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mercredi 24 juin 2020

"Prêts à..., en mesure de..."


Ce 23 juin 2020, Denis Pushilin, président de la République Populaire de Donetsk a rejoint dans un communiqué adressé au président ukrainien Zelensky, son homolgue de la République Populaire de Lugansk qui subit également depuis quelques jours une intensification des bombardements sur son territoire, ainsi qu'une préparation au combat d'unités d'assaut ukrainiennes  se concentrant près de la ligne de front:

Denis Vladimirovitch Pushilin a mis en garde les dirigeants politico-militaires de l'Ukraine "contre toute décision imprudente dans le domaine militaire, dont les conséquences seront entièrement sur leur conscience"

«J'en appelle au président Zelensky: prenez toutes les mesures nécessaires. Vous êtes en mesure de contrôler la situation sur la ligne de contact, ce qui a été confirmé par une légère diminution du nombre de bombardements de notre territoire (ou leur absence, comme dans la LPR) pendant certaines périodes dont vous avez besoin ».

Par ailleurs, le président Pushilin a rappelé que la mobilisation de certaines unités pour la parade de la victoire de 1945 du 24 juin "n'était pas un obstacle pour effectuer des missions de détection et de suppression rapides des points de tir des unités ennemies procédant quotidiennement au bombardement du territoire de la RPD".

Le fait est que les forces ukrainiennes, entre leurs bombardements continuels et leurs concentrations blindées exercent sur les fronts de Donetsk et Lugansk (plus de 460 km) un pression croissante. Et les soldats de mon unité revenant du front couverts de poussière, ont confirmé cette semaine des bombardements de mortiers ukrainiens de 120mm chaque jour et chaque nuit sur des positions qui, malgré des systèmes défensifs profondément renforcés et enterrés, subissent des dégâts importants et qui obligent leurs défenseurs à restaurer sans cesse leurs structures et les tranchées.

Chars de combat T72 du 2ème bataillon (Diesel) du 1er Corps d'Armée 

Bien que le niveau d'alerte des forces de défense républicaines n'ait pas été à nouveau relevé à son maximum comme en mai dernier, de nombreuses unités se sont mis en alerte opérationnelle pour être prêtes à renforcer si besoin les positions dont elles ont la charge.

Mais vraisemblablement, si Zelensky ne calme pas ses soudards ou pire, s'il autorise un coup de force sur le front, l'alerte de combat maximale sera certainement à nouveau décrétée dans les républiques de Donetsk et Lugansk et leurs unités d'appuis et de contre attaque déployées sur le front avec l'autorisation de riposter à chaque provocation ukrainienne.

Certes pourrait-on arguer, il y a un risque de voir ainsi s'enclencher une spirale infernale qui peut faire exploser cette ligne de front déjà tendue à son maximum sur de nombreuses zones de contact (où les belligérants sont à portée de voix les uns des autres), mais je réponds ici qu'il est aussi du devoir des républiques de protéger par tous les moyens à leur disposition leurs citoyens (2 tués 5 blessés en 4 jours), et que ne rien faire c'est aussi encourager les "ukrops" à continuer leurs provocations croissantes.

Aussi les autorités politiques et militaires républicaines doivent-elles réaliser les actions les plus difficiles de leurs exercices, à savoir riposter proportionnellement et avec fermeté sur des cibles identifiées responsables des provocations subies, tout en ne se laissant pas tenter par des actions punitives plus étendues qui provoqueraient alors à coup sûr une escalade rapidement incontrôlable.

Et ceci est d'autant plus difficile lorsqu'on est confrontés à de vrais psychopathes, comme ces soudards ukrainiens de la 79ème Brigade ukrainienne qui, après avoir bombardé le village d'Aleksandrovka (Ouest de Donetsk) tuant 1 civil de 45 ans, ils ont ensuite réaliser des tirs de harcèlement jusqu'au lendemain pour empêcher la récupération de son corps !

Face à ce genre de salopards il est remarquable que les forces de défense républicaines - qui soit dit en passant sont désignés par les médias occidentaux comme les "terroristes" du conflit - réussissent à garder en toute circonstance, le sang froid et la retenue. A croire que la discipline des milices républicaines n'a d'égal que le sadisme des soudards ukrainiens !

Erwan Castel

vendredi 10 avril 2020

Quand l'indifférence nourrit la haine


Au lendemain d'une nouvelle tragédie qui a ensanglanté entre Yasinovataya et Gorlovka la population du Donbass avec l'odieux assassinat par les soudards ukrainiens d'une jeune fille de 26 ans, les forces de Kiev poursuivent leurs bombardements terrorisant les civils qui depuis 6 ans se terrent dans les caves pour tenter de survivre à cette guerre dont le caractère génocidaire est d'autant plus abjecte que ces criminels bénéficient d'une totale impunité de la part des autorités ukrainiennes et d'une indifférence hallucinante de la part de la "communauté internationale" pourtant si prompte à distribuer aux quatre vents sa moraline droitdelhommiste...


Nuit du 09 au 10 avril 2020 - Bombardement ukrainien lourd
à l'Ouest de Gorlovka (Nord de la Rép. Pop. de Donetsk)

Depuis le mois de mars ce ne sont pas moins de 3 civils et 20 militaires qui ont été tués et 11 civils et des dizaines de soldats qui ont été blessés par les tirs ukrainiens. Selon les rapports de l'ONU, le nombre des victimes civiles dans le Donbass a augmenté de 280% par rapport aux mois précédents.

