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mardi 26 mai 2020

Le point de non retour


Il y a 6 ans, les orages d'acier ukrainiens s'abattaient sur le Donbass, pour "punir" la résistance à la croisade russophobe du nouveau régime de Kiev vomi par le Maïdan. Après les massacres d'Odessa et Mariupol menés par les paramilitaires néo-nazis, c'est au tour de l'armée régulière d'intervenir dans les jeunes républiques autoproclamées de Donetsk et Lugansk, avec des frappes aériennes et terrestres disproportionnées et meurtrières.

Face à ce décharnement de haine, la peu mais surtout la colère s'empare de cette population qui ne voulait que pouvoir continuer à vivre selon ses traditions, sa culture russe et des relations avec la Russie où quasiment tous ont encore de la famille. La guerre, les femmes et les hommes du Donbass l'ont accepté plutôt que l'humiliation et l'ostracisation d'eux mêmes par les bandéristes pro-atlantistes de Kiev.

Il se trouve des personnes vivant hors des républiques pour dire, "la rébellion du Donbass, elle a été voulu par les militaires", ou "les politiques", ou "la Russie"...Ceci est faux car si certains militaires et politiques vont effectivement participer à la rébellion armée et que la Russie, face aux massacres ukrainiens, décide de la soutenir au maximum de sa non intervention directe, ce qui se produit en mai 2014 face à l'agression de l'Opération Spéciale Antiterroriste" de Kiev, c'est le soulèvement entier d'un peuple qui va se jeter corps et âme dans la bataille pour sa Liberté.

De nombreux documents incontestables existent, prouvant que la rébellion du Donbass n'est pas la décision d'une minorité et encore moins le fait d'une intervention militaire russe mais bien la réaction unanime d'une population agressée par l'Occident via son larbin de Kiev.

25 mai 2014, en réaction aux premiers assauts de l'armée ukrainienne
les volontaires des bataillons "Iskra" et "Vostok", l'unité de défense de 
Donetsk, montent vers les lisières de la cité sous les acclamations de 
la foule. Beaucoup ne reviendront pas de ces journées de combat.

C'est parce que cette rébellion du Donbass est avant tout un soulèvement populaire à part entière, hors idéologie ou communautarisme particuliers, que sa dynamique et sa pugnacité sont toujours intactes après environ 20 000 mort de 6 années d'une guerre interminable Les populations agressées de Donetsk et Lugansk, usant du droit souverain des peules à disposer d'eux-mêmes et du devoir de tout être vivant de défendre sa terre, sa familles, ses traditions et sa Liberté sont  plus que jamais debout face à ce régime ukrainien criminel aux ordres d'une ploutocratie mondialiste folle à lier.

Aujourd'hui, la situation politico militaire entre Ukraine et Donbass s'est à nouveau exacerbée tellement que la plupart des analystes évoquent une nouvelle phase dans cet interminable conflit et qui pourrait même faire sortir la guerre de ses tranchées car :

Les accords de Minsk 2, qui sont morts-nés depuis leur signature en février 2015, sont aujourd'hui enterrés définitivement et plus rien ne semble retenir désormais les actions et réactions militaires sur le front si ce n'est la peur de Kiev de voir la Russie riposter à son tour, si son armée massacre encore des civils.
  • d'une part, par l'Ukraine qui s'obstine à en réclamer des modifications inacceptables (désarmement des républiques et contrôle des frontières avant élections par exemple) tout en continuant  à violer quotidiennement le cessez le feu par des bombardements meurtriers sur les positions et les populations civiles des républiques.
  • d'autre part, par les Républiques qui face aux bombardements exponentiels ukrainiens sur leurs défenses et populations civiles ont cessé de respecter unilatéralement le cessez le feu de Minsk en élevant le niveau d'alerte de leurs milices au maximum et en autorisant ces dernières à riposter avec leurs moyens lourds. 
Même la Russie, renouvelant son soutien et sa préoccupation pour les populations du Donbass a exprimer publiquement son approbation concernant la mise en alerte et les ripostes engagées par les milices républicaines :

Par la voix de Dmitry Peskov, le porte-parole du président Poutine, déclare que "face à la situation actuelle où  la vie des habitants de la LNR et du DNR est menacée dans le contexte d'une intensification inacceptable des bombardements ukrainiens en cours dans le Donbass,  le Kremlin comprend parfaitement la position ferme et très claire des républiques de mettre en alerte leurs troupes"

Répondant aux questions des journalistes Peskov a en outre souligné "la situation est vraiment turbulente, instable et préoccupante" et qui ne peut que "susciter une inquiétude générale" ainsi qu'une "préoccupation immédiate car la situation menace la vie des résidents des républiques qui vivent dans la zone de contact".

Donc ce 26 mai 2014, dont les mémoires se souviennent tristement est bien ce point de non retour franchi par l'Ukraine et qui, depuis 6 ans précipite le Donbass dans une guerre meurtrière mais aussi heureusement vers son intégration inéluctable au sein de la Russie, avenir souhaité et mérité par des populations de Donetsk et Lugansk qui en paient par le sang et les larmes le prix le plus élevé.


C'était un 26 mai 2014

Dans le quartier bombardé d'Oktyabrsky où j'ai décidé de poser mon sac à dos depuis ans maintenant, la date du 26 mai 2014 est marquée au fer rouge dans les mémoires des femmes des enfants et des hommes qui ont vu s'abattre dans leur paisible quartier résidentiel la folie meurtrière d'une guerre génocidaire déclenchée par Kiev en réaction aux contestations des russophones dont l'identité, pourtant majoritaire en Ukraine, se retrouvait brutalement ostracisée, interdite et insultée. 

Je ne reviendrai pas ici sur les détails et le déroulement de cette journée tragique où entre l'Ukraine et le Donbass un point de non retour a été franchi par cette folle et criminelle "Opération Spéciale Antiterroriste" lancée par Kiev sur les conseils de Washington. J'ai écrit ici plusieurs articles sur cette journée du 26 mai  où sur les combats pour le contrôle de l'aéroport qui vont se poursuivre jusqu'en janvier 2015.

3 minutes pour résumer cette première journée d'enfer

Et dans les rues d'Oktyabrsky aux airs de campagne dominées par à cet aéroport reconquis de haute lutte durant l'hiver 2014-2015 mais aujourd'hui complètement en ruine, la guerre n'a jamais cessé de respirer. Que ce soit dans le secteur de Krimlovsky à l'Ouest où dans le le secteur 15 à l'Est, en passant par celui de l'aéroport, les tirs et les bombardements ukrainiens font désormais partie du quotidien des familles qui, par dizaines, sont restées accrochées à leurs maisons familiales et leurs jardins potagers.

Mais depuis plusieurs semaines ces femmes, enfants et hommes d'Oktyabrsky regardent à nouveau l'horizon et le ciel avec plus encore d'inquiétude, car les grondements et les aboiements de l'artillerie ukrainienne travaillant dans l'ouest et le Nord de Donetsk emplissent à nouveau leur atmosphère nuit et jour.

