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jeudi 25 décembre 2014

Même pas dans tes rêves !

La chute de Poutine n'est qu'un fantasme

Entretien avec Vladimir Fédorovski 

Par Wladimir Garcin - Publié le 18/12/2014 

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Après un début de semaine chaotique, le président russe est intervenu jeudi pour rassurer ses concitoyens, ainsi que les marchés internationaux. Pour Vladimir Fédorovski, ce dernier pourrait encore sortir renforcé de la crise.


Vladimir Fédorovski est un écrivain russe d'origine ukrainienne, actuellement le plus édité en France. Diplomate, il a joué un rôle actif dans la chute du communisme, il fut promoteur de la perestroika puis porte-parole d'un des premiers partis démocratiques russes. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Russie mythique, et dernièrement un essai sur Poutine intitulé Poutine, l'itinéraire secret, (Editions du Rocher, 2014). Son dernier livre «la Magie de Moscou» vient de paraître aux éditions du Rocher.


FigaroVox: Vladimir Poutine s'est exprimé jeudi, après la chute spectaculaire du rouble cette semaine. Que faut-il retenir du discours du président russe?

Vladimir FEDOROVSKI: Le discours du président russe était un véritable numéro d'équilibriste, une psychothérapie collective destinée à la fois au peuple russe, aux milieux financiers internationaux et au marché intérieur. Il a assumé ses erreurs, et a déclaré qu'il se donnait deux ans pour améliorer la situation. Le rouble a d'ailleurs d'ores et déjà commencé à retrouver des couleurs, après l'intervention de la banque centrale, et, surtout, du gouvernement.

Celui-ci peut-il suffire à rassurer les russes et les marchés?

On constate également, dans cette intervention, une nouvelle tonalité, plus modérée, plus conviviale et ouverte au dialogue avec l'Occident.

Chacun a pu être rassuré par son intervention, durant laquelle il multipliait les adresses aux uns et aux autres. A court terme, son numéro d'équilibriste semble porter ses fruits.

Son discours était tout particulièrement adressé à ses concitoyens qui souffrent de la crise. Vladimir Poutine a assumé les défauts de sa politique, et a promis des améliorations dans les deux ans à venir.

On constate également, dans cette intervention, une nouvelle tonalité, plus modérée, plus conviviale et ouverte au dialogue avec l'Occident. Celle-ci était déjà sensible lors de la visite surprise de François Hollande à Moscou. Vladimir Poutine cherche visiblement à calmer le jeu, notamment vis-à-vis de l'Europe, ce qui devrait contribuer à rassurer les marchés internationaux.

Cette chute du rouble révèle-t-elle finalement les fragilités de la Russie et de son dirigeant? Poutine est-il un colosse aux pieds d'argile?

Les analystes occidentaux prennent leurs désirs pour des réalités. En d'autres termes, ils aimeraient que cette crise cause la chute de Poutine ; or, il n'en est rien. Pour l'instant, on ne trouve aucune indication sur une quelconque baisse de popularité du président russe.
La Russie n'a pas suffisamment utilisé l'argent du pétrole ou du gaz pour améliorer son outil de production et mener une politique industrielle intelligente.

Vladimir Poutine, on l'a vu, a cherché à concilier les contraires, à trouver une posture médiane, capable de rassurer tous les bords: dans l'entourage du président, certains souhaitent la rupture avec l'Occident, et pensent que les sanctions européennes sont l'occasion idéale pour une réorientation vers la Chine, l'Asie ; à l'inverse, d'autres souhaitent que la Russie se réconcilie avec l'Union européenne. Poutine doit conjuguer ces aspirations contraires, et, jusqu'ici, y arrive particulièrement bien.

De plus, le président russe reste apprécié par une population, qui, en temps de crise, développe historiquement un réflexe nationaliste. On retrouve ici la mentalité russe de la citadelle assiégée: acculés, les citoyens se sentent victimes d'un complot occidental, et font bloc derrière leur chef. Paradoxalement, la crise actuelle, loin de fragiliser Poutine, le renforce donc.

Alors qu'il semblait en mesure de gagner la guerre diplomatique, Vladimir Poutine est-il en train de perdre la guerre économique?

La notion de guerre économique est loin d'être évidente. D'abord, le président russe a assumé ses erreurs, et a notamment déclaré que la crise actuelle était la conséquence, en grande partie, du retard de l'économie nationale. En d'autres termes, la Russie n'a pas suffisamment utilisé l'argent du pétrole ou du gaz pour améliorer son outil de production et mener une politique industrielle intelligente. Elle n'a pas transformé son économie, et a pris, ce faisant, un retard considérable vis-à-vis des pays de l'ouest. C'est ainsi que certains, dans l'entourage de Poutine, voient les sanctions européennes comme une chance pour la Russie, qui, isolée, sera obligée de réformer son économie pour produire les biens qu'elle avait jusqu'ici l'habitude d'importer.

Quel rôle ont joué les sanctions européennes dans cette crise économique?

Pris dans la tempête, Vladimir Poutine cherche à atterrir en évitant au maximum les turbulences.

Poutine estime que les sanctions ont contribué, à hauteur d'un quart, à la crise actuelle. En réalité, celle-ci est surtout due à la jonction de facteurs dont nous avons parlé, et notamment au retard de l'économie russe dans la mondialisation. Poutine souhaite donc désormais réformer le système de production, grâce à l'argent du pétrole et du gaz: c'est son principal défi pour les années à venir.

On peut toutefois dire que les sanctions ont été contreproductives, sur le plan géopolitique. Elles pourraient pousser la Russie à conclure une alliance avec la Chine militaire. Elles renforcent également les forces anti-occidentales du pays.

Quelle est, selon vous, la part de responsabilité des Etats-Unis dans la chute du rouble?

Chacun sait que les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et l'Europe ont déjà utilisé une tactique similaire pour causer la chute de l'Union soviétique.

Poutine aurait pu, lors de son intervention, accentuer ce point, et jouer sur la fibre patriotique, en blâmant les pays étrangers. Fort heureusement, il a préféré tenir un discours plus mesuré, tout en lançant quelques piques à l'Occident. Son but, désormais, est de recréer un climat d'entente, et non de mettre le feu aux poudres. Pris dans la tempête, il cherche à atterrir en évitant au maximum les turbulences.

Ces difficultés économiques peuvent-elles infléchir la politique de Vladimir Poutine?

Dans son discours, le président russe a mis l'accent sur l'idée de l'autonomie, de l'autosuffisance: il souhaite, implicitement, une Russie indépendante, notamment vis-à-vis de l'Occident. Il préfèrerait mettre en place un nouveau pôle avec la Chine et l'Inde.

Poutine reste un personnage incontournable de la vie politique russe, et sa chute n'est, à mon sens, qu'un fantasme. Les Russes restent soudés, regroupés derrière leur chef, tout particulièrement lors des épreuves difficiles.

La principale question est celle du délai: le président russe pourra-t-il tenir ses engagements? Va-t-il réussir à transformer l'économie nationale? Il a d'ores et déjà demandé aux russes des efforts supplémentaires pour améliorer le pays.