Au lendemain de cette nouvelle tragédie qui a coûté la vie à une femme de 26 ans et grièvement blessé un homme de 59 ans, le président de la République Populaire de Donetsk, Denis Pushilin, a lancé un appel solennel en direction de la communauté internationale dont faut-il le rappeler, 2 pays majeurs (la France et l'Allemagne), sont signataires et garants des accords de paix signés à Minsk par l'Ukraine:

"Dans la Gorlovka, qui souffre depuis longtemps, une autre terrible tragédie s'est produite aujourd'hui: une jeune fille de 26 ans a été cyniquement tuée par des militants ukrainiens. Elle est décédée des suites de l'explosion d'une mine larguée par un drone VFU. Un homme de 59 ans qui a été transporté à l'hôpital avec de nombreuses blessures a également été grièvement blessé.
Il s'agit du troisième décès d'un civil de la République aux mains de criminels punitifs ukrainiens au cours des 30 derniers jours, 11 citoyens au cours de la même période ont été blessés de gravité variable.
À une époque où le monde entier se rallie à la lutte contre un ennemi commun - la pandémie de coronavirus - qui fait des milliers de morts, l'Ukraine intensifie fortement les bombardements de la République populaire de Donetsk. Il détruit délibérément des civils, leurs maisons, des objets d'infrastructures sociales.
Nous exhortons la communauté mondiale tout entière à forcer d'urgence Kiev à cesser de tuer des civils innocents. Sinon, nous nous réservons le droit de répondre à de telles actions avec les méthodes les plus strictes."
Denis Pushilin,
chef de la République populaire de Donetsk, président de l'OD «DR».

Il est à craindre malheureusement, que cet appel du président de la RPD reste sans réponse, comme les précédents depuis 6 ans de bombardements des populations civiles du Donbass. Et l'intensification actuelle des violations ukrainiennes du cessez le feu ne fait que confirmer que le droit international et l'appel à la raison sont totalement impuissants face à la haine russophobe que l'Occident a instrumentalisé et libéré il y a 6 ans sur le Maïdan.

Au cours de la semaine écoulée plus d'un millier de munitions de calibre supérieurs à 12.7mm ont été tirées par les forces ukrainiennes contre le territoire de la République Populaire de Donetsk. Rien que pour la dernière journée du 9 avril, les forces ukrainiennes ont violé 16 fois le cessez-le-feu, tirant près de 150 munitions de gros calibre sur le territoire de la RPD.

09 avril 2020 - Coup direct de l'artillerie lourde ukrainienne 
sur une maison de Shirokaya Balka, sur le front de Gorlovoka

Face à ces violations ukrainiennes meurtrières du cessez le feu, les forces de défense républicaines usent de leur droit à la légitime défense dans des ripostes ciblées et ponctuelles visant à desserrer les pressions offensives de l'ennemi qui continue a se rapprocher de leurs lignes de défense :

Destruction d'un camion Zil ukrainien à l'aide d'un missile antichar

Tout comme au lendemain du 2 mai 2014, lorsque les radicaux néo-nazis avaient massacré des dizaines de manifestants fédéralistes pro-russes à Odessa, je suis à chaque nouveau massacre encore plus révolté par cette indifférence complice de cette "bien-pensance occidentale" donneuse de leçons que par les crimes de ces "ukrops" dont l'horreur ne fait que confirmer les psychopathes néo-nazis qu'ils sont.

Alors que cette "communauté internationale", qui tient les cordons d'une bourse occidentale perfusant une Ukraine moribonde, aurait les moyens de faire pression sur elle à la manière dont elle exerce des sanctions économiques sur les pays non alignés, rien n'est fait pour que cessent les crimes de guerre quotidiens perpétrés par les soudards de Kiev. 

Au contraire, le silence des démocraties droitdelhommistes soutenant depuis le Maïdan la croisade du nouveau régime ukrainien contre ses populations russophones, est devenu au fil des massacres et des bombardements dont elles sont les victimes depuis le symptôme d'une idéologie occidentale dont la finalité criminelle reste inchangée depuis des siècles, et qui aujourd'hui l'applique contre ses propres populations.

Lorsqu'on pourra, et devrons juger et condamner ces criminels de guerre ukrainiens, il ne faudra pas oublier qu'ils ne sont, à l'instar des djihadistes en Syrie, que les idiots utiles des occidentaux qu'ils soient adeptes d'un libéralisme qu'il soit social ou économique (et dont certains se prétendent même pro-russes) et est responsable de cette amoralité criminelle qui infecte le Monde depuis des siècles.

Erwan Castel

Miroslava Vorontsova, 26 ans, tuée par un bombardement ukrainien 
ciblant la zone résidentielle civile Shirokaya Balka le 9 avril 2020


mercredi 22 janvier 2020

Tirs ukrainiens, politiques et militaires

Obusier de 122mm D30 ukrainien en action

A10h20 ce 22 janvier 2020, les échos de l'artillerie ukrainienne résonnaient jusque dans le centre de Donetsk, confirmant le retour des provocations de Kiev sur la ligne de front du Donbass. Des messages d'alerte ont été diffusés dans les quartiers périphériques de la cité républicaine où chacun se souvient des bombardements meurtriers réalisés en journée il y a 5 ans.


