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vendredi 6 septembre 2019

Au milieu des ruines !


Dans le précédent article je rendais compte de la violence des bombardements réalisés ce matin 6 septembre 2019 sur Kachkarskoye, un village pourtant éloigné du front du Donbass et qui est situé dans le Sud de la République Populaire de Donetsk. Dès le premier obus la communauté, qui commençait à peine à se réveiller, s'est précipitée dans les caves de leurs maisons aux murs épais et pleins, évitant ainsi une tragédie humaine. Une femme a cependant été gravement blessée par des éclats d'obus et évacuée vers l’hôpital. Moins d'une heure plus tard ce bombardement aurait fait vraisemblablement un carnage parmi cette population agricole matinale.

Voici une petite vidéo réalisée par des observateurs à partir d'un drone quelques heures après le pilonnage de ce village agricole paisible. 


Des villages ou districts urbains réduits en cendre par l'artillerie ukrainienne comme Kachkarskoye, il y a en a des dizaines sur les 400 kilomètres de la ligne de front du Donbass. Certains sont soumis à des tirs quotidiens depuis 5 ans comme Sahanka, Shirokino, Trudovsky, Zaitsevo, Oktyabrsky où Kominternovo un autre village situé dans le Sud de la République Populaire de Donetsk et qui a été également bombardé fortement aujourd'hui.

Voici quelques images de ce village d'Europe martyrisé en ce début du XXIème siècle dans une guerre haineuse et absurde déclarée contre le monde russe et dans une indifférence occidentale organisée et criminelle.










Pour ces bombardements les forces ukrainiennes utilisent des munitions incendiaires et des munitions à fragmentation pour faire le maximum de dégâts et de rayonnement mortel. chaque attaque de l'artillerie ukrainienne est précédée de vols de drones d'observation qui géolocalisent les cibles et d'autres vols qui observent et corrigent les tirs pendant les bombardements. Donc il est impossible d'identifier ces destructions d'habitats civils comme des "dommages collatéraux" à des combats militaires. Ce sont ouvertement des opérations destinées à tuer, terroriser et faire fuir une population civile. 

Au cours de la semaine écoulée, minimum 8 soldats ont été tués et 2 femmes civiles ont été blessées.

Mais malgré la mort qui rôde en permanence au dessus de leurs têtes, de nombreuses familles, par choix mais aussi par obligation restent sous les orages d'acier. Et lorsque la nuit tombe sur les champs de ruines du Donbass il n'est pas rare de voir s'allumer au milieu des maisons éventrées de petites lumières tremblantes comme autant de cris de vie crevant l'obscurité macabre du front. Et ces étoiles terrestres allumées nuit après nuit depuis 5 ans dans une roue de la steppe aux rigoureux hivers, témoignent de la foi et de l'espérance invaincues de ce peuple russe hors du commun. 

Le Donbass c'est aussi et surtout cela : une capacité de résilience et un courage incroyables d'une population démunie et assiégée par la haine depuis plus de 5 ans.

Erwan Castel


Bombardements ukrainiens lourds


Aujourd'hui l'artillerie ukrainienne a redoublé l'intensité de ses bombardements sur les territoires de la République Populaire de Donetsk. Cette escalade qui est coutumière des veilles de réunions du groupe de travail Minsk2 a été particulièrement violente sur le Front Sud, dans le secteur de Novoazovsk. 

En effet les forces de Kiev ont utilisé des obusiers de calibre 152mm pour tirer sur Kachkarskoye un village agricole pourtant situé à 10 kilomètres à l'arrière de la ligne de front dès 05h45 du matin dans des bombardements divers qui se sont poursuivi dans la matinée.

Ainsi ce sont 30 obus de 152 mm, 8 obus de mortier de 120 mm et 7 de 82 mm qui se sont abattu sur cette localité, provoquant d'importantes destructions. 1 femme a été blessée, 4 maisons détruites et le jardin d'enfant et l'école endommagés, ainsi que des terres agricoles brûlées.


C'est la première fois depuis l'instauration d'une nouvelle trêve illimitée (évitons de rire!) le 21 juillet dernier que le commandement ukrainien de l'Opération des Forces Combinées emploie l'artillerie lourde de 152mm... et en plus sur des objectifs civils !!

Parallèlement à ce terrorisme d'Etat, l'armée ukrainienne continue sa guerre de harassement contre les lignes de défense républicaines où tombent quotidiennement, tués ou blessés des soldats. Ainsi,la veille, un soldat de la république avait encore trouvé la mort et un autre des blessures lors de nouveaux bombardements de Kiev sur le front de Gorlovka et qui accompagnaient une reconnaissance offensive ukrainienne qui a été repoussée en subissant des pertes importantes.

Fidèle à leur vantardise habituelle, les "ukrops" publient le lendemain au plus tard les vidéos de leurs drones d'observation corrigeant les tirs sur les positions républicaines. Ainsi par exemple cette vidéo où des tranchées et casemates défendant le secteur de Novoazovsk sont pilonnées par des mortiers de 120mm  et des obusiers de 122mm ukrainiens.



Pendant ce temps là, pris en otage par le théâtre cynique d'une géopolitique internationale mais aussi la promesse d'un prochain échange important de prisonniers, les diplomates des républiques populaires de Donetsk et Lugnask continuent à jouer le rôle pathétique des dindons de la farce de Minsk...

