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dimanche 2 mai 2021

2 civils grièvement blessés

SITREP du front du Donbass au 1er mai 2021

Aujourd'hui 1er mai 2021, outre le fait que les forces ukrainiennes comme à leur accoutumé continuent de violer en toute impunité le cessez le feu même durant cette trêve de Pâques, le front du Donbass a été marqué par l'explosion d'un couple de retraités sur une mine ukrainienne qui avait été dispersée par des lanceurs du génie de combat dans leur quartier résidentiel près de la mine Gagarine  (Ouest de Gorlovka). L'homme et la femme âgés de 67 et 65 ans ont du être amputés au niveau des membres inférieurs.
  

C'était il y a 7 ans... 

Alors que les combats avaient déjà commencé autour de Slaviansk au Nord de ce qui n'était encore que l'oblast (région) de Donetsk, des soudards nationalistes ukrainiens précédant les unités régulières de l' "Opération Spéciale Antiterroriste" lancée par le pasteur-président Turtchinov contre les russes du Donbass (15 avril) approchaient de Donetsk, où les manifestants pro-Maïdan venaient d'être chassés de la cité par ses habitants. 

A Krasnoarmeisk, rebaptisé aujourd'hui Pokrovsk par le régime de Kiev (50 km au Nord Est de Donetsk) a eu lieu le 1er mai 2014 l'attaque par des militants néo-nazis de Prayvi Sector d'un barrage de manifestants pro-russes. Quelques jours plus tard, toujours à Krasnoarmeisk, ces soudards déclencheront le 11 mai une nouvelle fusillade meurtrière pour empêcher la tenue du référendum populaire...

1er mai 2014, Prayvi Sector attaque un barrage de 
manifestants à Krasnoarmeisk

Sur le front du Donbass...

Aujourd'hui

1er mai 2021

💥 1er mai 21, 06h12: bombardement ukrainien au mortier du quartier de Volvo Center (Nord Donetsk) depuis Peski.  14 obus de 120mm et 6 obus de 82mm tirés.  

💥 1er mai 21, 06h35: bombardement ukrainien au mortier du village de Zheleznaïa Balka (Ouest Gorlovka) depuis Novgorod. 20 obus de 82mm tirés.

1er mai 21, au matin, tirs ukrainiens sur les villages de 
Trudovsky et Aleksandrovka, au Sud Ouest de Donetsk 

❗️ 1er mai 21, en matinée , 2 civils âgés, un homme et une femme, ont été grièvement blessés par un engin explosif alors qu'ils faisaient paître leur bétail dans une zone forestière en périphérie Ouest de Gorlovka, rue Yasnaya. Grigory K. 67 ans a dû subir une amputation d'un pied quant à son épouse Nataliza K. 65 ans elle a été amputée d'une jambe.

💥 1er mai 21, 17h52: bombardement ukrainien au mortier du village minier de Gagarine (Ouest Gorlovka) depuis Leninskoe. 10 obus de 82mm tirés. 

💥 1er mai 21, 18h30: bombardement ukrainien du village de Molodejnoe (front de Lugansk, secteur Stakhanov) depuis Katerinovka. 4 roquettes RPG et 24 grenades AGS tirées.

💥 1er mai 21, 20h42: bombardement ukrainien du village de Novo Tavria (front Sud de la RPD) depuis Vodyanoe. 24 grenades autopropulsées AGS tirées.

💥1er mai 21, 23h05: bombardement ukrainien du village de Donetskoe (Front de Lugansk, secteur Stakhanov) depuis Prichepilovka. 5 roquettes RPG tirées.

 Hier

30 avril 2021

SITREP du front de Donetsk au 30 avril 2021

💥 30 avril 21, 07h30: bombardement ukrainien du quartier de Zhabunki (Nord Donetsk) depuis Peski. 2 obus de SPG 9 (73mm) tirés.

💥30 avril 21, 08h03: bombardement ukrainien au mortier du village de Staromikhaïlovka (Ouest Donetsk) depuis Krasnogorovka: 12 obus de 82 mm tirés.

💥 30 avril 21, 10h30: bombardement ukrainien du village de Grigorovka (Sud RPD, front de Telmanovo) depuis Granitnoe. Tirs de mitrailleuse lourde et grenades à fusil.

