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jeudi 9 décembre 2021

Flash, provocation ukrainienne en Mer Noire

Le "Donbass" est un navire ukrainien construit dans un chantier naval en Pologne en 1969
en tant qu'atelier flottant de la marine soviétique. le 9 décembre 2021, il a été utilisé pour
provoquer les gardes côtes russes sur les côtes de Crimée et mencaer la navigation maritime.

Ce 9 décembre 2021, alors que le groupe de contact chargé d'accompagner des accords de Minsk sort une nouvelle fois de 12 heures de négociations infructueuses, l'Ukraine a lancé une nouvelle provocation maritime grave vers le pont de Crimée enjambant le détroit de Kertch (entre Mer Noire et Mer d'Azov) : 

  • A 9h12, le "Donbass", un navire de contrôle de la marine ukrainienne quitte le port de Mariupol en direction de Kertch sans qu'une demande de franchissement ait été déposée auprès des services côtiers russes.
  • Plus tard, le FSB alerte que le navire "Donbass", au départ de Mariupol se dirige bien vers le pont de Crimée mais sans répondre aux consignes de la sécurité maritime ni changer de cap et menaçant la navigation aux abords du détroit de Kertch.
  • Le FSB renouvelle ses appels vers le navire ukrainien mais celui ci refuse toujours de répondre et affiche un tirant d'eau très important révélant un chargement très lourd (la ligne de flottaison est dans l'eau).
  • Le navire ukrainien "Donbass" est à 18 milles au Nord du Pont de Kertch, toujours en régime silence radio et ignorant les instructions lui demandant un changement de cap. Sans l'accord des autorités russes, il ne peut franchir le détroit qui se trouve dans les eaux territoriales russes. 
  • A 13h45, un navire de gardes côtes russes qui a rejoint le "Donbass" renouvelle les consignes et avertissements, le navire ukrainien qui ne répond pas se dirige vers la travée principale du pont de Crimée, menaçant la sécurité maritime du détroit.
Devant la menace créée par le navire ukrainien, le trafic maritime du détroit est suspendu
  • Le commandement ukrainien qui a été contacté sur le comportement anormal de son navire répond qu'il "ne sait pas ce qui se passe". Le navire quant à lui navigue dans le rail opposé et reste silencieux. le trafic maritime des 80 bateaux civils se trouvent à ce moment dans le détroit de Kertch est temporairement suspendu.
  • Le navire ukrainien "Donbass", après plusieurs heures de provocations ayant entrainé un blocage du trafic maritime et une mise en alerte des forces de défense russes, a finalement fait demi tour pour rallier son port de Départ Mariupol.
Ce qu'il faut observer dans ce nouvel incident maritime initié par la marine de guerre ukrainienne est qu'il se déroule en même temps qu'une discussion téléphonique entre les présidents Zelensky et Biden et juste au moment du vote d'une résolution présentée à  l'ONU concernant "la militarisation de la Crimée" où est demandée par Kiev "la liberté de navigation entre les mers Noire et Azov (résolution pour laquelle 63 pays ont voté pour, 55 se sont abstenus et 22 autres ont voté contre).

Comme à son habitude, Kiev, par la voix de son ministre de la défense a accusé la Russie d'avoir mené contre son navire une "attaque hybride", cherchant dans ce discours à saboter les négociations engagées entre Poutine et Biden à la suite desquelles ce dernier aurait rappelé à Zelensky de "respecter les accords de Minsk".

Selon Aleksey Reznikov, le navire du Donbass a agi conformément aux normes internationales alors qu'il se trouvait dans les eaux de la mer d'Azov, qui est une « mer commune ».

"Ils se trouvaient à une distance de 18 milles marins du détroit. Et cela fait plus de 33 km. Il y a eu une attaque du côté russe. Attaque hybride. Elle a été réalisée à un moment où les présidents Zelensky et Biden négociaient. Notre navire est déjà rentré au port d'attache. Il n'y a aucune menace pour la vie et la santé de l'équipage."

Que la mer d'Azov soit une mer commune personne ne le conteste, à commencer par la Russie, mais comme pour la Mer Noire où le passage du détroit du Bosphore (qui est dans l'espace maritime turc) est soumis aux procédures maritimes et douanières réglementaires, le passage du détroit de Kertch est lui aussi assujetti à des procédures similaires auprès des autorités russes qui sont sur leur territoire national.

Et dans le contexte actuel de la confrontation entre Kiev et Moscou qui se décline dans le Donbass par un conflit meurtrier depuis 7 ans, il est logique que tout comportement agressif ou anormal d'un navire provoque une alerte et des mesures draconiennes de la part des gardes côtes.   

Au vu du contexte, du comportement du navire qui refuse de répondre aux appels des autorités russes et de la réaction préparée de Reznikov il est évident que cette opération ukrainienne était une provocation planifiée qui cherchait une réaction violente des forces russes dans les eaux internationales (voilà pourquoi le "Donbass" est resté à 18 milles du détroit car dans les eaux territoriales, son arraisonnement voire sa destruction auraient été légales).
Imaginez, pour plaisanter à moitié quels auraient été les Unes ukro-occidentales si les gardes côtes n'avaient pas anticiper sur la provocation ukrainienne et réagit avec la force que nécessite la protection des eaux territoriales : "La Russie a attaqué le Donbass" ou "Poutine a donné l'ordre de s'emparer du Donbass " ou "À la suite de l'attaque russe sur le Donbass... des gens ont été tués" ou "Le Kremlin a coulé le Donbass."...

Ce n'est pas la première fois, ni la dernière, que l'Ukraine réalise une provocation maritime dans le détroit de Kertch, et les gardes côtes russes restent vigilants.

Erwan Castel

lundi 11 février 2019

Porochenko n'a pas compris la leçon de Kertch


Le 25 novembre 2018, Kiev pousse au sacrifice 3 unités navales vers les eaux territoriales russes du détroit de Kertch entre Mer Noire et Mer d'Azov, espérant un incident dramatique entre Kiev et Moscou exploitable par le camp occidental assoiffé de prétexte pour déclencher de nouvelles salves russophobes, politiques, économiques et bien sûr médiatiques alimentant la diabolisation de la fédération de Russie.

Or, rien ne s'est passé comme prévu, et le drame espéré par la propagande guerre n'a pas eu lieu dans le sang des marins et la destruction des bateaux ukrainiens, Les premiers, une vingtaine ont été arrêtés et les seconds arraisonnés et saisis légitimement et dans une violence retenue comme le prévoit le code maritime en cas de violation des eaux territoriales par des navires armés. Ce fut finalement un pathétique coup d'épée dans l'eau qui ne donna aucune suite sérieuse contre la Russie, en dehors des vociférations habituelles marionnettes de Kiev.


Tout faux pour Kiev !

