émergence de cette révolution conservatrice ou patriotisme révolutionnaire au service des libertés et des traditions des peuples d'Europe.

Erwan Castel

jeudi 10 février 2022

"Cochon qui s'en dédit"

Lorsque le président français Macron, dans une tournée internationale certes nécessaire au regard de ses responsabilités européennes, rencontre les présidents Poutine et Zelensky autour de la crise aggravée ukrainienne, il apparait que ce candidat à sa propre réélection présidentielle n'écoute pas ses interlocuteurs, ne maîtrise pas la réalité du terrain, et affiche un parti pris pro-ukrainien incompatible avec le rôle de médiateur qu'il cherche à jouer.

Après que le Kremlin ait sèchement taclé le vantard français qui annonçait avoir convaincu le président russe de retirer ses troupes déployées sur le flanc occidental de la Fédération de Russie (fallait oser demander à une armée de quitter son propre territoire !), le mendiant Zelensky, qui continue d'agiter sa sébile devant les armuriers occidentaux, a quant à lui raconté ce que voulait entendre Macron, cet autre laquais de Washington : "nous allons respecter les accords de Minsk !".

Le problème c'est que derrière ces acquiescements diplomatiques ukrainiens déjà entendus des dizaines de fois au cours des 7 dernières années, il y a les réalités politiques et militaires d'un régime fantoche programmé pour mener une guerre, directe ou indirecte, contre la Russie et qui n'a pas d'autre issue que de disparaître soit dans un conflit militaire avec Moscou qui serait la conséquence de son retrait radical des accords de paix, soit dans une désintégration étatique qui serait la conséquence de leur stricte application.

1 / Un effondrement militaire

Si les forces ukrainiennes, que ce soit avec ou sans false flag préalable, engagent un coup de force majeur dans le Donbass qui dans une réaction en chaîne d'opérations militaires entraine une intervention des forces russes, l'inévitable défaite militaire qui suivra, même si le conflit ne déborde pas de l'Est du pays, entrainera la chute du régime actuel sous le tsunami de cercueils déferlant sur Kiev. 

Et Zelensky sait très bien, dans ce scénario prévisible, que l'Ukraine ne verra pas les occidentaux venir à son secours plus que les aides logistiques, celles du renseignement militaire et les sanctions économiques anti-russes déjà amorcées.

2 / Un effondrement étatique 

Si Kiev décide de respecter scrupuleusement les accords de Minsk, cela va provoquer un séisme en Ukraine, d'une part parce que d'autres régions aux identités non ukrainiennes vont à leur tour demander à bénéficier du "statut spécial" accordé au Donbass, et que l'opposition nationaliste, farouchement accrochée à un système centraliste ethno-centré et policier, considérant que le pouvoir a trahi le pays, déclenchera immédiatement un coup d'Etat fasciste qui fera passer celui du Maïdan pour une promenade de santé.

D'ailleurs, si on écoute les responsables politiques ukrainiens gravitant autour du président ukrainien, et qui sont moins contraints (ou disposés) à s'aligner sur la langue de bois occidentale, on ne peut que constater que dans leur ensemble audible, ils refusent catégoriquement d'appliquer le processus de paix signé à Minsk et que les défenseurs d'une "solution militaire" dans le Donbass et même en Crimée sont de plus en plus nombreux, excités par les aides militaires massives de l'OTAN en cours :

Deux exemples récents concernant le refus d'appliquer les accords de Minsk et qui rejoignent les déclarations de Zelensky en 2021 lorsqu'il disait que "l'Ukraine ne peut accepter les accords de Minsk dans leur écriture actuelle":

  • Alexeï Danilov, le secrétaire du Conseil de Sécurité Nationale et de Défense de l’Ukraine a déclaré dans une interview au média  Associated Press que "le respect des accords de Minsk signifie la destruction de l’Ukraine", et de rajouter avec un certain réalisme que "Si les occidentaux insistent sur le respect des accords de Minsk tels qu’ils sont, ce sera très dangereux pour notre pays" et de rajouter, confondant l'élite politique avec le peuple que "si la société n’accepte pas ces accords, cela pourrait conduire à une situation interne très difficile et la Russie compte là-dessus".
  • Quant à Dmitry Kuleba, le Ministre ukrainien des Affaires Etrangères, son refus des accords de Paix est encore plus clair: "Les accords de Minsk ne peuvent pas être mis en œuvre aux conditions russes, qui sont basées sur un dialogue direct entre l'Ukraine et l'ORDLO (les représentants des républiques de Donetsk et Lugansk), qui nous est imposé et qui est rejeté lors de réunions à tous les niveaux". Ici Kuleba oublie que les accords de Minsk n'ont pas été écrits que par la Russie mais aussi par la France et l'Allemagne... et l'Ukraine pays dont l'Ukraine...

Le régime de Kiev est donc l'otage à la fois de sa servilité volontaire à la stratégie de Washington et de sa propre rhétorique russophobe qui fonde son existence et le déresponsabilise de ses échecs socio-économiques. Zelensky se sait condamné à court ou moyen terme, d'autant plus que s'éloignent définitivement les fantasmes de voir être réécrits dans une partialité pro-ukrainienne les accords de paix ou que les menaces économiques occidentales paralysent les forces russes pendant un coup de force ukrainien dans le Donbass. Donc en attendant, Kiev joue la montre, avec la carte hypocrite sur le front diplomatique et la carte cynique sur le front militaire espérant que Washington et ses laquais trouvent la solution miracle pour faire plier Moscou, ce qui aujourd'hui est devenu impossible pour la simple et bonne raison que la Fédération est acculée sur ses frontières et ne veut, ni peut ni plus rien concéder à des "partenaires" devenus progressivement depuis 30 ans des adversaires hégémoniques.

La seule solution pour sauver la Paix dans la région serait que Zelensky décide de restaurer une réelle indépendance de l'Ukraine pour que soit restaurée un glacis neutre devant un flanc occidental russe dénué de profondeur stratégique.