Sa chute, finalement, est-elle aujourd'hui imaginable?

Absolument pas. Poutine reste un personnage incontournable de la vie politique russe, et sa chute n'est, à mon sens, qu'un fantasme.

Les Russes restent soudés, regroupés derrière leur chef, tout particulièrement lors des épreuves difficiles. Ils ont survécu malgré les 25 millions de morts du communisme, et les 26 millions de victimes du nazisme. Ils ont su résister aux 1800% d'inflation de 1992, qui paralysaient le pays. Ils savent endurer la souffrance, et n'ont pas peur des difficultés.

Cette mentalité est parfois difficile à comprendre pour un occidental. Une anecdote est, à mon sens, révélatrice: je regardais, en compagnie d'un ambassadeur américain chevronné, une discours de Barack Obama, dans lequel le président américain se félicitait d'avoir isolé les russes. L'ambassadeur déclara alors qu'il aurait mieux valu isoler Poutine, et qu'Obama était un néophyte. Je lui répondis que le président devrait relire Tolstoï ; et lui me lâcha: «Non: il faut qu'il lise Tolstoï».

Vladimir Fédorovski, 
entretien réalisé par Wladimir Garcin

Sources de l'article
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jeudi 4 décembre 2014

"Contre l'Europe, Poutine a choisi la Chine"

ENTRETIEN AVEC VLADIMIR FEDOROVSKI

Par Alexandre Devecchio Publié le 02/12/2014 

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le président russe vient d'annoncer la suspension du projet russo-italien de gazoduc South Stream. Vladimir Fédorovski y voit un virage géopolitique majeur.



Vladimir Fédorovski est un écrivain russe d'origine ukrainienne, actuellement le plus édité en France. Diplomate, il a joué un rôle actif dans la chute du communisme, il fut promoteur de la perestroika puis porte-parole d'un des premiers partis démocratiques russes. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Russie mythique, et dernièrement un essai sur Poutine intitulé Poutine, l'itinéraire secret, (Editions du Rocher, 2014). Son dernier livre «la Magie de Moscou» vient de paraître aux éditions du Rocher.


FigaroVox: Le président russe Vladimir Poutine a annoncé lundi lors d'une visite en Turquie la suspension du projet russo-italien de gazoduc South Stream, victime des sanctions imposées par Bruxelles à Moscou dans le cadre de la crise ukrainienne. Que vous inspire cette décision? Que révèle-t-elle de la stratégie de Vladimir Poutine?

Vladimir Fédorovski: Cette décision révèle que Vladimir Poutine est en train de procéder à un changement géostratégique assez significatif. La rupture de la Russie avec l'Occident aujourd'hui est comparable avec ce qui s'est passé dans un autre sens il y a plus de 300 ans sous Pierre le Grand. A l'époque, le tsar avait fait de la Russie une puissance européenne. Désormais, Vladimir Poutine est en train d'en faire une puissance asiatique. Il se rapproche notamment de la Chine, avec laquelle il est en train de nouer une vraie alliance militaire, mais aussi de la Turquie. Le président russe a d'ailleurs annoncé que Gazprom allait augmenter de 3 milliards de m3 ses livraisons à la Turquie «afin de satisfaire ses besoins» et lui consentir un rabais de 6% sur ses prix à compter du 1er janvier prochain. Il a même menacé les approvisionnements de l'Europe, suggérant qu'une partie de la production russe pourrait être détournée vers l'Asie.

Cette rupture géopolitique est aussi le résultat d'un bouleversement politique intérieur. Le but des sanctions économiques américaines était d'influencer l'échiquier politique intérieur. Celles-ci devaient précipiter la chute du rouble et des capitaux et par ricochet la chute de la croissance et l'impopularité de Vladimir Poutine. En réalité, rien ne se déroule comme prévu: la multiplication des sanctions a finalement provoqué la naissance d'une aile nationaliste beaucoup plus radicale que Poutine. Celle-ci exerce une forte pression sur le gouvernement et a entrainé la marginalisation de l'opposition libérale et pro-occidentale. Poutine est donc contraint à une forme de surenchère, ce qui explique le durcissement de son discours.

Les phrases du général de Gaulle sur l'Europe de l'Atlantique à l'Oural ne reflétaient pas seulement une vision gaullienne, mais aussi une réelle affinité entre deux civilisations. La médiocrité politique et diplomatique ambiante sape quelque chose de sacré qui appartient à l'histoire.

Pour l'Europe et pour la Russie, quelles peuvent être les conséquences de ce virage stratégique? Qui peut en sortir vainqueur?

Ce virage représente un danger majeur aussi bien pour la Russie que pour l'Europe et ne sera finalement profitable à personne. Les conséquences économiques sont désastreuses pour l'Europe. Je rentre d'Allemagne où les milieux d'affaires sont affolés. 40 % du gaz allemand venant de la Russie, ces derniers craignent un effet domino: augmentation des tarifs de l'énergie en Allemagne, puis décrochage de la croissance allemande et enfin décrochage de l'Europe toute entière. En réalité, les intérêts vitaux de l'Allemagne sont en jeu et par ricochet les intérêts vitaux de la France. La diplomatie européenne, qui est traditionnellement plus nuancée que la diplomatie américaine, doit donc agir d'urgence. Malheureusement, le suivisme d'Angela Merkel prive pour l'instant l'Europe d'un levier d'action important. Cette absence de l'Europe est très inquiétante.

Les phrases du général de Gaulle sur l'Europe de l'Atlantique à l'Oural ne reflétaient pas seulement une vision gaullienne, mais aussi une réelle affinité entre deux civilisations. Affinité née sous Pierre le Grand au XVIIIe siècle puis approfondie par Catherine II et portée au pinacle par la littérature de Tolstoï à Balzac en passant par Dostoïevski. La médiocrité politique et diplomatique ambiante sape quelque chose de sacré qui appartient à l'histoire. Pour moi, c'est une tragédie.

Moscou accuse l'OTAN de vouloir «déstabiliser l'Europe du Nord» avec son regain d'activité dans les Etats baltes tandis que les Occidentaux accusent Moscou d'avoir envoyé des soldats russes combattre aux côtés des séparatistes prorusses. Qui dit vrai?

Des deux côtés, l'esprit de confrontation prime. Dans cette affaire, nous revenons au climat de la guerre froide, si ce n'est à la guerre froide tout court. On assiste à une escalade verbale qui pourrait déboucher sur une escalade militaire. Heureusement, comme à l'époque de la guerre froide, les armes atomiques empêchent la confrontation directe.

Le gouvernement ukrainien et les séparatistes prorusses sont parvenus à conclure plusieurs cessez-le-feu dans l'est ukrainien. L'un de ces accords, conclu mardi 2 décembre, concerne l'aéroport de Donetsk. N'est-ce pas un signe d'apaisement?

Il s'agit d'un vrai faux cessez-le-feu. Le véritable problème de l'Ukraine vient de sa situation dramatique sur le plan économique. Elle a besoin de 35 milliards immédiatement. Et si on souhaite mettre ce pays aux standards moyens des pays de l'Est, cela représentera au moins deux fois le coût de la réunification allemande soit 300 milliards d'euros. Etant donnée la crise économique que traverse actuellement l'Europe, ce problème ne pourra être résolu sans l'aide de la Russie. C'est pourquoi, l'Europe doit oublier les sanctions contre la Russie et revenir à la table des négociations.

