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lundi 3 janvier 2022

Vers une nouvelle nazification du front ?

Si, au niveau des accrochages entre forces ukrainiennes et les milices républicaines la "trêve des confiseurs" est globalement respectée en cette période de fêtes, en revanche les ikro-atlantistes continuent à fourbir leurs armes et leurs déclarations bellicistes à l'encontre des républiques populaires de Donetsk et Lugansk et de la Russie, contraignant cette dernière à maintenir à portée des frontières ukrainiennes des forces armées capables d'écraser une potentielle offensive de Kiev dans le Donbass.

On peut observer la poursuite du renforcement du dispositif offensif sur la ligne de front du Donbass, avec  notamment l'arrivée de nouvelles unités autonomes composées de volontaires nationalistes recrutés dans les mouvements paramilitaires bandéristes, et qui investissent souvent des quartiers résidentiels près du front, à la fois pour mener une pression psychologique sur les populations civiles et les utiliser comme des boucliers humains pour protéger leurs attaques éventuelles.

  • Ainsi une unité spéciale a été observée investissant l'école du village de Valuyskoe, sur le front Nord de Lugansk, Cette unité composée de volontaires nationalistes a installé dès le 27 décembre dans l'établissement communal un poste de commandement fortifié et des positions de tir avant d'être renforcée par des véhicules blindés, des stations radar ainsi que des équipements de reconnaissance d'artillerie, de surveillance et d'acquisition de cibles. Aujourd'hui cette école située au coeur d'un village bordant le front est devenue un bastion militaire problématique.

Ce nouveau déploiement de radicaux politiques ukrainiens sur la ligne de front n'est pas isolé, du Sud (secteur Mariupol) au Nord (secteur Lugansk) des 480 km du front, chaque semaine les renseignements civils et militaires signalent l'arrivée de volontaires bandéristes, depuis des groupes de snipers jusqu'à des bataillons spéciaux comme Aydar sur le secteur de Volnovakha.

Sur ce sujet précis et qui laisserait à penser que l'Etat Major ukrainien met en place des têtes brulées pour constituer le fer de lance d'attaques futures, Dmitry Iarosh, le "petit furher" de la nébuleuse Prayvi Sector (mouvement politique néo-nazi), chef de l'organisation des volontaires nationalistes (DUK) et Commandant de l'Armée des volontaires ukrainiens (UDA) vient de se fendre d'une nouvelle déclaration dont il est difficile de séparer la vérité de son interprétation propagandiste coutumière de ce roquet bandériste.


Fin décembre, dans une interview à la publication Internet de Kiev Left Banque. Dmitry Iarosh, qui serait devenu conseiller spécial du chef d'Etat Major ukrainien (information déclarée puis démentie avant d'être classée "secrête") a ainsi déclaré :

"Le commandement des Forces armées ukrainiennes nous autorisé à nous déployer prochainement sur le front et a promis des armes. Pendant la guerre, jusqu'à 10 000 personnes sont passées par nos structures, c'est un fait. Mais je comprends que le premier échelon sera constitué de milliers de volontaires qui combattront dans le dispositif des brigades des forces armées ukrainiennes régulières, comme nous l'avons fait tout au long de la guerre en cours. Dès lors, des milliers de personnes seront immédiatement mobilisées. 
Notre structure de commandement existe, et c'est la chose la plus importante. Quand il y a une équipe, les gens qui le savent viennent déjà"..

Selon Iarosh, le 8e bataillon de l'UDA se prépare déjà à monter vers le front pour ce début d'année.

"Je tiens à souligner une fois de plus que cela a été convenu avec le commandement des forces armées. Et vous savez, en 2014, le plus gros problème pour moi n'était pas les gens, mais les armes. Nous avons couru, pris littéralement des armes capturées, fait demi-tour et agi avec ce que nous avions dans nos mains. Pour le moment, nous avons un accord selon lequel les forces armées fourniront les armes nécessaires afin que les volontaires puissent répondre de manière adéquate à certains défis dans différents domaines d'une éventuelle invasion russe".

Reste à savoir si le gouvernement de Kiev prendra le risque d'armer ne serait ce que 10 000 radicaux obéissant d'abord à une appareil politique bandériste qui, depuis 2015 a régulièrement menacé le pouvoir (de Porochenko et Zelensky) d'un coup d'Etat nationaliste !

Après Iarosh continue et tout en pérorant au sujet de "centaines de milliers" de volontaires à venir, confirme cette stratégie plausible qui consisterait à disperser les unités nationalistes au sein des unités régulières (ce qu'il appelle la squelettisation") afin de susciter et d'encadrer une motivation qui chez elles se révèle souvent chancelante.

"Je pense que dans la première vague de mobilisation, ce sont des centaines de milliers de personnes qui vont rejoindre les rangs, et on va juste aider, car les volontaires n'ont jamais été en grand nombre. Nous n'avons pas pris par quantité, nous avons pris par qualité. Et, par conséquent, notre tâche a toujours été, conventionnellement, de «squelettiser» les brigades des forces armées, d'y ajouter des personnes motivées et prêtes à l'abnégation. Nous avons toujours réussi. Je pense que cette fois nous remplirons aussi cette fonction - si nécessaire".

Là encore, au vu des nombreuses rixes souvent meurtrières qui se déroulent régulièrement entre les bataillons spéciaux et les unités régulières voire les forces de police des territoires occupés du Donbass, je ne suis pas sûr que cela soit une source de motivation pour mieux combattre les milices républicaines.

