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vendredi 30 septembre 2022

"Casus Belli" de l'OTAN en mer Baltique !

La "guerre des tubes" sous tend et même initie nombre des conflits modernes de l'Asie centrale à l'Europe en passant par le Moyen Orient, et aujourd'hui elle refait surface en mer Baltique sur fond d'un conflit russo-ukro-atlantiste.

3 explosions, suivies d'une quatrième ont gravement endommagé les gazoducs russes "North Stream I" et "North Stream II" en mer Baltique dans le secteur de l'île danoise de Bornholm. Ce sabotage constitue une étape majeure dans l'exacerbation de la confrontation Est-Ouest dont l'épicentre ukrainien traditionnel est entré en 2014 dans une phase éruptive exponentielle gravissime. 

Cet événement est en effet majeur à plus d'un titre :
  • sur le plan politique, c'est un nouvel acte de représailles russophobe répondant au processus de rattachement référendaire organisé dans les régions du Donbass et de la Novorossiya, dans la communication occidentale habituelle de l'inversion accusatoire,
  • sur le plan économique l'attaque des gazoducs russes coupe un des derniers fils géoéconomiques reliant la Russie à l'Europe, précipitant cette dernière dans la dépendance du gaz de schiste nord-américain, 
  • Sur le plan militaire enfin, dans la conduite du conflit russo-ukrainien, c'est la première attaque "100% OTAN" réalisée militairement contre une ressource stratégique russe, et qui plus est, en dehors du théâtre d'opérations ukrainien.
Le 27 septembre, au moment où s'achevaient les référendums irrédentistes dans les régions à l'Est de l'Ukraine, les gazoducs entre la Russie et l'Allemagne ont été sabotés dans un espace maritime sous contrôle des autorités occidentales et dans lequel opéraient des forces navales de l'OTAN. Cette opération sous-marine effectuée entre 50 et 100 mètres de profondeur n'a pu être organisée qu'avec des moyens et des spécialistes militaires (sous marin)  que seules des armées nationales possèdent.



1 / Un nouveau délire occidental


La propagande occidentale accuse la Russie d'avoir miné 
les gazoducs "North Stream I & II" lors de leur construction

Une enquête a été immédiatement ouverte par la Russie et les pays riverains de la zone maritime concernée, mais tous s'accordent déjà sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un accident ni même d'un attentat terroriste artisanal.

Mais déjà on observe la propagande occidentale de l'absurde s'envoler vers de nouveaux sommet de l'hystérie russophobe, affirmant que c'est la Russie (qui contrôle le robinet du gaz) a détruit ses propres gazoducs lesquels sont le fleuron de l'exportation de sa puissance économico-stratégique ! Un délire occidental qui depuis plusieurs années est entré dans une dimension psychiatrique et, depuis le crash du MH17 en juillet 2014, est devenue incurable !

Il faudra ici aussi probablement attendre des années pour confirmer l'identité des auteurs de cette attaque majeure.


2 / Un feu vert pour le "projet des trois mers"

L'une des conséquences économiques majeures de cette attaque va être la mise en oeuvre urgente au seuil de l'hiver du projet énergétique étasunien pour l'Europe appelé "Trois mers" car il relie les mers Baltique, Adriatique et Noire avec un réseau de gazoducs devant distribuer le gaz de schiste Nord américain.

Ce projet énergétique mondialiste, appelé "Trimorye",  "Three Seas Initiative" (ITM) ou encore  "Balto-Adriatic-Black Sea Initiative" (BACHI), regroupe 12 pays d'Europe de l'Est, qui sont pays de l'OTAN, et rejoint bien sûr en tant que "partenaire" par le dernier laquais régional de l'Oncle Sam: l'Ukraine !

Autriche, Bulgarie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie,
Slovénie, Slovaquie, Croatie, Tchèquie, Estonie et maintenant Ukraine 

Il s'agit pour la ploutocratie mondialiste d'organiser un réseau d'acheminement et de distribution du gaz de schiste nord-américain et bien sûr d'en assurer le monopole ! Tandis que des terminaux gaziers sont construits en urgence en Pologne, en Lituanie, en Croatie, en Grêce et en Bulgarie, des gazoducs les reliant aux consommateurs se multiplient comme le "Baltic Pipe" polonais par exemple. Et bien sûr la viabilité de ce projet qui doit imposer un gaz de schiste beaucoup plus cher que le gaz russe ne peut être réalisé que par l'éviction pure et simple de ce dernier du marché européen.

Et ici l'Ukraine, malgré son statut juridique subalterne de "partenaire" au projet s'avère en réalité en être la pierre d'angle principale car l'Ukraine qui était le principal transitaire du gaz russe dispose d'un réseau opérationnel de gazoducs important desservant les pays de l'Est et du Sud-Est européen et surtout d'immenses installations de stockage souterrain situées dans l'ouest de l'Ukraine estimé à 25,6 milliards de mètres cubes qui seraient vitales pour la période hivernale. La veille de la destruction des gazoducs russes maritimes, e 26 mars, le ministre ukrainien de l'Énergie, German Galushchenko, a fait la proposition suivante :


"L'Ukraine dispose d'une importante capacité de stockage de gaz naturel - nos réserves souterraines sont les plus importantes d'Europe. Dans notre initiative RESP, nous proposons d'utiliser nos installations UGS pour créer une réserve de gaz stratégique pour les pays d'Europe."

Mais ce projet énergétique nord américain n'est pas seulement une bataille de l'hégémonie mondialiste contre concurrence économique russe mais aussi un moyen pour augmenter l'endiguement de la Russie, et la vassalisation des pays européens.

Cette stratégie occidentale qui sera modernisée et nommée « containment » par Georges Kennan en 1945 est ancienne: elle remonte au minimum à la fin du XVIIIème siècle lorsque la libération des territoires russes de la Mer Noire occupés par les ottomans a ouvert la concurrence russe à la thalassocratie britannique laquelle organisait alors sa suprématie dans les mers chaudes via la "route des Indes". Depuis, les énergies fossiles ont démultiplié les enjeux et les menaces et exacerbé la confrontation entre les super-puissances étasunienne, russe et chinoise. 