Sources de l'article 
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mercredi 3 septembre 2014

"Les américains ont tout à gagner d'un conflit en Europe"

"Une rupture entre l'Occident et Poutine serait catastrophique"

Entretien avec Vladimir Fédorovski 

Par Wladimir Garcin - Publié le 02/09/2014

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le ministre russe des Affaires étrangères s'est prononcé pour un «cessez-le-feu immédiat» en Ukraine. Pour Vladimir Fédorovski, le couple franco-allemand doit maintenant prendre la main pour imposer la paix à Vladimir Poutine et Petro Porochenko.


Vladimir Fédorovski est un écrivain russe d'origine ukrainienne, actuellement le plus édité en France. Diplomate, il a joué un rôle actif dans la chute du communisme, il fut promoteur de la perestroika puis porte-parole d'un des premiers partis démocratiques russes. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Russie mythique, et dernièrement un essai sur Poutine intitulé «Poutine, l'itinéraire secret», (Editions du Rocher, 2014). Il présente actuellement en France un spectacle de théatre total intitulé «Les mystères de Saint-Petersbourg» .



FigaroVox: Que vous inspire le jeu auquel se livrent Vladimir Poutine et Petro Porochenko?

Vladimir FEDOROVSKI: La première chose, c'est qu'il faut se méfier de la propagande omniprésente sur ces questions. Sur le fond, l'entourage de Vladimir Poutine ne veut pas changer la posture du président. Le ton est avant tout en faveur d'une fédéralisation des forces. 

La situation reste cependant éminemment complexe et dangereuse. Ces dernières semaines, on a vu un changement en défaveur des ukrainiens, notamment du fait de la situation économique du pays, qui devient dramatique. Pour sauver l'Ukraine, il faut aujourd'hui 35 milliards de dollars, une somme que personne n'a! De plus, l'Europe est menacée d'une coupure du gaz venant d'Ukraine. Enfin, le président ukrainien Porochenko fait aujourd'hui face à un blocage politique: il ne peut pas reculer pour ne pas perdre la face vis-à-vis de ses électeurs.

Dans ce contexte, on peut quand même relever une nouvel élément de langage prometteur pour la suite: la Russie et l'Occident sont d'accord pour reconnaître qu'il n'y a pas de solution militaire à cette crise. Cette idée tranche avec les tensions passées, et montre qu'il faut poursuivre les efforts diplomatiques.

Vladimir Poutine est un joueur d'échec : il essaie, il lance des coups d'éclat. Toutefois, il cherche aujourd'hui en priorité la désescalade, car les répercussions économiques du conflit sont dramatiques pour la Russie, qui pourrait perdre jusqu'à 4% de croissance. Sur le plan politique, de plus, la situation est dangereuse : Poutine est dépassé par l'hystérie nationaliste russe.

Pensez-vous crédible l'idée de la création d'un Etat indépendant?

Non, bien évidemment. Vladimir Poutine est un joueur d'échec: il essaie, il lance des coups d'éclat. Toutefois, il cherche aujourd'hui en priorité la désescalade, le compromis, car les répercussions économiques du conflit sont dramatiques pour la Russie, qui pourrait perdre jusqu'à 4% de croissance. Sur le plan politique, de plus, la situation est dangereuse: Poutine est dépassé par l'hystérie nationaliste russe. 91% de ses concitoyens soutiennent sa politique en Crimée, mais certains veulent aller au-delà de ses exigences, poursuivre le conflit, ce qui pourrait compliquer les efforts diplomatiques.

En somme, le conflit pourrait aller jusqu'à un «point de non-retour», selon les mots de José-Manuel Barosso ; cependant, une guerre serait contreproductive non seulement pour l'Europe, mais aussi pour la Russie.

Est-ce à l'Otan et à l'Amérique de se poser en arbitre de cette affaire?

Les américains ont tout à gagner d'un conflit en Europe, qui leur redonnerait un poids significatif dans le monde.

Pour les Russes, l'Amérique est totalement discréditée. Ils considèrent que les Etats-Unis, qui ne sont pas dépendants du gaz russe, veulent avant tout casser la concurrence et la puissance économique, politique russe et européenne. Les américains ont donc tout à gagner d'un conflit en Europe, qui leur redonnerait un poids significatif dans le monde. L'Otan est également dangereuse, pour les Russes, qui refusent l'installation de bases en Ukraine en cas d'adhésion de Petro Porochenko à l'organisation.

L'Allemagne ou la France seraient plus à même de se poser en arbitres, à l'instar de ce qu'a essayé de faire François Hollande et Laurent Fabius lors de l'anniversaire du débarquement: ils veulent pousser à une accalmie du conflit.

N'est-ce donc pas une occasion inespérée pour le couple franco-allemand de retrouver toute sa place dans le concert international?

Exactement. C'est même la seule solution rationnelle. L'idée qu'il n'y a pas d'issue militaire, répétée par la France et l'Allemagne, commence à faire son chemin chez Barack Obama. Sans les efforts du couple franco-allemand, on risque d'aller vers une rupture historique entre la Russie et l'Europe, et un isolement complet de Vladimir Poutine. Cette situation, terrible, est cependant celle privilégiée par les Etats-Unis.

Le problème vient des éléments irrationnels du conflit, comme la propagande, qui parasitent ces efforts vers la paix. De même, plutôt que d'inventer un adversaire russe à l'Europe, les grandes puissances européennes devraient concentrer leurs efforts sur le véritable adversaire: l'islamisme radical, aujourd'hui aux portes de l'Europe. La Russie peut et doit jouer un rôle essentiel face à cet ennemi.

Quelles peuvent être alors les solutions proposées par le couple franco-allemand?

Une rupture entre l'Occident et la Russie serait catastrophique. Poutine commence à s'orienter vers l'Asie, en particulier vers la Chine.

Il faut répondre de manière subtile à un problème complexe. Pour continuer d'exister, sur l'échiquier politique, le gouvernement ukrainien doit contenter les nationalistes. Face à lui, les derniers événements tendent à prouver de plus en plus certainement la présence de soldats russes en Ukraine. Ainsi, la situation doit être désamorcée par la diplomatie.

De plus, l'Europe peut proposer un plan Marshall à l'Ukraine pour l'aider à devenir un pays économiquement stable. Ce pays souffre aujourd'hui de deux maux principaux, sources de tensions très importantes: d'une part, la corruption de l'ensemble de la société ; d'autre part, la transformation ratée de l'économie ukrainienne soviétique vers une économie de marché. Sans l'aide européenne, le pays ne pourra pas stabiliser sa vie économique et politique.

Haï en Occident, adulé dans son pays, Poutine peut-il tenir sa position?

