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dimanche 30 juin 2019

Un symbole militaire et un test politique


Stanitsa Louganskaïa est un des "Block Post" situés sur la ligne de front du Donbass où est organisé le passage des populations traversant cettte ligne de démarcation pour visiter leurs familles ou aller toucher leur maigre retraite que le blocus ukrainien ne fait plus parvenir sur les territoires des républiques populaires de Donetsk et Lugansk.

Ce point de passage situé au Nord de la ville de Lugansk est périlleux à plus d'un titre. parce d'une part il est constitué d'une passerelle bricolée remplacant un pont détruit par l'artillerie ukrainienne et d'autre part toujours soumis régulièrement à des tirs menacant les usagers et les civils vivant à proximité. 
Régulièrement des personnes sont blessés sur ce blok post et on observe également un nombre important de décés chez les personnes agées qui tentent de survivre aux longues heures d'attente sous le froid, la pluie ou la chaleur, sans compter l'épreuve de l'escalade de la passerelle (4 retraités encore décédés cette année).

Dans le cadres des échanges tentés à nouveau entre les autorités de la République populaire de Lugnask et leurs nouveaux homologues ukrainiens de l'équipe Zelensky, le plan de démilitarisation de ce point de passage ainsi que la restauration du pont a été relancé ces derniers jours. 

Ce projet, en fait n'est pas nouveau, mais il a été systématiquement saboté par les forces ukrainiennes au cours de ces 3 dernières années, démontrant la volonté réelle de Kiev de poursuivre sa politique d'étranglement et de terreur envers les populations du Donbass.

Le 26 juin a donc commencé une nouvelle tentative de sécurisation de Stanitsa Louganskaïa, ce blok-post important par lequel transitent chaque jour des centaines de civils par une première étape de 3 jours pour procéder au retrait des unité militaires républicaines et ukrainiennes de part et d'autre du passage, et qui sera suivi (normalement) par une dépollution de la zone et une restauration du pont.


Le déminage est la partie la plus importante de la dépollution d'une zone. Ici un sapeur de la République qui commence le travail ce 30 juin sur Stanitsa Luganskaïa

A terme, si Kiev ne sabote pas à nouveau le projet, une passerelle métallique de 3 mètres de large et d'une capacité de 5 tonnes devrait faciliter la traversée et même permettre le passage de véhicules légers et notamment d'ambulances au cours des fréquentes évacuations sanitaires.

Leonid Pasechnik, le président de la République Populaire de Lugansk a même assuré avoir obtenu des autorités ukrainiennes la promesse qu'elles prendraient en charge la construction de la passerelle que leur armée a détruit. Mais c'est le Comité Internationale de la Croix Rouge qui devrait payer à hauteur de 60 millions d'euros le coût des travaux. 
Les autorités républicaines ont bien sûr accueillies positivement ce projet mais aussi avec une espérance modérée par l'expériences des précédentes tentatives réalisées sous le mandat Porochenko et qui ont toutes été sabotées par les forces ukrainiennes malgré la présence au centre du processus, de l'OSCE, qui doit accompagner et garantir sa finalisation dans les règles définies.

Pour le président Zelensky, ce projet de démilitarisation de Stanitsa Louganskaïa sera aussi un test majeur de sa politique et de son autorité sur la ligne de front du Donbass et malheureusement, au vu de l'aggravation des bombardements observés sur le front du côté de Donetsk on est en droit d'avoir des doutes sur les intentions exprimées du nouveau pouvoir ukrainien. 

Erwan Castel


mercredi 15 mars 2017

Aggravation de la situation en Ukraine

Le blocus ukrainien devient officiel et se durcit 

Turtchinov, le "pasteur sanguinaire"
Jusqu'au 27 février, les autorités ukrainiennes ont regardé ailleurs et en souriant les blocages organisés par les vétérans radicaux de l'ATO (Opération Spéciale Antiterroriste), protestant mollement et faisant des déclarations de principes pour ne pas porter la responsabilité de ce qui constitue une violation flagrante et grave des accords de Minsk qui bien qu'enlisés depuis 2 ans restent d'actualité...

Fin février, les autorités des Républiques populaires de Donetsk et Lugansk ont décidé de réagir à ce blocus sauvage du Donbass en déclenchant une vague de nationalisations des sociétés ukrainiennes, mettant définitivement un terme aux dernières relations qui avaient survécu à la guerre dans le domaine économique. 

