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jeudi 30 janvier 2020

"Qui ne dit mot consent !"


Souvent, nous sommes taxés de propagandistes pro-russes menteurs lorsque nous évoquons la résurgence d'une idéologie nazie en Ukraine. Certes qualifier de bandéristes nostalgiques et fanatiques l'ensemble des ukrainiens pro-occidentaux serait une généralisation mensongère, cependant la réalité quotidienne d'une résurgence idéologieque néo-nazie ouvertement revendiquée ayant "pignon sur rue" est suffisamment importante pour être rappelé aux quidams qui croient encore à la doxa démocratique et droitdelhommiste du nouveau pouvoir ukrainien. 


Ainsi, une fois encore un vétéran de la Waffen SS vient d'être inhumé en grande pompe à Ivabo Frankiz, dans l'Ukraine occidentale connue pour être le berceau de la collaboration du pays au nazisme, emmenée par le criminel Stepan Bandera.


Mikhail Mulik, était vétéran de la division SS Galicia qui s'illustra plus dans des pogroms massifs d'innocents à l'arrière du front que des faits d'armes face à l'Armée Rouge. Autour de son cercueil se tenait une garde d'honneur en uniforme SS, des soldats actuels et des autorités et élus ukrainiens, comme par exemple Victor Sinishin, secrétaire du conseil municipal Ivano-Frankivsk qui ne tarit pas d'éloges concernant le défunt :
  •  "Sa lutte pour la liberté de la patrie servira toujours d'exemple vivant de patriotisme et d'amour pour la patrie."
Quant au maire de la ville, Ruslan Martsinkiv, il  a promis qu'une rue portant le nom de Mulik apparaîtrait bientôt dans la ville.
  • "Aujourd'hui, nous disons au revoir à l'ère de l'homme, l'ère de la lutte pour la libération nationale. Je promets qu'il y aura une rue du nom de son citoyen d'honneur Mikhail Mulik dans notre ville"
De son vivant le vétéran Mikhail Mulik était président de l' "Amicale régionale des divisions "Galicia ", et avait reçu le titre de citoyen d'honneur d'Ivano-Frankiz.



Entre les traques occidentales hystériques de nonagénaires anonymes qui n'étaient que d'insignifiants sous fifres de la machinerie bureaucratique nazie pour seulement entretenir la grand messe médiatique de la Shoah, et l'éloge admiratif et provocateur de criminels de guerre nazis reconnus tels ces "punisseurs" des divisions SS ukrainiennes, il y a certainement un juste milieu que l'Histoire et la Justice pourraient définir avec raison si la politique n'y jetait son obscénité. 

Zelensky, en 2019 avait fait voter une loi interdisant la promotion de l'idéologie nazie. On peut mesurer avec cet enterrement du SS Mulik, qui n'a jamais renié son serment de fidélité à Adolf Hitler, combien l'autorité du maître de Kiev est respecté par ses chiens bandéristes.

Et bien sûr pas un émoi indigné de la part des larbins à micro de la bien pensance occidentale, pourtant si prompts à bondir sur les références soviétiques exprimées ici et là.
Car la ploutocratie mondialiste s'arrange bien de ces idiots utiles à croix gammée tout comme leurs cousins wahhabites du Moyen Orient, tant qu'ils sont les bourreaux des peuples libres et qu'ils aboient contre la Russie et ses alliés...

Erwan Castel

Dans une Ukraine "droitdel'hommiste" en janvier 2020.... cherchez l'erreur !

mercredi 25 décembre 2019

Novorossiya toujours !


Le mouvement anti-maïdan né au lendemain du putsch organisé à Kiev par les services occidentaux pendant l'hiver 2013-2014, le discours des pro-russes, fédéralistes devenus séparatistes face à la violence des nationalistes ukrainiens s'est articulé rapidement autour du concept de la Novorossiya. Cette entité à la fois géographique, culturelle, historique et politique correspond en effet aux régions russophones bordant la Mer Noire et remontant vers Kharkov qui ont contesté ce coup d'état du Maïdan... et ce n'est pas une simple coïncidence.

Pendant cette première année 2014, la Novorossiya va mobiliser les coeurs et les bras de dizaines de milliers de sympathisants qui se mobilisent de Odessa jusqu'à Kharkov et des volontaires qui affluent vers les premiers combats qui font rage à Slaviansk et Kramatorsk (100 km au Nord de Donetsk).

Puis, à l'issue des chaudrons victorieux où sont défaits plusieurs corps blindés ukrainiens, un premier accord de paix intervient à l'automne 2014 ("Minsk 1") et avec lui le mouvement anti-maïdan se rétracte aux territoires de Donetsk et Lugansk dont les populations viennent de s'ériger en républiques populaires éponymes. Parallèlement à cette paralysie des combats, le terme "Novorossiya" disparaît progressivement des discours officiels, au point même que des larbins propagandistes comme cette Christelle Néant se croient autorisés à insulter aujourd'hui ceux qui en ont été les meneurs comme Igor "Strelkov" par exemple.

Et pourtant, la Novorossiya dans ses réalités et ambitions n'a jamais quitté les coeurs de celles et ceux qui vivent cette guerre dans leurs chairs, et son drapeau n'a jamais disparu des uniformes des soldats du front...


Or la Novorossiya vient d'être à nouveau citée dans le discours officiel et non des moindres puisqu'il s'agit de celui du président de la Fédération de Russie lui-même, Vladimir Poutine. 

Lors de sa 15ème grande conférence de presse annuelle, réalisée le 19 décembre dernier à Moscou devant plus de 1800 journalistes, Poutine, répondant à une question sur Lénine a rappelé cette réalité, à la fois humaine et historique : 

"La Novorossia c'est l'origine des terres russes 
et la Russie comprend maintenant cela." 

