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dimanche 9 janvier 2022

La "trêve des confiseurs" se termine

Si Noël brille encore dans les yeux des enfants, sur le front du Donbass, les détonations de l'artillerie ukrainienne ont refait leur apparition comme pour clôturer la trêve des confiseurs que pour donner le ton aux discussions Est-Ouest qui vont s'ouvrir lundi au sujet de l'Ukraine et de l'OTAN et qui s'annoncent plus que difficile au vu des déclarations bornées des responsables occidentaux qui non seulement refusent de renoncer à l'extension de l'OTAN met jettent de l'huile sur le feu d'une crise kazakhtanaise, où l'OTAN via ses idiots utiles régionaux tente de parasiter une protestation populaire pour rejouer un deuxième Maïdan mais cette fois sur le flans méridional de la Russie.

Le samedi 8 janvier au soir, la ligne de front Nord et Ouest de Donetsk a été réveillée par des tirs ukrainiens, certes sporadiques mais qui ont rompu le silence des gros calibres observés ces derniers jours (ce qui n'a pas empêché les ukropithèques d'avoir 3 tués et 7 blessés hors combat dans des overdoses, ivresses, accidents et rixes).

Les informations civiles et renseignements militaires confirment la poursuite du déploiement ukrainien sur le front du Donbass qui a aujourd'hui concentrer plus de la moitié des effectifs combattants ukrainiens, ce qui explique aussi que, pour maintenir le minimum de ses forces sur le reste du territoire, Kiev fasse appel à des unités spéciales de volontaires nationalistes que l'on voit être disséminées tout le long de la ligne de front, la dernière en date étant une section de paramilitaires de l'organisation DUK qui est arrivée sur le front de Marinka, au Sud Ouest de Donetsk.

Ici,  c'est à Valuyskoye, au Nord de Lugansk que flotte
à côté du drapeau ukrainien le drapeau du "Prayvi Sector"
d'une unité de radicaux nationalistes qui a pris possession
de l'école du village pour faire poste de commandement.

Mais pour le moment, c'est encore au niveau des tranchées de la diplomatie de l'OTAN que sont observées les plus grosses salves d'artillerie en direction du Kremlin auxquelles se rajoute une campagne russophobe occidentale organisée autour de la crise kazakhstanaise (voir articles précédents).

Dans toutes les déclarations des responsables occidentaux, militaires et politiques et depuis 2014, il y a une constante c'est d'ignorer totalement les républiques populaires de Donetsk et Lugansk qui pourtant sont partie prenante au conflit ainsi que leurs populations et d'assister à cette situation hallucinante initiée par les ukro-atlantistes qui consiste, et avec mépris, 
  1. à écarter des discussions pour résoudre le conflit du Donbass l'un des deux belligérants (en responsabilisant la Russie qui elle n'y participe pas), 
  2. à ignorer totalement le sort des populations de Donetsk et Lugansk, sous blocus et bombardements depuis 2014, et pire de les accuser d'occupation de leurs territoires !
Au cours de la semaine dernière, le théâtre du cynisme occidental a multiplié ses représentations pour mieux préparer l'opinion publique à l'échec programmé des réunions internationales qui doivent se dérouler du 10 au 13 janvier autour de l'Ukraine et des propositions russes concernant l'OTAN. 
Ainsi entres autres vols de faucons nerveux a t-on pu assister à une tournée occidentale du secrétaire d'Etat étasunien Anthony Blinken dans le rôle d'un sergent recruteur en manque d'effectifs, pour rencontrer entre autres laquais du Nouvel Ordre Mondial allemands, israéliens, japonais... en répétant au sujet de la Russie à propos de l'Ukraine qu'elle est "un peu comme le renard disant qu'il n'a pas d'autre choix que d'attaquer le poulailler parce que la poule représente une menace".
  • Avec Annalena Baerbock, la ministre allemand des Affaires Etrangères la pression de Blinken s'est concentrée surtout sur le gazoduc russe North Stream 2 que Berlin, qui est co-investisseur, rechignait jusqu'à présent de sacrifier sur l'autel des intérêts de Washington. Si l'on en croit  Baerbock qui a déclaré "Si la Russie renouvelle son agression contre l'Ukraine, il serait certainement difficile de voir du gaz y circuler à l'avenir" à l'issue de son entretien avec le faucon étasunien, il semblerait que l'aigle allemand ait perdu ses dernières plumes.
  • Avec Yair Lapid le ministre israélien des Affaires Etrangères, Blinken a joué au maquignon, réitérant auprès de Tel Aviv le soutien inconditionnel des USA face à l'Iran en échange de son soutien réciproque face à la Russie.
  • Avec Yoshimasa Hayashi, le ministre japonais des Affaires Etrangères, Hayashi Blinken a là aussi marchandé avec Tokyo une augmentation de la coopération américano-japonaise en échange de son alignement à la stratégie de Washington dans le dossier ukrainien.
N'ayant pas le don d'ubiquité, Blinken a délégué à d'autres faucons une partie de sa tournée des laquais de l'OTAN comme par exemple:
  • Avec Ángeles Moreno Bau le secrétaire d'État du ministère espagnol des Affaires étrangères, Wendy Sherman, secrétaire d'État adjointe à la Maison Blanche s'est assurée de la coordination des efforts étasuniens, espagnols et européens pour imposer des sanctions couteuses à la Russie en cas d'intervention militaire russe contre l'Ukraine
Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l'Union Européenne sur le front du Donbass