Erwan Castel
Kominternovo, une autre village de ce front Sud
quasiment rayé de la carte par les forces ukrainiennes

vendredi 5 avril 2019

Boucliers humains et esclaves des ukrops

Civils du Donbass, réquisitionnés par Kiev pour aménager des avants postes ukrainiens dans la "zone grise" , 
et servir de boucliers humains pendant des tirs réalisés sur des positions républicaines (à l'arrière, positions ukrops)

L'information est tellement énorme que j'ai attendu d'en avoir la confirmation "hors propagande" de la part de deux camarades déployés sur le front de Novoazovsk/Mariupol, au Sud de la République Populaire de Donetsk.

Ce secteur est particulièrement "chaud" sensible depuis janvier 2015 lorsque le village de Shirokino sur le rivage de la mer d'Azov qui était dans la zone neutre entre les belligérants ("zone grise") a été capturé par les forces ukrainiennes, créant ainsi de nombreuses zones de contact où les accrochages n'ont jamais cessé depuis et même augmentent sensiblement depuis 2 mois.

Le front Sud du Donbass dans la République Populaire de Donetsk

Tant du côté des ukrainiens qui initient la plupart des ruptures du cessez le feu que de celui des républicains qui pour se maintenir sur leurs positions défensives sont contraints à riposter à leur tour, la plupart des pertes importantes enregistrées depuis février sont enregistrées dans ce secteur Sud.

Dans un contexte déjà difficile d'une ligne de front en zone urbaine, les ukrainiens nous avaient accoutumés depuis 2015 a positionner certaines de leurs unités de chars et d'artillerie (soit dit en passant prohibées par les accords de Minsk) au milieu des quartiers résidentiels civils pour dissuader les républicains de les prendre pour cible malgré leurs tirs d'attaque, comme ce déploiement de chars de combat (prohibés) dans Avdeevka (2 km de la zone de contact) et qui ne peut être contesté puisque réalisé sous les yeux des observateurs de l'OSCE !


Mais ce qui vient d'être observé sur le front Sud est encore pire et relève du crime de guerre intentionnel et prémédité :

Dans leur stratégie dite des "sauts de crapauds", les ukrainiens avancent mètre par mètre dans la zone neutre et souvent au prix de pertes importantes dûes soit aux tirs défensifs républicains, soit aux champs de mines non repérés et oubliés depuis 2014 qui polluent les 300 kilomètres de cette ligne de front que l'ONU vient de qualifier secteur actuel le plus miné au Monde.

Souvent les DRG (unités de reconnaissance) à la faveur des nuits où généralement elles travaillent creusent rapidement des premières positions et tranchées qu'il faut ensuite approfondir et renforcer au milieu dees échanges de tirs.

Les Ukrainiens, en bafouant une plus élémentaires et importantes conventions de Genève, ont réquisitionné des hommes civils vivant dans les villages avoisinnant le front et les ont forcé à réaliser devant les positions défensives républicaines les travaux d'aménagement et de renforcement des avants postes de Kiev.


Même vétus de blancs, les civils restent cependant extrèmenet exposés aux échanges de tirs, bombardements, mines, pièges et engins non explosés qui sont pléthore sur le front du Donbass et particulièrement dans ce secteur Sud. 


Les ukrainiens ont revétu leurs otages de vétrements blancs (qui est également la couleur des tenues de l'OSCE) pour neutraliser les tirs de riposte républicains, car de leur côté ils continuent à provoquer les positions républicaines au milieu des civils comme le prouve la photo suivante.


Dans toutes les guerres les armées ont réquisitionné des prisonniers ou fait appel à un volontariat civil pour réaliser des travaux d'amégement ou de réparation MAIS LOIN DE LA ZONE DES COMBATS. C'est ainsi par exemple que des prisonniers ukrainiens ont été mis a contribution en 2015-2016 pour réparer l'église de "quartier 15"à l'Est d'Oktyabrsky que leur artillerie avait endommagé, où que des civils de Yasinovataya se sont porté volontaires pour aider à creuser une trooisième ligne de défense en acs de persé ukrainienne d'un front situé à 2 kilomètres environ. 
Mais là nous sommes dans un autre regitre où l'initiative ukrainienne de forcer des civils à creuser des avants postes aux milieu des échanges de tirs et des champs de mines est symptomatique d'une lacheté criminelle incommensurable.

Rappelons nous que dans ce secteur est le fief du bataillon spécial "Azov" (devenu depuis régiment" et dont des soldats issus majoritairement des mouvances radicales et néo-nazies bandéristes impulsent sur le front ce genre de comportements criminels dont ils sont coutumiers.

Au milieu des positions ukrainiennes certaines silhouettes étaient sans "gilet blanc", mais égaement sans arme iduisant le doute chez les miliciens républicains attentifs à ne pas tuer de civils et de tomber ainsi dans le piège tendu par Kiev pour pouvoir accuser les "terrorstes pro-russes" de tuer les civils du Donbass.


