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vendredi 2 avril 2021

Pour la seule matinée du 2 avril

Sur le front du Donbass...

Ce matin du 2 avril 21, les forces armées ukrainiennes ont à nouveau bombardé la périphérie de Donetsk avec des mortiers. Voici pour exemple une matinée "banale" des civils vivant sur le front du Donbass:

  • 07h00: Le front au Nord et Nord Ouest de Donetsk se réveille !
  • 07h10: Un mortier automoteur "Nona" tire vers Spartak depuis Obitnoe. 5 obus de 120mm,
  • 07h18: Plusieurs salves d'artillerie frappent le secteur de Spartak, d'où s'élève une fumée noire, 
  • 07h20: Les habitants du Nord de Donetsk désertent les rues,
  • 07h23: Les tirs ukrainiens s'étendent à Oktyabrsky avec des mortiers de 120mm depuis  Peski
  • 07h39: Des mortiers ukrainiens bombardent Promka (front de Yasinovataya au Nord de Donetsk)
  • 07h45: Bombardement de Spartak et de l'aéroport de Donetsk...
Ailleurs, les quartiers périphériques en lisière Ouest de Donetsk ont également été la cible de tirs ukrainiens comme par exemple le village minier de Trudovsky (au Sud Ouest de Donetsk) bombardé avec des mortiers ukrainiens de 82mm depuis Marinka et où un hélicoptère ukrainien aurait même été repéré aux premières heures du jour sur ce secteur du front. 

2 avril 21, à l'issue d'un bombardement matinal ukrainien
une fumée d'incendie s'élève du village de Trudovsky
  • 09h20: Bombardement ukrainien au mortier lourd du village de Spartak depuis Obitnoe. 6 obus de 120mm tirés. 
  • 10h15: Bombardement du village de Staromikhailovka par un BMP 1 ukrainien positionné à Krasnogorovka. 10 obus de 73mm tirés,
  • 10h30: Bombardement ukrainien au mortier lourd du quartier d'Oktyabrsky depuis Obitnoe. 7 obus de 120mm tirés,
  • 12h40: Bombardement ukrainien au mortier lourd du village de Spartak depuis Obitnoe. 15 obus de 120mm tirés. 
Selon les premières observations, les tirs de mortier ukrainien de 120mm réalisés ce matin du 2 avril 21
sur les quartiers au Nord de Donetsk sont le fait de 2 équipes mobiles se relayant sur des tirs d'une dizaine
d'obus en moyenne puis se déplaçant ailleurs pour mieux échapper aux tirs de contre-batteries éventuels.


Dans Donetsk, depuis le district de Kuybichevsky, les tirs 
ukrainiens frappant le quartier d'Oktyabrsky sont audibles.

Et ainsi de suite comme chaque jour de ce front du Donbass où les détonations ont remplacé le tic tac des horloges d'un temps qui depuis 7 ans semble s'être figé dans une terreur ukrainienne environnante et devenue banale...

Du côté ukrainien...

Dans les articles précédents je publie depuis 1 mois les observations de convois ukrainiens en mouvement vers le front du Donbass et qui représentent aujourd'hui des renforts d'une importance jamais atteinte depuis le début de la guerre, auxquels il faut rajouter la multiplication à l'arrière des dépôts de munitions et carburant ainsi que des hôpitaux de campagnes qui sont des indices significatifs de la préparation d'une offensive dans le Donbass par les forces de Kiev.

Parallèlement à des efforts diplomatiques pour tenter de calmer le jeu belliqueux de Zelensky, Moscou a décidé à son tour de réaliser près des frontières ukrainiennes un déploiement dissuasif de centaines d'unités d'assaut et d'artillerie tandis que politiquement le Kremlin confirme que son armée interviendra en cas d'offensive ukrainienne dans le Donbass.