Concernant l'Union Européenne justement, son chef de la diplomatie Josep Borrell est venu physiquement apporter le soutien de l'UE aux forces armées ukrainiennes lors d'une visite de la ligne de front  à Stanytsya Luhanska (Nord de Lugansk), où sans évoquer une seule fois les populations de Donetsk et Lugansk et bien sûr en ignorant les violations ukrainiennes du cessez le feu, l'absence de troupes russes sur le front de Kiev (notifiées même par l'OSCEl a déclaré que "toute nouvelle agression militaire russe aura des conséquences massives ; la Russie doit désamorcer et mettre pleinement en œuvre les accords de Minsk"

Lors de sa conférence de presse finale réalisée avec Dmitri Kuleba le Ministre ukrainien des Affaires Etrangères, Josep Borrell a rappelé; "l'Union Européenne est le partenaire le plus fiable de l'Ukraine. Nous apportons un soutien politique, économique et financier. Plus de 17 milliards d'euros ont été fournis à l'Ukraine après l'occupation de la Crimée par la Russie. Et l'accord d'association que l'UE a signé avec l'Ukraine est l'accord le plus ambitieux et le plus complet que l'UE ait jamais signé avec un autre État".
Et l'ukrainien Kubela de préciser :"L'Union européenne est aux côtés de l'Ukraine pour contrer la politique agressive de la Russie, et nous parlons non seulement de soutien politique, mais aussi de solutions très pratiques. Par exemple, l'UE a récemment rejoint l'Ukraine au Fonds européen pour la paix, dans le cadre duquel 31 millions d'euros seront consacrés au renforcement des capacités des forces armées ukrainiennes. Ce soutien vise à renforcer la capacité de l'Ukraine à se défendre, car l'Ukraine est engagée dans la diplomatie, la mise en œuvre des accords de Minsk et un règlement diplomatique du conflit "

...31 millions d'euros d'aides pour une armée en guerre provenant d'un "fonds pour la paix"... fallait oser !


A quelques heures du début des négociations entre Washington et Moscou autour de l'Ukraine et de l'OTAN, de nouvelles sanctions économiques potentielles contre la Russie sont à nouveau au coeur des discussions occidentales, l'Ukraine demandant même l'instauration de "sanctions préventives" anti-russes ("les cons ça ose tout..."), ainsi des discussions récentes révélées par le New York Times ente les USA et leurs alliés concernant l'éventualité de couper les plus grandes institutions financières russes des transactions mondiales (Swift), d'imposer un embargo sur certaines technologies de fabrication américaine d'armer des milices ukrainiennes en plus de l'armée si la Russie intervenait militairement dans la région.

Le département américain du Commerce a même préparé un décret qui interdirait l'exportation de tout bien de consommation vers la Russie, des téléphones et ordinateurs portables jusqu'aux réfrigérateurs et machines à laver et tout autre technologie qui contenant de l'électronique de fabrication ou de conception américaine. Ce décret s'appliquerait non seulement aux fabricants américains, mais également aux fabricants européens, sud-coréens et étrangers qui utilisent des puces ou des logiciels américains.