Quoiqu'il en soit, si la proportion de ces "ukropithèques" aux recrutements scabreux (hooligans, repris de justice, néo-nazis ukrainiens et européens...) continue d'augmenter sensiblement sur le front, il est fort à parier que ces têtes brulées aux cervelles plates confondent, comme en 2014, rotation sur le front avec safari criminel.

Quand un volontaire nationaliste ukrainien prend son rêve pour une réalité...

En convergence avec ces arrivées de fanatiques russophobes sur le front du Donbass, on voit revenir une politique criminelle vis à vis des populations civiles des républiques de Donetsk et Lugansk comme par exemple : 

  • Le 2 janvier à partir de 21h00, la partie ukrainienne a interrompu l'approvisionnement en eau potable de la station de filtrage occidentale "Luhanskvoda" vers le territoire de la République Populaire de Lugansk. Suite à cette coupure volontaire, qui constitue un crime au regard de la Convention de Genève, l'approvisionnement en eau des secteurs de Alchevsk, Bryanka, Stakhanov, Kirovsk et du district de Perevalsky a été fortement diminué et celui de Pervomaisk a été complètement coupé.

Si les regards sont aujourd'hui tournées vers le front diplomatique où la Russie essaye de faire comprendre aux USA l'inadmissibilité de voir l'OTAN continuer sa reptation vers ses frontières, les discours ukrainiens forts du soutien inconditionnel de l'OTAN et de nombreux pays occidentaux (pays baltes, France, Pologne...) se moquent ouvertement de la solution pacifique de ces négociations à venir (du 9 au 13 janvier). 

Ainsi du président ukrainien Zelensky qui, lors de ses vœux pour le Nouvel An, a exprimé "l'espoir que cette année, des représentants des Forces armées ukrainiennes seront photographiés en Crimée, Donetsk et Lugansk". Cela veut tout dire concernant les projets ou plutôt les fantasmes de Kiev qui sont aux antipodes d'une résolution pacifique du conflit.

Et les activités des forces ukrainiennes même si elles sont silencieuses confirment chaque jour ces intentions belliqueuses ukrainiennes.


Du côté de la Russie

La Russie joue toujours la carte diplomatique et celle du dialogue avec Washington, mais sans être naïf ni même hypocrite, signifiant à ses interlocuteurs ukro-occidentaux qu'il ne pourront plus trahir à nouveau leur parole et les traités signés sans subir une riposte radicale et militaire.

Ainsi face à la poursuite des préparatifs offensifs ukrainiens, les forces russes continuent également de déployer des renforts sur leur flanc oriental face à l'Ukraine, même si par ailleurs nombre d'unités impliquées dans les derniers exercices militaires dans la région sont effectivement retournées dans leurs garnisons (10 000 hommes soit 10 % des effectifs déployés estimés):

30/12/2021, gare Briansk-Lgovsky, un convoi ferroviaire russe avec 
des véhicules spéciaux pour le transport de liquides inflammables 
fait route vers les frontières ukrainiennes au Nord de Kharkov.
Géolocalisation du convoi de 
Briansk-Lgovsky

2 janvier 2022. Région de Kaluga, Ville de Babynino (ligne ferroviaire 
Kaluga-Sukhinichi-Briansk-Novozybkov). Plusieurs convois ferroviaires 
russes font mouvement vers les frontières ukrainiennes.

Géolocalisation du convoi de Babynino 

Il reste donc à attendre ce que l'échec inévitables des négociations Est-Ouest des 9 au 13 janvier prochains va déclencher tant sur le front diplomatique qu'économique et surtout sur le front militaire du Donbass.

Erwan Castel


mardi 28 décembre 2021

Les vautours de l'OTAN


"Je n'exclus pas que Kiev cherche à provoquer une petite
guerre dans le Donbass pour que les USA puissent blâmer
la Russie et déclencher contre elle de nouvelles sanctions"

Sergeï Lavrov, ministre russe des Affaires Etrangères 26 décembre 2021

Dans le ciel du Donbass occupé par les forces ukrainiennes, la trace d'un vautour longeant le front 

Comme une réponse arrogante et méprisante à la demande russe de ne pas voir les l'OTAN arriver en Ukraine, l'US Air Force a réalisé pour la seule journée du 27 décembre 2021 pas moins de 2 missions aériennes de reconnaissance électronique le long de la ligne de front du Donbass :

  • Le matin tout d'abord, c'est un Boeing RC 135 V "Rivet Joint" immatriculation 63-9792 indicatif "Homer 19" qui a effectué une nouvelle mission le long du front du Donbass, en restant au dessus du territoire occupé par les forces ukrainiennes.
  • En après midi, rejoignant la zone de travail du "Rivet Joint" précédent, c'est un Boeing E8C "Joint Stars" immatriculation 01-2005 en provenance de la base de Ramstein que l'US Air Force envoie le long de la ligne de front du Donbass.
Cartographie des 2 vols du 27/12/21  des "Rivet Joint et "Joint Stars" de l'US Air Force

Il faut ici relever la différence sensible d'utilisation prévue entre le "Rivet Joint" et le "Rivet Stars" : 

Le Boieng E-8C "Joint Stars" ("stars" pour Surveillance Target Attack Radar System) est en effet équipé de systèmes de recherche électronique et d'acquisition de cibles, MAIS surtout de soutenir des actions offensives dirigées contre elles. Ce système aérien de l'US Air Force à été récemment utilisé en soutien de bombardements de Lattaquié en Syrie par  l'aviation israélienne, neutralisant pendant l'attaque le système de détection de la base russe de Hneimin.

On peut donc raisonnablement imaginer un soutien aérien identique pour une offensive ukrainienne et dont les 2 premiers vols de "Joint stars" repérés ces,derniers jours le long de la ligne de front sont une reconnaissance.