Les ukrainiens ont utilisé ce matin des mortiers de 120mm et des obusiers de 122mm pour pilonner le secteur de l'aéroport, du village de Spartak (Nord Donetsk), tandis que plus au Nord, le front de Yasinovataya était soumis à des tirs de mortiers de 82mm.




Et le Nord de Donetsk n'a pas été le seul secteur visé par les ukrainiens car à Gorlovka ce matin à 6h10 a été tué par un tir de sniper à la tête le caporal Fokin Nikita Maksimovich, un jeune défenseur de 20 ans.

Il faut observer cette reprise des bombardements ukrainiens par le prisme des déclarations ministérielles qui émergent à Kiev en ce début d'année, rompant sensiblement - mais sans surprise - avec l'euphorie des réunions diplomatiques et échange de prisonniers des dernières semaines de 2019.

Par exemple, Andriy Zagorodniuk, le ministre ukrainien de la Défense, a déclaré dans une conférence de presse que l'Ukraine:
  • Ne reconnait pas, dans le processus des accords de Minsk, les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk comme des entités indépendantes;
  • Persiste dans sa conviction que Moscou a déployé des unités militaires dans le Donbass, exigeant leu retrait comme préalable à la continuité du processus de paix;
  • Refuse d'appliquer le retrait des forces armées, réalisé sur 3 zones test en 2019, à toute la ligne de front (460km), estimant que cela prendrait des années, gelant ainsi le  conflit et le retour des territoires au sein de l'Ukraine. 
A travers ces déclarations, il est évident que Kiev a compris qu'il ne pourra pas récupérer le Donbass via un plan de paix qui s'inscrit dans un durée pendant laquelle les républiques du Donbass, soutenues et même poussées par leurs populations continuent étape par étape leur normalisation russe et processus d'intégration au sein de la Fédération de Russie.

Kiev tente donc de jouer à nouveau la carte de la provocation militaire que sa propagande attribue bien sûr aux défenseurs du Donbass, afin de provoquer une solution plus radicale et rapide légitimant l'emploi de la force armée (avec un soutien international si possible) afin de réintégrer des territoires qui lui échappent chaque jour un peu plus.



De son côté, le Président Pushilin, à l'occasion d'un entretien accordé au média "Printemps russe" le 16 janvier 2020 a confirmé une nouvelle la volonté républicaine d'intégrer la Fédération de Russie, n'en déplaise au régime de Kiev qui a "choisi la voie inacceptable du nationalisme et de la russophobie". Le Président de la République Populaire de Donetsk, en rappelant à la fois les crimes persistants du régime de Kiev, la volonté du peuple du Donbass, et l'évolution en cours de la société républicaine, a confirmé :

"en 2020, nous continuerons à développer des processus d'intégration avec la Russie."

Aucun bombardement ukrainien, même des plus meurtriers ne pourra changer la volonté du Donbass de revendiquer et concrétiser son identité russe... bien au contraire !

Erwan Castel


mercredi 18 décembre 2019

"Notre avenir nous appartient"


Bien que menant des politiques convergentes et orientées vers le rattachement du Donbass à la Fédération de Russie, les déclarations communes des présidents des républiques populaires de Donetsk et Lugansk restent rares et méritent donc qu'on y prête attention.

Après le brouhaha propagandiste qui a suivi la dernière réunion du "Format Normandie" (Russie, Ukraine, France, Allemagne) où tout et son contraire ont été dit de part et d'autre de la ligne de front, les présidents Denis Pushilin (RPD), et Leonid Pasechnik (RPL) ont tenu a rappelé quelques réalités et principes évidents :

Dans cette conférence de presse commune, les 2 représentants des républiques du Donbass ont insisté sur le principe qu'aucune décision concernant leur territoire et leur avenir ne pourra être prise en leur absence et sans leur consentement. 
  • «Tout cela doit être convenu directement avec nous, en tenant compte des particularités du développement historique et économique du Donbass. De plus, je souligne qu'absolument toutes les questions liées à l'avenir du Donbass doivent être convenues avec nous - les gens qui sont restés sur leur terre, qui ont été choisis par le peuple pour défendre et développer notre République » - Denis Pushilin
Ce point est tellement évident qu'on en oublie la pitoyable réalité de ces accords de Minsk qui n'invitent même pas à la table des pourparlers pour la paix l'un des 2 belligérants du conflit à savoir les républiques séparatistes du Donbass. Car même si la Russie soutient les républiques, elle n'est pas plus à l'initiative de leur séparatisme, de leur référendum et ses forces armées n'ont pas pris part au conflit armé contrairement au fantasme ukrainien qui tente de justifier  l'échec de son armée et légitimer la guerre contre le Donbass. Cette revendication des républiques du Donbass de participer aux discussions décisionnaires n'est pas seulement légitime, elle est surtout logique et constructive a d'ailleurs été soutenue par le Président Poutine lors de la réunion des 4 à Paris ce 9 décembre.


L'autre point important que les 2 présidents ont voulu souligner de concert est l'absence dans les actes, tant à Kiev que sur le front ukrainien, de la moindre mise en oeuvre de ces accords de Minsk qui demandent par exemple un cessez le feu sur la ligne de front et une modification de la constitution ukrainienne permettant un statut spécial pour le Donbass. 