Mais cette stratégie dissuasive russe, pour le moment n'a pas porté ses fruits, au contraire :

  • Les forces ukrainiennes continuent d'accumuler des moyens offensifs sur le front du Donbass sur fond de discours militaro-politiques de plus en plus belliqueux.

2 avril 2021, A Slaviansk (100 km au Nord de Donetsk) des 
convois ferroviaires et routiers de l'armée ukrainienne continuent 
à acheminer vers le front du Donbass de nouvelles brigades 
d'assaut blindées (ici des chars) et leurs ravitaillements..

Du côté de l'OTAN...

Comme d'habitude depuis 1 mois, les ressources de renseignement aéroportés de l'OTAN, avions ou drones stratégiques spécialisés dans la guerre électronique moderne continuent leur surveillance H24 des frontières russes et de la ligne de front du Donbass.

2 avril 21. Un drone stratégique RQ-4 "Global Hawk" de l'Us Air Force vers une
nouvelle mission d'observation de la Mer Noire et de la péninsule de Crimée.



Du côté de la Russie...

Donc, dans une logique infernale mais légitime, les forces russes poursuivent leur déploiement défensif dans lequel une force de frappe aérienne importante d'hélicoptères antichars s'est déployée à proximité du Donbass :

2 avril 21, près de la frontière entre la Russie et les
républiques du Donbass des escadrilles aériennes 
dotées d'hélicoptères d'attaque modernes K52 et
MI 28 se déploient dans la région de Rostov / Don.

Plus au Nord, des mouvements d'unités militaires vers les
frontières entre l'Ukraine et le Belarus ont été observés 
dans le secteur de Tchernigov, cette fois appartenant au 
contingent du maintien de la paix russo- belarusse.

Pour résumer, si Kiev décide dans une folie suicidaire de lancer une offensive majeure contre les populations du Donbass, son armée risque de se retrouver entre des contre-offensives russes en provenance de Rostov, de Crimée tandis que les autres frontières avec la Fédération seront protégées par des renforts défensifs importants.  

L'Ukraine est plus que jamais un baril de poudre placé au coeur de l'Europe, dont le détonateur est le Donbass et la mise à feu se trouve à Washington. Une situation militaire qui rétrospectivement fait passer la crise des missiles de Cuba comme une promenade santé entre le Kremlin et la Maison Blanche.

Ce volcan que les officines occidentales ont fait naître sur le Maidan il y a 7 ans, et dont les laves incendient depuis le Donbass et intoxiquent les relations internationales, risque aujourd'hui tout simplement d'exploser à la gueule des européens dont le réveil risque d'être douloureux !

Erwan Castel


samedi 27 mars 2021

Chasseurs bombardiers français aux portes de la Russie ?

Voilà avec quel genre de cadeau à l'Ukraine la France compte garantir la Paix dans le Donbass !

Dans la gestion de la gravissime crise ukrainienne menaçant une Europe déjà fortement fragilisée, il parait que la France est signataire "garant des accords de paix" signés à Minsk il y a 6 ans, ce qui apparaît aujourd'hui comme un nouveau foutage de gueule de cet Etat français qui depuis 50 ans n'est plus qu'un rouage du diktat de la marchandise.

Car Paris, ce nouveau porte valise de la ploutocratie mondialiste depuis Pompidou, confirme également en Ukraine que le "pays des droits de l'Homme" est devenu un porte flingue zélé de l'OTAN en Afrique, au Levant et même en Europe, en fournissant dans le sillage de Washington de plus en plus de matériels et d'armement à la junte ukrainienne bombardant les populations de Donetsk et Lugansk.

Ainsi observe t-on depuis que Macron "est aux affaires" que la France s'est engagée dans une collaboration militaire de plus en plus meurtrière avec la junte de Kiev dans le cadre de la guerre du Donbass : 

Ainsi ont été notifiés ici parmi les soutiens français au génocide du Donbass connus du grand public :

Maintenant Macron, dans un mépris total de l'engagement de la France en faveur de la paix dans le Donbass, monte d'un cran en s'apprêtant à fournir aux génocidaires ukrainiens des avions de combat "Rafale" produits par la firme Dassault.

