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mardi 12 juillet 2022

Un témoignage à deux voix, honnête et professionnel

Pendant 4 mois, entre février et juin 2022, une équipe de TF1 dirigée par Liseron Boudoul a sillonné le front du Donbass, principalement entre Donetsk, Volnovakha et Gorlovka, Plus tard Erik Tegner du média Livre Noir est arrivé à son tour sur les sentiers ravivés de cette guerre du Donbass qui menace aujourd'hui et plus que jamais d'enflammer l'Europe sous l'action incendiaire des maitres et valets de l'OTAN.

4 mois de reportages mais aussi de rencontres passionnantes au cours desquelles j'ai pu apprécier à la fois une rigueur professionnelle, une patience exemplaire et un humanisme authentique de la part d'une équipe aux personnalités différentes mais dont la complémentarité a toujours été au service d'une efficacité maximale recherchée et de la préservation d'une éthique professionnelle de plus en plus difficile à maintenir dans les instrumentalisations politiques des médias.

Début juin, Liseron Boudoul et Charles d'Anjou ont donné plusieurs entretiens à l'occasion de leur livre témoignant de leur expérience passée dans ce Donbass qu'il espèrent tous deux revoir bientôt.

Entretien de Liseron Boudoul sur Sud Radio

Cet entretien devrait être écouté et réécouté par tous ces pseudos "journalistes" et ceux qui rêvent de le devenir car chaque mot prononcé par Liseron semble soigneusement choisi pour à la fois correspondre à l'environnement sémantique de la doxa mainstream mais sans toutefois enfermer le public dans un "prêt à penser" domestiquant l'esprit critique et la liberté de conscience individuelle. Une neutralité qui devrait être la norme et la rigueur de tous ceux qui prétendent Être "Journaliste".

Avec Liseron, j'ai eu maintes discussions où nous n'étions pas toujours d'accord sur les termes et les mots employés, mais aujourd'hui je lui reconnais la pertinence de son argumentaire qui obéit à ces principes élémentaires de la pédagogie qui sont de "se mettre à la portée du public" et de "partir du connu", même si ce dernier est entaché de faussetés d'ignorances et de mensonges. 

Enfin Liseron a cette qualité majeure, et qu'elle partage avec son équipe, de savoir traverser les tragédies de l'Histoire sans verser dans l'indifférence ou pire le pathos; elle sait apporter dans son regard un humanisme mesuré et sincère qui respecte la dignité des personnes  que la guerre malmène et parfois brise comme des fétus de paille dans une tempête. Décrire le drame sans forcer l'émotion et en restant pudique est une marque de respect profond pour les personnes rencontrées, le public interpellé et le métier exercé.  

Entretien de Charles d'Anjou pour "Livre Noir"

Charles d'Anjou est un personnage franc et ouvert doté de cet instinct qui sait jauger les situations et les personnes avec justesse. Pragmatique et prudent il est animé avant toute chose  par ce "culte de la mission" où son efficacité n'a d'égale que sa discrétion. 

Un relation de confiance s'est rapidement installée autour des reportages de TF1 et je suis heureux et fier de cette expérience qui, en plus d'une amitié solide m'a appris beaucoup sur le métier de reporter de guerre, car entre être sur le terrain de l'information et le maîtriser, il y a un gouffre abyssal où la vanité se perd toujours....

Lorsque je suis contacté mi février pour rencontrer Liseron Boudoul, reporter de guerre pour TF1, j'avoue être aller au rendez vous avec méfiance, tant les 8 années à fréquenter le monde de l'information sur le Donbass m'ont échaudé. 

Trop de "journalistes" en effet ne sont en réalité que des propagandistes médiocres gavés de fantasmes, délires mensongers et paranoïaques, qu'ils soient pro-atlantistes ou pro-russes. Et sous une superficielle opposition partisane, ces larbins et courtisans montrent le même manichéisme mais juste inversé et tout aussi stupide et dangereux car animé par ce même syndrome de la pensée unique qui les rend tous indistinctement pathétiques et même contre productifs.

