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mercredi 3 août 2022

Un triple crime de guerre ukrainien

Tandis que les forces terrestres alliées, autour d'Avdeevka, continuent d'avancer mètre après mètre dans les rues de Peski au Sud ou de contourner au Nord ce bastion ukrainien où se trouvent de nombreux points de tir de l'artillerie ukrainienne, cette dernière poursuit ses bombardements terroristes sur Donetsk et ses environs, tuant, blessant des civils et détruisant et minant des zones résidentielles pourtant dépourvue d'objectifs militaires ou logistiques.

Il convient de distinguer ici 3 types de bombardements ukrainiens :

1 / Les bombardements militaires 

En tant de guerre il est logique que des sites représentent des objectifs pour la conduite des opérations militaires, et même s'ils se situent dans des zones urbaines : dépôts de munitions et carburant, états-Majors, centres de communication, ponts, casernes, sites militaro-industriels etc... Et parfois malheureusement leurs bombardements provoquent des pertes et destructions collatérales au sein de la population civile.

Bombardement ukro-atlantiste d'un dépôt 
pétrolier à Makeevka le 02 août 2022.

Environ 13 % seulement des tirs ukrainiens sur les zones urbaines de Donetsk, Makeevka, Yasinovataya... visent des objectifs à intérêt militaire. Les erreurs de tir et les incidents techniques (par exemple une ailette de roquette qui ne se déploie pas, la déviant de sa trajectoire) sont inférieures à 5 % surtout dans le contexte d'une guerre de positions sur des objectifs connus et repérés depuis 8 ans avec avec l'utilisation augmentée de systèmes d'artillerie modernes et très prédis, voire assistés comme le 155mm français CAESAR, ou le 227mm étasunien HIMARS. 

2 / Les bombardements terroristes 

Le 80 %restant des bombardements qui frappent des quartiers résidentiels où il n'y a que des populations et ressources civiles, peuvent donc sans l'ombre d'un doute être qualifiés de terroristes et, au vu de la nature et du leur volume des munitions tirées, d'intention génocidaire.

Les armes utilisées par les ukrainiens contre les populations civiles sont principalement les obusiers lourds de 122, 152 et 155 mm (OTAN, les Lance Roquettes Multiples de 122mm ("Grad"), 220mm ("Uragan"), parfois 300mm ("Smerch").

Bombardement ukro-atlantiste le 3 août
matin à Donetsk district de Kuybishevsky.

Les munitions utilisées sont de 3 types, explosives, à fragmentation, à sous munitions, ces dernières délivrant en altitude des petites munitions antipersonnelles pour augmenter le rayon de frappe, des munitions spéciales de type incendiaire par exemple ou plus récemment depuis le 20 juillet des mines antipersonnelles de type PFM 1 "Tulip" qui sont des engins explosifs à pression très discrets et destinés à mutiler ceux qui exercent sur eux une simple pression. 

12 cm de long, 2 cm d'épaisseur, 70 grammes (dont 
37 d'explosif liquide très puissant) , la PFM 1 dispose 
d'un retardateur l'activant 3 minutes après son largage. 
Elle est emportée par des roquettes de 220mm "Uragan" 
à sous munitions et se disperse grâce à sa forme ailée.

A la fin du mois de juillet les minages terroristes ukrainiens  sont devenus quotidiens et le nombre de PFM1 "Tulip" neutralisées par les sapeurs du service de déminage qui sont maintenant déployés en permanence dans les rues des cités républicaines, dépasse plusieurs milliers. Depuis fin juillet, plus de 8000 mines "Tulip" ont été dispersées par l'artillerie ukrainienne sur les quartiers résidentiels civils entre Donetsk et Yasinovataya, et même si la majorité d'entre elles ont été neutralisées par les sapeurs le reste à trouver constitue une menace réelle et importante qui augmente à chaque nouveau bombardement de ce type.

Ici, un habitant de Donetsk nous montre les
mines "Tulip" tombées autour de sa maison 
le 2 août 2022 et qu'il a marqué en attendant  
l'arrivée des sapeurs des services d'urgence.
6 repérées dans la cour,15 autres dans la rue.

Chaque jour, les bilans provisoires des bombardements "classiques" ukrainiens sur Donetsk et ses environs est meurtrier. Ainsi par exemple le 2 août dans la seule ville de Donetsk ou plus de 300 obus et roquettes ont été tirées par les forces ukro-atlantistes, 2 civils ont été tués et 25 autres blessés dont un nombre très important avec le calibre de 155mm de l'OTAN.

Femme tuée par un bombardement
ukro-atlantiste, le 2 août 2022 à Donetsk.

A ces victimes immédiates des bombardements il faut maintenant rajouté celles des mines disséminées partout dans les rues, les cours, les jardins et les parcs résidentiels et dont la dimension psychologique est exacerbée du fait de la persistance de cette menace omniprésente, silencieuse et discrète.