  • en se libérant de l'ingérence politique étasunienne infectant tous les rouages du pouvoir,
  • en se libérant de la dépendance économique au système militaro-industriel occidental,
  • en abandonnant l'idée folle d'intégrer l'OTAN ou d'être son partenaire, 
  • en créant d'un Etat fédéral aux larges autonomies régionales (comme prévu) en 1991), 
  • en autorisant l'irrédentisme des territoires arbitrairement rattachés à Kiev,
  • en reconnaissant la dimension russe de l'identité ukrainienne,
  • en nettoyant son pays des extrémistes bandéristes et néo-nazis...

Oui je sais, le père Noël n'existe pas, mais bon: on a le droit de rêver de temps en temps  surtout quand la Paix est au bout du chemin !

Erwan Castel

jeudi 30 décembre 2021

Droit international et devoir moral

Lorsqu'on observe les positionnements des diplomaties internationales, force est de constater le fossé grandissant entre la Russie et les pays occidentaux dont les représentants ne sont plus aujourd'hui que des "ministres des affaires à l'Etranger", dont les priorités - pour ne pas dire les obsessions totalitaires - ne sont que de défendre la rapacité capitaliste occidentale et l'hégémonie cynique d'une pensée unique droitdel'hommiste hypocrite. Et dans cette vision totalitariste du Monde les peuples se sont aux yeux des ploutocrates mondialistes que des troupeaux à qui l'on donne des outils, des caddies ou des fusils pour mieux engraisser le capitalisme rayonnant.

Du côté de la Russie il serait malhonnête de de prétendre dans un manichéisme stupide que Moscou ne défend pas ses intérêts économiques, mais, lorsqu'on observe les événements internationaux la concernant on ne peut que relever 3 principes souverains gouvernant sa politique étrangère : 

  • La Russie ne cherche pas à déstabiliser des pays dans une dynamique de conquête militaro-industrielle, stratégique ou idéologique.
  • La Russie respecte la droit des peuples concernant leurs destinées lorsque leur choix est majoritaire et libre.
  • La Russie ne fait pas d'ingérence dans les pays étrangers, et n'y intervient qu'après avoir été sollicité par leurs gouvernements.
Ainsi peut-on observer comme quelques exemples récents des positions internationales russes: 

  • La non ingérence de Moscou dans la pourtant lamentable gestion du Maïdan par Ianoukovitch en 2014 qui pourtant menaçait la stabilité de sa zone d'influence. 
  • La validation du référendum populaire de Crimée, libérée par la coup d'Etat constitutionnel, qui demandait à 97 % le retour de la péninsule russe en Russie,
  • L'intervention militaire en Syrie réalisée seulement après que le président Bachar el Assad en ait fait la demande (contrairement à l'OTAN qui s'y est invité par la force),
Et par dessus toutes les motivations qui animent les relations internationales du Kremlin celle qui consiste à respecter la volonté des peuples et protéger les citoyens russes est prioritaire et même sacrée, même s'il doit en coûter à la diplomatie, l'économie ou à l'armée de la Fédération.

Et c'est ici que l'exemple du Donbass, qui ne représente aucun intérêt stratégique majeur pour Moscou (ni base ni profondeur stratégique) pas plus qu'économique (pas de ressources uniques et vitales) est significatif de la dimension humanitaire prioritaire de la diplomatie russe qui soutien les populations russes de Donetsk et Lugansk, mais sans provoquer le droit international (intervention militaire et reconnaissance politique des républiques séparatistes) et en défendant opiniâtrement un règlement diplomatique du conflit malgré 7 années de violations ukrainiennes du processus de paix.

Constantin Kosachev
C'est dans cet esprit que Constantin Kosachev, Président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, l'assemblée de la Fédération de Russie a rappeler, sur fond d'envenimation des relations Est -Ouest et de menace d'offensive ukrainienne dans le Donbass, le droit constitutionnel pour la Russie d'intervenir militairement dans un pays étranger pour protéger ses citoyens.

Si aucun plan d'invasion de l'Ukraine est élaboré, en revanche, "La Russie a le droit d'utiliser l'armée pour protéger ses citoyens dans le Donbass" a déclaré Kosachev lors d'un entretien au média Interfax. Et le Président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma de préciser que cette possibilté ne concerne pas les questions de sécurité nationale, mais le droit du pays d'utiliser ses forces armées pour protéger ses citoyens dans le Donbass si leurs vies étaient menacées par une offensive de Kiev. 

Voilà pourquoi, précise Constantin Kosachev, "la Russie surveille l'évolution de la situation autour du Donbass notant au passage que l'Ukraine n'est pas le seul initiateur mais que ses mécènes occidentaux la poussent à prendre des mesures radicales". 

"De plus, rappelle Kosachev, les provocateurs tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Ukraine savent exactement ce qui se passera dans cette affaire. Sans préjuger de l'évolution des événements, je rappellerai simplement à ces provocateurs qu'après la tragédie de Tskhinvali (attaque géorgienne de l'Ossétie et riposte russe en août 2008), de sérieux amendements ont été apportés en Russie en novembre 2009 à la loi fédérale actuelle "sur la défense".

A cette fin, le 10ème article de la loi fédérale sur la Défense permet la projection rapide des troupes russes pour protéger leurs citoyens à l'étranger en cas d'attaque contre eux. Rappelons ici que près d'un million de citoyens des républiques de Donetsk et Lugansk sont désormais des citoyens officiels de la Fédération de Russie.

Et si, en cas de riposte russe à une offensive ukrainienne dans le Donbass, les petites hyènes occidentales hurlent à "l'invasion russe" je leur rappellerai primo que le qualificatif "invasion" ne peut être appliqué à une contre offensive et secundo, que les occidentaux sont les premiers à user et même abuser de ce droit d'intervention militaire extérieur pour exercer des ingérences illégales par contre en fantasmant sur des menaces qui souvent ne concernent même pas leurs ressortissants mais juste les intérêts de leur complexe militaro-industriel.

La Russie quant à elle respecte la morale de ce droit international, comme a été obligée de le reconnaître la commission d’enquête indépendante et internationale, missionnée par l’Union européenne, chargée de définir les causes et responsables du conflit géorgien d’août 2008 qui est évoqué ici par Constantin Kovachev. Dans son rapport final du 30 septembre 2009 la commission internationale, si elle note une "réponse excessive" de Moscou, a été obligée d'admettre que c'est bien Tbilissi qui avait déclenché le conflit, justifiant l'intervention militaire des forces russes.

