Affichage des articles dont le libellé est Crimée. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Crimée. Afficher tous les articles

lundi 6 juillet 2020

La guerre de l'eau des ukrainiens


Depuis que l'Homme s'est redressé sur ses jambes pour arpenter le monde et son orgueil, l'eau a toujours été l'obsession majeure et l'enjeu principal de ses haltes nomades et implantations sédentaires, et par conséquent la menace subie ou utilisée dans ses conflits avec les autres...

Plusieurs centaines de milliers d'années plus tard... rien n'a changé !

L'eau est même plus que jamais un enjeu géopolitique majeur, exacerbé par la diminution des réserves d'eau potable et l'augmentation exponentielle des besoins humains tant viaun population mondiale croissante que par des techniques de production et consommation modernes de plus en plus assoiffées, comme l'agriculture par exemple.
Du côté des guerres modernes l'eau est au centre de nombreux conflits territoriaux, comme celui qui oppose israéliens et palestiniens ou menace d'en faire éclater de nouveau comme dans le Levant où les nombreux barrages turcs menacent les agricultures des pays en aval dépendant de l'Euphrate.

Et le conflit qui germe depuis 2014 sur les rives septentrionales de la Mer Noire entre Russie et Ukraine n'échappe pas au pouvoir de l'eau qui est aujourd'hui utilisé par Kiev pour menacer et assoiffer les populations russes de Crimée et du Donbass qui ont fait sécession avec la folie du Maïdan, malgré le fait juridique qui stipule que priver intentionnellement des populations civiles de leur approvisionnement en eau potable est un acte qualifié de "crime de guerre" par toutes les conventions internationales.

Ainsi dans le Donbass, le régime de Kiev, bombarde de plus en plus fréquemment les stations de pompage et les réseaux de distribution d'eau potable desservant des millions d'habitants (voir les derniers articles par exemple), allant même jusqu'à organiser avec la complicité de la France un nouveau réseau de distribution pour en exclure les populations situées sur les territoires républicains. 

Canalisation  d'eau potable de Gorlovka endommagée par les tirs ukrainiens du 6 juillet  2020


Du côté de la Crimée, bien que ne vivant un front militaire actif comme dans le Donbass, les tensions entre Kiev et Moscou n'en sont pas moins vives et se cristallisent particulièrement autour de l'eau potable que la péninsule doit importer, ce qui était fait par le canal de Crimée Nord jusqu'à ce que Kiev le ferme. 

Cette stratégie ukrainienne de vouloir assoiffer les populations russes de Crimée ou du Donbass est a mettre en perspective de l'intention de provoquer une intervention militaire russe majeure et que les occidentaux, ignorant volontairement le blocus silencieux de l'eau, considéreront alors comme un casus belli inadmissible venant de Moscou. L'eau est ici utilisé comme une provocation destiné à faire porter la responsabilité de ses conséquences militaires sur la Russie. 

D'où les propos en forme d'inversion accusatoire de l'amiral ukrainien Alexeï Neijpapa, que rapporte cet article de Sputnik:

Erwan Castel

Source de l'article: Sputnik



L’Ukraine s’apprête à «récupérer» la Crimée et se prépare à lancer une guerre contre la Russie, a avancé le commandant en chef de la Marine ukrainienne dans une interview. Selon lui, le prétexte en sera la tentative de Moscou de «s’emparer» du canal de Crimée du Nord qui doit alimenter la péninsule en eau douce.

L’Ukraine se prépare à des hostilités à grande échelle avec la Russie, a déclaré le contre-amiral Alexeï Neijpapa, commandant en chef de la Marine ukrainienne, dans une interview au journal Doumskaïa.

Son pays, selon lui, s’apprête à «récupérer» la Crimée. «Il y aura beaucoup de pertes, tant parmi nos soldats que parmi les civils», a-t-il avancé.

Le pays s’attendrait à une attaque

Kiev, d’après ses dires, s’attend à une attaque de l’armée russe contre la région de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, qui aurait pour objectif de relancer le transit de l’eau du Dniepr par le canal de Crimée du Nord. Celui-ci, construit à l’époque soviétique, relie le fleuve ukrainien Dniepr à la Crimée et était destiné à l'irrigation des basses terres de la mer Noire et à l'approvisionnement en eau de la péninsule.
La tentative russe de relancer le canal sera le signal du début d’une confrontation, a déclaré le contre-amiral.

Une source d’eau

Auparavant, l’Ukraine assurait jusqu’à 85% des besoins de la Crimée en eau douce via ce canal. Mais après la réintégration de la Crimée à la Russie en 2014, l’approvisionnement a été coupé unilatéralement par Kiev.
L’Ukraine refuse de rétablir le fonctionnement normal du canal mais fait régulièrement ressortir de prétendus «plans» de la Russie visant à s’en emparer. Cependant, la Crimée possède d’autres sources d’eau douce.

jeudi 19 mars 2020

Printemps russe !

En Crimée, au lendemain du référendum et rattachement de la péninsule à la Russie

Il y a 6 ans, en réaction à un putsch pro-atlantiste du Maïdan provoquant une rupture constitutionnelle ukrainienne et libérant une russophobie hystérique, 
la population de Crimée a organisé sous l'égide de son parlement autonome et la protection des forces russes de la base navale de Sébastopol un référendum d'autodétermination demandant le retour de la péninsule au sein de la Fédération de Russie.