Car comme l'a très bien démontré l'enquête indépendante menée le journaliste suédois Stephen Lindgren dans une analyse demandée par le média Nyhetsbanken, non seulement toutes les actions de la Russie étaient légitimes, mais de par la nature provocatrice et préméditée incontestable de cet incident maritime la culpabilité de Kiev ne fait aucun doute, notamment car : 
  • Les navires ukrainiens se sont approché du détroit de Kertch sans avertissement, n’attendant ni les pilotes russes responsables de son passage ni suivant les instructions des gardes-frontières responsables de la sécurité de la frontière maritime russe. Et ces fautes qui sont délits ont continué toute la journée avant que les russes se résignent finalement à employer la force pour faire respecter la loi maritime. 
  • Ce passage tenté par Kiev du détroit de Kertch ne peut être rattaché à la convention de 1982 sur le droit de la mer, car les unités ukrainiennes incriminées étaient des bateaux militaires armés transportant aussi des armes et munitions. 
  • De même la Convention de 1958 sur les eaux territoriales communes adoptée par la Russie et l'Ukraine, ne peut venir au secours de Kiev car là aussi elle n'a pas éta respectée par ces marins. en effet cette convention stipule clairement que: "les États côtiers ont le droit d'établir une procédure permettant d'obtenir le droit de passage des navires étrangers dans leurs eaux territoriales", ce qui a été défini entre Kiev et Moscou qui ont convenu que tout passage devait être prévenu par l'usager et soumis à l'autorisation de l'autre Etat côtier.
  • Kiev ne pourra pas non plus porter ses revendications devant des tribunaux internationaux car il s’agit d’une question de passage maritime dans des eaux intérieures, et l’Ukraine a rompu le traité d’amitié et de coopération de 1997 avec la Russie. En outre, l'incident ne peut pas être qualifié de violation du droit international par la Russie, chaque État ayant le droit de se défendre.
  • Et concernant le  traité d’amitié et de coopération signé entre la Russie et l'Ukraine, en 1997, là aussi il est inefficace aujourd'hui, car Kiev l'a rompu, empêchant de qualifier l'incident de Kertch de violation d'un traité international.
Bateaux ukrainiens arraisonnés et saisis et leurs équipages arrêtes le 25 novembre par Moscou 
alors qu'ils tentaient de forcer les eaux territoriales de la  Fédération de Russie

Au contraire, c'est bien la Russie qui est entièrement dans son droit, en référence au paragraphe 51 de la Charte des Nations Unies sur le droit de légitime défense, et qui précise qu'il s'applique à tout État qui voit son territoire envahi par des unités armées non autorisées.


Porochenko persiste et signe !

Le Président ukrainien pérorant de plus belle dans la course présidentielle à sa propre succession a promis dans une interview à ICTV, de rejouer la provocation de Kertch très prochainement mais avec une flottille plus importante à bord de laquelle seraient invités des observateurs internationaux comme ceux de l'OSCE et certainement des journalistes serves. 

De toute évidence, cette éventuelle nouvelle provocation qui pourrait être réalisée avec plusieurs unités de cette flottille de petits bateaux de classe "Gurza" comme les 2 bateaux saisis avec le remorqueur d'assaut en novembre dernier). La Russie de son côté répondra très probablement à cette provocation de la même manière que précédemment et en déployant certainement plus d'unités navales, peut-être issue de la flotte de la Mer Noire de Sébastopol. 

En filigrane de cette déclaration prétentieuse et déjà provocatrice du satrape de Kiev on devine les prétentions de l'OTAN de renforcer sa présence en Mer Noire et d'obtenir en représailles un accès à la Mer d'Azov pour ses unités navales qui était limité à l'Ukraine et la Russie par le traité de coopération de 1997, aujourd'hui rompu par Kiev.

Mais plus qu'une gesticulation militaire revendiquant une souveraineté maritime sur la mer d'Azov, une telle provocation viserait également des objectifs politiques et électoralistes. En effet l'impopulaire Porochenko, qui est en mauvaise posture dans les sondages électoraux le plaçant derrière les candidats Zelany et Timochenko, pourrait espérer dans une opération médiatisée où il prend la défense de ses marins, redorer son blason de candidat médiocre et revenir dans la course présidentielle.

Reste à savoir maintenant s'il s'agit d'une nouvelle rodomontade de Kiev sans suite comme on en a l'habitude ou d'une opération programmée, réelle et donc soutenue par les occidentaux.

Wait and see et pour les marins ukrainiens... "wet and sea" !

Erwan Castel


mercredi 5 décembre 2018

La relativité occidentale de la brutalité


La provocation ukrainienne qui a déclenché l'incident de Kertch le 25 novembre dernier entre la marine ukrainienne et les gardes côtes russes, n'a pas visiblement atteint les objectifs victimaires escomptés par Kiev pour stigmatiser la Russie et l’entraîner dans une crise majeure de dimension internationale dont la dramatisation maintenue par les réactions occidentales est une nouvelle preuve de leur russophobie malhonnète et psychotique. 

En effet d'un côté nous avons des gardes côtes russes qui devant la violation de leurs eaux territoriales et le refus d'obtempérer d'unités navales ukrainiennes armées, décident de les bloquer en utilisant au maximum une force contrôlée pour faire le minimum de dégâts parmi les équipages et les bateaux d'artillerie de Kiev. 
Résultat: 3 blessés ukrainiens et une flottille non détruite par les gardes frontières de la Fédération de Russie, alors que la loi russe et le droit maritime international les autorisaient à utiliser la force pour détruire les unités armées ukrainiennes violant leurs frontières .

De l'autre côté nous entendons depuis 10 jours (côté occidental) qu'il s'agit d'un "usage abusif de la force", d'une "brutalité sans limite" et même d' "un acte de guerre" de la Russie contre des navires ukrainiens qui ont juste été arraisonnés réglementairement et dont la vingtaine de marins (que Porochenko appelle "prisonniers de guerre") sont incarcérés en Russie au titre de la partie 3 de l'article 322 du Code pénal de la Fédération de Russie concernant le "franchissement illégal de la frontière de l'État" commis par un groupe de personnes lors d'un complot préliminaire, par un groupe organisé, ou faisant l'objet de violences ou de la menace de les utiliser. 

Voyons maintenant comment les gardes frontières ukrainiens réagissent devant une violation de leurs frontières maritimes :

L'incident remonte à l'année 2000 et concerne une goélette turque civile et désarmée venue réaliser une pêche au limet illégale dans les eaux territoriales ukrainiennes. Les gardes frontières ukrainiens ayant repérés une flottille de 3 goélettes turques civiles et désarmées ont décidé de les éperonner, de les canonner et de les couler... en toute impunité !

Destruction de la goélette turque "Yaram Ahmet" 
en Mer Noire par les gardes frontières ukrainiens
Une illustration s'il en était encore besoin de la malhonnêteté intellectuelle occidentale animée par une russophobie psychotique, et de la vraie brutalité des forces ukrainiennes, surtout quand leurs cibles sont des civils désarmés.

Et aujourd'hui ces cuistres viennent de concert avec leurs parrains occidentaux nous expliquer et geignant que les gardes frontières russes ont eu des "réactions disproportionnées et brutales inadmissibles" ?