Ici je rappelle à nouveau qu'il ne faut surtout pas se laisser leurrer par le focus politico-médiatique réalisé sur les 3 "zones tests" démilitarisées (moins de 1% des 460 km du front) car il sont "l'arbre qui cache la forêt" où se poursuivent des bombardements ukrainiens quotidiens. D'ailleurs cette "démilitarisation" est toute relative car l'artillerie ukrainienne qui ne s'est pas retirée continue ses provocations par dessus les 2 km de la zone tampon restaurée, et même des unités de la 46ème brigade ukrainienne ont été observées revenant sur leurs positions à Stanitsa Lugnanskaia par exemple.


La question des territoires du Donbass occupés par l'armée ukrainienne et de leurs populations (Mariupol, Volnovakha, Marinka, Avdeevka, Slaviansk etc.) a également été rappelée à l'occasion :
  • "Les autorités de Kiev continuent de terroriser les habitants de la partie du Donbass qui est sous leur contrôle ; des milliers de personnes sont détenues illégalement dans des prisons, y compris secrètes, du SBU (Service de Sécurité Ukrainien), sans que cela ait été pris en compte par les pays occidentaux, en particulier l’Allemagne et la France" (signataires de Minsk) - Denis Pushilin
Ici il est je pense pertinent de rappeler qu'initialement les accords de Minsk concernaient "les territoires des oblasts (régions) de Donetsk et Lugansk" soit leurs zones républicaines et celles occupées par Kiev. Or, au fil des réunions de Minsk ces territoires occupés ont été évacués des discussions par une "politique du fait accompli" occidentale comme on a pu l'observer dans le passé lors des traités de paix israélo-arabes par exemple où la ligne de front devenait ligne de démarcation.


En plus de cette poursuite du terrorisme d'Etat sur le front du Donbass, Pushilin et Pasechnik ont souligné les autres sabotages des accords menés par Kiev sur le plan politique, comme par exemple la volonté de faire intervenir dans les négociations des oligarques et hommes d'affaires ayant fui le Donbass en 2014 et n'y entretenant plus aucune relation.

Drapeau russe flottant au dessus de la place centrale de Donetsk
Pour résumer, les 2 présidents du Donbass ont rappelé également le référendum de 2014, une réalité historique qui fonda les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk, ne dissociant pas, comme tente de le faire Kiev, les populations de leurs territoires par une épuration ethnique ou de disséquer ces derniers au gré de ses avantages militaires.
  • "Le référendum de 2014 qui s’est tenu dans les anciennes régions de Donetsk et de Lugansk démontre clairement le rejet par les habitants du Donbass du coup d’État du Maïdan et de la politique du régime néo-bandériste, que Zelensky continue de mener. L’Occident ne veut pas s’en souvenir. Le référendum s’est déroulé sans aucune ingérence La population elle-même s’est organisée et a exprimé un « non » catégorique au régime autoproclamé de Kiev" - Leonid Pasechnik

Ici encore les 2 présidents du Donbass rappellent la partialité et le cynisme des occidentaux pourtant garants de la bonne application des accords de Minsk (via la France et l'Allemagne) qui ferment les yeux sur les magouilles politiques et les provocations militaires de Kiev par complicité politique, solidarité russophobe et cupidité économique.

Il serait temps que ces "démocraties occidentales" qui se prétendent parangons des droits de l'Homme et du citoyens (avec Macron on est en droit de le douter) se penchent aussi sur le droit des peuples à disposer d'eux mêmes (qu'ils ont instrumentaliser hier au Kosovo ou à Mayotte par exemple) et accordent, pour commencer à travailler sérieusement à la paix dans le Donbass - et en Europe - droit de citer aux populations russes de Donetsk et Lugansk qui sont indéracinables des terres qu'elles ont façonné avec leur sueur et leur sang. 
  • "Nous déclarons: en l'absence de négociations directes avec les représentants des habitants de la RPD et de la RPL, la fin de la guerre est impossible" a résumé Leonid Pasechnik, le Président de la RPL

Et seulement à partir de cette évidence de vraies négociations de paix pourront alors être amorcées...

Erwan Castel

Articles référence :


vendredi 20 septembre 2019

Pushilin sort de sa chrysalide


Au lendemain de l'échange de prisonniers controversé du 7 septembre que j'ai qualifié pour mapart de "Vaseline" pour mieux faire passer les accords de Minsk (restons polis !) des propagandistes qui ne voient que leurs intérêts personnels du bout de leur nez servile, ont annoncé le commencement du retour du Donbass en Ukraine sous un "statut spécial" volatile.

Le 10 septembre, commentant cet échange et ses analyses concernant l'échange de prisonniers (j'ai vu depuis que Karine Bechet Golovko par exemple avait elle aussi un point de vue convergent), j'écrivais : 
  • "Vraisemblablement le président Pushilin de la République Populaire de Donetsk, bien qu'il accepte dans un certaine mesure le jeu incontournable des diplomaties internationales rappellera bientôt une nouvelle fois qu'elles ne peuvent décider seules de la destinée du Donbass sans l'accord de sa population, laquelle a cette année encore, à l'occasion de la polémique autour du "flash mob maladroit" adressé à Zelensky, réaffirmé sa volonté d'être définitivement séparée de l'Ukraine et d'intégrer la Fédération de Russie, physiquement ou par alliance".
Et la mise au point du représentant de la République Populaire de Donetsk n'a pas tardé: dans un duplex réalisé par la chaîne russe 'Rossia 1' Denis Pushilin, à l'occasion du talk show populaire "60 minutes" en précisant qu'il se faisait le porte parole de sa population a rappelé que "il n'y a rien de nouveau, à savoir que les pensées et les rêves des habitants du Donbass restent les mêmes depuis 2014" et que "leur désir collectif est d'intégrer la Fédération de Russie". Et le Président de la RPD de rappeler concernant cette intégration du Donbass en Russie que des étapes importantes avaient été franchies tels que "la normalisation des établissements d'enseignement supérieur, des processus d'intégration culturels et bien sûr les passeports de la Fédération de Russie".