Je le redis: une rupture entre l'Occident et la Russie serait catastrophique. Poutine commence à s'orienter vers l'Asie, la Chine, par exemple en construisant un gazoduc vers l'est. Toutefois, l'Europe et les Etats-Unis sortiraient affaiblis d'une telle réorientation. Il est encore temps de l'annuler, et tous les grands ambassadeurs américains sont aujourd'hui d'accord pour dire qu'il faut calmer le jeu, et revenir à des échanges, politiques, diplomatiques et commerciaux normaux.

Encore une fois, de tels efforts sont toutefois fragilisés par le blocage de l'opinion publique russe, par la propagande et la désinformation, notamment de la part des médias occidentaux.

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vendredi 1 août 2014

"Le monde n'a jamais été aussi dangereux !"

Les sanctions contre Poutine renforcent le nationalisme russe

ENTRETIEN AVEC VLADIMIR FEDOROVSKI

Par Eugénie Bastié - Publié le 30/07/2014 

FIGAROVOX/ENTRETIEN - L'Union européenne a décidé de nouvelles sanctions pour punir la Russie de son soutien aux séparatistes ukrainiens. Pour l'écrivain Vladimir Fédorovski, ces mesures ne font que renforcer Poutine.


Vladimir Fédorovski est un écrivain russe d'origine ukrainienne, actuellement le plus édité en France. Diplomate, il a joué un rôle actif dans la chute du communisme, il fut promoteur de la perestroika puis porte-parole d'un des premiers partis démocratiques russes. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Russie mythique, et dernièrement un essai sur Poutine intitulé Poutine, l'itinéraire secret, (Editions du Rocher, 2014). Il présente actuellement en France un spectacle de théâtre total intitulé Les mystères de Saint -Petersbourg .


Figarovox: Pour la première fois depuis le début de la crise, l'Union Européenne prend des sanctions d'envergure pour punir la Russie de son soutien aux séparatistes ukrainiens: blocage des ventes d'armes, de l'accès aux marchés financiers, gels des avoirs financiers de plusieurs oligarques proches de Poutine… Ces sanctions sont-elles efficaces? Peuvent-elles faire plier Poutine?

Vladimir Fédorovski: La question des sanctions est celle de leur efficacité. Or je crois que ces sanctions n'auront pas l'effet escompté. Historiquement, j'ai été un des premiers à critiquer Poutine. Mais on est là dans l'esprit de confrontation tel que développé par Obama lors du discours de West Point où il parlait «d'isoler la Russie». Il aurait pu dire «isoler Poutine», mais en disant «isoler la Russie» il a commis une erreur. Une erreur de néophytes diplomatiques qui constitue une offense pour la Russie. La haine ne fait pas une politique.

Poutine a-t'il les moyens de mettre en place des représailles qui pourraient diviser les pays de l'UE?

Poutine va répondre, c'est évident! Aujourd'hui il a déjà commencé à bloquer l'importation de légumes d'Ukraine et de Moldavie. Les Russes vont souffrir, c'est certain, et perdent peut-être jusqu'à 20% de leur revenu.

Le pari de Washington et Bruxelles, serait d'affaiblir l'économie russe pour retourner l'opinion et les oligarques contre Poutine, et à terme, d'obtenir un changement de régime. Cela vous parait-il réalisable?

Poutine a 91% d'avis favorables pour sa politique en Ukraine. L'esprit de confrontation n'aura d'autres résultats que de renforcer Poutine. Oui, l'économie russe va souffrir, peut-être perdre 4% de croissance. Cela va casser la croissance allemande aussi et peut-être même européenne. Mais ce que les Occidentaux ne comprennent pas, c'est que les Russes ont l'habitude de souffrir. C'est un peuple triplement martyr: par les communistes (25 millions de morts), dans la guerre contre le nazisme (25 millions de morts) et la bêtise russo-occidentale de 1991-92 (1800% d'inflation, une économie démantelée).

Cette volonté d'humilier la Russie ne risque-t-elle pas d'exacerber les tensions?

Les sanctions sont géopolitiquement contre-productives et moralement inacceptables. Plus l'Occident punit la Russie, plus le nationalisme russe en sort renforcé. Aujourd'hui, Poutine se retrouve piégé par la pression nationaliste, et apparaît comme un modéré sur l'échiquier politique russe. L'opposition, bousillée, a été réduit à la dissidence.

L'opinion russe est-elle en train de se retourner contre l'Occident?

Les Russes sont aujourd'hui dans une mentalité post-versaillaise, comme les Allemands entre les deux guerres. Ils ont le syndrome de la citadelle assiégé, sont persuadés d'un complot occidental visant à leur nuire. Résultat: on a un retour esthétique, mental de l'URSS et de ses valeurs, qui aboutit à une négation de la réalité pro-occidentale de la classe moyenne russe qui était en train de naitre. Cela aura des répercussions en France, et pas qu'à Cannes et aux Galeries Lafayette!

Les russes sont de plus en plus antioccidentaux, et c'est une tragédie. Quand j'étais sur le char avec Elstine lors du putsh de 1991, l'opinion russe était à 90% pro-occidentale. Les Américains vivent sur l'illusion qu'ils ont gagné la Guerre Froide, mais c'est faux! C'est nous qui avons tué le communisme!

Le risque n'est-il pas, à terme de pousser la Russie dans les bras de la Chine et de l'Asie qui seront autant d'alliés et de marchés de substitution?

Bien sûr! La rupture historique avec Tchaïkovski, Dostoïevski et Tolstoï, cette Russie qui s'est construite en relation avec l'Europe, va pousser la Russie à faire une alliance économique avec la Chine , des alliances militaires avec les chiites (Iran).

La diplomatie américaine d'aujourd'hui n'est pas un chef d'œuvre de compétence. Obama a déclaré en juin que le monde n'avait jamais été aussi peu violent («The world is less violent than it has ever been»)! Un tel déni de réel, on dirait du Brejnev! Le monde n'a jamais été aussi dangereux!

Dans ce contexte international, si la Russie est repoussé dans son coin, il y aura des répercussions dans d'autres crises, notamment au Proche Orient. La Russie était un allié sûr en Orient. La vocation historique, civilisationnelle, et géopolitique de la Russie est d'être l'allié objectif de l'Occident contre l'islamisme radical.

Alors, quelle solution pour apaiser les tensions?

Je voudrais que se poursuive ce qui avait été ébauché lors de la rencontre pour la commémoration du Débarquement. «L'esprit de Normandie», cette diplomatie du dialogue qu'avait initié François Hollande était une attitude diplomatique plus intelligente que l'esprit de confrontation d'Obama.

L'urgence en Ukraine n'est pas politique, mais économique. Il faut absolument trouver 35 milliards d'euros pour sauver l'Ukraine avant l'automne où celle-ci basculera définitivement dans le chaos. Le magnat du chocolat Petro Porochenko doit trouver la force de se transformer en Nelson Mandela ukrainien pour apaiser les tensions, et permettre à nouveau aux deux Ukraine de coexister après cette guerre civile.

Sources de l'article
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mardi 13 mai 2014

L'Occident va perdre la Russie

Poutine, la Russie et les médias français :
le coup de de gueule de Vladimir Fédorovski

ENTRETIEN AVEC VLADIMIR FEDOROVSKI


Par Eugénie Bastié - Publié le 08/05/2014 

FIGAROVOX/ENTRETIEN- Des dizaines de séparatistes ont péri dans un incendie à Odessa provoqué par des nationalistes ukrainiens, ce qui n'a pas beaucoup ému les médias français. Vladimir Fédorovski, écrivain russe qui ne porte pas Poutine dans son coeur, y voit le signe d'une russophobie médiatique.