Mais cette guerre économique des puissances marchandes de la Mer contre les puissances traditionnelles de la Terre (voir le travail socio-anthropologique de Zigmunt Baumann à ce sujet) ne peut être mis en œuvre par la lointaine thalassocratie étasunienne, devenue chef de file de l'hégémonie capitaliste, qu'avec la complicité des pays européens. Cette servitude volontaire occidentale a été obtenue par la domestication des populations européennes par les totalitarismes étatiques capitalistes, leur vassalisation logique au marché mondial et la fracture impérative entre Occident et Eurasie. On observe cette dernière stratégie de clivage du continent européen s'opérer dès la moitié du XIXème siècle avec notamment la guerre de Crimée qui place déjà la Mer Noire et l'Ukraine en première ligne de la confrontation Est-Ouest. 

Plus tard le Etats capitalistes occidentaux n'auront de cesse que de briser toutes les tentatives de coopération politique, économique ou militaire entre la Russie et l'Europe de l'Ouest, notamment l'Allemagne. Parmi les géostratégies russophobes cherchant à isoler de l'Europe occidentale la Russie  figure celle du polonais Jozef Piłsudski et nommée "Intermarium"  et dont le projet énergétique des "Trois mers" n'est que la déclinaison actuelle initiée par la production du gaze de schiste, avec, en plus de nourrir le complexe industriel étasunien, les mêmes objectifs initiaux: affaiblir la Russie et l'Allemagne qui sont les moteurs potentiels d'une puissance économique concurrente au marché mondial.


3 / Une attaque directe de l'OTAN contre la Russie

Les 4 explosions au total qui ont été enregistrées contre les gazoducs "North Stream I & II" ne peuvent être dues qu'à une opération militaire importante et que seules des forces armées modernes et dotées d'équipement et commandos marines spécialisés peuvent réaliser. 

Les sabotages ont été révélés car du gaz était resté dans les gazoducs et il est venu bouillonner en surface juste après que les sismographes danois aient enregistré plusieus explosions sous marines. 

Les quatre sabotages ont été réalisés entre 50 et 130 mètres de profondeur contre des structures réalisées avec des tubes de 12 mètres de long, 1.2 m de diamètre, pesant 24 tonnes et fabriqués dans un acier ultra résistant de 15 cm d'épaisseur capable de résister à la pression sous marine et celle du gaz, et enveloppés dans un sarcophage de béton .

Le polonais Radek Sikorski, député européen et 
ancien ministre polonais des affaires étrangères  a
 supprimé un tweet de remerciement pour l'attaque
contre les gazoducs russes en mer Baltique.


Jusqu'à présent les forces de l'OTAN avaient limité leur cobelligérance à une stratégie d'équipement militaro-industriellle, une stratégie d'engagement par proxy ukrainien ou privé ou une stratégie de renseignement opérationnel via leurs satélittes d'observation et aéronefs de guerre électronique. 
Ce 27 septembre, même si l'écusson national des forces spéciales ayant réalisé cette attaque n'est pas encore connu il est évident qu'il s'agit d'un acte mené par l'Etat Major de l'OTAN et confié à ses grenouilles étasuniennes, britanniques ou françaises par exemple qui ont toutes les capacités à mener ce type de mission

Voilà ce que promettaient les faucons de guerre étasuniens concernant les "North Stream" :

Victoria Nuland, le 27 janvier 2022 : "Si la Russie
envahit l'Ukraine, le North Stream II s'arrêtera,
d'une façon ou d'une autre !"

Jo Biden le 7 février: "si des chars russes traversent
la frontière ukrainienne alors, il n'y aura plus de 
North Stream . Nous y mettrons fin et je vous promets
que nous avons les moyens de le faire" 

Pour le moment les russes qui restent fidèles à leur intelligence diplomatique de ne jamais accuser avant les conclusions des enquêtes en cours (contrairement aux hyènes occidentales) n'ont pas engagé de riposte mais, nul doute qu'elles interviendront symétriquement dès que l'écusson des grenouilles de l'OTAN aura été confirmé.

Car cette attaque est de facto et de jure un casus belli !

Pour conclure provisoirement ce chapitre il est également à noter qu'au même moment et au même endroit se déroulaient des exercices navals de l'OTAN avec mise en situation de commandos marines.


En conclusion

Réparer à court terme les gazoducs russes de la Baltique me semble difficile, tant sur le plan technique que contextuel et je pense même que d'autres attaques vont intervenir sur les gazoducs russes, ici ou ailleurs.

Cette attaque qui pénalise bien sûr la Russie mais aussi et surtout les pays européens va à court terme augmenter leur dépendance servile vis à vis des USA, fragiliser l'économie allemande qui était le bouclier de leur indépendance économique et renforcer l'Ukraine dans son partenariat stratégique avec l'OTAN.


Pour la Russie, une fois encore en train de subir la stratégie belliciste mondialiste, une réaction militaire totale s'impose de plus en plus pour sauver son existence en tant que puissance indépendante et après le front de la Mer Noire, de se préparer à affronter également l'OTAN sur le front de la Mer Baltique que les anglo-étasuniens viennent d'ouvrir avec cette attaque sur les gazoducs "Northstream".

Reste l'inconnue de la réaction de Berlin, car cette attaque est aussi un coup direct porté contre la puissance industrielle allemande, mais je doute que cela déclenche une mutinerie au sein de la meute atlantiste.

Chaque jour les mondialistes surfant sur l'onde de choc grandissante du Maïdan précipitent un peu plus la Russie et les peuples d'Europe vers un chaos total !

Erwan Castel

jeudi 29 septembre 2022

"Damoï" ! (à la maison !)


Le rêve irrédentiste du Donbass de revenir vers sa mère patrie est en train de naître !

Enfin !