Cet acte d'autodétermination réalisé par le peuple de Crimée va aussitôt déclenché un tollé général dans le camp des "démocraties occidentales droitdelhommistes" qui oublient quand çà les arrange l'article 1 (point 2) et 55 de la charte des Nations Unis du 26 juin 1945 qui reconnait et protège "Le droit des peuples à disposer d'eux mêmes", mais aussi l'Histoire de la Crimée et le cadre législatif dans lequel s'est déroulé son retour au sein de la Fédération de Russie :
  • Primo, il n'y a eu aucune "invasion russe" en Crimée en 2014, car les forces russes y étaient légalement dans le cadre d'un accord entre Moscou et Kiev pour le maintien de la base navale russe de Sébastopol, en échange d'avantages économiques pour l'Ukraine. Cet accord (28 mai 1997), inscrit dans la constitution d'Ukraine, autorisait en Crimée jusqu'à 20 000 soldats russes, effectif jamais atteint au printemps 2014. 
  • Secundo, la Crimée après une antiquité cimmérienne, scythe et grecque est devenue une terre convoitée par les puissances commerciales qui y fondent des comptoirs comme par exemple, les Pétchénègues (1016), les Kiptchaks (1050), les Coumans (1171) et les russes Russes (Xe – XIe siècles),dont l'empire naît et se développe depuis la région la "Rus de Kiev". Puis ce fut l'invasion des Tatars et des Mongols (à partir de 1237) puis des ottomans (1475). 
  • Tertio, après de nombreuses guerres se succédant dans cette région convoités par les empires, l'impératrice russe Catherine libère progressivement au XVIIème siècle les territoires bordant ces rives septentrionales de la Mer Noire. A l'issue de guerre russo-turque de 1787-1792, la Crimée redevient russe en vertu du traité d'Iaşi. La ville russe de Sébastopol est fondée (1783) et la péninsule connait alors un développement socio-économique des plus modernes.
  • Quarto, La Crimée qui devient une porte maritime stratégique majeure donnant vers la Méditerranée et fait de la Russie un concurrent qui menace le monopole occidental  des routes commerciales maritimes vers l'Orient. C'est le début de la "Stratégie du Containment" (blocus de la Russie) imaginée parla Grande Bretagne, thalassocratie du moment, ett qui va même entraîner la France de Napoléon III dans la guerre de Crimée (1853-1856). 
  • Cinquo, En 1954, la Crimée est rattachée arbitrairement à la République Socialiste Soviétique d'Ukraine par le président de l'URSS, Nikita Kroutchev. La population à qui on n'a pas demandé son avis, face à ce changement d'identité imposé brutalement "fait contre mauvaise fortune bon coeur" dans la mesure où elle reste dans le giron de la Russie via l'URSS. Ce stoïcisme populaire va disparaître après l'indépendance de l'Ukraine (1991).
A l'issue de l'effondrement du bloc soviétique et du sauvetage de la souveraineté russe entrepris par le président Poutine, l'OTAN, qui s'est maintenu malgré la disparition du Pacte de Varsovie, a progressivement réactivé la "stratégie du contaiment" qui avait été gelée pendant la guerre froide, en engageant la préemption politico-militaire des anciennes Républiques socialistes soviétiques, via guerres (Yougoslavie, Géorgie...)  des révolutions colorées (Serbie, Géorgie, Ukraine, Kirghizstan...) ou des coups d'Etat comme celui organisé sue le Maïdan pendant l'hiver 2013-2014.

Or parmi les objectifs prioritaires visés en Ukraine par le complexe militaro-industriel occidental en 2014, la Crimée occupe certainement la 1ère place, tant sur le plan démographique, économique mais surtout militaire avec cette base navale russe dont le contrat doit être renouvelé l'année suivante. On a confirmé d'ailleurs depuis que l'OTAN dans sa feuille de route ukrainienne a déjà prévu d'occuper la base navale russe de Sébastopol après le départ de la "Flotte russe de la Mer Noire".
Dans ce contexte, il est donc logique qu'une fois le coup d'Etat du Maïdan réussi, la première réaction de Moscou pour protéger ses intérêts dans la région mais aussi ses ressortissants (la grande majorité des criméens ont la nationalité russe) a été d'accompagner et de valider la demande de rattachement à la Russie exprimée par la population de la péninsule. 

Et dans une inversion accusatoire délirante les occidentaux ont alors accusé Moscou d'avoir annexé militairement la Crimée contre l'avis de sa population et des principes démocratiques.... sauf que ce retour de la Crimée en Russie a été réalisé par un référendum populaire puis acté par un vote à la Douma d'Etat, le parlement russe, mais son résultat sans appel (97% pour le rattachement à la Russie) n'a fait que confirmé 2 précédents référendums réalisés dans la péninsule et sous l'égide de l'Ukraine : 
  • Le 20 janvier 1991, un premier référendum pour l'établissement d'une "République socialiste autonome de Crimée" recueille 94,30 % de votes favorables.. 
  • Le 27 mars 1994, un second référendum réclament un élargissement de l'autonomie de la péninsule. est soutenu par 78.40 %.
  • Enfin le 16 mars 2014, lors d'un troisième référendum, 96.77 % des votants (83.1% de participation) se prononce en faveur de "la réunification de la Crimée avec la Russie dans les droits de la Fédération de Russie" contre 2.51 % pour "un statut de la Crimée dans le cadre de l'Ukraine".
Il est donc inadmissible autant que ridicule d'entendre les laquas de la ploutocratie mondialistes jouer les indignés et engager depuis 6 ans des sanctions économiques contre la Russie pour punir le droit souverain et légitime d'un peuple à exprimer et choisir démocratiquement sa destinée historique. 
Et vu son interprétation à géométrie variable de ce principe idiot de "l'intangibilité des frontières" la moraline occidentale ne fait que se couvrir encore plus de ridicule lorsqu'elle invoque ce "Uti possidetis juris" qu'elle a piétiné elle même au Kosovo par exemple...

Dans le Donbass, la population maintient également et majoritairement, contre les obus et le blocus ukrainiens, son cap vers une réintégration de la région au sein de la Fédération de Russie : " Notre choix : Russie !"

Dans un Donbass en guerre depuis 6 ans, les populations des républiques populaires de Donetsk et Lugansk ont également tenu a célébrer le rattachement de leur sœur criméenne au sein de la Fédération de Russie, profitant de l'événement pour renouveler une fois encore et avec force leur volonté d'aboutir à leur tour à cet objectif commun.

6 années de guerre abjecte au cours de laquelle des défenseurs des républiques du Donbass mais aussi les civils qu'ils protègent tombent quotidiennement sous les tirs criminels de l'artillerie ou des unités spéciales ukrainiennes.

Un pays, le Donbass, coupé en deux
Des dizaines de mois de guerre,
Des centaines de combats,
Des milliers de tués,
Des dizaines de milliers de blessés,
Des centaines de milliers,de déplacés, 
Des millions de destructions matérielles, 
Des milliards de dégâts économiques, 
Un océan de larmes...