A défaut d'avoir eu ses marins nager dans les eaux de la Mer Noire autour des derniers débris flottants de leurs bateaux, le pouvoir de Kiev nage dans le délire d'une inversion accusatoire pour le coup tellement disproportionnée qu'elle en devient ridicule, tout comme cette loi martiale consécutive qui n'avait même pas été décrétée au plus fort des combats de 2014 lorsque les unités d'assaut ukrainiennes se faisaient étriller dans les chaudrons frontaliers, d'Illiovaisk ou de Débalsevo par exemple.

Mais le résultat est là servi par une propagande de guerre occidentale qui fait passer le docteur Goebbels pour un amateur modéré. 

Quand est ce que les occidentaux vont-ils ouvrir les yeux sur la manipulation mentale dont ils font l'objet ? Quand la première bombe nucléaire tactique pétera quelque part entre Russie et Occident ? 

Certainement, mais alors il sera trop tard pour sauver la Paix dont la colombe à déjà du plomb dans l'aile !

Erwan Castel

lundi 3 décembre 2018

La tentation du pire


Les alertes menaçantes et les alarmes médiatiques qui fusent de part et d'autre de la ligne de front du Donbass ressemblent depuis 4 ans à ce conte populaire du jeune berger qui criait tellement de fois "au loup" que plus personne ne l'a crû je jour où l'attaque survint réellement. Et je ne compte plus depuis longtemps les surenchères propagandistes des rapports militaires réalisées par ces pseudo-journalistes rampant dans les alcôves ministérielles à la recherche de sensationnalisme et cherchent à entretenir la peur et se donner de l'importance. Il est devenu lassant de trier le bon grain de l'ivraie dans cette avalanche de communiqués banalisant la menace et l'alerte. Et pourtant au milieu du bluff et de l'exagération, du mensonge et de l'omission, de la confusion et de l'erreur mixés par une propagande médiocre réalisée par des amateurs finissant même par croire à leurs impostures, se cache souvent des faits réels et inquiétants.

Ainsi, depuis l'incident de Ketch, derrière l'accélération de la guerre habituelle des communiqués, des décisions et des actions importantes sont engagées tant sur le plan politique, économique que militaire.

Par exemple la loi martiale décrétée en Ukraine et limitée aux oblasts russophones, frontaliers de la péninsule de Crimée, Russie, Mer d'Azov et Donbass a déclenchée une ostracisation et des mesures répressives à l'encontre des russes travaillant en Ukraine et de la population locale :
  • Interdiction d'entrée dans le territoire pour les russes de 17 à 60 ans
  • Mobilisation des réservistes 
  • Réquisition par l'armée de véhicules et domiciles privés
  • Interpellations accrues parmi les civils traversant les blockposts du front 
  • etc...
Sur le plan économique, la situation est plus cocasse car si de nombreux portes-paroles de ce camp occidental soutenant Kiev préconisent de nouvelles sanctions pour la Russie, sur le terrain, c'est plutôt l'Ukraine qui avec la fermeture du détroit de Kertch et la loi martial paye un coût économique fort à sa provocation.

Sur le plan militaire, on observe un renforcement des positions ukrainiennes et surtout une agitation au niveau des bases arrières et des bases logistiques qui dépasse celle des habituelles rotations d'unités qui rythment l'activité militaire du front depuis plus de 4 ans.



Dans cette ébullition nouvelle il faut observer tout d'abord que :
  • Ce nouveau séisme politico-militaire a largement débordé le théâtre d'opérations du Donbass pour s'étendre par son épicentre de Kertch et son onde de choc internationale à toute la région maritime partagée entre la Russie et l'Ukraine et qui remet la péninsule de Crimée dont le retour référendaire en Russie malgré les discours de principe était quasi acté par la communauté internationale, au cœur des discussions et des tensions bellicistes.
  • Ensuite c'est la première fois que forces ukrainiennes et forces russes sont sciemment confrontées directement l'une à l'autre, et même si il est très exagéré de parler de "bataille navale", les bateaux ukrainiens en infraction frontalière s'étant rendus dès la première action coercitive russe, la crise russo-ukrainienne, après 5 ans de mensonges ukrainiens le prétendant est réellement passé au stade de la confrontation armée.
Les objectifs de cet incident de Kertch sont simples et multiples :
  • Restaurer l'union occidentale autour d'une Ukraine de moins en moins crédible.
  • Remettre en cause les accords maritimes internationaux des Mer Noire et mer d'Azov 
  • Activer la militarisation par l'OTAN de la Mer Noire et sa rive ukrainienn
  • Prolonger et augmenter les sanctions économiques anti-russes (vote en décembre).
  • Stigmatiser une nouvelle fois la Russie sur la scène internationale.

Le Président ukrainien Porochenko même s'il n'a pas d'autres choix que d'obéir aux directives étasuniennes y voit quant à lui l'opportunité de redorer son image et revêtant l'uniforme de commandeur et de tenter de prolonger une vie présidentielle fortement menacée par son impopularité à la veille du scrutin présidentiel de mars 2019.
De leur côté, les nationalistes de la rue, aux bataillons en passant par  les rouages de l'administration profitent aussi de cette escalade pour exprimer à nouveau leur russophobie haineuse en paroles et en actes dans des manifestations,des répressions et provocations contre les russes ethniques..Ce contexte rend également plus facile l'ostracisation des russes par les pouvoirs de l'Etat ukrainien comme la saisie des biens de l'Eglise orthodoxe russe en Ukraine, les interpellations ou les interdictions de territoire par exemple.


Enfin, l'armée ukrainienne peut passer à l'étape suivante de la "loi de réintégration du Donbass" grâce aux pleins pouvoirs dont elle dispose via la loi martiale, sur les autorités civiles et militaires comme par exemple le transfert de la Garde Nationale sous son autorité, la mobilisation des réservistes etc.

C'est ainsi que l'on a observé la mise en formation de combat de 3 brigades ukrainiennes dans la région de Mariupol (front Sud de la RPD), l'arrivée d'une brigade parachurtiste à Kontantinovka (front ord de la RPD), des renforts logistiques, des réquisitions de moyens civils et hospitaliers pour l'armée etc...


La tentation du pire du Président Porochenko

Si on peut dire que la provocation ukrainienne organisée à Kertch a réussi du fait qu'elle a obligé les russes à employer la force et se placer ainsi dans le collimateur de la propagande de guerre lourde occidentale, en revanche le sacrifice par Kiev de cette vingtaine de marins n'a pas atteint la dramatisation tragique espérée (pas un tué ni un bateau de coulé) et qui aurait fait de Kertch un "casus belli" (intention que l'on retrouve dans la sémantique des réactions ukrainiennes). La provocation malgré sa gravité importante reste dans la catégorie des incident frontaliers rares mais classiques qui sont observés sur ces zones dites "contestés frontaliers" et qu'on retrouve un peu partout à travers le Monde.

Et Kiev semble vouloir aujourd'hui s'engager dans une fuite en avant !

A ce stade Porochenko, qui n'a plus rien à perdre, est pris à son propre piège et s'est donc lancé dans une surenchère délirante d'invectives à l'encontre de la Russie et dans lesquels il tient des discours dont l'incohérence exacerbée par l'inversion accusatoire coutumière de la propagande occidentale frise une stupidité affligeante.