Et les pires sont certainement ces petits affairistes arrivistes qui d'une part s'autoproclament "journaliste" alors qu'ils n'en ont ni la formation et encore moins l`éthique et qui de surcroit prétendent lutter contre la dictature de la pensée unique tout en cherchant à imposer la leur avec les mêmes moyens que leur adversaire (censure, calomnies, mensonges...) et en s'appuyant sur le totalitarisme d'une bureaucratie de l'information obsolète et inapte. 

C'est avec plaisir que j'ai pu enfin rencontrer une équipe de reporters, honnêtes, patients et professionnels et en plus sympathiques !

Merci infiniment à eux !

Erwan Castel



mardi 8 février 2022

Un caca nerveux ukropithèque


Je ne crois pas au hasard, surtout dans le domaine de l'information autour de la crise ukrainienne et de la guerre du Donbass. Parmi les équipes médiatiques travaillant aujourd'hui sur le front nous avons 2 exemples français qui sont significatifs de cette profession prise en otage ou subissant une tentative de pression voire d'intimidation par l'idéologie politique dominante :
  • Une équipe de RTL (Griveau et Fautrat) en mission à Avdeevka du côté ukrainien ces derniers jours et dont j'ai fustigé récemment (ici et ) la partialité mensongère ridiculement grossière pour quiconque connaît un minimum la réalité du terrain mais qui reste invisible au quidam vivant à Paris, Bruxelles ou Londres.
  • Une équipe de TF1 arrivée ce lundi à Donetsk et qui ont réalisé un premier reportage pour le 20 heures de leur télévision tandis que de leurs collègues travaillent aussi côté ukrainien pour redre compte le plus objectivement possible de la réalité de la situation, Cette démarche journalistique selon moi mérite une attention particulière, tant pour les sujets traités que pour le professionnalisme de ses équipes, tellement rare dans cette profession tellement instrumentalisée, qu'il mérite d'être salué :
"Au cœur du Donbass : 
rencontre avec les séparatistes pro-russes"
TF1 journal de 20heures - lundi 07 février 2022

le lien du reportage ici : journal de 20 heures

Si personnellement je ne trouve rien à redire à ce reportage dont les reporters ne montrent absolument rien de leurs opinions personnelles, en revanche il a provoqué une vague d'indignations du côté des ukro-atlantistes qui n'aiment pas que la Vérité conteste leur propagande de guerre, et l'ambassade de Kiev, comme à son habitude en pareil cas, a téléphoné à la rédaction de TF1 pour tenter un simbleautage idéologique.

Mais à priori TF1 n'a pas été le seul a essuyer le caca nerveux ukropithèque puisque, dans la foulée plusieurs personnes dans le Donbass ont vu sur les réseaux sociaux contrôlés leurs profils disparaître pour "ne pas respecter les règles de de la communauté etc " et mon cul sur la commode" !

Parmi ces censures politiques, le profil de Svetlana Kisileva qui se trouve accompagner l'équipe de TF1 ainsi que le mien après que j'ai envoyé à RTL une critique de leur reportage et une demande de droit de réponse.

J'ai bien sûr contesté la décision, sans trop d'illusion car 
l'honnêteté n'est pas vraiment le fort de ces chacals... 

Heureusement que nous avons à faire à des "démocraties" "droitdelhommistes" attachées à la "liberté d'expression" etc... cela nous a éviter un assassinat par drone, une excommunication papale, une cérémonie vaudou où autre délire psychopathe...

Allez, positivons, car cette action des Torquemada de la pensée unique n'est pas une surprise (je l'avais d'ailleurs senti venir la semaine dernière lorsque les chaines You Tube des ministères de l'information des républiques du Donbass ont été clôturées), et surtout elle prouve que notre travail de réinformation est efficace et mérite d'être attaqué.

Et comme le rappelait le chevalier von Freundsberg à la bataille de Vicence en 1513 :

"Beaucoup d'ennemis, beaucoup d'Honneur !"

Si, sur le front de l'information, la guerre s'intensifie et le blocus de la liberté d'expression se radicalise, cela n'augure rien de bon quant au front militaire...

En attendant, rendez vous tous sur VKontact !