Mais aussi une liberté inestimable gagnée et défendue depuis 2000 jours et 2000 nuits de résistance et solidarité acharnées !

Car ces populations russes ont également fait sécession de cette Ukraine devenue une colonie militaire occidentale dirigée vers la Russie. Si leur rattachement arbitraire à Kiev (1921) datant de l'époque de la création de l'Union soviétique, est plus ancien que celui de la Crimée (1954), si les oblasts de Donetsk et Lugansk ne bénéficiaient pas en 2014 d'un statut d'autonomie comme la Crimée, ces populations du bassin du Don peuvent en revanche revendiquer une plus longue histoire russe car leur territoire appartenant traditionnellement aux cosaques du Don était russe avant même son intégration officielle dans l'empire. Et même si le contexte international est plus difficile pour une intégration du Donbass contrairement à la Crimée qui avait joué l'effet de surprise pour le réaliser, les revendications des populations de Donetsk et Lugansk sont tout aussi légitimes que celle de Simferopol, et même plus encore car les femmes, les enfants, les personnes âgées et les hommes du Donbass, dans leur résistance et résilience inébranlables depuis 6 ans malgré les bombardements subis quotidiennement, méritent plus que quiconque leur intégration au sein de leur Mère Patrie russe !

Le Printemps russe n'est pas terminé et je pense même qu'il commence à peine car il ne va pas seulement libérer les peuples russes du joug libéral occidental mais il va également inspirer les peuples du Vieux Continent à réaliser à leur tour la reconquête de leurs sanctuaires respectifs afin de fonder sur les ruines des Etats-nations artificiels et du mondialisme auquel ils se sont volontairement soumis, une authentique "Europe des peuples" partageant avec l'Eurasie russe des valeurs civilisationnelles et une destinée communes. 

Et c'est dans le Donbass que se réalisera la deuxième étape de cette émancipation des peuples qui a commencé en Crimée il y a 6 ans, le retour au sein de la Fédération de Russie étant la conclusion d'une normalisation sur le point de s'achever.

Erwan Castel




lundi 3 février 2020

Un sultan qui joue avec le feu


En ce début d'année 2020, l'Ukraine voit défiler inquisiteurs, parrains et laquais de la ploutocratie mondialiste, tous venant à Kiev servir l'impérialisme atlantiste tout en y cherchant aussi l'opportunisme de faire valoir des intérêts personnels, politiques, économiques et narcissiques.

Ainsi, dans la foulée de la visite du secrétaire d'Etat étasunien Pompéo, c'est le président turc Erdogan qui est venu faire ses salamaleks ottomans à son homologue ukrainien Zelensky.

Depuis le nouvel emballement géopolitique Est-Ouest sur fond de crise syrienne, ukrainienne, iranienne et maintenant libyenne, le positionnement de la Turquie n'a jamais cessé de surprendre, et de louvoyer entre les nouveaux des alliances géopolitiques. Dans ces virements et volte faces multiples, que beaucoup considèrent comme des trahisons successives à ses partenaires, ou une cupiditéà vouloir "bouffer à toutes les gamelles" Erdogan montre surtout selon moi son entêtement a vouloir restaurer dans la région méditerranéenne orientale l'influence ottomane du passé. 

Cette stratégie turque fait écho à la résurgence tectonique des anciennes zones d'influence impériales, qu'elle soient russe, perse ou  chinoise, voire même britannique avec le récent Brexist restaurant l'indépendance de la souveraineté du Royaume Uni. 

Ainsi voit-on un Erdogan profitant du chaos pour organiser une ingérence de la Turquie, en Syrie, en Irak, en Libye et maintenant en Ukraine où il vient d'apporter un soutien politiquement fort à la russophobie kiévienne, quitte à fâcher encore plus son partenaire russe qui aurait 4 soldats aujourd'hui dans une offensive turque dans le secteur syrien d'Idlib. 


Ce lundi 3 février, Erdogan s'est donc rendu à Kiev dans le cadre d'une réunion du "Haut Conseil stratégique Turquie-Ukraine" élaboré autour de leur identité riveraines communes à une Mer Noire partagée.

Mais depuis que la crise ukrainienne survenue en 2014, a donné une orientation russophobe agressive du nouveau régime de Kiev, provoquant successivement le retour référendaire de la Crimée en Russie et le séparatisme du Donbass en réaction à une guerre lancée contre ses populations russes, les rencontres entre Kiev et Ankara s'inscrivent dans un contexte tendu entre la Russie et l'OTAN à laquelle appartient la Turquie.

A cette occasion encore Erdogan, dont la mégalomanie semble être un cocktail explosif d'idéologies ottomane, islamiste et atlantiste n'a pas manqué de piquer une nouvelle fois son "partenaire" russe : 
  • Erdogan, concernant la péninsule russe de Sébastopol, a répété que la "Turquie condamne l'annexion de la Crimée", "soutient la souveraineté territoriale de l'Ukraine" et ses revendications actuelles. De plus, le sultan ottoman a souligné l'importance de la communauté musulmane des tatars de Crimée pour Ankara. 
Observation : Illustrant une fois encore le double langage halluciné du camp atlantiste il faut relever ici sa condamnation d'un rattachement référendaire à la Russie de la Crimée ici réitérée par Erdogan mais dans le même temps, sa validation d'une occupation militaire israélienne de le Cisjordanie dans le "plan de paix pour le Proche Orient" présenté par Trump cette semaine.... Comme quoi les notions de frontières, de référendum, ou d'invasion militaire sont vraiment des concepts à géométrie variable....
  • Erdogan s'est engagé à soutenir financièrement l'armée ukrainienne avec une subvention de 200 millions de libres turques soit 33 millions de dollars. Cette aide militaire turque à l'armée ukrainienne qui bombarde les russes du Donbass n'est pas une nouveauté: Ankara avait déjà signé des contrats d'armement avec Kiev comme par exemple en novembre 2018 concernant la livraison de drones d'attaque turcs Bayraktar TB2.
"Gloire à l'Ukraine" clame Erdogan devant les soldats 
de la garde présidentielle ukrainienne à Kiev

Cette visite d'Erdogan à Kiev est aussi à mettre en perspective avec de graves tensions survenant entre l'armée turque et l'armée syrienne en reconquête de ses territoires au Nord de la Syrie. Jeter de l'huile sur feu sur un autre front d'un axe de la résistance où les syriens et les russes sont alliés n'est pas anodin, surtout en mettant cette visite en perspective d'une nouvelle radicalisation de la stratégie occidentale sur les frontières occidentales russes que semblent confirmer la récente tournée de Mike Pompéo où les prochaines manœuvres de l'OTAN qui vont exploser l'effectif participant, avec 20 000 hommes supplémentaires en provenance des USA.