Du côté de la Mer Noire ou des frontières russes jusqu'à la mer Baltique ce sont des mêmes vautours de l'OTAN qui se relaient H24 pour espionner les territoires frontaliers russes, gardant leur IFF allumé pour être mieux provocateurs et à l'abri de leurs propres systèmes antiaériens. 

28 décembre 2021 Vol d'observation d'un autre RC 135 V "Rivet Joint" de l'US Air Force

Si ces cartographies tirées des suivis des radars de l'aviation civile sont déjà assez éloquentes pour illustrer l'ingérence des ressources du renseignement militaire étasunien dans le conflit du Donbass et en Crimée, en revanche lorsqu'on s'intéresse, en plus des caps suivis par les pilotes, aux portées des appareils de guerre électronique embarqués, on comprend mieux les griefs du Kremlin à ne pas vouloir voir s'installer l'OTAN à ses frontières :

Portée des armes électroniques embarquées par les avions de l'US Air Force au dessus du
Donbass. On voit bien ici que les zones traitées vont largement à l'intérieur du territoire russe.

Dans le même état d'esprit belliciste, le président étasunien Biden vient d'approuver pour le budget 2022 l'augmentation de "l'aide à la sécurité de l'Ukraine" à 300 millions de dollars, soit 50 millions qu'en 2021. Dans cette aide américaine (à laquelle il faut rajouter celles des autres pays de l'OTAN, 75 millions seront consacrés à la livraison d'armes létales (qui rappelons le pour les manichéistes trumpinolâtres avait été autorisée par Donald, son prédécesseur à la Maison Blanche).


Dans les tranchées du front

Une accalmie très relative règne sur le front, encouragée par le froid et la neige, la trêve des confiseurs et peut-être aussi ce nouveau duel diplomatique entre Moscou et Washington qui doit achever son théâtre aux environs du 10 janvier si russes et étasuniens se rencontrent comme proposé autour de les questions de sécurité collective et de l'avancée de l'OTAN vers la Russie.

Ce 27 décembre on note cependant par exemple:
  • 15h15, bombardement ukrainien du village d'Aleksandrovka (Ouest Donetsk) depuis Marinka. 5 obus SPG (canon sans recul de 73mm) tirés.
Chaque jour les forces ukrainiennes continuent donc leurs provocations meurtrières contre les défenseurs et les civils des républiques de Donetsk et Lugansk.

Comme ici lors des premières neiges de décembre, tir ukrainien sur un
soldat de la 100ème brigade sur Staromihaïlovka (Ouest de Donetsk).

Du côté de la Russie

Suite à l'idée étasunienne de réaliser le 12 janvier une rencontre entre Moscou et Washington pour discuter des propositions russes de sécurité collective, le Kremlin a répodu favorablemen en avançant la date du 10 janvier et en précisant : 
  • "Qu'il n'y aura pas de plan B aux propositions russes"
  • "Si les garanties demandées par le Kremlin (arrêt de l'élargissement des membres et alliés de l'OTAN vers l'Est) sont refusés par la Maison Blanche, la réponse russe sera désormais confiée aux experts militaires" 
Aux abords des frontières ukrainiennes :

L'Etat Major russe continue de transférer des unités et du matériel de défense pour parer à toute attaque de Kiev dans la région

Région de Briansk, transfert vers les frontières occidentales de systèmes de missiles 
antiaériens Buk-M1 à la région de Briansk Ici sur la base du camion KrAZ-255 B, 
des véhicules de transport 9T229 acheminent, probablement vers la nouvelle base 
de Klimovo, les missiles antiaériens 8 missiles ou 6? si conditionnés en conteneurs.

Géolocalisation du convoi de BUK 1

Comme l'ont fait remarqué plusieurs responsables et analystes politiques, la situation sur le front du Donbass est d'autant plus alarmante que nous pouvons observer actuellement une accalmie qui ne correspond pas ni à l'exacerbation des échanges diplomatiques ni aux préparatifs d'offensifs qui continuent a être notifiés du côté des forces ukrainiennes. Et nombreux sont ceux qui font référence aux précédent conflit régional russo-géorgien, où là aussi, avant l'offensive géorgienne de 2008 sur les républiques abkhaze et ossète une accalmie et des négociations avaient été simulées.

Erwan Castel

lundi 27 décembre 2021

"Reculer pour mieux sauter"

Continuant leur habituel jeu de dupe, les ukro-atlantistes, par la voix du secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, viennent de proposer une rencontre Washington / Moscou concernant les propositions de Sécurité collective soumis par le Kremlin le 17 décembre et pour lesquelles la Maison Blanche comme l'OTAN ont jugé inacceptable la demande de stopper l'extension de l'alliance vers les frontières de la Fédération de Russie.

Il serait naïf de croire que cette rencontre proposée pour le 12 janvier, et par l'OTAN elle même soit un changement de rhétorique occidentale concernant sa stratégie vis à vis de Moscou. Il s'agit selon moi d'une manœuvre dilatoire destinée à parer médiatiquement les occidentaux d'un masque bienveillant pour ensuite accuser la Russie de saboter les négociations. Souvenons nous des négociations initiées par les occidentaux et qui ont précédé les attaques de l'Irak en 1990 ou de la Serbie en 1999. 

Car le seul changement de rhétorique qui a été réalisé ce n'est pas du côté de Washington mais plutôt de Moscou qui diplomatiquement a frappé du poing sur la table devant l'obstination occidentale de faire de l'Ukraine un porte-avion pro-atlantiste dirigé contre la Russie. 