En 2014, dans un premier référendum populaire, les populations de Donetsk et Lougansk avaient majoritairement demandé leur rattachement à la Russie, dont elles avaient été séparées arbitrairement lors de la création il y a 1 siècle de l'Etat ukrainien sous l'égide de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Et l'indépendance de 1991 les en avait éloigné encore plus jusqu'à ce déchirement ontologique du Maïdan orchestré par les occidentaux en 2014, et qui a plongé l'Ukraine dans un conflit métamorphique autodestructeur, d'émeutes en coup d'Etat, de répressions en conflit régional, jusqu'à dégénérer aujourd'hui en guerre internationale, pour servir la tentative désespérée d'une ploutocratie mondialiste de sauver son système financier et l'hégémonie d'une pensée unipolaire totalitaire.


Acte 1 : Le référendum populaire 

En cette fin du mois de septembre 2022, un nouveau référendum populaire a été organisé sur les territoires des Républiques Populaires de Lougansk et Donetsk, mais aussi sur ceux, contrôlés par l'armée russe,  des régions de Zaporodje et Kherson qui quant à elles faisaient partie de l'ancienne région russe de la Novorossiya, créée dans le cadre de la reconquête des territoires russes sur les occupants ottomans au XVIIIème siècle par l'impératrice Catherine II.

Et le résultat est sans appel ! :

Dans la république de Donetsk: 99,23 %. 
Dans le république de Lougansk: 98,42%. 
Dans la région de Zaporodje: 93,11%  
Dans la région de Kherson: 87,05%.

Malgré les bombardements continuels des forces ukro-atlantistes, malgré les combats intenses secouant une ligne de front fragile, les populations de ces régions russes séparées de leur empire par les vents de l'Histoire et l'idiotie des politiciens se sont massivement rendues aux urnes de leur Liberté, sur place mais aussi dans toutes les régions de Russie ou de nombreuses habitants du Donbass ou de Novorossiya ont fui la guerre où tout simplement travaillent ou poursuivent leurs études par exemple. 

C'est le droit souverain des peuples à disposer d'eux mêmes, qui est un principe fondateur de la Charte des Nations Unies dès son article premier (point 2) et rappelé à l'article 55, qui a donc été invoqué légitimement par ces populations russes.

Certains arguent déjà que ces scrutins ne sont pas valides car les habitants des régions concernées qui se sont réfugiées du côté ukrainien et même dans les pays occidentaux n'ont pas voté. Quand bien même l'auraient-ils fait que cela n'aurait rien changé au résultat final, tout au plus diminué de quelques pourcents le score en faveur du rattachement. Ensuite rien ne les empêchaient de rester dans leurs territoires pour participer à sa destinée ou d'y revenir pour voter. Ces minorités pro-ukro-atlantistes ont déserté de leur plein gré leurs responsabilités et par conséquent elles se sont exclues de leurs communautés citoyennes et ne sont plus factuellement en droit de voter. 
Ceci est peut-être contestable mais c'est une réalité permanente des situations de ce genre: Lorsque Porochenko a été élu président ukrainien en 2014 avec seulement 54,70 % des voix, alors que les populations du Donbass et de Crimée (qui représentent plusieurs millions de voix pro-russes) s'étaient de facto exclues du scrutin, je n'ai pas alors entendu un thuriféraire des démocraties occidentales protester... bien au contraire ! (Idem pour Zelensky élu en 2019 avec 73,22% des voix).


D'autres diront que ces référendums ont été fait sous la pression d'une "armée d'occupation", dans ce cas, comment peuvent-ils m'expliquer par exemple que les 2 précédents référendums pro-russes de Crimée réalisés en janvier 1991 (94,30 %) et mars 1994 (78.40 %) qui accordant à cette péninsule russe, rattachée arbitrairement à l'Ukraine en 1954, le statut de République autonome puis une autonomie renforcée confirment rétroactivement l'écrasante majorité pro-russe exprimée en mars 2014 (96,77%. De même si la présence militaire dérange ces parangons droitdelhommistes, pourquoi ont-ils validé par exemple les référendums du Kosovo ou les élections en Irak sous occupation de l'OTAN ?

Bref je ne m'étends pas plus sur l'argumentaire imbécile des russophobes et leur rappellerai juste ce proverbe africain " Quand on veut monter en haut du cocotier il faut avoir le cul propre !"


Acte 2 : La demande de rattachement à la Fédération de Russie 

Dès l'annonce des résultats référendaires, les représentants de ces 4 régions pro-russes les ont officiellement transmis à Moscou accompagné d'une demande de rattachement au sein de la Fédération de Russie.

Je regrette souvent de n'avoir pas pris le temps, dans ce blog, d'informer plus souvent des actes et situations de la République Populaire de Lougansk, qui a bien des égards est exemplaire, aussi c'est la demande de son président, Leonid Passetchnik, que je partage ici :


"Cher Vladimir Vladimirovitch!

Depuis huit ans, les habitants de la République populaire de Lougansk sont soumis à des bombardements brutaux et à un génocide par le régime de Kiev. Dans leur colère impuissante face aux tentatives infructueuses d'invasion du territoire de la république et aux échecs en combat ouvert contre les défenseurs de la République, les néonazis n'ont fait qu'intensifier leur terreur et le bombardement des infrastructures civiles et industrielles, détruisant écoles, hôpitaux et jardins d'enfants. Le régime de Kiev, instigué par l'Occident, n'épargne personne: des personnes âgées, des femmes et, pire encore, des enfants sont tués. 

Le monde “civilisé” est silencieux. Pas un seul État ou organisation internationale n'a condamné les actions de Kiev dans le Donbass. Pendant ces huit années, seule la Fédération de Russie a fourni et continue de fournir une assistance complète aux habitants du Donbass, et nous ne doutons pas qu'ensemble, nous obtiendrons justice: les criminels de guerre seront jugés équitablement et tous ceux qui donnent des ordres criminels subiront le châtiment qu'ils méritent. 

Les habitants de la région de Lougansk vous sont sincèrement reconnaissants d'avoir reconnu l'indépendance de la République en février 2022. Cette décision était d'une grande importance pour nous. Nous sommes conscients du lien historique, culturel et spirituel avec le peuple multinational de la Fédération de Russie. Nous savons que le Donbass fait partie de la Russie et, depuis huit ans, nous nous battons pour réaliser notre rêve de retourner dans notre port d'attache. 