Concernant les accords de Minsk, Denis Pushilin a confirmé que Kiev continue à en saboter l'application, mais que de toute manière que ces accords se fassent ou ne se fassent pas:  

"l'avenir du Donbass est d'être dans le cadre de la Fédération de Russie."


Cette déclaration du Président Pushilin se veut rassurante vis à vis de la population du Donbass qui s'est posée souvent des questions concernant la ligne politique du successeur de Zakharchenko, notamment à l(occasion de ce flash mob maladroit organisé cet été et qui demandait en final au président Zelensky d'accorder au Donbass un "statut spécial". Mais surtout cette déclaration qui a été faite sur un média principal russe est surtout adressée à la Russie, sa population et ses représentants qui soutiennent dans leur importante majorité  le combat du Donbass pour son intégration au sein de la Fédération.

Je vois pour ma part dans cette déclaration l'expression d'une souveraineté certaine du pouvoir politique de Donetsk qui en se faisant le relais et le défenseur de la volonté de sa population gagne aujourd'hui un équilibre entre une légitimité politique vis à vis de ses citoyens et une indépendance vis à vis des autorités russes qui étaient difficiles à trouver au lendemain de l'assassinat du Président Zakharchenko.

Moi même, tout en renouvelant ma fidélité en la République Populaire de Donetsk, j'avais eu quelques inquiétudes au cours des derniers mois, mais je reconnais qu’aujourd’hui elles commencent progressivement à se dissiper du fait des réactions constructives de la population du Donbass qui reste attentive à sa destinée choisie et à l'écoute du Président Pushilin qui l'accompagne dans l'expression de sa volonté et la réalisation de ses rêves. 

Nous observons donc au sortir de été un président Pushilin qui enfin passe à la vitesse supérieure, montant au créneau pour y faire un rappel nécessaire et rassurant mais,qui est aussi une mise au point claire d'un peuple qui refuse que sa destinée soit dévidée dans un huis clos international d'où ses représentants sont exclus !

Et cette cohésion instinctive entre le pouvoir et son peuple est d'autant plus importante que je pense malheureusement que les pires épreuves pour le Donbass, avant de rejoindre enfin sa mère patrie, sont encore devant lui.

Erwan Castel


jeudi 11 juillet 2019

Le Donbass persiste et signe !


Lors de sa campagne présidentielle le nouveau Président Zelensky avait promis que parallèlement à l'arrêt des combats, présenté comme la priorité de ses priorités urgentes, une plateforme d'échanges serait ouverte entre le Donbass et l'Ukraine pour tenter de restaurer un dialogue.

Bien sûr ce type de promesse n'est pas prêt de se réaliser dans le contexte actuel de l'augmentation exponentielle des attaques meurtrières ukrainiennes contre les territoires des républiques du Donbass... et quand bien même une accalmie serait vécue, les occidentaux et les bandéristes ukrainiens qui leurs sont affidés, verraient d'un très mauvais oeil un tel dialogue se restaurer d'où ressurgiraient inévitablement les innombrables points communs russes unissant les habitants du Donbass et la majorité de la population ukrainienne (culturels, historiques, religieux...) et qui remettraient le projet du Maïdan dans la réalité d'une exception idéologique minoritaire (née dans la Galicie d'origine polonaise) et fantasmée par une dictature ethnocentrée. Et l'exemple du projet d'un pont médiatique entre une chaine de télévision ukrainienne et russe qui a du être abandonné sous la pression et les menaces des nationalistes est la parfaitre illustration de cette prise d'otage idéologique qui sévit à Kiev depuis le Maïdan.

De leur côté, les républiques du Donbass, dans la réalisation de leur résistance armée et de leurs projets politiques ont exprimé maintes fois leur volonté de se séparer de cette Ukraine contemporaine qui les ostracise au point de les agresser militairement et en réaction, de se rapprocher de leurs racines jusqu'à revendiquer - comme la Crimée en 2014 - leur intégration au sein de la Fédération de Russie. 
Au cours du référendum de 2014, d'élections présidentielles, de manifestations publiques ou de pétitions collectives, les femmes et les hommes du Donbass n'ont jamais manqué l'occasion d'exprimer majoritairement leur choix russe pour leur destinée collective.

Ainsi en avril dernier une campagne intitulée "Notre choix, Russie" a été lancée, pour mobiliser les populations du Donbass et leur offrir le moyen d'envoyer un nouveau message clair tant en direction de Kiev qui persiste à les décrire prises en otages par des terroristes pro-russes qu'en direction de Moscou dont beaucoup à Donetsk et Lugnask estiment que son soutien et ses actions en leur faveur ne sont pas suffisants.


Au début de ce mois de juillet, Denis Pushilin, qui a succédé au président Zakharchenko assassiné le 31 août 2019, a confirmé qu'il maintenait le cap vers la Russie pour la République Populaire de Donetsk, en rejoignant à son tour le mouvement populaire "Le choix du Donbass" et dont la campagne a déjà recueilli les signatures de près d' 1 million de personnes !