A partir de là, comme les oligarques (notamment Akhmetov) qui ont été frappés de plein fouet par le blocus et les nationalisations, le gouvernement de Kiev est entré sur scène en hurlant contre les républiques qui pourtant n'ont eu qu'une réaction logique pour éviter tout simplement une fermeture des entreprises concernées et une catastrophe socio-économique locale (Une usine de métallurgie avait déjà cessé son activité à Enakievo)

Le résultat concret de cette opération est que les ultra-nationalistes, soutenus par les personnalités du "parti de la guerre" ukrainien (Avakov, Turtchinov, Timochenko, Paruiby) ont poussé plus encore les "séparatistes" du Donbass vers la Russie qui les soutient. J'ai avancé dans un précédent article l'hypothèse que ce blocus économique qui vise le Donbass, est en réalité la première étape d'un coup d'état indirect et qui en réalité tire politiquement sur Porochenko que les néo-nazis peuvent légitimement remplacer par Pariuby le co-fondateur du parti nazi ukrainien et qui est aujourd'hui de par sa fonction de président de la Verkhona Rada, (l'assemblée nationale) le remplaçant constitutionnel du Président ukrainien.

Tandis que les actions des radicaux s'étendent aujourd'hui aux banques russes et aux voies ferrées vers la Russie qui elles aussi bloquées, le gouvernement de Kiev qui est pris en otage par ses échecs et la menace d'un coup d'état direct se couchent devant la poignée d'extrémistes (ils n'ont pas fait 10% au dernières élections ukrainiennes) et non seulement valide le blocus illégal mais le renforce :
  1. Le Président Porochenko donne les pleins pouvoirs au "pasteur sanguinaire" Turtchinov (déclencheur de la guerre dans le Donbass en 2014) actuellement le Secrétaire du Comité de Défense et Sécurité nationale qui supervise l'ATO.
  2. Turtchinov décide immédiatement de suspendre le trafic de toutes les marchandises à travers la ligne de front à compter du 15 mars 2017 après midi.
Vétérans de l'ATO bloquant une voie ferrée entre Donbass et Ukraine 
Là encore on ne peut que souligner l'incohérence et même le caractère suicidaire de cette politique ukrainienne qui avant-hier pleurnichait devant l'action des radicaux, hier hurlait devant les nationalisations républicaines et leurs conséquences économiques pour Kiev mais qui aujourd'hui valide ce même blocus et même le renforce, alors que les Républiques elles, n'avaient pas interdit la circulation des produits à travers la ligne de front.

Cette nouvelle radicalisation de la situation dans le Donbass, est également accompagnée d'opérations de bombardements, mais aussi de sabotage et coupures des réseaux électriques et d'eau potable aussi bien à Donetsk que Lugansk.


Destruction d'une station électrique près de Lugansk

Kiev en donnant un coup de grâce définitif à son économie déjà moribonde, vient donc de s'engager dans une phase d'auto-destruction hallucinante, coupant jour après jour les derniers fils qui faisaient encore bouger les accords de Minsk 

Porochenko n'est donc plus qu'un pantin désarticulé, abandonné par les USA et écrasé par ses radicaux, et il ne s'accroche cupidement au pouvoir qu'en cédant à tous les caprices des chiens fous et idiots utiles des néo-conservateurs tous prêts à entraîner l'Ukraine vers lle chaos pour tenter de récupérer un pouvoir ou une influence quelconque...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya 


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Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos ... et locales, obsédées par la recherche du monopole de l'information.

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Bien à vous 

Erwan





dimanche 5 mars 2017

Coup d'état indirect et guerre directe

Comment pousser Porochenko vers la sortie 
pour ouvrir une entrée dans la guerre 

Voilà le pire scénario qui se profile à court terme en Ukraine et dont le blocus économique n'est à priori que la première étape : 

1 / Coup de force des radicaux par un blocus protégé par le ministre de l'intérieur Avakov
2 / Crise politique inévitable et départ volontaire ou forcé de Porochenko 
3 / Etablissement d'un gouvernement provisoire dirigé par le néo-nazi Paruiby 
4 / Instauration de la loi martiale pour geler la tenue de nouvelles élections ukrainiennes
5 / Déclenchement d'une nouvelle guerre ouverte dans le Donbass
6 / Réaction en chaîne de la Russie et peut-être de l'OTAN


Entamé en décembre 2016, le blocus du Donbass, mené par les ultra-nationalistes a montré par ses conséquences suicidaires pour l'Ukraine que son véritable objectif politique soutenu et certainement même initié par les têtes d'affiche de l'opposition ukrainienne (Avakov, Timochenko, Turtchinov, Iatsenouk etc...) dans l'ombre de leurs offuscations et  dénonciations hypocrites, était la destitution du Président ukrainien Porochenko,