Le 20 septembre 2022, le Parlement de la République populaire de Lougansk a décidé d'organiser un référendum sur le rattachement à la Fédération de Russie en tant que nouveau sujet. 

Cher Vladimir Vladimirovitch, je m'adresse à vous au nom du peuple de la région de Lougansk! Compte tenu du fait que la population de la république a approuvé la décision lors du référendum, je vous demande d'examiner la question de l'intégration de la République populaire de Lougansk en tant que sujet de la Fédération de Russie!"

Leonid Ivanovitch Passetchnik
Président de la République Populaire de Lougansk

Cette demande de rattachement d'un territoire à un pays tiers, et qui n'est pas incompatible avec l'autodétermination des peuples est appelé "irrédentisme", et c'est un acte légitime aux yeux de l'ONU qui le 15 décembre 1960, dans sa résolution 1541 a définit que ce droit des peuples à disposer d'eux-mêmes pouvait donner lieu indifféremment à "l’indépendance et souveraineté, la libre association avec un État indépendant, et l’intégration à un État indépendant "

Acte 3 : L'examen et le vote du parlement russe

Il est peu probable que la Douma d'Etat ne valide pas les référendums de rattachement du Donbass et de la Novorossiya, surtout dans le contexte international actuel particulièrement critique où les peuples de Russie à travers le Monde sont victimes d'une ostracisation allant jusqu'à le répression et dans la situation militaire du front russo-ukrainien qui réclame un nouveau format  d'opérations militaires, plus radical et que seul un changement du statut juridique des régions concernées peut autoriser, 

Ce vote devrait intervenir dans les prochains jours et son résultat immédiatement enclencher une série de mesures politico-militaires drastiques mais aussi de déclarations diplomatiques radicales à l'encontre de l'Ukraine et des pays de l'OTAN.

Administrativement les régions de Zaporodje et Kherson deviendront probablement à leur tour des républiques populaires qui, avec celles de Donetsk et Lougansk, seront intégrées au sein d'une Fédération de Crimée, elle même partie intégrante de la Fédération de Russie. Et cette fédération de Crimée évoluera au fur et à mesure que seront libérés les autres terroitoires de la Novorossiya (Odessa, Krivoï Rog, Nikolaïev, Dnipropetrovsk) ou de la Russie ukrainienne (Kharkov) etc.

Et peu importe que l'hystérie occidentale qui suivra, hurlant que jamais ô grand jamais son opinion autoproclamée internationale alors qu'elle ne représente que 18% de la population mondiale, ne reconnaisse pas les résultats de ces référendums. Je rappellerai à ces donneurs de leçons insipides et hypocrites qu'en 1933, la Convention de Montevideo précisait que "l’existence politique de l’État est indépendante de sa reconnaissance par les autres États".


En conclusion

Tout va dépendre de la réaction politico-militaire occidentale qui a peut-être ici une dernière chance de revenir à la table des négociations pour rechercher un chemin vers la Paix. Mais, au vu des déclarations hystériques des chefs d'Etat occidentaux commentant les référendums pro russes et de l'attaque gravissime réalisée sur les gazoducs russes "North Sream I & II" ce lundi (qui est la première attaque 100% atlantiste de ce conflit et en dehors du théâtre d'opérations ukrainien), je doute que la Paix soit à l'ordre du jour des faucons étasuniens et des vrais cons occidentaux.

On peut donc s'attendre par exemple à un ultimatum russe demandant à Zelensky de quitter les nouveaux territoires russes occupés par ses forces armées, demande qui sera bien évidemment rejeté par Washington; et donc à partir de là le grand chaos risque de s'accélérer : sanctions, intervention russe massive, réaction de l'OTAN en Ukraine ("No fly zone" à l'Ouest de l'Ukraine, déploiement d'unités polonaises et roumaines, bataillons de volontaires occidentaux, intégration express de la Finlande et de la Suède etc) jusqu'au clash final qui peut-être (on a le droit de rêver) réveillera les consciences européennes face à la folie suicidaire du mondialisme.

En attendant, le 28 septembre les USA, suivis par la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Lituanie etc ont demandé à leurs ressortissants en Russie de quitter immédiatement le territoire fédéral. Ca a commencé !

"Qui vivra verra :"

Erwan Castel

mercredi 21 septembre 2022

"Nous rentrons à la maison !"


Sur le front russo-ukrainien, si les mouvements opératifs ont fortement diminué côté ukrainien en revanche l'intensité des combats n'a pas faibli, bien au contraire, car les forces ukro-atlantistes maintiennent leurs pressions offensives dans de nombreux secteurs et les forces russo-républicaines, qui ont reçu leurs premiers renforts au lendemain de la percée réussie par les forces ennemies à l'Est de Kharkov, sont visiblement en train de se réorganiser pour une nouvelle phase offensive avec des moyens et des objectifs plus élargis.

Situation générale du front au 21 septembre 2022

Concrètement du Nord au Sud:

