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mardi 30 octobre 2018

Au revoir Mourka !

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Aujourd'hui ma calame est lourde de tristesse, car la petite Mourka, cette féline aux poils ébouriffés et à la tendresse illimitée est partie rejoindre des prairies éternelles... 

Si les chats ont toujours étaient présents dans toutes les étapes de mon nomadisme physique et intellectuel, j'avoue que cette chatte tricolore recueillie au milieu des ruines de Promka était devenue au fil des missions sur le front beaucoup plus qu'un simple animal de compagnie. 


Mardi 30 octobre 2018

20 octobre 2017, 1ère rencontre
Ce fut d'abord une visiteuse fugace, rencontrée pour la première fois mi octobre 2017 bondissant entre les pierres et les ferrailles tordues de "Forteruine" pour se caler devant un trou de rongeur, immobile pendant des heures dans le froid ou le vent. 

Petit à petit les gamelles partagées, et le feu repoussant l'haleine hivernale allait l'inviter a intégrer le groupe qui immédiatement a pris en affection cette petite boule de poils ronronnante qu'un bombardement de mortier ukrainien avait choquée et rendu sourde.


Décembre 2017 au poste de garde 
Rapidement Mourka m'adopte et m'accompagne jour et nuit pour des échange des chaleurs au cœur de l'hiver, et à chaque nouvelle rotation elle apparaît au bout de quelques heures sentant mon retour sur Forteruine, m'accueillant et me pressant de ronronnements sans fin. Pendant les gardes glaciales Mourka aimait à se glisser dans ma veste pour rapidement et des rêves toujours que la guerre agitait .

Mais à la fin de l'hiver 2017-*2018, Mourka qui survit au rythme des rotations dans la précarité est malade, et je la retrouve plusieurs fois amaigrie et amorphe.

2 avril 2018, départ vers la base
En avril 2018, nous décidons de ramener la petite protégée vers les lieux plus confortables et sereins de la caserne. Après une période d'adaptation et de soins, Mourka prend possession de son nouveau domaine, adoptée par les soldats qui lui témoignent de leur affection a force caresses et restes de repas. anges et des dieux

Le poil redevenu luisant, et le ventre rassassié, Mourka reprend ses habitudes de chasse dans l'immense parc entourant les bâtiments de la base de Piatnashka. 



Mai 2018, en chasse dans le parc 
Cette petite princesse n'aura certes pas eu la vie qu'elle méritait, bousculée par les orages d'acier des hommes, Mais cette survivante du champ de bataille aura je pense vécue sa dernière année heureuse au milieu de l'affection des soldats la compagnie des nombreux autres chats et les chants parfois effrayés des oiseaux peuplant notre base. 

Un pauvre chien aura profité de la surdité de Mourka pour la surprendre et la faire partir vers d'autres horizons où je suis sûr qu'elle peut entendre désormais les âmes des anges et des dieux.


Mourka restera certainement présente dans mon regard et mes pensées observant cette guerre sans fin, incarnant par son innocence et sa liberté blessées cette vie sacrée martyrisée par la folie des hommes. 

Au revoir, petite princesse...

Mourka au milieu des ruines de Promka fin octobre 2017

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

jeudi 20 septembre 2018

Promka, Saison 1 épisode 24

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Danse des tranchées, en pelle de mineur jouée par "Jek"
Au sein de notre compagnie, nous enchaînons les rotations sur Promka en s'adaptant aux services congés, départs ou formations des uns et des autres et il est fréquent de voir de nouvelles têtes venir compléter le groupe ou d'être soi même mis en renfort d'un autre groupe. Ainsi depuis 2 rotations je suis dans le groupe de "Snek"  composé majoritairement de jeunes volontaires du Donbass et de Russie.


Jeudi 20 septembre 2018

Depuis ce matin nous sommes retournés sur le front de Yasinovataya, au Nord de Donetsk pour une nouvelle mission dans la zone de Promka.

Le silence domine encore ce secteur du front, laissant dans les bruissements des feuilles volées par le vent la Nature opérer tranquillement sa métamorphose automnale.