Ainsi dans une interview récente au "Funke Média Group" allemand, le gouverneur de la colonie Ukraine par exemple considère les marins appréhendés par les gardes frontières russes de "prisonnier de guerre". Or pour qu'il y ait des "prisonniers de guerre" faufrait-il qu'il y ait une guerre entre les pays concernés . Ce qui n'est pas (encore) le cas et qui a même été souligné par le Porochenko lui-même lorsqu'il expliquait il y a quelques jours les conséquences de l'instauration de la loi martiale 'partielle) en Ukraine Moscou de son côté n'a pas accordé le statut de prisonnier de guerre incarcérant les 21 marins (officiers sous-officiers, marins et agants du SBU) au seul chef d'inculpation de "franchissement illégal de la frontière de l'État" aux termes de la partie 3 de l'art. 322 du Code pénal de la Fédération de Russie (franchissement illégal de la frontière d'un État, commis par un groupe de personnes lors d'un complot préliminaire, par un groupe organisé, ou faisant l'objet de violences ou de la menace de les utiliser).  

Ensuite Porochenko, poussant son délire alcoolisé jusqu'à la limite du comique troupier, a prétendu que Moscou "tente de créer un corridor terrestre reliant le Donbass occupé à la Crimée occupée, en capturant Berdyansk et Marioupol". D'une part cette assertion n'a aucun rapport avec l'infraction maritime commise par ses marins, et d'autre part le satrape de Kiev semble oublier que c'est Moscou justement qui, pour ne pas envenimer la crise en septembre 2014, avait empêché aux milices du Donbass poursuivant les débris de l'armée ukrainienne laminée dans le chaudron d'Illiovaisk, de prendre la ville de Mariupol, de se replier et de geler les opérations militaires pour engager des pourparlers diplomatiques (Minsk 1)


A ce stade de la crise, le seul qui fait raccord entre le Donbass et son front de Mariupol avec la Crimée et son détrit de Kertch c'est bien Porochenko, dont le discours belliciste doit-être mis en perspective avec plusieurs indicateurs qui sur ce front Sud du Donbass viennent de se mettre au rouge :
  • La mise en ordre de bataille de 3 brigades d'assaut ukrainiennes dans le secteur de Mariupol,
  • L'arrivée concentrée de correspondants de grands médias occidentaux dans ce secteur (6 médias serves de la propagande occidentale dont CNN, Associated Press   et la BBC.
On peut donc raisonnablement, au vu du contexte et des observations réalisées, s'attendre à une nouvelle provocation ukrainienne cherchant à accuser la Russie d'une nouvelle agression. Un false flag comme par exemple un bombardement de civils des quartiers ouvriers de Mariupol (dont on sait qu'ils sont majoritairement pro-russes) et qui serait médiatisé et présenté comme un "casus belli" accélérant encore plus les sanctions économiques anti-russes, la militarisation de l'OTAN, le projet de déployer une force d'interposition pro-occidentale et servirait peut-être même de prétexte à des opérations offensives ukrainiennes.


Conscientes du nouveau caractère de cette menace ukrainienne ainsi que de son contexte augmentant sa probabilité d'exécution pendant la période de cette loi martiale pré électorale, les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk, sans toutefois procéder à une mobilisation ont augmenté le niveau d'alerte de leurs unités et élevé le niveau opérationnel de leurs forces de sécurité (police par exemple) pour participer si nécessaire à la défense militaire de leurs territoires.


Sur les polygones d'entrainement de la République populaire de Donetsk proches du front de Mariupol, des exercices tactiques des forces blindées et de leur artillerie d'appui ont été réalisés pour envoyer un message clair à Kiev : "nous sommes prêts à vous accueillir !"

Erwan Castel




dimanche 2 décembre 2018

Mac Cain s'est réincarné !

Plus ça va, moins ça va et plus Kurt Volker, le représentant spécial étasunien pour l'Ukraine, montre les symptômes d'une russophobie psychotique de plus en plus délirante et qui rappelle celle du sénateur John Mac Cain, le parangon du parti de la guerre américain décédé cette année mais dont le venin circule toujours dans les discours de ses fidèles.

Commentant l'incident de Kertch, cette éminence grise de Washington qui murmure à l'oreille du pantin Porochenko a déclaré : 

"Ce serait bien si l'Europe envisageait la possibilité d'introduire de nouvelles mesures restrictives à l'encontre de la Russie, ainsi que de nouvelles sanctions introduites à Washington. Ainsi, il est nécessaire de punir la Russie pour l'incident survenu dans la mer Noire"

Et ce chien de garde de la propagande russophobe mondialiste de rajouter, concernant la polémique de savoir qui a provoqué qui le 25 novembre entre les marins ukrainiens et les gardes côtes russes que "la question n'est pas pertinente" et que :

"Peu importe qui est responsable de ce qui s'est passé dans le détroit de Kertch, mais il est conseillé d'introduire de nouvelles sanctions contre la Russie et à la Russie même d'exiger la libération immédiate des navires et des marins ukrainiens. La Russie doit s'asseoir à la table des négociations"

Là, Volker réussit même à dépasser son mentor Mac Cain, dans le domaine du cynisme et de la haine, mais il lui reste au moins le mérite de la franchise !

Et cet incendiaire qui rêve de voir l'Europe à feu et à sang dans une guerre contre la Russie, espérant que cela réanime la santé économique d'une ploutocratie moribonde, n'est malheureusement pas le seul chien aboyant au sein de la meute des clébards occidentaux prêts à tout pour que l'Oncle Sam remplisse leurs gamelles d'esclaves.

Car, derrière le rideau déchiré des discours diplomatique de façade de l'ONU, de l'UE appelant à une désescalade des tensions et un réglement diplomatique de la crise de Kertch, les aboiements des va-t-en guerre soumis et irresponsables se font entendre de plus en plus fort. 

Voici quelques autres exemples de collabos occidentaux qui supportent le chaos mondial organisé et qui, complètement possédés par une russophobie délirante excitent dangereusement la meute des psychopathes ukropithèques suicidaires qui sous couvert d'une loi martiale partielle et partiale, radicalisent leurs discours belliciste, militarisent les zones frontalières avec la Russie, répriment les citoyens russes et intensifient leurs provocations dans le Donbass :