Vladimir Fédorovski est un écrivain russe d'origine ukrainienne, actuellement le plus édité en France. Diplomate, il a joué un rôle actif dans la chute du communisme, il fut promoteur de la perestroika puis porte-parole d'un des premiers partis démocratiques russes. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Russie mythique, et dernièrement un essai sur Poutine intitulé Poutine, l'itinéraire secret, (Editions du Rocher, 2014). Il présente actuellement en France un spectacle de théatre total intitulé Les mystères de Saint -Petersbourg .


Le 2 mai dernier, des dizaines de pro-russes ont péri dans un incendie à Odessa, allumé au choix par de «jeunes supporters de foot» ou par des nationalistes ukrainiens de Pravy sektor. La télévision allemande a mené un travail d'enquête qui a révélé que certains snipers de Maïdan provenaient du camp anti-russe. Ces deux informations ont été très peu relayées en France. Pourquoi ce deux poids-deux mesures? Y-a-t-il selon vous un tropisme anti-russe dans les milieux médiatiques français?

La guerre en Ukraine est triple: par les armes, par la propagande et par les services secrets. Dans cette triple guerre les journalistes occidentaux sont instrumentalisés. Même à la fin du communisme, période que je connais très bien, les journalistes étaient plus prudents, et les informations fausses ou non vérifiées finissaient par être démasquées -on se souvient de l'affaire des charniers de Timișoara. Aujourd'hui, c'est pire que du deux poids-deux mesures, je suis ahuri par le manque de professionnalisme des journalistes, notamment français. Les journalistes allemands et américains sont plus pointus, les Français, sont souvent politiquement correct et voient le monde en noir et blanc.

Or, comme l'a dit Hubert Védrine dans vos colonnes, «la haine ne fait pas une politique». La présentation unilatérale du massacre d'Odessa, imputé à la responsabilité russe, alors ce sont des russophones qui ont été brulés vifs, est à cet égard significative. Les journalistes ont donné les réponses avant de poser les questions, concluant à la culpabilité russe.

Il y a une propagande exagérée du côté russe aussi, évidement. Mais cela peut se comprendre: les journalistes russes vivent sous un régime autoritaire et n'ont pas vraiment le choix. Mais en Occident, la propagande est le triomphe du politiquement correct qui prime sur l'analyse.

Comment expliquer cette diabolisation de Poutine dans certains médias occidentaux?

Quand Mme Clinton compare Poutine à Hitler, c'est effrayant de bêtise.

On ne peut m'accuser d'être complaisant avec Poutine. Je n'ai pas attendu la crise ukrainienne pour le critiquer. Mais je suis effaré par la diabolisation qui en est faite. Quand Mme Clinton compare Vladimir Poutine à Hitler, c'est effrayant de bêtise.

Poutine défend les valeurs traditionnelles face à un Occident qui selon lui se serait «dégonflé» face à l'islamisme (pour lui l'islamisme modéré n'existe pas plus que le communisme modéré) et aurait abandonné le combat idéologique. Il se présente comme le rempart au déclin de l'Occident face à l'islam. Il incarne l'antithèse de la gauche caviar, c'est pourquoi l'élite médiatique le déteste.

Cette russophobie témoigne-t-elle d'une «arrogance occidentale» à l'égard des Russes, jugés comme des barbares soumis au despotisme oriental?

Cette russophobie de la presse est inversement proportionnelle à celle du public. Je suis bien placé pour le savoir: la Russie mythique, qui est mon fonds de commerce, a un succès fou en France. Je vends le mythe russe dans mes livres et mes spectacles, et les Français en redemandent, surtout en ce moment! Ce décalage entre la presse et l'opinion publique est dangereux, il alimente les fantasmes et la mythification de Poutine.

Les journalistes occidentaux ont tendance à confondre Poutine et la Russie éternelle. Mais je veux les rassurer: Poutine et Hollande passeront, la France et la Russie resteront.

Je mets en garde les journalistes occidentaux: à jouer le jeu- sans en être conscients sans doute- de certains services secrets, ils se font les boutefeux du conflit. Ils entretiennent un climat de guerre civile en Ukraine, qui pourrait conduire à un grand conflit généralisé. Je dis souvent pour faire peur que l'Ukraine pourrait être le Sarajevo de 2014. C'est possible.

Poutine incarne l'antithèse de la gauche caviar, c'est pourquoi l'élite médiatique le déteste.

Pensez-vous que l'attitude des Occidentaux pousse à la scission de l'Ukraine? Celle-ci vous parait-elle le seul moyen de sortir de la crise?

La sortie de crise se fera je l'espère le 6 juin prochain en Normandie, lorsque Poutine viendra en France à l'occasion de la commémoration du Débarquement. De l'autre côté, il faudrait trouver un Mandela ukrainien qui accepte d'aller au-delà du sentiment de revanche et trouve la voie du dialogue et du compromis.

Je suis contre la scission de l'Ukraine, ce serait le triomphe de l'idiotie diplomatique. Les Européens, les Russes et les Ukrainiens ont des intérêts communs.

Les Américains ont essayé d'humilier la Russie, c'était la stratégie de Brzeziński (conseiller de Carter), après la chute du communisme. Or quand vous humiliez un pays, il faut s'attendre à ce qu'il y ait un esprit de revanche et un retour de bâton autoritaire. C'est ce qui est arrivé avec l'Allemagne après le Traité de Versailles. C'est l'humiliation de la Russie dans la période post-communiste qui a conduit Poutine au pouvoir et qui guide sa politique aujourd'hui.

Depuis un ou deux ans, les Américains renouent avec cette ambition: il faut descendre Poutine. Ils veulent casser l'axe Russo-allemand naissant, notamment par le Traité transatlantique. En faisant cela, ils repoussent la Russie vers la Chine, ce qui est catastrophique pour tout le monde.

Poutine a gagné la Crimée et perdu l'Ukraine. L'Occident va gagner l'Ukraine mais perdre la Russie. Tout le monde est perdant.

Sources de l'article
- Site "FIGARO.FR", le lien : ICI

Les autres analyses de Vladimir Fédorovski publiées sur ce blog, le lien : ICI

vendredi 7 mars 2014

Le triomphe de l'idiotie diplomatique

Publié initialement sur Facebook le 6 mars 2014

"Le triomphe de l'idiotie diplomatique !"...c'est ainsi que l'ancien diplomate de Gorbatchev, Vladimir Fedorovski,  un des acteurs essentiels de la fin du régime soviétique, résume les trois mois de crise qui ont enflammé l'Ukraine. Aujourd'hui, les négociations ont encore échoué, réveillant un bras de fer entre l'Est et l'Ouest qui s'était engourdi depuis 15 ans...