Mais ces discussions menaçantes et interminables concernant des sanctions économiques anti-russes confirment aussi et surtout :
  • Que les occidentaux n'ont pas du tout envie d'engager l'OTAN dans des affrontements militaires directs avec les forces russes pour sauver leurs chiens fous de Kiev.
  • Que les sanctions anti-russes ne font pas l'unanimité eu égard aux effets secondaires subies par les économies occidentales déjà fortement impactées par les frises en cours.
  • Que les conséquences des sanctions précédentes sur l'économie russe ayant été décevantes voire contre productives, elles sont loin d'être le levier contraignant prévu.
  • Que le déclenchement de nouvelles sanctions anti-russes risque par contre de couper radicalement les dialogues diplomatiques qui ont été jusqu'à aujourd'hui maintenus.
En revanche ce qui est sûr d'être décidé collégialement par les occidentaux, c'est l'augmentation de l'aide logistique militaire et financière aux forces armées ukrainiennes, qu'il y ait ou non d'intervention russe dans le Donbass, comme par exemple ce projet révélé par NBC News de livraisons de missiles antiaériens portatifs Stinger à Kiev par les États-Unis et  d'autres membres de l'OTAN.

Cette stratégie étasunienne de la carotte et du bâton tente pour moi de paralyser préventivement une potentielle réaction militaire russe dans le scénario d'une nouvelle offensive militaire ukrainienne contre les populations du Donbass que parallélement elle encourage avec des aides militaires augmentées et des soutiens politico-financiers renouvelés. 

Là encore c'est un doux fantasme d'une doxa mondialiste tellement arrogante et amorale qu'elle oublie qu'il existe encore de par le Monde des pays qui obéissent d'abord à des principes sécuritaires et des valeurs humaines n'hésitant pas à leur sacrifier des intérêts consommables.

Quant aux négociations Est-Ouest qui vont animer cette deuxième semaine de 2022, sans vouloir jouer au pessimiste incurable, je pense qu'elles ne vont qu'acter le refus occidental des propositions russes de sécurité collective présentées le 17 décembre dernier ainsi que la fin d'une stratégie diplomatique occidentale cynique aux frontières de la Russie. 

La Russie de son côté qui a reculé depuis 30 ans jusqu'à ses frontières, voyant s'installer les missiles étasuniens à quelques minutes seulement de ces centres névralgiques (pour ceux qui ne comprennent toujours pas qu'ils imginent simplement des bases russes s'installer au Nord du Mexique), a bien signifié qu'elle défendrait désormais ses lignes rouges coûte que coûte.

Le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov l'a encore confirmé avant de s'envoler vers Genève: "Nous n'accepterons aucune concession. Cela est complètement exclu", rajoutant en faisant certainement référence aux propos de Josep Borrell, "Nous sommes déçus des signaux venant ces derniers jours de Washington, mais aussi de Bruxelles".

Cela engagera probablement l'Europe vers une escalade militaire globale où l'Ukraine jouera le rôle du détonateur mais qui mettra fin aussi j'en suis sûr à l'hégémonie mondialiste actuelle.

Erwan Castel

Réalistes concernant l'issue des négociations à venir
les forces armées russes poursuivent le renforcement
de leurs dispositifs de défense sur leur frontières avec
la menace d'une offensive ukrainienne dans le Donbass.

mercredi 1 décembre 2021

Zelensky ouvre les portes de l'Ukraine à l'OTAN

 

Sur fond d'une escalade majeure initiée par les forces ukrainiennes et du risque accru d'une offensive nouvelle dans le Donbass et par conséquent d'une guerre entre Kiev et Moscou, le président ukrainien Zelensky vient de promulguer une loi autorisant le déploiement de troupes étrangères sur le territoire du pays. 