Aujourd'hui comme il y a 6 ans, sur les positions de la milice ou les quartiers résidentiels de sa population les obus ukrainiens pleuvent à nouveau, jour et nuit, précipitant le Donbass dans une spirale infernale dont la seule issue aujourd'hui pour mettre fin à cette guerre cachée dans ses tranchées de Minsk semble être à nouveau la guerre ouverte...


24 mai 2020, bombardement ukrainien au mortier de 120mm
sur une position républicaine de la zone de Promka, sur le
front de Yasinovataya au Nord de Donetsk.

Les belligérants sont aujourd'hui engagés dans une surenchère d'actions/réactions infernales où stopper revient à reculer dans un bras de fer entre Kiev qui ne veut que la capitulation des républiques et ces dernières la libération de son étreinte meurtrière et de leurs territoires occupés.

Beaucoup pensent comme moi qu'une nouvelle phase de cette interminable guerre va bientôt commencer et espèrent-ils ramener enfin la paix dans une région libérée de la haine ukrainienne et ce quel qu'en soit le prix à payer à nouveau.


Erwan Castel

Pour finir, la chanson de Yulia Chicherina "Larme".
Un clip qui a été téléchargé 3 millions de fois avant
d'être supprimé par les Torquemasa de Youtube 

samedi 10 août 2019

Rébellion !


Souvent je suis entre rire, colère et pitié lorsque j'observe des réactionnaires prôner la restauration de paradigmes communautaro-centrés qu'ils soient politiques, religieux, ou ethniques pour se défendre contre l'effondrement civilisationnel.

Si ces Tartuffe et Torquemada du passé prenaient un minimum de distance verticale avec leurs idéologies artificielles, ils verraient dans le plus lointain de l'Histoire des idées que leurs références dogmatiques qu'elles soient universalistes ou autarciques sont justement les génitrices du système esclavagiste qui nous suicide aujourd'hui.

Car le virus mortel des âmes et des corps est cette pensée unique intolérante et hégémonique qui depuis environ 6000 ans se diversifie et se métamorphose de système religieux en système économique puis culturel, politique etc...

Nouveau prophète, nouvelle monnaie, nouveau média, nouvelle politique, nouveau réseau social, nouvelle mode, nouveau livre, nouvelle guerre....

Tous ces mirages du passé ou du futur ne sont souvent et malheureusement que d'autres déclinaisons de cette pensée unique diversifiée qui pour survivre et faire tourner en rond dans ses enclos les esclaves spécialisés invente ses propres diables pour perdre les derniers Hommes libres dans de faux combats communautaristes.

La seule voie de libération n'est pas dans des oppositions politiques, religieuses, ethniques, ou culturelles qui sont aussi infectées par le virus de la pensée unique, mais dans une vraie rébellion radicale afin de retrouver l'essence même des identités humaines débarassées de leurs servitudes multiples.

C'est un combat éternel dont nous ne verrons jamais les lauriers, mais peu importe car le plus important est de rester debout pour saluer chaque matin ce soleil invaincu éclairant nos libertés perdues...

Erwan Castel

« Soudain j'ai tout compris. Je vivais en prison depuis ma naissance. On m'avait retiré tout ce que mes ancêtres avaient mis des milliers d'années à construire et on m'avait donnés quelques hochets à la place : du confort, quelques années de plus à vivre (en me faisant chier), des DVD, une carte d'électeur trafiquée. On m'avait dressé comme les clébards du lieutenant. Dressé à aller travailler pour les autres tous les matins. Dressé à voter pour des parasites qui vivraient sur mes impôts. Dressé à accepter d’être fiché de tous les cotés. Dressé à désirer ce que l'on attendait de moi. Dressé à accepter l'idée de finir en maison de retraite. Dressé à ne plus rien contrôler de ma vie. Dressé ! La voilà, la civilisation ! Après l'ivresse, j'avais une solide gueule de bois. Il fallait s'échapper, tout brûler, tout casser… »

Olivier Maulin, Gueule de bois

(Extrait via le groupe FB "Païen païenne")

jeudi 30 mai 2019

La Guyane sur l'autel de la marchandise



La forêt amazonienne guyanaise qui jusqu'à présent avait été globalemnt préservée du fait du faible développement intérieur de cette ancienne colonie française, subit depuis ces dernières décennies l'assaut des multinationales aurifères pour lesquelles l'or vert est sacrifiable sur l'autel d'une marchandise en quête de l'or jaune...

Il se trouve que je connais assez bien cette problématique aurifère de Guyane, m'étant impliqué, parallèlement à mes 15 années de guide expédition en forêt guyanaise, dans l'étude et la dénonciation des orpaillages clandestins et industriels qui ravagent non seulement l'environnement amazonien de cette région magnifique mais imposent aussi à ses opulations un modèle de société délétère aux impacts multiples (écologique, sanitaire, social, criminel...)

Sur cette carte réalisée par le collectif "Or de question" vous pouvez observer les métastases industrielles qui se développent dans la forêt guyanaise, auxquelles il conviendrait de rajouter les centaines de "placers" clandestins aux extractions et moeurs encore plus néfastes. 

Et les dégats de cet "or-pillage" de la forêt guyanaise qui est de notre responsabilité commune autant que l'Amazonie est un héritage vivant universel à protéger, rayonnent bien au delà de leurs concessions territoriales, ne serait-ce que par les vectorisations de leurs impacts divers via l'aval de leurss bassins fluviaux où leurs voies logistiques d'approvisionnement par exemple. Je pense pour ne pas tomber dans le fanatisme d'un écologisme "hors sol" que seul peut être toléré un orpaillage artisanal et local aux concessions, moyens industriels et durées d'exploitation réduites et contrôlées de manière draconienne pour maitriser au maximum les impacts de lexploitation, la réhabilitation de ses sites et les retours locaux de son activité socio-économique.

Ce combat contre le dépecage de la Guyane par les industriels aurifères n'est pas seulement écologique et local, il est le symptôme d'un capitalisme mondialiste vampirique qui considère l'ensemble du vivant planétaire, humains compris, comme exploitable et consommable dans une vision à court terme et suicidaire. 

Aussi, toutes les résistances les plus diverses des peuples contre la marchandisation de leur sanctuaires, l'hégémonie militaro-politique d'une pensée unique mondilaiste et leur mise en esclavage économique par une ploutocratie internationale qui sont liées dans leur ennemi commun et leurs destinées de combat, doivent aujourd'hui s'unir en conscience pour défendre le projet d'un monde multipolaire respectueux de ses diversités et patrimoines indentitaires qu'ils soient naturels ou humains dans la restauration de leur harmonie originelle.

Voilà pourquoi, et pour répondre à celles et ceux qui me demandent souvent comment et pourquoi je suis passé de l'activisme indépendantsite breton au séparatisme donbassien en passant par le militantisme guyanais, je revendique avec la même ferveur et une cohérence métapolique intime dont mes pensées et mes actes ne sont que les rayons de la roue d'une destinée que je me suis choisie, cette rébellion permanente et souveraine contre la dictature de la marchandise en est à la fois le centre et les contours....