"Qu'a proposé Vladimir Ilitch Lénine? Il a proposé non pas une Fédération, mais une Confédération. Sur sa décision, les ethnies ont été attachées à des territoires spécifiques et ont obtenu le droit de se retirer de l'Union soviétique. Mais les mêmes territoires ont été découpés de telle sorte qu'ils ne correspondaient pas toujours aux lieux de résidence traditionnels de ces peuples ou d'autres peuples, de sorte qu'il y avait immédiatement des points de douleur (...). Au cours de la création de l'Union soviétique, des territoires d'origines russes de la Mer Noire, qui n'avaient aucun rapport avec l'Ukraine, les terres occidentales russes ont été transférées à l'Ukraine avec une formulation étrange «pour augmenter le pourcentage de prolétariat en Ukraine", parce que l'Ukraine était un territoire rural.
Ceci est l'héritage de Lénine, qu'il est aujourd'hui nécessaire de comprendre" .
Vladimir Poutine 19 décembre 2019


PETIT RAPPEL HISTORIQUE 

L'Ukraine tout d'abord dont le nom n’apparaît officiellement qu'au début du XXème siècle était appelé initialement la "Rus de Kiev" pour avoir été le berceau historique de la Russie historique du XIème siècle au XIIIème siècle époque des invasions mongoles qui la repousse vers le Nord. Dès lors l'empire russe, tout en défendant ses territoires des hégémonies germaniques, polonaises, suédoises etc...n'a eu de cesse de vouloir libérer ses territoires de la Mer Noire principalement occupés par la suite par les ottomans.

Cette reconquête va être réalisée sous le règne de l'impératrice Catherine II dont les armées vont repousser les ottomans de la fin du XVIIIème au début du XIXéme siècle. Immédiatement la Russie entreprend de restaurer et développer ses territoires libérés, notamment sous la houlette de personnages illustres tel Alexander Potemkin par exemple. Création de villes, création de vignobles, cultures et forêts, d'usines, d'imprimeries, d'écoles, chemins de fer etc... 

La "Novorossiya", cette résurgence de la Russie primitive, est officiellement déclarée en 1774. Aujourd'hui encore les principales villes de ce territoire bordant la Mer Noire datent de cette époque de libération et prospérité : Odessa, Kherson, Dnipopetrovs'k, Pavlosk, Sebastopol, Simferopol, Nikolaiev, Mariupol etc...Plus tard, sous Pierre le Grand, ce sont les terres russes bordant la Mer d'Azov, à l'Est de la Mer Noire, qui vont être développées avec notamment Donetsk qui naît à la fin du XIX siècle autour de l'industrie du charbon et de l'industrialisation.

Les populations russes, durant ces périodes de développement, reviennent sur leurs anciennes terres, peuplant les villes et les ports qu'elles construisent et façonnant les terres à l'entour, tandis que la flotte de la Mer Noire, après Kherson, installe sa base à Sebastopol et son avant poste à Odessa.



Et cette histoire de la Novorossiya n'appartient pas seulement au passé mais aussi au présent comme en témoigne la permanence de la culture russe de ses populations qui, de Odessa à Kharkov la maintiennent vivante dans leur identité vécue quotidiennement.

C'est la culture des traditions adoptée et transmise qui forge une identité nationale et non exclusivement une définition historique, ethnique, religieuse et encore moins politique... Pour savoir si Donetsk est russe ou ukrainienne, il suffit de se promener dans ses rues, d'aller aux manifestations festives qui y sont données, de vivre avec les familles pour comprendre que l'Ukraine n'y est qu'une parenthèse historique étrangère qui ne commença qu'avec l'ère soviétique est fut subie de plus en plus difficilement depuis l'indépendance ukrainienne de 1991. 

Récemment, les 2 républiques populaires de Donetsk et Lugansk ont rappelé par des "lois sur les frontières" que leurs territoires identitaires s'étendaient jusqu'aux limites des anciens oblasts (régions) administratives et non cette ligne de front que beaucoup voudrait considérer comme une ligne de démarcation. 

Et pour les républiques du Donbass qui ont stoppé dans un premier temps l'hégémonie criminelle ukraino-occidentale, la libération des territoires de Donetsk et Lugansk occupés par l'armée ukrainienne, reste dans les coeurs  qu'une seconde étape vers la libération de la Novorossiya et la chute du régime totalitaire de Kiev.


lundi 4 novembre 2019

Une histoire toujours vivante

E. Lissner "L'expulsion des Polonais du Kremlin"

Ce 4 novembre, les peuples de Russie ont célébré le "jour de l'Unité Nationale". Cette date correspond à l'anniversaire de la victoire russe en 1612 sur les envahisseurs polonais et leurs alliés, qui contrôlaient à cette époque une grande partie de la Russie fragilisée par des troubles et des divisions internes.

A cette époque les puissances étrangères veulent prendre le contrôle de la Russie, directement par des guerres mais aussi indirectement en semant le désordre et la corruption parmi son élite dirigeante. Et pourtant l'Etat russe sera sauvé par un sursaut militaire qui va renverser en quelques mois la situation.

Mais ce qui est intéressant dans cet épisode historique c'est que la Russie a été sauvée des envahisseurs par son peuple car de facto les troupes qui vont reconquérir sa souveraineté territoriale sous le commandement de Kuzma Minin et Dmitry Pozharsky sont des milices populaires nées 1 an auparavant et qui ont afflué pour défendre leur empire et libérer Moscou.

4 siècles plus tard, cette page de l'histoire impériale russe trouve une résonance dans la situation actuelle de la Fédération de Russie. Tout d'abord la stratégie de déstabilisation et de contrôle de la Russie par les puissances occidentales qui, même si les méthodes ont un peu changé, reste la continuité d'une volonté de soumettre l' "empire du milieu" via des guerres modernes économiques, culturelles, politiques et médiatiques.

Mais ce qui est positif en revanche est que cette "unité nationale" initiée par les peuples de Russie est toujours vivante et qu'elle continue à honorer les notions de défense du bien commun et de sacrifice, notamment via la levée spontanée et volontaire de milices populaires qui incarnent, au delà des communautarismes et des systèmes politiques la permanence de cette "notion d'empire" dans le coeurs des femmes et des hommes du "monde russe".

Au printemps 2014, dans les villes et les villages du Donbass, des milliers d'hommes et de femmes s'organisent en "milices d'autodéfense" pour résister contre l'agression de l'armée ukrainienne
Aujourd'hui ce sont sans conteste les forces armées des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk qui illustrent le plus la permanence de l'Histoire et incarnent cet esprit d'une milice populaire spontanée qui résiste à la fois à un envahisseur extérieur et à la faillite des forces régaliennes intérieures et par delà ses diversités ethniques, religieuses, sociales.