L'Union Européenne, après avoir méprisé la Russie dans les négociations avec l'opposition, après avoir soutenu une radicalisation violente des manifestations, en encourageant des ultras nationalistes à Kiev, qu'elle ostracise chez elle... , cette "UERSS" comme la surnomme l'ancien dissident Boukovski, après avoir joué l'apprenti sorcier pendant 3 mois, endosse aujourd'hui le rôle d'une vierge effarouchée lorsque la Russie protège une population menacée qui réclame son rattachement à elle.. 
L'UE, aux principes à géométrie variable oublie ici que son bras armé l'OTAN, occupe le Kosovo, ou Chypre par exemple... ou que l'Ecosse organise un référendum sur son éventuelle indépendance...
Comme d'habitude, voilà la vision partielle, partiale et malhonnête des banksters bruxellois ! 

Et comme en Syrie par exemple, l'incohérence des propos n'étouffent pas l'arrogance de ses diplomaties... légitimant une insurrection armée ici et condamnant un processus référendaire d'une région autonome ailleurs !


DES PROVOCATIONS CRIMINELLES ? 

On découvre par ailleurs, des zones d'ombre quant à l'identité de certains insurgés ou, la nature des tirs meurtriers de Kiev qui ont mis le feu aux poudre. Ainsi de cette conversation interceptée entre le ministre estonien Urmas Paet et la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, qui ouvre la possibilité, comme en Syrie, d'une nouvelle manipulation occidentale de l'opinion par des "opérations sous faux drapeau" menées par des extrémistes. 
(ref : http://www.lesobservateurs.ch/2014/03/05/maidan-t-il-embauche-des-snipers-pour-tirer-sur-la-police/)

Au cours de cette conversation :
PAET
"On sait aujourd'hui de façon de plus en plus certaine que, derrière les tireurs d'élite, il n'y avait pas Ianoukovitch, mais quelqu'un de la nouvelle coalition."
ASHTON
"Je pense que nous voulons enquêter là-dessus. Je veux dire, je ne savais pas, c'est intéressant. Mon Dieu",
PAET
"Ce qui est assez troublant, cette même Olga [Bogomolets, principal contact de Paet lors de son voyage en Ukraine] dit aussi que tous les éléments de preuve montrent que les gens qui ont été tués, des deux côtés, par des tireurs embusqués, qu'ils soient policiers ou manifestants, ont été tuées par les mêmes tireurs d'élite",
"Elle m'a aussi montré des photos, sur lesquelles, en tant que médecin, elle dit qu'elle peut reconnaître la même signature, le même type de balles, et c'est vraiment perturbant que, maintenant, la nouvelle coalition ne veuille pas enquêter sur ce qui s'est réellement passé "
ASHTON
"Eh bien, oui ... c'est, c'est terrible."

La conversation aurait été téléchargée sur internet par des officiers des services secrets ukrainiens loyaux au président Ianoukovitch. Urmas Paet a confirmé son authenticité.

94 personnes ont donc été tuées à Kiev le mois dernier, peut-être victimes d'une mise en scène abjecte de l'opposition pour amener sur la place Maidan une situation irrémédiable et la condamnation légitime de la violence par un parlement horrifié et qui en avait marre de Ianoukovitch depuis longtemps.
Cette théorie paraît aujourd'hui d'autant plus plausible quand on sait que le nouveau gouvernement refuse une commission d'enquête sur ces meurtres (tiens donc !)


VERS UN ÉCLATEMENT DE L'UKRAINE

La "révolution" n'est donc en fait qu'un coup de force mené par une fraction occidentale de l'Ukraine (appartenant à l'ex empire austro-hongrois) appuyé par une UE à la recherche d'une relance économique, et soutenu par des USA qui y voient un affaiblissement du rival russe.

Cette opposition armée, qui a pris le pouvoir usant de méthodes suspectes et jouant avec les fantômes d'une guerre mondiale terminée, n'a aucune cohérence politique qui compenserait son illégitimité constitutionnelle. Ces valets de l'UE, par exemple interdisent le russe mais veulent garder les russophones; protègent des parlements élus ici mais en en dissolvent d'autres dans les régions russophiles. 

Ce sont des ségrégationnistes narcissiques et cupides. 

En fait, et malgré la gourmandise de l'UE, le nouveau gouvernement ethnocentré, est en train d'exploser un pays qui, par son histoire et sa démographie, avait déjà une unité nationale fragilisée. 

Comme en Libye les occidentaux ont préféré le chaos d'un pays dépendant plutôt qu'un ordre souverain qui échapperait à leur prédation économique.


LE SANCTUAIRE RUSSE MENACÉ

La réaction musclée de Poutine, apparaît donc de fait, plus comme une réaction légitime d'un Etat ignoré avec mépris, et qui voit ses intérêts et ses alliances attaqués directement et violemment.

Si nos chefs d'Etat, ou au pire, leurs conseillers avaient écouté les discours de politique intérieure de Vladimir Poutine, ils sauraient que ce n'est pas avec des sanctions politiques et encore moins économiques qu'ils vont dompter l'ours slave aux valeurs infiniment supérieures aux seuls intérêts financiers.

Car la priorité de Poutine n'est pas de défendre un empire économique, mais d'abord un sanctuaire fédéral dont une partie du socle historique et religieux est en Ukraine... D'autant plus que les insurgés, incapables de concevoir une union nationale politique sont en train de vouloir réactiver le terrorisme dans d'autres Etats caucasiens de la Fédération de Russie. 

Et si en fait, les USA et l'UE cherchaient tout simplement à se rétablir grâce à la stimulation classique qu'offre une économie de guerre ?

Une fois de plus, dans cet affrontement, ce sont les peuples qui vont payer la folie des princes... sauf si le dialogue réussit à se glisser sous les portes verrouillées des diplomaties têtues, et rapidement, avant qu'une étincelle sur te terrain ne mette le feu aux poudres...


Erwan Castel, Cayenne le 6 mars 2014


Unité militaire pro-russe contrôlant un poste frontière en Crimée.





Entretien avec Vladimir Fedorovski
Ukraine ou le triomphe de l’idiotie diplomatique…

Entretien réalisé par Emmanuelle Duverger.

Source de l'entretien : BOULEVARD VOLTAIRE

Le 4 mars 2014

Grigori Karassine, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a répété dimanche à plusieurs reprises que la Russie ne voulait pas de guerre avec l’Ukraine. N’est-ce pas un peu hypocrite à l’heure où les forces russes ont déjà pris possession de la Crimée ?