Sandra Kaniete et le sénateur Mac Cain

UNION EUROPÉENNE
  • Sandra Kalniete, députée européenne de Lettonie soutient un projet de résolution sur les relations avec la Russie, qui sera examinée par la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Dans ce projet qui propose une séries de nouvelles sanctions anti-russes, Kalniete préconise d’arrêter le projet commercial russe "North Stream 2" qui projette d'exporter le gaz vers l'Europe en contournant par le Nord l'Ukraine. Les USA se sont toujours opposé à ce projet commercial qui tisse des liens entre Moscou et les pays européens (principalement l'Allemagne qui est un de ses plus gros acheteurs de  gaz) et concurrence le marché américain. Cette volonté d'annuler le "North Stream 2" au titre de nouvelles sanctions éconiomiques contre la Russie est probablement un des objectifs majeurs de la provocation ukrainienne de Kertch, parrainée par les occidentaux.
  • Federica Mogherini, représentante de la diplomatie européenne déclare être "consternée" par le recours "inacceptable" de la force par la Russie lors de l'incident de Kertch et que l'UE "agira de manière appropriée, en coordination étroite avec ses partenaires internationaux" dans la formulation de sa réponse. 
  • Donald Tusk, President du Conseil Européen, s'est dit certain que l'UE renouvellerait en décembre ses sanctions économiques contre la Russie, après l'incident de Kertch.
GRANDE BRETAGNE
  • Theresa May, Première Ministre britannique qui considérait Mac Cain comme "un grand homme d'état, qui incarnait l'idée du service au-dessus de soi-même" commentant l'incident de Kertch a promis que  Londres allait pousser pour que des "sanctions appropriées" soient décrétées contre Moscou.
ALLEMAGNE
  • Annegret Kramp-Karrenbauer, Secrétaire générale de l'Union démocrate-chrétienne allemande que certains présentent comme la dauphine de Merkel, a demandé à l'Union européenne et aux États-Unis de discuter de la possibilité de fermer leurs ports aux navires russes venant des eaux de la mer d'Azov.
  • Norbert Röttgen, chrétien-démocrate qui dirige la commission des Affaires étrangères du Bundestag (chambre basse du parlement allemand), l'Europe pourrait devoir durcir ses sanctions envers Moscou après cet incident naval. "Je suis très inquiet devant le fait que nous avons affaire ici à un nouveau comportement de la Russie, qui recherche son expansion territoriale (...) Pour le moment, on ne parle pas de durcir les sanctions, mais de façon générale, je ne l'exclus pas".
AUTRICHE
  • Karin Kneissl, Ministre autrichienne des Affaires étrangères, a déclaré que l'UE envisagerait des sanctions en fonction "de l'exposé des faits et de l'attitude à venir des deux camps".
POLOGNE
  • Andrzej Duda, Président polonais  a annoncé que son pays était prêt à soutenir de nouvelles sanctions contre la Russie.
ESTONIE
  • Juri Luik, Ministre estonien de la Défense  a estimé que dessanctions "seraient le moyen le plus efficace de montrer au gouvernement russe" que les Européens sont déterminés
USA
  • John Herbst, ancien ambassadeur américain en Ukraine quant à lui, suggère d'interdire aux navires russes quittant les ports d'Azov d'entrer dans des ports situés en Europe et aux États-Unis.
ETC...

Ainsi, de nombreux laquais du parti de la guerre mondialiste, et malgré les réticences franco-allemandes actuelles à remettre une couche de sanctions économiques anti-russes pénalisant aussi leurs propres économies, ont donc bien répondu aux ordres sous forme de vœux de la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert lorsqu'elle déclarait:  "Le gouvernement américain a pris une position très forte pour soutenir l’Ukraine et nous voudrions que d’autres pays en fassent également plus".

Il est fort probable que nous assistions dans les prochains jours à une nouvelle escalade de la croisade anti-russe destinée à isoler encore plus Moscou de la scène internationale ainsi qu'aux militarisation accélérée de l'Ukraine par l'OTAN et radicalisation de son régime dictatorial.
Et si d'aventure certain pays européens hésitent (plus par cupidité commerciale que par éthique politique) a rejoindre l’hallali contre l'Ours, il est probable que de nouvelles provocations ukrainiennes en Mer Noire et dans le Donbass sauront les remettre dans le chemin de leur servitude au Nouvel Ordre Mondial. 

Quant à Moscou, le pouvoir semble avoir (enfin) compris qu'à l'Ouest il n'a pas un seul "partenaire" mais que des ennemis soumis et zélés prêts à servir de chair à canon à l'impérialisme de la marchandise.

Erwan Castel


Pour mieux découvrir ce dauphin de Mac Cain voir ici ; Kurt Volker et John Mac Cain 

jeudi 29 novembre 2018

La girouette Trump dans le vent de la guerre


Si les conseillers en communication de Macron semblent totalement inaptes et dépassés par l'hybris délirant de leur patronn revanche ceux de Trump ressemblent plus à des geôliers à moins que le locataire de la Maison Blanche ne soit finalement qu'une girouette sans sans cervelle.

En effet, face à l'incident de Kertch dont tous les éléments recueillis attestent que c'est bien une provocation préméditée ukrainienne dans les eaux territoriales russes et en complète violation avec le droit maritime international, le Président étasunien nous a gratifié de déclarations successives changeantes et même contradictoires, pour finalement se ranger dans le camp des bellicistes néo-conservateurs qu'il prétend combattre et qui dans cette affaire ne semble pas étrangers à l'organisation de cette provocation ukrainienne en mer d'Azov.
  • Le 25 novembre, Trump ne réagit pas publiquement à l'incident.
  • Le 26 novembre, dans un premier temps, Trump déclare à une journaliste qui lui demandait son ressenti au lendemain de l'incident "Je ne suis pas content du tout. Nous n'aimons pas ce qui se passe de toute façon. Et j'espère que tout sera réglé", mais à ce moment là, le Président des USA refuse de condamner le Russie .
De leurs côtés, Jens Stoltenberg, secrétaire général de OTAN et Nikky Halley, représentante US à l'ONU, dont on sait qu'ils appliquent toujours et avec zèle la stratégie et le discours russophobes des néo-conservateurs réagissent quant à eux à l'incident en condamnant violemment la Russie en promettant d’accélérer et même de renforcer la militarisation de l'Ukraine.




L'Union Européenne sous la coupe de l'hégémonie militaro-industrielle étasunienne rentre dans la meute avec son Président Donald Tusk qui  "condamne le recours à la force par la Russie dans la mer D'Azov. Les autorités russes doivent rendre les marins et navires ukrainiens et s'abstenir de nouvelles provocations."
  • Le 27 novembre, Trump tout en ne le souhaitant pas évoque l'annulation possible de sa rencontre avec Poutine qui doit avoir lieu à Buenos Aeres dans le cadre du G20.
    Pendant ce temps là, la meute hurlante autour du Kremlin grossit d'heure en heure à l'image de Heather Nauertl la porte-parole de la diplomatie américaine accuse la Russie d'être responsable d'une "escalade grave et dangereuse" de la confrontation entre Moscou et Kiev, sans parler des ukrops de Kiev qui viennent d'instaurer la loi martiale dans leurs régions pro-russes et évoquent comme le Président Porochenko par exemple une "guerre totale avec Moscou".