💥 30 avril 21,  18h35 – bombardement ukrainien du village de Spartak (Nord Donetsk) depuis Peski. 40 obus de ZSU (23mm) et 6 grenades autopropulsées AGS (30mm)

💥 30 avril 21, 18h40: bombardement ukrainien au mortier des quartiers Nord et Nord Ouest de Donetsk. Des tirs de mortiers arrivent dans le quartier résidentiel Est d'Oktyabrsky.

❗️ Un enfant de 13 ans a été blessé dans le quartier 15 d'Oktyabrsky (District de Kievsky au Nord de Donetsk).

💥 30 avril 21, 20h00: bombardement ukrainien du village de Petrovskoe (AuFront Sud RPD, secteur Volnovakha) depuis Starohnativka. 6 roquettes RPG 7 tirées.


Du côté de l'OTAN...

Comme chaque jour depuis bientôt 2 mois, les aéronefs de reconnaissance de l'OTAN continuent de voler H24 le long des côtes russes et de la ligne de front du Donbass pour à la fois observer et tester les réactions d'interception électronique ou aérienne de la défense russe.

Ainsi par exemple :

1er mai 21, en matinée, missions de reconnaissance de l'OTAN le longs des 
régions russes de Crimée et Krasnodar avec 2 drones stratégiques RQ-4 
"Global Hawk" de l'US Air Force (indicatifs "Force 10" et "Gingr 68").

1er mai 21, en milieu de journée, les 2 drones "Global Hawk" étasuniens sont 
rejoint dans leur zone d'exploration par 1 Boeing P-8A "Poseidon" et 1 
Lockheed Martin MC-130J Super Hercules  (indicatif BADGR41).

1er mai 21, en réaction un avion de la défense russe Tupolev Tu-204-300 spécialisé
dans la guerre électronique décollant de la région de Krasnodar se dirige vers les fouineurs

1er mai 21, dans l'après midi les 2drones "Global Hawk" avant de s'en
retourner vers leur base de Sigonella en Sicile, ont rejoint l'espace
aérien ukrainien pour réaliser une mission d'observation de la 
ligne de front du Donbass mais aussi des régions russes limitrophes 
sachant que la portée des instruments électroniques est de 200 à 250 km.




2 articles intéressants sur le SWIFT : 

"arme de destruction massive ou monstre aux pieds d'argile ?" 


samedi 1 mai 2021

La ploutocratie bandit son épée de Damoclès !

 

Sur le front économique...

Les occidentaux par la voix mielleuse de leur contremaître bruxellois aux ordres de Washington viennent de menacer Moscou d'une déconnection du réseau SWIFT en cas d'action militaire russe en Ukraine.

Sur l'échiquier géostratégique post moderne la confrontation idéologique est devenue dans le jeu occidental un filigrane à peine visible et qui limite désormais le champ politique à des actions exclusivement économiques ou militaires, les généraux venant alors au secours des capitaines d'industries lorsque leur vampirisme capitaliste ne peut plus conquérir de nouveaux marchés, s'épuise ou est menacé par la concurrence.

Et si aujourd'hui, par ses dépendances internationales (notamment dans les énergies vitales) l'économie moderne est plus que jamais une cible facile pour affaiblir des puissances concurrentes, comme le montrent les blocus et sanctions économiques tissés atour de la Russie et de ses alliés, les systèmes de gestion internationaux financiers et bancaires tel que le SWIFT sont à l'arsenal économique ce que la bombe nucléaire est à l'arsenal militaire. 

En effet le système SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Télécommunication), est devenu depuis sa création en 1973 le 1er fournisseur mondial de services de messagerie financière sécurisés. Ce système financier mondial, présent dans plus de 200 pays et territoires dessert 11.000 institutions à travers le globe mais qui en retour dépendent complétement de son bon fonctionnement. Et même si le SWIFT est une entreprise privée, ce sont les occidentaux qui contrôlent cette clef de voute de l'économie internationale autant que des économies nationales (depuis le 11 sept au nom du "contrôle des opérations financières des organisations terroristes"), comme ils l'ont prouvé en faisant déconnecter l'Iran de ce système qui peut donc devenir une épée de Damoclès au dessus des pays non alignés.