Dans la politique de modernisation de l'armée ukrainienne, le renouvellement de sa flotte aérienne datant de l'ère soviétique est devenue une priorité soulignée par les pertes subies lors des premiers affrontements contre les milices du Donbass en 2014. Aussi le Président ukrainien Zelensky a-t-il lancé un appel d'offre entre Paris et Washington pour remplacer ses vieux chasseurs soviétiques Mig 29 et Sukhoï 27 par des chasseurs de combat lourds et polyvalents.

Et dans la compétition entre le FA-18 étasunien Super Hornet de Boeing et le Rafale français de Dassault, ce dernier a de grandes chances de décrocher le contrat commercial pas tant pour ses performances mais pour ses appuis au sein du gouvernement ukrainien, en particulier celui de Arsen Avakov, l'homme fort du régime et connu pour être un lobbyiste français et surtout du financement proposé par Paris, en effet  : 

"L'Ukraine étant à court d'argent, l'accord Rafale, comme les autres contrats de défense français en Ukraine, serait garanti à 85% par la France. Le ministère français des Finances a déjà alloué 1,5 milliard d'euros à cette fin."

Le plan de modernisation de la flotte de combat aérienne ukrainienne comporte 2 phases: 

  • Une première phase préparatoire (qui durera jusqu'en 2025), à partir de l'appel d'offres un appel d'offres en 2021-2022 et un contrat signé pour l'achat d'un chasseur multi-rôle par l'Ukraine, pour un premier lot de 6 à 12 aéronefs au total, en 2023-2025 avec les essais ainsi que la formation du personnel.
  • Une deuxième étape, à mettre en œuvre avant 2030 est la transition de l'aviation tactique ukrainienne, avec plusieurs lots successifs  de 8 à 12 chasseurs polyvalents jusqu'à un parc total de 30 à 36 véhicules. L'objectif est de doter l'armée de l'air ukrainienne de 2 brigades d’aviation tactique modernes.

Préparant la toute prochaine visite à Kiev du représentant de commerce Macron avec le dossier des Rafales sous le bras, le gouvernement français a déjà approuvé la mise en œuvre d'emprunts publics de 116 millions d'euros pour la fabrication et le soutien technique des patrouilleurs maritimes FPB 98 destinés à l'Ukraine, contrat acté en novembre 2019 et qui sera réalisé par le chantier naval OCEA Group.

En ce qui concerne les "Rafales" il faut rappeler à leur désavantage que c'est le chasseur le plus cher d'Europe. En 2016, l'Inde a signé un contrat d'achat de 36 "Rafales" pour 7,87 milliards d'euros (240 millions de dollars l'unité). L'année dernière, l'Inde a déclaré que le contrat d'achat d'avions de chasse français était «la plus grande escroquerie de défense de l'histoire». Les caractéristiques du "Rafale" sont en effet médiocres. La vitesse maximale est de Mach 1,8, et à basse altitude, de Mach 1,1; le rayon de braquage est considérable et la maniabilité est très moyenne. Pour comparaison, le MiG 35 qui est considéré comme super manœuvrable et mieux armé, vole à Mach 2,1 et coûte 5 fois moins cher que son concurrent français. 

Quel que soit le vainqueur de ce contrat d'armement aérien, il amènera des chasseurs bombardiers modernes occidentaux directement sur les frontières russes, ce que Moscou ne devrait pas voir d'un bon œil, et si c'est Paris qui l'emporte comme cela semble se profiler, alors les contribuables français auront financé (à 85%) et sans broncher, une arme de destruction massive donnée à des fous furieux... et ce ne sera pas ni la première fois ni la dernière fois malheureusement !

Erwan Castel

Article référence :

Avia