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mercredi 12 janvier 2022

Au Kazakhstan la vérité fait surface


L'intervention militaire de la Russie et de 5 autres pays de l'OTSC est un total succès et le retrait de ces forces qui ont appuyé la sécurisation du pays pendant que l'armée kazakhstanaise rétablissait l'ordre dans les villes en proie aux émeutiers, commencera le 13 janvier prochain.

L'OTSC, articulée autour des capacités militaires russes de pouvoir projeter sans délai des forces massives à des milliers de kilomètres de leurs bases, apparait désormais comme l'équivalent de l'OTAN, à la grande différence près que, contrairement à l'alliance atlantique qui est devenue une arme offensive aux ordres de Washington, cette organisation de défense n'intervient que dans des missions défensives et sur demande des Etats concernés.

Cette intervention fulgurante de la Russie pour venir en aide au Kazakhstan a complètement  décontenancé la Maison Blanche dont le secrétaire d'Etat a envoyé une demande balbutiante au président Tokaïev, lui demandant pourquoi il avait demandé à l'OTSC qui est sous commandement russe d'intervenir pour l'aider à rétablir l'ordre dans son pays (comme si le Kazakhstan pays souverain d'Asie centrale avait des comptes à rendre à Washington !)

10 jours après le début des manifestations qui ont plongé le Kazakhstan au bord d'un chaos mortel, et tandis que l'ordre revient dans le pays grâce à l'appui des soldats de la paix de l'OTSC mené par la Russie, la vérité commence à se frayer un chemin au milieu des exagérations propagandistes et on peut dire aujourd'hui que ce pays qui est la clef de voûte de l'Asie centrale a été victime à la fois de l'incurie d'un pouvoir oligarchique finissant, provoquant une guerre de clans politiques et de revendications socio-économique populaires et légitimes aux manifestations parasitées par des mafias locales et des agents étrangers.

Pour résumer la crise majeure qui frappe le Kazakhstan est la conséquence du pourrissement d'un pouvoir oligarchique qui non seulement a failli à ses devoirs socio-économiques mais a également ouvert les portes du pays à des officines subversives étrangères qui ont facilement organisé sur l'impopularité du pouvoir des réseaux pour initier et encadrer des soulèvements populaires au profit d'un basculement du pays dans le camp occidental. Le doublement du prix du carburant (de 60 à 120 tenge) aura suffit à mettre le feu aux poudres.

Avant que n'interviennent la Russie, l'officiel président Tokaiev restait l'otage du système mis en place par son prédécesseur Nazarbayev qui, après 29 ans de pouvoir oligarchique sans partage, s'était en réalité juste retiré dans l'ombre d'un Conseil de Sécurité national d'où il continuait à diriger un appareil d'Etat dont nombre de responsables lui étaient redevables. Après que Nazarbayev ait démissionné de ses fonctions au Conseil de sécurité (au profit de Tokaïev) et au lendemain de l'arrivée des forces de l'OTSC, le discours officiel a nettement changé :

S'il est toujours question d'une tentative de coup d'Etat ayant instrumentalisé une protestation populaire, les communiqués ont abandonné le fantasme initial d'une invasion de 20 000 combattants étrangers envahissant les rues d'Almaty (même si effectivement quelques dizaines de mercenaires y ont été tués ou arrêtés) pour se concentrer sur des trahisons au sein des services de sécurité qui ont laissé faire et pour certains même aider les émeutiers tout en reconnaissant par les réformes engagées, la légitimité de la contestation populaire. 

Dans un communiqué récent, le président Tokaïev, certainement libéré du système Nazarbayev par l'intervention de l'OTSC qui a autant sécurisé les enquêtes internes autant que les sites extérieurs, a déclaré :

  • Que le Kazakhstan a subi une tentative de coup d'Etat,
  • Que les services de sécurité ont au couvert et même participé aux troubles, 
  • Que l'armée est restée loyale et efficace, et a rétabli l'Etat de droit avec l'aide de l'OTSC,
Et surtout: 
  • Il accuse un groupe d'oligarques du clan Nazarbayev d'avoir provoquer cette situation en s'éloignant des intérêts du peuple, pour récupérer tous les bénéfices de la croissance économique du Kazakhstan. 
  • Il accuse les douanes (appartenant aux services de sécurité) de ne pas surveiller correctement la frontière chinoise, laissant et participant au passage de milliards de dollars sans contrôle, donc sans taxe.
Parmi les mesures immédiates prises 
  • Un audit des banques et fondations appartenant à cette oligarchie pour reprendre de l'argent et en faire bénéficier le pays et le peuple.
  • Suppression de plusieurs taxes et gel des salaires des fonctionnaires pour 5 ans.
  • Retour des prix du carburant au niveau précédent la crise....