Civils mutilés par les mines PFM 1

  • 29 juillet : 2 blessés
  • 30 juillet : 3 blessés
  • 31 juillet : 3 blessés
  • 2 août : 5 blessés dont i gars et une fille de 20 ans et 1 adolescent de 17 ans)
  • 3 août matin : 3 blessés (1 homme à Makeevka et 2 à  Donetsk, Kirovsky & Kuybishevsky ) 
Des secteurs urbains entiers sont paralysés animés seulement par des dizaines d'équipes de sapeurs qui cherchent et neutralisent par centaines les mines antipersonnelles ainsi que par des passants avançant prudemment écoutant le ciel d'où la mort peut s'abattre et scrutant maintenant le sol d'où la mutilation peut surgir.

La défense sol-air de Donetsk est bien sûr elle aussi en alerte maximale réagissant à chaque volée de roquettes se dirigeant vers les populations. Si beaucoup de ces roquettes à sous munitions (9М27К3) du BM27 "Uragan" utilisées pour ce minage, sont interceptées avant de délivrer leur terreur, malheureusement quelques unes réussissent à traverser le bouclier antiaérien qui est parfois saturé par le nombres de tirs simultanés. 

Je rappelle ici qu'une roquette de 220 mm "Uragan" utilisée pour ce type de minage de zone contient 300 mines PFM1, et que leur surface de dispersion est en moyenne de 2 km2 (et augmentée par les gros orages des derniers jours). Le 30 juillet par exemple ce sont 10 roquettes qui ont réussi à passer la défense antiaérienne et donc à disperser pour cette seule journée plus de 3 000 mines dans 5 districts urbains de Donetsk et Makeevka.

Sous les chaleurs étouffantes d'août et 
de leurs tenues blindées, les sapeurs
depuis près d'une semaine ne se sont
pas arrêtés un seul instant  pour rendre 
aux habitants leurs quartiers sécurisés.

Ces minages de zones résidentielles par bombardement à sous munitions constituent 3 violations d'accords internationaux et qualifiées de "crime de guerre" : 

  • Bombardement intentionnel d'une population civile (Convention de Genève, 1949),
  • Utilisation de mines antipersonnelles (Convention d'Ottawa 1997),
  • Utilisation d'armes à sous-munitions (Convention d'Oslo, 2007).
Moscou a adressé à l'ONU une notification concernant ce minage des zones résidentielles de Donetsk par des bombardements successifs ukrainiens et qui constituent une violation criminelle grave e traités internationaux...

Il est peu probable que le "grand machin" réagisse pour s'élever contre ces nouvelles actions génocidaires, ou puisse faire pression contre Kiev, mais au moins il confirmera son inutilité voire sa complicité des criminels pro-atlantistes ukrainiens.

Car ce que nous pouvons observer ici c'st l'expression d'une haine folle et génocidaire et qui est, comme toujours depuis 8 ans, la seule réponse des assassins face à leurs défaites multiples sur le front du Donbass. Une lâcheté criminelle qui n'a d'égale que le silence complice des occidentaux qui sont tellement aveuglés par leur hystérie russophobe qu'ils détruisent définitivement les derniers espoirs de les voir retrouver un jour le chemin vers la montagne du bon sens et de l'humanisme.

Erwan Castel

Et à celles et ceux qui s'interrogent sur le fait que plus de 5 mois après le début des offensives russes Donetsk soit toujours sous le feu génocidaire ukro-atlantiste, je réponds: "Patience, c'est une guerre très difficile car l'ennemi y a solidement fortifié ses positions depuis 8 ans. Mais la libération avance chaque jour et rien ne peut l'arrêter ni sauver la vie de ces assassins !"

Artillerie républicaine opérant contre les positions
ukrainiennes entourant Avdeevka début août 2022



 

dimanche 31 juillet 2022

Le terrorisme à l'état pur

Même après 8 années de bombardements ukrainiens ininterrompus sur ses familles, le Donbass n'avait pas vu de la part des ukro-atlantistes une telle haine et lâcheté criminelles, et je laisse à chacun le soin de trouver dans les bas-fonds du vocabulaire les pires qualificatifs injurieux pour tenter d'approcher la nature de ces rebus de l'humanité qui viennent un fois encore de répandre par bombardement terroriste des centaines de mines antipersonnelles au coeur de Donetsk.

Lors des combats pour Lisichansk, les forces ukrainiennes avaient disséminé devant les progressions des forces alliée contournant la ville d'où ils tentaient de s'échapper. Cette pollution de zone, réalisée par l'artillerie et les drones afin de freiner une progression adverse est une technique militaire acceptable lorsqu'elle reste dans le domaine du combat. Mais ce que nous observons depuis quelques jours à Donetsk où il n'y a aucun combat urbain ni objectif militaire en ville, relève juste d'un terrorisme à caractère génocidaire.