Depuis le "printemps russe" en 2014 ce sont des dizaines de milliers de volontaires qui se sont portés sur les barricades puis dans les tranchées du Donbass pour faire barrage à l'agression à caractère génocidaire menée par Kiev contre les populations du Sud Est de l'Ukraine qui refusaient l'ostracisation de leur identité russe.

Et depuis bientôt 6 ans, malgré des bombardements meurtriers incessants, un marasme économique dû au blocus mené contre les républiques auto proclamées, une campagne médiatique de dénigrement et de haine à leur encontre etc. les populations de Donetsk et Lugansk n'ont pas faibli un seul instant. 

Et le coeur de leur résistance est cette milice populaire, aujourd'hui modernisée et entraînée à l'égal d'une armée professionnelle, qui tient jour et nuit sous la mitraille depuis plus de 5 ans 460 kilomètres d'une ligne de front active. Depuis 2014, ce sont des volontaires locaux mais aussi russes et étrangers qui alimentent par un roulement permanent cette force de plus de 20 000 combattants soutenus par une population et des organisations de vétérans qui se sont organisé en force de réserve, prête à reprendre les armes si la situation militaire s'empire. 

Et chaque jour des volontaires tombent sur cet avant poste de la Russie !

Là encore le monde russe en général et le Donbass en particulier, dont la grande majorité des citoyens n'a pas sombré dans un individualisme consumériste, peuvent servir de références et d'exemples aux autres peuples désireux de reconquérir leurs souverainetés et leurs traditions. A condition que les citoyens épris de liberté sachent subordonner leurs intérêts personnels à l'intérêt collectif de leur nation ! Car le plus grand cancer du libéralisme, qu'il soit économique ou social, est de vouloir placer l'individu et le matérialisme au dessus des corps sociaux intermédiaires (famille, village/quartier, pays, corporation etc.) qui pourtant le définissent via l'environnement, l'histoire et les passions humaines.

La plus grande richesse pour un individu est de préserver ce bien commun que sont ses traditions et sa liberté car elles sont fondation du vrai bonheur lorsque les autres richesses n'apportent souvent que des plaisirs artificiels et éphémères comme ceux dont se repaissent de nos jours les esclaves de la marchandise.

Erwan Castel



samedi 22 juin 2019

Le jour de la mémoire et de la tristesse


Le 22 juin 1941, les forces armées du IIIème reich attaquaient l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques, plongeant les peuples de la Russie dans une tourmente sanglante dont ils ne sortiront qu'aux prix de sacrifices monstrueux (27 millions de tués civils er militaires).

Tandis que dans de nombreux pays d'Europe, qui pourtant furent libérés du joug nazi par les soldats de l'armée rouge, les monuments à la gloire des vainqueurs de cette guerre mondiale sont détruits sur fond de russophobie délirante pratiquant un négationnisme honteux de l'Histoire européenne.

Dans le Donbass les populations de Donetsk et Lugansk se souviennent avec d'autant plus d'émotion de cette page tragique de leur Histoire, qu'aux portes de leurs cités une nouvelle horde les assiège de cette haine criminelle qui veut détruire leur Liberté et leur identité russe.

Ainsi durant cette semaine, les forces ukrainiennes ont continué leurs bombardements soutenus contre les positions militaires mais aussi les quartiers résidsentiels des républiques populaires de Donetsk et Lugansk, provquant de nouvelles pertes parmi les défenseurs républicains mais aussi blessant à nouveau 2 civils, le 21 juin (un homme de 62 ans lors d'un bombardement de Vesele au Nord de Donetsk), et le 22 juin (une fillette de 13 ans blessée aux jambes par des éclats d'obus à Gorlovka).


78 ans après le début de la seconde guerre mondiale, les peuples de la Russie sont à nouveau en danger et dans le Donbass, leur avant poste occidental, la guerre subie par les populations de Donetsk et Lugansk est la concrétisation meurtrière de cette hégémonie étasunienne exercée en Europe via ses laquais de l'OTAN et UE, et ses idiots utiles installés au pouvoir à Kiev...

Si les guerres et leurs contextes ne sont bien évidemment pas comparables, il n'en demeure pas moins, dans la réceptivité émotionnelle suscitée par leurs tragédies, que pour la majorité des peuples de Russie il y a le ressenti d'une continuité de l'Histoire.

Et les choix politiques des propagandistes dans une forme de guerre de communication illustrant le présent et le passé confirment également cette continuité émotionnelle de l'Histoire. Ainsi du côté de Kiev on célèbre Stépan Bandera, collaborateur au nazisme et criminel de guerre ukrainien, que l'on détruit les statues du soviétisme mais aussi des militaires ayant vaincu le IIIème Reich, comme celle du maréchal Joukov par exemple, et du côté de Donetsk et Lugansk on associe dans une même symbolique commémorative des défenseurs du passé et ceux du présent...

La grande différence cependant entre les 2 visions propagandistes qui s'affrontent par dessus cette nouvelle ligne de front européenne, et je peux en témoigner quotidiennement, c'est que, contrairement à l'idéologie ethnocentrée du nouveau pouvoir de Kiev, "la haine de l'autre" n'esxiste pas dans les Républiques de Donetsk et Lugansk.

Erwan Castel


dimanche 21 avril 2019

Un peuple combattant

Au  "polygone" , des membres de la droujina recrée par la République Populaire de Donetsk 
s'entrainent au tir - Photo Svetlana Kissileva

De retour de rencontres réalisées de chaque côté de la ligne de front, les premiers reportages de Johnatan Walsh commencent a être diffusés par France 24, en voici le premier consacré à la "Droujina" populaire de Donetsk.

En préambule...

Lorsque je rencontre Johnatan Walsh nous discutons d'abord de l'éthique de son beau métier dont je peux témoigner des trahisons et salissures régulières réalisées de chaque côté de la ligne de front des chiens de garde arrivistes et narcissiques atteints par le syndrôme du larbin et/ou qui lèchent le cul des pouvoirs qui les paient (Volochine en France, Néant dans le Donbass pour ne citer que ces 2 Tartuffe propagandistes). 