De fait une telle loi était déjà commise annuellement dans le passé mais seulement pour permettre la réalisation sur le territoire ukrainien d'exercices militaires interalliés, principalement de l'OTAN Pour Kiev c'est l'occasion de normaliser ses armées dans la perspective d'une intégration dans l'alliance et pour Washington de trouver un prétexte pour occuper militairement le terrain avec des bases, quais, dépôts, stations radars et postes de commandement devenus permanents dans l'enchainement calendaire des exercices, ainsi que pénétrer les rouages des administrations de sécurité et de défense de l'Ukraine avec une armée de conseillers techniques et militaires.

Aujourd'hui il n'est plus question des exercices ou des programmes de formations mais bien d'un principe d'ouverture des frontières à des forces militaires alliées qu'elles soient membres de l'OTAN ou non.

La Russie a tenu à préciser clairement sa position vis à vis de l'OTAN dont elle sait que le pouvoir politique ne veut pas d'une guerre frontale et directe contre Moscou :

Récemment le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov a rappelé :

"Récemment, nous avons assisté à une augmentation significative de la présence militaire de l'OTAN dans la région de la mer Noire. Les appels de navires de guerre avec des missiles à bord, les survols de l'aviation stratégique américaine sont devenus plus fréquents, des exercices à grande échelle sont menés, incl. imprévu. Presque chaque semaine, nos outils de surveillance objective suivent plus de 50 avions de reconnaissance et drones croisant le long de nos frontières. L'OTAN teste délibérément notre force en envoyant des navires de guerre et des avions dans des zones à proximité immédiate de nos frontières, forçant la Russie à réagir. Cela dit, notre réponse est adéquate, proportionnée et sobre."

Concernant justement cette alliance militaire atlantique on peut observer dans son discours politique une ambiguïté très hypocrite :

Car si Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'OTAN a signifié lors de sa dernière rencontre avec le président ukrainien Zelensky que l'adhésion de l'Ukraine, qui nécessite le vote à l'unanimité des membres de l'organisation, n'est pas pour demain, il confirme cependant le processus de normalisation assisté des forces ukrainiennes et le partenariat en tant qu'alliés des forces de l'alliance.   

Dans le scénario d'un conflit russo-ukrainien, Jens Stoltenberg vient de déclarer que "l'Ukraine ne peut compter que sur le soutien des pays de l'OTAN, mais pas sur "des garanties de sécurité et de défense collective de l'Alliance". Autrement dit, tout soutien, politique, logistique voire militaire que des pays de l'OTAN pourraient engager auprès de l'Ukraine dans un éventuel conflit n'engage que leurs gouvernements mais en aucun cas l'alliance qui doit contractuellement et automatiquement entrer en guerre si l'un de ses membres est attaqué.

Donc si des unités de l'OTAN présentes en Ukraine se retrouvent sous le feu de l'armée russe dans des combats contre les ukrainiens, l'alliance militaire ne bougera pas, au pire participera t-elle indirectement à la poursuite de ses acheminements logistiques augmentés. 

Car ce qui intéresse les occidentaux c'est de bloquer totalement la Russie (swift, économie, diplomatie etc) sans se mouller directement, quitte à noyer leur clébard ukrainien enragé au passage dans un sacrifice contre les forces russes...

Erwan Castel

dimanche 2 mai 2021

2 civils grièvement blessés

SITREP du front du Donbass au 1er mai 2021

Aujourd'hui 1er mai 2021, outre le fait que les forces ukrainiennes comme à leur accoutumé continuent de violer en toute impunité le cessez le feu même durant cette trêve de Pâques, le front du Donbass a été marqué par l'explosion d'un couple de retraités sur une mine ukrainienne qui avait été dispersée par des lanceurs du génie de combat dans leur quartier résidentiel près de la mine Gagarine  (Ouest de Gorlovka). L'homme et la femme âgés de 67 et 65 ans ont du être amputés au niveau des membres inférieurs.
  

C'était il y a 7 ans... 

Alors que les combats avaient déjà commencé autour de Slaviansk au Nord de ce qui n'était encore que l'oblast (région) de Donetsk, des soudards nationalistes ukrainiens précédant les unités régulières de l' "Opération Spéciale Antiterroriste" lancée par le pasteur-président Turtchinov contre les russes du Donbass (15 avril) approchaient de Donetsk, où les manifestants pro-Maïdan venaient d'être chassés de la cité par ses habitants. 