J'ai ramené avec moi un chaton coopté par Mourka à la caserne et qui va la remplacer dans "Forteruine" en prévision de la saison froide et de son inévitable invasion de souris et de rats. Pour le moment celui que j'ai appelé "Blin" n'est qu'une petite boume de poils ronronnante mais je fonde beaucoup d'espoir sur son potentiel de chasseur et commence dès notre arrivée son entrainement avec des noix ramassées en chemin.

Le chaton et la noix... fable en cours

C'est la saison des contrastes où les premières nuits fraîches succèdent aux dernières journées chaudes de l'été. et les dernières grappes de raisins se cachent dans les vignes effondrées des jardins bombardés, tandis que les noix commencent à s'ouvrir devant nos appétits gourmets. 

Au point d'eau qui dessert toutes les positions du secteur, l'été floral fait de la résistance
Entre deux postes de garde aux murailles de "Forteruine", nous continuons à améliorer nos tranchées, les peaufinant les parapets avec des longs de sapin en prévision de la prochaine saison neigeuse et boueuse.

Tranchée "customisée" avec parements et abris
A la tombée de la nuit, au dessus des chants batraciens indifférents jaillissant de la proche carrière inondée, des tirs ukrainiens épars nous rappellent que la guerre continue survivante infernale au milieu de la ronde des saisons...

Erwan Castel


Une autre montage photo de l'ami Robin, cette fois avec Mourka...
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jeudi 28 juin 2018

Photo du 28 juin

Suite de la nouvelle rubrique "Photo du jour" de mon journal du front, choix d'une photo illustrant la journée, un moment fort vécu ou une esthétique ressentie ... 

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Retour ce jeudi 28 juin 2018 vers Donetsk pour quelques jours de repos en caserne et à la maison. A notre arrivée Mourka nous accueille avec des ronronnements forts, réclamant une semaine de caresses en retard. De nouveaux visages apparaissent ici et là attestant que la dynamique du volontariat pour le Donbass est toujours vive.

La caserne est écrasée par une chaleur estivale poussant à l'issue des nettoyages de l'armement et du matériel les hommes fatigués vers des sommeils récupérateurs.

De mon côté avec mon ordinateur portable, j'ouvre cette petite fenêtre virtuelle sur le monde, observant les secousses de la tectonique géopolitique, essayant de répondre aux nombreux messages, et aussi de m'évader en musique avec des musiques scandinaves et celtiques rappelant les racines européennes prè-chrétiennes pour lesquelles je me bats et qui ressourcent mon mon cœur.

La nuit, le sommeil, redevenu léger après la récupération du corps, est interrompu par les détonations sourdes de l'artillerie qui zèbrent l'horizon Nord de flashs anarchiques aux couleurs étranges, parfois tirant sur le violet. 

La guerre, elle, ne se repose jamais et nous appelle sans cesse à venir danser avec la Mort au bal de la Liberté des peuples...

Erwan Castel

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Un exemple de musique scandinave que j'affectionne 
et mets en fond sonore quand je travaille, lis ou me repose



jeudi 21 juin 2018

Entre les feux de Mars et ceux de Kupala

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Depuis cette semaine, le niveau d'alerte à encore augmenté sur la première ligne du front mais également à l'arrière et jusque dans le cœur de la cité de Donetsk où notre brigade s'est vu confié des missions de surveillance, patrouilles et contrôles pendant la nuit.

Peu de place pour le repos donc, entre les services, le front, les patrouilles , les entraînements etc. 

Car la guerre continue et commande aux hommes...



Jeudi 21 juin 2018

Après avoir été brièvement la veille sur nos potions pour accompagner une équipe de reporters russes venus faire un documentaire sur la Brigade Piatnashka et "Mamaï", son chef tué au combat le 17 mai dernier, nous sommes à nouveau déployés depuis ce matin sur nos positions enterrées entre Yasinovataya et Avdeevka, au Nord de Donetsk.

En débarquant  du véhicule,  mous sommes accueillis par des détonations environnantes et qui semble nous inviter à remonter leurs trajectoires  jusqu'à la première ligne


Après un cheminement dans les boyaux du labyrinthe enterré depuis plus d'un an entre le remblais de la route Donetsk-Gorlovka et nos avant postes dans les ruines de la zone industrielle de Promka, l'unité se sépare sur les 2 positions jumelles tenues par la Brigade dans ce secteur.