  • Le 20 juillet, les "ukrops" dispersent avec des roquettes de 220mm "Uragan" à sous munitions sur les quartiers Ouest de Yasinovataya (secteur de la gare ferroviaire) plus de 200 mines antipersonnelles Pf1 .
  • Le 29 juillet, nouveau nouveau bombardement ukro-atlantiste dispersant des mines antipersonnelles, cette fois sur le quartier "Textile" à l'Ouest du centre ville de Donetsk. 8 morts et des dizaines de blessés pour cette seule journée.

Ce 30 juillet 2022, au milieu de la nuit, des lance roquettes multiples ukrainiens de 220mm "Uragan" bombardent le centre ville de Donetsk avec des roquettes à sous munitions qui larguent des centaines de mines "Tulipe", espérant surprendre la population dimanche matin, quand les enfants vont jouer dans les jardins, les mères vont au marché, les familles vont à l'église ou les amoureux se balader dans les parcs ensoleillés...

Aux environs de 21h00, le 30 juillet 2022, le coeur du centre ville de Donetsk a été 
bombardé avec des roquettes de 220mm à sous munitions dispersant des mines PFM1.
Plusieurs roquettes ont été interceptées par la défense antiaérienne mais d'autres sont
parvenues à répandre des centaines de mines au milieu des quartiers résidentiels.

Comme à leur habitude, plutôt que de combattre avec audace les forces russes et les milices républicaines sur le champ de bataille, les soudards ukro-atlantistes préfèrent bombarder et terroriser les familles au coeur des cités. C'est le mariage du sadisme avec la lâcheté !

Séquences d'une nuit de terreur : 

Vidéo prise par un habitant au moment du 
bombardement ukrainien ayant dispersé des 
mines antipersonnelles au coeur de Donetsk

Très rapidement les mines sont repérées et
l'alerte est donnée, les gens restent chez eux
tandis que les plus courageux protègent les
zones minées en attendant les démineurs. 


Malgré les bombardements qui continuent et le danger des mines, des dizaines d'habitants viennent immédiatement aider les services d'urgences, signalant aux passants et démineurs les mines repérées ou restant sur place jusqu'à l'arrivée des sapeurs. Une fois encore la solidarité et le courage de la population du Donbass se dressent devant la peur et la haine.


Arrivés immédiatement sur place, les sapeurs 
du Ministère des Situations d'Urgence fouillent
méticuleusement les rues, les parcs, les jardins
neutralisent une par une des centaines de mines.

Devant l'ampleur et l'urgence de la tâche l'armée 
est appelée en renfort, avec ses moyens et des 
méthodes peu orthodoxes mais très efficaces.

Plus de 700 mines ont été déjà neutralisées sur Donetsk suite aux précédents bombardements de vendredi et le travail des sapeurs, dont il est important de saluer ici le courage et l'abnégation continue inlassablement malgré les bombardements qui se poursuivent.

Toute la nuit durant les sapeurs de la République 
Populaire de Donetsk et de la Fédération de Russie
vont déminer mètre par mètre  le centre de Donetsk

.Etendue de la zone "polluée" par les mines PFM1 "Petal" dispersées dans la nuit.

Le type de mine qui est dispersée depuis le 20 juillet sur les populations civiles de Donetsk et des environs est la PFM1 dite "papillon" (appelée aussi pétale ou tulipe) en raison de sa forme ailée et aplatie. Il s'agit de la copie soviétique de la mine américaine BLU-43 "Dragontooth" utilisée contre les populations du Laos pendant la guerre du Vietnam.


C'est une petite mine aux dimensions très discrètes (12 cm x 6.1 cm x 2 cm) et très légère (75 g) contenant 37 grammes d'explosif liquide destiné, non pas à tuer mais à mutiler gravement. Ce type de mine peut être dispersé par aéronefs ou artillerie grâce à son dispositif d'armement lent (3 minutes) qui permet à la mine d'être de tomber au sol avant son d'être active. Officiellement il faut une pression de 5 kg pour déclencher l'explosion mais la membrane plastique souple de la mine en pression sur son détonateur fait qu'une simple pression de la manipulation peut le déclencher. La meilleure méthode pour ramasser cette mine est d'utiliser une pelle (et des équipements de protection).

La couleur de la mine peut varier, pour pouvoir mieux
se camoufler sur le terrain visé, ou parfois être de
couleur très vive pour attirer l'attention des enfants.

Le vecteur de dispersion utilisé par les ukropithèques pour miner les quartiers résidentiels du Donbass est la roquettes de 220mm à sous munitions tirées par le Lance Roquettes Multiples BM 27 "Uragan". Chaque roquette peut emporter jusqu'à 300 mines PFM1 qui sont éjectées et dégoupillées a quelques centaines de mètres d'altitude.

Une des "cassettes" d'une roquette abattue avec son 
chargement intact de mines PFM 1 "Pétale" non éjectées.


Pour avoir une idée de la dangerosité de la mine PFM1 voici à quoi ressemble son explosion :

Destruction d'une mine PFM1 tombée dans un jardin

Je rappelle ici que ce type de bombardement constitue un crime de guerre multiple : 
  • Bombardement intentionnel d'une population civile (Convention de Genève, 1949),
  • Utilisation de mines antipersonnelles (Convention d'Ottawa 1997),
  • Utilisation d'armes à sous-munitions (Convention d'Oslo, 2007).