A Krasnoarmeisk, rebaptisé aujourd'hui Pokrovsk par le régime de Kiev (50 km au Nord Est de Donetsk) a eu lieu le 1er mai 2014 l'attaque par des militants néo-nazis de Prayvi Sector d'un barrage de manifestants pro-russes. Quelques jours plus tard, toujours à Krasnoarmeisk, ces soudards déclencheront le 11 mai une nouvelle fusillade meurtrière pour empêcher la tenue du référendum populaire...

1er mai 2014, Prayvi Sector attaque un barrage de 
manifestants à Krasnoarmeisk

Sur le front du Donbass...

Aujourd'hui

1er mai 2021

💥 1er mai 21, 06h12: bombardement ukrainien au mortier du quartier de Volvo Center (Nord Donetsk) depuis Peski.  14 obus de 120mm et 6 obus de 82mm tirés.  

💥 1er mai 21, 06h35: bombardement ukrainien au mortier du village de Zheleznaïa Balka (Ouest Gorlovka) depuis Novgorod. 20 obus de 82mm tirés.

1er mai 21, au matin, tirs ukrainiens sur les villages de 
Trudovsky et Aleksandrovka, au Sud Ouest de Donetsk 

❗️ 1er mai 21, en matinée , 2 civils âgés, un homme et une femme, ont été grièvement blessés par un engin explosif alors qu'ils faisaient paître leur bétail dans une zone forestière en périphérie Ouest de Gorlovka, rue Yasnaya. Grigory K. 67 ans a dû subir une amputation d'un pied quant à son épouse Nataliza K. 65 ans elle a été amputée d'une jambe.

💥 1er mai 21, 17h52: bombardement ukrainien au mortier du village minier de Gagarine (Ouest Gorlovka) depuis Leninskoe. 10 obus de 82mm tirés. 

💥 1er mai 21, 18h30: bombardement ukrainien du village de Molodejnoe (front de Lugansk, secteur Stakhanov) depuis Katerinovka. 4 roquettes RPG et 24 grenades AGS tirées.

💥 1er mai 21, 20h42: bombardement ukrainien du village de Novo Tavria (front Sud de la RPD) depuis Vodyanoe. 24 grenades autopropulsées AGS tirées.

💥1er mai 21, 23h05: bombardement ukrainien du village de Donetskoe (Front de Lugansk, secteur Stakhanov) depuis Prichepilovka. 5 roquettes RPG tirées.

 Hier

30 avril 2021

SITREP du front de Donetsk au 30 avril 2021

💥 30 avril 21, 07h30: bombardement ukrainien du quartier de Zhabunki (Nord Donetsk) depuis Peski. 2 obus de SPG 9 (73mm) tirés.

💥30 avril 21, 08h03: bombardement ukrainien au mortier du village de Staromikhaïlovka (Ouest Donetsk) depuis Krasnogorovka: 12 obus de 82 mm tirés.

💥 30 avril 21, 10h30: bombardement ukrainien du village de Grigorovka (Sud RPD, front de Telmanovo) depuis Granitnoe. Tirs de mitrailleuse lourde et grenades à fusil.

💥 30 avril 21,  18h35 – bombardement ukrainien du village de Spartak (Nord Donetsk) depuis Peski. 40 obus de ZSU (23mm) et 6 grenades autopropulsées AGS (30mm)

💥 30 avril 21, 18h40: bombardement ukrainien au mortier des quartiers Nord et Nord Ouest de Donetsk. Des tirs de mortiers arrivent dans le quartier résidentiel Est d'Oktyabrsky.

❗️ Un enfant de 13 ans a été blessé dans le quartier 15 d'Oktyabrsky (District de Kievsky au Nord de Donetsk).

💥 30 avril 21, 20h00: bombardement ukrainien du village de Petrovskoe (AuFront Sud RPD, secteur Volnovakha) depuis Starohnativka. 6 roquettes RPG 7 tirées.


Du côté de l'OTAN...

Comme chaque jour depuis bientôt 2 mois, les aéronefs de reconnaissance de l'OTAN continuent de voler H24 le long des côtes russes et de la ligne de front du Donbass pour à la fois observer et tester les réactions d'interception électronique ou aérienne de la défense russe.