  • Sur le front de Kharkov, si de violents combats se poursuivent dans les quartiers Est de Koupiansk sur la rive gauche à l'Est de l'Oskol, le front s'est stabilisé sur cette rivière entre la frontière de la région russe de Belgorod au Nord et le front au Nord de Slaviansk où elle passe le relais à une autre rivière dans une orientation Ouest Est : la Donets (ou Siversky Donets).
  • Sur le front de Slaviansk, à partir de deux têtes de ponts réalisées sur la rivière Donets et d'une autre en aval du barrage sur l'Oskol, les forces ukrainiennes attaquent et cherchent à encercler la ville de Krasni Liman qi verrouille leur progression vers l'Est le long de la Donets subissant des pertes importantes de la part d'une garnison russe renforcée, mais pas assez fournie pour mener des contre attaques.
  • Sur le front de Severodonetsk Lisichansk, les forces ukrainiennes ont repris aux forces alliées la localité de Bilogorovka à partir de laquelle elles pourraient mener une troisième tête de pont sur la Donets et/ou mener des attaques en direction de Lisichansk s'ils elles n'étaient pas bloquées par un manque d'effectifs d'assaut et d'appuis et une forte résistance alliée qui a également renforcer ce secteur du front Nord Donbass
  • Sur le front d'Artemovsk, au Nord de la ville, les forces alliées peinent depuis 2 mois à conquérir le point d'appui de Soledar dans des combats de rues lents et très couteux et plus au Sud, ne disposent pas d'effectifs suffisants pour réaliser rapidement un mouvement offensif enveloppant cette ville d'Artemovsk que les ukrainiens ont de plus renforcé avec des unités d'infanterie et d'artillerie.
  • Sur le front de Donetsk, de violents combats continuent autour des bastions ukrainiens de Avdeevka, Krasnogorovka et Marinka, au Nord Ouest et Sud de la cité républicaine soumise à des bombardement meurtriers ukrainiens de plus en plus importants dirigés contre ses populations civiles. Plus au Sud sur l'amorce du front de Zaporodje les 2 adversaires repoussent leurs attaques mutuelles dans le secteur de Vougledar.
  • Sur le front de Zaporodje, le situation est relativement stable, essentiellement animée par des duels d'artillerie et quelques reconnaissance offensives de part et d'autre, principalement dans le secteur au Sud de la ville, près du Dniepr, d'où pourrait surgir une nouvelle offensive ukrainienne en direction de Energodar le long de la rive gauche (Sud) du fleuve ou vers Melitopol, en direction de la Mer Noire.
  • Sur le front de Kherson, l'offensive ukrainienne engagée contre les forces russes déployées au Nord du Dniepr, malgré des pertes et des échecs tactiques se poursuit à partir de la tête de pont d'Andrivka sur la rivière Ingoulets et du saillant de Visokopillya, au Nord Est, mais toutefois sans obtenir de succès significatifs, en dehors des destructions par les HIMARS étasuniens des infrastructures russes à l'arrière du front.
Illustrant parfaitement cette exacerbation 
en cours des opérations militaires alliées
voici le bombardement incendiaire d'unités
ukrainiennes sortant d'Ozerne pour opérer
vers le contournement Est de Krasni Liman.

Arrivant sur le flanc occidental de la Fédération, de nombreuses forces russes terrestres appartenant à la Garde Nationale et au Corps de défenses sont en train de se déployer autour de l'Ukraine ainsi que de nouveaux appuis aériens avec notamment des moyens stratégiques lourds (bombardiers Tupolev 95 par exemple) qui jusqu'ici n'avaient quasiment pas été engagés. A noter également des renforts importants au sein des forces auxiliaires russes comme le groupe Wagner et les volontaires tchétchènes qui alignent chacun l'équivalent d'une division.

De leur côté, l'essoufflement rapide des forces ukrainiennes tend à confirmer que leur percée à l'Est de Kharkov et leurs têtes de pont réalisées sur les rivières Oskol et Donets au Nord et Ingoulets au Sud risquent d'être qualifiées de "victoire à la Pyrrhus" tant elle ont subi des pertes importantes et raclé les fonds de tiroirs des réserves opérationnelles. Et je n'en veux pour preuve que les nouveaux renforts ukrainiens acheminés en urgence par trains vers Kharkov, mais qui sont puisés dans les forces de défense de Kiev. 

En résumé le front russo-républicain, après les initiatives opératives ukrainiennes des fronts Sud et Nord est dans l'attente d'un nouveau changement stratégique pour lequel la Russie, qui veut reprendre une initiative offensive forte sur le terrain, vient d'ouvrir le prologue politique: 


Un prélude politique au "Vent du Nord" 

Souvenons nous qu'après l'échec des dernières actions diplomatiques russes proposant un traité de sécurité collective pour mettre un terme au conflit dans le Donbass et avant d'engager l'option militaire pour contraindre le régime de Kiev à en respecter les principes, une reconnaissance officielle des Républiques de Donetsk et Lougansk a été votée par le parlement russe le 21 février, aussitôt suivi d'un accord d'assistance militaire mutuelle.

Aujourd'hui dans le même souci de préparer le terrain politique et de donner une dimension juridique aux nouvelles opérations militaires qui font probablement fondre sur l'Ukraine prochainement, la Russie avec ses alliés a engagé le processus d'intégration référendaire des républiques populaires de Donetsk et Lougansk, mais aussi des régions de Zaporodje et Kherson. 

Voici le type d'adresse envoyé par les gouvernements de Donetsk et Lougansk ainsi que par les administrations russes de Kherson et Zaporodje, ici le message envoyé par Denis Pushilin, président de la République Populaire de Donetsk :

Cher Vladimir Vladimirovich!


Je vous prie d'envisager l'entrée de la République populaire de Donetsk dans la Fédération de Russie le plus rapidement possible en cas de décision positive à l'issue du référendum, ce dont nous ne doutons pas. Le peuple du Donbass, qui souffre depuis longtemps, méritait de faire partie d'un grand Pays qu'il considérait toujours comme sa Patrie.
Cet événement sera la restauration de la justice historique, dont des millions de personnes russes aspirent à l'avènement.

Denis Pushilin,
Chef De La République Populaire De Donetsk

  1. Des référendums vont donc se dérouler du 23 au 27 septembre dans les territoires de Lougansk; Donetsk, Zaporodje, Kherson concernant le retour de ces territoires historiquement et identitairement russes au sein de la Fédération de Russie.
  2. Les résultats officiels seront annoncés le 28 ou le 29 septembre, après quoi les territoires concernés dont les républiques populaires de Donetsk et Lougansk pourront envoyer un demande officielle d'adhésion à la Russie. 
  3. Le 30 septembre ou le 1er octobre, cette demande pourra être officiellement accordée et les documents pertinents seront signés au Kremlin avec la participation de Poutine, Pouchiline et Pasechnik.

Voici le témoignage de Charles d'Anjou, 
actuellement en reportage sur les fronts 
russo-ukrainiens concernant ces référendums.