Erwan Castel

lundi 13 décembre 2021

Mamaï, toujours vivant dans les coeurs

Oleg Mamiev, dit "Mamaï" dans les tranchées de Promka - Photo Kristina Melnikova

A l'occasion de l'anniversaire de feu Mamaï, le commandeur de la brigade Piatnashka tué au combat le 17 mai 2018, j'ai rencontré 2 journalistes à Donetsk, Elena Tchinkarenko et Dimitri Steshin qui m'avaient invité à évoquer la mémoire de ce "commandeur" que j'ai eu l'honneur de servir au sein de la brigade internationale Piatsnashka.

Mamaï a rencontré son destin le 17 mai 2018 sur le front de Promka sur l'un des avant-postes que notre bataillon tient sur le front de Yasinovataya au Nord de Donetsk. 

En 6 ans, plus d'une quinzaine de proches camarades ont disparu à l'horizon des tranchées du Donbass, quand d'autres y laissaient un bras ou une jambe. 

Dans les halls des casernes leurs portraits accueillent les vivants, leur rappelant le sens du devoir et le prix de la Liberté. Au pied de leurs regards figés par l'Histoire, de pieuses offrandes viennent saluer leur sacrifice de leurs âmes et alimenter la force de ceux qui ont ramassé leurs armes.

Mais, aux cœurs de ceux qui les ont côtoyé dans la poussière, la boue ou la neige du front, ils sont toujours présents comme les membres de sa famille, comme sont présents à jamais également, mais dans la mémoire, ces autres soldats dont les silhouettes fugaces se sont écroulées un jour dans le réticule de son fusil. 

Les uns et les autres nous rappellent la tragédie de nos destinées humaines qui nous emportent comme des fétus de paille dans la tempête de nos passions.

Erwan Castel

Source de l'article : Novorosinform

"Il n'était pas seulement un commandant de bataillon 
mais aussi un père"

Un volontaire français de "Piatnashka" a parlé de Mamaï

Mamaï se tient au milieu d'une foule lors du 1er défilé de la victoire, le 9 mai 2015
 - Photo Svetlana Kisileva

12 décembre Héros de la République Populaire de Donetsk, Oleg Mamiev (indicatif d'appel Mamai), le légendaire commandant de bataillon de la brigade internationale "Pyatnashka", aurait eu 44 ans.
Si le 17 mai 2018, sa vie ne s'était pas tragiquement terminée sous les tirs de mortiers ennemis aux premières lignes de la "promka"...

Nous avons parlé de Mamaï avec un volontaire de France, Erwan Castel, qui a combattu sous ses ordres. Erwan est un tireur d'élite de la brigade Piatnashka et un ancien officier de carrière dans l'armée française, originaire de la province de Bretagne. En janvier 2015, Ervan est arrivé à Donetsk et s'est porté volontaire pour la milice. En septembre 2019, Erwan a été grièvement blessé par l'explosion d'une mine en première ligne, le privant pratiquement de son bras gauche. Voici ce qu'il a dit à propos de Mamaï :

"Depuis que je suis venu combattre dans le Donbass, j'ai eu plusieurs commandants. Je ne veux pas parler maintenant de savoir si l'un d'eux était meilleur ou pire. Mais Mamai est seul parmi eux ¨qui a laissé des souvenirs indélébiles de lui-même. Il y a différents types d'officiers:  il y a des officiers d'écoles, théoriciens,, il y a ceux qui construisent une carrière militaire, même si tous les deux sont capables parfois de se montrer à la hauteur du champ de bataille. Mamaï appartenait à la catégorie la plus rare des vrais officiers militaires, ceux formés et forgés par les combats. Pour moi, il était l'incarnation vivante d'un vrai chef militaire..

Mamaï commandait les soldats non par ses galons ou son physique athlétique, mais exclusivement par la force de son exemple personnel. Ceci est très précieux pour un soldat ordinaire. C'était un homme simple et modeste, mais en même temps il possédait une autorité incontestable et savait naturellement inspirer l'obéissance. Mamaï avait une carrure athlétique, il était présent aussi bien dans les formations qu'en première ligne et toujours à l'écoute de ses combattants. Les portes de son bureau étaient toujours ouvertes, même pour les simples soldats.

Par exemple, pour illustrer sa personnalité il était venu à sa dernière Parade de la Victoire le 9 mai 2018 en grande tenue, mais sans décoration Et, à mon avis, c'est très caractéristique de lui. Le pathos, la vanité lui étaient étrangers, tout ce qu'il faisait venait du cœur.