Même si 10 000 hommes environ sont rentrés vers leurs garnisons à l'issue des exercices de défense russes organisés dans la région pontique, l'Etat Major russe garde suffisamment de troupes près des frontières ukrainiennes, non pas pour "envahir l'Ukraine", comme le répètent à tur tête tous les larbins propagandistes mondialistes, mais pour pouvoir porter une assistance victorieuse et sans délai aux populations du Donbass en cas d'offensive majeure ukrainienne rompant le front actuel.

Erwan Castel

vendredi 17 décembre 2021

L'ours est bien réveillé !

Dans le Donbass, les forces ukrainiennes continuent d'accumuler en toute impunité vers le front de plus en plus d'unités d'assaut, notamment des chars de combat et obusiers lourds, poussant à un stade critique de 1 contre 5 environ, et malgré l'avantage conféré à tout défenseur, le rapport des forces des milices des républiques de Donetsk et Lugansk.

Voici dans leur rapport du 15 décembre ce que les observateurs de l'OSCE ont réussi a repérer 
entre autres matériels ukrainiens arrivant sur le front : 33 obusiers automoteurs de 122mm, 
15 chars de combat T 72, 1 T 64, 3 systèmes antiaériens Strela 10 etc. positionnés pour la 
plupart dans des zones résidentielles habitées de localités proches de la ligne de front.

Et comme à l'accoutumé, nombre de matériels lourds ukrainiens sont positionnés au milieu de zones résidentielles civiles transformées par Kiev en bouclier humain contre d'éventuels tirs de la défense républicaine.

Ici, le 15 décembre (rapport OSCE du 16) ce sont 4 T64 ukrainiens qui ont été repérés 
dans une zone résidentielle civile du secteur de Severodonetsk (front de Lugansk)

Dans le rapport OSCE du 17 décembre, entres autres matériels ukrainiens menés vers le front:
10 obusiers tractés de 152mm, 8 obusiers automoteurs de 122mm, 8 canons antichars de 100mm.

Il est important de rappeler ici que ces chiffres donnés par l'OSCE ne sont que la petite partie émergée d'un iceberg qui se déplace surtout de nuit et interdit aux observateurs l'accès à de nombreux secteurs du front ukrainien.

Parallèlement à ces renforts militaires, les forces ukrainiennes multiplient les opérations de propagande et exercices d'intimidation, dont beaucoup tournent autour du mythe de "l'arme miracle" comme par exemple le drone d'attaque turc "Bayraktar TB2" ou le missile antichar étasunien "Javelin" :
"Javelin" à l'exercice en décembre 21 sur un polygone 
de tir ukrainien situé à l'arrière du front du Donbass.

Du côté de la Russie:

Certes, les moyens et effectifs déployés par Kiev sur le front sont impressionnants et inquiétants par rapport à ceux des forces de défense républicaines MAIS, si on élargit le regard d'une centaine de kilomètres seulement on peut alors observer combien ces gesticulations ukrainiennes sont ridicules face à la force tranquilles des unités russes faisant mouvement vers leurs frontières : 

Car depuis plusieurs semaines, en réaction aux accumulations de matériels d'assaut ukrainiens sur le front du Donbass, je rend compte régulièrement de l'arrivée symétrique (en mouvements mais avec des effectifs plus importants) de renforts russes sur leurs frontières avec l'Ukraine.

Un autre exemple observé cette semaine de cette préparation militaire russe qui, comme le rappelle sa position dans la chronologie des activités militaires régionales, s'inscrit bien en réaction défensive par rapport aux actions ukrainiennes et, au vu de son caractère démonstratif (mouvement diurnes, matériels non bâchés, multiples vidéos...) se veut en priorité dissuasif face à la menace d'une offensive de Kiev dans le Donbass.

S'il fallait une preuve du caractère démonstratif et de l'intention dissuasive prioritaires des mouvements russes vers les frontières ukrainiennes, voici un reportage de "France télévision Moscou", dont les images ne correspondent pas vraiment avec le discours officiels décrivant une offensive en préparation qui, si tel était le cas camouflerait un minimum ses moyens du regard public. (voir aussi dans ce même type de reportage "à charge" qui finalement ne fait que montrer l'intention dissuasive de Moscou, cet article de France Info ici)

Sur ce reportage autorisé dans la zone du camp militaire russe près de Voronej, 
on peut voir entre autres matériels russes des véhicules de combat d'infanterie 
BMP-2, des chars de combat T-72B3, des chars de dépannage BREM-1, ainsi que
des engins spécialisés pour les régions particulièrement enneigées: des véhicules de 
transport de troupes GAZ-3344-20 "Aleut" et des remorques à chenilles DT-30 "Vityaz"

Voici des mouvements d'unités militaires russes réalisés entre le 12 et le 15 décembre, venant 
de la région de Briansk et se dirigeant vers la région tri-frontalière avec l'Ukraine et le Bélarus.


Tous ces mouvements militaires dans la région de Briansk sont très probablement associés à l'activation d'un camp militaire au Nord Klintsy, une localité située à 46 km de la frontière 
ukrainienne. On voit ici le remplissage de la base entre le 1er novembre et la mi décembre.

Par ailleurs, toujours dans le secteur de 
Klintsy, une nouvelle base militaire est en construction.

Et d'autres convois militaires russes avec des armes lourdes continuent d'arriver dans ce même secteur stratégique entre Russie, Bélarus et Ukraine, à partir duquel des forces peuvent être projetées à l'Est du Dniepr 
  • soit au Sud vers Kharkov et l'arrière du front du Donbass et d'une éventuelle offensive ukrainienne, 
  • soit vers Kiev qui n'est qu'à 200 km, si les forces ukrainiennes attaquaient initialement aussi la Russie.