Ce n'est pas la première fois que l'arme du SWIFT est pointée en direction de la Russie: 

  • en 2014 l'UE avait déjà usé de cette menace au lendemain du référendum de Crimée (résolution 2014/2841(RSP), en  proposant «d’envisager l’exclusion de la Russie de la coopération nucléaire civile et du système Swift» , 
  • n'en déplaise aux trumpinolâtres, leur idole étasunienne certes moins agressive que ses prédécesseur et successeur démocrates avait utilisé cette menace pour faire abandonner des entreprises coopérant au projet gazier russe "North Stream 2"
  • etc.

C'est exactement ce qu'à voulu faire comprendre à nouveau le Parlement européen ce 29 avril lorsque votant à la majorité la résolution «sur la Russie, le cas Alexeï Navalny, la concentration de troupes à la frontière ukrainienne et les attaques russes contre la République tchèque», il a envisagé entre autres nouvelles sanctions économiques de déconnecter la Russie du système de paiement SWIFT en cas d'action militaire russe en Ukraine. 

Le problème de cette arme de destruction massive économique qui est l'exemple paroxysmique d'une extraterritorialité étasunienne illégale et abusive, c'est qu'elle impacte également en retour et plus encore que les sanctions économiques "classiques" les pays qui l'emploient, pour exemple les pays européens qui ont du mettre en place une alternative au Swift pour protéger leurs échanges régionaux internes et internationaux avec l'Iran. 

Aujourd'hui nombre de pays dans le collimateur de l'impérialisme financier étasunien ont développé des systèmes alternatifs au SWIFT (Chine, Russie, Iran...), certes moins performants mais qui permettent déjà de contourner ce système corrompu par l'idéologie mondialiste et ainsi éviter l'asphyxie économique des pays comme celle de l'Irak qui a été mis à genoux par la guerre économique menée contre sa population avant de recevoir le coup de grâce de la coalition militaire occidentale.

La Russie a aussitôt réagi à cette menace en minimisant les effets d'une éventuelle déconnexion du SWIFT grâce aux alternatives mises en place par le gouvernement depuis la crise du rouble de 2014-2015. 

Certes mais l'impact sera quand même réel, n'en déplaise à la propagande moscovite qui aime dire dans un stoïcisme adressant aux yankees des "même pas mal !" "staloniens", surtout que la Russie accuse le coup des multiples sanctions subies depuis 2014 et au milieu d'une crise économique mondiale et que les menaces nouvelles ne concernent pas que le SWIFT mais aussi:

  • La mise à l’arrêt des importations de pétrole et de gaz russes,
  • le gel de «tous les avoirs dans l’Union européenne d’oligarques proches des autorités russes et de leurs familles» et l’annulation de leurs visas 
  • l'arrêt de la réalisation du gazoduc Nord Stream 2
  • ’arrêt de la construction de centrales nucléaires controversées par Rosatom...

Et les raisons de cette hystérie économique russophobe occidentale dépassent largement le dossier de la crise ukrainienne mais s'inscrivent bien dans une nouvelle guerre froide entre un monde unipolaire occidental et un monde multipolaire emmené par la Russie, la Chine l'Iran et nombre d'autres pays "non alignés" comme le sous entend clairement la résolution de l'UE du 29 avril lorsqu'elle souligne à son paragraphe "F":

"les pays occidentaux ont adopté plusieurs vagues de sanctions à l’encontre de la Russie, qui se sont traduites par des contre-sanctions russes en représailles; que cette spirale de sanctions n’a pas atteint son objectif, à savoir provoquer des changements politiques".

Personnellement, au vu du contexte particulier ukrainien, je considère que ces nouvelles sanctions économiques occidentales évoquées sont autant destinées à Moscou pour qui elles sont des menaces qu'à Kiev pour qui elles sont des garanties de soutien en cas de conflit militaire avec Moscou. Et le prétexte Navalny qui occupe obsessionnellement tout un ensemble de paragraphes soporifiques de la résolution n'est qu'un écran de fumée destiné à cacher l'objectif réel occidental : encourager l'Ukraine à attaquer le Donbass !