Autre détail très important pour moi en tant que militaire : chaque mois, il était en première ligne. Cela pourrait être à l'occasion d'une fête calendaire, d'une fête patriotique ou à l'occasion de l'anniversaire d'un des soldats. Il venait nous voir avec du thé, des bonbons, un gâteau et restait longtemps avec les soldats sur la ligne de front, essayant de connaître quel était leur état d'esprit et quelle était la situation actuelle.

Je suis tireur d'élite dans la brigade Pyatnashka et je me souviens très bien comment Mamaï est venu me voir et m'a demandé de me montrer les positions à partir desquelles j'effectuais l'observation et le tir. J'ai vu qu'il savait à la fois observer l'ennemi et préparer une position de tireur d'élite. De plus, il s'intéressait très sincèrement à mes préoccupations actuelles, si j'avais des problèmes techniques. Pour tous les soldats de notre unité, il n'était pas seulement un chef de bataillon, il était, sans exagération, un  père.

Quelques jours avant de tomber au combat, "Mamaï "était venu nous visiter sur notre
position de Promka du front de Yasinovataya, avec "Snak" notre commandant d'unité 

Avec tous mes camarades nous nous se souviendrons à jamais de cette tragique soirée du 17 mai 2018. J'en parle sincèrement et sans pathos. Le jour où Mamai est mort sur le champ de bataille, j'étais au "bal". Ma position était à environ 500-600 mètres de la position  Donaï, où Mamai a été mortellement blessé.

Ce soir-là, les forces ukrainiennes nous ont tiré dessus très fort. Ils nous ont tiré dessus avec des mitrailleuses lourdes, des mortiers de 82 mm et des lance-grenades AGS. La plus grande partie de notre unité était sur la position en état d'alerte, car nos positions sur les avants postes de Promka sont constamment la cible de tirs, et nous ne sommes séparés par endroits que d'une centaine de mètres des lignes ukrainiennes, ce qui les incite aux provocations.

Vers neuf ou dix heures du soir, un message passa parmi les soldats d'une sentinelle à l'autre que Mamaï avait été blessé. À ce moment-là, nous étions inquiets, mais pas surpris : il était souvent en première ligne, surtout si la situation était tendue. Pour nous, Mamai ne pouvait pas mourir, il était notre commandant de bataillon, et à nos yeux il était immortel. Nous connaissions tous son histoire : c'était un volontaire d'Ossétie, venu dans le Donbass dès les premiers jours du "printemps russe', dans les rangs de l'unité d'alors « Vostok », il participa aux combats aux frontières sud de la république, où il fut grièvement blessé à l'œil à Stepanovka, Il a survécu à de nombreuses batailles majeures en 2014. Pour nous, il était immortel...

Mais aux environs de minuit, de nouvelles informations sont passées par la position annonçant que Mamai était mort de ses blessures. Nous avons été choqués. Mais ce choc ne nous a pas dévasté, ne nous a pas paralysé, mais il nous a fait serrer plus fort l'arme dans nos mains. Mais en même temps, nous avons ressenti un vide dans nos cœurs. Il était notre commandant, aux yeux d'un soldat, un commandant ne doit pas mourir au combat, il doit résister, survivre. Habituellement, un simple soldat sacrifie sa vie sur la ligne de front. À ce moment-là, nous avons ressenti le véritable héroïsme de Mamai. »


A propos des funérailles du commandant du bataillon, Ervan a du mal à retenir ses larmes :

"Après la rotation, nous sommes venus aux funérailles de Mamai à Donetsk. Vous n'avez pas besoin de penser que les militaires sont des gens insensibles. Au contraire, si la guerre ne rend pas les soldats trop émotifs, en revanche elle leur fait ressentir plus intensément les tragédies, la souffrance et la misère autour d'eux, ce fut une journée terrible, mais ce jour-là, j'ai vraiment senti que Mamaï était un vrai héros.