Voici d'autres mouvements d'unités militaires russes réalisés entre le 16 et le 17 décembre


Un engin de déminage du génie de combat russe



La réaction russe à travers ces quelques images montre bien: 
  • le peu de confiance accordée par le Kremlin aux nouvelles déclarations des diplomaties ukro-occidentales qui agitent une nouvelle fois le cadavre d'accords de Minsk que les forces ukrainiennes n'ont jamais cessé depuis 7 ans de déchirer par des violations meurtrières et exponentielles d'un cessez le feu pourtant signé par leur gouvernement devant une validation internationale.
  • l'attention particulière portée à la sécurité de son territoire frontalier dont beaucoup de (ir)responsables ukrainiens ont même recommandé récemment de le bombarder et surtout à la sécurité des populations du Donbass aujourd'hui sérieusement menacées par une nouvelle offensive ukrainienne et qui compte parmi elles près d'1 million de naturalisés russes.

Bien sûr, la Russie pense encore à une solution diplomatique pour résoudre ce conflit et 
ne portera pas le premier coup tout en se préparant au pire scénario. Une guerre russo-ukrainienne que personne ne veut à part peut-être les faucons de Washington, les vampires de la ploutocratie mondialistes et leurs idiots utiles bandéristes (ca fait déjà beaucoup), mais qui plus que jamais menace de surgir d'une nouvelle éruption du volcan du Donbass...

Erwan Castel

dimanche 5 décembre 2021

Les lignes rouges de la Russie

Alors que les tensions entre Washington et Moscou, sur fond d'une nouvelle éruption de la crise ukrainienne, le président étasunien Biden, répondant à la proposition du président russe Poutine de négocier par traité des garanties juridiques empêchant toute progression de l'OTAN vers l'Est, vient de rejeter ce 4 décembre 2021 toute idée de "lignes rouges du Kremlin" en Europe de l'Est.

L'intervention de Jo Biden au sujet des "lignes rouges" du Kremlin
introduite par la rhétorique alarmiste et malhonnête de TV5 Monde
illustrant cette russophobie hystérique de la merdiacratie occidentale
aux ordres de cette propagande de guerre mondialiste qui la finance.

Dans le scénario vécu ou prévu d'une confrontation militaire Est-Ouest, la principale faiblesse de la défense russe est l'absence critique de profondeur stratégique car la majorité des centres névralgiques se la Russie se situent au bord de son flanc occidental. Déjà par le passé,  les polono-lituaniens (17e siècle) ou les français (19e siècle) par exemple avaient réussi à s'emparer de Moscou, et les allemands (20e siècle) étaient arrivés aux portes de Leningrad, Moscou, et Stalingrad, imposant d'immenses sacrifices pour la libération du territoire national. Et Staline, comprenant, avant la chute du IIIe Reich, qu'une autre  confrontation Est-Ouest menacerait la Russie avait doté la Russie de cette profondeur stratégique occidentale qui lui fait cruellement défaut, grâce aux républiques socialistes soviétiques de l'Europe de l'Est.

Lorsque l'URRS s'effondre, cette absence de profondeur stratégique russe reste une obsession pour les russes et à juste titre car depuis 1991, la stratégie occidentale va rapprocher ses forces militaires jusqu'aux frontières de la Fédération de Russie, trahissant jusqu'à aujourd'hui la promesse faite en 1990 à Gorbatchev de ne jamais étendre l'OTAN à l'Est de l'Allemagne réunifiée. 

Et aujourd'hui, dans le contexte de la nouvelle aggravation des relations Est-Ouest, la Russie souffre plus que jamais de cette absence de profondeur stratégique du fait des portées accrues des armements et radars modernes. Si avant Moscou n'était qu'à quelques semaines des armées napoléoniennes ou quelques jours des armées hitlériennes, aujourd'hui, la capitale de la Russie n'est qu'à quelques minutes des missiles de l'OTAN !

Pour comprendre en quelques minutes cette situation géostratégique 
occidentale de la Russie, voici l'analyse, neutre, claire et pertinente de
Benjamin Tremblay un animateur du média québéquois indépendant 
"7 jours sur Terre". Mise à part l'utilisation erronée du terme invasion 
russe pour la Crimée (elle était constitutionnellement déjà présente dans
sa péninsule historique), cette synthèse non partisane est remarquable. 

Or, l'Ukraine, que le géopolitologue polono-étasunien Zbigniew Brzeziński définissait comme le "pivot stratégique de l'Europe est aujourd'hui sur le point de tomber à son tour dans l'escarcelle de l'OTAN, et factuellement cette dernière a déjà mis un pied sur cette côte de la Mer Noire où se trouve la base de Sébastopol cette sentinelle Sud vitale à la défense occidentale russe et dont la péninsule de Crimée reste l'objectif prioritaire de l'OTAN motivant sans nul doute le coup d'Etat du Maïdan (à quelques mois du renouvellement du contrat de stationnement de la flotte de la Mer Noire), mais protégée in extrémis par Moscou en mars 2014 via un référendum populaire auprès de sa population russe.

Pour visualiser l'importance stratégique vitale de la Mer Noire, de l'Ukraine et particulièrement de la Crimée qui est sa clef de voute militaire, voici deux exemples de portée de systèmes de défense que la Russie y a installé pour protéger son flanc occidental Sud (ce même principe stratégique se retrouve au centre du continent en Belarus et au Nord, sur les bords de la Mer Baltique, à Kaliningrad :

Parmi l'arsenal des radars terrestres, maritimes et aériens russes 
installés en Péninsule de Crimée se trouve le radar ultra moderne 
Voronezh-SM  permettant à Moscou de surveiller l'ensemble des
activités de l'OTAN en Europe, en Méditerranée jusqu'à Gibraltar.

Enfin, en cas de conflit contre la Russie, le bastion de Crimée a en plus 
des moyens dédiés à sa propre défense péninsulaire,  dispose d'une force 
de frappe terrestre et embarquée permettant à Moscou de réagir en avant
de ses frontières, comme ici avec le missile de croisière 3M54K Kalibr qui
peut atteindre sa cible à plus de 660 km (ici depuis le port de Sébastopol).


Malgré le rattachement référendaire de la Crimée à la Fédération de Russie, les ukro-atlantistes n'ont pas abandonné leur stratégie, bien au contraire, car s'il ne peuvent plus faire main basse sur Sébastopol, ils rêvent de l'assiéger avec des bases de l'OTAN, terrestres et navales (dont une est déjà en construction à Ochakov, sur l'embouchure du Dniepr), au mépris des "lignes rouges" pourtant maintes fois rappelées par Vladimir Poutine et dont la patience semble avoir atteint ses limites.