Les snipers ennemis font toujours entendre les claquements secs de leurs armes. La veille "Donskoï", un camarade d'un bataillon avec nous tenons ensemble la position voisine a été sérieusement blessé le 30 juin à 19h30 à la joue gauche par le tir d'un sniper ennemi alors qu'il observait depuis sa tranchée et avec un périscope ! Hospitalisé immédiatement sur Donetsk, son pronostic vital est engagé.

Immédiatement, tandis que les groupes des barbus disparaissent à leur tour dans les tranchées et le chemin du repos, ceux qui sont rasés de près se dirigent vers leurs postes, les uns aux créneaux et meutrières du combat, les autres aux tranchées et corvées de la vie quotidienne sur le front.


Le soleil quant à lui, indifférent aux tribulations dramatiques des insectes humains, poursuit l'ascension de son orbe souveraine qui aujourd'hui est au faîte solsticial de sa puissance avant d'entamer un nouveau et lent déclin vers son pôle jumeau et hivernal.

Cette année encore les feux de la guerre se mêleront aux feux de Litha ou Kopala et ils nourrir ont ensemble le feu de l'âme qui invite le soldat à défendre la liberté cette flamme qui éclaire les chemins des rebelles.


Erwan Castel

Avant ce nouveau  départ vers le front avec Mourka - photo Kristina Meliknova.


Publié sur FB ce 21 juin 2018

NOURRIR LE FEU DE SON ÂME 

Cette année le grand solstice coïncide exactement avec les "feux de la Saint Jean", cette tentative de christianiser cette célébration païenne des cycles de la Vie.

Dans toute l'Europe les peuples expriment, durant cet événement solaire entre semailles et moissons une appartenance civilisationnelle partagée. Les feux s'allument de colline en montagne tandis que dévalant les pentes, les roues enflammées invitent les communautés à danser et célébrer la Vie et la fertilité. 

Cette année encore pour moi les feux de Litha, Kupala... vont se mêler à ceux de la guerre qui a leur manière les défendent également et nourrissent avec eux le feu de l'âme. 

Erwan

Philippe Conrad, mieux que moi décrit le sens de cette Tradition intemporelle et immortelle.

LE SENS DE LA FÊTE:

"L'homme moderne a perdu le sens de la fête. Arraché à son environnement géographique et humain, isolé au milieu des villes "anorganiques", il a oublié ses origines et ne connaît plus rien de ces fêtes que pouvaient produire les communautés de jadis.

Au détriment des traditions acestrales, généralement transformées et figées en "folklore", s'est imposée la fête foraine, c'est-à-dire la fête artificielle et étrangère. Au rythme régulier des fêtes saisonnières qui accordaient l'homme à son milieu naturel, s'est substitué le hoquet des musiques exotiques. Les hystrions de la radio et de la télévision ont remplacé les grands créateurs du passé. Aujourd'hui nombreux sont ceux qui doivent subir les divertissements factices qu'impose le conformisme ambiant. Le succès du "folksong", c'est-à-dire du chant populaire, s'explique en partie par le désir confus d'une certaine jeunesse d'échapper à l'ahurissement et de renouer avec les grandes liturgies collectives d'autrefois.

Célébrer le solstice d'été, c'est avant tout renouer avec une fête ancestrale et plusieurs fois millénaire. Mais il ne s'agit pas de procéder à la façon des archéologues et des ethnographes. Cette célébration n'est pas une reconstitution. Elle doit être vivante et joyeuse, en harmonie avec le temps présent.

Renouer, c'est retrouver le fil perdu. C'est revenir aux sources de notre communauté de culture et de civilisation. À cet égard, le solstice d'été possède une valeur exemplaire. Durant plusieurs siècles, il a subi une tentative d'étouffement de la part du christianisme, puis il a été toléré sous la forme des fêtes de la Saint-Jean. Pourtant, un peu partout, sur les terres d'Europe, les feux solsticiaux se maintiennent et renaissent, témoignant de l'attachement de nos peuples à une certaine conception du monde. La fête solaire réinsère l'homme dans son cadre cosmique. Renouer avec cette fête de la plus vieille Europe, c'est affirmer notre fidélité à l'héritage ancestral et par lá-même à notre identi

Célébrer le solstice d'été, c'est avant tout renouer avec une fête ancestrale et plusieurs fois millénaire. Mais il ne s'agit pas de procéder à la façon des archéologues et des ethnographes. Cette célébration n'est pas une reconstitution. Elle doit être vivante et joyeuse, en harmonie avec le temps présent. 