Cette campagne de communication n'est pas sans rapport avec celle tentée par Kiev pour appeler ses habitants à réclamer leur retour du Donbass en Ukraine. mais celle ci qui a été entachée d'irrégularités grossières et même risibles pour compenser son manque d'audience est entrain de perdre toute crédibilité et légitimité populaire.

Cependant, l'orsqu'un adversaire prenant ses fantasmes propagandistes pour la réalité propose de jouer la carte de la communication, le mieux que l'on puisse faire c'est d'aller sur ce terrain et offrir à la population une nouvelle tribune pour connaître sa volonté collective et son projet sociétal.

Voilà pourquoi, une pétition a été lancée dans le Donbass, et adressée au nouveau Président ukrainien sur la base de ses promesses politiques et de celle du "Droit des peuples à disposer d'eux mêmes" (entres autres, la résolution 1541 (XV) du 15 décembre 1960 de l'ONU)

"Nous, habitants du Donbass, demandons au président ukrainien Vladimir Zelensky de cesser de bombarder nos maisons! Nous exigeons de rendre la pension aux gens! Nous exigeons le droit de parler notre russe natal! Reconnaissez le droit du Donbass de s'intégrer à la Russie! Donnez-nous la possibilité de développer notre économie! Laissez notre police nous protéger! Punissez les criminels - Petro Porochenko, Oleksandr Turchynov, Igor Kolomoisky, Ruslan Homchak et d’autres qui ont donné l’ordre de tuer des civils!
Nous réclamons un statut spécial pour Donbass!"

Voici le lien pour retrouver cette pétition en ligne :



Cette initiative des républiques populaires du Donbass n'est pas cependant sans risque car elle répond aussi, pour accrocher l'attention de Kiev, au projet inconcevable aujourd'hui du "statut spécial" tel que défini par des accords de Minsk et dont le projet politique profond est d'étouffer la volonté légitime du peuple du Donbass d'exprimer son droit souverain de choisir indépendamment sa destinée. Il faut que les autorités de la RPD et RPL ne s'arrêtent pas dans le chemin des revendications de leurs citoyens en cas de dialogue restauré avec l'ennemi et gardent comme pensée et action que le seul objectif final viable est l'intégration du Donbass, avec ses territoires actuellemnt occupés par Kiev, au sein de la Fédération de Russie.

Et si ici nous sommes en présence d'une pétition populaire aux résultats importants c'est tout simplement tout simplement parce qu'elle se prononce en faveur de l'intégration du Donbass au sein de la Russie et c'est pour cette raison qu'elle devient virale et à laquelle il faut rajouter les interminables files d'attente physique et électronique des citoyens de Lugansk et Donetsk pour l'obtention de leur passeport de la Fédération. Dans cet esprit je pense même que réclamer un "statut spécial" est superflu, d'autant plus qu'il est une référence directe à des accords de Minsk inefficaces et même contre productifs, et qu'il n'a pas lieu d'être dans des républiques déjà indépendantes. 

Ainsi le Donbass persiste et signe dans sa volonté légitime et souvetaine de rejoindre la Russie, et en se prétant à un jeu de communication que son initiateur Zelensky est non seulement incapable de tenir lui-mêmemais pite a décodé de le trahir par une intensification des bombardements sur les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk.

Certes on peut critiquer l'efficacité des pétitions, mais lorsque l'une d'entre elles mobilise près d'1 million de personnes en quelques jours, force est de constater qu'elle prend la valeur d'un véritable plebiscite populaire !

Erwan Castel

vendredi 17 mai 2019

"La victoire en chantant"

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A l'occasion de ces journées des 1er, 6, 9 et 11 mai le début cinquième mai de la jeune République Populaire de Donetsk a été l'occasion de célébrer avec enthousiasme cette première étape historique d'une liberté retrouvée et pour laquelle tant de sacrifices n'ont pas seulement été réalisés en vain mais ont renforcé par les larmes et le sang le mortier d'un édifice sociétal audacieux s'échappant des tourbillons sombres d'un irréversoble effondrement occidental. 

Des cérémonies et spectacles officiels aux petites réunions festives des fraternités militaires, les femmes et les hommes du Donbass, volontaires ayant rejoint le front, ou délégations venues visiter à l'occasion la jeune République (160 invités de 18 pays), se sont baignés dans un flot de chansons patriotiques et circonstancielles exprimant la joie de ce rêve réalisé mais également la volonté de le poursuivre et l'emmener sur un chemin conduisant vers sa mère patrie russe...


Lundi 13 mai 2019

"A tout seigneur tout honneur" je commencerai donc par la singulière et symbolique prestation du nouveau Président de la République Populaire de Donetsk, Denis Pushilin à l'occasion des célébrations du 11 mai, anniversaire du référendum qui en 2014 a donné l'indépendance à ce territoire refusant de se soumettre aux putschistes du Maïdan.

Le président Denis Pouchiline chantant la chanson "Russie, la mère-patrie" 
sur la place Lénine le 11 mai 2019 devant des milliers de petrsonnes 

D'autres concerts intéressants ont égréné ces manifestations de mai organisées dans un centre ville pavoisé aux couleurs de la République, mais j'ai quand même préféré pour ma part m'éloigner de cette euphorie, certes magnifique mais où il m'est difficile de supporter comme toujours la cohue du public et surtout ces courtisans à breloques et autres larbins cupides venus à l'occasion se montrer et se pavaner dans les salons ouverts du pouvoir pour y glaner quelques selfies et cartes de visite leur permettant ensuite de rebondir vers d'autres horizons plus lucratifs.