Erwan Castel

Il y a 10 ans, en Guyane , une autre vie mais un même combat ontologique qui continue aujourd'hui dans le Donbass, avec d'autres armes  

lundi 26 février 2018

"Holà marchons les gueux !"


Voilà magistralement résumée la rébellion du Donbass qui appartient, comme sa soeur aînée irlandaise à l'élite des vraies révolutions populaires qui balisent dans l'Histoire des Hommes le chemin de la dignité et de l'Honneur.

"La classe moyenne locale a sacrifié son intérêt à court terme – un bon salaire contre sa docilité – à l’idée qu’elle se fait de sa dignité et de son identité ; ou, si l’on préfère, elle a choisi son être contre son avoir. Cela est d’une grande portée révolutionnaire"

"Comprenons que les insurgés du Donbass sont des gens du peuple (mineurs et paysans) imprégnés de valeurs aristocratiques (...)."

"Une révolution de gueux qui se prennent en main sans recourir à quelque idéologie incapacitante de droite ou de gauche ne peut pas, ne doit pas réussir"

Si je ne suis pas d'accord avec la perspective d'une réintégration du Donbass dans l'Ukraine, je reconnais la justesse de la vision portée à cette révolte d'un peuple d'Europe contre la dictature amorale de la marchandise.

La vraie "Révolution de la dignité" ne s'est pas passé à Kiev, mais à Donetsk et Lugansk !

Erwan Castel

* Référence à un chant militaire, "le Kyrie des gueux" un lien ici : https://www.youtube.com/attribution_link?a=WPgBg6uCQqk&u=%2Fwatch%3Fv%3DjT8-e6CZ8x8%26feature%3Dshare


Source de l'article : Boulevard Voltaire

LE DONBASS, VOUS CONNAISSEZ ? 
ET POURTANT, CELA VOUS CONCERNE AUSSI



Thierry Thodinor
Fonctionnaire international

En quoi ce qui se passe au Donbass nous concerne-t-il ?

En ceci que, pour la première fois depuis les débuts de l’ère managériale contemporaine, une classe moyenne a « fait ce qu’une classe moyenne ne doit jamais faire », comme l’écrit si magistralement Zakhar Prilepine dans son dernier ouvrage Ceux du Donbass.

La classe moyenne locale a sacrifié son intérêt à court terme – un bon salaire contre sa docilité – à l’idée qu’elle se fait de sa dignité et de son identité ; ou, si l’on préfère, elle a choisi son être contre son avoir. Cela est d’une grande portée révolutionnaire.

Alors que la « révolution » du Maïdan, spectacle en mondovision et chef-d’œuvre d’ingéniérie sociale, s’achevait en un alignement de bon aloi sur le modèle socio-économique dominant, la « réaction » née du Donbass créait le précédent peu médiatique mais proprement inouï d’une auto-organisation populaire.

Comprenons que les insurgés du Donbass sont des gens du peuple (mineurs et paysans) imprégnés de valeurs aristocratiques, une illustration chimiquement pure de la « décence commune » orwellienne.

Alexandre Zakhartchenko (Александр Захарченко), président de la République autoproclamée du Donbass, était électromécanicien des mines quand il a pris son fusil et il est issu d’une lignée d’officiers cosaques dignes du panthéon militaire russe.

Cela fait de lui la synthèse vivante des deux héros de La Grande Illusion, le chef-d’œuvre de Renoir : l’ouvrier Maréchal et l’aristocrate de Boëldieu qui se battent (les bourgeois sont à l’arrière) parce qu’il y va de leur honneur et de la vie de leurs proches.

Aux premiers jours de l’insurrection, la bourgeoisie de Donetsk (managers, haute fonction publique) a migré vers Kiev, ne doutant pas que le bon peuple, livré à lui-même et donc au désespoir, implorerait sans tarder son retour. Rien n’est venu.

Contrairement à ce que ressasse la presse occidentale, l’intérêt russe n’est nullement de souffler sur les braises de l’insurrection : les oligarques moscovites ont été pris au dépourvu, leur soutien est de pure forme car leurs comptes en banque sont souvent à l’Ouest. Convertis de fraîche date aux délices du mondialisme bancaire, ils prient pour que retombe le soufflé insurrectionnel de Donetsk.

Le discrédit qui frappe les élites managériales est d’observation courante à Moscou comme à Washington et il serait dans la logique des choses que la ploutocratie, celle de l’Est comme celle de l’Ouest, voie d’un mauvais œil réussir une expérience de (vraie) démocratie populaire.

Une révolution de gueux qui se prennent en main sans recourir à quelque idéologie incapacitante de droite ou de gauche ne peut pas, ne doit pas réussir.

Il y a, dès lors, fort à parier que l’État russe facilitera la réintégration du Donbass à l’Ukraine, pour peu que les apparences soient sauves et que Mère Russie ne perde pas la face.

L’éléphant d’une révolution mondiale antisystème se cacherait-il derrière la scène du « fantasia chez les ploucs » ukrainien ?

Thierry Thodinor


samedi 6 janvier 2018

Le recours aux forêts


" Nous devons protéger la forêt, non pas simplement pour que le poêle ne devienne pas froid en hiver, mais pour que le pouls du peuple continue à battre dans une joyeuse chaleur vitale, pour que l'Europe reste européenne "

Wilhelm Heinrich Riehl

dimanche 25 octobre 2015

Pour une rébellion européenne

Du mythe à la réalité

Liberale Da Verona, L’enlèvement d’Europe, 1445-1523, huile sur bois, Paris, musée du Louvre. (détail)
Un jour, voulant dominer la petite fille de Poséidon, la belle Princesse phénicienne Europa, fille d'Agénor, le roi de Phénicie, le Maître dieu Zeus se métamorphosa en taureau, et, séduisant la jeune fille par l'apparente pureté de sa robe blanche, il l'enleva pour l'enfermer à Crête, dans son palais au milieu de l'océan...

Cette allégorie qui est un des mythes fondateurs de notre civilisation européenne illustre merveilleusement la ruse et met en garde les Hommes contre les apparences trompeuses et les séductions intéressées. 

L'Union Européenne, en quête de légitimité et de puissance, a eu l'outrecuidance de vouloir reprendre à son compte la symbolique de ce mythe. Or, qu'elle soit victime naïve ou Princesse chevauchant le taureau, on est en droit de se demander au premier abord pourquoi ce qui n'est sur le plan narratif qu'un abus de confiance, un enlèvement et un viol, symbolise t-il aujourd'hui l'Union Européenne, cette vassale de la ploutocratie mondialiste.!
Mais tout bien réfléchi, et surtout dans le contexte géopolitique actuel, le mythe est plutôt juste et devient même réalité, à la différence près que l'Union Européenne, cet organe technocratique servant les intérêts étasuniens, joue plutôt et sans conteste le rôle du taureau que de la victime !.