    Le 28 novembre, alors que les raisons électoralistes de la loi martiale décrétée par Porochenko candidat impopulaire à sa propre succession sont évoquées unanimement stratégie occidentale d'étouffement économique de la Russie s'invite aussi dans la crise de Kertch (à moins qu'elle n'était déjà embarquée dans les bateaux chargés de la provocation) apportant d'autres éléments de réponses pour comprendre pourquoi une telle dramatisation est organisée autour d'un incident somme toute prévisible et mineur par rapport aux événements de 2014. 
    Ainsi l'ancien premier ministre ukrainien post Maïdan Arseni Iatseniouk tendant sa sébile exhorte que "l'UE doit en faire plus pour soutenir l’Ukraine" tandis que la porte-parole US Heather Nauert demande "Une chose que nous aimerions, c'est que nos alliés européens fassent davantage pour assister l'Ukraine" et la représentante de la diplomatie érasunienne d'évoquer le projet "North Stream" destiné à faire contourner l'Ukraine aux livraisons de gaz russes et dont on sait qu'il est un point de désaccord entre les européens et les USA qui n'en veulent pas. 
    Et le même jour, les occidentaux commencent à évoquer de nouvelles sanctions économiques contre Moscou... on connaît la musique !
    • Et le 29 novembre, Trump après avoir annoncé en embarquant dans le vol aérien vers le G20 que sa rencontre avec Poutine se déroulerait comme prévu à un «moment très opportun finit par changer de cap en annulant à son arrivée à Bueno Aeres sa rencontre avec son homologue russe mais tout en déclarant: "J'ai hâte (de participer) de nouveau à un sommet constructif (avec M. Poutine) dès que la situation sera résolue !"
    A ce stade des déclarations contradictoires et même incohérentes du Président de la 1ère puissance mondiale on peut vraiment se demander s'il lui reste encore un pouvoir décisionnel ou même une marge d'initiative, ou si la Maison Blanche n'est pas devenue tout simplement une annexe de Disney Land où Donald n'est qu'une marionnette. 

    Dans le gestion de la crise de Kertch, le Président des USA a montré son inutilité et surtout son impuissance. Déception pour la paix car si il y a bien un moment ou le dialogue s’avère justement crucial, c'est bien au cœur des conflits, mais sans surprise car cela prouve une fois de plus que Trump est pieds et poings liés dans le jeu du grand échiquier toujours tenu par les néoconservateurs bellicistes et russophobes .
    Car refuser un dialogue pendant une confrontation majeure entre 2 pays tiers, c'est bien fermer la porte à toute chance de médiation et de résolution pacifique du conflit mais donner un blanc seing à l'escalade dangereuse souhaitée par ceux là mêmes qui ont initié la provocation. 

    Et les buts des occidentaux sont clairs et confirmés dans leurs réactions viscérales à l'incident de Kertch dont les conséquences et objectifs sont de :
    • Militariser l'Ukraine et les mers Noire et Azov (Jens Stoltenberg de l'OTAN)
    • Relancer de nouvelles représailles économiques contre la Russie (Union Européenne)
    • Renforcer l'isolement politique de la Russie (ONU et USA)
    • Prolonger la vie présidentielle de Porochenko 
    • Exciter la guerre dans le Donbass sur le cadavre des accords de Minsk
    Si le droit est bien du côté de la Russie et de ses forces de sécurité qui à Kertch ont simplement rempli leur devoir (et avec beaucoup de retenue), en revanche ce sont les occidentaux, perdant en Syrie, qui en trichant en Ukraine ont repris la main dans cette confrontation avec Moscou où, à l'exemple des ses 3 bateaux  sacrifiés dimanche dans le détroit de Kertch, il veulent utiliser l'Ukraine , une fois sa militarisation achevée,comme un bélier contre la Russie.

    Et le spectre d'une nouvelle guerre de Crimée d’apparaître à l'horizon de la nouvelle année 2019, en plus de celle qui dans le Donbass se réchauffe à nouveau.

    Erwan Castel

    mercredi 28 novembre 2018

    Pantin ukrop et marionnettiste yankee


    Le contexte 

    On le sait, le coup d'Etat du Maïdan, même s'il s'appuie sur un mécontentement populaire réel est une opération de "Change power" orchestrée par les néo-conservateurs étasuniens appuyés par leurs clébards de l'Union Européenne et qui vont lancé les paramilitaires néo-nazis dans un renversement du gouvernement Ianoukovitch.

    Depuis cette opération contrôlée par les services américains et financée par le Département d'Etat US, les occidentaux, à travers leurs institutions politique (UE), financière(FMI) et militaire (OTAN) ont entamé une préemption de l'Ukraine qui toutefois connait 2 échecs majeurs qui les empêchent de finaliser leur capture géostratégique: la Crimée géostratégique (flotte russe de la Mer Noire à Sébastopol) qui en mars 2014, a rejoint par référendum la Fédération de Russie (fermant une parenthèse ukrainienne de 60 années) et le Donbass industriel (1ère région économique de l'Ukraine et frontière avec la Russie) qui a réalisé la même année un soulèvement armé et une sécession en autoproclamant des Républiques Populaires à Donetsk et Lugansk sous tutelle russe. 

    Depuis la guerre économique et diplomatique fait rage entre les Occidentaux et la Russie tandis qu'un conflit militaire couve entre Kiev et Moscou.

    Cette fin d'année 2018, malgré la stabilisation des tensions en Crimée et dans le Donbass où la guerre est enlisée dans des tranchées par les accords de Minsk, une escalade des tensions politiques et militaires est brusquement déclenchée à la fin de l'été avec l'assassinat du Président de la République Populaire de Donetsk, Alexandre Zakharchenko. Depuis cet attentat terroriste, perpétré par les services ukrainiens, le situation, sur fond de campagnes présidentielles dans le Donbass (novembre 2018) et en Ukraine (mars 2019) ne cesse de se dégrader, et de façon exponentielle sur les fronts diplomatique et militaire de cette nouvelle guerre européenne qui commence et que personne n'ose encore nommer.

    Et dans cette escalade le pouvoir ukrainien, laquais de la stratégie belliciste russophobe  mondialiste vient de franchir une ligne rouge en provoquant l'incident de Kertch entre Mer Noire et Mer d'Azov. C'est, depuis la crise de 2014 et la guerre dans le Donbass, la première fois que des forces russes et ukrainiennes se heurtent volontairement à l'initiative de ces dernières. Dans cette provocation Kiev a volontairement sacrifié 3 de ses unités navales qui sont aujourd'hui, bateaux et équipages aux mains des autorités russes qui ont été poussées à faire usage de la force pour protéger leur espace maritime..

    Mais le plus hallucinant dans cet incident c'est de voir l'inversion accusatoire immédiate et générale mise en place par les occidentaux et leurs chiens de garde médiatiques alors qu'un quidam qui regarde les faits et la réglementation maritime peut voir immédiatement qu'il s'agit d'une provocation ukrainienne flagrante. 
    En effet les eaux continentales de la Mer d'Azov sont régies par le Traité sur le statut juridique de la mer d’Azov et du détroit de Kertch, signé en 2003 par la Russie et l’Ukraine, et qui prévoit que l’entrée de navires militaires en mer d’Azov n’est autorisée que par consentement mutuel. L’Ukraine, aujourd'hui est en train de contester le traité pour pouvoir militariser cet espace maritime en y installant une flotille militaire rattachée à une base navale actuellement en construction à Mariupol.