Autant sur l'asphalte et en journée ce type de mine
une fois connue est relativement repérable, autant
dans un parc ou un jardin (très nombreux à Donetsk)
cette merde peut devenir est très vite invisible.

Mine PFM1 "Petal"  tombée dans un jardin de Donetsk 

La question est maintenant de savoir où sont ces politiciens, ces journaleux occidentaux pourtant si prompts à hurler "crime de guerre !" lorsque d'une roquette russe détruisant un dépôt de munitions ukro-atlantiste tue dramatiquement un passant qui était "au mauvais endroit au mauvais moment". La réponse est simple: le nez dans leur gamelle et leur servitude crasses tenues par le grande Capital ! Ici, les victimes civiles tuées ou blessées sous les bombardements ukrainiens ne sont pas des "dommages collatéraux" mais bien des cibles d'une haine terroriste et lâche de génocidaires qui depuis 8 ans voient leurs crimes non seulement impunis mais même soutenus par les "démocraties droitdelhommistes" occidentales !

Ce qui est sûr c'est que Zelensky, cet acteur médiocre devenu la marionnette sanguinaire de l'Oncle Sam en Ukraine, a bien appris son texte, car quelques heures avant que ses soudards ne sèment une nouvelle fois la mort au milieu des familles de Donetsk, ce maroufle a déclaré dans ce cynisme si caractéristique de la pensée occidentale: "Nous ne sommes pas la Russie précisément parce que pour nous chaque vie compte. Et nous profiterons de chaque occasion pour sauver plus de vies et limiter autant que possible la terreur russe". Qu'il aille raconter cela aux enfants de Donetsk ou de Makeevka qui ont été blessés en allant jouer dans leurs jardins !

Le plus difficile, face à cette infamie ukro-atlantiste, c'est de ne pas sombrer dans cette même haine qui donne l'envie de coller une balle dans le crâne des assassins mais aussi de tous ces fanatiques qui sur les plateaux télévisés du grand théâtre de la marchandise leur vouent une admiration sans borne tandis qu'ils montrent du doigt l'armée russe dans une inversion accusatoire hystérique. De l'artilleur ukrainien au "journaliste" de BFM TV en passant par Zelensky et Macron, ces occidentaux étouffant les européens avec leur pensée unique et criminelle, ne sont que des gibiers de potence !

Quand est-ce que les populations européennes vont ouvrir leurs yeux et fermer leurs poings ?

Erwan Castel

Au moment de prendre mon service, les 
bombardements ukro-atlantistes continuent

jeudi 24 octobre 2019

"Non, rien de rien, je ne regrette rien !"

368

Avec mes Frères d'armes de la Brigade Piatnashka

Je suis enfin sorti de réanimation où j'ai dû rester 1 mois en isolement sanitaire et social complet après avoir été fauché par une mine ukrainienne le 23 septembre dernier, sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk.

Dans la vie il y a des moments où la destinée choisie croise le destin subi.


Jeudi 24 octobre 2019

Lorsque nous sommes arrivés sur notre nouvelle position ce 23 septembre, j'ai commencé dès les premiers déplacements à reconnaître ses tranchées de combat, d'observation, ses postes de tir, casemates et logis. Et c'est dans l'extrémité d'une tranchée d'observation que je me suis fait piéger par une mine ennemie installée lors d'une opération d'infiltration nocturne comme il s'en produit régulièrement sur ce front où les belligérants ne sont qu'à quelques centaines de mètres les uns des autres.

En une seconde ma vie a basculé: "clic", bond en arrière, explosion dans une boule de lumière et de chaleur qui m'a projeté en avant. Dès mes premiers cris de douleur et d'appel, mes camarades qui étaient dans la casemate voisine se sont précipités pour me porter secours.

Dès lors, une chaîne de solidarité humaine s'est organisée autour de moi depuis la tranchée jusqu'à Donetsk, avec une vivacité et une efficacité exceptionnelles qui dépassent largement le professionnalisme des hommes et des femmes qui m'ont sauvé la vie pour atteindre un élan de fraternité humaine servi par un courage inouï que jamais je n'oublierai.