L'Institut républicain de Crimée pour la recherche politique et sociologique a mené une enquête auprès de la population des territoires libérés :

Ceux qui sont prêts à participer à un référendum sur l'adhésion à la Russie :
- DPR - 86%,
- LPR - 87%,
- Région de Kherson - 72%,
- Région de Zaporozhye - 83%.
Ceux qui soutiennent l'entrée de leurs régions au sein de la Fédération de Russie :
- RPD - 94%,
- LPR - 93%,
- Région de Kherson - 80%,
- Région de Zaporozhye - 87%.

Ce référendum d'intégration à la Russie, que le Donbass appelle de tous ses voeux depuis 8 ans, risque d'être le scrutin le plus dangereux de l'Histoire, depuis sa tenue technique sous la menace des canons ukro-atlantistes jusqu'à ses conséquences diplomatico-militaires inévitables à venir. Mais il est l'étape nécessaire pour que soient enfin mis en mouvement les moyens permettant d'en finir avec cet impérialisme occidental !


Voilà le très prochain tracé modifié des frontières entre l'Ukraine et la Russie
Ce tracé inclus du Nord au Sud les Républiques de Donetsk et Lougansk, les régions
de Zaporodje et Kherson, dans leurs territoires contrôlés et ceux encore occupés par Kiev.
Du côté de Moscou

Le président de la Douma a répondu que le parlement soutient le processus de référendum et étudierai à son issue la demande potentielle d'un rattachement à la Fédération de Russie. De son côté, Dimitri Medvedev, ancien président de la Fédération et actuel Vice-président du Conseil de sécurité de Russie à déclaré:

"Les référendums dans le Donbass sont d'une grande importance non seulement pour la protection systémique des habitants de la LNR, de la DNR et d'autres territoires libérés, mais aussi pour le rétablissement de la justice historique."
Ils changent complètement le vecteur du développement de la Russie depuis des décennies. Et pas seulement notre pays. Car après leur mise en place et l'acceptation de nouveaux territoires en Russie, la transformation géopolitique du monde deviendra irréversible.
L'empiètement sur le territoire de la Russie est un crime dont la commission vous permet d'utiliser toutes les forces de légitime défense. Mais il n'est pas moins important qu'après les amendements à la Constitution de notre État, pas un seul futur dirigeant de la Russie, pas un seul fonctionnaire ne puisse revenir sur ces décisions.
C'est pourquoi ces référendums sont si redoutés à Kyiv et en Occident. C'est pourquoi ils doivent être effectués"

Dernière minute !: 

Le Président Vladimir Poutine est intervenu ce 21 septembre pour signifier qu'un décret a été signé, et en vigueur dès de jour, concernant une mobilisation partielle dont les principaux points sont les suivants :

- La mobilisation partielle concerne les réservistes (300 000 pour commencer)

- Les mobilisés avant leurs déploiement recevront une formation militaire complémentaire tenant compte de l'expérience des opérations spéciales en cours

- L'objectif immédiat est la libération complète du Donbass ;

- le statut juridique des volontaires et des milices du Donbass va être défini rapidement

- en cas de menace à l'intégrité territoriale de la Russie, tous les moyens disponibles seront utilisés. 

Du côté de l'OTAN, 

Sur le plan politique, Washington et ses valets ont déjà annoncé qu'ils ne reconnaitraient pas les référendums engagés, ce qui n'est pas surprenant pour ces pseudos "démocraties" qui ne reconnaissent que les référendums qu'ils organisent et à condition que les résultats soient favorables à leurs intérêts ploutocratiques.

Sur le plan militaire c'est une autre affaire car si les territoires concernés demandent leur rattachement à la Russie et que le parlement russe l'accepte, cela signifie que ces régions appartiendront au sanctuaire national de la Fédération et par conséquent bénéficieront de toutes les protections adéquates, y compris celle définie par la nouvelle doctrine d'emploi de l'arme nucléaire dont la dimension défensive sera alors activée pour leurs territoires. 

Si l'OTAN persiste à poursuivre sa cobelligérance, devenue depuis plusieurs mois une belligérance factuelle exponentielle, elle n'aura pas d'autre choix que d'entrer officiellement en guerre avec la Russie en déployant des troupes en Ukraine, d'abord à l'Ouest (bouclier antiaérien puis aérien) puis progressivement vers la ligne de front jusqu'au premier affrontement avec une force russe qui risque de faire déborder le volcan ukrainien dans toute l'Europe, réveillant (enfin) les populations occidentales et les mettant (je l'espère) en face de leur servitude suicidaire !

"Brigitte, fais tes valises, on déménage dans le bunker !"

Car ses territoires de ces régions qui restent à libérer seront alors "de jure" des territoires nationaux russes occupés par une force militaire ennemie. Le 8 juillet dernier, le Président Poutine avait déclaré "nous n'avons pas encore commencé les choses sérieuses". Aujourd'hui, "de facto" les "choses sérieuses" viennent de commencer !

En procédant à nouveau, comme en février, par un processus politique préalable, le président Poutine ne fait pas que jeter les bases juridiques sur lesquelles il va organiser contre  les ukro-atlantistes un nouveau format militaire plus radical, mais aussi il offre une ultime occasion à l'OTAN de jeter l'éponge et de revenir à la raison commune avant que ne claque définitivement la porte des négociations et s'ouvre celle de la guerre totale. 

Là où certains verront une "fuite en avant du président russe" je ne vois que la logique mortifère d'une stratégie atlantiste commencée au lendemain de l'effondrement du bloc soviétique il y a 30 ans et qui,  de crise en intervention armée, de coup d'Etat en conflit militaire, a finalement réussi a pousser la Russie dans ses derniers retranchements d'où depuis février 2022 elle n'a plus d'autre choix que de "ramasser le gant" avant qu'il ne soit trop tard. On ne peut se réjouir de cette cinétique infernale conduisant les peuples dans ce nouveau chaos mondial, car avant que ne se construise (je l'espère de tous mes voeux) un nouveau paradigme multipolaire respectant les diversités humaines, il va nous falloir d'abord affronter les conséquences dramatiques de l'ouverture criminelle de cette boite de Pandore un jour de février.... 2014 sur le Maïdan ! 