En effet, dans l'intention de satisfaire un vampirisme systémique vital, la thalassocratie étasunienne, héritière de la stratégie néocolonialiste britannique du XIXème siècle s'est lancé dans une hégémonie mondialiste visant à soumettre les peuples à son esclavage militaro industriel.
Dans cette conquête mondiale, il était nécessaire pour le Nouvel Ordre Mondial de prendre le contrôle du vieux continent, le divisant pour mieux le soumettre à sa volonté.
Les guerres mondiales vont permettre à la puissance militaro-industrielle étasunienne de se construire puis de soumettre l'Europe à ses intérêts, grâce à un scénario de Guerre Froide, dont on comprend aujourd'hui qu'il n'était que prétexte a forcer une dictature de la Pensée Unique dite "occidentale".

C'est ainsi que derrière le bouclier atlantiste immaculé dressé contre une Russie diabolisée, la ploutocratie mondialiste agitant le faux drapeau des dogmatiques "Droits de l'Homme" et de la "Démocratie" a pu légitimer depuis 70 ans la plus énorme conquête impérialiste de l'Histoire humaine...

Un projet d'asservissement nazi aux racines de l'Union Européenne.

Walter Hallstein: 
Un nazi Président de la Commission Européenne


Aujourd'hui l'Union Européenne, à laquelle sont soumis les politiques nationales, n'est plus qu'une administration non représentative dirigée par des hauts fonctionnaires au service des intérêts du Nouvel Ordre Mondial étasunien. Cette mise en esclavage des peuples a été rendue possible grâce à un formatage de la pensée, religieux, politique mais aussi culturel, bercée par la victoire contre le Nazisme et la vision d'un monde manichéen où les vainqueurs qui en écrivent l'histoire linéaire incarnent forcément le Bien luttant contre le Mal !
Et pourtant force est de constater que les principes dictatoriaux ont survécu au nazisme, pour servir le néocolonialisme étasunien...

Occupation militaire, asservissement économique par la dette, conditionnement culturel, diabolisation des identités naturelles, affaiblissement des indépendances politiques etc... autant de domaines convergeant vers une disparition des identités européennes au profit d'une vassalisation à la thalassocratie étasunienne.
Les exemples sont multiples et divers, du chewing gum du GI au projet TAFTA de l'UE pour démontrer que l'enlèvement de l'Europe, séduite par l'illusion libérale est bien une réalité !

Le projet Transatlantique analysé par Alain de Benoist


Ces deux fenêtres ouvertes sur la genèse et les projets futurs de l'Union européenne ne sont malheureusement pas isolés pour démontrer la responsabilité (volontaire ou non) de la stratégie mondialiste étasunienne dans les différentes crises frappant le Monde en général et l'Europe en particulier, et dans une dynamique d'effet domino : crise politique, crise économique,  crise migratoire, crise écologique, crise sociale, crise religieuse, crise morale etc...

Mais aujourd’hui, l'urgence a rejoint la gravité de la situation, car devant l'impossibilité d'imposer une vision unipolaire universelle, la politique entreprise par les ploutocrates de New York et les néo conservateurs de Washington, vient d'engager une stratégie du chaos recherchant une nouvelle division bipolaire qui cherche par un troisième conflit mondial a retarder son effondrement en détruisant ceux qui refusent son esclavage.

Désormais, le temps de la rébellion est arrivé...

De la réalité au mythe...

En 2014, dans un Donbass agressé militairement par les putschistes pro-occidentaux de Kiev, 
un peuple prend les armes pour refuser sa mise en esclavage et depuis, résiste toujours...

Souvent, des personnes me demandent pourquoi avoir choisi ce mot de "rébellion" pour désigner la résistance du peuple du Donbass au régime fasciste installé par les néo-conservateurs étasuniens à Kiev.

Ce choix sémantique, qui peut choquer des réactionnaires attachés à une obéissance de principe à tout Ordre établi, est pour moi très important, car il illustre à la fois la réaction de la population du Donbass dans toutes ses dimensions politique, historique et culturelle, mais aussi une des caractéristiques fondatrices de notre civilisation commune.

Car en effet, depuis la liberté d'expression défendue par l'agora grecque à l'esprit moderne de la Renaissance réfutant la domination des dogmes, l'Histoire européenne des idées se caractérise par sa capacité de se remettre en cause dans un amour passionnel de la liberté de pensée.


Les européens ont su défendre cet héritage libertaire au cours de leur histoire forgée à force de révoltes, insurrections, révolutions et résistances, innombrables et maturantes (tous ces noms sont d'ailleurs féminins)...

Mais de toutes ces déclinaisons de la dissidence, c'est le mot rébellion qui illustre selon moi le plus cet esprit européen éclairant toutes les libertés humaines...

Alain de Benoist, dans l'esprit du "Waldgang" jungerien, propose dans plusieurs études une définition du rebelle  (Pour le texte complet voir le lien à la fin de cet  article):

"Comme le révolté, le rebelle refuse l’ordre dominant du monde au sein duquel il a été jeté. Comme le révolutionnaire, il le refuse au nom d’un autre système de valeurs, d’une autre conception du monde, qu’il trouve en lui-même et dont il est le porteur. Cependant, contrairement au révolté ou au résistant, le rebelle tire avant tout de lui-même ce qui inspire son attitude. La révolte est liée à une situation, à une conjoncture qui en constitue la cause. Elle prend fin lorsque cette cause a disparu, et que la situation a changé.

La rébellion n’est pas seulement liée aux circonstances.

Elle est d’ordre existentiel. Le rebelle ressent physiquement l’imposture, il la ressent d’instinct. On devient révolté, mais on naît rebelle. 
Le rebelle est rebelle parce que tout autre mode d’existence lui est impossible. Le résistant cesse de résister quand il n’a plus les moyens de résister. Le rebelle, même emprisonné, continue d’être un rebelle. C’est pourquoi, s’il peut être perdant, il n’est jamais vaincu. Les rebelles ne peuvent pas toujours changer le monde. Le monde, lui, ne pourra jamais les changer.

Le rebelle peut être actif ou méditatif, homme de connaissance ou d’action. Sur le plan stratégique, il peut être lion ou renard, chêne ou roseau. Il y a des rebelles de
toutes sortes. Ce qu’ils ont en commun est une certaine capacité de dire non. Le rebelle est celui qui ne cède pas. Celui qui refuse, celui qui dit : je ne peux pas. Il est celui qui dédaigne ce que recherchent les autres : les honneurs, les intérêts, les privilèges, la reconnaissance sociale. A la table de jeu, il est celui qui ne joue pas le jeu. L’esprit du temps glisse sur lui comme la pluie sur les canards. Esprit libre, homme libre, il ne met rien au-dessus de la liberté. Il est la liberté même. « Est rebelle, écrit Jünger, quiconque est mis par la loi de sa nature en rapport avec la liberté » (2).