    Or cet incident provoqué par Kiev est une violation flagrante des articles 7, 19 et 21 du Droit maritime:
    • Article 7 : “Sous réserve des dispositions de la présente Convention, les navires de tous les États, qu’ils soient côtiers ou enclavés, jouissent du droit de passage innocent dans la mer territoriale”.
    • Article 19-1 : ” Le droit de passage est dit innocent tant qu’il ne porte pas atteinte à la paix, au bon ordre ou à la sécurité de l’État côtier. Ce passage se fera conformément à la présente convention et aux autres règles du droit international.” 
    • Article 21-4 : “Les navires étrangers qui exercent un droit de passage innocent dans une mer territoriale doivent se conformer à toutes les lois et réglementations [de l’État côtier] et à toutes les réglementations internationales généralement acceptées relatives à la prévention des abordages en mer.
    Avec incident majeur, que Kiev a volontairement provoqué dans l'espace maritime contesté de la Crimée pour lui donner une répercussion et surtout une exploitation internationale à moindre frais, la propagande de guerre occidentale vit un nouvel accès de russophobie hystérique et belliciste que j'évoquais dans un premier bilan de la provocation de Kertch.

    Depuis, l'Ukraine, la Russie, mais aussi les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk qui sont aux avants postes de la Fédération de Russie sont sur le qui vive, et sous la menace d'un conflit ouvert entre Kiev et Moscou qu'une nouvelle étincelle peut allumer à tout moment. 


    Les montées vers le front 

    Quelques exemples des agitations militaires observées ici et là :

    Côté ukrainien, 

    L'instauration de la loi martiale dans les régions limitrophes de la Crimée, de la Russie et des Républiques de Donetsk et Lugansk a exacerbé le renforcement militaire des frontières ukrainiennes et de la ligne de front du Donbass, sans compter le durcissement des contrôles exercés sur les populations.



    Voici une colonne de porte-engins civils réquisitionnés transportant des véhicules blindés ukrainiens vers les frontières.

    Cette loi martiale établi pour un mois renouvelable (quel changement notable pourrait désormais empêcher sa prolongation ? : un changement de statut de la Mer d'Azov ? impossible. un cessez le feu effectif dans le Donbass ? impossible. etc.) est une épée de Damocles au dessus des populations pro-russes controlées par l'Ukraine et un outil à la dispostion de Porochenko pour neutraliser son opposition électorale, saboter voire annuler à moyen terme le scrutin présidentiel de mars.

    Côté russe,

    Les forces de défense maritimes de la Fédération ont envoyé dans la région de Kertch des systèmes de missiles Terre-Mer destinés à protéger l'espace maritime dans sa totalité et contre n'importe quelle force maritime hostile qui tenterait de le pénétrer sans autorisation. 



    Par ailleurs des unités de combat terrestres, navales et aériennes ont été mises en état d'alerte dans la région pour pouvoir réagir immédiatement à toute nouvelle provocation de la part de Kiev.

    Du côte des Républiques du Donbass, 

    Les unités ont renforcé également leur positions défensives et leur vigilance et sont prêtes à encaisser un choc blindé ukrainien qui s'il a lieu, risque probablement d'être localisé comme mors des dernières actions provocatrices réalisées sur les secteurs de Shirokino, Avdeevka ou Svitlodarsk. Les soldats, aujourd'hui équipés, entraînés et positionnés sur des positions fortifiées sont plus que motivés pour accueillir ces ukropithèques qui depuis plus de 4 ans les provoquent de loin avec leur artillerie. 





    Et toujours les boys de l'Oncle Sam...  

    L'ingérence étasunienne en Ukraine n'est même plus cachée par Washington, qui renforce continuellement ses instructeurs ses livraisons de matériels et d'armes, ses exercices avec l'OTAN etc... en toute contradiction avec son positionnement diplomatique vis à vis de la gestion de le crise et des accords de Minsk qui tentent de la résoudre pacifiquement. 
    Pire que cela les pions de l'OTAN apparaissent de plus en plus fréquemment dans les zones conflictuelles du Donbass et de la Mer Noire où ils assistent ouvertement l'effort de guerre ukrainien.

    Ainsi autour du détroit de Kertch les ressources stratégiques d'observation étasuniennes sont actives avant pendant et après la provocation ukrainienne (voir l'article ci après de Valentin Vasilescu) 


    Par exemple hier 27 novembre  une nouvelle mission avion Boeing anti-sous-marin de type P-8A Poseidon a effectué mardi un vol de reconnaissance dans la région du détroit de Kertch et de la Crimée s'approchant des côtes de la péninsule russe à une distance de 31 km. et le même jour un autre vol de drone stratégique US de type Global Hawk RQ-4A, a été repéré dans le secteur sud de la ligne de front du Donbass.

    Si le RQ-4 Global Hawk est un drone stratégique. exclusivement dédié à des missions d'observations ( jusqu'à 30 heures à une altitude pouvant atteindre 18 000 mètres), en revanche le Boeing P-8 Poseidon lui est  avion de patrouille anti-sous-marin conçu pour détecter mais aussi détruire les sous-marins ainsi que de participer à des opérations anti-navire. 

    Mission d'observation du P8A Poséidon érasunien le 27 novembre 2018 au large de la Crimée 

    Vu la portée des équipements électroniques et des radars embarqués par ces aéronefs, ce ne sont pas seulement les secteurs du Donbass et de Crimée qui sont observés (ce qui constitue déjà un ingérence importante) mais aussi le territoire russe limitrophe comme lles régions de Krasnodar ou Rostov par exemple.
     Le ministère russe de la Défense a demandé à plusieurs reprises à Washington d'abandonner de telles missions intrusives, mais le Pentagone a refusé. 

    L'OTAN est donc aujourd'hui ouvertement au côté des forces ukrainiennes qui sont engagées dans une guerre contre les russes ethniques du Donbass et des provocations contre la Russie en Mer Noire et son prolongement, la Mer d'Azov. 


    Un prétexte pour accélérer l' "OTANisation" de l'Ukraine 

    Jusqu'à aujourd'hui, la militarisation atlantiste de l'Ukraine se faisait surement mais aussi lentement, trop lentement au goût de Porochenko et certainement aussi de ses parrains occidentaux. Il fallait à Kiev un prétexte pour accélérer le processus sans que cela apparaisse comme une manœuvre offensive mais plutôt une mesure défensive contre la Russie. 


    Dans les prochains jours, si une guerre ouverte entre Kiev et Moscou n'est pas encore à l'ordre du jour, en revanche sa probabilité n'a jamais été aussi forte depuis 2014, et il faut s'attendre probablement à voir se réaliser de nouvelles provocations ukrainiennes, d'autant plus que Kiev vient d'y être largement encouragée par l'attitude partiale et hystérique des occidentaux.

    Et la prochaine provocation majeure ukrainienne pourrait se dérouler maintenant sur le front du Donbass.

    Ce qui est sûr c'est que de nouvelles mesures anti-russes vont être prises et que les activités de l'OTAN dans cette région vont se développer en accélérant pour s'y installer durablement, comme par exemple la base navale britannique prévue à Odessa, où celle d'Ochakov, construite en ce moment par les américains sur le littoral ukrainien au large de la Crimée..