On pensait dire au revoir au commandant en cercle étroit, au sein de ses proches et sa famille militaire, notamment son unité de combat, la brigade internationale "Piatnashka", une unité de combat qui avant tout est une grande famille. Mais lorsque nous sommes arrivés avec des couronnes mortuaires dans le centre de Donetsk, j'ai vu une foule immense de civils affluer en un flot incessant vers l'opéra, où la cérémonie d'adieu a eu lieu. La foule était presque aussi nombreuse que celle qui, quelques mois plus tard, viendrait dire au revoir au premier chef de la RPD, Alexander Zakharchenko. J'ai vu devant moi des dizaines de milliers de personnes qui s'étaient rassemblées pour dire le dernier adieu à Oleg Mamiev. Pour nous, ce fut une reconnaissance inestimable et inouïe non seulement de ses mérites personnels, mais aussi la reconnaissance de nous, ses combattants, et de tout le Donbass.

Le volontaire ossète Mamaï, lors des premiers combats de 2014 

Mamaï n'était pas originaire du Donbass, il était de nationalité ossète. Mais il a réussi, avec toute sa modestie naturelle, à devenir une véritable personnification de la résistance du Donbass. Avec de véritables émotions, je me souviens de ses camarades d'Ossétie, dont certains sont venus ici avec lui pour se battre comme volontaires . Ce sont des gens extraordinaires, comme un bloc de granit brut : simples, durs, mais avec une âme généreuse. Je les ai vus sangloter de manière incontrôlable à l'opéra, où était exposé le cercueil avec le corps de Mamai, et cette image restera à jamais dans ma mémoire.

Un camarade ossète de Piatnashka, sur le parvis de la cérémonie d'adieu à Mamaï

Je me souviens aussi d'une photo prise par Svetlana Kisileva lors du premier défilé de la victoire à Donetsk le 9 mai 2015. On y voit Mamai tenant une petite fille dans ses bras. Il se tient au milieu d'une foule très dense de gens de Donetsk qui se sont rassemblés pour admirer le défilé militaire, et une aura puissante semble émaner de lui.

Oleg Mamiev n'était pas un homme des tribunes, il était un homme du peuple et a toujours voulu être avec le peuple. C'était un homme simple, mais il possédait de telles qualités qu'il incarnait ¨malgré lui la vraie noblesse de l'âme."

Erwan Castel



dimanche 19 juillet 2020

Les parias du Mondialisme


Depuis que les populations russes de Crimée et du Donbass, refusant le coup d'Etat du Maïdan et sa dérive totalitaire atlantiste, se sont à nouveau tournées vers leur Russie identitaire et historique, la propagande de guerre occidentale se déchaîne contre elles et, à travers elles bien sûr contre Moscou que la ploutocratie mondialiste a érigé - dans une inversion accusatoire hystérique - en Satan par opposition à la pensée unique dogmatique immaculant l'amoralité d'un Nouvel Ordre Mondial.

Et cette vision quasi eschatologique, proposée par une "bienpensance" occidentale, restée embourbée dans le manichéisme dogmatique d'une pensée unique et universaliste catholique romaine, n'est pas réservée aux peuples de la Grande Russie qu'une tectonique géopolitique récente a bousculé. En effet, partout dans le Monde, des nations, organisations, pensées religieuses et idéologies politiques ou philosophiques très diverses et parfois opposées, sont stigmatisées, diabolisées par la pensée unique de cette ploutocratie mondialiste et ses valets politiques œuvrant pour son hégémonie militaro-industrielle et la dictature de sa marchandise.
C'est alors le règne occidental des mensonges, des fantasmes, des calomnies de tous genres et qui souvent ne sont que les expression d'une inversion accusatoire hystérique et d'une incohérence hallucinante entre les valeurs agitées et les actes réalisés. Et pour cela la pensée unique met en oeuvre les principes fondateurs de la propagande qui rappellent que "plus le mensonge est gros mieux il passe" (Goebbels) et "calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose"  

Quant aux valeurs humanistes agitées par la bien pensance, elles rejoignent dans les charniers de l'Histoire les valeurs non moins humanistes qu'un autre universalisme a ouvert avant lui à travers le Monde au nom de la "religion de l'Amour". Ce changement de paradigme dans la continuité esclavagiste est pertinemment dénoncé par des penseurs libres comme Alain de Benoist par exemple lorsqu'il démontre que dogmatiquement autant que techniquement, les Droits de l'Homme sont la nouvelle religion au service d'un totalitarisme expansionniste.  