Kiev montre ici s'il en était encore besoin :
  • Son mépris des accords de paix occupation imposant une zone neutre entre les positions,
  • Son mépris des conventions internationales qui interdisent la mise en danger des  civils,
  • Son mépris de la population russe du Donbass terrorisée depuis 5 ans  par son armée,
Tout comme lorsque la station de trairement et distribution d'eau poptable située entre Yasinovataya et Avdeevka avait été occupée par des unité d'un bataillon spécial, il reste à espérer que cet incident gravissime fasse bouger vivement l'OSCE et les instances internationales pour éviter un massacre de civils.

Erwan Castel


samedi 9 février 2019

"Azov" de retour sur le front du Donbass


Instrumentalisés par les USA et leurs laquais du Maïdan, les paramilitaires nationalistes ukrainiens ont réclamé leur part du gâteau à l'issue du coup d'Etat occidental de 2014 tant sur le plan politique (ministres, députés etc...) que sur le plan militaire où ils ont formé des bataillons spéciaux financés par des oligarques comme par exemple Kolomoïsky le chef féodal de Dnipropetrovsk.

Les point commun qui unissent ces formations de soldats politiques est leur idéologie néo-nazie affichée et leurs brutalités vis à vis des populations russes du Sud Est de l'Ukraine pour lesquelles nombre d'entre eux ont été mis à l'index et même condamnés par des tribunaux ukrainiens. Mais ils continuent à sévir dans les territoires pro-russes occupés par Kiev et sur le front du Donbass où ils ont été intégrés au sein de l' "Opération des forces Combinées", tout en affichant toujours leur particularisme politique.

Parmi ces unités politiques radicales, le bataillon "Azov" devenu en 2017 régiment, est certainement le plus médiatisé, tant par ses orateurs politiques, ses volontaires internationaux relayant sa propagande au delà du front et de l'Ukraine, que de sa symbolique néo-nazie affichant une idéologie nazie revendiquée. 

En 2014, "Azov" se fait connaître en donnant l'assaut à force blindés contre la population désarmée de Mariupol qui manifeste le 9 mai son attachement à la Russie lors des commémorations du jour de la victoire contre le nazisme. Bilan de ce "haut fait d'armes " : près de 100 tués et disparus et une chape de terreur est toujours là dans ce port maritime majeur du Donbass qui abrite depuis la garnison de son bourreau.

En 2018, les bataillons spéciaux qui posaient des problèmes de discipline pour l' "Opération des Forces Combinées" à laquelle ils étaient intégrés, avaient été relégués à des missions de maintien de l'ordre et contrôle des populations à l'arrière du front, mais le 1er février de cette année on apprenait que "Azov" était redéployé sur le front du Donbass (certainement pour l'éloigner des bureaux de vote des présidentielles ukrainiennes du 30 mars) 


Il est significatif que remarquer que certains hérauts de la bien pensance occidentale si prompts à imaginer un salut nazi inversé dans la "quenelle" de l'humoriste africain Dieudonné affichent un silence complet quant aux manifestations nazies des bataillons spéciaux ukrainiens qui aujourd'hui sont financés en grande partie par des subventions européennes et du FMI. 

Ainsi du blason du régiment Azov qui affiche la rune de combat de la division SS "Das Reich" et la roue solaire de l'Ahnenerbe du Reichfurher Himmler. Certes ces symboles  sont issus de la tradition mythologique scandinave, mais je ne pense vraiment pas que les skin head d'Azov se soient déplacés aussi loin dans le temps et l'espace pour trouver leur inspiration, ni que le reflet de leur rune du loup donne dans son revers par le plus grand des "hasards" un autre symbole nazi ! 


Depuis 2014, si les paramilitaires nationalistes recrutés chez les hooligans, skins heads et autres asociaux; venant principalement d'un Ouest ukrainien pro-occidental et nostalgique du bandérisme; se sont disciplinés en "rentrant dans le rang", ils n'en affichent pas moins toujours leur fidélité à l'idéologie nazie, notamment à travers la symbolique, les méthodes et les manifestations publiques, à l'image de ces mythomanes "escadrons nationaux" du "Corps national" rassemblant plusieurs factions diverses et qui reprennent à leur compte la vocation de formation et d'endoctrinement attribuée dans le passé aux "Hitlerjugend" du IIIème Reich.

Propagande des "escadrons nationaux" ukrainiens

Il est probable que le régiment Azov cherche dans les prochaines semaines à capitaliser son redéploiement sur le front du Donbass tant sur le plan de sa mythification militaire que sur celui de sa communication politique et organisant de nouvelles provocations majeures sur le front. Et ceci a semble t-il déjà commencé comme le prouve cette remise de décorations médiatisée, quelques jours après son retour sur le front de Mariupol, pour récompenser une opération menée dans la "zone grise" censée restée une zone démilitarisée selon les accords de Minsk.


Plus attaché à servir d'image à la propagande nationaliste kiévienne que d'outil de combat à l'état major ukrainien, il est probable que Azov soit employé majoritairement plus dans des opérations de communication que dans des opérations militaires où des pertes et échecs pourraient être fatales à son image d' "unité d'élite". le terrain des provocations criminelles lui reste cependant ouvert comme ce bombardement du village de Lenisnskoe qui, le 7 février" a fait 4 morts parmi les miliciens qui voulaient sauver des flammes une habitation civile touchée par les ukrainiens.