Face à un monde pour lequel il n’éprouve que mépris amusé ou dégoût affirmé, le rebelle ne peut se satisfaire de l’indifférence, car celle-ci est encore trop proche de la neutralité. Le rebelle est fait pour la lutte, fût-elle sans espoir. Le rebelle s’éprouve comme étranger au monde qu’il habite, mais sans jamais cesser de vouloir l’habiter : il sait qu’on ne peut nager à contre-courant qu’à condition de ne pas quitter le lit du fleuve. La distance intérieure qui est la sienne ne l’amène pas à refuser le contact, car il sait que ce contact est nécessaire à la lutte. Et s’il a « recours aux forêts », pour reprendre une expression connue, ce n’est pas pour s’y réfugier — bien qu’il soit souvent un proscrit —, mais pour y reprendre des forces vives. D’ailleurs, dit encore Ernst Jünger, « la forêt est partout présente. Il existe des forêts au désert comme dans les villes, où le Rebelle vit caché sous le masque de quelque profession. Il existe des forêts dans sa patrie, comme sur tout autre sol où peut se déployer sa résistance. Mais il existe surtout des forêts sur les arrières mêmes de l’ennemi ».

Le révolutionnaire entend parvenir à un but là où le rebelle incarne avant tout un état d’esprit et un style. Mais bien entendu, le rebelle sait aussi se fixer des objectifs. Par rapport au monde qui l’entoure, par rapport au « cours historique », c’est-à-dire à la conjoncture, il s’efforce d’identifier le moment favorable et de saisir ce moment.
Pour rompre l’encerclement, pour tenter d’introduire un grain de sable dans la machine, il raisonne sur des situations concrètes. En cela, il est avant tout mobile. Il mobilise la pensée, et il use d’une pensée mobile. Il n’est pas soldat, mais partisan. Il ne se tient pas derrière une ligne de front — il sait traverser tous les fronts.

Contre quoi doit-on se rebeller aujourd’hui ? Devant la montée de la pensée unique, devant la montée d’une vague prodigieuse de ce qu’il faut bien appeler le conformisme planétaire, devant les pathologies diverses qui affligent nos sociétés,
devant les menaces variées qui pèsent sur elles et assombrissent leur avenir, on n’a
que l’embarras du choix. Il me semble cependant que la plupart de ces phénomènes
vis-à-vis desquels nous cherchons à réagir ont en grande partie une cause commune, qu’ils se révèlent comme autant de conséquences d’une idéologie bien précise, idéologie séculaire et polymorphe que je propose d’appeler l’idéologie du Même."


Alain de Benoist, extrait d'une conférence "Rebelles et rébellions", Paris janvier 2002
____________

L'Union Européenne, à laquelle sont soumis les politiques nationales, n'est qu'une administration non représentative et dirigée par des hauts fonctionnaires au service des intérêts du Nouvel Ordre Mondial étasunien. Cette mise en esclavage des peuples a été rendue possible grâce à un formatage de la pensée, religieux, politique mais aussi culturel, bercée par la victoire contre le Nazisme et la vision d'un monde manichéen où les vainqueurs qui en écrivent l'histoire linéaire incarnent forcément le Bien luttant contre le Mal !
Et pourtant force est de constater que les principes dictatoriaux ont survécu au nazisme, pour servir le néocolonialisme étasunien...

Mais aujourd’hui, l'urgence a rejoint la gravité de la situation, car devant l'impossibilité d'imposer une vision unipolaire universelle, la politique entreprise par les ploutocrates de New York et les néo conservateurs de Washington, vient d'engager une stratégie du chaos recherchant une nouvelle division bipolaire qui cherche par un troisième conflit mondial a retarder son effondrement en détruisant ceux qui refusent son esclavage.

Désormais, le temps de la rébellion est arrivé...



"L'Europe ne se fera qu'au bord du tombeau"
Friedrich Nietzsche

Aujourd'hui, le système capitaliste mondialiste cherche à nous entraîner dans un chaos nihiliste, d'où il espère se maintenir seul au milieu des ruines... Cette stratégie suicidaire, pour satisfaire les intérêts fermés d'une élite ploutocrate, menace aujourd'hui nos identités et libertés mais également notre héritage plurimillénaire.

En 2014, un peuple inconnu aux confins de l'Ukraine et de la Russie allait contre toute attente refuser de se soumettre au Nouvel Ordre Mondial, et avec courage et humilité nous montrer le chemin de la Rébellion aussi bien armée contre une offensive militaire génocidaire, que métapolitique contre l'idéologie du Même et la dictature de la Pensée unique. Ce type de rébellion est possible lorsque est conservé dans les coeurs et la mémoire collective le rapport métaphysique entretenu de concert avec la patrie charnelle d'une part et la notion de Liberté d'autre part.

Voilà pourquoi les femmes et les hommes du Donbass, dont la capacité de résilience n'a d'égal que leur courage et leur humilité, de façon désintéressée et collective, ont écouté leur devoir hérité d'une longue Histoire transmise de génération en génération et l'appel de leurs coeurs qui refusaient l'humiliation de leur identité et l'Avenir de leurs enfants coupé de ses racines du Passé...

Cette rébellion n'est pas régionale ou même ukrainienne, elle est un tournant dans l'Histoire européenne, un réveil de conscience et un coup d'arrêt à l’expansionnisme dévastateur d'un mondialisme plongé dans une folle et meurtrière fuite en avant.

« L’inexorable encerclement de l’homme a été préparé de longue date par les théories qui visent à donner du monde une explication sans faille et logique, et qui progressent du même pas que les développements de la technique. On soumet d’abord l’adversaire à un investissement rationnel, puis à un investissement social, auquel succède, l’heure venue, son extermination. » Ernst Jünger : Traité du Rebelle ou le Recours aux forêts.1951

Dans la résistance à l'esclavage du Monde Moderne, les anticonformistes, libres penseurs, ou autres dissidents ne manquent pas, mais leurs analyses et combats sont souvent occultés voire marginalisés par la censure dictatoriale de la Pensée Unique contrôlant le mainstream médiatique, qui les condamnent à une quasi exclusion sociétale.

Il fallait une rupture... un grain de sable dans les rouages de ce fatalisme imposé par cette "Idéologie du Même" décrite par Alain de Benoist, et qui conditionne en hypnotisant par la "Société du spectacle" (Guy Debord 1967) les mentalités entraînées inexorablement vers l'esclavage consumériste du Monde moderne...


"No pasaran !"

Ce fut cette contestation populaire des bords de la Mer Noire qui, répondant au choc de l'Histoire survenu sur la Maïdan de Kiev durant l'hiver 2013-2014 va précipiter l'Histoire européenne. Réagissant au coup d'état fomenté par les USA et l'Union Européenne, le peuple russophone du Sud Est de l'Ukraine s'est dressé sur les limites de son sanctuaire, pour refuser sa soumission forcé à un système étranger bafouant son identité.

Mais pour que l'onde de choc se propage à travers le continent et réveille les consciences; à l'image du Donbass en mars 2014, il faut malheureusement attendre j'en ai bien peur, que les autres peuples européens soient confrontés au danger mortel de leur disparition (ce qui ne saurait tarder ...)