Renouer, c'est retrouver le fil perdu. C'est revenir aux sources de notre communauté de culture et de civilisation. À cet égard, le solstice d'été possède une valeur exemplaire. Durant plusieurs siècles, il a subi une tentative d'étouffement de la part du christianisme, puis il a été toléré sous la forme des fêtes de la Saint-Jean. Pourtant, un peu partout, sur les terres d'Europe, les feux solsticiaux se maintiennent et renaissent, témoignant de l'attachement de nos peuples à une certaine conception du monde. La fête solaire réinsère l'homme dans son cadre cosmique. Renouer avec cette fête de la plus vieille Europe, c'est affirmer notre fidélité à l'héritage ancestral et par lá-même à notre identité".



Philippe Conrad


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jeudi 24 mai 2018

Retour sur Promka

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Le mois de juin arrive avec sa coupe du Monde déjà occultée par toutes les menaces pesant sur une paix déjà très fragilisée à Piatnashka alors que le deuil de notre chef de bataillon étreint encore les conversation et l'ambiance, nous repartons vers une nouvelle rotation vers le front de Yasinovataya au Nord de Donetsk o es pressions offensives des ukrops sont de pus en plus agressives.


Jeudi 24 mai 2018

Aujourd'hui nous sommes répartis pour une nouvelle rotation sur le front de Promka, entre Yasinovataya et Avdeevka (Nord de Donetsk) sous un soleil gaillard.

Pour celles et ceux qui me demandent des nouvelles de Mourka, sachez que la mendiante maigrelette qui courrait de trous d'obus en tranchées pour trouver sa pitance dans les généreuses casemates est devenue une princesse rondouillarde et joueuse qui a établi ses quartiers dans les dortoirs de la compagnie, y installant ses habitudes au milieu des rotations qui s'enchaînent autour d'elle.

Sur les positions que nous tenons et qui chaque jour continuent à se fortifier davantage, nous avons retrouvé les travaux dans les tranchées et les veilles aux postes de combat où les souvenirs des morsures du gel hivernal ont laissé la place à la pesanteur des chaleurs estivales, tandis qu'a l'extérieur une végétation basse mais combative recouvre les trous d'obus et débris divers et épars de notre paysage lunaire.

Erwan Castel


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mardi 8 mai 2018

"Défenseur de la Novorossiya"

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A tous mes camarades de combat disparus

En compagnie de Mourka dans le parc de la caserne de la brigade Piantashka
Lors d'un rassemblement réalisé en l'honneur de la célébration de la Victoire le commandement de la brigade Piatnashka a réalisé une remise de galons et de médailles. 


Mardi 8 mai 2018

Présent depuis 38 mois à Donetsk, dont 26 passés sous les drapeaux de la République Populaire de Donetsk, je me suis engagé aux côtés de la population du Donbass tant sur le front de l'information (commencé dès novembre 2013 quand j'étais encore en Guyane) que sur le front militaire ou celui de l'aide humanitaire. 

Venu dans le Donbass pour servir et non me servir j'ai toujours refusé ambition et honneurs jusqu'à cette année, où j'ai finalement accepté une proposition de décoration après avoir refusé les deux premières, en 2015 et 2017. 

Pourquoi ce changement ?

Cette aventure multiple m'a apporté énormément d'expérience, de bonheur du côté du monde russe mais aussi de beaucoup de déceptions et de désillusions concernant la mentalité française de la la majorité des français venus dans le Donbass et qui se sont révélés n'être que des échoués rivalisant dans un concours de misérabilisme pathétique. Pervers narcissiques comme Laurent B., crapules de seconde zone comme Eric B. courtisans à breloques comme Christelle N., alccoliques aigris comme Catherien B., ou nazillons mythomanes comme Guillaume C. mais tous animés par une débilité paranoïaque et une jalousie agressive les conduisant à se répandre en calomnies nuisibles de tous genres.