A force de jouer avec le feu le sultan d'Ankara risque fort de se brûler les doigts où de se prendre un bon coup de pied au cul par une Russie qui ne manquera pas de lui rappeler qui l'a sauvé d'un coup d'Etat en juillet 2016...

Une fois encore le fossé se creuse entre les beaux discours et les actions tissant ou révélant la réalité des alliances bellicistes à l'oeuvre....

Et le monde de continuer donc sa lente progression vers un nouveau chaos européen.

Erwan Castel

jeudi 11 juillet 2019

Des chiens de faïence qui se regardent en Mer Noire


Depuis le 1er juillet et pour une période de 2 semaines se déroulent en Mer Noire les exercices annuels interalliés de l'OTAN "Sea  Breeze 2019".

Ces manoeuvres maritimes de grande envergure qui cette année mobilisent 32 navires de guerre et 24 avions et environ 3 000 soldats de 19 pays (Bulgarie, Canada, Danemark, Estonie, France, Géorgie, Grèce, Italie, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Norvège, Pologne, Roumanie, Suède, Turquie, Ukraine, Royaume-Uni et États-Unis), sont autant des exercices militaires qu'une gesticulation politique russophobe s'inscrivant sur fond de crise ukrainienne autour de la cCrimée et de guerre dans le Donbass.

Profitant du déroulement de ces exercices maritimes, les forces de l'OTAN intensifient leur coopération avec les forces ukrainiennes et déploient encore plus que d'habitude leurs ressources de renseignement le long des côtes russes de Crimée et de Rostov sur le Don et le long de la ligne de front du Donbass.

Voici 3 exemples parmi d'autres de missions d'observation des défenses russes ou de la ligne de front du Donbass réalisées pendant ces exercices maritimes de l'OTAN "Sea Breeze 2019".

Le 9 juillet 2019, 
un avion de reconnaissance de la Royal Air Force "Sentinel R1" au large des côtes de Crimée

Le 9 juillet 2019,
un drone de reconnaissance stratégique "Global Hawk" de l'US Air Force 
le long de la ligne de front du Donbass et aussi des côtes de Crimée

Le 10 juillet 2019,
Encore un avion "Sentinel R1" de la Royal Air Force au large de la Crimée russe

De leur côté les forces de défense de la Fédération de Russie profite de ces exercices de l'OTAN pour réaliser à moindre frais et gradeur réelle des exercices de détection, suivi des unités maritimes, sous marines et aériennes de l'OTAN. Et à cette occasion les systèmes d'armes russes réalisent des tirs électroniques (détectables parf les radars embarqués) des navires de l'OTAN, pour leur signifier que dans un contexte de confrontation réelle, leur petit jeu durerait plutôt 2 jours que 2 semaines !

Survol par un sukhoï  russe d'une frégate de l'OTAN

Interception russe d'un avion de reconnaissance P8 Poésidon
de l'US Air Force volant trop près des côtes de la péninsule de Crimée

Le bras de fer politique entre Russie et OTAN continue donc au dessus de la Mer Noire, à coup de démonstrations militaires et sur fond d'une réactivation des combats et bombardements sur la ligne de front du Donbass.

Une paix chaude qui semble avoir définitivement pris la relève d'une guerre froide en radicalisant les fronts jusqu'à l'embrasement final.

Erwan Castel

Une partie de le flotte de l'OTAN déployée en Mer Noire lors de l'exercice "Sea Breeze 2019" 
A noter la présence d'un P8 Poséidon de l'US Air Force (en haut  à gauche de la photo)

lundi 27 mai 2019

Augmentation des reconnaissances US

Le RC-135 V "Rivet Joint", avion de reconnaissance électronique de l'armée américaine 
et spécialisé dans l'espionnage des communications

Régulièrement j'essaie d'informer ici, et de façon non exhaustive, des activités de reconnaissance aérienne réalisées par l'OTAN (euphémisme du Pentagone) sur le théâtre d'opérations de l'Ukraine. La dernière observation concernant ces missions militaires étasuniennes sur les frontières russes et la ligne de front du Donbass remonte au 17 mai dernier et concernait une nouvelle mission d'observation réalisée par un drone stratégique US RQ-4 "Global Hawk" de la base de l'OTAN de Sigonella (Sicile)

La fréquence exponentielle des reconnaissances de l'OTAN vers la Russie et le Donbass s'est confirmée depuis avec entre autres, 3 nouvelles missions réalisées respectivement les 20, 21 et 24 de ce même mois de mai 2019 :

Le 20 mai :



Le 20 mai, un dérivé "V" "Rivet Joint" de l'avion cargo étasunien RC135 (reconnaissable à son nez allongé et ses carénages de flanc hébergeant des radars) a réalisé un vol de reconnaissance vers les côtes russes de Crimée. Ce type d'avion, spécialisé dans l'espionnage des communications, vient régulièrement écouter les réseaux russes de Crimée et se fait régulièrement intercepter par l'aviation de combat de la péninsule lorsqu'il s'approche trop près de son espace aérien.

Le 21 mai :



De nouveau un drone stratégique US "Global Hawk" de la base de Sigonella en Sicile est venu renifler les côtes russes de Crimée avant de se diriger vers le Donbass. Sa mission de renseignement qui a insisté longuement au large de la base navale russe de Sébastopol était comlétée par un vol de reconnaissance d'un Boeing P8A Poséidon de l'US Navy spécialisé dans la détection et la lutte anti-sous marine. 