Qu'en est-il des trahisons internes kazakhstanaises ?

Dans ce domaine un brouillard persiste encore quant aux tenants et aboutissants des implications internes aux manifestations mais on peut observer qu'en plus du limogeage du gouvernement, une épuration est en cours dans l'appareil d'Etat kazakhtanais et notamment au sein du KNB, le Comité de Sécurité Nationale du Kazakhstan: 
  • Nazarbayev, l'ancien président du KNB a (été) démissionné du poste de Directeur, qui aujourd'hui est occupé par le président Tokaiev lequel peut enfin peut prendre possession de ses pleins pouvoirs.
  • Karim Massimov, l'acien directeur du Comité de Sécurité National a été arrêté pour avoir caché des informations "sur des camps d'entraînement de militants islamistes dans les régions montagneuses du pays"
  • Deux autres directeurs adjoints du KNB ont été également arrêtés pour leurs responsabilités dans la crise survenue et les émeutes qui ont porté atteinte à la sécurité nationale du Kazakhstan.
De plus des connexions ont été révélées entres ces traitres et des oligarques très proches de Nazarbayev, ce qui confirme l'existence d'une opposition entre l' oligarchie installée et les vues politiques du président Tokaïev qui voulait engager des réformes anticorruption. Et c'est là qu'apparait toute la perversité d'une oligarchie corrompue par les USA en échange d'ingérences croissantes occidentales, qui va tenter de renverser l' "empêcheur de tourner en rond"  par ceux là mêmes qui souffrent de leur système capitaliste.

Et là encore un parallèle est à faire avec les événements du Maïdan ukrainien : lorsque le président Ianoukovitch ne cédant pas au chant des sirènes occidentales et abandonne le projet économique avec l'UE, les oligarques ukrainiens comme Korchinsky vont exciter des manifestations populaires avec des éléments extrémistes connus des services de sécurité corrompus du SBU pour provoquer des heurts et radicaliser le mouvement vers un coup d'Etat. Ainsi comme plus tard au Kazakhstan, les services de sécurité ukrainiens  ukrainiens ont laissé se développer des camps d'entrainement paramilitaires de l'organisation néo-nazie Trident de Dmitry Iarosh dont le parrain n'est autre que Valentin Nalyvaichenko, un des directeurs du SBU ! (on retrouvera cette implication de membres des services de sécurité plusieurs fois comme par exemple lors du massacre d'Odessa où ils couvrent les radicaux néonazis opérant contre les manifestants fédéralistes).

Et la triangulation mondialiste entre USA, oligarchie locale et extrémistes utiles qui a opérer la bascule de l'Ukraine dans le camp occidental apparait encore au Kazakhstan, les radicaux islamistes prenant la place des radicaux bandéristes dans le rôle des idiots utiles de l'impérialisme mondialiste:

Et comme par hasard ! qui retrouve t-on sur cette photo prise en 2015
au Kazakhstan ? : Joe Biden, alors vice Président des USA et son fils
Hunter Biden, accompagnés de Kenes Rakishev (à gauche) un des plus
riches oligarques du Kazakhstan et... Karim Massimov, le Directeur du 
Comité de Sécurité Nationale du Kazakhstan. Le businessman Hunter
Biden, qui profite depuis des années du népotisme de son paternel, est 
en affaire avec Kenes Rakishev, au Kazakhstan mais aussi en Ukraine où
il est placé au conseil d'administration de Burisma, une société holding
gazière ukrainienne, au lendemain du coup d'Etat du Maïdan soutenu par
l'administration Obama. Quant à 
Karim Massimov, il ouvre les portes du
KNB aux services occidentaux via des partenariats "antiterroristes"...