Car lorsque « la peur est remise à sa place d’interlocutrice, l’Homme peut à son tour prendre la parole. Il cesse alors de se croire cerné. Une autre solution que celle de l’automatisme se présentera à son esprit. C’est dire que désormais deux chemins s’ouvrent à lui, ou, en d’autres termes, que sa liberté de décision est restaurée »  Ernst Jünger : Traité du Rebelle ou le Recours aux forêts.1951





Les résistances héroïques menées en Syrie et dans le Donbass ont fait tombé le masque de l'impérialisme étasunien, et désormais l'haleine mortelle de la guerre plane dans une Europe a nouveau divisée par la cupidité et la haine.

Aujourd'hui, même si les combats continuent aux portes des Républiques libres de Novorossiya, sa population a ouvert aux peuples naturels du vieux Continent, le chemin de la reconquête européenne avec le soutien d'une Russie protectrice des valeurs civilisationnelles communes... 

Ce que je retiens de plus important dans cette rébellion, en dehors de son incontestable victoire militaire, c'est sa dimension fédératrice et novatrice, réunissant des énergies humaines tournées vers la création d'une société nouvelle par delà les idéologies du passé, tout en respectant leurs héritages... En cela la "révolution conservatrice" du Donbass est un exemple à méditer et à suivre sous toutes les déclinaisons possibles du combat contre le libéralisme, chacune adaptée à sa situation particulière (courant de pensée, information, opposition politique, résistance passive, subversion, lutte armée etc...)

Le dernier acte de la tragédie du capitalisme mondialiste vient donc de s'ouvrir sur son effondrement systémique, mais cela risque d'être douloureux car le  "Nouvel Ordre Mondial" agonisant n'a jamais été aussi dangereux pour la Paix mondiale qu'en ce moment, confirmant chaque jour l'adage russe qui affirme que "c'est lorsqu'il se noie q'un monstre fait les plus grosses vagues !"

Il y aura donc dans l'Histoire de l'Europe et de la thalassocratie étasunienne, un "avant" et un "après Donbass" et aujourd'hui, la fille d'Agenor doit reprendre son destin en main et rapidement si elle ne veut pas disparaître avec ce nouveau Léviathan dans le néant et l'opprobre de l'Histoire...


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


"Nous sommes l'Europe !"

__________

Sur l'influence américaine en Europe, voir également la conférence donnée par François Asselineau le 18 Janvier 2015 à Saint Ouen :

__________



Sources de l'article

Sur le mythe de l'enlèvement d'Europa :
- Site Wikipédia, le lien : ICI
- Site du CRDP, le lien : ICI
- Site Taurillon.org, le lien : ICI

Sur Walter Hallstein :
- Site Youtube le lien : ICI

Sur le Tafta
- Site Youtube le lien : ICI

Sur la figure du "Rebelle"
Blog sur Alain de Benoist, le lien : ICI et en PDF :ICI

Sur l'Europe
- Nous sommes l'Europe , le lien : ICI

Sur l'influence américaine dans les institutions
 Site Youtube le lien :  Part 1Part 2Part 3, et Part 4





Pour une rébellion européenne

Du mythe à la réalité

Liberale Da Verona, L’enlèvement d’Europe, 1445-1523, huile sur bois, Paris, musée du Louvre. (détail)
Un jour, voulant dominer la petite fille de Poséidon, la belle Princesse phénicienne Europa, fille d'Agénor, le roi de Phénicie, le Maître dieu Zeus se métamorphosa en taureau, et, séduisant la jeune fille par l'apparente pureté de sa robe blanche, il l'enleva pour l'enfermer à Crête, dans son palais au milieu de l'océan...

Cette allégorie qui est un des mythes fondateurs de notre civilisation européenne illustre merveilleusement la ruse et met en garde les Hommes contre les apparences trompeuses et les séductions intéressées. 

L'Union Européenne, en quête de légitimité et de puissance, a eu l'outrecuidance de vouloir reprendre à son compte la symbolique de ce mythe. Or, qu'elle soit victime naïve ou Princesse chevauchant le taureau, on est en droit de se demander au premier abord pourquoi ce qui n'est sur le plan narratif qu'un abus de confiance, un enlèvement et un viol, symbolise t-il aujourd'hui l'Union Européenne, cette vassale de la ploutocratie mondialiste.!
Mais tout bien réfléchi, et surtout dans le contexte géopolitique actuel, le mythe est plutôt juste et devient même réalité, à la différence près que l'Union Européenne, cet organe technocratique servant les intérêts étasuniens, joue plutôt et sans conteste le rôle du taureau que de la victime !.

En effet, dans l'intention de satisfaire un vampirisme systémique vital, la thalassocratie étasunienne, héritière de la stratégie néocolonialiste britannique du XIXème siècle s'est lancé dans une hégémonie mondialiste visant à soumettre les peuples à son esclavage militaro industriel.
Dans cette conquête mondiale, il était nécessaire pour le Nouvel Ordre Mondial de prendre le contrôle du vieux continent, le divisant pour mieux le soumettre à sa volonté.
Les guerres mondiales vont permettre à la puissance militaro-industrielle étasunienne de se construire puis de soumettre l'Europe à ses intérêts, grâce à un scénario de Guerre Froide, dont on comprend aujourd'hui qu'il n'était que prétexte a forcer une dictature de la Pensée Unique dite "occidentale".

C'est ainsi que derrière le bouclier atlantiste immaculé dressé contre une Russie diabolisée, la ploutocratie mondialiste agitant le faux drapeau des dogmatiques "Droits de l'Homme" et de la "Démocratie" a pu légitimer depuis 70 ans la plus énorme conquête impérialiste de l'Histoire humaine...

Un projet d'asservissement nazi aux racines de l'Union Européenne.

Walter Hallstein: 
Un nazi Président de la Commission Européenne


Aujourd'hui l'Union Européenne, à laquelle sont soumis les politiques nationales, n'est plus qu'une administration non représentative dirigée par des hauts fonctionnaires au service des intérêts du Nouvel Ordre Mondial étasunien. Cette mise en esclavage des peuples a été rendue possible grâce à un formatage de la pensée, religieux, politique mais aussi culturel, bercée par la victoire contre le Nazisme et la vision d'un monde manichéen où les vainqueurs qui en écrivent l'histoire linéaire incarnent forcément le Bien luttant contre le Mal !
Et pourtant force est de constater que les principes dictatoriaux ont survécu au nazisme, pour servir le néocolonialisme étasunien...

Occupation militaire, asservissement économique par la dette, conditionnement culturel, diabolisation des identités naturelles, affaiblissement des indépendances politiques etc... autant de domaines convergeant vers une disparition des identités européennes au profit d'une vassalisation à la thalassocratie étasunienne.
Les exemples sont multiples et divers, du chewing gum du GI au projet TAFTA de l'UE pour démontrer que l'enlèvement de l'Europe, séduite par l'illusion libérale est bien une réalité !

Le projet Transatlantique analysé par Alain de Benoist


Ces deux fenêtres ouvertes sur la genèse et les projets futurs de l'Union européenne ne sont malheureusement pas isolés pour démontrer la responsabilité (volontaire ou non) de la stratégie mondialiste étasunienne dans les différentes crises frappant le Monde en général et l'Europe en particulier, et dans une dynamique d'effet domino : crise politique, crise économique,  crise migratoire, crise écologique, crise sociale, crise religieuse, crise morale etc...