23 décembre 2021, le président Poutine concernant l'OTAN
avait déjà anticipé sur la tactique occidentale qui chercherait
à gagner du temps en renvoyant la balle des négociations à 
de nouvelles et interminables rencontres et réunions stériles.

Depuis plusieurs semaines le président et les responsables politiques et militaires de la Fédération de Russie rappellent et de façon radicale les "lignes rouges" sécuritaires à ne pas franchir dans la zone stratégique entourant leurs frontières. Et la pierre d'angle de cette sécurité périphérique de la Russie c'est la garantie (et son respect) que l'alliance militaire atlantique ne progressera plus vers l'Est que ce soit via des pays membres ou des pays alliés. Et, comme l'a rappelé ce 26 décembre le porte parole du Kremlin Dmitry Peskov, cette garantie ne concerne pas seulement l'Ukraine, mais aussi d'autres pays situés autour de la Russie tel que la Géorgie ou la Moldavie par exemple.

Car si l'OTAN ne veut pas affronter militairement des forces russes, que ce soit en Syrie ou en Ukraine, en revanche les occidentaux veulent toujours qu'elle soutienne logistiquement et normalise les forces auxiliaires gouvernementales, paramilitaires ou terroristes qui luttent contre la Russie. On le voit bien avec l'Ukraine dont les occidentaux répètent régulièrement qu'elle n'est pas prête d'intégrer l'OTAN mais que cette dernière occupe déjà factuellement et jusque dans le Donbass.

Et, en arrière plan de ce jeu de dupe, les occidentaux essayent déjà de jouer la carte du chantage géo-stratégique avec par exemple le nouveau report de la validation allemande nécessaire au lancement concret du gazoduc russe North Sream II. Cette menace de torpiller définitivement le gazoduc russe est à la fois un levier dans les négociations autour de l'Ukraine pour dissuader Moscou de protéger le Donbass et maintenir le transit ukrainien de son gaz vers l'Europe, très lucratif pour Kiev.

L'OTAN aujourd'hui ne peut stopper son élargissement vers l'Est sans discréditer la stratégie et les relations internationales de Washington et Moscou, comme l'a rappelé Poutine, "n'a plus nulle part où reculer". C'est donc vers une épreuve de force que se dirigent les puissances antagonistes et qui se cristallisera vraisemblablement autour du Donbass, à moins qu'un événement grave n'intervienne avant sur le front asiatique où les tensions entre Washington et Pékin vont également crescendo.

Concernant le flanc occidental de la fédération, le président Poutine a confirmé que, si les garanties solides demandées au sujet de l'OTAN n'étaient pas obtenues, alors la réponse du Kremlin sera confiée aux experts militaires et il est difficile de na pas penser alors à l'expérience en Géorgie lorsque Tbilissi avait attaqué les républiques pro-russes d'Abkhazie et d'Ossétie : reconnaissance politique de Moscou, intervention et déploiement de l'armée russe sur leurs territoires.

En attendant cette réunion, qui sera je le crains un "non événement", les forces armées ukrainiennes continuent de jouer "la mouche du coche" de l'OTAN, comme par exemple pour la journée du 26 décembre :

  • A 09h25, Front de Gorlovka (40km Nord Donetsk), Bombardement ukrainien du village de Gagarine. 4 roquettes RPG 7 et 10 grenades AGS tirées ainsi que des tirs aux armes légères.
  • A 12h20, Front de Donetsk, Bombardement ukrainien du village de Veseloe (Nord de Donetsk, secteur aéroport). 5 grenades AGS tirées.
En attendant janvier, l'Etat Major russe continue a préparer des réponses militaires en cas d'agression potentielle de l'armée ukrainienne contre le Donbass ou ailleurs : 

Avec leurs véhicules, les soldats russes adressent aux observateurs US une interjection ("bite")

La propagande occidentale, s'appuyant sur les données du renseignement stratégique de l'OTAN vient de publier une nouvelle cartographie des troupes russes s'apprêtant à envahir l'Ukraine. Or si quelques éléments de cette infographie sont basés sur des observations réelles, la propagande de guerre occidentale continue de mentir et surtout d'omettre des faits chronologiques et des évidences essentielles qui ruineraient son fantasme récurrent d'une invasion russe imminente :

  • Alors que depuis 7 ans l'OSCE qui y est déployée conclue qu'il n'y a pas de troupes russes dans le Donbass, cette carte nous ressort le mensonge de leur présence,
  • Que parmi les troupes russes inventoriées il y a celles nombreuses dont les implantations de garnisons sont depuis toujours dans ces régions frontalières,
  • Aucune infographie occidentale bien sûr ne fait mention des mouvements militaires de Kiev qui désormais a déployé plus de 50% de ses unités d'assaut dans le Donbass,
  • Que les mouvements des troupes russes sont réalisés d'une part sur leur territoire national et pour beaucoup dans le cadre d'exercices depuis longtemps programmés, 
  • Aucune chronologie des actions militaires prouvant que l'escalade a été initiée par les forces de Kiev à la mi octobre et que Moscou ne fait que réagir par des dissuasions, 

Selon cette carte de la propagande occidentale, environ 10 groupes tactiques de bataillons 
russes sont concentrés près des frontières ukrainiennes. En Belarus, il y a des unités aériennes, 
1 bataillon de chars et des unités d'infanterie motorisée. Dans la région russe de Koursk, un camp 
a été aménagé , accueillant des concentrations de matériels et véhicules de combat divers. Près des 
frontières ukrainiennes, sont arrivées 4 brigades russes avec missiles balistiques Iskander, etc...