Vidéo diffusée sur les réseaux sociaux de combattants d'Azov

S'il n'y a pas de fascisme ukrainien au sens idéologique du terme, il y a en revanche une idéologie bandériste ethno-centrée encensée par le nouveau pouvoir ukrainien et une idéologie néo-nazie revendiquée ouvertement au sein des unités, partis politiques et paramilitaires nationalistes ukrainiens, les 2 idéologies collaborant à nouveau, 75 ans après leur première union, dans une croisade contre le monde russe...

Erwan Castel

lundi 17 décembre 2018

Opération Mariupol / 4

Le lieutenant-colonel Eric Adams, superviseur des préparatifs d'offensive de l'armée ukrainienne dans le Donbass

(Points de situation précédents ici : Mariupol / 1, Mariupol / 2, Mariupol 3, Les pions avancent)

Que se passe t-il sur le front du Donbass qui est entré une nouvelle fois en ébullition au lendemain de l'incident de Kertch provoqué par Kiev le 25 novembre dernier ?  Dans un premier temps les services de renseignement républicains et russes avaient annoncé une forte probabilité d'offensive ukrainienne dans le secteur Sud de la République Populaire de Donetsk pour le 14 décembre. Et les préparatifs militaires ukrainiens observés dans le secteur de Mariupol ces 2 dernières semaines ont confirmé la réalité de cette menace et qui est toujours d'actualité.

Aujourd'hui, on évoque comme nouvelle fenêtre de tir pour une attaque ukrainienne d'envergure dans le Donbass les derniers jours de la loi martiale renouvelable imposé par le pouvoir de Kiev en pleine campagne électorale présidentielle.

Tout d'abord évoquons quelques paramètres qui ont provoqué le report de cette offensive ukrainienne dont l'importance des préparatifs militaires montre bien bien qu'elle n'est pas un effet d'annonce propagandiste mais une menace réelle qui pèse sur une ligne de front qui depuis 4 ans se tend chaque jour un peu plus.


Une épée de Damoclès russe contre un poignard ukrainien

Pourquoi le 14 décembre aucune action d'envergure n'ba été engagée par Kiev sur le front ?
  • Peut-être un retard dans les préparatifs d'assaut, où le déploiement de la chaîne logistique,
  • Probablement un effet de surprise anéanti par les communiqués républicains dévoilant les plans de l'offensive et les détails de sa préparation et son déclenchement, 
  • Certainement une météo défavorable où des pluies et un dégel ont rendu le terrain libre boueux et difficile pour les véhicules blindés avec un plafond nuageux et des brouillards persistants peu propices aux observations et missions aériennes
  • Etc.
A ces facteurs locaux il faut également rajouter des facteurs extérieurs :
  • L'attente du feu vert des occidentaux sans les soutiens duquel, politique, médiatique mais aussi militaire (au minimum logistique et renseignement), un coup de force ukrainien prolongé est voué à l'échec. Si dans la provocation de Kertch a été l'opportunité pour les occidentaux dans un nouvel accès de russophobie hystérique, de demander de nouvelles attaques économiques anti-russe notamment contre le gazoduc North Stream 2, en revanche, une internationalisation du conflit dans le Donbass peut être une arme à double tranchant incontrôlable pour les parrains du Maïdan
  • Le feu rouge d'une Russie déjà irritée par la provocation de Kertch et qui, devant la préparation offensive de Kiev dans la secteur de Mariupol, a été on ne peut plus clair : les forces russes déjà renforcées dans la zone frontalière avec l'Ukraine ont non seulement élevé leur niveau d'alerte de combat mais également déployé de nouvelles unités terrestres, maritimes et aériennes d'assaut, sans compter les forces stratégiques comme les missiles à longue portée par exemple. Moscou ne permettra pas que Kiev engage une nouvelle offensive meurtrière dans le Donbass et qui plus est en direction de ses frontières !
«Selon les informations dont nous disposons et que nous somme enclins à croire, Porochenko envisage d'organiser une provocation à la frontière avec la Russie, 
à la frontière avec la Crimée pour la dernière dizaine de décembre. 
Il se verra opposer une riposte vaste comme la mer, je vous l'assure»

Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires Etrangères

Cela dit Kiev, n'a pas changé ses intentions de réaliser un coup de force dans le Donbass, dont les objectifs militaires, politiques et médiatiques alimentent à la fois la stratégie globale occidentale et la politique nationale de son valet ukrainien, entre autres :
  • Casser la ligne de front et mobiliser les forces armées républicaines en les coupant 
  • Prolonger la loi martiale en Ukraine jusqu'au report indéterminé des élections 
  • Exciter la répression contre le clergé orthodoxe du patriarcat de Moscou 
  • Provoquer la Russie, soit en l'obligeant à intervenir, soit a recueillir les blessés des combats
  • Exacerber la crise en mer d'Azov et donc en Crimée
  • Accélérer l'engagement de l'OTAN en Ukraine et les sanctions russophobes dans le Monde
  • Etc.
C'est dans ce contexte particulièrement tendu que vient d'arriver à Mariupol le lieutenant-colonel Eric Adams, attaché militaire adjoint de l’ambassade des USA en Ukraine. Le 14 décembre, à l'Etat major du régiment "Azov", le conseiller militaire étasunien a convoqué à une réunion à huis clos les commandants ukrainiens du groupe tactique opérationnel «Vostok» commandé par le commandant de la 81ème brigade aéromobile ukrainienne, le général Yevgeny Moisyuk. Ce groupe tactique Vostok est composé des 79e, 128e, 36e et 56e brigades ukrainiennes ainsi que les unités d'artillerie et le bataillon «Aratta»).