Entre mission de reconnaissance militaire et provocation politique, le vol d'observation 
des défenses de Sébastopol réalisé par le Poséidon de l'US Navy ce 21 mai 2019
Le 24 mai :


Quelques jours plus tard, le 24 mai un nouveau vol de reconnaissance d'un RC-135 V "Rivet Joint", cette fois en provenance de la base de Souda Bay était réalisé le long des côtes russes continentales et de Crimée.


Sur fond d'un regain de tensions concernant la Crimée

La Mer Noire n'étant pas le théâtre d'activités militaires particulières en ce moment il faut donc chercher plutôt du coté du contexte politique et diplomatique pour essayer de comprendre cette augmentation de l'activité aérienne des forces de renseignement de l'OTAN au large de la Crimée.

1 / Le chantage de Zelensky

Tout d'abord, le nouveau Président ukrainien, qui revendique haut et fort comme son prédécesseur son intention de faire revenir le Donbass et la Crimée en Ukraine (il a le droit de réver !) a subordonné l'éventualité de négociations avec la Russie à la libération par Moscou des marins ukrainiens capturés en novembre 2018 lors d'une intrusion illégale d'une flotille de la marine de Kiev dans les eaux territoriales russes du détroit de Kertch.

2 / L'ultimatum du Tribunal maritime international

Appuyant le chantage de Zelensky, au cours d'une réunion organisée à Hambourg sans la Russie, le tribunal maritime international, malgré le fait qu'il ne soit pas compétent pour intervenir dans un incident de Ketrch qui s'est déroulé dans les eaux territoriales russes, a décidé unilatérament le 24 mai et politiquement que Moscou devait libérer les 24 marins et restituer les 3 bateaux ukrainiens ayant violé ses frontières en novembre 2018.

3 / L'ordre de l'OTAN

Et la veille, le 23 mai, le chef du comité militaire de l'Alliance de l'Atlantique Nord, Stuart Peach, sur le site Web de l'OTAN, tout en "enfonçant le clou" concernant la libération des marins ukrainiens demandée à nouveau par Zelensky, a poussé sa rhétorique et son fantasme jusqu'à exhorter la Russie de retirer ses troupes de la péninsule de Crimée.

Unité russe à la parde du 9 mai à Sébastopol

Ces 3 actions diplomatiques qui rèvélent à la fois un contrôle et une concertation d'une politique et d'une justice au service des objectifs de l'OTAN, cherchent à relancer la pression contre Moscou et amorcer un éventuel dialogue en position de force, tout en créant de nouvelles conditions à une surenchère des sanctions économiques contre la Russie.

La réponse russe :

Si diplomatiquement la Russie, tout en restant ferme sur la légitimité démocratique de ses actions qui correspondent aux volontés des peuples de Crimée et du Donbass et à la protection de ses frontières maritimes à l'intérieur desquelles le Tribunal Maritime International de Hambourg n'a aucune compétence, laisse s'amuser les unités de reconnaissance de l'OTAN (tant qu'elles restent dans les espaces aériens et maritimes internationaux), ses forces armées se préparent cependant au pire des scénarios.

Ainsi lorsque ces nouvelles tensions sont apparues autour de la confrontation Est-Ouest qui poursuit son escalade dans cette région stratégiquement vitale de la Mer Noire, des renforcements militaires russes ont été observés dans les régions frontalières de l'Ukraine comme par exemple ceux arrivant sur l'aéroport Belbek de Sébastopol où des gros porteurs déchargeant armes et munitions ces derniers jours:



Car même si ces gesticulations militaro-politiques des vautours de l'US Air Force autour de la péninsule russe sont certainement à inscrire dans cette stratégie de tentative d'intimidation menée par Washington contre Moscou et qui ressemble plus à l'aboiement d'un roquet devant un ours qu'à l'engagement d'un dialogue ouvert et constructif par des acteurs internationaux responsables, la région reste potentiellement un volcan qui peut exploser à tout moment.

Erwan Castel

vendredi 22 mars 2019

5 ans de souveraineté populaire


En réaction à l'hystérie russophobe vomie par le Maïadan et profitant de la rupture constitutionnelle provoquée par ce coup d'Etat télécommandé par Washington, la population de Sébastopol et des autres villes de la péninsule a usé de son droit au référendum autorisé par sa propre constitution de République autonome de Crimée du 12 janvier 1999.

N'en déplaise aux crachats des propagandes de guerre occidentale et kiévienne, ce référendum du 16 mars 2014 sur le statut de la Crimée a été observé par 70 observateurs étrangers issus de 23 pays différents, et qui l’ont jugé conforme au droit international et à la Charte des Nations unies. Donc, les 96,77% de votants (sur 86% de participation) se prononçant pour un retour en Russie de leur région n'ont fait que confirmer la volonté exprimée par ce peuple russe depuis plus de 20 ans.

Le 22 mars la Crimée était de retour au sein de la Russie après que la Douma ait accepté à l'unanimité sa demande de réintégration au sein de la Mère Patrie, ce qu'elle réclamait depuis la chute de l'Union Soviétique.
En effet, la Crimée qui n'a été rattachée à l'Ukraine qu'en 1954 sur décision arbitraire du Président Kroutchev, a toujours exprimé sa volonté de se détacher des décisions prises à Kiev, depuis l'indépendance de l'Ukraine au lendemain de la chute de l'URSS.
  • Ainsi le 20 janvier 1991, lors d'un premier référendum, 94,30 % de votants se prononçaient pour le rétablissement d'une "République socialiste autonome de Crimée". 
  • Plus tard le 27 mars 1994, lors d'un second référendum, ce sont 78.40 % qui réclament un élargissement de l'autonomie de la péninsule.

Ce qui s'est passé en mars 2014 n'est donc que l'expression confirmée d'une souveraineté populaire telle que présentée comme fondement de la démocratie occidentale et de plus conforme à la constitution régionale.