De fait, il y a réellement une concentration d'unités russes singulière dans les régions frontalières avec l'Ukraine et les Républiques du Donbass, comme il est fait systématiquement par tout Etat responsable lorsqu'une guerre menace à ses frontières et même si il n'est pas directement visé. 

Autant le caractère démonstratif des mouvements effectués que les nombreux matériels défensifs observés dans les convois russes se dirigeant vers leurs frontières pontiques attestent de la mission dissuasive de cette stratégie militaire engagée par Moscou contre la menace ukrainienne d'une option militaire dans le règlement du conflit du Donbass.

Voici une vidéo prise dans la région de Krasnodar, aux portes du détroit de Kertch: un
un convoi ferroviaire russe achemine vers la Crimée de nouveaux renforts et matériels 
militaires parmi lesquels le récent système de défense antiaérienne S350. Ce système 
ultramoderne qui provient soit de la région de défense de Moscou, soit des productions 
prioritaires du complexe militaro-industriel de la Fédération de Russie. Mi décembre 21.
Géolocalisation du convoi de Krasnodar

Depuis de 25 décembre 2021, des photos de la gare de Novozybkovo dans la région 
de Briansk ont ​​commencé à apparaître sur les réseaux. On y voit arriver des unités 
logistiques, vraisemblablement dirigées vers l'ancienne base aérienne soviétique de 
Klimovo,à 35 km des frontières ukrainiennes, et qui était fermée depuis longtemps.

De nouvelles vidéos montrant des convois militaires russes aux matériels débâchés circulent librement sur les réseaux, y compris les réseaux russes, prouvant bien le caractère prioritaire démonstratif et dissuasif de ces mouvements militaires.

Quelques uns des récents mouvements militaires russes vers les
frontières ukrainiennes  observés entre 23 et le 26 décembre 2021
Géolocalisation des convois militaires russes

23 décembre 2021, dans la région de Koursk, photos satellite d'un camp militaire russe 

21 décembre 2021, nouvelles images des camps militaires russes 
dans la région de Voronej, captures du Satellite étasunien Maxar



Le bras de fer continue donc, entre les milices et les "ukrops" sur le front du Donbass et jusqu'au niveau rideau de fer entre Moscou et Washington.

Et dans les semaines à venir, il est plus probable que nous allons observer de nouveaux coups tordus ukro-atlantistes que un mea culpa de Washington concernant les provocations de l'OTAN sur les frontières russes.

Erwan Castel

vendredi 24 décembre 2021

Noël de guerre dans le Donbass

Même si dans le monde orthodoxe, Noël est toujours célébré le 7 janvier (conformément au calendrier grégorien initial), je ne peux m'empêcher d'associer sa correspondance julienne au solstice d'Hiver et surtout pour celles et ceux qui, de plus en plus nombreux, me suivent ici sur ce blog ou sur les réseaux sociaux depuis l'Ouest européen.

Qu'ils soient catholiques, athées ou comme moi païens j'adresse à tous les lecteurs, à l'occasion de ces fêtes solsticiales, chrétiennes ou simplement culturelles de fin d'année tous mes voeux de bonheur familial et amical, de santé, et surtout de voir autour d'eux se restaurer rapidement l'intelligence de se sens commun qui, détourné et asservi par l'imposture occidentale entraîne les mentalités et la paix vers un naufrage mortel des peuples d'Europe.

Mes pensées vont particulièrement à celles et ceux qui ont répondu généreusement à mon appel pour m'aider à me remettre définitivement des blessures reçues au front en septembre 2019 et dont il reste mon bras gauche à changer. Grâce à eux j'ai déjà pu collecter la moitié de la somme pour une prothèse fonctionnelle. Je les remercie vivement du fond du coeur !

Malheureusement pour les populations du Donbass et leurs défenseurs, la trêve de Noël n'est qu'illusion que de nombreux parents sur le front tentent de faire vivre à leurs enfants dans l'abri de leurs caves, car les forces ukrainiennes, malgré un froid mordant (- 20° cette nuit) continuent de vouloir enflammer le front de leurs provocations :

Ainsi, ce matin du 24 décembre 2021, les forces ukrainiennes ont continué leurs bombardements sur la périphérie Sud Ouest de Donetsk. A 10h05, le village d'Aleksandrovka (Sud de Donetsk) où un civil a encore été blessé hier matin, a subi un nouveau bombardement ukrainien au mortier de 120 mm. 14 obus ont été tirés. 

Dans l'après midi, les forces de défense républicaines ont enfin riposté après avoir confirmé et ciblé les positions ukrainiennes responsables des tirs du 23 et du 24 décembre sur Aleksandrovka :

Tir de riposte de la défense républicaine le 24 décembre après midi


Ailleurs, les forces ukrainiennes continuent de pousser vers la ligne de front leurs unités d'assaut, comme l'ont encore signalé dans leur rapport quotidien d'hier les observateurs internationaux :

Le 22 décembre 21, 59 chars de combat ukrainiens (28 T-64 et 31 T-72) ont quitté leurs lieux
de retrait (imposé par les accords de Minsk), pour faire mouvement vers la ligne de front.

La population civile du Donbass et ses défenseurs tiennent bons malgré 7 années d'une guerre de tranchées hémorragique où les familles subissent quotidiennement bombardements, destructions, privations mais sans jamais faiblir dans leur volonté commune de libérer leurs territoires occupés par Kiev et rejoindre la Fédération de Russie, comme le sœurs de Crimée en mars 2014.

En attendant, les milices républicaines espèrent dans la probabilité grandissante d'une nouvelle offensive ukrainienne que le "Grand père Gel" (l'équivalent du père Noël en Russie) et sa petite "fée des neiges" leur apporteront des cadeaux victorieux !