La grande inconnue pour les semaines à venir est de savoir quel va être le niveau de réaction de l'OTAN, avec quel statut, et quels moyens. La stratégie habituelle occidentale, qui consiste à jeter de l'huile sur le feu et déclencher des conflits via des idiots utiles et des proxys pour pousser leurs adversaires, dans des réactions en chaîne inévitables, à en porter la responsabilité juridique internationale, risque de n'être pas suffisante pour aider Kiev. Soit les faucons de Washington jettent l'éponge, soit ils assument leur stratégie et déclarent la guerre à Moscou, avec toutes les conséquences que cela comporte. 

Pour conclure, et même s'il reste du chemin à parcourir pavé de sang et de larmes, je partagerai ici cette chanson d''espoir et de joie interprété par Natalia Kachura et Margarita Lisovina, deux artistes de Donetsk qui incarnent ce peuple héroïque du Donbass qui depuis 8 années se bat et souffre le martyr pour gagner sa liberté et son retour au sein de la Mère Patrie !

Erwan Castel

"Nous rentrons à la maison !
Nous avons défendu ce droit !
Le dernier à se battre
Nous rentrons à la maison !"


samedi 17 septembre 2022

Kiev accepte la guerre totale

Devant la prolongation des opérations militaires en Ukraine, conséquence à la fois de l'insuffisance des moyens initialement engagés par la Russie et des aides militaires occidentales exponentielles perfusant l'armée ukrainienne jusqu'à lui permettre des initiatives opératives, le Kremlin a décidé de passer "à la vitesse supérieure" pour maintenir dans sa ligne de mire ses objectifs stratégiques qui sont pour l'Ukraine : 

  1. Une démilitarisation visant à restaurer sa neutralité militaire, 
  2. Une dénazification visant à éradiquer sa politique russophobe, 
  3. Un abandon juridique de son projet d'intégration au sein de l'OTAN et de l'UE,
  4. Une reconnaissance officielle du rattachement de la Crimée à la Russie,
  5. Une reconnaissance officielle de l'indépendance des républiques du Donbass,
Comme à son accoutumé Moscou explique, prévient, menace et fait une démonstration avant de passer à l'acte. Ainsi devant l'engagement factuel de l'OTAN dans le conflit, le Président Poutine, par trois fois à signifié à ses ex "partenaires occidentaux" que les représailles militaires russes s'étendraient drastiquement,et jusqu'à leurs propres ressources stratégiques. Et l'armée russe en guise d'avertissement démonstratif de réaliser le 11 septembre dernier la destruction par missiles d'une dizaine de centrales électriques ukrainiennes, paralysant le momentanément le fonctionnement structurel de l'Est du pays.

De son côté l'Ukraine, comme à son accoutumé également a répondu à la Russie en intensifiant ses attaques terroristes, à défaut de pouvoir prolonger son offensive de Balaklaïa qui piétine devant Krasni Liman et à Koupiansk où de la doubler ailleurs  côté de Donetsk, Kherson ou Zaporodje par exemple dans des attaques qui sont repoussées avec de très lourdes pertes par des forces alliées aujourd'hui sur un qui vive et des moyens renforcés.

Actuellement sur tous les fronts les forces ukrainiennes sont repoussées violemment:
  • Sur le front Sud, à Pravdino, au Nord Ouest de Kherson
  • Sur le front de Zaporodje, à Pigrone,
  • Sur le front de Donetsk, à Marinka et Peski,
  • Sur le front d'Artemovsk, à Soledar,
  • Sur le front de Lisichansk, à Belogorovka,
  • Sur le front de Slaviansk, à Krasni Liman,
  • Sur le front de Kharkov, à Koupiansk, sur la rive gauche de l'Oskol....
Ailleurs, l'artillerie alliée détruit systématiquement les concentrations ukrainiennes comme dans le saillant d'Andreevka sur le front Sud où elles sont bloquées par l'enflement de l'Ingoulets (suite à la destruction du barrage de Krivöi Rog par les forces aérospatiales russes).

Tirs de barrage par l'artillerie de la 76ème 
division parachutiste russe de Psokv sur 
le front Sud, au Nord Est de Kherson.

L'effet de surprise qui a bénéficié à Kiev lors de son offensive sur Balaklaïa est souvent un joker stratégique unique qu'il convient pour un état major d'utiliser au bon moment, au bon endroit. Or Kiev, en l'utilisant du côté de Kharkov le 6 septembre, s'est interdit une autre rupture de ce type sur les autres fronts comme par exemple ceux de Donetsk et Zaporodje, aux enjeux politico-militaires pourtant plus importants.  

Donc, la seule réponse restant à la portée du régime ukro-atlantiste de Kiev est de continuer et d'intensifier ses attaques terroristes sur les populations civiles ainsi que ses attentats et attaques contre des personnalités et des centres de décisions du Donbass et des territoires contrôlés par les forces russes. Prenons seulement pour illustration 4 attaques ukrainiennes, se situant entre terrorisme et guerre totale, survenues ce vendredi 16 septembre 2022 et revendiquées à Kiev par Mikhail Podolyak, le conseiller du chef du bureau du président ukrainien.

1 / Bombardement à Kherson 

A l'arrière du front Sud, à Kherson: 5 missiles HIMARS ont été tirés en matinée sur le bâtiment de l'administration régionale au moment d'une réunion des chefs de districts et de service, tuant 3 personnes et blessant 13 autres civils.

2 / Assassinats à Berdiansk

A l'Ouest de Marioupol, à  Berdiansk  un double assassinat par arme à feu (pistolet Makarov) a eu lieu contre Oleg Boïko, chef adjoint de l'administration de la ville chargé du logement et des services publics sa femme Lyudmila, directrice de la commission électorale du référendum territorial de la ville. Tous les deux ont été tués alors qu'il étaient dans leur garage.