 Le général Yevgeny Moisyuk qui est reconnu comme un criminel de guerre à Donetsk 

Adams, après ses réunions de travail à Mariupol, a rejoint l'Etat major de l'Opération des Forces Combinées situé à Kramatorsk, à 100 km au nord de Donetsk. 

Il faut noter ici que le lieutenant-colonel Adams n'est pas un officier d'ambassade classique, dont la carrière a été orientée vers la diplomatie militaire, mais un officier US aguerri ayant une longue expérience du combat.


Reste à savoir quand, où et comment se déroulera cette attaque 

Sur le Front Sud, nous avons les 4 brigades ukrainiennes sus mentionnées (79e, 128e, 36e et 56e), soit 12 000 hommes avec véhicules blindés déployés en ordre de bataille dans le secteur de Mariupol avec des forces spéciales, des unités d'appuis artillerie, aérien et des unités logistiques.



Sur le front Nord, des unités de chars et véhicules de combat d'infanterie de la 93e brigade mécanisée ukrainienne sont arrivés en gare de Konstantinovka. Plus de 60 blindés ont été déchargés des trains, qui viennent renforcer un autre groupe tactique fort d'environ 20 000 hommes et articulé autour de 6 brigades d'assaut (les 58ème, 1ère, 81ème, 30ème et 93ème) avec 120 chars d'assaut, auxquelles il faut rajouter un groupe d'artillerie renforcé de divisions de lance roquettes multiples Smerch et Uragan (soit au total plus de 250 canons et 110 lance roquettes multiples).



A ce stade il est important de signaler que les zones où sont déployés ces groupes tactiques ukrainiens correspondent aux secteurs où Kiev a opéré depuis plus de 3 ans sa stratégie des "sauts de crapauds" qui consiste à envahir la "zone grise", officiellement démilitarisée et large de 2 km minimum, jusqu'à créer des zones de contacts où les belligérants ne sont qu'à quelques centaines de mètres maximum les uns des autres. 
Cette situation est difficile tant au niveau de l'application d'un théorique cessez le feu signé à Minsk que du temps de réaction offert en cas d'attaque ennemie. 

Autant dire que les forces ukrainiennes ont de très grandes chances, dans l'option d'un assaut blindé de type "coup de poing", de briser la première ligne de défense républicaine. Reste à savoir pour quelle exploitation, surtout dans cette guerre du Donbass où la plupart des actions militaires se révèlent avoir d'abord des objectifs politiques.

Tout d'abord, même si les niveaux technique, opérationnel et structurel des "ukrops" se sont améliorés, ainsi que leur effectif qui a augmenté jusqu'à un rapport de 5 contre 1 en leur faveur, ils ne sont toujours pas en mesure de s'engager dans des combats urbains, surtout avec leur logistique et leur moral défaillants.
De même, une tentative de couper les républiques de Donetsk et Lugansk par un assaut Nord Sud semble très hasardeux car long et menacé par des chaudrons potentiels multiples avant que les forces ukrainiennes puissent organiser des systèmes défensifs protégeant leur corridor offensif. 

Il faut donc plutôt chercher une tentative de percée vers les frontières russes, selon un axe Ouest-Est et dans le Sud de Donetsk où la distance à parcourir est inférieure à 100 km et la zone faiblement urbanisée, (voir les articles concernant l' "axe Sud")

Cela dit "ceci n’empêchant pas cela", il est très fortement probable que l'ensemble de la ligne du front soit activé les jours précédents l'attaque pour appliquer le principe tactique universel et intemporel qui est de fixer les forces de réserve de l'ennemi avant le débordement et l'assaut.

Une fois l'assaut enclenché, des variantes interviennent liées aux moyens engagés par les uns et les autres à la durée de l'offensive et aux interventions éventuelles de l'OTAN et de la Russie dans les opérations qui peuvent faire partie des objectifs de Kiev. 



Du coup, on peut imaginer 3 scénarios principaux : 
  • Une offensive limitée dans l'espace et le temps et qui chercherait a atteidre des objectifs politiques et militaires mais en essayant de na pas provoquer d'intervention russe. Cette option serait basée principalement des bombardements et la capture d'une zone contestée (Debalcevo par exemple dont l'évacuation ukrainienne s'est terminée après la signature des accords de Minsk).
  • Une offensive touchant les frontières avec la Russie pour couper les forces républicaines impliquer la Russie soit passivement (ouvertures de ses frontières aux blessés et à la logistique républicaine) soit activement (soutien militaire aux milices). la réussite de cette offensive dépend de l'intervention potentielle de forces d'interposition type ONU pour créer une zone tampon et protéger les gains territoriaux de Kiev.
  • Une offensive majeure et meurtrière qui provoquerait une riposte russe d'envergure jusqu'au port de Mariupol qui serait organisé alors par Kiev en bastion retranché offensif avec une population civile prise en otage par les combats. Ceci dans l'espoir de précipiter une internationalisation du conflit et une intervention de l'OTAN.
Dans les 3 scénarios, et quel que soit les résultats militaires, les élections seront annulées et pour le candidat Porochenko c'est "gagnant-gagnant", sauf si la Russie va jusqu'à la chute du régime de Kiev que les occidentaux auront abandonné.