Erwan Castel

 

Ukropithèques décomplexés

2 déclarations convergentes de responsables kiéviens révèlent le niveau d'excitation et la mentalité criminelle de ces ukropithèques vomis par le Maïdan il y a 8 ans et qui rappelons le encore sont soutenus inconditionnellement par les chères démocraties droitdelhommistes occidentales :

  • Tout d'abord les représentants de Kiev du groupe de contact du processus de paix  lors d'une nouvelle tentative de pourparlers concernant l'échange de prisonniers (point 6 des accords de Minsk) ont déclaré cette semaine : "il n'y aura bientôt plus de prisonniers en Ukraine" (!?).
Si on ne connaissait pas le cynisme des représentants ukrainiens aux réunions des accords de Minsk on pourrait presque penser à une expression évasive maladroite, sauf que Dmitry Iarosh qui est le fondateur du mouvement paramilitaire néo-nazi  ukrainien "Trizub", un des leaders du "Secteur Droit" les plus virulents du Maïdan et fondateur du Corps des Volontaires Ukrainiens, "DUK" et devenu conseiller spécial du Chef d'Etat Major de l'armée ukrainienne a appelé sur l'antenne de la chaîne Espresso TV à procéder à un nettoyage de masse des pro-russes par les nationalistes radicaux ukrainiens:
  • "Sans aucun doute, les services spéciaux ukrainiens devraient neutraliser les personnes qui s'opposent ouvertement et non ouvertement à l'État ukrainien. Ils font quelque chose, nous le voyons constamment dans les rapports sur les arrestations d'agents russes, mais cela ne suffit pas. À mon avis, si une invasion à grande échelle commence, les lois du temps de paix passeront à l'arrière-plan, et alors les patriotes ukrainiens devront être prêts à nettoyer ces saboteurs russes qui sont dans la politique, la culture et les affaires. Ce sont eux qui sont considérés par le Kremlin comme la future administration d'occupation"
Le fait est que depuis 2 mois on observe une augmentation des unités autonomes ukrainiennes au recrutement néo-nazi et nationaliste : bataillon Aydar (secteur Volnovakha à 40 km au Sud de Donetsk), groupes de tireurs d'élites ou volontaires de l'organisation DUK...) auxquels il faut rajouter le retour important d'unités de mercenaires étasuniens issus de la nébuleuse "Blackwater" (devenu "XE service" puis "Academi" après le massacre de civils irakiens en 2007) qui étaient déjà environ 400 en 2014 (source renseignements allemand). D'autre part un décret d'application ukrainien vient d'être activé pour simplifier l'obtention du passeport ukrainien aux étrangers volontaires pour le front du Donbass.

Entre ces paramilitaires et ces mercenaires, Washington et Kiev (qui soit dit en passant sont les 2 seuls pays s'opposant à l'ONU à la condamnation de la promotion du nazisme) disposent sur le front du Donbass d'unités "non gouvernementales" idéales pour commettre des crimes de guerre car elles n'engagent pas juridiquement leurs responsabilités. Et à ce sujet, le ministère russe de la défense a relevé récemment l'inquiétant déploiement sur le secteur d'Avdeevka (front au Nord de Donetsk) de mercenaires étasuniens et de stocks d'armes chimiques.

Alors que la France vient de pousser l'ONU à des sanctions contre la société militaire privée russe "Wagner" qui (à l'invitation des gouvernements centrafricains et maliens) porte ombrage à son pré carré néocolonialiste, Paris, pourtant "garant des accords de paix" signés à Minsk regarde ailleurs lorsque Washington déploie en toute illégalité morale des mercenaires sur le front du Donbass... Encore une fois un exemple du "2 poids 2 mesures" du laquais de l'Oncle Sam.

Ces faits avérés ainsi que l'actuelle exacerbation idéologique des tensions militaires et diplomatiques actuelles hystérique occidentale ne risquent pas, sur fond d'hystérie russophobe  occidentale, de calmer le fanatisme meurtrier des bandéristes...


Encore un civil blessé par les forces de Kiev

Confirmant que l'accalmie relative des derniers jours n'était qu'une illusion, les forces ukrainiennes - qui avaient déjà repris hier leurs bombardements lourds sur Aleksandrovka - ont engagé de nouveaux pilonnages sur le front de Donetsk
  • Le 22 décembre 2021, à 8h30, bombardement ukrainien avec des obusiers lourds du secteur de Spartak (Est aéroport de Donetsk) depuis leurs positions d'Avdeevka
Pour remplacer le lance grenades automatique soviétique vieillissant AGS 17 (30mm),
l'industrie militaire 
ukrainienne a mis au point récemment l'UAG 40 (tout comme la
Russie a l'AGS 40), un lance grenade automatique de 40 mm, plus précis et rapide et
qui ayant terminé ses tests en 2017 et apparait aujourd'hui sur le front du Donbass.

Malgré la traditionnelle trêve de fin d'année qui se prolonge jusqu'au Noël et vieux nouvel an orthodoxe, on observe la reprise de l'escalade militaire en cours. Ainsi pour la journée du 23 décembre les forces ukrainiennes ont repris leurs tirs sur les front  de Lugansk et Donetsk où un civil a été gravement blessé dans le village d'Aleksandrovka (Sud de Donetsk).