Mais aujourd’hui, l'urgence a rejoint la gravité de la situation, car devant l'impossibilité d'imposer une vision unipolaire universelle, la politique entreprise par les ploutocrates de New York et les néo conservateurs de Washington, vient d'engager une stratégie du chaos recherchant une nouvelle division bipolaire qui cherche par un troisième conflit mondial a retarder son effondrement en détruisant ceux qui refusent son esclavage.

Désormais, le temps de la rébellion est arrivé...

De la réalité au mythe...

En 2014, dans un Donbass agressé militairement par les putschistes pro-occidentaux de Kiev, 
un peuple prend les armes pour refuser sa mise en esclavage et depuis, résiste toujours...

Souvent, des personnes me demandent pourquoi avoir choisi ce mot de "rébellion" pour désigner la résistance du peuple du Donbass au régime fasciste installé par les néo-conservateurs étasuniens à Kiev.

Ce choix sémantique, qui peut choquer des réactionnaires attachés à une obéissance de principe à tout Ordre établi, est pour moi très important, car il illustre à la fois la réaction de la population du Donbass dans toutes ses dimensions politique, historique et culturelle, mais aussi une des caractéristiques fondatrices de notre civilisation commune.

Car en effet, depuis la liberté d'expression défendue par l'agora grecque à l'esprit moderne de la Renaissance réfutant la domination des dogmes, l'Histoire européenne des idées se caractérise par sa capacité de se remettre en cause dans un amour passionnel de la liberté de pensée.


Les européens ont su défendre cet héritage libertaire au cours de leur histoire forgée à force de révoltes, insurrections, révolutions et résistances, innombrables et maturantes (tous ces noms sont d'ailleurs féminins)...

Mais de toutes ces déclinaisons de la dissidence, c'est le mot rébellion qui illustre selon moi le plus cet esprit européen éclairant toutes les libertés humaines...

Alain de Benoist, dans l'esprit du "Waldgang" jungerien, propose dans plusieurs études une définition du rebelle  (Pour le texte complet voir le lien à la fin de cet  article):

"Comme le révolté, le rebelle refuse l’ordre dominant du monde au sein duquel il a été jeté. Comme le révolutionnaire, il le refuse au nom d’un autre système de valeurs, d’une autre conception du monde, qu’il trouve en lui-même et dont il est le porteur. Cependant, contrairement au révolté ou au résistant, le rebelle tire avant tout de lui-même ce qui inspire son attitude. La révolte est liée à une situation, à une conjoncture qui en constitue la cause. Elle prend fin lorsque cette cause a disparu, et que la situation a changé.

La rébellion n’est pas seulement liée aux circonstances.

Elle est d’ordre existentiel. Le rebelle ressent physiquement l’imposture, il la ressent d’instinct. On devient révolté, mais on naît rebelle. 
Le rebelle est rebelle parce que tout autre mode d’existence lui est impossible. Le résistant cesse de résister quand il n’a plus les moyens de résister. Le rebelle, même emprisonné, continue d’être un rebelle. C’est pourquoi, s’il peut être perdant, il n’est jamais vaincu. Les rebelles ne peuvent pas toujours changer le monde. Le monde, lui, ne pourra jamais les changer.

Le rebelle peut être actif ou méditatif, homme de connaissance ou d’action. Sur le plan stratégique, il peut être lion ou renard, chêne ou roseau. Il y a des rebelles de
toutes sortes. Ce qu’ils ont en commun est une certaine capacité de dire non. Le rebelle est celui qui ne cède pas. Celui qui refuse, celui qui dit : je ne peux pas. Il est celui qui dédaigne ce que recherchent les autres : les honneurs, les intérêts, les privilèges, la reconnaissance sociale. A la table de jeu, il est celui qui ne joue pas le jeu. L’esprit du temps glisse sur lui comme la pluie sur les canards. Esprit libre, homme libre, il ne met rien au-dessus de la liberté. Il est la liberté même. « Est rebelle, écrit Jünger, quiconque est mis par la loi de sa nature en rapport avec la liberté » (2).

Face à un monde pour lequel il n’éprouve que mépris amusé ou dégoût affirmé, le rebelle ne peut se satisfaire de l’indifférence, car celle-ci est encore trop proche de la neutralité. Le rebelle est fait pour la lutte, fût-elle sans espoir. Le rebelle s’éprouve comme étranger au monde qu’il habite, mais sans jamais cesser de vouloir l’habiter : il sait qu’on ne peut nager à contre-courant qu’à condition de ne pas quitter le lit du fleuve. La distance intérieure qui est la sienne ne l’amène pas à refuser le contact, car il sait que ce contact est nécessaire à la lutte. Et s’il a « recours aux forêts », pour reprendre une expression connue, ce n’est pas pour s’y réfugier — bien qu’il soit souvent un proscrit —, mais pour y reprendre des forces vives. D’ailleurs, dit encore Ernst Jünger, « la forêt est partout présente. Il existe des forêts au désert comme dans les villes, où le Rebelle vit caché sous le masque de quelque profession. Il existe des forêts dans sa patrie, comme sur tout autre sol où peut se déployer sa résistance. Mais il existe surtout des forêts sur les arrières mêmes de l’ennemi ».

Le révolutionnaire entend parvenir à un but là où le rebelle incarne avant tout un état d’esprit et un style. Mais bien entendu, le rebelle sait aussi se fixer des objectifs. Par rapport au monde qui l’entoure, par rapport au « cours historique », c’est-à-dire à la conjoncture, il s’efforce d’identifier le moment favorable et de saisir ce moment.
Pour rompre l’encerclement, pour tenter d’introduire un grain de sable dans la machine, il raisonne sur des situations concrètes. En cela, il est avant tout mobile. Il mobilise la pensée, et il use d’une pensée mobile. Il n’est pas soldat, mais partisan. Il ne se tient pas derrière une ligne de front — il sait traverser tous les fronts.

Contre quoi doit-on se rebeller aujourd’hui ? Devant la montée de la pensée unique, devant la montée d’une vague prodigieuse de ce qu’il faut bien appeler le conformisme planétaire, devant les pathologies diverses qui affligent nos sociétés,
devant les menaces variées qui pèsent sur elles et assombrissent leur avenir, on n’a
que l’embarras du choix. Il me semble cependant que la plupart de ces phénomènes
vis-à-vis desquels nous cherchons à réagir ont en grande partie une cause commune, qu’ils se révèlent comme autant de conséquences d’une idéologie bien précise, idéologie séculaire et polymorphe que je propose d’appeler l’idéologie du Même."


Alain de Benoist, extrait d'une conférence "Rebelles et rébellions", Paris janvier 2002
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L'Union Européenne, à laquelle sont soumis les politiques nationales, n'est qu'une administration non représentative et dirigée par des hauts fonctionnaires au service des intérêts du Nouvel Ordre Mondial étasunien. Cette mise en esclavage des peuples a été rendue possible grâce à un formatage de la pensée, religieux, politique mais aussi culturel, bercée par la victoire contre le Nazisme et la vision d'un monde manichéen où les vainqueurs qui en écrivent l'histoire linéaire incarnent forcément le Bien luttant contre le Mal !
Et pourtant force est de constater que les principes dictatoriaux ont survécu au nazisme, pour servir le néocolonialisme étasunien...