Vladimir Fedorovski
La guerre là-bas, c’est la pire des solutions. Il faut à tout prix éviter la guerre civile et la partition de l’Ukraine. Si la guerre éclate, ce sera une guerre civile et peut-être le prélude à une guerre mondiale. Il faut tout faire pour l’empêcher. Les événements qui se déroulent depuis trois mois sont une sorte de triomphe de l’idiotie diplomatique. L’erreur assez capitale de départ est que, lorsque les préparatifs d’association de l’Ukraine à l’Union européenne ont démarré, les Russes ont été tenus à l’écart. C’était la faute à ne pas commettre quand 30 % de l’économie ukrainienne appartient aux Russes et que 60 % des Ukrainiens travaillent pour les Russes… 50 % du gaz utilisé en Allemagne passe par l’Ukraine en provenance de Russie ! Aujourd’hui, l’Ukraine est confrontée à un sérieux problème économique : pour que l’argent circule, il faut éviter la guerre civile et l’effondrement du pays. Or, aujourd’hui, l’Europe n’a pas l’argent nécessaire pour assumer seule le gouffre financier que représente l’Ukraine. Pour sauver ce pays, il faudrait injecter 34 milliards de dollars immédiatement et l’Europe ne les a pas. La transformation de l’économie ukrainienne vers une économie de marché exige beaucoup d’argent et il est impossible de le faire sans les Russes ! L’Occident a voulu jouer tout le monde contre tout le monde au lieu de jouer l’Europe avec l’Ukraine et la Russie…

Cette première erreur dont vous parlez – avoir tenu les Russes à l’écart – n’explique pas, à elle seule, la situation actuelle ?

En effet. La société ukrainienne a saisi l’occasion des protestations pour se révolter contre le régime corrompu. Ajoutez à cela une minorité agissante et armée, très motivée et animée par un esprit nationaliste directement issu de la Seconde Guerre mondiale. Le président Viktor Ianoukovitch n’étant pas à la hauteur de la situation, il a fait tirer sur les manifestants, ce qui est inadmissible. Il s’est ensuite lamentablement réfugié en Russie. Poutine était sorti vainqueur de la première phase ; il ressort perdant de cette seconde partie…

Vient ensuite la gestion immédiate de l’après-Ianoukovitch. Les Russes ont considéré, à juste titre, que la procédure de destitution de Ianoukovitch n’avait pas été respectée. Et c’est à ce moment-là que la diplomatie européenne, jusqu’alors quasi inexistante, a fait son come-back.

L’Ukraine est multiple et la période post-soviétique n’a pas réussi à accomplir la cohésion nationale. Il existe une Ukraine orientale liée aux Russes et qui travaille à 100 % avec la Russie. Mais aussi une Ukraine occidentale qui vomit les Russes. Celle-là a toujours été liée à l’Empire austro-hongrois et c’est de là que venaient les manifestants antirusses les plus motivés durant ces dernières semaines. Et il y a la Crimée, que Khrouchtchev a unilatéralement donnée en 1954 à l’Ukraine. Bref, plusieurs Ukraine. Et si on veut sauvegarder la paix, il va falloir que tout le monde s’y mette.

Quelle solution aujourd’hui ?

Il est inévitable que la Crimée obtienne une forte autonomie. Mais faire éclater l’Ukraine, accéder à une demande de partition du pays serait un prélude à une guerre civile. Je ne suis pas partisan de la partition : ce serait trop dangereux. Il faut à tout prix éviter la guerre civile, or on s’y dirige à pas de géant ! Guerre civile serait synonyme de réfugiés en masse, de circulation d’armes incontrôlable… On ne peut pas encore une fois refaire l’histoire. Il faut partir de la situation existante. Et si on joue un remake de la guerre froide, cela profitera à Poutine. Chaque fois qu’on le menace, il en sort renforcé vis-à-vis de son opinion. Regardez les Jeux olympiques de Sotchi. Et ces menaces ne font que le pousser un peu plus chaque fois dans les bras de la Chine. Est-ce cela que veut l’Occident ? Une Russie alliée à la Chine ? Ce serait un désastre ! Culturellement, la Russie est liée à l’Europe. Dans cette crise, seule l’Allemagne semble l’avoir compris… Nous sommes dans une nouvelle ère, face à une crise inédite : il faut trouver un équilibre des intérêts ! On n’est plus dans le sentiment, dans l’affectif, mais dans la recherche des équilibres nationaux. Vous voulez vraiment que la Russie vende son gaz aux Chinois ? Heureusement pour l’Europe que l’hiver n’a pas été rude… Alors, je le répète : cessez votre médiocrité diplomatique et parlez-vous !

Vladimir Fedorovski

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lundi 3 mars 2014

L'escalade ukrainienne


Tandis qu'en Europe de l'Ouest, les populations insouciantes se précipitent en liesse dans les cortèges d'un carnaval ayant perdu toute sa symbolique fonctionnelle au profit d'un consumérisme délétère, en Crimée, les forces armées reprennent la situation en main. 

Cette fois il semble qu'au yeux de Poutine, l’interventionnisme occidental soit effectivement allé trop loin dans les affaires de l'Ukraine, toujours considérée comme un glacis de l'empire. D'ailleurs aujourd'hui même, notre pyromane national Bernard Henri Lévy nous gratifiant d'une deuxième intervention pitoyable et à Kiev, appelant violemment l'Europe à une confrontation avec la Russie, confirme par son irresponsabilité (mais franche) les accusations du Kremlin.

Depuis le coup d'Etat qui a renversé Viktor Ianoukovitch, alors que l'union nationale aurait du être la priorité du gouvernement provisoire, ce dernier s'est empressé d'exprimer sa russophobie, interdisant par exemple l'usage de la langue russe parlée par plus de 30% de la population (les autres langues étant l'ukrainien, le ruthène et le biélorusse) en nommant procureur général d'Ukraine Oleg Makhnitski un extrémiste du parti Svoboda, connu pour ses propos bellicistes anti russes.

Tout semble être mis en place pour un éclatement violent de l'Ukraine de part et d'autre du fleuve Dniepr dont l'Histoire a déjà mainte fois rougit les eaux, notamment durant le XX°siècle. 
En effet l'Ukraine a été le théâtre du plus important génocide moderne (Holodomor) où les staliniens ont exterminé par une famine planifiée environ 10 millions de personnes. Cette tragédie, à laquelle il faut rajouter les annexions de territoires par les soviétiques, les pertes effroyables (8 millions de morts) subies pendant la guerre , laissent dans les mentalités de profondes cicatrices.

Ces stigmates de l'Histoire, l'opposition ukrainienne et les diplomaties occidentales, les ont utilisées, s'appuyant sur cette mentalité anti-russe logique mais dangereuse, pour rallier la sympathie d'une partie de la population écœurée par la politique de Ianoukovitch et hypnotisée par les mirages de l'économie de marché occidentale. 

Vladimir Fedorovski est un écrivain russe vivant en France, mais surtout c'est un ancien diplomate soviétique très actif moment de la perestroïka engagée par Gorbatchev et qui clôturera l’ère soviétique. Il est ukrainien par son père, héros de la guerre, et russe par sa mère, spécialiste de la planification soviétique. 

Il connaît donc parfaitement les enjeux, les menaces et les acteurs de ce conflit, mieux que ce bouffon de BHL, ou même les forces politiques en présence, qui sont soumises aux lobbying d'intérêts financiers internationaux.

Dans une analyse pertinente et sans ambages (le lien ci après), Vladimir Fedorovski, qui déplore le manque de dialogue, responsable selon lui de l'envenimation du conflit, décrit le jeu pragmatique d'un Poutine faisant preuve "d'un vrai savoir faire", volant, malgré des fautes du gouvernement ukrainien déchu, de "vraies victoires" en "fausses défaites".
Quant à la C.E.E, l'ancien diplomate russe dénonce son ignorance de la réalité russe ukrainienne et son mépris de la diplomatie, et il regrette amèrement que la France ait abandonné le rôle de médiateur indépendant qu'elle avait acquise avec De Gaulle sur le plan de la scène internationale..