C'est donc dans des rassemblements plus modestes et intimes que j'ai rapidement rejoint mes anciens camarades du bataillon cosaque, de la garde Républicaine et du Corpus encore présents à Donetsk, ou ceux de la Brigade Piatnashka où je sers deuis octobre 2017 et qui accueillaient Oleg Reka et quelques uns de ses amis venus féter ce 5ème anniversaire de la République avec ses défenseurs.


Erwan Castel

A cette occasion les membres de notre compagnie non pris par les services ont quitté le centre ville de Donetsk et revoir leur ancienne caserne "Sarmat" où restent basées 2  autres compganies du bataillon
Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

mercredi 19 décembre 2018

Communiqué présidentiel


Il est rare que la présidence se fasse l'écho des communiqués propagandistes des services de presse des forces armées républicaines, sauf quand il s'agit d'alertes graves avérées et confirmées par plusieurs sources de renseignements émanant des services locaux des partisans en Ukraine et également des services russes qui surveillent attentivement l'évolution de la situation militaire qui sévit à leurs frontières contre un peuple russe.

L'offensive ukrainienne qui menace depuis l'incident de Kertch du 25 novembre dernier le Donbass ne cesse d'être confirmée chaque jour par des préparatifs importants de l'armée ukrainienne au plus près de la ligne de contact du front. Aujourd'hui 2 secteurs sont particulièrement exposés à la menace d'opérations offensives d'envergure de la part de Kiev : 

Au Sud de la RPD, dans le secteur de Novoazovsk devant lequel un groupe d'assaut blindé ukrainien de plus de 12 000 hommes s'est concentré en ordre de bataille

Au Nord de la RPD, dans le secteur de Gorlovka où un autre groupe d'assaut blindé ukrainien fort de 20 000 hommes s'est également positionné en ordre de bataille

(Pour les détails et les objectifs voir les articles précédents)

Le problème pour le régime de Kiev, même si le soutien fanatique des occidentaux russophobes lui est inconditionnellemnt acquis est qu'il lui faut légitimer son offensive et la présenter comme une opération de légitime défense ou de représailles à une agression républicaine ou russe. 

Ce "casus belli" préalable à l'offensive doit émouvoir et horrifier l'opinion internationale, mobiliser les instances internationales contre la Russie et cautionner l'agression de Kiev contre le Donbass. A partir de là il est facile d'imaginer, pour servir de détonateur à l'armée ukrainienne, un massacre de civils réalisé soit par un bombardement chimique direct, soit victimes d'un bombardement touchant un complexe industriel chimique qui pourrait également provoquer une catastrophe environnementale majeure.

Que ce soit à Mariupol où des stocks importants de produits chimiques et toxiques ont été réalisés ces dernières semaines par les forces ukrainiennes, ou à Svitodarsk où des unités spécialisées ukrainiennes encadrées par des occidentaux spécialistes NBC (nucleéaire-bactériologique-chimique) menacent l'usine de Stirol de Gorlovka, plusieurs renseignements confirment les différentes options pour ce false flag de type "Idlib" (Syrie).

Cette semaine le Président de la République Populaire de Donetsk, au vu des preuves fournies par les services de renseignement a fait un communiqué d'alerte dans lequel il appelle les instances internationales a faire pression sur le régime ukrainien pour qu'il ne mette pas sa menace à exécution.

Erwan Castel

Source de l'article : Novorossiya Today

Alerte à la provocation chimique dans le Donbass
Déclaration du Président de la RPD Denis Pushilin

"Les services de renseignement et de reconnaissance d de la RPD ont obtenu de nouvelles données qui confirment la préparation par le régime de Kiev sous la direction des superviseurs occidentaux, d'une provocation à grande échelle contre leur propre peuple, qui pourrait conduire à d'un très grand nombre de victimes.

Les services de sécurité ukrainiens envisagent de mener des actes de sabotage dans des entreprises dont l'activité est sensible pour l'environnement et qui sont situées à proximité de la ligne de front pour en accuser la Russie et les républiques du Donbass. Il s'agit principalement d'entreprises qui utilisent pour leur production le chlore, l'ammoniac et d'autres substances chimiques dangereuses.

Comme une autre option, ils envisagent l'utilisation des agents chimique de combat qui seraient prétendument échappés sur le territoire de la RPD. Nos services disposent des preuves que les Américains ont déjà préparé des fragments des obus enduits des substances chimiques de combat pour rendre crédibles leurs accusations contre la RPD et la Russie. A mon avis, le but de cette provocation est de déclencher des hostilités dans le Donbass pour annuler les élections présidentielles en Ukraine que Porochenko n'a aucune chance de remporter.

L'opération est supervisée par les attachés militaires et les membres des services spéciaux américains et britanniques.

Les officiers du renseignement militaire occidental ont déjà élaboré un plan d'action pour le régime de Kiev en prenant comme modèle la méthodologie élaborée en Syrie. Ils sont en train de constituer en Ukraine une organisation du type des Casques Blancs Syriens qui serait chargée d'apporter des preuves d''empoisonnement de la population à l'aide des vidéos falsifiées pour accuser des forces de la milice républicaine de Donetsk et de Lougansk et de la Russie.