Piotr Ozolin, habitant d'Aleksandrovka a été visé et touché par le tir ukrainien d'une grenade autopropulsée AGS 17 (30mm) ou UAG 40 (40mm) d'une unité de la 54e brigade mécanisée ukrainienne du colonel A.S. Maistrenko, à 5h30 alors qu'il sortait du village pour se rendre à son travail. Présentant des "blessures multiples à la région temporo-pariétale gauche, à l'épaule gauche, blessure pénétrante à la région iliaque pulmonaire, blessure aux deux jambes sur la face avant", l'homme de 53 ans a été évacué aux sois intensifs de l'hôpital n°14 du district urbain voisin de Petrovsky dans un état est jugé grave.

A noter que la compagne de la victime, Victoria Ozolina,  a été elle aussi blessé le 27 novembre dernier dans un autre bombardement ukrainien. Le destin tragique de cette famille d'Aleksandrovka n'est malheureusement pas exceptionnel, il illustre la situation de ces milliers de familles qui survivent depuis 7 ans sous les tirs quotidiens des forces ukrainiennes et l'indifférence d'une communauté internationale qui passe son temps à hurler contre une agression russe fantasmée.

Cela fait maintenant 72 jours que Andreï Kociak, observateur 
du Centre de Contrôle et de Coordination du Cessez le feu a été 
capturé, torturé et jeté illégalement dans les geôles ukrainiennes 


Du côté de la Russie

Illustrant la radicalisation obligée du Kremlin face à l'obstination des ukro-atlantistes de piétiner les accords de paix de Minsk et de poursuivre l'installation de l'OTAN en Ukraine, les forces armées de la Fédération de Russie se préparent à réagir à une potentielle offensive ukrainienne qu'elle soit dirigée contre elles ou contre les populations du Donbass.

Contrairement au printemps, les déploiements dissuasifs russes sont cette fois plus importants et surtout continuels depuis plusieurs semaines, et annoncent à Kiev les pires augures si Washington décide d'engager une option militaire dans le Donbass. Même si l'armée ukrainienne a doublé ses effectifs par rapport à 2014, s'est un peu modernisée grâce aux formations et équipements occidentaux, elle reste ridicule face à la puissance militaire russe et surtout seule car elle sait que l'OTAN, en dehors de l'aide logistique, du renseignement du champ de bataille et éventuellement de quelques mercenaires et forces spéciales, restera physiquement en retrait du front que Washington lui aura donné l'ordre d'ouvrir.

Pour faire suite aux différentes informations concernant ces déploiements militaires russes vers les frontières ukrainiennes  voici d'autres mouvements dissuasifs réalisés ostensiblement au vu at au su de tous par l'Etat Major russe :

Evolution de la base militaire russe de Bakhchisarai, en péninsule de Crimée. La photo 
à gauche date d'octobre, celle de droite du 13 décembre. On peut y voir une concentration 
d'environ 100 véhicules blindés, chars et véhicules de combat, transports de troupes, obusiers automoteurs, défense anti aérienne aérienne... ce qui correspond à une brigade de combat.  

Le 20 décembre dans la région de Riazan, à la gare de triage  de Riazan, un convoi
ferroviaire russe avec des tracteurs d'artillerie Kamaz-63501AT "Medved" et des 
obusiers 2A65 "Msta-B" a été vu faisant mouvement vers les frontières ukrainiennes
Localisation du convoi de Riazan

Entre le 10 et le 17 décembre, de nombreux convois ferroviaires russes 
comme celui cisont arrivés sur la base militaire près de Voronej.
Localisation du convoi de Voronej

Egalement vu, dans la région de Nijni Novgorod, un autre convoi ferroviaire russe en route
vers les frontières ukrainiennes avec notamment un véhicule de commandement Gaz-66 KShM, 
des transports et tracteurs MT-LB, des transports de troupes BTR 82, des chars de combat, 
des Lance Roquettes multiples de 122mm "Grad", des engins du génie combat... 
Géolocalisation possible du convois en fonction des bases existantes près de la frontière ukrainienne

Aujourd'hui avec un chemin de la paix obstrué par les provocations ukrainiennes, les coups tordus de l'OTAN et les mensonges de Washington et ses alliés, sans oublier l'indifférence des populations occidentales le nez plongé dans la psychose covidienne et la dinde de Noël, force est de constater que la situation dans cette région sous haute tension de la Mer Noire, continue de glisser lentement mais sûrement vers le chemin de la guerre totale.

Erwan Castel

mardi 21 décembre 2021

Quelque chose se prépare

Lance grenades automatique AGS 17 (30mm), en service de chaque côté du front du Donbass

"Les actions de l'Ukraine et d'autres pays ont atteint un point qui 
oblige la Fédération de Russie à prendre des mesures radicales"

Andrey Rudenko vice-ministre russe des Affaires étrangères

Depuis 2 semaines environ, les bombardements ukrainiens ont sensiblement diminué sur le front pour laisser l'avant scène aux chutes de neige. Pourtant on ne pas évoquer pour autant une désescalade, bien au contraire car les préparatifs offensifs de l'armée ukrainienne sont toujours en cours ainsi que de multiples provocations réalisées sur le front par leurs armes de premier échelon, leurs drones de frappe tactiques et leurs snipers qui continuent à tuer et blesser des défenseurs républicains.

Quelques exemples parmi les provocations ukrainiennes des derniers jours :

Le 17 décembre

  • A 15h20, bombardement ukrainien par drone tactique sur la caserne de la 43ème unité de pompiers de Gomoisky (Nord-Est Gorlivka), provoquant des dégâts matériels. 