Pendant ce temps là l'Ukraine, mais aussi l'Europe sont au bord du désastre, et
sous les cagoules de ce drôle de carnaval sanglant, les visages se crispent, tandis que les diplomaties occidentales, qui cherchent désespérément à instaurer enfin un dialogue précédemment méprisé, découvrent brutalement que l'Ukraine n'est pas la Libye, à l'exception bien sûr de BHL, qui continue ses conneries... 

Poutine quant à lui, comme précédemment en Syrie, gardant la tête froide et les cartes en main, redevient le maître du jeu...

Mais n'est-il pas déjà trop tard et saura t-il ici encore, nous éviter un guerre désastreuse ?

Erwan Castel, Cayenne le 3 mars 2014

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Comprendre la géopolitique de l'Ukraine en 5 mn

Source: Le Monde.fr

LA SOURCE DU DOCUMENT
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Ukraine : "Poutine se conduit en maître du jeu"

Vladimir Fedorovski, ancien diplomate soviétique, analyse pour francetv info la manière dont le président russe a pris la main sur le dossier ukrainien. 

Vladimir Poutine avant une rencontre avec des ministres européens, concernant la crise ukrainienne, le 21 février.  (ALEXEY DRUZHININ / RIA-NOVOSTI / AFP)
Entretien pour "Francetv info" le 2 mars 2014

A quoi joue Vladimir Poutine ? Après avoir obtenu l'aval du Parlement russe pour intervenir en Ukraine, il semble désormais temporiser, tandis que la communauté internationale hausse le ton.

"Poutine fait preuve d'un vrai savoir-faire", estime Vladimir Fedorovski, ancien conseiller diplomatique auprès de Gorbatchev. L'ancien diplomate connaît particulièrement bien l'Ukraine. Son père en était originaire. Son dernier livre intitulé Le roman des espionnes (éditions du Rocher) parle longuement du KGB qui a formé l'actuel patron du Kremlin. Pour Francetv info, il décrit la manière dont Poutine a su manoeuvrer pour prendre la main sur le dossier ukrainien.


Francetv info : Comment analysez-vous le comportement de Vladimir Poutine sur le dossier ukrainien ? 

Vladimir Fedorovski : Dans cette crise, Poutine a fait preuve d'un vrai savoir-faire. A mes yeux, l'affaire ukrainienne s'est nouée en trois étapes. Et à chaque fois, soit il a remporté une vraie victoire, soit il a subi une fausse défaite. En trois actes, il a su montrer qu'il sait diriger le cours des évènements. Il se conduit en maître du jeu. L'homme n'a pas été formé au KGB pour rien.

Francetv info : En quoi a-t-il remporté la première manche de cette confrontation ?

D'abord à cause d'une faute grave des Occidentaux. Quand ils ont proposé aux Ukrainiens un contrat d'association, les Européens n'ont pas voulu parler avec Poutine. C'était nier la réalité la plus élémentaire : 30% de l'industrie ukrainienne sont tournés vers la Russie, 60% des travailleurs produisent directement ou indirectement pour le grand voisin... Autre réalité : 40% du gaz livré en Allemagne proviennent de Russie.

On s'en souvient, Poutine a dégainé son carnet de chèques en proposant 15 milliards d'euros d'aide à l'Ukraine face aux quelques dizaines de millions des Européens. Des Européens qui n'ont jamais offert à l'Ukraine la transformation de leur économie d'État en une économie de marché. Des Européens qui sont divisés quand ils regardent vers l'est : les Allemands privilégient le dialogue alors que l'Europe centrale vomit les Russes et souhaite établir un véritable cordon sanitaire. Au milieu de tout ça, la France ne joue pas le rôle qui devrait être le sien : soutenir une voie intermédiaire, singulière comme le général de Gaulle l'a fait en son temps.

Poutine a alors misé sur un individu qu'il n'apprécie pas vraiment. Ianoukovitch [l'ancien président ukrainien aujourd'hui déchu] n'est pas très subtil, il a été deux fois pénalement condamné, mais dans un premier temps il faisait l'affaire. Cette première étape se solde donc pour Poutine par une victoire à la Pyrrhus.

Ensuite, le sang a coulé à Kiev. La réprobation a été mondiale. Ça n'est pas une victoire pour Poutine...

Certes, mais c'est une vraie fausse victoire des Occidentaux. Poutine s'est appuyé sur un faux leader dont il a sous-estimé la faiblesse. Faire tirer sur la foule est un crime et une tragique bêtise politique. Au final, il a trouvé lamentablement refuge en Russie. Les gens de l'opposition sont arrivés en force et dans une grande incohérence. Ioulia Timochenko a été libérée. J'avais moi-même, pour une fois, signé une pétition pour cela.

Mais deux redoutables préalables restaient en suspens : éviter la partition de l'Ukraine et surtout la guerre civile. Les foyers de tension potentiels sont nombreux. Il y a des problèmes religieux dont on ne parle jamais, des disparités d'usage de langue. Or, les nouvelles autorités ont pris des décrets dont l'un par exemple interdit la langue russe pourtant indispensable dans le pays. Cette étape, Poutine a immédiatement vu le bénéfice qu'il pouvait en tirer.

C'est la période que nous vivons. La stratégie de la tension mise en place par Poutine est-elle soutenue par les Russes eux-mêmes ? 

Ne vous trompez pas ! Poutine ne cesse de renforcer ses positions, tous les sondages le montrent. A l'intérieur de la Russie, les gens s'attendent à la guerre. Ils suivent leur chef, celui qui dit : "après les insignes faiblesses de Gorbatchev et Eltsine, moi je ne reculerai pas, je fais face aux complots qui s'organisent contre nous." Quitte à jouer un remake de la guerre froide.

Et au niveau mondial, qui pourrait accompagner le leader russe sur une voie aussi dangereuse ?

La Chine examine avec attention les événements. Poutine pourrait trouver en elle un certain soutien. D'autant qu'actuellement les relations entre Pékin et Washington ne sont pas au beau fixe. Encore une fois, en bon espion, Poutine joue sur tous les tableaux, le chaud et le froid. Mais là, la menace de confrontation est à prendre au sérieux.

Et l'Europe ? Poutine dirige-t-il aussi la manœuvre à son égard ?

L'Europe a enfin pris conscience qu'il fallait parler à Poutine et c'est ce à quoi l'on assiste depuis quelques jours avec des conversations téléphoniques au plus haut niveau. L'Europe qui sait bien que s'il devait y avoir une confrontation, les réfugiés déferleraient en Russie mais aussi au moins en Pologne. Déjà les Ukrainiens ont fait savoir qu'ils voulaient une suppression des visas. Autant dire que des travailleurs venus de là-bas pourraient arriver dans l'UE, ce qui n'est pas sans poser problème. Toutes ces réalités, Poutine les connaît. Et il en joue.
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L'interview de Vladimir Fedorovski le lien de la source ici : Poutine, maître du jeu

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