Nous alertons la communauté internationale, l'ONU, l'OSCE ainsi que d'autres organisations humanitaires pour empêcher le déclenchement des hostilités à grande échelle dans le Donbass. Nous ne voulons pas de victimes civiles innocentes."

Le président de la RPD Denis Pouchiline

jeudi 15 novembre 2018

Retour sur Donetsk

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Fin de cette 27ème rotation sur le front Nord de Donetsk dans la zone industrielle de Promka, entre Yasinovataya et Avdeevka. Je laisse derrière moi un secteur taché par les premières neiges saisonnières, où le gel brutal est certainement responsable de la baisse des provocations ukrainiennes, à l'exception de la journée d'hier où nos postions ont subi un pilonnage de tirs de canons sans recul SPG9 de 73mm et de mitrailleuse lourde Utios de 12,7mm.


Jeudi 15 novembre 2018

Après une nouvelle nuit gelée ponctuée au petit matin par les tirs des mitrailleuses lourdes ukrainiennes de 12,7mm, notre équipe de Piatnashka a été relevé aux premières heures du jour par des camarades de la compagnie pour un retour à Donetsk et surtout au chaud.

Arrivé à la base, nous retrouvons la jungle bureaucratique coutumière des paperasseries médicales, de ceux du transfert ministériel auxquels se rajoute la procédure administrative pour les passeports DNR. une montagne de petits papiers qui s'accumule sur les bureaux... La normalisation engagée depuis l'assassinat d'Alexandre Zakharchenko semble s'accélérer avec la confirmation de Denis Pushilin dans ses fonctions. Désormais pour notre "Brigade Internationale", les survivances révolutionnaires du projet "Novorossiya" telle que le volontariat étranger doivent  passer par des fourches caudines administratives strictes, comme par exemple la détention d'un passeport ukrainien, républicain ou russe. La sélection administrative se rajoute donc à la sélection médicale et militaire.

La Russie qui a initié le retour de la Crimée auprès d'elle, a en revanche dans le Donbass suivi le mouvement initié par la population qui est ethniquement russe et veut une politique convergente. Mais le caractère révolutionnaire du mouvement de résistance au Maïdan a également inquiété le Kremlin qui ne veut pas être entraîné dans une guerre ouverte prématurée avec Kiev et donc l'OTAN, surtout dans le contexte très tendu des dossiers syrien et Criméen. Depuis fin 2014 le Kremlin a donc sans intervenir militairement ni abandonner la population du Donbass à la psychopathie russophobe ukrainienne amorcer un contrôle progressif de la gouvernance des jeunes républiques. Des stratégies de temporisations militaires via les accords de Minsk et politiques via la normalisation russe des structures administratives ont été engagé tandis que l'accrochage économique des territoires séparatistes à la Fédération de Russie était finalisé (encouragé d'ailleurs par un blocus ukrainien).

Sur un chemin de crête entre la guerre totale aux menaces internationales et l'abandon des républiques aux enjeux nationaux, cette realpolitik russe dans le Donbass a décidé après l'assassinat de Zakharchenko et les risques de radicalisation d'une situation déjà explosive, d'assurer pleinement son contrôle en cooptant Denis Pushilin, un politicien modéré et expérimenté au jeu diplomatique même s'il ne fait pas l'unanimité. 

Ce dernier dès ses prises de fonctions intérimaires au lendemain de l'assassinat de Zakharchenko a accéléré la normalisation de la République, et notre bataillon la "Brigade Piatnashka" est au cœur de ces réformes à la fois militaires et administratives. 

Cette stratégie russe appliquée par Denis Pushilin ouvertement et cooptée par la population lors des élections du 11 novembre portée aux urnes par les promesses de poursuite du processus d'intégration dans la Fédération de Russie, constitue donc une rupture dans la continuité. Personnellement je regrette la disparition du projet révolutionnaire, celui de la "Novorossiya", comme la disparition d'une flamme éclairant la nuit, mais c'est ainsi le feu de la passion est remplacé par le radiateur de la realpolitik et il faut parfois contre mauvaise fortune savoir faire bon cœur.

Aujourd'hui je me concentre sur le front militaire, conséquence du choc métapolitique entre la thalassocratie étasunienne et l'empire russe qui subit de la part des occidentaux un assaut protéiforme exponentiel (politique, culturel, économique, militaire, idéologique etc.) de la part de l'impérialisme de la pensée unique occidentale. 

Je suis toujours confiant dans les choix de la Russie, certain qu'à long terme elle agit pour le bien de ses peuples, mais dans mon cœur brûle toujours la flamme de la Novorossiya dont j'espère qu'un souffle prochain ravivera le feu à travers l'Europe. Cet idéal de Liberté des peuples a germé un printemps de 2014 à l'ombre des terrils du Donbass, il attend désormais confiant le moment opportun pour éclore !


En attendant, je préfère mille fois plus les ruines de Promka tendant vers le ciel triste leurs moignons noircis par les explosions aux salons climatisés et superficiel des ministères où le port de masques hypocrite et servile est de mise pour qui veut survivre à l'Histoire en marche.

Car "si nous ne pouvons pas changer le monde, le monde, en revanche ne nous changera pas", et mes yeux et mon cœur se portent plus encore aujourd'hui en direction de Mariupol et de Slaviansk, qui sous la botte ukrainienne attendent leur libération, que du centre ville de Donetsk vitrine propagandiste et royaume des lèches cul que j'ai déserté depuis longtemps.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front