Pour cela j'apparente complétement cette résolution d'ordre économique de l'UE à celle, militaire, présentée par l'OTAN à ses "alliés non intégrés" ukrainiens début avril

Ainsi sans prendre part directement à un éventuel conflit russo-ukrainien les occidentaux garantissent à Kiev (en plus des aides politiques, financières, logistiques et de renseignement) de mettre en place:

  • Une zone d'exclusion aérienne au dessus de l'Ukraine pour circonscrire le conflit au Donbass et protéger ainsi l'acquis territorial de l'OTAN,
  • Une zone d'exclusion économique au dessus de la Russie si ses forces militaires se portent au secours des milices républicaines,
Pour conclure avec cette dimension économique de la guerre froide 2.0 entre Washington et Moscou je pense que les occidentaux, qui auront beaucoup plus à gagner qu'à perdre en cas d'aventure ukrainienne contre la Russie, disent à leur laquais kiévien : 

"vas y petit, il faut la mériter ta place dans l'OTAN et puis tu sais, on protège tes arrières ! ait confiaaaaaaaaaaance !"  

Erwan Castel

mercredi 14 avril 2021

Le coeur des guerres

Le géopoliticien belge Michel Collon, décortiquant la propagande de guerre occidentale, rappelait en premier premier mensonge politico médiatique établi, que l'impérialisme occidental cherche toujours à cacher les intérêts économiques qui, en réalité motivent ses croisades militaires, et je trouve pertinent de rappeler une nouvelle fois ici :

Les 5 principes de la propagande de guerre

Observation: à ces 5 principes de la propagande de guerre énoncés par Michel Collon (cacher les intérêts, oublier l'Histoire, diaboliser l'ennemi, victimiser l'ami, contrôler l'information) je me permets de rajouter celui de légaliser la pensée unique en organisant un arsenal juridique contre tous ceux qui s'opposent à ses mensonges ou ses décisions politiques arbitraires.

Et la crise ukrainienne n'échappe pas à cette stratégie mensongère de la propagande de guerre occidentale qui, depuis la chute de l'URSS cherche à nouveau à s'emparer de ce "pivot stratégique entre l'Occident et l'Eurasie et qui est vital à la Russie.


Le 11 avril 2021, Manfred Weber qui est le chef de la principale faction du Parlement européen - le parti populaire européen (PPE) - a plaidé pour un durcissement des sanctions européennes et américaines contre la Russie en cas d'escalade de la situation dans l'est de l'Ukraine... ou la détérioration de la santé d'Alexeï Navalny:

"Le temps des sanctions mesurées dans ce cas est passé. Le gel à grande échelle des comptes des oligarques ou la déconnexion de la Russie de SWIFT (réseau informatique international des échanges bancaires) devraient être de véritables options en cas d'escalade et le North Stream 2 n'aura alors plus aucune raison d'être"

Nous y voilà ! 

Car l'Ukraine n'est pas seulement ce pivot géostratégique séculaire qui donne à la Russie un accès à la Méditerranée (et dont la Crimée est la clef de voûte) et pour laquelle la France a déjà été entrainée par Londres la thalassocratie d'alors, dans une guerre contre la Russie en 1854, mais aujourd'hui est elle est au centre d'enjeux économiques majeurs entre la Russie et l'Europe occidentale et que voudrait bien détruire la concurrence nord américaine.

Et au coeur de ses échanges économiques entre Russie et Occident nous trouvons le gaz dont la Fédération est le 2ème producteur mondial, et qui se taille une part très importante dans les économies des grandes puissances, poussant les Etats Unis dans leur amoralité criminelle coutumière à semer le chaos partout où ils leur clan mondialiste espère rafler des marchés.

Ainsi tout comme pour le pétrole qui a motivé les guerres en Irak, Libye ou les blocus contre l'Iran ou le Venezuela par exemple, les enjeux gaziers sont au coeur des guerres comme celle qui ravage la Syrie et qui fut déclenchée au lendemain d'un accord irano-syrien pour des exportations de gaz vers l'Europe laissant sur la touche le projet qatari-turc soutenu par Washington.


Une "guerre des tubes" européenne

C'est une erreur que de vouloir dissocier la guerre économique de la guerre militaire, la seconde n'étant que le prolongement de la première qui depuis l'arrivée du capitalisme hégémonique impose ses objectifs au pouvoirs politiques qui font de la marchandise la nouvelle idéologie dominante. Preuve en est par exemple les actions de l'OTAN alliance militaire mais qui intervient de plus en plus dans les domaines économico-politiques, comme par exemple lorsqu'elle soutient le traité de libre-échange transatlantique, intègre prioritairement les pays où devait transiter le gaz russe comme le Monténégro ou critique les organisations écologistes qui s’opposent au gaz de schiste etc.