Unités de blindés ukrainiens sur le front du Donbass

Et c'est ici qu'intervient la guerre du Donbass, entretenue méticuleusement par les ukrainiens comme le feu sous une marmite avant que ne commence le repas, tandis que Washington comme à son habitude sert en apéritif son discours hypocrite émaillé d'inversions accusatoires et de mensonges éhontés comme ceux de déclarer une invasion imminente de l'Ukraine par la Russie ou de prétendre que l'intégration de Kiev dans l'OTAN n'est pas à l'ordre du jour :


Un délire russophobe qui n'est qu'inversion accusatoire

Dans un concert tonitruant d'articles, de déclarations, de reportages, d'"expertises" etc. la propagande politico-médiatique occidentale alerte quotidiennement l'opinion d'une invasion russe imminente de l'Ukraine dans des hypothèses toutes plus délirantes les unes que les autres !
  
Dernier délire occidental : une cartographie du journal allemand Bild décrivant 
"selon des sources du Pentagone" l'invasion russe de l'Ukraine, prévue début 2022.

Et pour argumenter leurs délires, les ukro-atlantistes nous montrent les concentrations militaires des forces russes autour de l'Ukraine, niant le droit élémentaire qu'a une armée de manœuvrer sur son propre territoire tout en trouvant normal que des unités de l'OTAN quittent leurs territoires nationaux pour se déployer le long des frontières russes et bélarusses !

Un autre délire de la propagande ukro-occidentale, cette fois vomi par le Washington 
Post, et qui nous montre 175 000 russes assoiffés de sang ukrainien sur le point de 
précipiter le Monde dans la 3ème guerre mondiale ! Fait très intéressant dans cette 
infographie officielle: après avoir hurlé pendant 7 années que les militaires russes 
avaient envahi l'Ukraine dans le Donbass, les voilà maintenant absents du territoire 
des républiques de Donetsk et Lugansk: Quand un mensonge en chasse un autre !

Et dans leur coutumière malhonnêteté journalistique collaborant ici avec les criminels de guerres ukrainiens, ces médias occidentaux omettent bien sûr de mentionner les bombardements accrus sur les territoires de Donetsk et Lugansk, l'accumulation de nouvelles forces ukrainiennes portant leurs effectifs sur le front à 125 000 hommes en articulation offensive.

Bien sûr l'OTAN ne veut pas plus que la Russie d'une confrontation militaire directe et les dernières déclarations des hauts responsables étasuniens et de l'alliance le confirment, promettant de lourdes sanctions contre la Russie en cas d'agression russe en Ukraine mais jamais de riposte militaire occidentale, tout au plus une aide accrue à l'armée ukrainienne.

On pourrait résumer cette stratégie occidentale, et qui n'est pas dénuée de cynisme vis à vis de son partenaire ukrainien, à cette expression populaire "vouloir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière", car un conflit russo-ukrainien, même limité à un accrochage éphémère provoqué par Kiev, permettra à l'Occident désignant Moscou comme coupable de passer ses sanctions anti-russes à la vitesse supérieure vers un blocus total de la Fédération et à l'OTAN d'accélérer sa militarisation du territoire ukrainien qu'il occupera massivement, vraisemblablement à l'Ouest du Dniepr, au prétexte de le protéger contre la très méchante Russie, mais sans s'impliquer directement dans le conflit (sauf concernant ses ressources de renseignement qui sont déjà en mission depuis plusieurs années sur le front du Donbass et les frontières russes).

C'est ce que vient de confirmer à demi mots 
Christina Queen, la chargée d'affaires des Etats-Unis à son ambassade en Ukraine à l'occasion d'une réunion avec le ministre ukrainien de l'Intérieur Denis Monastyrsky où elle a assuré que les USA étaient prêts "à continuer à soutenir" l'Ukraine en cas d'aggravation de la situation à ses frontières. "Continuer" c'est donc rien de nouveau comme un engagement militaire direct sur le front, mais aider par la logistique, la formation et la vente d'armes comme vient de le confirmer Jo Biden en débloquant une autre enveloppe de 60 millions de dollars pour la fourniture d'armes dont de nouveaux missiles antichars "Javelin".

Mais, même si l'OTAN ne s'engage pas directement dans un conflit armé avec Moscou, sa présence sur le territoire de Kiev imposant à Moscou une intégration de facto de l'Ukraine dans l'alliance (ou plus précisément une intégration de l'OTAN dans l'Ukraine) est inadmissible aux yeux de la Russie qui a été à nouveau définie comme l'ennemi principal dans les derniers sommets de l'alliance militaire occidentale comme vient de le rappeler une fois encore Sergeï Lavrov, le ministre russe des Affaires Etrangères :

"La décision du sommet de l'OTAN, à Bucarest en avril 2008, que la Géorgie et l'Ukraine deviendront membres de l'OTAN mine les fondations mêmes de la structure de sécurité européenne. Une première fois, en août 2008, elle a déjà « explosé » lorsque Mikhaïl Saakachvili, qui était dans l'euphorie du point de vue de l'OTAN, a décidé d'une aventure militaire qui s'est transformée en conséquences désastreuses pour la Géorgie elle-même et a amené la situation de sécurité en Europe sur une ligne dangereuse... 

Il est parfaitement clair que la transformation de nos pays voisins en un tremplin pour la confrontation avec la Russie, le déploiement des forces de l'OTAN à proximité immédiate de zones stratégiquement importantes pour notre sécurité est catégoriquement inacceptable".

La Russie, tout en maintenant la porte du dialogue ouverte a décidé de marquer elle même ses lignes rouges, ignorées par Washington, par des actes concrets et de prévenir par exemple par le voix de son Etat Major : "Les deux bases navales en mer Noire et en mer d'Azov, que Kiev commence à construire (annoncées par annoncée par le ministre ukrainien de la Défense Alexeï Reznikov), seront ciblées à 100 % par les forces armées russes si des navires lance-missiles de l'OTAN qui menacent la RF y sont déployés.".