Or les occidentaux, ces parangons universalistes de la Démocratie au nom de laquelle depuis 25 ans, ils bombardent , organisent des révolutions, financent le terrorisme dans des des dizaines de pays s'offusquent et poussent des cris d'orfraie pour condamner la décision du peuple de Crimée et sanctionner ad vitam aeternam la Russie qu'il a décidé de rejoindre. 
  • Comment ces occidentaux,  fanatiques de la mauvaise foi, peuvent un jour soutenir un coup d'Etat sur le Maïdan, fruit d'une ingérence étasunienne depuis reconnue par ses acteurs, et qui sans vergogne viole la constitution ukrainienne et invoquer ensuite cette dernière 2 mois plus tard pour condamner le référendum de Crimée ?.
  • Comment ces occidentaux, fanatiques de l'arrogance, peuvent un jour soutenir et approuver au Kosovo un référendum inconstitutionnel sous "protection de l'OTAN" mais où la Serbie n'a pas  été consultée dans son ensemble et rejeter celui de la Crimée sous "protection de l'armée russe" (dont la présence est autorisée par la constitution ukrainienne) sous prétexte que l'ensemble de l'Ukraine n'a pas été consultée ?

Ce référendum de Crimée qui a permis à son peuple de corriger une erreur historique en fermant une parenthèse ukrainienne de 60 années (dont les 2/3 soviétiques) est non seulement légitime et conforme à la constitution de la péninsule mais aussi et surtout à l'article 1 (point 2) et 55 de la charte des Nations Unis du 26 juin 1945 qui reconnait et protège "Le droit des peuples à disposer d'eux mêmes".

Erwan Castel


mardi 8 janvier 2019

Comme en terrain conquis


Imaginons un seul instant quel haro diplomatique et tollé médiatique provoquerait le survol de nos frontières par un drone de reconnaissance russe. Certains y verrait même une provocation majeure pour ne pas dire un "casus belli" appelant à une réaction sévère et immédiate de cette "communauté (autoproclamée) internationale" dont l'adage semble bien être 'faites ce que je dis mais ne dites pas ce que je fais !"

Car c'est exactement ce qui se passe dans au Sud Est de l'Ukraine, au dessus de la Crimée et du Donbass espionnés de plus en plus fréquemment pare les ressources de renseignement militaire étasuniens sous couvert de l'OTAN. Satellites, avions de reconnaissance, drones stratégiques, stations radars terrestres ou navales, unités de recherche humaines etc., toute la panoplie des museaux, yeux et oreilles à la disposition de l'Oncle Sam sont présents au dessus de ce réveil de cette ligne de faille volcanique entre Russie et Occident  que le Maïdan et la guerre dans le Donbass ont réveillé.

Ainsi un nouvelle mission de drones stratégiques US "Global Hawk" a été repérée au dessus de la Mer Noire, Crimée et le long de la ligne de front du Donbass. Ce drone stratégique étasunien qui désormais fait partie de l'espace aérien de cette région a été également accompagné par un vol de reconnaissance d'un appareil de l'US Navy de type "Poséidon 8" spécialisé dans la recherche électronique et la lutte anti sous-marine.

Un drone US Global Hawk s'est ainsi rapproché jusqu'à une distance de 33 km des frontières de la Crimée russe qu'il a espionné en compagnie d'un avion "Poséidon 8" dans des vols de reconnaisance qui ne se sont achevés que tard dans la soirée, peu avant 23h00.


C'est désormais plusieurs fois par mois que ces unités aériennes du renseignement de l'OTAN viennent renifler la Crimée, le Donbass, mais également les régions russes limitrophes. Ainsi de ces drones "high tec" de l'US Air Force RQ-4B-30 "Global Hawk" volant à haute altitude surveillant dans le détail une profondeur latérale de plus de 200 km, qui sont venus déjà souvant espionner pour le compte de l'OTAN et de Kiev, par exemple le 3 décembre (au large de la Crimée), le 10 novembre (8 heures le long de la ligne de front du Donbass), le 27 octobre (11 heures le long des frontières russes), le 8 octobre (Donbass et Crimée). Nous signalons ici souvent ce type de missions qui sont contraires à la neutralité des pays occidentaux telle que définie par les accords de Minsk.

Ces activités militaires occidentales, en appui de l'armée ukrainienne, connaissent une croissance parallèle de la crise diplomatique exponentielles existant entre Kiev et Moscou ainsi qu'à l'escalade militaire opérée en écho sur le front du Donbass. 

Cette gesticulation de l'OTAN qui est protéiforme est de plus en plus provocatrice.


Ainsi, sur fond de tensions majeures éclatées à Kertch, le 25 novembre dernier, par une provocation de la marine ukrainienne forçant les eaux territoriales russes, une nouvelle unité de l'US Navy, l'USS "Fort MacHenry", est entrée en Mer Noire dans la journée d'hier. Il s'agit d'un bâtiment de débarquement amphibie transportant 500 hommes du 22 groupe expéditionnaire du Corps des marines.

La marine américaine dans la lettre reste, il est vrai,  conforme au droit international de navigation en Mer Noire défini à la convention de Montreux. Mais si l'on tient compte du contexte géopolitique pour le moins explosif de la région depuis le Maïdan, les missions maritimes de l'US Navy tout comme celles, aériennes, de l'US Air Force ne peuvent apparaître que comme des grossières provocations de l'OTAN contre Moscou. 

Ainsi rien qu'en 2018 de nombreux bâtiments de guerre étasuniens sont venus aularge des côtes de Crimée et de Russie comme par exemple l'US "Ross" (DDG 71), l'USS "Carney" (DDG 64), l'USS "Porter" (DDG 78), l'USS "Mount Whitney" (LCC 20), l'USS "Oak Hill" (LSD 51), l'USNS "Carson City" (T-EPF 7), qui ont tous mené des opérations militaires en Mer Noire dont de nombreuses en coopération avec l'armée ukrainiennes qui leur offrait l'accès à sa base d'Odessa.


La Fédération de Russie, pour le moment que les USA ne franchissent pas la ligne rouge comme les ukrops le 25 novembre dernier observe et surveille étroitement ces gesticulations occidentales, parodies inutiles de l'arrogance perdue d'une thalassocratie mondialiste à bout de souffle.

Erwan Castel
  

mardi 18 décembre 2018

Le syndrome de la thalassocratie


« Qui tient la mer tient le commerce du monde ; 
qui tient le commerce tient la richesse ; 
qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même ».