Ainsi de ce "droit des peuples à disposer d'eux mêmes" que le mondialisme droitdel'hommiste agite à travers le Monde pour soutenir des révolutions "colorées" ou "arabes" par exemple ou des coups d'états en Afrique, Amérique Latine etc... et qui se révèlent rapidement n'être que des opérations organisées par les services occidentaux et leurs Organisations dites "Non Gouvernementales" pour y installer des laquais. Mais cette stratégie de préemption se réalise exclusivement que dans dans les pays non alignés ayant un intérêt géo-stratégique pour la marchandise occidentale lequel est toujours caché derrière des "problèmes humanitaires" souvent inventés et qui n'en sont pas ailleurs lorsque les pays sont déjà dans l'équipe occidentale, comme c'est le cas des émirats arabes ou d'Israël où là pourtant les violations des droits de l'Homme sont bien réels !

Mais lorsque des peuples choisissent unanimement une autre voie que celle de l'aliénation à la marchandise occidentale, ce beau principe du "droit des peuples à disposer d'eux mêmes" est alors déchiré par ces mêmes parangons des démocraties occidentales qui n'hésitent pas alors à faire alliance avec les pires racailles du moment, djihadistes salafistes au Moyen Orient ou bandéristes néo-nazis en Ukraine, pour ne parler que des 2 régions qui nous intéressent ici.

L'Iran est aujourd'hui assiégé par les bases américaines et de l'OTAN

L'Iran cette grande nation et empire multimillénaire est devenue dans le Levant la bête noire des américano-sionistes dont la haine rejoint celle de sunnites n'ayant pu étendre leur califat sur la Perse. Cette stigmatisation de l'Iran "non aligné" sur les pensées hégémoniques a été exacerbé depuis qu'une révolution islamique a renversé le pantin Palhavi que les USA lui avait imposé à l'issue du premier coup d'Etat de la CIA (1953) contre Mossadegh cet homme courageux qui avait défier la fiance internationale en redonnant aux iraniens leurs propres ressources et achevant la vraie décolonisation du pays.

Si leurs histoires, leurs cultures, leurs traditions et leurs systèmes politiques sont différents, les peuples du Donbass et de l'Iran sont réunis aujourd'hui par le même ennemi commun et aussi la même vision d'un monde multipolaire dont les peuples sont stigmatisés et persécutés par une dictature amorale de la marchandise.

D'où cette convergence des regards que l'on ressent à travers ce reportage de Yegan Mazandarani et qui confine même à une réelle et naturelle fraternité humaine.

Merci à lui pour avoir apporter ce regard de qualité sur la réalité du Donbass !

Erwan Castel


Source de l'article: Vice

Dans son ouvrage « Parias, carnet en RPD », le photographe franco-iranien Yegan Mazandarani s'intéresse à ces femmes, ces enfants, ces soldats, qui vivent à l’ombre de la guerre entre tranchées et ruines depuis 5 ans.

Les oubliés du Donbass


Par Louis Dabir

Elle ne fait plus les gros titres des médias depuis bien longtemps. Pour beaucoup, la guerre du Donbass, à l’est de l’Ukraine, est oubliée ou presque. Pourtant, le conflit demeure. Il oppose depuis avril 2014 l’Ukraine à deux républiques séparatistes autoproclamées soutenues par la Russie : la République populaire de Lougansk et la République populaire de Donetsk. Les accords de Minsk signés en 2015 instaurent un cessez-le-feu mais n’ont en aucun cas valeur de paix. La guerre du Donbass a déjà fait plus de 10 000 victimes et 1,5 million de déplacés et ce triste bilan continue de s'alourdir.