Ainsi par exemple :

1er mai 21, en matinée, missions de reconnaissance de l'OTAN le longs des 
régions russes de Crimée et Krasnodar avec 2 drones stratégiques RQ-4 
"Global Hawk" de l'US Air Force (indicatifs "Force 10" et "Gingr 68").

1er mai 21, en milieu de journée, les 2 drones "Global Hawk" étasuniens sont 
rejoint dans leur zone d'exploration par 1 Boeing P-8A "Poseidon" et 1 
Lockheed Martin MC-130J Super Hercules  (indicatif BADGR41).

1er mai 21, en réaction un avion de la défense russe Tupolev Tu-204-300 spécialisé
dans la guerre électronique décollant de la région de Krasnodar se dirige vers les fouineurs

1er mai 21, dans l'après midi les 2drones "Global Hawk" avant de s'en
retourner vers leur base de Sigonella en Sicile, ont rejoint l'espace
aérien ukrainien pour réaliser une mission d'observation de la 
ligne de front du Donbass mais aussi des régions russes limitrophes 
sachant que la portée des instruments électroniques est de 200 à 250 km.




2 articles intéressants sur le SWIFT : 

"arme de destruction massive ou monstre aux pieds d'argile ?" 


samedi 1 mai 2021

La ploutocratie bandit son épée de Damoclès !

 

Sur le front économique...

Les occidentaux par la voix mielleuse de leur contremaître bruxellois aux ordres de Washington viennent de menacer Moscou d'une déconnection du réseau SWIFT en cas d'action militaire russe en Ukraine.

Sur l'échiquier géostratégique post moderne la confrontation idéologique est devenue dans le jeu occidental un filigrane à peine visible et qui limite désormais le champ politique à des actions exclusivement économiques ou militaires, les généraux venant alors au secours des capitaines d'industries lorsque leur vampirisme capitaliste ne peut plus conquérir de nouveaux marchés, s'épuise ou est menacé par la concurrence.

Et si aujourd'hui, par ses dépendances internationales (notamment dans les énergies vitales) l'économie moderne est plus que jamais une cible facile pour affaiblir des puissances concurrentes, comme le montrent les blocus et sanctions économiques tissés atour de la Russie et de ses alliés, les systèmes de gestion internationaux financiers et bancaires tel que le SWIFT sont à l'arsenal économique ce que la bombe nucléaire est à l'arsenal militaire. 

En effet le système SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Télécommunication), est devenu depuis sa création en 1973 le 1er fournisseur mondial de services de messagerie financière sécurisés. Ce système financier mondial, présent dans plus de 200 pays et territoires dessert 11.000 institutions à travers le globe mais qui en retour dépendent complétement de son bon fonctionnement. Et même si le SWIFT est une entreprise privée, ce sont les occidentaux qui contrôlent cette clef de voute de l'économie internationale autant que des économies nationales (depuis le 11 sept au nom du "contrôle des opérations financières des organisations terroristes"), comme ils l'ont prouvé en faisant déconnecter l'Iran de ce système qui peut donc devenir une épée de Damoclès au dessus des pays non alignés.

Ce n'est pas la première fois que l'arme du SWIFT est pointée en direction de la Russie: 

  • en 2014 l'UE avait déjà usé de cette menace au lendemain du référendum de Crimée (résolution 2014/2841(RSP), en  proposant «d’envisager l’exclusion de la Russie de la coopération nucléaire civile et du système Swift» , 
  • n'en déplaise aux trumpinolâtres, leur idole étasunienne certes moins agressive que ses prédécesseur et successeur démocrates avait utilisé cette menace pour faire abandonner des entreprises coopérant au projet gazier russe "North Stream 2"
  • etc.

C'est exactement ce qu'à voulu faire comprendre à nouveau le Parlement européen ce 29 avril lorsque votant à la majorité la résolution «sur la Russie, le cas Alexeï Navalny, la concentration de troupes à la frontière ukrainienne et les attaques russes contre la République tchèque», il a envisagé entre autres nouvelles sanctions économiques de déconnecter la Russie du système de paiement SWIFT en cas d'action militaire russe en Ukraine. 