Quoiqu'il en soit, il faudra pour Kiev un prétexte, un "casus belli", avant de déclencher ses opérations offensives et les présenter comme de la "légitime défense". Ce détonateur qui sera une provocation peut être un false flag chimique par exemple ou un bombardement délibéré sur les territoires occupés par Kiev seront attribués aux forces républicaines. Ce volet n'est pas un problème pour Kiev surtout avec le soutien inconditionnel et fanatique des occidentaux et l'incident de Kertch l'a démontré en novembre. Ce qui est sûr c'est que les victimes de cette "opération sous faux drapeau" seront certainement des civils du Donbass (à moins qu'il ne sacrifie encore de ses militaires).

Quant à la date, on peut imaginer que la phase préparatoire (false flag et pressions offensives sur tous le front) avant l'échéance de la loi martiale initiale (26 décembre) dont le renouvellement est l'objectif politique immédiat de Porochenko. A l'issue de cette prolongation de la loi martiale, si les opérations militaires ukrainiennes s’arrêtent, on saura alors que l'annulation des élections est le seul objectif politique recherché par cette escalade (en plus des objectifs économiques et médiatiques anti-russes habituels) 

Et on sera reparti pour un tour d'hémorragie lente et d'éternisation du conflit !

Un homme pourrait nous dire quelle option va jouer Kiev dans les jours prochains, et son nom est Adams, lieutenant-colonel étasunien et contremaître de l'architecte du Maïdan.

Erwan Castel



Article référence : Top War

vendredi 14 décembre 2018

Opération Mariupol / 3

Porochenko en compagnie de Stepan Poltarak son Ministre de la défense
Nouveau point de situation de l'escalade militaire en cours dans le secteur de Mariupol, et déclenchée par Kiev à la suite de l'incident de Kertch provoqué par leur marine le 25 novembre dernier (points de situation précédents ici : Mariupol / 1 et Mariupol / 2)

Chaque jour de nouvelles informations viennent confirmer la menace d'explosion du front de Mariupol et sur l'ensemble du front le niveau d'alerte des unités républicaines a été relevé. 

Les sources de renseignements républicaines et russes estiment désormais les forces ukrainiennes rassemblées en ordre de combat dans le secteur de Mariupol à 12 000 hommes environ, commandés par le général Moisyuk. cette force d'assaut est articulées en plusieurs groupes d'assaut blindés disposant d'appuis importants d'artillerie et d'aviation.

Le scénario le plus probable est celui d'une "guerre éclair" très rapide, précédée d'une campagne de bombardements intensifs menés par l'artillerie et aussi probablement l'aviation, qui viserait à atteindre les frontières russes, à provoquer une contre offensive républicaine pour ensuite organiser un "chaudron offensif" à Mariupol, zone urbaine difficile où les positions ukrainiennes sont imbriquées dans des zones résidentielles civiles importantes. 

Il reste à savoir quel détonateur va être présenté par Kiev pour déclencher l'offensive. Plusieurs informations corroborent ici l'hypothèse d'un false flag attribué aux forces républicaines,organisé sur un dépôt de produits chimiques et qui provoquerait de nombreuses victimes civiles.

Pierre tombale sur les accords de Minsk, mais aussi les élections présidentielles ukrainiennes, et surtout internationalisation du conflit...

Car si cette offensive est lancée elle sera pour le régime de Kiev un quitte ou double dangereux qui repose sur le joker occidental car les forces ukrainiennes n'ont absolument pas assez de logistique pour mener seules une réactivation de la guerre dans la durée.


Le 10 décembre, Kiev annonce avoir préparer une force de réserve de 200 000 hommes en cas de guerre totale avec la Russie. 3 divisions de lance roquettes multiples ont été créées et acheminées sur le front (mlrs "Grad" "Hurricane" et "Smerch")

Le 11 décembre, une nouvelle unité d'assaut ukrainienne de 150 marines avec véhicules blindés est arrivée à Mariupol. Par ailleurs des renseignements font état de minages de routes réalisés par Kiev entre Donetsk et Mariupol pour isoler cette dernière et freiner les voies logistiques républicaines en cas de chaudron. 

Le 12 décembre, les forces ukrainiennes ont réalisé un exercice de défense antiaérienne dans le secteur de Mariupol à l'aide des systèmes d'armes S300 ZRS récemment déployés dans le secteur. En dehors de son objectif propagandiste et provocateur, cet exercice confirme à la fois la montée en puissance des forces ukrainiennes sur le front Sud mais aussi l'hypothèse d'organiser à Mariupol un nouveau chaudron défensif meurtrier pour y attirer la Russie et internationaliser le conflit du Donbass.