Malgré cela car fidèle au principe de ne jamais censurer quiconque, même les pires, afin de ne pas se vautrer soi-même dans le caniveau putride d'une merdiacratie que l'on prétend dénoncer, j'ai répondu aux questions de ce reporter avec une confiance intuitive que son premier reportage a confirmé ici. Alors que certains de ses confrères et consoeurs, toute honte bue, n'hésitent pas comme Volochine à falsifier la véritéda ns une grande confusion délictuelle, où l'éthique de cette belle prosfession est sacrifiée sur l'autel des intérêts, opinions et ambitions personnelles, Johnatan Walsh par contre, a su garder une neutralité professionnelle, dans son regard et commentaire qui laissent au public la liberté de sa propre opinion. Et pour cela je le remercie de restaurer l'image que je me faisais de son agence France 24 et de l'exercice occidental de sa profession, trop souvent aux ordres de sa hierarchie politico-financière et confiée à des prétendus journalistes qui ne sont en fait que des crapules de l'information.


La droujina, racine et pointe du patriotisme populaire russe

Et maintenant un bref rappel de l'histoire de la Droujina russe, ou plutôt des droujinas car ce corps populaire connut autant de déclinaisons politico-militaires que la Russie connut de périodes historiques, mais qui dans toutes ses formes (garde princière, host féodale, milice auxilliaire, corps de défense civile etc.) a su conserver l'esprit d'une dynamique patriotique offrant à l'Etat une force pluridisciplinaires de volontaires motivés et formés.

 Le Prince Vladimir offre un banquet à son droujina en 996. 
À partir de la Chronique de Radziwill, "un début de l'histoire de la Russie" (XVe siècle) page 70

Lorsqu'un pays est menacé dans ses fondements le pouvoir renforce souvent ses forces de défense et de sécurité : rappel des réservistes, conscriptions, ou formations d'unités d'autodéfense basées sur un volontariat au sein de la société civile, et aux antipodes du Donbass, nous avons l'exemple du Vénézuela ou face à la tentative de coup d'Etat organisé par Washington via Guaido et la menace d'une intervention militaire occidentale, les effectifs de la milice bolivarienne ont été montés jusqu'à 2 millions de volontaires prêts à défendre leur terre et leur indépendance.

Dans l'Empire russe

3e Droujina de Tirailleurs du Caucase ,en Géorgie (1888)

Du côté de la Russie, ce type de milice populaire apparaît entre les Xème et XIIème siècle sous le nom de Droujina (terme formé sur la racine "drug" :ami) et que l'on pourrait traduire par "fraternité guerrière". Rapidement la droujina devient un maillon important de la société médiévale russe, ces membres constituant le noyau principal de l'armée princière, et dont leur encadrement appelé "groupe des anciens" (staršaka družina) va former progressivement une aristocratie terrienne.

En temps de paix, la droujina russe se voit régulièrement confier des missions de police comme par exemple pour le couronnement du tsar Alexandre III (1881) où 20 000 volontaires sécurisent l'événement, ou celui de Nicolas II (1894), pour lequel pas moins de 80 000 moscovites se portent volontaires pour ce service. À partir de 1899, des cosaques du Kouban, renforcés en 1907 par des Caucasiens et des paysans de la province de Tchernigov sont engagés aux côtés des forces de police et ce sont eux qui, par exemple, rétablissent l'ordre au moment de l'insurrection de Moscou en 1905.

Dans l'Union soviétique

Insigne des "droujninik" soviétiqques 

Du temps de l'URSS, le principe de la droujina se perpétue dès 1926 (à Leningrad) avec la création de "Sociétés d'assistants volontaires de la police" appelés "Odosmil", en charge par exemple du maintien de l'ordre lors de manifestations publiques (marchés fêtes rassemblements), de la surveillance incendie, la propreté et l'hygiène, la veille sanitaire, les services postaux pour les hameaux isolés etc... Plus tard, en 1932 les "Odosmil" deviennent des "Brigadmil" et comptent jusqu'à 400 000 membres.

Lorsque la guerre s'abat sur la Russie en 1941, mobilisant la totalité des forces combattantes vers le front c'est à la droujina, ces "Brigadmil" que vont être confiées les services sanitaires et des pompiers, des groupes d'autodéfense, de la défense antiaérienne etc... En 1958, pendant la guerre froide, cette force populaire auxlliiare retrouve son appelation originelle de Doujina et ses "Droujiniki" (qui seront plus de 280 000  dans les années 80) vont se retrouver auxiliaires à la sécurité des grandes industries mais aussi des frontières, des points stratégiques ou des installations sensibles. 

Parallèlement aux services actifs, la Droujina recense et forme des volontaires qui peuvent être mobilisés et immédiatement opérationnels pour diverses missions de protection civile ou d'autodéfense et dans les années 80 ce sont 13 millions de citoyens soviétiques qui sont ainsi prêts et formés à servir leur patrie immédiatement.

Dans la Fédération de Russie 

Des cosaques et des "droujiniki" participent au renforcement de la sécurité
après les attentats de Volgograd des 29 et 30 décembre 2013.

Après l'effondrement de l'URSS en 1991, le principe et l'emploi de la droujina populaire se maintient toujours, tant dans sa nécessité imposée par cet immense territoire que dans l'esprit que ce volontariait patriotique millénaire incarne et entretient, et le 4 avril 2014 entre en vigueur une loi fédérale "Sur la participation des citoyens au maintien de l'ordre public" entérinant une reconnaissance officielle du rôle des "droujini". Celles-ci sont sous la responsabilité des forces de police.

La droujina dans le Donbass

En 2014, au lendemain du Maïdan, les populations russes du Donbass lèvent des groupes d'autodéfense qui organisent des barrages et des postes de contrôle aux abords de leurs villes menacées par les paramilitaires nationalistes ukrainiens

La tradition de la droujina n'était pas inconnue dans l'Ukraine soviétique, y compris chez les nationalistes russophobes comme Bandera qui va créer une "droujina des nationalistes ukrainiens" et qui sera formée par les nazis entre 1939 et 1941. Lorsque le coup d'Etat du Maidan se répand en actions violentes dans toute l'Ukraine, des Droujina spontanée sont formées pour protéger les manifestants fédéralistes pro-russes comme à Odessa par exemple mais qui ne parviendront pas malheureusement à empécher leur massacre le 2 juin 2014 par les paramilitaires néo-nazis (aidés par des élémnets de la police). 
Dans le Donbass, les premiers groupes qui s'organisent pour protéger le processus référendaire, le font dans l'esprit de la droujina populaire et vont au fur et à mesure que la répression ukrainienne s'intensifie et se radicalise (agressions entre manifestants, fusillade par les paramilitaires ukrainiens puis offensive militaire de Kiev), les "droujinie" vont devenir une milice d'autodéfense armée dont les actions et la formation vont aboutir à la création en 2015 d'une armée régulière et professionnelle, mais toujours sur la base du volontariat.