Et l'OTAN naturellement de se retrouver au centre de cette plaque tournante gazière qu'est l'Ukraine et qui probablement s'imposera ici bien avant l'Union Européenne qui n'a été qu'un miroir aux alouettes pour faire basculer Kiev dans le camp occidental.

Car la "guerre des tubes" autant que la guerre militaire est également au coeur de cette crise ukrainienne, car c'est par l'Ukraine que transitait la majeure partie des exportations de gaz russe vers l'Ouest et que Moscou voulait renforcer avec le projet South Stream qui de la Mer Noire devait passer par les Balkans. Or la guerre économico-militaire installée dans cette région pontique va obliger la Russie à abandonner la Mer Noire pour ses exportations de gaz et de contourner le barrage géopolitique du Sud de l'Europe par la Mer Baltique avec le projet "North Stream" et qui, au grand dam de Washington, est sur le point d'être achevé.

Les USA, qui veulent imposer leur gaz de schiste aux européens se sont toujours opposés aux approvisionnement via l'Ukraine et autres projets gaziers russes "South Stream" et "North Stream". et tous les gouvernements étasuniens ont mis un point d'orgue à saboter par n'importe quel moyen cette concurrence russe commercialement imbattable. Ainsi Obama avec son opération "Maïdan", l'OTAN avec son extension dans les Balkans et même Trump qui va imposer des sanctions sévères aux entrepreneurs initiaux du projet, des suisses qui ont immédiatement abandonné le chantier, qui a pris ainsi un retard considérable..

Le North Stream 2

Donc ce n'est certainement pas un hasard si l'escalade militaire vécue sur le front actif du Donbass et celui, passif, de la Crimée coïncide avec la dernière étape de la pose du gazoduc russe "Nortrh Sream 2" dont le gaz naturel, par ses coûts d'exploitation et d'exportation est un concurrent imbattable pour le gaz de schiste américain que les Etats unis voudraient imposer aux pays européens.

L'arrêt du projet North Stream qui s'inscrit dans un paquet d'attaques économiques anti russes est donc devenu ces derniers mois une priorité urgente pour Washington et que justifierait sans nul doute un conflit russo-ukrainien dans le Donbass, dont la responsabilité attribuée à Moscou par la propagande de guerre occidentale abaisserait "un nouveau rideau de fer" sur l'Europe.

Provoquer la Russie dans un conflit qui resterait probablement circonscris au Donbass forcerait l'Union Européenne (et surtout l'Allemagne qui est partie prenante au North Stream 2) a renoncer aux importations russes et donc a se tourner vers celles venant des USA. Appauvrissement de l'économie russe, enrichissement de l'économie nord-américaine, blocus militaire de la façade occidentale russe, intégration accélérée de l'Ukraine dans l'OTAN, soumission politico-militaire des pays occidentaux... 

Bref, pour Washington, c'est un paquet de bénéfices d'autant plus tentant que le coût ne serait que quelques milliers de slaves européens, ukrainiens ou russes et la perte d'un bout oriental de l'Ukraine... sauf si la Russie qui de toute façon n'aurait rien à perdre décide dans sa réaction militaire de récupérer une grande partie de son territoire ukrainien renforçant l'atout stratégique de la Crimée, rendant alors le rapport coût / bénéfice beaucoup moins intéressant pour la ploutocratie mondialiste.


L'OTAN, entre piraterie et sabotage 

Pour illustrer l'importance des enjeux et menaces qui se cristallisent autour du gazoduc russe "North Stream 2"; il fut relever des incidents graves survenus sur son chantier final mener à la fois par la Pologne et l'OTAN et qui relèvent plus de la piraterie maritime que du droit international dont on devrait attendre normalement qu'il soit respecté par ceux là mêmes qui se prétendent ses parangons :

Sur la zone d'achèvement du gazoduc la société "Nord Stream 2 AG" responsable du chantier a signalé une brusque augmentation des activités de navires et aéronefs de l'OTAN à proximité immédiate du chantier, y compris des sous marins.