Sir Walther Raleigh (1552-1618)

Au moment où le libéralisme économique occidental à l'expansionnisme colonialiste illimité prend son envol avec la découverte du Nouveau Monde, Walther Raleigh, un de ses plus fameux explorateurs, résume dans cette devise toute la pensée mondialiste qui cherche à imposer sa stratégie intemporelle via les thalassocraties impérialistes dont les deux derniers avatars modernes sont la Grande Bretagne et les Etats Unis.

Comme l'a remarquablement rappelé en 2014 Robert Steuckers, le contrôle de la Méditerranée orientale a toujours été une pierre d'angle de la domination occidentale sur le "Himland", cette ceinture de terres entourant le "Heartland" l'empire russe qui a besoin d'y posséder des portes économiques pour pouvoir respirer. Lorsqu'à la fin du XVIIIème siècle la grande imépratrice Catherine II libère les territoires russes bordant la Mer Noire de l'emprise ottomane, la Russie retrouve non seulement le berceau de son Histoire mais aussi une porte d'accès vers la Méditerranée et ses routes économiques. Et ceci contrarie au plus au point Londres, la thalassocratie du moment qui cherche a restaurer vers l(Orient à travers ses comptoirs coloniaux la vielle route de la soie et à s'en garantir, avec ses alliances militaires, le monopole absolu. Le gouvernement britannique Pitt conclura alors dans une étude appelée "Russian armement" (la flotte russe) que le blocage aux accès maritimes de la Russie est la priorité des priorités géostratégiques.

Sur cette carte le "Himland" est représenté par le croissant rouge ceinturant la Russie ("Heartland") au milieu duquel on voit apparaître les pays  ayant été la cible de l'impérialisme étasunien au cours de ces dernières décennies . Les maillons manquants aux occidentaux sont l'Iran qui est dans leur collimateur depuis des années, la Syrie ou une guerre pilotée par l'Occident continue et la Mer Noire, qui est un des objectifs majeurs du Maïdan mais qui a échappé à Washington avec le retour de la Crimée en Russie et la guerre dans le Donbass. (on peut rajouter à cette carte les tensions qui sont ravivées en extrême orient comme le conflit autour  du consteté russo-japonais des iles Kouriles)

C'est la naissance de ce que Mac Kennan baptisera en 1946, après la fin de l'alliance créée par la seconde guerre mondiale, "la stratégie du Containment" c'est à dire l'endiguement de la Russie. Cette stratégie occidentale qui n'est que la déclinaison moderne de l'éternel combat entre les empires de l'eau et ceux de la terre (voir les travaux du sociologue polonais Zygmunt Bauman sur "la société liquide") donnera naissance à de nombreuses guerres politiques, économiques et militaires entre la Russie et les occidentaux pilotés successivement par Londres puis Washington (la guerre de Crimée au milieu du XIXème siècle en est l'illustration parfaite). 

Dans cette stratégie globale, l'Ukraine représente un enjeu des plus importants et à l'exception des courtes alliances militaires opportunistes provoquées à l'occasion des 2 premiers conflits mondiaux, les occidentaux et les Russes se disputent le contrôle de la Mer Noire qui baigne ses côtes méridionales et lui ouvre le chemin vers le Levant. Du premier grand théoricien de cette stratégie d'encerclement de la Russie, Mackinder (qui en déclarant "qui tient l’Europe orientale tient le heartland, qui tient le heartland domine l’île mondiale, qui domine l’île mondiale domine le monde" reprendra à son compte la devise de Raleigh citée en introduction) jusqu'à Zbigniew Brzeziński qui va lui redonner une nouvelle jeunesse pendant  la guerre froide l'importance stratégique de l'Ukraine que ce dernier nomme "le pivot stratégique de l'Europe" n'a pas cessé de grandir.)


Et cette vielle lutte pour le contrôle de la Méditerranée orientale qui se joue aujourd'hui en Ukraine autant qu'en Syrie et que l'on peut faire remonter à l'antiquité phénicienne, non seulement n'a pas pris une seule ride au fil des siècles mais a même été exacerbée depuis que par les mers chaudes orientales transitent la majorité des ressources énergétiques pétrolières et gazières du Monde et dont le contrôle a métamorphosé complètement et mis à feu le Levant.

Mackinder affirmait au XIXème siècle que "la plaine ukrainienne représente l'espace de mobilité par excellence permettant des invasions rapides au moyen de la cavalerie" et des invasions mongoles aux grandes batailles de chars de la seconde guerre mondiale l'Histoire lui donne raison. Et cette importance continentale de l'Ukraine qui se rajoute à son importance maritime s'est accrue également depuis que sa démesure artificiellement créée par les apprentis sorciers du XXème siècle, qui lui ont rajouté des terres occidentales à l'Ouest (Galicie) et des terres russes à l'Est (Donbass) et au Sud (Crimée) : cette steppe n'est pas seulement aux confins de l'Eurasie et de l'Occident, elle est un corridor empiétant sur ces deux blocs géostratégiques qui aujourd'hui s'opposent à nouveau.

Voilà pourquoi, dans leur extension territoriale agressive menée en Europe de l'Est depuis l'effondrement de l'URSS, l'Ukraine est un des objectifs majeurs (avec la mer Baltique au Nord) de la thalassocratie étasunienne car il verrouillera l'encerclement de la Russie en poussant l'OTAN sur les frontières occidentales russes et en Mer Noire dont les rives méridionales sont  déjà sous le contrôle de l'Alliance via  la Turquie et la Géorgie.


Si globalement l'impérialisme mondialiste continue a gagné chaque année des territoires à force guerres, alliances économiques, coups d'Etat ou Révolutions colorées, force est de constater que la résistance des peuples emmenée par la Russie lui laisse quelques os en travers de la gorge : le chaos lybien, les résistances de la Syrie et du Vénézuéla, les alliances économiques entre Chine Russie et Inde, etc...

Mais aujourd'hui c'est en Ukraine que la confrontation semble prendre une nouvelle ampleur très dangereuse pour une sécurité mondiale déjà fragilisée par de multiples crises et conflits périphériques. Sur cette carte on voit bien que la mer Noire est au centre de routes géos tragiques majeures Est-Ouest que l'Occident n'a pas cessé de vouloir contrôler en déclenchant des conflits et tensions locales dont l'objectif commun est d'évincer la Russie de sa zone d'influence historique.