La guerre faisant toujours peser aux frontières du Donbass le risque permanent d'un nouvel embrasement des combats, la République Populaire de Donaetsk a donc décidé d'encadrer cette réalité du volontariat populaire et de le normaliser aux contraintes de la guerre moderne en recréant une droujina populaire accueillant et formant des citoyens volontaires.

Aujourd'hui, le premier public qui est formé en priorité par cette nouvelle Droujina populaire est bien sûr les jeunes n'ayant eu aucune formation ou expérience militaire, mais qui expriment le désir d'acquérir des compétences pour être en mesure de porter les armes aux frontières de leur République. C'est l'objet du reportage ci après : 

Erwan Castel

Source de l'article : NRT 24

La République populaire de Donetsk recrée la Droujina populaire


Le 1er mars 2019, la RPD recrée la Droujina Populaire, une structure qui, auparavant, a existé en Union Soviétique. Comme dans le temps, cette association de bénévoles soutenant les actions des forces de l'ordre dans le maintien de l'ordre au quotidien à un niveau local. Pour en faire partie, il faut avoir 18 ans et être en bonne condition physique et sportive. Un programme d’entraînement physique GTO « Prêt pour le travail et la défense » qui a également existé en URSS a été lancé en République en parallèle avec l’éducation patriotique de la jeunesse.

Vendredi dernier, quelques jeunes de la Droujina Populaire se sont rendus sur le terrain d'exercice à Mospino près de Donetsk pour s'entraîner au montage et démontage du fusil AK-47, le fameux Kalachnikov, et aux tirs encadrés par les militaires d'une unité d'élite de la milice de la RPD.



Ilia et Aristar ont chacun 18 ans et ils font tous les deux leurs études à l'école hôtelière de Donetsk. Les deux jeunes hommes sont impliqués de façon active à la vie de la jeune république et rêvent de laisser une trace dans son histoire. Néanmoins, ni Ilia, ni Aristar n'ont pas de projet de devenir dans le futur des militaires de carrière et espèrent qu'ils n'auront jamais à lever une arme contre des êtres humains. Ils considèrent simplement que chaque homme digne de ce nom doit savoir s'en servir afin d'être capable, en cas de besoin, de défendre ses proches et sa patrie.

Svetlana Kissileva - Novorossiya Today

Reportage de France 24 (Johnatan Walsh)

Pour voir d'autres photos du reportage de Novorossiya Today suivre le lien suivant : ici 

vendredi 22 juin 2018

Un patriotisme supra communautaire


A l'heure où l'OTAN, ce bras armé de la ploutocratie mondialiste presse ses unités sur les marches d'un empire russe qui refuse de se soumettre à sa dictature de la marchandise, les peuples d'Europe devraient se souvenir de l'exemple et du sacrifice des ses peuples pour leur Liberté.

Car, du 22 juin 1941 au 9 mai 1945 la Russie va montrer l'exemple de son unité et de son patriotisme et le sacrifice de 25 millions de ses citoyens va être la contribution majeure à la liberatio  de l'Europe et l0a défaite du nazisme.

Pendant la guerre froide qui a suivi ce conflit mondial, la propagande de guerre antisovietique occidentale va tenter de minimiser cette action déterminante des peuples russes,  ainsi que leur sacrifice et engagement présentés comme des contraintes imposées de force par une dictature soviétique criminelle.

La réalité est autre, car si le commandement militaire soviétique s'est parfois montré dur et exigeant envers ses soldats (comme tout commandement en guerre digne de ce nom et habité par le "culte de la mission"), on doit cette immense victoire russe à la relation charnelle du citoyen russe à cette empire qui a su traverser tout au long de l'Histoire ses déclinaisons tsariste, soviétique ou fédérale. 

Le 22 juin 1942 au déclenchement de l'opération "Barbarossa", les peuples de Russie répondent "Présent" à l'appel de Staline. Si l'idéologie et l'appareil politique soviétiques vont savoir stimuler et diriger jusqu'à la victoire la défense de la Russie et de l'Europe, il n'en reste pas moins vrai que cet appel sera entendu parce que, qu'ils soient européens, caucasiens, asiatiques, sibériens, mongols etc, ce sentiment indéfinissable et métaphysique que l'on appelle patriotisme est enraciné dans le coeurs des peuples composant cette immense pays "où le soleil ne se couche jamais".

Non seulement ce patriotisme exemplaire des peuples de Russie n'est pas qu'un mythe cultivé dans les officines propagandistes, mais une réalité et qui existe toujours aujourd'hui par delà les appartenances communautaristes de chacun ou les directives idéologiques du moment.

Ce dynamisme patriotique russe exceptionnel, et qui nous offrira, après 4 ans de souffrances et sacrifices inouïs, la victoire et la liberté est toujours là par delà les vents de l'Histoire, immuable roc d'une Russie invaincue.


Et il s'exprime toujours avec force sur cette terre noire du Donbass qui est aujourd'hui aux avants postes de sa Liberté :



Quand en 2014 le coup d'Etat du Maïdan organisé par les occidentaux est suivi d'une campagne d'agressions de masse dirigées contre les russophones d'Ukraine, de très nombreux russes ressentent cela comme une nouvelle opération "Barbarossa" commanditée par le nouveau totalitarisme occidental.

Sans qu'il y ait eu de la part du Kremlin  un seul appel à une résistance armée au coup d'Etat, on voit les peuples de Russie se révolter contre cette agression opérée en Ukraine. A commencer par les peuples de Crimée (russes ukrainiens, tatars) qui vont obtenir par référendum le retour de leur péninsule vers la "Mère patrie".

Pour les oblats de Donetsk et Lugansk, la situation dégénère rapidement en conflit armé et disproportionné lorsque Kiev envoie ses chars et avions de combat contre les barricades des fédéralistes les poussant dans séparatisme survivaliste.