En septembre 2018, le photographe Yegan Mazandarani s’est rendu dans le Donbass, du côté des séparatistes ukrainiens, avec l’objectif de témoigner du quotidien de celles et ceux, femmes, enfants, soldats, qui vivent à l’ombre de cette guerre. « Le dénominateur commun de ces gens-là c’est la lassitude et l’usure qui se lisaient sur les visages, explique le photographe. Quand j'étais sur place, cela faisait quatre ans qu'ils vivaient avec un couvre-feu et que la ville était enclavée, isolée et régulièrement bombardée et c'est toujours le cas aujourd'hui. »

Là-bas, il reçoit un accueil chaleureux de gens qui se sentent oubliés, abandonnés, oppressés face à un conflit qui leur semble insoluble. « Ce sont les populations qui sont oubliées, le conflit lui est uniquement passé sous silence, tout est très opaque poursuit, Yegan. C'est une guerre de tranchées, comme il y a un siècle. Il y a des crimes de guerre atroces, des populations civiles qui sont en première ligne, des mouvances nazies très inquiétantes et une volonté de ne pas résoudre ce conflit, qui dépasse largement la région du Donbass. »

De ce voyage aux confins de l’Europe est né Parias – Carnet en RPD, ouvrage rassemblant certains clichés argentiques de Yegan : des visages de ces oubliés du Donbass, mais aussi des scènes de vie ordinaires comme pour mieux nous rappeler qu'en temps de guerre, la vie continue. « Selon le Larousse, les parias sont "des personnes méprisées, écartées d'un groupe", explique le photographe franco-iranien. Les Donbassiens sont effectivement méprisés, l'image qu'on donne d'eux est souvent grossièrement dessinée, et ils sont surtout écartés de la communauté internationale. En cela, elles se rapprochent d'une autre communauté de personnes que je connais très bien et sur lesquels je travaillerai, les Iraniens. »

Louis Dabir

Quelques unes des photos de Yegan Mazandarani pour le reportage visibles ici: «Parias, carnet en RPD» 







Yegan Mazandarani expose son travail dans le Donbass du 16 au 19 juillet, à L'Est galerie, 76 rue St-Maur, 75011 Paris.

Le travail photographique de Yegan est visible sur son site Internet.

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jeudi 15 décembre 2016

Rencontre avec Sébastien Hairon

Une fois n'est pas coutume 


Après bientôt 2 ans passés dans le Donbass, sur le front militaire, celui de l'information et de l'humanitaire, c'est toujours un exercice difficile que celui de parler de soi et d'aborder en un quart d'heure un engagement personnel qui est à la fois une aventure métapolitique, militaire, humaine et intérieure exceptionnelle riches d'expériences heureuses et parfois décevantes, et qui remplissent à jamais les mémoires du regard et du coeur.

Cette rencontre s'est réalisée à proximité de la gare ferroviaire de Donetsk située au Nord de la cité, Cest le premier quartier "presque préservé" que je rencontre lorsque je quitte celui d'Oktyabrsky où je vis à proximité de l'aéroport et qui continue régulièrement a être bombardé.... 

Je profite de cette entretien personnel, pour montrer quelques nouvelles photos de ce quartier symbolique de la ligne de front du Donbass.

Source de la vidéo, le blog de Sébastien Hairon : Taranis 


Sébastien Hairon est aussi un volontaire français venu de sa Franche Comté servir depuis plus d'un an maintenant le peuple du Donbass, je le remercie chaleureusement de cette rencontre amicale autour d'une cause commune devenue passion pour chacun...


Erwan Castel, volontaire dans le Donbass

Oktyabrsky, un quartier qui renaît de ses cendres...

Depuis quelques semaines, la ligne de minibus a été rouverte sur une partie du quartier 

Au Nord du quartier, en bordure de l'aéroport, le monastère d'Iversky, déjà évoqué : ici



Dans ce secteur nombreuses sont les maisons détruites ou endommagées par la guerre




Les rues sont ici désertes à cause des bombardements, nous sommes peu nombreux... 

Ici et là des couleurs résistent encore à la blancheur de la neige et la noirceur de la guerre 



...tandis que chaque mur est devenu une page d'Histoire 

Beaucoup d'immeubles ont chèrement payé leurs statures imposantes

...tout comme les arbres, émondés et décapités par la mitraille

Mais au milieu de ce décor dantesque la vie résiste et s'accroche 

Et devient de plus en plus dense à chaque carrefour de rues qui rapproche de la gare



Où la vie continue témoignant de cette capacité de résilience exceptionnelle du Donbass

Une terre russe qui entretient dans son coeur la foi et l'espérance. 



*
*   *

S'il vous plaît, pour m'aider dans ce travail de réinformation

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos ... et locales, obsédées par la recherche du monopole de l'information.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 

Bien à vous 
Erwan