A bon entendeur salut !

Erwan Castel

mercredi 17 novembre 2021

L'Ukraine face à un quitte ou double

Aujourd'hui 17 novembre 2021, comme malheureusement je l'envisageais dans le dernier rapport de situation militaire, les forces armées ukrainiennes, après 2 jours de relative accalmie ont repris aujourd'hui leurs bombardements lourds sur les territoires des républiques du Donbass.

L'augmentation exponentielle des tirs ukrainiens est importante comme en témoignent les 8000 violations du cessez le feu pour la 1ère semaine de novembre contre les 6000 enregistrées pour tout le mois d'octobre passé.

Une fois encore, les habitants de Donetsk ont été réveillés pendant la nuit par l'artillerie ukrainienne :

17 nov 21, à 03h24 les mortiers de 120mm ukrainiens frappent 
le village de Lozovoe, dans la banlieue Nord Ouest de Donetsk.

Voici comment cette journée du 17 novembre 2021 a commencé dans le Donbass :
  • 03h24. Front de Donetsk. Depuis les positions de Nevelskoe, bombardement ukrainien au mortier lourd de Lozovoe (Nord Ouest de Donetsk). 10 obus de 120mm tirés. Plusieurs habitations civiles endommagées rue Feta (n°16-1,19-4,19-5)
17 nov 21, bombardement de Lozovoe dans la banlieue Nord Ouest de Donetsk
  • 03h50. Front de Donetsk. En première ligne, les tirs ukrainiens se sont étendus sur l'ensemble du front Nord et Ouest de Donetsk.
  • 04h47. Front de Lugansk. Bombardement ukrainien avec artillerie lourde de la ligne de front de Pervomaïsk (Nord de Stakhanov sur l' "Arc Svetlodarsk").
  • 06h00. Front de Lugansk. Depuis Muratovobombardement ukrainien avec artillerie lourde du secteur de Chervony Liman (Nord de Stakhanov). 3 obus de 152 mm tirés.
  • 08h05. Front de Donetsk. Depuis la partie Nord occupée de Verkhnetoretskoe, bombardement ukrainien au mortier lourd de la partie Sud républicaine de Verkhnetoretskoye (entre Donetsk et Gorlovka). 9 obus de 120mm tirés
  • 08h10. Front de Lugansk. Bombardement ukrainien intensif du front Est de l'"Arc Svetlodarsk" (Ouest de Stakhanov) Tirs d'obusiers de152 mm perçus à 30 km à la ronde. 
  • 08h40. Front de Lugansk. Depuis le secteur de Kamyshevakh, bombardement ukrainien avec des obusiers lourds de Kalinovo-Borshevatoe (Ouest de Stakhanov). 20 obus de 122 mm tirés.
17 nov 21, bombardement ukrainien de la banlieue Ouest de Pervomaisk, en République de Lugansk

Ces bombardements ukrainiens vont se poursuivre tout au long de la journée, imposant une pression offensive sur toute la ligne de front, tout comme pendant le week-end des 14 & 15 novembre dont voici ci contre la cartographie des observations réalisées par l'OSCE. 

Sur cette infographie sont repérables les 2 secteurs particulièrement bombardés depuis quelques jours :
 
- Secteur à l'ouest de Stakhanov au Nord, "arc Svetlodarsk",

- Secteur au Nord de Donetsk, front de l'aéroport et Yasinovataya.




Tout comme pendant les précédents bombardements, le front de Lugansk a été particulièrement dans la ligne de mire de l'artillerie ukrainienne qui ne lui a accordé aucun répit depuis le matin :
  • 14h30. Front de Lugansk. Depuis Kamyshevakha, bombardement ukrainien avec artillerie lourde sur l'Ouest de Pervomaisk (Nord Stakhanov). 18 obus de 152mm,
  • 14h30. Front de Lugansk. Depuis Prichepilovka bombardement ukrainien avec artillerie lourde de Frunze. 6 obus de 122mm tirés,
  • 15h35. Front de Lugansk. Depuis Krimloskoe, bombardement ukrainien avec mortier lourd de Frunze. 6 obus de 120mm tirés,
  • 15h50. Front de Lugansk. Depuis Krimloskoe, bombardement ukrainien avec mortier lourd de Sokolniki. 22 obus de 120 mm tirés.
Sur Donetsk également les provocations ukrainiennes continuent:

A 15h00, dans le Sud Ouest de Donetsk, tirs ukrainiens
sur le village minier de Trudovsky (district de Petrovsky)
on entend distinctement les arrivées de grenades AGS 17
(lance grenades automatique de 30mm)

A suivre...


Du côté de l'OTAN


Il semblerait que le soutien de l'OTAN aux forces armées ukrainiennes, qui (officiellement) s'est limité jusqu'ici à des livraisons logistiques, un encadrement pédagogique, des renseignements militaires et des exercices interalliés en Mer Noire et Ukraine soit en train d'évoluer vers un déploiement direct d'unités de combat de l'Alliance atlantique, sous couvert d'une aide aux frontières de l'Ukraine menacées par un débordement de la crise migratoire aux frontière polono-bélarusses.

Ainsi le Royaume Uni qui a annoncé le projet d'envoyer une brigade aéroportée en Ukraine, la Suède qui va installer une base d'entraînement militaire et déployer des troupes en Ukraine, la France qui se dit prête à déployer également des forces militaires pour défendre l'intégrité territoriale de l'Ukraine (sachant que dans la définition occidentale, Crimée et Donbass en font toujours partie)...

Personnellement je ne crois pas que ces soldats de l'OTAN seront déployés sur le front du Donbass, en revanche, au prétexte de la menace migratoire en cours ils pourraient être envoyés sur les frontières Nord de l'Ukraine, ce qui aurait pour conséquence de neutraliser ce front face à une potentielle contre offensive russe vers Kiev (qui n'est qu'à 100 km de la frontière bélarusse) si le Donbass est attaqué. Cette stratégie s'est déjà vue en Syrie avec des "déploiements bouclier" de forces étasuniennes ou turques pour protéger des camps djihadistes des bombardements russes ou syriens.