Et dans ce conflit européen l'ombre de Barbarossa plane d'autant plus au dessus du Donbass que les sentences politiques du nouveau pouvoir kiévien et l'idéologie symbolisée des bataillons spéciaux qui sont lancées contre les russophones reprennent sans honte ceux du 3ème Reich nazi.

De tout le monde slave et de tous les horizons de la Fédération de Russie, des hommes et des femmes vont alors affluer vers la ligne de front du Donbass pour prêter main forte aux miliciens qui s'opposent à l'assaut des blindés ukrainiens.

On ne connaîtra probablement jamais leurs effectifs exacts, mais avancer sur les quatre années de conflits réalisées le chiffre de plusieurs dizaines de milliers de volontaires étrangers au Donbass n'est pas exagéré. 

Les groupes d'autodéfense des jeunes Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk devenues depuis bataillons qui toutes reflètent tous cette dimension internationale de la rébellion contre ces marionnettes étasuniennes installées à Kiev par une stratégie expansionniste n occidentale agressive.


Alors que les nationalistes occidentaux,  influencés par des pensées unique aux idéologies centralisatrices (religieuse, économique, culturelle...), associent généralement le patriotisme à un communautarisme fermé (ethnie, religion,  territoire), dans le monde russe au contraire ce sentiment se révèle très souvent supracommunautaire.

Dans cette observation apparaît nettement la différence entre un impérialisme de conquête au service d'un système esclavagiste (idéologique, militaire ou économique) et une notion d'empire qui rassemble les différences sans les altérer dans leurs identités existencielles. 

En Russie le résultat de cette "civitas imperium" volontaire qui a traversé les siècles et ses déclinaisons tsariste, soviétique et fédérale peut s'observer aujourd'hui dans le Donbass dans toute sa puissance intemporelle.

En effet venant parfois des antipodes des Républiques de Donetsk et Lugansk, des volontaires russes, bouriates, ouzbeks, ukrainiens, kazakhs, tatars, caucasiens, ainous, coréens, tchétchénes etc. qu'ils soient orthodoxes, païen, musulmans, juifs ou athées, sont venus dans le bassin du Don défendre avec leur sang la liberté d'une population européenne skave et orthodoxe. 
Et on ne peut pas dire que c'est l'appât du gain le pouvoir politique  ou les conditions de vie qui les ont motivé !

A ce titre, la "Brigade internationale Piatnashka" reste fidèle à cette éthique accueillant toujours les volontaires de tous pays désireux de combattre pour la liberté du Donbass, y compris des volontaires occidentaux dont la conscience et le sens du devoir les conduisent à tout abandonner pour rejoindre Donetsk. 

Ce patriotisme russe qui répond présent le 22 juin 1941 reste un exemple immortel de l'amour éternel  porté par les Hommes à leur sanctuaire au delà de toute les idéologies éphémère.


Erwan Castel volontaire breton à Piatnashka  



mardi 16 janvier 2018

il n'y a pas de fumée sans feu !


Voici un article retraçant les liaisons dangereuses des nationalistes ukrainiens avec la mouvance nazie du passé dont ils se réclament aujourd'hui les héritiers.

Les USA toujours la recherche d'idiots utiles prêts à collaborer à leur stratégie du chaos appuient ces mouvements ukrainiens néo nazis qui sont devenus le fer de lance du Maïdan et de la répression russophobe menée depuis tsnt dans les institutions de cette nouvelle Ukraine que sur le front du Donbass où les tondus de la cervelle prennent leurs fantasmes pour la réalité.

Erwan Castel

Source de l'article : Le saker francophone

Les racines nazies du conflit ukrainien

Sénateur John McCain apparaissant avec les droitiers ukrainiens du parti Svoboda lors d’un rassemblement avant le coup d’État à Kiev.
Par Jonathan Marshall – Le 28 Janvier 2016 – 
Source : Consortiums New

Peu d’Américains comprennent l’histoire horrible derrière les mouvements néo-nazis, qui ont acquis un pouvoir important dans le régime ukrainien actuel soutenu par les États-Unis. La propagande occidentale a fait de l’extrême-droite les « bons gars » contre les « méchants gars » russes, comme Jonathan Marshall l’explique.

Le dernier numéro de la revue Foreign Policy, l’une des principales revues dans son domaine, offre deux pages de reportage photo sur « ce qu’il y a à voir, faire et acheter » à Lviv, une ville pittoresque dans l’Ouest de l’Ukraine. « Au milieu de la tourmente qui a secoué l’Ukraine au cours des deux dernières années » l’article décrit avec animation « Lviv [qui] a résisté fermement comme un bastion de la culture nationale, de la langue et de l’identité ».

C’est une façon de le dire. Une autre façon, moins charitable, serait de noter que Lviv est depuis près d’un siècle le terreau du nationalisme ukrainien extrême, générant des mouvements terroristes, un antisémitisme enragé et des organisations politiques ouvertement pro-nazies qui continuent à polluer la vie politique du pays.

Sur les belles rues pavées, admirées aujourd’hui par les touristes, a coulé le sang de près de 4 000 Juifs massacrés par les habitants en 1941, pendant l’occupation allemande. Ils ont été encouragés par l’Organisation des Nationalistes ukrainiens (OUN), organisation radicale, dont le fondateur et chef en temps de guerre est aujourd’hui un héros national pour beaucoup de ses compatriotes.

Le 28 avril 2011, 68e anniversaire de la formation d’une division Waffen-SS ukrainienne, des centaines de personnes ont défilé dans Lviv, avec le soutien de membres du conseil municipal, scandant des slogans comme « Une race, une nation, une Patrie ! ».

Deux mois plus tard, les habitants ont célébré le 70e anniversaire de l’invasion allemande « comme une fête populaire, où les parents avec de jeunes enfants ont agité des drapeaux pendant une reconstitution avec des uniformes SS », selon le célèbre historien américano-suédois Per Anders Rudling.