Le 18 décembre :

  • A 11h25, bombardement ukrainien au mortier du village minier de Gagarine (Ouest Gorlovka) depuis les positions de Dzerjinsk.  8 obus de 82mm tirés. 
  • A 16h30, bombardement ukrainien de Kalinovo depuis les positions de Troitskoe. 6 obus de 73mm (SPG 9): 1soldat de la milice populaire de Lugansk a été tué et un autre a été blessé. La milice a répondu immédiatement aux tirs ukrainiens provoquant 2 tués et un blessé chez l'ennemi.
Ce même front de Svletlodarsk (Nord-Est Gorlovka) 
vidéo sous le feu de mortiers de 120mm ukrainiens
Le 20 décembre :
  • A 15h35, bombardement ukrainien de Bayrak (Nord Est Gorlavka) depuis les positions de Novoluganskoe. 29 grenades AGS tirées.
Mortiers de 120mm ukrainiens en action dans le Donbass

Le 21 décembre :
  • A 12h57, bombardement ukrainien au mortier lourd du village d'Aleksandrovka (Sud de Donetsk) depuis des positions situées à Marinka. 20 obus de 120mm tirés.


La confrontation politico-militaire Est-Ouest se radicalise 


Si le front militaire vit depuis quelques jours une accalmie relative (jusqu'au bombardement d'Aleksandrovka d'aujourd'hui), en revanche sur le front diplomatique, les échanges entre les Washington et Moscou se font désormais à couteaux tirés, notamment au sujet de l'extension de l'OTAN vers les frontières russes pour lequel les occidentaux refusent de considérer les inquiétudes russes comme légitimes, piétinant les principes souverains de sécurité internationale dans les "zones d'influence", qu'ils ont pourtant souvent imposé au Kremlin comme par exemple lors de la crise des missiles de Cuba (et qui sont d'autant plus vifs aujourd'hui avec l'amélioration des portées et vitesses des armements stratégiques). 

La position de l'OTAN est à ce titre très significative et semble même imposer un alignement servile et zélé des gouvernements occidentaux. Ainsi le secrétaire générale de l'Alliance a t- il déclaré:
  • "L'OTAN ne fera jamais de compromis avec la Russie sur le droit de l'Ukraine de "choisir sa propre voie" Jens Stoltenberg, secrétaire généra de l'OTAN.
Et cette extension agressive de l'OTAN vers les frontières de la Fédération de Russie, laquelle est définie dans les sommets annuels de l'Alliance comme l'ennemi principal, est soutenue d'une même voix par les responsables occidentaux qui campent sur la position de Washington et parfois dans une rhétorique encore plus agressive que celle de l'alliance qui est devenue sa force d'occupation militaro-politique de l'Europe. Par exemple:

"Nous devons clairement dire à la Russie qu'elle n'a pas le droit de dire aux partenaires de l'OTAN comment ils doivent se comporter"a déclaré Christina Lambrecht, la ministre allemande de la Défense lors d'une visite en Lituanie.



Washington veut protéger l'agression ukrainienne

Et dans ce jeu d'allumettes au dessus d'un baril de poudre des diplomaties occidentales, Washington cherche de toute évidence à la fois :
  • à encourager Kiev d'intervenir dans le Donbass, en réaffirmant son soutien politique, économique et logistique inconditionnel qui reste inscrit dans un processus ouvert d'intégration à l'OTAN, sans toutefois militairement s'engager directement sur le front d'un éventuel conflit russo-ukrainien.
  • à dissuader Moscou d'intervenir en Ukraine pour défendre les populations du Donbass, en agitant au dessus de la Russie des nouvelles sanctions économiques et diplomatiques qui seront selon les dires d'un responsable de la Maison Blanche "écrasantes, immédiates et entraîneront des coûts importants pour l'économie et le système financier russes"
Une fois encore les USA jouent ce jeu cynique qui consiste à pousser les ukrainiens, par leurs soutiens et leurs promesses, sur le chemin de la guerre contre la Russie pour pouvoir déclencher de nouvelles sanctions contre Moscou, mais tout en restant à distance pour ne pas que les occidentaux soient en première ligne...

Du côté de la Russie

Tandis qu'à Moscou, le ton se durcit autour de la sécurité des populations du Donbass et de l'implication de l'OTAN en Ukraine, sur le terrain, l'Etat major russe poursuit inlassablement le déploiement d'unités de combat, de logistique ou de guerre électronique vers les frontières avec l'Ukraine et le Donbass (voir sur ce sujet les articles précédents comme ici)

19 décembre en gare de Klintsy (région de Briansk) est arrivée un autre convoi ferroviaire russe
avec du matériel militaire divers. Parmi les véhicules de combat d'infanterie et les chars on peut 
observer des camions logistiques couverts, des engins du génie comme des ponts mécanisés lourds 
TMM-3, EOV-4421, un convoyeur à chenilles PTS-4, un lance-roquettes automoteur UR-77 "Meteorite", un IMR- Débroussailleuse 3M, des camions-grues et plusieurs BMP-2K.


Il est probable que le positionnement de Moscou concernant l'Ukraine et la menace de l'OTAN fera l'objet d'une présentation publique de ses exigences en matière de sécurité nationale étendue à sa zone d'influence pontique pour garantir à ses centres névralgiques une profondeur stratégique et soutien humanitaire; ainsi qu'un ultimatum à Kiev concernant ses violations criminelles permanentes à l'encontre des populations civiles du Donbass.

Alors que la neige étend son manteau glacial sur le Donbass, l'Hiver menace plutôt de devenir brûlant et ce dans les quatre prochaines semaines, qui sont le délai que l'administration de la Maison Blanche s'est donné pour forcer la Russie, par la menace économique, de renoncer à ses positions en Ukraine concernant l'OTAN, le Donbass et bien sûr la Crimée dont le rattachement référendaire de 2014 n'a toujours pas été digéré par les faucons mondialistes.

Erwan Castel