En effet, plus personne à Kiev ne veut voir Porochenko conserver sa fonction qu'il n'exerce que pour mieux s'enrichir personnellement. Mais cet oligarque, enflé par la cirrhose et la corruption et devenu aussi impopulaire que le bouffon qui squatte l'Elysée français, n'en reste pas moins protégé par le "label Maïdan" décerné par les parrains occidentaux du coup d'état de 2014, et s'attaquer violemment et directement à lui, risquerait de couper la perfusion financière occidentale qui est déjà fatiguée par 3 années d'enlisement ukrainien...

L'opposition a donc décidé par ce blocus protégé de pousser Porochenko à la faute, de "faire monter le roi sur son trône" pour mieux l'en faire tomber. En effet, soit le président ukrainien ne fait rien et endosse la responsabilité du chaos organisé, soit il réagit et se retrouve dans un conflit ouvert et violent contre les "patriotes" et une partie de l'armée. Dans les 2 cas il est poussé vers la sortie avec un coup de pied aux fesses ou une baïonnette dans le dos ! Le départ du président est donc vraisemblablement le principal objectif final recherché par ce blocus économique du Donbass qui veut : 

- provoquer une escalade économique entre Donbass et Ukraine
- violer gravement les accords de Minsk qu'elle refuse de mettre en oeuvre
- affaiblir le gouvernement de Kiev en s'attaquant au business de ses oligarques
- occuper le terrain politique en déployant les radicaux sur le terrain public

L'erreur fatale de Porochenko a été de laisser s'installer et s'organiser le blocus, s'imaginant au mieux qu'il pourrait même peut-être l'exploiter sur le plan politique ou au pire qu'il serait juste un feu de paille qui s'éteignant rapidement avant de provoquer des dommages collatéraux. Mais d'une part le blocus s'est maintenu en se renforçant et d'autre part les Républiques de Donetsk et Lugansk, après 1 mois d'observation patiente ont contre-attaqué en 3 jours, en nationalisant les actifs ukrainiens pendant qu'elles engageaient plus loin encore leur rapprochement avec la Fédération de Russie.

Aujourd'hui les ultra-nationalistes Anatoly Vinogorodsky et Semen Semenchenko, principaux organisateurs des barrages autour du Donbass annoncent qu'ils vont les étendre aux voies de communication avec la Russie, décidés de provoquer un chaos général.
De son côté, Porochenko ne semble plus rien commander du côté de Kiev à part le départ vers l'Espagne d'avions privés emportant à loin de l'Ukraine vers sa résidence d'été de grosses quantités d'argent et des biens culturels de grande valeur.

En effet, les forces du Ministère ukrainien de l'Intérieur pourtant fortes de 300 000 hommes n'ont pas encore bougé pour libérer les routes et les voies ferrées bloquées par quelques centaines de vétérans de l'ATO. Les seules actions contre le blocus qui ont été observées sont celles d'employés de sociétés privées de l'oligarque Akhmetov qui ont tenté en vain de libérer une voie commerciale et de la police qui s'est contenté de séparer les antagonistes sans évacuer les barrages illégaux.

Donc, sauf si les radicaux ukrainiens changeaient miraculeusement leur fusil d'épaule, un chaos total et le départ du Président Porochenko semblent inévitables et ce, probablement dans les prochaines semaines.


D'accord, mais après ?

C'est justement lorsqu'on essaye de regarder au delà du départ probable de Porochenko que se profile à l'horizon du Donbass des nuages parmi les plus les plus sombres :



Le scénario catastrophe qui est évoqué depuis le début de cette crise ukrainienne devient effectivement de plus en plus plausible aujourd'hui avec la probable éviction brutale de Porochenko par les radicaux ukrainiens, car on assistera inévitablement, comme en 2014 après le coup d'état du Maïdan, à l'installation d'un gouvernement provisoire fasciste, sur fond de préparation d'élections anticipées

Souvenons nous, c'est durant cette période intermédiaire radicale (de fevrier à mai 2014) que le pasteur sanguinaire Turtchinov en tant que Président par interim de l'Ukraine avait engagé la politique russophobe de Kiev, l'ostracisation des populations de la Novorossiya, laissé faire et couvert les massacres d'Odessa, de Mariupol etc...