Plus tard dans l’année, des députés d’extrême-droite d’une ville proche du district de Lviv « ont renommé une rue appelée à l’époque soviétique ‘rue de la Paix’, qu’ils ont remplacé par le nom du bataillon Nachtigall [le Rossignol], une unité nationaliste ukrainienne impliquée dans le meurtre de masse des Juifs en 1941, en soutenant que la ‘Paix’ est un vestige des stéréotypes soviétiques. »

De telles vérités dérangeantes sont rarement diffusées dans les médias occidentaux, mais elles sont importantes pour au moins deux raisons. Elles aident à expliquer les récents bouleversements violents et anti-démocratiques qui ont fait de l’Ukraine le champ de bataille d’une nouvelle et dangereuse guerre froide entre l’OTAN et la Russie. Et elles devraient inciter les Américains à réfléchir sur la contribution de leur propre pays à l’extrémisme politique récent en Ukraine, qui remonte au début de l’ère qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, lorsque la CIA a financé d’anciens collaborateurs nazis pour aider à déstabiliser l’Union soviétique.

Le groupe révolutionnaire ultra-nationaliste OUN a été fondé en 1929 pour se débarrasser de la domination polonaise et créer l’Ukraine comme un État indépendant. Il a brûlé les biens des propriétaires terriens polonais, pillé ceux du gouvernement pour obtenir des fonds et assassiné des dizaines d’intellectuels et de fonctionnaires, y compris le ministre polonais de l’Intérieur, en 1934.

Une faction particulièrement radicale, connue sous le nom d’OUN-B, a opéré une scission, en 1940, sous la direction d’un jeune énergumène, Stepan Bandera, qui a étudié à Lviv. Elle bénéficiait pendant la Seconde Guerre mondiale de l’appui d’un fonctionnaire de la police secrète soutenue par la Gestapo, Mykola Lebed. Lebed, avait été précédemment condamné avec Bandera par les autorités polonaises pour le meurtre de leur ministre de l’Intérieur, et deviendra tristement célèbre pour son implication dans la torture et le meurtre des juifs pendant la guerre.

L’OUN-B de Bandera a étroitement collaboré avec le service de renseignement allemand de l’étranger, l’Abwehr, pour former une légion ukrainienne dirigée par les Allemands. Le 30 juin 1941, quelques jours à peine après l’invasion par Hitler de l’URSS, l’OUN-B a déclaré un État ukrainien indépendant, avec Lviv comme capitale. Lebed a servi comme ministre de la Police du gouvernement de collaboration.

Dans les jours qui ont suivi, le bataillon Nachtigall de l’OUN-B et ses sympathisants civils ont apparemment abattu plusieurs milliers de juifs et d’intellectuels polonais avant de se déplacer pour rejoindre les forces allemandes sur le front de l’Est. À Lviv, 3 000 juifs de plus ont été bientôt assassinés par un escadron de la mort SS en dehors de la ville. Les publications de l’OUN ont appelé cela des « jours exaltants ».

Bien que l’OUN, dans une lettre à Adolf Hitler, ait accueilli officiellement la « consolidation du nouvel ordre ethnique en Europe de l’Est » et la « destruction de l’influence séditieuse judéo-bolchevique », le dirigeant Nazi a rejeté leurs ambitions nationalistes et finalement interdit l’OUN.

Les Allemands ont emprisonné Bandera. Son organisation est entrée dans la clandestinité, formant l’Armée ukrainienne insurgée (UPA). Les unités de l’UPA ont affronté les Nazis à l’occasion, ont combattu l’Armée rouge beaucoup plus souvent, et se sont lancées dans le « nettoyage ethnique » de milliers de Polonais et de juifs. (Plus rarement, les membres de l’OUN ont sauvé quelques habitants juifs aussi).

Ils ont aussi tué des dizaines de milliers de compatriotes ukrainiens, dans le but de dicter l’avenir politique de la région. De nombreux membres de l’OUN ont aussi directement rejoint les groupes de la police et de la milice financés par la Waffen-SS. Bandera lui-même a été libéré par les Allemands en 1944 et a reçu des armes pour résister à l’Armée rouge, qui avançait.

Après la guerre, l’OUN a continué sa bataille perdue pour l’indépendance. Les forces soviétiques ont tué, arrêté ou déporté plusieurs centaines de milliers de membres, de proches ou de partisans de l’UPA et de l’OUN. Bandera a été assassiné par le KGB à Munich en 1959. Mais le nationalisme de droit a connu un regain de popularité après que l’Ukraine a obtenu son indépendance en 1990-1991, alimenté par ceux qui avaient émigré en Occident et qui étaient restés fidèles à l’OUN-B et à la mémoire de Bandera.

La ville de Lviv, en particulier, a lancé le renouveau du culte de Bandera. En 2006, elle a transféré sa tombe dans une zone spéciale du cimetière communal, dédiée aux victimes des luttes de libération nationale de l’Ukraine. Elle a érigé une statue qui lui est dédiée et créé un prix en son honneur.

Enfin, en 2010, le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko (qui a pris le pouvoir lors de la Révolution Orange soutenue par les États-Unis), a fait de Bandera un Héros de l’Ukraine pour « avoir défendu les idées nationales et s’être battu pour un état ukrainien indépendant ». Le Centre Simon Wiesenthal et d’autres groupes anti-fascistes ont condamné cet honneur, qui a été annulé un an plus tard par une cour ukrainienne.

L’un des héritages de Bandera a été la création du Parti social-nationaliste, un parti ultra nationaliste, à Lviv en 1991.

« Comme symbole du parti, fut choisie une image en reflet du soi-disant Wolfsangel, le crochet à loup, qui a été utilisé par plusieurs divisions SS et, après la guerre, par des organisations néo-nazies, note Rudling. Le parti a organisé une garde paramilitaire et recruté des skinheads et des hooligans dans ses rangs. »

En 2004, il s’est rebaptisé Svoboda et a abandonné ses symboles SS. Néanmoins, le nouveau dirigeant de Svoboda a félicité l’OUN et l’UPA pour avoir résisté contre « les juifs et les autres rebuts, qui voulaient s’emparer de notre État ukrainien ». Il a été décoré par des vétérans d’une division Waffen-SS ukrainienne et a défendu la cause du garde ukrainien des camps de la mort, Ivan Demjanjuk. Son conseiller idéologique a organisé un groupe de réflexion appelé « Centre de recherche politique Joseph Goebbels » en 2005.