Le pire dans cette réalité est que les plus viles attaques subies viennent de ces français autoproclamés nationalistes et prorusses fantasmés et qui ne sont venus dans le Donbass que pour faire pousser sur la souffrance de la population les épines d'un égotisme psychotique et nuisible surtout à la cause défendue ici.

Voilà pourquoi j'ai finalement accepté de recevoir cette première reconnaissance officielle des autorités, pour clouer le bec à ces faquins et couards qui m'accusent d'être un espion, déserteur, voleur etc... (mais toujours par idiots utiles interposés) et tentent depuis 3 ans de saboter mes réseaux de soutien, mes vecteurs de communication et mes moyens de survie financière. La plupart de ces insectes nuisibles, misérables vautours et parasites venus profiter de la guerre ont aujourd'hui quitté le Donbass comme des voleurs qu'ils sont... mais ils ne perdent rien pour attendre !

A l'affût au milieu des ruines d'un bâtiment industriel sur le front de Yasinovataya.
 "Le moment le plus excitant à la guerre c'est de voir l'adversaire tout près devant soi. Dans chacune des ses fibres, le soldat n'est plus alors qu'énergie tendue par la passion de la chasse." Ernst Jünger 

Aujourd'hui, je suis déployé sur le front sensible et difficile de Promka, entre Yasinovataya (RPD) et Avdeevka (zone occupée par Kiev), au Nord de Donetsk. Qualifié "sniper" je suis désormais engagé dans des missions de neutralisation pour tenter de diminuer la pression offensive exercée contre nous par l'artillerie de première ligne ennemie (mortiers, canon sans recul sapog notamment) et les tireurs d'élite ukrainiens très actifs dans notre secteur.

J'ai conscience que ma contribution sur ce front est infime pour ne pas dire insignifiante mais c'est le devoir du soldat que de donner le meilleur de lui-même pour accomplir son travail dans son petit secteur d'observation, sans se soucier d'autre chose que de sa mission, de la destruction de l'ennemi et de la protection de ses camarades et de lui même. 

Dans cette aventure au service de la Liberté du Donbass, même si les motivations personnelles, l'éducation, les formations et l'analyse géopolitique offrent une conscience globale à mon engagement, je ne suis finalement qu'un simple maillon d'une immense chaîne de résistance authentique qui, loin des alcôves ministérielles ou des plateaux médiatiques, permet aux portes des cités républicaines de ne pas céder aux pressions de l'armée ukrainienne.

C'est pourquoi ce petit bout de métal, si je l'ai aussi accepté, c'est pour le dédier à tous mes camarades d'hier et d'aujourd'hui qui, participant à cette résistance contre les canons de la dictature de la marchandise ont tout abandonné pour servir la Novorossiya, en particulier à ceux qui ont disparus à l'horizon, emportés par une balle, un éclat d'obus ou une mine et tous ceux qui sont repartis chez eux blessés par l'acier et l'ingratitude après avoir servi avec honneur sur le front. 

En continuant aujourd'hui, contre vents et marées, le chemin sur lequel je me suis engagé j'espère également leur faire honneur en conservant vive la flamme qui nous a réuni.

Erwan Castel


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vendredi 20 avril 2018

Repos au son du canon

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De gauche à droite, au premier rang : "Fila", "Tchornei", "Sidor", "Rambo", Ramses" et "Rex". 
Au deuxième rang : "Zakhar",  "Zaets", "Sneg", Philippe, "SKS", Sébastien, "Snak", mézigue, et "Sultan".

Depuis hier je suis de retour à Donetsk pour un repos de 2 jours mais dans une atmosphère toujours remplie par les bruis de la guerre, surtout dans le quartier d'Oktyabrsky redevenu dans sa profondeur une zone militaire active et aux lisières duquel les pilonnages de l'artillerie ukrainienne ont recommencé de plus belle.