  • Je n'oublierai jamais les visages haletants de mes camarades qui, après m'avoir administré les premiers soins, m'ont évacué au pas de charge à travers le labyrinthe des tranchées souvent en dépassant leurs propres forces physiques, tout en m'apportant continuellement un soin attentif. Ce qu'ils ont fait relève de l’héroïsme.
  • Je n'oublierai jamais les visages des mes officiers, "Znak", mon commandant de compagnie, lui même grièvement blessé au bras au début du conflit, "Svarog", le chef du bataillon, "Barz" son adjoint... venus en urgence pour suivre mon sauvetage jusqu'à participer eux mêmes au brancardage vers l'ambulance qui me rapatria vers Donetsk.
  • Je n'oublierai jamais le personnel du service des urgences de l'hôpital de Novoazovsk, première étape de mon évacuation sur Donetsk. Je me souviens de toutes ses poches de sang suspendues au dessus de la table d'opération, dons d'inconnus qui participèrent à mon sauvetage. Désormais du sang russe coule dans mes veines de breton. 
  • Je n'oublierai jamais les camarades qui, depuis Donetsk, dès réception de la nouvelle concernant ma blessure ont immédiatement alerté les ministères concernés pour qu'une équipe médicale capable de réussir l'impossible soit mobilisée pour me réceptionner dès mon arrivée à Donetsk, car pour sauver mon bras chaque minute devenait vitale.
  • Je n'oublierai jamais l'équipe de microchirurgie de l'hôpital de Donetsk, son immense professionnalisme qui a évité l'amputation, mais aussi son humanisme exemplaire, sa patience, sa ténacité et sa douceur. Ici, travaillant sans relâche jour et nuit, comme dans les autres hôpitaux, les aides soignantes, infirmières et docteurs font honneur à leur profession et à la République de Donetsk.
Celles et ceux qui m'ont sauvé la vie puis le bras, depuis mes camarades de Piatnashka jusqu'au chef du service de microchirurgie de Donetsk sont du Donbass, mais aussi de Russie, d'Ukraine, du Caucase, de l'Azerbaïdjan; ils sont orthodoxes, musulmans, juifs ou athées... Mais tous ont un point commun: ils œuvrent naturellement de coeur sous l'égide de ce sentiment d'appartenance à une entité humaine supra communautaire née de l'Histoire de toutes les Russies.

Ce sentiment supra communautaire, que j'appelle la "notion d'empire" et qui a été forgée au cours des différentes métamorphoses historiques de la Russie appartient au domaine du coeur et non à celui des certitudes idéologiques qui souvent génèrent des pensées uniques communautaro-centrées (religieuse, ethnique, culturelle etc.) comme celles qui ont fourvoyé l' Occident sur les chemins bellicistes des colonialismes religieux, militaires, économiques, politiques pour imposer, par la force si nécessaire, cette "idéologie du même" qui fait de l'Homme un clone et du clone un esclave.


Je pense modestement avoir été, suite à ma blessure, le témoin de cette solidarité fraternelle, spontanée et héroïque qui est consubstantielle à l'âme russe et je suis éternellement reconnaissant pour tous ces hommes et ces femmes qui l'ont naturellement organisé pour me permettre de témoigner encore et toujours de la noblesse de coeur des peuples de Russie. Et la brigade internationale Piatnashka est une haute illustration de cette fraternité de coeur et de sang.

Malgré l'épreuve toujours en cours je dois dire que je ne regrette rien de mon engagement dans le Donbass et le fait de servir la République Populaire de Donetsk depuis bientôt 5 années.

Je ne peux terminer cette "remise en selle" encore fatigante sans remercier les centaines de personnes qui sur les réseaux ou à Donetsk se sont inquiéter pour moi, m'exprimant une amitié indéfectible. Vos soutiens dans leur nombre et leurs qualités m'ont particulièrement touché. Je vous demande juste du temps afin que je retrouve assez d'énergie pour pouvoir vous répondre et vous remercier de votre empathie fraternelle.

En attendant je vous offre cette chanson russe "Oh les routes" qui évoque la destinée du soldat sur les chemins de la guerre: 

Erwan Castel


jeudi 5 septembre 2019

D'un combat à un autre


Le 25 août dernier, j'informais de l'état de santé d'un volontaire et camarade tchèque, grièvement blessé dans l'explosion d'une mine antipersonnelle le 16 août sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk.

Aujourd'hui, Pavel est toujours entre les mains des chirurgiens de l'hôpital de traumatologie de Donetsk qui poursuivent leurs opérations successives pour stabiliser la jambe amputée. Ces opérations (déjà 3 réalisées), cherchent à limiter au maximum l'amputation jusqu'à ce que les risques d'infections aient disparu.

Même si il faut attendre des délais importants avant d'engager une rééducation, la recherche d'une prothèse adaptée à la morphologie athlétique de Pavel a déjà commencé et des collectes de dons ont été engagées pour permettre l'acquisition d'une prothèse sportive. 

Cet homme passe d'un combat à l'autre sans faillir, sur le ring, le champ de bataille ou dans un lit d'hôpital il continue à défendre les valeurs de l'existence qui font la dignité humaine. 

Pavel, un camarade, un ami et un exemple de courage et de fidélité.

Erwan Castel

Si vous voulez participez à l'achat de cette prothèse, vous pouvez le faire sur la cagnotte leetchi suivante en mentionnant "Pour Pavel" en commentaire :


Voici ci après un article du média russe Eurasia Daily qui a fait un reportage auprès de Pavel au sortir de sa troisième opération. La journaliste Kristina Melnikova est allée à la rencontre de cet homme humble et courageux qui ne regrette rien de son engagement pour défendre la Liberté du Donbass.