La Crimée que Kroutchev avait imprudemment offert à l'Ukraine en 1954 a échappé aux griffes occidentales plantées sur le Maïdan et a réalisé son retour au sein de la Russie par voie référendaire (autorisée par sa constitution autonome). De son côté le Donbass lui a empêché les auxiliaires ukrops de l'OTAN de mettre main basse sur la plus grande région industrielle de la région et d'atteindre le frontières de la Russie. 

Cela a permis à Moscou mais non sans souffrance (sanctions économiques et guerre du Donbass) de conserver sa position sur l'échiquier géostratégique de cette région vitale pour son indépendance. Mais, tout comme en Syrie avec ses bases militaires dans le Kurdistan, la thalassocratie étasunienne ne veut pas lâcher prise et persiste dans ses objectifs hégémoniques quels qu'en soient les risques...

Le 25 novembre l'incident de Kertch provoqué par la marine ukrainienne a eu comme conséquence d'engager une nouvelle escalade majeure dans la confrontation opposant depuis 5 ans Moscou à Kiev. Cette nouvelle étape vers une guerre ouverte relie militairement les 2 points chauds de cette confrontation, la Crimée et le Donbass qui sont reliés entre eux via la Mer d'Azov et sa bande côtière Mariupol / Berdyansk.

Depuis cette nouvelle tension, une menace d'offensive terrestre ukrainienne pèse sur la région côtière du Donbass avec de très fort risques d'internationalisation du conflit, comme en témoigne la mise en alerte préventive des forces russes frontalières avec l'Ukraine et le soutien accru et belliciste des occidentaux au régime de Kiev.

Le 17 décembre l’Assemblée générale des Nations Unies a voté une autre résolution anti-russe, dans le cadre de la crise internationale provoquée par l'incident de Kertch affirmant que "le déploiement des forces armées de la Fédération de Russie dans la péninsule de Crimée est contraire à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine"

Si cette résolution a été votée il faut cependant observer un net recul des soutiens occidentaux à l'Ukraine car la majorité des Etats membres se sont abstenus (72), 66 seulement ont voté pour et 19 se sont prononcés contre la résolution. Le vent est en train de tourner.


Tandis que Kiev menace le Donbass d'une offensive imminente supervisée par le lieutenant-colonel Adams, un officier de l'Etat major étasunien, Kurt Volker le conseiller spécial étasunien pour l'Ukraine déclarait ce 17 décembre 2018 : "Je pense qu'il y a des choses auxquelles nous devons faire attention ... pour augmenter notre présence dans la mer Noire de manière bilatérale ou avec l'aide de l'UE". 

Ce renforcement de la flotte occidentale en mer Noire et dont la base britannique qui a commencé a s'implanter à Odessa en est la preuve est une nouvelle provocation majeure contre la Russie en même temps qu'une menace sur l'accord international de la convention de Montreux qui régit le passage dans le détroit du Bosphore depuis 1936, et limite le tonnage total et la durée (21 jours) des navires militaires étrangers dans les eaux de la Mer Noire dont la venue doit être demandée à la Turquie au minimum 8 jours avant leur passage (la Mer d'Azov elle est uniquement limitée à l'Ukraine et la Russie). Donc théoriquement toute présence militaire maritime occidentale en infraction avec cette convention pourra être considérée par Moscou comme un acte de guerre.
Pour l'OTAN cet accord de Montreux est une véritable entrave à leur stratégie d'occupation de la mer Noire et vraisemblablement les USA vont tenter d'en modifier les termes rapidement.

Parallèlement à cette stratégie d'occupation maritime dont le but évident est de pouvoir réaliser un blocus de la Crimée russe et de soutenir l'Ukraine, Volker a promis d'augmenter également les fournitures d'armes à cette dernière, tandis que Washington demande de nouvelles sanctions économiques contre Moscou.

L'ingérence de l'OTAN dans la crise ukrainienne et qui est visible depuis le Maïdan s'est brutalement accélérée ces derniers mois avec les livraisons d'armes à Kiev, l'encadrement technique et de formation de conseillers militaires occidentaux mais aussi l'engagegement au profit de l'armée ukrainienne des ressources de renseignement stratégiques de l'alliance comme les drones d'observation "Global Hawk" de l'US Air Force où les avions de recherche "Poséidon" de la marine étasunienne.

Bâtiments de surface de la flotte russe de la mer Noire de Sébastopol

De son côté, la Russie n'a plus l'intention de reculer comme elle le fait depuis les années 90 (d'ailleurs acculée dans ses frontières nationales, elle n'est plus en mesure de le faire). La détermination à conserver sa base navale en Mer Noire et qui est le cœur de sa péninsule historique de Crimée, et Moscou a réagit fermement autant aux menaces ukrainiennes et qu'aux ambitions occidentales dans le région.

Réagissant aux délires russophobes de Volker, le président du Comité de défense de la Douma d’Etat, Vladimir Chamanov a déclaré :

"Nos moyens nous permettent non seulement de réagir de manière adéquate, 
mais également de manière plus rigide à leurs actions provocantes. 
Nous allons faire ça. 
Nous ne regarderons plus leurs singeries irresponsables sans réagir."

Concrètement, la Russie a transformé la péninsule de Crimée en bastion militaire imprenable disposant aujourd'hui d'une composante terrestre, aérienne, maritime et stratégique à capacité offensive, et il est évident que toute la région s'est transformée sous les agressions occidentales en un vaste baril de poudre au milieu duquel une offe,sive ukrainienne jouerait le rôle d'une étincelle !

La crise qui secoue l'Ukraine en général et la guerre qui sévit en Novorossiya continentale et maritime en particulier, ne sont que l’éruption volcanique d'une tectonique millénaire opposant la tradition solide de l'empire terrestre à l'impérialisme liquide de la thalassocratie de l'argent, et son explosion si elle a lieu risque dans un effet domino d'exacerber également toutes ses autres lignes de fracture existant à travers le Monde.

Erwan Castel