Il faut également inscrire dans le cadre de cette escalade militaire dans le Donbass, la guerre énergétique qui fait rage entre les ukro-occidentaux et les russo-bélarusses : arrêt des importations de charbon russe en Ukraine depuis le 1er novembre, arrêt des importations d'électricité bélarusse en Ukraine le 18 novembre, suspension de la certification du gazoduc russe North Stream 2 par l'Allemagne

Quoiqu'il en soit l'Ukraine se retrouve aujourd'hui face à un quitte ou double, elle qui connait déjà des coupures d'alimentation touchant des centrales nucléaires (sa situation énergétique est tellement grave que ses représentants des réunions de Minsk 2 ont même demandé à la dernière réunion de Minsk 2, toute honte bue, que les républiques du Donbass (qu'ils bombardent quotidiennement) leur vendent du charbon et de l'électricité sans contrepartie ! (ce qui a été refusé évidemment). 
  • Soit Kiev jette l'éponge et abandonne sa stratégie agressive vis à vis des républiques du Donbass et de la Russie, soit elle tente l'aventure militaire pour reprendre cette région minière et industrielle majeure, au risque de se prendre une tempête venue du Nord, et surtout de se faire lâcher par ses parrains occidentaux qui n'ont pas envie d'envoyer leurs soldats mourir pour Donetsk ni même pour Kiev (tout au plus essayeront ils de poursuivre leur aide logistique et renseignement et au pire, de tenter d'obtenir une zone d'exclusion aérienne au dessus de l'Ukraine).
  • Soit Kiev enterre la hache de guerre, reconnait le référendum de Crimée, abandonne le Donbass, et renoue son partenariat économique vital avec Moscou... mais là, il faut pas trop rêver, car de facto le pouvoir décisionnel de l'exécutif ukrainien n'est plus depuis longtemps à Kiev mais à Washington, et l'Oncle Sam n'est pas contre l'idée de voir son chien fou ukrainien faire sortir l'Ours de sa tanière, pour ensuite déclencher un tsunami de nouvelles sanctions contre la Russie, par dessus l'autel du business mondial où son idiot utile bandériste aura été sacrifié.
Au vu des mouvements et gesticulations des forces ukrainiennes dans le Donbass et près des frontières russes, des discours bellicistes des politiciens kiéviens, la marionnette ukrainienne ne semble pas se diriger vers la première hypothèse ... 

Exercices tactiques en forme de provocation de l'armée 
ukrainienne sur les frontières avec la Crimée russe.



Certains "ukrops" se croient encore dans les ruines de Berlin :
"A Lvov, les députés ont appelé à se préparer pour la résistance nationale"

Et en corollaire de l'escalade militaire observée dans le Donbass et médiatique observée sur le nouveau rideau de fer, les responsables ukrainiens semblent vouloir cette fois aller jusqu'au bout de leur politique suicidaire, ainsi de cette déclaration du Cabinet des Ministres de l'Ukraine :

"Nous appelons toutes les personnes impliquées dans la mise en œuvre des exigences de la loi ukrainienne sur les fondements de la résistance nationale, du ministère de la Défense et du commandant en chef des forces armées de L'Ukraine aux administrations locales et aux conseils locaux, de commencer immédiatement à déployer la défense territoriale, le mouvement de résistance et à préparer les citoyens ukrainiens à la résistance nationale".

Grand mal leur fasse !

Erwan Castel



35 jours de captivité !

Andrey Kosyak, un observateur de l'OSCE
enlevé et torturé par les ukrops sur le front 
de Lugansk est toujours dans leurs geôles. 

Et toujours aucune nouvelle le concernant.


lundi 8 novembre 2021

SITREP au 7 novembre 2021

 

Sur le front du Donbass

Le week end des 6 et 7 novembre, le brouillard est revenu imposer son silence sur le front, fondant dans un magma ouaté les Hommes, la Nature et les choses de l'histoire...

Mais, aussitot qu'un ciel bleu s'est mis à éclairer les horizons de la ligne de front dimanche après midi, les forces ukrainiennes ont repris leurs provocations offensives sur l'ensemble du front, comme par exemple (confirmé par les observateursdu STKK) : 

A Krasnei Partizan, entre Donetsk et Gorlovka (Nord RPD) où une attaque de drone modifié pour larguer des engins explosifs à grièvement blessé un défenseur républicain, qui a été hospitalisé dans un état critique. 
 
 Krasnei Partizan : une des nombreuses routes du Donbass, coupée par la ligne
de front et abandonnée aux mines, aux
drones  et aux renards. A l'horizon du
barrage, la ligne de front ukrainienne.
 
Sur le front de Telmanovo où dans la soirée des mortiers ukrainiens positionnés à Granitnoe ont bombardé le villagede Novomarievka (2 obus de 82mm, 4 obus de 120mm).

Encore plus au Sud, près de la mer d'Azov  les villages républicains de Sakhanka, Leninskoe, Kominternovo ont subi également des bombardements ukrainiens, notamment au mortier de 120mm.

Le front de la République Populaire de Lugansk n'est pas épargné, ainsi du secteur de Golubovskoe sur lequel les mortiers ukrainiens ont déversé  18 obus de 82 mm.

Carte des bombardements réalisés 
les 6 et 7 novembre (données OSCE).

Les ripostes républicaines

Les forces défense républicaines, de leur côté répondent coup pour coup aux agressions ukrainiennes, y compris avec leur artillerie lourde ou leurs blindés.

Un blokpost ukrainien essuie le tir d'un char
 républicain qui s'est avancé dans le brouillard.

Ainsi, ce 7 novembre, suite aux importants bombardements ukrainiens de la veille réalisés sur le front de Lugansk, l'artillerie de la RPL a réalisé une campagne de tirs sur les points de tir ennemis répérés au Nord Est de Stanitsa Luganskaya (Nord de Lugansk): 78 frappes d'artillerie ont été infligées aux positions de l'armée ukrainienne entre 10h35 et 11h00 exactement (confirmé par l'OSCE).  Au cours de ces tirs de contre batterie, l'artillerie républicaine à démontré ses capacités opérationnelles, en délivrant 64 frappes d'artillerie sur des positions ukrainiennes en seulement 16 minutes (10h35 à 10h44)....