Source de l'article : Eurasia Daily

Le champion tchèque de boxe thaïlandaise
ne regrette pas d'avoir perdu sa jambe
 dans les batailles du Donbass

Pavel Botka. Photo d'une page personnelle du réseau social.

Kristina Melnikova 

Dans le Donbass, Pavel Botka, un volontaire tchèque qui était auparavant un athlète professionnel de MMA, champion d'Europe de boxe thaïlandaise a été blessé . Le 16 août, il a explosé sur une mine antipersonnel et a perdu une jambe. Mais malgré cela, Pavel Botka ne regrette pas son choix et déclare que, même en sachant d'avance ce qui s'était passé, il resterait tout de même volontaire pour soutenir les habitants de Donbass. Un correspondant d’ EADaily est venu à l’hôpital chez Pavel et lui a expliqué pourquoi il avait décidé que la guerre dans le Donbass était sa guerre.

Pavel Botka. Photo d'une page personnelle du réseau social.
Nous rencontrons Pavel à la traumatologie régionale de Donetsk quelques heures après l'opération. Il s'agit de la troisième opération, car la jambe amputée sous le genou doit être coupée de plus en plus haut afin d'éviter un empoisonnement du sang. Que cette opération soit la dernière ne sera connu qu'après quelques jours. Pavel est soutenu par des amis et des camarades. Un volontaire slovaque, Martin, m'a parlé de sa blessure. À l'hôpital, j'ai rencontré son ami de la République tchèque, Yuri Urbanek, avec l'indicatif d'appel "Begemot", avec lequel il a servi au front. Yuri est toujours avec son ami, préparant des shakes protéinés pour lui, et l'épouse russe Yuri, qui a servi également avec lui dans la milice, ramène les déjeuners à la maison à l'hôpital.

Le courage et la volonté de Pavel ne peuvent qu'être enviés - il n'a pas l'air épuisé, donne calmement les interviews, déclare soit s'être relevé, il va passer devant. Mais pour se tenir debout, il a besoin d'une prothèse sportive qui ne limite pas une personne en mouvement. Aujourd'hui, Pavel est aidé par le volontaire français Erwan Castel et Alexei Smirnov du Bataillon Angel. La seule fois où Pavel se permet de montrer la faiblesse de sa sentimentalité et dans son refus de prévenir sa famille. Il ne veut pas inquiéter sa mère et quand elle l'appelle, Pavel lui dit qu'il est maintenant en vacances.

- Pavel, raconte-nous comment tu t'es retrouvé dans le Donbass?

- Je viens de la République tchèque et en 2014, avec mon ami Yuri, nous sommes allés en Ukraine pour voir de nos propres yeux ce qui s'y passe. Nous voulions comprendre si cela valait la peine de croire à la télévision russe, si c'était vrai ou juste de la propagande russe. En Ukraine, alors que nous étions à Kiev et dans les villes voisines, nous étions convaincus que la télévision russe ne mentait pas et parlait de la situation en Ukraine.

- Qu'est-ce qui t'a impressionné là-bas?

-  Nous avons vu de nos propres yeux des Nazis qui n'ont pas hésité à se saluer avec des cris de «zig heil». Leurs grands-pères et leurs grands-mères dans le passé ont repoussé les nazis pendant la guerre et, après de nombreuses années, ils n’ont pas hésité à lever la main pour le salut nazi. Tout ce que la «propagande russe» nous a dit, nous l'avons vu de nos propres yeux. Et ensuite, nous avons décidé d'aller dans le Donbass pour aider le peuple contre lequel l'Ukraine avait déclenché la guerre. Début avril 2015, nous sommes arrivés à Donetsk, enrôlés dans la brigade internationale Pyatnashka, puis dans la 100ème brigade, combattant dans la région d'Abakumov, dans la région de Maryinsky, dans la région du Krasnei Partizan. Récemment, je servais  sur le front de Mariupol, dans le secteur de Sahanka.

Pavel Botka (à l'extrême gauche). Photo d'une page personnelle du réseau social.

- Que faisais tu dans la vie civile ?

- J'étais un athlète professionnel, engagé dans les arts martiaux, j'étais le champion tchèque en MMA, le champion d'Europe en boxe thaï. Puis j'ai commencé une carrière de garde du corps. Avec mon ami Yuri, nous avons ouvert une entreprise de sécurité à Chypre. Et nous avons beaucoup voyagé en Afrique et en Amérique du Sud.

- Comment avez-vous entendu parler de la guerre dans le Donbass?

- Quand le Maïdan a commencé, j'étais en Amérique du Sud et, de là, j'ai regardé ce qui se passait. Sur le Maïdan, la police a commencé à être brûlée, ils ont été bombardés avec des cocktails Molotov. Je ne protège pas toujours la police, mais je n'ai pas aimé ce que j'ai vu là-bas. Il y a eu ensuite Odessa, où ils ont brûlé des gens, sans épargner ni les femmes ni les adolescents. Et jusqu'à ce jour, personne n'a été puni pour cela.