Si l'Ukraine s'engage à nouveau dans une transition chaotique qui sera obligatoirement dominée par les radicaux néo-nazis, il est probable que durant cette période soit déclenchée une nouvelle guerre ouverte contre le Donbass car jamais le "parti de la guerre" n'aura réuni autant de conditions pour la déclencher :
  • Le Président par intérim (désigné par la constitution) sera Andry Paruiby, l'actuel Président de l'assemblée ukrainienne, la Rada, qui n'est autre que le co-fondateur avec Oleg Tyanebock du "parti socialiste-national ukrainien" (remettre dans l'ordre svp) devenu depuis "Svoboda". Ce néo nazi russophobe est un des piliers du parti de la guerre.
  • L'armée ukrainienne est sur les starting-blocks depuis janvier 2017, et les conditions logistiques comme les conditions météo sont aujourd'hui favorables à une offensive.
  • Une guerre permettrait au pouvoir provisoire et qui n'a aucune chance de gagner des élections démocratiques d'instaurer la loi martiale de détourner l'échec économique et de conforter son pouvoir en gelant les élections.
  • Avec un Trump empêtré dans ses contradictions et les entraves des néo-conservateurs qui contrôlent l'Union Européenne, les occidentaux ne pourront intervenir directement pour enrayer cette logique de guerre semée en Ukraine.
Si Kiev a les moyens d'engager à court terme une offensive d'envergure contre le Donbass, en revanche il est incapable de l'exploiter à moyen terme et encore moins de gérer les territoires qui seraient éventuellement conquis. Donc, le seul but d'une telle offensive sera de mobiliser l'Ukraine loin des échecs du Maïdan en provoquant en réaction une intervention russe légitime qui déclenchera à son tour une réaction en chaîne diplomatique et potentiellement militaire de l'OTAN restée sous le contrôle des néo-conservateurs, via un même jeu infernal d'alliances que celui qui, en 1914, a précipité l'Europe dans le 1er conflit mondial après l'attentat de Sarajevo.

Ce scénario du pire, que je ne souhaite pas devenir réalité, est aujourd'hui malheureusement possible par la paralysie des peuples occidentaux, la panique des néo conservateurs et la folie des radicaux ukrainiens...
Et l'Ukraine sera alors ce que les néo conservateurs ont toujours voulu : un bélier sacrifié lancé contre Moscou pour déclencher en Europe cette nouvelle guerre , détruisant ses peuple, boostant la finance internationale pour servir le suprémacisme de la ploutocratie mondialiste...


Et pendant ce temps là sur le front du Donbass...

Observateurs de l'OSCE ont à nouveau été pris sous le feu de l'artillerie ukrainienne le 4 mars 2017 (photo d'archive de 2016)
L'accalmie de le ligne de front n'est qu'une illusion due à une légère diminution des tirs de l'artillerie lourde ukrainienne, car sur le terrain de la ligne de front les combats continuent jusqu'en lisières des quartiers résidentiels.

A Yasinovataya, si la station de filtration d'eau potable d'Avdeevka est à nouveau en service, elle continue à être la cible de Kiev comme hier lorsque une équipe d'observateurs de l'OSCE s'est retrouvée sous le feu de mortiers de 120mm ukrainiens. 

Plus tard en fin d'après midi de nouveaux bombardements ont frappé des quartiers résidentiels de Yasinovataya.



Dans le Sud, du côté de Mariupol, les bombardements et attaques ukrainiennes sur Kominternovo s'intensifient, tandis qu'à Dokuchaiesk, les ukrainiens continuent de tirer régulièrement sur la lisière Ouest de la ville.

Dans le Nord, sur "l'arc Svitlodarsk", l'armée ukrainienne maintient également une pression offensive constante par des bombardements permanents qui s'étendent vers le secteur de Lugansk...

Quatre courtes vidéos illustrant la vie quotidienne sur le volcan du Donbass...

Kalinovo le 3 mars 2017

Aleksandrovka le 4 mars 2017

Makeevka le 4 mars 2017

Yasinovataya le 5 mars 2017


Les nationalisations réalisées dans le Donbass début mars en réaction du blocus ukrainien ont certes certainement surpris le pouvoir oligarchique de Kiev par leur rapidité d'exécution et leur organisation mais surtout ont piégé les radicaux nationalistes qui sont maintenant obligés d'aller jusqu'au bout de leur logique suicidaire...

Au cours des prochains jours, Kiev va donc certainement vivre une accélération du dérapage commencé il y a 3 ans sur le Maïdan et, soit par l'effondrement ou la guerre, la crise ukrainienne va s'achever bientôt comme elle a commencé ou incendier l'Europe entière...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


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Erwan