Du côté ukrainien 

A l'arrière de la ligne de front ukrainienne, sont observés de nombreux mouvements de matériels militaires, correspondant soit à des relèves d'unités soit à des renforts ou des approvisionnements logistiques...

Ukrop  Promka 7 novembre 21

Des renforts d'artillerie et de véhicules blindés ayant été modernisés:

Le 27 octobre 21, à Slaviansk (à 100 km
au Nord de Donetsk) un nouveau convoi 
ukrainien en direction de Gorlovka avec
des obusiers automoteurs de 122mm 2S1

Des relèves par des unités mieux équipées et modernisées:

Ici,  la 95e Brigade ukrainienne amphibie, qui est équipée de chars 
T80, arrive en gare de Konstantinovka 
(Près du front de Gorlovka, Nord RPD)

Des approvisionnements logistiques de combat

Un convoi de ZIL 137 B livre dans un
dépôt d'artillerie ukrainien du Donbass
des missiles balistiques  "Tochka U".

Dans son rapport d'observation, l'OSCE confirme l'arrivée sur le front de renforts
ukrainiens importants, notamment des unités d'artillerie, comme ici où ont été  repérés 31 
obusiers automoteurs et 24 obusiers tractés de 122mm, arrivant sur le front, pour les seuls 6 et 7 novembre.


Les drones d'attaque Bayraktar TB2 sont désormais devenus des éléments 
permanents du ciel du Donbass.  Effectuant des rotations quotidiennes 
transpondeurs allumés jusqu'au front, ils sont ainsi visibles sur les radars 
publics, participant ainsi à la guerre
psychologique relancée avec eux.

Le matin du 7 novembre 21, un drone d'attaque turc Bayraktar a été identifié sur les sites publics de surveillance aérienne, au sud de l'Ukraine, entre Marioupol et le nord de la Crimée.

Mais, sin numéro d'identification correspondait correspondait à un TB2 turc repéré en Syrie depuis deux ans.

Donc, soit 
  • La Turquie vend ses TB2 d'occasion à Kiev, et Kiev qui n'a pas mis à jour les informations du transpondeur,
  • La Turquie intervient dans le Donbass en soutien des ukrainiens comme Ankara l'a fait dans le Haut Karabagh il y a 1 an,
  • Des hackers modifient les informations sur les sites de surveillance du trafic aérien, pour provoquer une crise diplomatique  entre polémique entre l'Ukraine, le Donbass, la Russie et la Turquie (comme cela s'est déjà produit dans le passé pour le trafic maritime).

Du côté de la Russie 

Tout comme lors de la dernière aggravation militaire majeure du front du Donbass (mars 2021), les forces russes répondent symétriquement aux accumulations des forces ukrainiennes en renforçant leurs potentiels de défense dans les régions frontalières et proches de l'Ukraine.

Mais contrairement à ce que prétend la propagande ukro-atlantiste, les renforts russes ne viennent pas provoquer Kiev au contact de ses frontières mais alimentent leurs camps, dépôts et terrains de manœuvre traditionnels, lesquels existent depuis l`URSS :

Bases logistiques et de manœuvres de l'armée russe, actives depuis L'URSS.


Région de Lipetsk, gare de Izmalkovo, un convoi ferroviaire russe achemine 
des unités blindées vers le camp de Yelnya (région de Smolensk),m.








Du côté de l'OTAN

Tandis que leurs officines diplomatiques et médiatiques continuent d'afficher un silence complice concernant les bombardements ukrainiens, les pays de l'OTAN multiplient leurs soutiens inconditionnels à l'effort de guerre de Kiev qu'ils inscrivent dans une dynamique d'intégration de l'Ukraine au sein de cette alliance militaire qui persiste à désigner la Russie comme son ennemi principal.

Actuellement, un groupe naval de l'OTAN composé du
destroyer USS Porter, du navire de contrôle USS Mount
Whitney du pétrolier USNS John Lenthall, ainsi que de
navires bulgares, roumains et turcs, opéré en Mer Noire.

Après que la Maison Blanche ait annoncé une rallonge de 60 millions de dollars dans les aides du Pentagone à l'armée ukrainienne (notamment pour de nouveaux lots de missiles antichars Javelin) et demandé à ses partenaires de l'OTAN de participer également à l'armement de l'Ukraine, des représentants du Congrès ont à leur tour proposé de soutenir massivement et plus directement la guerre ukrainienne dans le Donbass :

Dans une inversion accusatoire typiquement occidentale, Mike Rogers et Mike Turner, du Congrès étasunien, ont demandé le 5 novembre 2021 au Président Biden de soutenir l'Ukraine en raison de «l'accumulation de troupes russes près de ses frontières».

Alors que des bâtiments de la 6e flotte américaine, auxquels il convient de rajouter des missions de reconnaissance aériennes et stratégiques, réalisent en Mer Noire des présences d'intimidation, les membres du congrès étasunien ont écrit :

«Dans le cadre de la récente augmentation des troupes russes à la frontière ukrainienne, nous appelons votre administration à prendre des mesures immédiates et rapides pour soutenir l'Ukraine sous la forme de renseignements et d'armes».

2 bombardiers étasuniens lance 
missiles B-1B accompagnés de F15
 de l`USAF et de CF-18 canadiens, 
appuyés par des chasseurs et des
navires de guerre spéciaux turques, bulgares et roumains sont également au dessus de la région pontique !

En conclusion, dans cette nouvelle escalade dans laquelle Kiev joue avec le feu russe, les ukrainiens, encouragés,par l`OTAN, semblent vouloir aller encore plus loin dans leurs provocations criminelles, comme l`ont démontré fin octobre la capturé du village de Staromarivka dans le zone grise, le bombardement de Telmanovo à 10 km dans le territoire républicain et l'utilisation première du drone d`attaque turc Bayraktar TB2 sur le front.

La Russie réussira t-elle par sa seule dissuasion militaire et son influence diplomatique à calmer les excités ukro-atlantistes.

Personnellement j`ai de plus en plus de doute et pense que Kiev, qui ne comprend que la force, va tenter un coup de force pour tester Moscou.

Erwan Castel