- Avez-vous été mécontent de ce qui se passe en Ukraine? Quelle humeur régnait là-bas à votre arrivée?

- Indifférence ou peur. Les gens peuvent parler, mais personne ne voulait agir. Je crois que cela ressemble plus à l'indifférence qu'à la peur.

- En République tchèque, les gens sont-ils au courant de cette guerre, s'y sont-ils intéressés?

- Nous avons essayé de créer un centre de représentation de Donetsk en République tchèque. Nous avons parlé à des personnes, des journalistes de la République tchèque, nous les avons informé de ce qui se passe dans le Donbass. Au niveau de l'Etat la république tchèque soutient le régime de Kiev, à l'exception du président qui a sa propre opinion personnelle.

- Qui est responsable de ce que cette guerre a commencé?

- Tout d'abord, les Ukrainiens qui font preuve d'indifférence. S'ils s'étaient s'opposés immédiatement aux nazis, rien ne se serait passé ici. Et d'un point de vue géopolitique, les Américains et l'Occident sont à blâmer.

- Qu'avez-vous ressenti pour le passé de nos États? L'URSS et la Tchécoslovaquie étaient des alliés.

- Depuis l'école, on nous a appris à nous méfier de la Russie. Et je n'ai pas aimé la Russie. Mais lorsque j'ai commencé à voyager à travers le monde, j'ai remarqué que la Russie aidait de nombreux pays. Cela a été vu en Afrique, en Amérique du Sud. Ils sont bien traité par la Russie.

- Maintenant tu veux aller en Russie?

- Oui, je veux aller dans le Caucase, il y a une très belle nature. Il y a beaucoup de beaux endroits en Russie.

- Était-il difficile de trouver une langue commune la première fois que vous êtes arrivé dans le Donbass? Est-ce que la mentalité diffère?

- Au début, je ne parlais pas du tout le russe, mais 80% de ce qu'ils m'ont dit j'ai compris. Notre mentalité est très similaire. De plus, nous avons fait une cause commune qui a réuni tout le monde.

- Comment as-tu été blessé et est-ce le premier?

- Le 16 août, j'ai marché sur une mine antipersonnel sur le front Sud au cours d'une mission. Aujourd'hui c'était la troisième opération. Son succès sera connu dans quelques jours. En 2016, j'avais déjà été blessé à la jambe par un shrapnel à Trudovsky. Ensuite, l'APU a tiré pendant deux heures.


- A votre avis, Zelensky va t-il changé quelque chose sur le front ?

Il parait qu'il a déclaré "vouloir mettre fin à la guerre." Mais cent jours se sont écoulés et je n'ai pas remarqué d'amélioration de la situation militaire. Depuis le début de l'année, nous avons beaucoup de blessés et de morts.

-  De quelle type de votre prothèse avez vous besoin ?

- J'aimerais vraiment une prothèse sportive pour pouvoir faire de l'haltérophilie. Je pratique le sport professionnel depuis plus de 10 ans, une prothèse sportive me permettrait de poursuivre mes études. De plus, je veux revenir au premier plan. Cette prothèse est comme une seconde jambe, avec elle, il n’y a pratiquement aucune restriction de mouvement.

- Quels sont les volontaires qui t'aident  maintenant ?

- Erwan Castel m'aide, c'est un volontaire français et une très bonne personne. Egalement Alexei Smirnov du bataillon "Angel" m'aide. La nutrition sportive est fournie par le Sportmaster Fight Club.

- Peut-être que tu aimerais dire quelque chose sur toi-même?

- J'ai été gravement blessé, ce qui est difficile à prévoir. Mais je peux dire que je ne regrette pas d'être venu ici pour aider les gens.

Kristina Melnikova

dimanche 25 août 2019

Une prothèse pour Pavel


Dans un précedent article j'avais annoncé la triste nouvelle de la blessure grave subie par un camarade, volontaire chèque dans le Donbass qui a perdu sa jambe suite à l'explosion d'une mine antipersonnelle sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk.

Immédiatement prévenu par Youri son camarade tchéque, je me suis rendu à son chevet le lendemain 17 août 2019, à l'hôpital de traumatologie de Donetsk, pour m'enquérir de sa santé et de ses besoins urgents.

Pour anticiper sur les maroufles français qui me calomnient depuis plus 3 ans dans une inversion accusatoire éhontée, j'ai donc pris la décision de publier mes aides humanitaires réalisées devant témoins ainsi que les documents liés. 

Pour commencer, lors de cette première visite, j'ai acheté à hauteur de mes moyens personnels, une paire de béquilles, des vétements et du matériel paramédical et laissé à Pavel et Youri de l'argent liquide pour les autres besoins quotidiens que j'ai réapprovisionné  à la même hauteur lors d'une deuxième visite accompagnée le 24 août.