Vendredi 20 avril 2018

Hier, sur le front de Promka la relève des groupes a été réalisée tandis que tonnaient les armes ukrainiennes entre les positions. A notre retour à la caserne après une ruée vers les douches, le nettoyage des armes et les retrouvailles avec Mourka la féline mascotte de l'unité, nous avons été invité par l'Etat major du régiment a un concert clôturant le deuxième anniversaire de la création du Régiment des forces spéciales de Donetsk qui a réuni plusieurs unités issues des premières milices de la République Populaire de Donetsk et qui forment aujourd'hui 4 bataillons déployés aux avants postes du front.


A l'issue de cet interlude réalisé au centre culturel slave, retour au train train militaire, des rapports de mission et des vérifications de matériels avant un départ vers Oktyabrsky rythmé par les détonations de l'artillerie ukrainienne pilonnant la ligne de front située aux lisières de ce quartier Nord de Donetsk à nouveau ceinturé par une ceinture de "blokposts" et sillonné par des patrouilles armées. 

Depuis le nouveau bombardement de l'usine de traitement et distribution d'eau potable située entre Yasinovataya et Avdeevka, la distribution d'eau est coupée dans le quartier suite à la fermeture de la station de filtration, jusqu'au milieu de la nuit des tirs de mortiers ukrainiens ont secoué le quartier prolongeant dans l'intimité du repos l'ambiance d'une guerre qui inquiète de plus en plus la population dont les informations familiales, recueillies de l'autre coté de la ligne de front, en territoire occupé par l'armée ukrainienne, confirment la haute probabilité d'opérations offensives prochainement.

Ces bombardements ukrainiens sont aujourd'hui généralisés sur toute la ligne de front et particulièrement dans les "zones de contact" où les lignes sont très rapprochés. Kominternovo dans le Sud, Dokuchaievsk au Sud de Donetsk, Trudovsky à l'Ouest, l'aéroport au Nord, Yasinovataya bien sûr, mais aussi Zaitsevo au Nord de Gorlovka ou le secteur de Debalsevo sont à nouveau sous les orages d'acier de Kiev.

Quartier de Trudovsky à l'Ouest de Donetsk 19 avril 2018 

Dans le secteur Nord de Donetsk où je réside, le 19 avril en soirée, les tirs de l'artillerie qui ont commencé sur le secteur de Spartak (à l'Est de l'aéroport) vers 20h00 se sont étendus sur toute la lisière Nord d'Oktyabrsky et vers 21h00 ont été amplifiés par des échanges importants de tirs d'infanterie au niveau des ruines de la zone aéroportuaire située à 500 mètres de la maison. 

Les rapports militaires du matin ainsi que ceux des organismes observateurs du "cessez le feu" normalement en vigueur sur la ligne de front font état de plus de 1000 munitions tirées dans la journée d'hier sur le territoire des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk.

Retrouvailles avec Mourka dans un concert de ronrons et un festival de câlins
Ce matin à l'aube le canon réveil s'est chargé de réveiller la maisonnée sous un ciel froid aux nuages lourds d'une pluie fine.

Aujourd'hui, réparation sous un temps pluvieux, de la toiture crevée par des schrapnels il y a 10 jours, et surtout retrouvailles autour d'attentions familiales et d'un bon repas loin des lassantes boites de kacha et touchonka du front.

Bientôt la fin du mois d'avril et également celle de l' "Opération spéciale Antiterroriste" lancé il y a 4 ans par les putschistes du Maïdan dirigés par le pasteur sanguinaire Tourtchinov. Mais pour autant, la fin de cette campagne militaire ukrainienne criminelle lancée contre les populations russophones du pays n'est pas pour rassurer la population des Républiques séparatistes de Donetsk et Lugansk, car elle doit être remplacée début mai par la mise en oeuvre de l'application de cette "loi pour la réintégration du Donbass" votée il y a 3 mois à Kiev et qui ouvre la voie juridique, politique et militaire à une offensive contre le Donbass à dimension régionale car la Russie y est l'ennemi officiellement désigné.

Erwan Castel

Les sourires et les fatigues de retour du front de Promka
Soins attentionnés pour les 2 compagnes attachantes du front 

La "troika des fransous" de Piatnashka

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samedi 7 avril 2018

Célébrer la Vie, d'Ostara à Pâques !

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Je souhaite à mes frères païens et mes amis chrétiens la meilleure célébration possible de cette période honorant, depuis que les Hommes interrogent les étoiles, le retour du printemps et la résurrection de la vie.