3 / Attentat à Lougansk

Dans le Donbass, à Lougansk, un attentat à l'explosif à eu lieu dans un bâtiment du Ministère de la Justice, tuant Sergeï Gorenko le procureur général de la République Populaire de Lougansk ainsi qu'Ekaterina Steglenko son procureur général adjoint, par un engin explosif improvisé déposé dans leur bureau. 


4 / Bombardement ukrainien de Valuiki

Dans la nuit, un important bombardement ukrainien a frappé la petite ville russe de Valuiki, dans la région de Belgorod (au Nord de Kharkov), tuant 1 civil, ,blessant plusieurs autres et provoquant de nombreuses destructions (notamment 8 maisons et une sous-station électrique). Ce n'est pas la première fois que le territoire national russe (Koursk, Belgorod, Rostov...) est la cible de tirs ukrainiens, mais ce nouveau bombardement sur des civils en Russie confirme violemment le franchissement clair par Kiev d'une ligne rouge définie par Moscou.

Destructions ukrainiennes à Valuiki où il n'y a 
aucun objectif militaire ou logistique quelconque

Ces tirs ukrainiens sur Valuiki, réalisés avec des missiles balistiques "Tochka U" constituent une nouvelle provocation ukro-atlantiste à laquelle il convient de rajouter l'utilisation augmentée des HIMARS vers des cibles sur le territoire national russe, notamment sur la Crimée et la région de Rostov (Taganrok), donnant lieu à un avertissement sévère du Kremlin concernant l'emploi des missiles étasuniens HIMARS.

Alors qu'initialement le président Biden avait bien stipulé que les HIMARS ne devaient pas frapper le territoire russe et risquer une escalade entre Moscou et Washington, les ukro-atlantistes ont une nouvelle fois trahi leur parole en autorisant Kiev à le faire et pire, en commençant à leur livrer pour ce système d'artillerie de missiles d'une portée de 300 km (ATACMS).

Immédiatement après le bombardement meurtrier de Valuiki, le président Poutine a réuni en urgence son conseil de sécurité, annonçant la mise en œuvre d'une riposte adéquate.

Débris de Tochka U ukrainien sur Valuiki 

Parallèlement à ces attaques et attentats en augmentation, les bombardements terroristes ukrainiens se poursuivent quotidiennement sur les zones résidentielles de la République Populaire de Donetsk,. Chaque jour, dans les centres des cités républicaines des civils meurent ou sont mutilés sous les tirs ukro-atlantistes qui ici, sont autant des assassinats que des provocations révélant une impuissance militaire sur le front.

Résultats d'un des bombardements ukrainiens 
réalisés sur Donetsk ce jeudi 15 septembre 2022

Pour illustrer les comportements russes et ukrainiens voici une vidéo résumant les événements de cette journée du 16 septembre avec, d'un côté les bombardements terroristes meurtriers sur les populations civiles de Donetsk et les attaques évoquées ci dessus, et de l'autre côté les actions militaires alliées sur le front avec; en conclusion, l'arrivée des renforts avec notamment de nouvelles unités des forces spéciales tchétchènes.



En conclusion 

Certains pleurent quand d'autres rient de ne pas voir déferler un tsunami russe d'acier et de feu sur les forces ukrainiennes reconstituées et dopées aux aides de l'OTAN... En réalité,, il n'y a pas d'accalmie sur le front russo-ukrainien, car d'une part les forces ukro-atlantistes, depuis leur percée de Balaklaïa ont réalisé une dizaine de reconnaissances offensives lourdes infructueuses sur l'ensemble des fronts, tandis que les forces alliées continuent de progresser dans les secteurs d'Artemovsk et Soledar, ripostent efficacement à chaque action ennemie, engagent de nouvelles frappes stratégiques sur des objectifs élargis et acheminent sur le front en renfort de nouvelles unités d'assaut. 

Il est possible cependant qu'ici ou là les forces ukrainiennes parviennent à s'emparer encore de quelques villages et petites localités, emportées par leur élan de septembre comme une vague mourante sur les rochers de la page, en attendant que le ressac russe soit lancé. C'est le cas de Shubrove et Dibrova par exemple, 2 villages situés le long de la rivière Donets, entre Slaviansk et Krasni Liman. Réalité et logique de toutes les guerres symétriques qui ne sont dans leurs développements qu'alternance de succès et revers réciproques.

Le temps que prend Moscou pour engager le nouveau format de ses opérations militaires est à la mesure de sa puissance à venir mais aussi au travail réalisé par Moscou, sur le plan de la guerre économique avec les occidentaux et de la solidification diplomatique des ses alliances stratégiques avec ses partenaires (Chine, Inde, Iran, Corée du Nord...) dont le positionnement géographique autant que les échanges militaro-industriels permettront à la Russie de mieux concentrer des moyens sur ce front occidental où désormais elle est en guerre contre une Ukraine complétement "otanisée", et peut-être demain directement contre les pays de l'OTAN.

Et comme à son habitude le président Poutine laisse la porte des négociations et de la raison accessible à ses adversaires, tout en la refermant progressivement : 

"Bien sûr, nous voyons des tentatives d'actes terroristes, des tentatives d'endommagement de nos infrastructures civiles... Si la situation continue d'évoluer de cette manière, alors la réponse sera plus sérieuse". Vladimir Poutine.

Aux portes de la saison hivernale la Russie s'apprête à relever le gant étasunien que le proxy ukrainien de Washington lui a lancé au visage. Moscou prend son temps, car une fois engagé, ce nouveau format militaire en Ukraine, pour Kiev un point de non retour.

Dans sa fuite en avant le régime de Kiev, qui n'a pas compris que les soutiens qu'il reçoit de l'OTAN ont des limites économiques, politiques et stratégiques dont les fissures sont déjà visibles, est poussé à accepter que l'évolution du conflit provoqué il y 8 ans continue de dégénérer dans un jusqueboutisme suicidaire vers une guerre totale. Ce dont l'Ukraine ne se relèvera pas. 

En attendant un nouveau paradigme articulé autour d'un monde multipolaire en devenir est en train de croître au sein des pays alliés contre l'hégémonie mondialiste.

Erwan Castel