Mais aujourd’hui, l'urgence a rejoint la gravité de la situation, car devant l'impossibilité d'imposer une vision unipolaire universelle, la politique entreprise par les ploutocrates de New York et les néo conservateurs de Washington, vient d'engager une stratégie du chaos recherchant une nouvelle division bipolaire qui cherche par un troisième conflit mondial a retarder son effondrement en détruisant ceux qui refusent son esclavage.

Désormais, le temps de la rébellion est arrivé...



"L'Europe ne se fera qu'au bord du tombeau"
Friedrich Nietzsche

Aujourd'hui, le système capitaliste mondialiste cherche à nous entraîner dans un chaos nihiliste, d'où il espère se maintenir seul au milieu des ruines... Cette stratégie suicidaire, pour satisfaire les intérêts fermés d'une élite ploutocrate, menace aujourd'hui nos identités et libertés mais également notre héritage plurimillénaire.

En 2014, un peuple inconnu aux confins de l'Ukraine et de la Russie allait contre toute attente refuser de se soumettre au Nouvel Ordre Mondial, et avec courage et humilité nous montrer le chemin de la Rébellion aussi bien armée contre une offensive militaire génocidaire, que métapolitique contre l'idéologie du Même et la dictature de la Pensée unique. Ce type de rébellion est possible lorsque est conservé dans les coeurs et la mémoire collective le rapport métaphysique entretenu de concert avec la patrie charnelle d'une part et la notion de Liberté d'autre part.

Voilà pourquoi les femmes et les hommes du Donbass, dont la capacité de résilience n'a d'égal que leur courage et leur humilité, de façon désintéressée et collective, ont écouté leur devoir hérité d'une longue Histoire transmise de génération en génération et l'appel de leurs coeurs qui refusaient l'humiliation de leur identité et l'Avenir de leurs enfants coupé de ses racines du Passé...

Cette rébellion n'est pas régionale ou même ukrainienne, elle est un tournant dans l'Histoire européenne, un réveil de conscience et un coup d'arrêt à l’expansionnisme dévastateur d'un mondialisme plongé dans une folle et meurtrière fuite en avant.

« L’inexorable encerclement de l’homme a été préparé de longue date par les théories qui visent à donner du monde une explication sans faille et logique, et qui progressent du même pas que les développements de la technique. On soumet d’abord l’adversaire à un investissement rationnel, puis à un investissement social, auquel succède, l’heure venue, son extermination. » Ernst Jünger : Traité du Rebelle ou le Recours aux forêts.1951

Dans la résistance à l'esclavage du Monde Moderne, les anticonformistes, libres penseurs, ou autres dissidents ne manquent pas, mais leurs analyses et combats sont souvent occultés voire marginalisés par la censure dictatoriale de la Pensée Unique contrôlant le mainstream médiatique, qui les condamnent à une quasi exclusion sociétale.

Il fallait une rupture... un grain de sable dans les rouages de ce fatalisme imposé par cette "Idéologie du Même" décrite par Alain de Benoist, et qui conditionne en hypnotisant par la "Société du spectacle" (Guy Debord 1967) les mentalités entraînées inexorablement vers l'esclavage consumériste du Monde moderne...


"No pasaran !"

Ce fut cette contestation populaire des bords de la Mer Noire qui, répondant au choc de l'Histoire survenu sur la Maïdan de Kiev durant l'hiver 2013-2014 va précipiter l'Histoire européenne. Réagissant au coup d'état fomenté par les USA et l'Union Européenne, le peuple russophone du Sud Est de l'Ukraine s'est dressé sur les limites de son sanctuaire, pour refuser sa soumission forcé à un système étranger bafouant son identité.

Mais pour que l'onde de choc se propage à travers le continent et réveille les consciences; à l'image du Donbass en mars 2014, il faut malheureusement attendre j'en ai bien peur, que les autres peuples européens soient confrontés au danger mortel de leur disparition (ce qui ne saurait tarder ...)

Car lorsque « la peur est remise à sa place d’interlocutrice, l’Homme peut à son tour prendre la parole. Il cesse alors de se croire cerné. Une autre solution que celle de l’automatisme se présentera à son esprit. C’est dire que désormais deux chemins s’ouvrent à lui, ou, en d’autres termes, que sa liberté de décision est restaurée »  Ernst Jünger : Traité du Rebelle ou le Recours aux forêts.1951





Les résistances héroïques menées en Syrie et dans le Donbass ont fait tombé le masque de l'impérialisme étasunien, et désormais l'haleine mortelle de la guerre plane dans une Europe a nouveau divisée par la cupidité et la haine.

Aujourd'hui, même si les combats continuent aux portes des Républiques libres de Novorossiya, sa population a ouvert aux peuples naturels du vieux Continent, le chemin de la reconquête européenne avec le soutien d'une Russie protectrice des valeurs civilisationnelles communes... 

Ce que je retiens de plus important dans cette rébellion, en dehors de son incontestable victoire militaire, c'est sa dimension fédératrice et novatrice, réunissant des énergies humaines tournées vers la création d'une société nouvelle par delà les idéologies du passé, tout en respectant leurs héritages... En cela la "révolution conservatrice" du Donbass est un exemple à méditer et à suivre sous toutes les déclinaisons possibles du combat contre le libéralisme, chacune adaptée à sa situation particulière (courant de pensée, information, opposition politique, résistance passive, subversion, lutte armée etc...)

Le dernier acte de la tragédie du capitalisme mondialiste vient donc de s'ouvrir sur son effondrement systémique, mais cela risque d'être douloureux car le  "Nouvel Ordre Mondial" agonisant n'a jamais été aussi dangereux pour la Paix mondiale qu'en ce moment, confirmant chaque jour l'adage russe qui affirme que "c'est lorsqu'il se noie q'un monstre fait les plus grosses vagues !"

Il y aura donc dans l'Histoire de l'Europe et de la thalassocratie étasunienne, un "avant" et un "après Donbass" et aujourd'hui, la fille d'Agenor doit reprendre son destin en main et rapidement si elle ne veut pas disparaître avec ce nouveau Léviathan dans le néant et l'opprobre de l'Histoire...


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


"Nous sommes l'Europe !"

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Sur l'influence américaine en Europe, voir également la conférence donnée par François Asselineau le 18 Janvier 2015 à Saint Ouen :

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Sources de l'article

Sur le mythe de l'enlèvement d'Europa :
- Site Wikipédia, le lien : ICI
- Site du CRDP, le lien : ICI
- Site Taurillon.org, le lien : ICI

Sur Walter Hallstein :
- Site Youtube le lien : ICI

Sur le Tafta
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Sur la figure du "Rebelle"
Blog sur Alain de Benoist, le lien : ICI et en PDF :ICI

Sur l'Europe
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