Svoboda est devenu le plus grand parti à Lviv en 2010 et jouit aujourd’hui d’une forte influence au niveau national. Il a également étendu son influence en s’alliant avec d’autres partis d’extrême-droite et des partis fascistes en Europe.

Plus important pour la compréhension de la crise actuelle entre l’Est et l’Ouest, Svoboda a fourni de nombreuses troupes de choc qui ont transformé les manifestations de la place Maïdan à Kiev en confrontation violente avec les forces du gouvernement et a finalement précipité le coup d’État contre le Président Viktor Ianoukovitch, au début de 2014. Les dirigeants de Svoboda ont obtenu des postes importants dans le gouvernement post-Ianoukovitch, y compris celui de chef de la Sécurité nationale.

Les militants de Svoboda de Lviv, ont joué un rôle important dans le violent coup d’État. Dans un article pour Consortiumnews.com, le journaliste Robert Parry a cité un « profil d’intérêt humain » dans le New York Times, d’un manifestant ukrainien nommé Iouri Martchouk, un chef de file de Svoboda de Lviv, qui a été blessé sur la place du Maïdan. Parry a poursuivi :

« Sans fournir… le contexte, le Times mentionne que des militants de Lviv ont pillé un dépôt d’armes du gouvernement et envoyé 600 militants par jour pour se battre à Kiev. Martchouk a également décrit comment ces militants bien organisés en brigades paramilitaires de 100 combattants chacune ont lancé l’attaque fatidique contre la police le 20 février, la bataille où Martchouk a été blessé et où le nombre de décès a soudainement grimpé à des dizaines de manifestants et une dizaine de policiers.

Martchouk a dit plus tard qu’il a rendu visite à ses camarades dans l’hôtel de ville occupé. Ce que le Times ne mentionne pas, c’est que l’hôtel de ville était décoré avec des bannières nazies et même d’un drapeau de bataille des Confédérés, comme hommage à la suprématie de la race blanche. »

La cause de Svoboda a été défendue durant les manifestations du Maïdan par le sénateur Républicain de l’Arizona, John McCain, qui a encouragé la foule, alors qu’il se tenait sous les bannières célébrant Stepan Bandera. La présence de McCain n’était pas un accident. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le Parti eépublicain s’est étroitement allié aux dirigeants en exil pro-nazis d’Europe de l’Est. Beaucoup d’entre eux ont été recrutés et payés par la CIA et ont bénéficié d’exemptions légales secrètes pour émigrer vers les États-Unis en dépit de leurs crimes de guerre.

Par exemple, le collaborateur de la Gestapo issu de l’OUN-B et meurtrier de masse Mykola Lebed a fait son chemin incognito vers les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. La CIA, qui a apprécié son aide dans l’organisation de mouvements de résistance contre l’URSS, a exercé son droit de veto sur les lois sur l’immigration anti-nazies pour légaliser son séjour.

La CIA a fourni une aide similaire au général Pavlo Shandrouk, décrit par l’historien Christopher Simpson comme « le chef du gouvernement ukrainien de collaboration en exil, gouvernement créé par le ministre nazi Rosenberg en 1944 ». Malgré son passé pro-nazi, il a reçu de larges allocations de la CIA pour aider à organiser des réseaux de renseignement contre l’Union soviétique après la guerre.

La CIA et le Pentagone ont également affecté des millions de dollars d’armes et d’autres aides militaires à la guérilla ukrainienne anti-soviétique à la fin des années 1940, en dépit de leur bilan d’atrocités contre les juifs et d’autres civils.

Comme le conclut Simpson en 1988 dans son livre « Blowback »

« Rétrospectivement, il est clair que l’option de la guérilla ukrainienne est devenue le prototype de centaines d’opérations de la CIA dans le monde, qui ont tenté d’exploiter le mécontentement indigène pour offrir des gains politiques aux États-Unis.

Au lieu de rallier le nouveau mouvement ‘démocratique’, tout indique que beaucoup de gens ordinaires en Ukraine ont accordé un crédit croissant au message du gouvernement soviétique, qui disait que les États-Unis, eux aussi, étaient réellement nazis et capables d’utiliser n’importe quelle sorte de tromperie et de violence pour atteindre leurs objectifs. »

Simpson observe également que l’aide de la CIA aux dirigeants ukrainiens pro-nazis et autres dirigeants ethniques d’Europe de l’Est a créé de puissants lobbies politiques aux États-Unis qui soutenaient des politiques « libérationnistes » radicales envers l’Union soviétique et ses « nations captives ». L’exemple d’un tel groupe politique fut le Bloc des Nations anti-bolchevique néo-nazi, à dominance ukrainienne, qui a bénéficié du soutien du Sénateur Joseph McCarthy, parmi beaucoup d’autres politiciens américains.

Simpson écrit :

« Avant la fin des années 1950, les activités des organisations extrémistes européennes d’émigrés se combinaient avec l’anticommunisme indigène américain pour produire des effets négatifs graves sur la politique étrangère et intérieure des États-Unis sur les gouvernements républicains et démocratiques.

Les opérations clandestines des États-Unis employant des nazis n’ont jamais produit les résultats désirés lorsqu’elles ont été lancées, mais elles ont contribué à l’influence de certaines des tendances les plus réactionnaires de la vie politique américaine. En collaborant avec des lobbies privés comme le Conseil de sécurité américain pro-armement, les dirigeants des nations captives ont agi comme des fauteurs de troubles influents, capables d’entraver d’importantes initiatives de paix Est-Ouest menées par les administrations républicaines et démocrates. Ils continuent, en fait, à jouer ce rôle aujourd’hui. »

Simpson a publié cette observation forte avant la dernière crise en Ukraine −  précipitée dans une large mesure par des extrémistes de droite inspirés par l’OUN − qui a plongé l’OTAN et la Russie dans une série de confrontations militaires et économiques qui ressemblent à la guerre froide d’antan. Mais même aujourd’hui, l’impulsion politique américaine pour soutenir l’agitation anti-russe en Ukraine reflète les politiques de l’époque de la Guerre froide qui ont forgé une alliance laide entre les États-Unis et les assassins de masse nazis.

Vous ne verrez pas cela dans le New York Times, ou dans une promotion doucereuse pour Lviv dans le magazine Foreign Policy. Mais c’est clairement écrit dans l’histoire que les Américains feraient bien d’étudier.

Jonathan Marshall