    Par ailleurs la crise a relancer le projet d'une base américaine en Ukraine "pour régler les questions de dissuasion militaire" affirment hypocritement Kiev et Washington qui ont déjà entamé les négociations pour ce projet.


    Dégâts provoqués sur le bateau artillerie ukrainien Berdyansk par les gardes frontières russes alors qu'il tentait de forcer les eaux territoriales russes

    Mais ce qu'il faut aussi retenir dans cette nouvelle escalade provoquée par Kiev et ses parrains occidentaux, c'est que la Russie n'a pas hésité a faire usage de la force (tout en la limitant au maximum) et même à ouvrir le feu sur les provocateurs ukrainiens en acceptant cette fois l'affrontement direct sur le terrain. Cette réaction russe un avertissement clair aux américano-ukraino-atlantistes : "Cette fois on arrête de jouer !"


    Erwan Castel 


    Voici une analyse très intéressante de Valentin Vasilescu qui non content d'illustrer le "2 poids 2 mesures" des occidentaux concernant les incidents frontaliers et le droit d'usage de la force pour les pays menacés retrace l'historique des activités des ressources de renseignement occidentales et particulièrement de l'armée américaine dans la région quelques temps avant l'incident de Kertch , où comme les morceaux d'un puzzle, elles apparaissent comme une préparation à cette provocation majeure. 


    Source de l'article : Réseau international

    Détroit de Kertch : 
    l’incident avait été préparé et planifié bien avant par les Etats-Unis


    Par Valentin Vasilescu

    Il est très facile pour un avion pirate de saboter l’infrastructure d’un grand aéroport, de mettre les pistes hors service, de provoquer des explosions dans les terminaux, de faire sauter des avions au sol, etc. Selon les conventions internationales, lorsqu’un aéronef entame la procédure d’atterrissage mais n’a pas auparavant demandé le survol de l’espace aérien d’un État et l’approbation d’atterrissage à cet aéroport, il devient un aéronef criminel. Par conséquent, l’avion est automatiquement intercepté par des avions de chasse. Lorsque l’aéronef est un appareil appartenant à un État, c’est à dire militaire, des garde-côtes ou de la police, l’État auquel il appartient est considéré comme un agresseur. Toutes les conventions internationales obligent les États signataires à punir la tentative d’acte illégal.

    En comparaison, le pont et le détroit de Kertch sont soumis aux mêmes règles. L’incident du 25 novembre est bien connu et il n’est pas besoin d’y revenir. La réaction de l’envoyé spécial américain en Ukraine, Kurt D Volker était celle de quelqu’un qui ne respecte aucune convention internationale : « La Russie limite le déploiement du trafic maritime en attaquant et en empêchant les navires ukrainiens pacifiques de se rendre dans un port ukrainien ». Il est remarquable que la Russie ait perdu quelques heures à pourchasser et tenter de dissuader les vedettes rapides « pacifiques » de l’armée ukrainienne à l’entrée du détroit de Kertch, et à essayer de résoudre le problème par des moyens diplomatiques. En revanche, lors des deux guerres du Golfe, des avions militaires américains ont bombardé et fait couler « préventivement » une centaine de navires irakiens dans les eaux territoriales irakiennes avant que ceux-ci n’apprennent que la flotte américaine était sur le point de commencer à envahir l’Irak.

    L’hélicoptère russe de reconnaissance et d’attaque KA-52, qui surveille l’évolution de la situation dans la région du détroit de Kertch, est équipé du canon 2A42-1, de calibre 30 mm, cadencé à 500 projectiles/minute et de deux blocs UB-32/57, avec 64 missiles réactifs S-5 M. Si la Russie avait adopté la même attitude que les États-Unis, les deux petits navires ukrainiens, armés mais non blindés, avec un déplacement de 50 tonnes, auraient été pulvérisés et auraient coulé dès la première minute.



    Certaines controverses sont en train de naître :

    Deux des trois petits navires ukrainiens impliqués (Berdyansk et Nikopol) appartiennent à la classe Gyurza-M et sont basés au port d’Odessa. Depuis juillet 2018, deux autres navires de la même classe (Lubny et Kremenchuk) de la marine militaire ukrainienne, à partir du port militaire de Berdiansk sont entrés dans la mer d’Azov. Les navires de la classe Gyurza-M sont construits dans l’usine d’armement Kuznya na Rybalskomu au centre-ville de Kiev. Une usine contrôlée par le milliardaire président de l’Ukraine, Petro Porochenko. Les quatre navires ont été transportés de l’usine à leurs bases par la route à l’aide de remorques de voitures. Pourquoi l’Ukraine a-t-elle forcé les choses maintenant ?


    Le 5 novembre, un avion russe Su-27 a intercepté un avion américain ELINT EP-3 volant à proximité des eaux territoriales de la Crimée. Le 19 novembre, un avion de reconnaissance israélien Gulfstream G-550 Nachshon Aitam (indicatif du vol 537) a survolé la mer Noire autour du détroit de Kertch. L’incident survenu dans le détroit de Kertch a été surveillé pendant toute la journée par des avions de reconnaissance américains SIGINT. L’un d’entre eux, de type RC-135V, série 64-14841, indicatif JONAS 21, basée dans la baie de Souda, sur l’île de Crète, a évolué sur le rivage de la mer Noire, près de la Crimée. Un second aéronef, un drone de haute altitude de type RQ-4B, série 11-2047, avec l’indicatif FORTE10, a volé à l’est de l’Ukraine près de la mer d’Azov. Le RQ-4B est exploité à partir de la base navale américaine de Sigonella, sur l’île de Sicile.

    ( Pour plus d'info sur les drones stratégiques RQB ("Global Hawk") voir le lien  : Drone US )


    À la suite des exercices de l’OTAN ”Trident Juncture 18”, le porte-avions américain Harry Truman a été redirigé vers la mer Méditerranée. Il y a formé un groupe de frappe (CSG) avec trois destroyers de la classe Arleigh Burke et un croiseur de la classe Ticonderoga. Le porte-avions américain Harry Truman a à son bord 90 avions de combat et hélicoptères et a déjà lancé un exercice de combat non planifié. Le CSG est appuyé à partir de la base de Sigonella par un avion de reconnaissance P-8A série 168859, qui surveille la zone de la Méditerranée orientale, de la mer Égée et de la mer Noire. A cette même fin, le CSG avait utilisé le même avion de reconnaissance EP-3 de la série 157316, indicatif AS17, qui a été intercepté par les Russes le 5 novembre sur la côte de Crimée et qui avait décollé de la baie de Souda dans l’île de Crète.

    Les ‘théoriciens du complot’ disent que ce n’est pas une coïncidence, l’incident du détroit de Kertch aurait été préparé à l’avance, puisqu’il s’agissait d’un acte prémédité. Les États-Unis poussent l’Ukraine par derrière pour provoquer une réaction militaire de la Russie, offrant ainsi l’occasion aux formations CSG autour du porte-avions Harry Truman de frapper les cibles militaires russes dans la péninsule de Crimée. Une fois de plus, seule la modération de la Russie à empêché l’escalade qui aurait engendré une possibilité d’intervention de la part des Etats-Unis.

     Valentin Vasilescu