Le 13 décembre, sur la chaîne ukrainienne "Canal 112", Stepan Poltarak, le Ministre ukrainien de la Défense, justifiant à son tour l'instauration de la loi martiale demandée par Porochenko, a confirmé l'intérêt politicien d'une telle mesure. En effet selon Poltarak la loi martiale décrétée sur 10 régions frontalières avec la Russie et justifiée par les versions propagandistes de l'agression dans le détroit de Kertch et d'une menace d'offensive imminente sur Mariupol par l'armée russe, doit être prolongée non seulement prolongée mais éventuellement étendue à l'ensemble du pays. 
Lorsque Poltarak estime que cette loi martiale "ne vaut pas la peine d'être abrogée", il faut comprendre aussi que "les élections présidentielles ne valent pas la peine d'être organisées" et ainsi protéger surtout ce Président qui l'a nommé Ministre et sur qui pèse une réelle menace de défaite électorale cinglante en mars 2019.

Le 13 décembre, confirmant le sérieux des renseignements militaires concernant le secteur de Mariupol, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a fait connaitre la probabilité d'une offensive ukrainienne «dans les prochains jours» et une «provocation armée» dans l'Est du pays. Selon Moscou cette offensive éclair depuis Marioupol aurait pour but de conquérir des territoires situés sur la côte russe de la mer d'Azov.


Le 14 décembre, les tirs des forces ukrainiennes s'intensifient depuis le matin, dans le secteur Sud du front mais aussi sur d'autres zones de contact autour de Donetsk, Gorlovka et Yasinovataya par exemple. Les renseignements font état du déploiement sur plus de 50 km d'une première ligne offensive ukrainienne articulée autour de groupes de chars d'assaut dispersés pouvant aller jusqu'à 2 pelotons chacun (128ème Brigade et 79ème Brigade).

A compter du 15 décembre, la totalité des forces armées de la République Populaire de Donetsk sont désormais en état d'alerte maximale.

Tirs ukrainiens sur le front de Trudovsky, 
au Sud Est de Donetsk, le 12 décembre 


De son côté, la Fédération de Russie a également déployé des forces de défense adéquates pour parer à cette probable offensive ukrainienne le long de ses frontières et en Crimée également où par exemple des systèmes d'armes S 400 déployés au Nord de la péninsule de Crimée près de Dzhankoy. Ces armes de défense antiaérienne changent radicalement la portée du bouclier russe de la péninsule des S300 déjà en place et d'une portée de 200 kilomètres. En effet le S400 avec une portée de 400 kilomètres et une couverture radar de 600 kilomètres permet à la Russie de verrouiller depuis son territoire tout l'espace méridional de l'Ukraine en cas d'attaque des forces de Kiev. A bon entendeur salut !

Erwan Castel


Une des hypothèses d'offensive ukrainienne dans le Sud de la DNR

mercredi 5 décembre 2018

Opération Mariupol / 2


Les tensions continuent à s'intensifier dans le secteur de Mariupol sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk qui borde une mer d'Azov en ébullition depuis l'incident de Kertch, provoqué par Kiev le 25 novembre dernier. 

Dans un précédent rapport nous évoquions plusieurs observations accréditant la préparation d'un coup de force ukrainien dans ce secteur particulièrement tendu du front du Donbass (mise en alerte des brigades ukrainiennes du secteur, arrivée de renforts, de médias, discours de Porochenko etc...) Depuis chaque jour des nouvelles informations nous parviennent confirment la potentialité de la menace :
  • Arrivée le 4 décembre en gare de Mariupol d'un convoi militaire acheminant de nouveaux renforts blindés ukrainiens dont 7 chars de combat de type T64 sans aucun marquage d'appartenance (photo ci dessus). Ces blindés non marquées pourraient être employées pour des opérations sous faux drapeau cherchant à incriminer les forces républicaines.
  • Aujourd'hui 5 décembre, Maria Zakharova, représentante du Ministère russe des Affaires Etrangères a alerté également l'opinion sur la situation militaire dans le secteur de Mariupol. Selon les renseignements dont elle dispose c'est une division blindée ukrainienne qui a été déployée à Mariupol. 
  • Les missions de surveillance des ressources aériennes de l'OTAN (avion de reconnaissance de la marine et drone stratégique Global Hawk) présents dans le ciel de la Mer Noire depuis la préparation de la provocation ukrainienne de Kertch se relaient désormais H24 au dessus de la mer d'Azov et de la ligne de front du Donbass.
Vol de reconnaissance  d'un drone stratégique US type Global Hawk observant à distance le 3 décembre les défenses républicaines et les territoires russes frontaliers


Par ailleurs dans le secteur Nord de la République Populaire de Donetsk la menace d'un autre coup de force ukrainien articulé autour d'une attaque dirigée contre l'usine de produit chimique Stirol de Gorlovka est également alimentée par des nouvelles observations :
  • Arrivée dans le secteur de l'Arc Svitlodarsk (Nord Est de Gorlovka) d'une unité de 28 personnels militaires de l'OTAN et armés, Par ailleurs les services de renseignement russes ont repéré l'orientation vers l'Ukraine de la 77ème brigade spéciale britannique qui est une unité spécialisée dans les cyber attaques.
Les forces occidentales déployées en Ukraine sont de plus en plus visibles, comme ici cette jeep Cherokee et ce hummer portant des marquages OTAN


  • Porochenko a annoncé le déploiement de l'armée ukrainienne sur les frontières russes. Bluff propagandiste, menace directe ou déploiement préventif dans l'éventualité de contre attaques russes.
  • Dans son point presse du Ministère des Affairres Etrangères, Maria Zakharova a souligné que «la loi martiale (décrétée par Kiev) est non seulement contraire à l'esprit et à la lettre de Minsk, mais qu'elle encourage également le déclenchement des hostilités. Le groupe militaire ukrainien est capable de déclencher des hostilités à grande échelle sur toute la ligne de contact ».