Avion de l'armée de l'air polonaise procédant à un vol 
basse altitude du chantier final du "North Stream 2".

Le "Krakow", navire de la marine de guerre polonaise 
tournant autour du chantier du gazoduc dans des cercles
de plus en plus rapprochés. Il a été chassé par le navire
de soutien russe menant alors une trajectoire parallèle.

Mais le pompon des provocations occidentales contre le chantier gazier russe revient à deux bateaux de pêche polonais qui ont voulu volontairement percuté la plateforme de travail dans un comportement quasi suicidaire qui illustre bien l'hystérie russophobe collective qui s'est emparée de la majorité des pays de l'OTAN: 

22 février 21, éperonnage du bateau ravitailleur "Vladislav Strizhev" 
par un bateau de pêche polonais, alors qu'il s'interposait pour
protéger la plateforme de pose initialement visée et vulnérable.
 
Prétendre ensuite comme l'ont fait les autorités polonaises qu'il s'agit d'accident maritimes relève de la mauvaise fois et du "foutage de gueule", car les bateaux polonais n'ont pas pu ne pas voir cette plateforme gazière russe qui, avec son navire industriel "Fortuna" présente une superstructure de près de 200 m de long et éclairée toute la nuit. De là à supposer que les bateaux, qui plus est n'ont jamais répondu aux alertes radios envoyées, étaient en fait réquisitionnés par des services spéciaux de l'OTAN chargés de mener des intimidations, il n'y a qu'un tout petit pas...

Plus tard c'est un sous marin polonais qui s'est aventuré dans la zone d'ancrage de la barge de pose des tubes du gazoduc qui s'étend à plus d'un mile marin à l'entour, menaçant de rompre des amarres.

28 mars 21, c'est un sous marin polonais qui 
est aperçu à proximité immédiate du chantier

Ce type d'incidents sont nouveaux dans la zone d'achèvement du North Stream 2 et leurs fréquence laisse bien à penser qu'il s'agit d'opérations illégales planifiées par les services de l'OTAN ou au minimum ceux de l'armée polonaise qui en fait partie. Des plaintes ont été déposées par l'exploitant du chantier. Reste à voir si les incidents vont se poursuivre.

En attendant a Pologne a confirmé qu'elle était un fidèle et zélé laquais de la stratégie russophobe étasunienne.


Le North Stream 2, au coeur de l'escalade du Donbass 


Il reste ne reste plus aujourd'hui que 121 kilomètres de gazoduc à poser au fond de la mer Baltique pour que la Russie soit en mesure de fournir à l'Europe, via l'Allemagne qui est son premier client, 55 milliards de mètres cubes de gaz, et le directeur de la société "Nord Stream 2 AG" a confirmé l'achèvement du chantier avant la fin de l'année. 

Les prochaines semaines seront donc cruciales et tendues par nombre de provocations occidentales destinées à faire réagir la Russie pour ensuite engager de nouvelles sanctions contre Moscou dont le blocage du North Stream est certainement en tête de liste.

Ces provocations s'effectueront certainement et prioritairement dans le Donbass où la situation militaire extrêmement tendue et la présence d'un proxy ukrainien suicidaire le permettent aisément, lequel voit d'un très mauvais œil ce projet gazier car il achèvera le rôle de l'Ukraine dans le transit gazier russe et pour lequel elle bénéficie d'avantages économiques énormes (taxes, réduction du prix d'achat etc)  

Et d'aucuns de prétendre comme Kofman, l'ancien ministre des Affaires étrangères de la République Populaire de Donetsk que, si les milices n'ont pas riposté aux derniers crimes de guerre ukrainiens, c'est pour ne pas servir aux occidentaux sur un plateau un prétexte pour abandonner le projet North Stream 2.

Il y a 7 ans exactement Kiev lançait son "Opération Spéciale Antiterroriste" contre le Donbass 

Cette situation en Mer Baltique qui résonne sur les rives de la Mer Noire confirme la dimension internationale de cette guerre du Donbass qui dépasse largement et depuis ses racines, la dimension d'un simple guerre civile.

Et si demain les forces ukrainiennes, dans un rapport de forces qu'un soutien militaire russe au Donbass inverse désormais en leur défaveur, réalisent quand même une opération offensive et suicidaire, on connaitra le prix du sang de ce North Stream 2.

Erwan Castel