Le problème de cette arme de destruction massive économique qui est l'exemple paroxysmique d'une extraterritorialité étasunienne illégale et abusive, c'est qu'elle impacte également en retour et plus encore que les sanctions économiques "classiques" les pays qui l'emploient, pour exemple les pays européens qui ont du mettre en place une alternative au Swift pour protéger leurs échanges régionaux internes et internationaux avec l'Iran. 

Aujourd'hui nombre de pays dans le collimateur de l'impérialisme financier étasunien ont développé des systèmes alternatifs au SWIFT (Chine, Russie, Iran...), certes moins performants mais qui permettent déjà de contourner ce système corrompu par l'idéologie mondialiste et ainsi éviter l'asphyxie économique des pays comme celle de l'Irak qui a été mis à genoux par la guerre économique menée contre sa population avant de recevoir le coup de grâce de la coalition militaire occidentale.

La Russie a aussitôt réagi à cette menace en minimisant les effets d'une éventuelle déconnexion du SWIFT grâce aux alternatives mises en place par le gouvernement depuis la crise du rouble de 2014-2015. 

Certes mais l'impact sera quand même réel, n'en déplaise à la propagande moscovite qui aime dire dans un stoïcisme adressant aux yankees des "même pas mal !" "staloniens", surtout que la Russie accuse le coup des multiples sanctions subies depuis 2014 et au milieu d'une crise économique mondiale et que les menaces nouvelles ne concernent pas que le SWIFT mais aussi:

  • La mise à l’arrêt des importations de pétrole et de gaz russes,
  • le gel de «tous les avoirs dans l’Union européenne d’oligarques proches des autorités russes et de leurs familles» et l’annulation de leurs visas 
  • l'arrêt de la réalisation du gazoduc Nord Stream 2
  • ’arrêt de la construction de centrales nucléaires controversées par Rosatom...

Et les raisons de cette hystérie économique russophobe occidentale dépassent largement le dossier de la crise ukrainienne mais s'inscrivent bien dans une nouvelle guerre froide entre un monde unipolaire occidental et un monde multipolaire emmené par la Russie, la Chine l'Iran et nombre d'autres pays "non alignés" comme le sous entend clairement la résolution de l'UE du 29 avril lorsqu'elle souligne à son paragraphe "F":

"les pays occidentaux ont adopté plusieurs vagues de sanctions à l’encontre de la Russie, qui se sont traduites par des contre-sanctions russes en représailles; que cette spirale de sanctions n’a pas atteint son objectif, à savoir provoquer des changements politiques".

Personnellement, au vu du contexte particulier ukrainien, je considère que ces nouvelles sanctions économiques occidentales évoquées sont autant destinées à Moscou pour qui elles sont des menaces qu'à Kiev pour qui elles sont des garanties de soutien en cas de conflit militaire avec Moscou. Et le prétexte Navalny qui occupe obsessionnellement tout un ensemble de paragraphes soporifiques de la résolution n'est qu'un écran de fumée destiné à cacher l'objectif réel occidental : encourager l'Ukraine à attaquer le Donbass !

Pour cela j'apparente complétement cette résolution d'ordre économique de l'UE à celle, militaire, présentée par l'OTAN à ses "alliés non intégrés" ukrainiens début avril

Ainsi sans prendre part directement à un éventuel conflit russo-ukrainien les occidentaux garantissent à Kiev (en plus des aides politiques, financières, logistiques et de renseignement) de mettre en place:

  • Une zone d'exclusion aérienne au dessus de l'Ukraine pour circonscrire le conflit au Donbass et protéger ainsi l'acquis territorial de l'OTAN,
  • Une zone d'exclusion économique au dessus de la Russie si ses forces militaires se portent au secours des milices républicaines,
Pour conclure avec cette dimension économique de la guerre froide 2.0 entre Washington et Moscou je pense que les occidentaux, qui auront beaucoup plus à gagner qu'à perdre en cas d'aventure ukrainienne contre la Russie, disent à leur laquais kiévien : 

"vas y petit, il faut la mériter ta place dans l'OTAN et puis tu sais, on protège tes arrières ! ait confiaaaaaaaaaaance !"  

Erwan Castel