Mariupol semble donc être devenue la pièce maîtresse du jeu ukrainien sur l'échiquier du Donbass. car en dehors de son importance économique et démographique, ce port industriel de près de 500 000 habitants alimentée par un réseau maritime, aérien, routier et ferroviaire est surtout devenue depuis 4 ans une base militaire ukrainienne très importante et fortifiée située à seulement une quarantaine de kilomètres des frontières russes (et moins de 20 km des lignes de défense républicaines). 

De plus située au bord de la Mer d'Azov qui aujourd'hui fait l'objet d'une confrontation ouverte entre Kiev et Moscou, Mariupol peut rapidement devenir à la fois l'enjeu et la menace d'une réactivation de la guerre sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk qui a cet endroit ne dispose d'aucune profondeur stratégique pour faire face à une attaque blindée brutale.

On peut donc envisager, après l'opération de communication réussie lors de l'incident de Kertch (même si l'effet dramatique n'a pas été atteint grâce à la réaction mesurée des gardes frontières russes), que Porochenko pousse le bouchon encore plus loin sur le front Sud du Donbass en tentant d’entraîner la Russie à y intervenir tout en essayant de lui faire porter la responsabilité de l'aggravation militaire. 

Seule contre la Russie l'Ukraine se fera balayer en quelques jours si elle provoque Moscou avec une offensive meurtrière dans le Donbass. Mais elle peut espérer, dans l'hypothèse d'une contre offensive résister dans le bastion de Mariupol, suffisamment longtemps pour déclencher une intervention occidentale. En effet, et vu l'imbrication des forces ukrainiennes avec la population civile de Mariupol, un siège offensif de le ville serait catastrophique pour cette dernière et alimenterait la propagande de guerre occidentale (il suffit de se souvenir du siège de Grosny par exemple dans un secteur géostratégique et contexte relationnel beaucoup moins moins sensible). Une bataille meurtrière avec des dommages collatéraux provoquerait à n'en pas douter une intervention occidentale qui pourrait conduire soit à une intervention des forces de l'OTAN ou de casques bleus et probablement sur l'ensemble du front. Et l'engagement progressif exponentiel d'unités occidentales semblent confirmer cette perspective.

2 hypothèses et 2 options sont possibles :


1 / Hypothèse d'une attaque limitée de Kiev dans le front Sud :
  • Les forces ukrainiennes tentent une percée de la ligne de front au Nord Est de Mariupol sur une axe Volnovakha-fronière russe (option 1) ou vers Novoazovsk (option 2) mais sans pousser trop loin pour déclencher directement la réaction russe. 
  • Puis, lors de la contre attaque inévitable les ukrops se replient vers Mariupol (comme en 2014) poursuivis par les forces républicaines qui en font le siège. 
  • Kiev jouera ensuite le rôle de l'agressé (par les russes évidemment) et misera sur une réaction en chaîne occidentale, qui faussement alarmée par les pertes civiles, imposera une force d'interposition.
Dans cette hypothèse, les occidentaux misent sur la retenue habituelle de Moscou qu'ils testent depuis 2 ans en Syrie et qui ne risquera pas d'intervenir dans le Donbass dans un scénario offensif des Républiques.

2 / Hypothèse d'une attaque d'envergure et jusqu'aux frontières russes :
  • Les forces ukrainiennes tentent toujours une percée de la ligne de front au Nord Est de Mariupol sur une axe Volnovakha-frontière russe (Axe Sud) mais cette fois jusqu'à le frontière russe et accompagnée de pressions offensives sur l'ensemble du front pour fixer les forces de réserve républicaines et obliger les russes à intervenir pour éviter que la République de Donetsk soit coupé de son front Sud.
  • Lors de l'intervention des russes, Mariupol qui est la base d'assaut et logistique ukrainienne sera très probablement dans les objectifs prioritaires des forces russes, et dès les premiers jours de leur contre offensive Kiev provoquera facilement des pertes civiles qui entraînera une intervention plus rapide encore des occidentaux mais aussi plus risquée pour la sécurité de l'Europe entière. 

Conclusion :

Pour le moment le tronc commun préparatoire aux 2 hypothèses semble se confirmer de jour en jour, encouragé par un contexte international (crise de Kertch), la loi martiale décrétée en Ukraine et qui en était un des objectifs, la nouvelle crise russophobe des médias occidentaux hystériques, l'échéance d'un scrutin présidentiel perdant pour Porochenko (surtout depuis l'instauration de la loi martiale) et la passivité des USA qui semble trahir par là leur participation à cette stratégie du pire.

A suivre...
Erwan Castel