- béquilles : 2786 rbls

- draps & lingettes sanitaires : 872 rbls

- sous vétements : 1600 rbls

- argent liquide : 2000  + 2000  rbls 

Soit un total de 9 258 roubles 





Il reste maintenant a subvenir aux frais réguliers de la vie et de l'hospitalisation et surtout à l'achat d'une prothèse de jambe adaptée et permettant à Pavel de retrouver une insertion sociale normale. Pavel est un sportif de haut niveau, champion national de boxe MMA dans son pays et une prothèse doit être adaptée à son physique athlétique (2mètres et 120 kg). 

A cette fin j'ai pris contact avec des prothésistes en Russie et en France pour définir l'appareil idéal pour ce type de blessure et morphologie. Concernant cet équipement, il n' y a pas d'urgence car il faut attendre d'abord la stabilisation de la jambe amputée, soit plusieurs mois. Dès que le type idéal de prothèse aura été choisi par Pavel, en concertation avec son équipe médicale, je publierai le devis et et l'avancement des sommes récupérées.

Mais d'ores et déjà il est nécessaire de lancer rapidement la collecte car une prothèse adaptée couterait, d'après les premières infos obtenues, environ 3000 euros et comme il faut du temps pour réunir une telle somme je préfère lancer le projet maintenant.

Pour celles et ceux qui désirent participer à l'achat de cette prothèse de jambe je vous invite à envoyer vos dons sur la cagnotte Leetchi référencée ci après.

Merci d'adresser vos dons à l'adresse suivante en mentionnant "Pour Pavel"

au lien suivant:


Merci par avance de votre soutien, partage et générosité 


Erwan Castel




samedi 17 août 2019

Rien de nouveau à l'Ouest


Les ruptures ukrainiennes de la trêve décrétée le 21 juillet dernier s'enchaînent dans un concert de bombardements certes moins importants qu'avant sa signature mais suffisamment régulières et meurtrières pour qu'on ne puissent les qualifier de sporadiques ou exceptionnels... Durant la dernière semaine écoulée les forces de Kiev ont tiré sur le seul territoire de la RPD plus de 100 obus par jour.

Du 9 au 15 aout 2019, 3 soldats de la République Populaire de Donetsk ont été tués sur le front et 1 civil blessé par des attaques ukrainiennes.

  • Le 15 août 2019 en début de soirée, la partie républicaine du village de Zaitsevo a subi de nouveaux tirs ukrainiens. un homme de 56 ans résidant au 212 rue Rybalko, a été sérieusement blessé par des éclats à l’avant-bras gauche avec lésion de l’artère radiale, au genou droit et à la cuisse gauche, avec une hémorragie aiguë, choc hémorragique de degré 1


  • Le même jour un groupe de reconnaissance ukrainien a tenté de s'approcher des lignes de défense du le secteur de Dokuchaievsk. Cette opération d'infiltration a été annulée lorsque le drone d'observation qui l'appuyait a été abattu par la défense républicaine. sur la vidéo du drone on peut voir la progression du groupe.
  • Et aujourd'hui 16 aout j'apprends qu'un camarade de combat, et athlète de haut niveau a perdu sa jambe suite à l'explosion d'une mine antipersonnelle sur le front de Donetsk. Evacué en urgence à l'hopital de traumatologie du centre ville, les chirurgiens ont réussi à le stabiliser mais sans toutefois pouvoir sauver sa jambe. il désire pour le moment rester anonyme pour ne pas inquiéter sa mère.
Sur la ligne du front de nombreuses maisons d'habitations ont été encore détruites ou endommagées par les tirs ukrainiens, comme ici sur le front Sud de la RPD dans le village d'Oktyabr où continue de vivre une population principalement agricole.


Ce matin 17 août 2019, je suis allé rendre visite à mon camarade amputé à l'hôpital de traumatologie, aux chambres et couloirs remplis de mutilés et d'handicapés, claudiquant entre 2 béquilles où poussant péniblement leurs fauteuils vers un espace fumeur ou des salles de repos communes. 
Lorsqu'on parle des guerres en général et de celle du Donbass en particulier on évoque souvent les tués, ceux qu'on nomme les "200" (depuis l'Afghanistan) comme indicateurs de la situation sur le front, et on oublie souvent les "300" ces blessés qui sont 3 à 4 fois plus nombreux et dont nombre resteront handicapés en sortant de ce champ d'obus et de mines...

Si les autorités continuent de "jouer le jeu" des accords de Minsk devenus des fantômes pathétiques, les populations du Donbass, civiles et militaires ne croient plus du tout en la possibilité d'une résoltion pacifique du conflit tant que Kiev sera sous la coupe de régimes de paille aux ordres de Washington. Et la simple évocation d'un "statut spécial" pour le Donbass, qui était la revendication des fédéralistes de 2014, apparait aujourd'hui après 5 annnées de sacrifices, une trahison de ce "printemps russe" qui est toujours en éclosion...

Erwan Castel