Pour illustrer cette période symbolique importante et adresser mes pensées à Freyja, j'ai choisi Mourka la petite protégée de Promka qui incarne aussi cette force vitale qui triomphe même de la guerre et de ses orages d'acier. Cette petite chatte tricolore est devenue depuis 5 mois, une véritable star depuis qu'elle apparaît régulièrement dans l'actualité du front diffusée sur les réseaux.


Samedi 7 avril 2018

Aujourd'hui Mourka, recueillie sourde et famélique au milieu des ruines bombardées a "repris du poil de la bête" ( et du poids) et prodigue envers les soldats de l'unité autant de ronrons qu'elle reçoit d'attentions.

Sinon, les missions s'enchaînent de plus en plus sur une première ligne soumise à une pression de plus en plus meurtrière de la part des snipers ukrainiens. Ce matin une femme civile de 54 ans a été blessée à Elenovka (au Sud de Donetsk) et un soldat à nouveau tué sur notre secteur d'Avdeevka.

Pour les soldats, célébrer la Vie, d'Ostara à Pâques, de janvier à décembre et de Novoazovsk à Lugansk, c'est d'abord s'efforcer de la défendre en acceptant de danser avec la Mort...

Erwan Castel

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mardi 3 avril 2018

Repos à Oktyabrsky

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Avec ma petite protégée, Mourka
Retour au Nord de Donetsk, fatigué par une semaine d'un front toujours soumis aux tirs ukrainiens et à une humidité froide qui entretiennent tension insomniaque et toux hivernale...

J'emmène avec moi Mourka la petite protégée pour lui offrir à Donetsk un repos au calme et un toilettage de printemps...


Samedi 3 avril 2018

À Oktyabrsky, dans les ruelles libérées de la neige et de la glace, les babouchkas trotinent d'un pas lent entre le marché de la gare et leurs maisonnettes sous le regard intéressé des chiens errants et le chant des oiseaux. Dans toutes les rues, les cris joyeux des enfants réinvestissent les jardins et les parcs où le grincement des balançoires rythme une marche redevenue flânerie.

Mais, dans un horizon sans nuage le tonnerre des hommes rappelle que la tempête est toujours là, même si mes mains ont abandonné le fusil pour un orchidée en fleur.

3 jours de repos, 3 jours à m'enivrer des rires enfantins et sourires féminins qui mieux que le plus beau chant patriotique et le plus bel envol d'oiseau sauvage incarnent cette Liberté pour laquelle le soldat accepte de maculer son corps de boue et son âme de sang.

Erwan Castel



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lundi 2 avril 2018

Le printemps et la boue

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Une lune pleine accrochée dans les ferailles tordues des pylônes déchiquetés du champ de bataille.

Je pense que c'est la première fois depuis le début de l'année que, dans les tranchées et les ruines fortifiées du front de Yasinovataya, les températures sont restées positives toute la journée.

Tandis que le soleil puis la lune projettent sur des murs ruisselant de neige fondue les ombres affinées des soldats débarrassés de leurs armures hivernales, les tranchées en revanche deviennent des bauges linéaires où pataugent, haletants, les soldats en patrouille ou corvée...

Après la glace, la fange a maintenant envahi les tranchées... et les rangers

Autour de nous, dans une nature renaissante qui se manifeste en couleurs et chants d'oiseaux, les rafales des armes ukrainiennnes reviennent lentement nous rappeler, heure après heure, qu'une guerre couvre toujours le Donbass de son manteau d'acier.

Pour cette 10ème mission sur la ligne de front de Promka, Sébastien Hairon et moi même avons été déployés ensemble sur "Forteruine", ce bâtiment industriel détruit et fortifié, située à 100 mètres des avants postes ukrainiens.

Déjà avril ! Comme l'intensité du vécu accélère le courant de la vie... Dans quelques heures et pour quelques jours, retour à Oktyabrsky pour un assaut en règle sur la douche, la machine à laver et le lit...

Erwan Castel

Mourka notre hôtesse et princesse dans son activité préférée et ronronnante...

Sébastien Hairon et mézigue entre 2 postes de guet aux créneaux de "Forteruine"


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