Je pense qu'il n'est pas nécessaire de faire un dessin pour mieux comprendre...


Qu'en est-il des responsabilités étrangères dans le chaos ? 

Aujourd'hui il est évident que les chiffres annoncés initialement concernant les effectifs de d'agents étrangers dans les émeutes ont été largement exagérés pour détourner l'attention d'e la légitimité d'un mouvement de protestation populaire (qui dans la majorité des villes n'a pas dégénéré en émeutes violentes) amalgamant les manifestants avec ceux des émeutiers et ceux des émeutiers avec les quelques agents étrangers repérés. Cependant cela ne veut pas dire pour autant que les accusations d'ingérences étrangères sont des allégations totalement mensongères.

Plusieurs indices montrent que des agents étrangers pro occidentaux ou pro turcs ont été effectivement actifs dans cette révolution ratée :

Primo : un réseau important d'ONG étasuniennes du réseau Soros, de conseillers militaires de l'OTAN, de sociétés économiques occidentales, d'associations culturelles et droitsdel'hommistes étasuniennes s'est progressivement implanté au Kazakhstan en graissant au passage les pattes des oligarques locaux (voir l'article ici).

Secundo : une coordination pilotée de l'étranger via les réseaux internet des actions de déstabilisation, dont la rapidité des actions, les moyens dédiés et l'organisation démontrent une préméditation et une préparation bien antérieure à cette hausse des prix qui a déclenché les manifestations.

Tertio :  la présence effective, bien que faible, d'étrangers parmi les émeutiers, et dont certains ont été payés pour participer aux manifestations et que l'on retrouve aux premiers rangs des émeutiers avec les extrémistes locaux (ce qui n'est pas sans rappeler la procédure employée sur le Maïdan), 

Dans un article précèdent sur le Kazakhstan, j'avais évoqué le rôle, avoué par lui-même, de l'opposant politique et escroc international Mukhtar Ablyazov dans la coordination des manifestations, ainsi que les connexions des émeutiers avec le réseau terroriste "Etat Islamiste".

Et d'autres noms très intéressants apparaissent chaque jour comme par exemple celui de Andreï Nikolaievich Garbouziouk qui est un des administrateurs des réseaux sociaux chargés d'informer et coordonner les manifestations au Kazakhstan. Or, ce Garbouziouk, n'est ni plus ni moins qu'un lieutenant colonel des forces armées ukrainiennes chef l'unité militaire A2455 appelée du 83ème 83e TsIPSO qui est  un "Centre d'informations et d'opérations psychologiques" basée à Odessa !

DCK un des réseaux utilisés pour informer et coordonner
les actions subversives au Kazakhstan et qui a permis de
repérer les agents ukrainiens à l'œuvre dans cette crise.
Cet officier ukrainien, né le 13 décembre 1981 dans le village de Novaya Chertoriya district de Lyubarsky, région de Jitomir est diplômé de l'Institut militaire d'électronique radio. Garbouziouk travaille en étroite collaboration avec Ablyazov planqué à Paris derrière un statut de réfugié politique et des ressortissants kazakhstanais vivant en Ukraine comme par exemple Eldos Nasipbekov (23 ans) et Zamanbek Tleuliyev (27 ans), 2 ressortissants kazakhs qui opèrent sous contrôle des services spéciaux ukrainiens (SBU) et d'agents étasuniens dans une antenne kiévienne du  "DCK", ("Choix Démocratique du Kazakhstan") une ONG étasunienne appartenant aux réseaux Soros. Ensemble ils ont créé le "quartier général du DCK" en Ukraine. 
Par ailleurs, plusieurs adresses moscovites (par exemple l'association "Legalis"') ont été repérées dans ce réseau ukraino-kazakhstanais, ce qui explique probablement l'arrestation d'une trentaine de sympathisants kazakhtanais pro occidentaux en Russie impliqués dans les actions subversives en cours.


Kassym-Jomart Tokaïev, président de la République du Kazakhstan depuis 2019


Exit le système "Nazarbayev" pourrait-on dire, et même si ce dernier n'est pas encore ponté du doigt directement il y a de grande chance que la capitale Nour Oustan (prénom de Nazarbayev) retrouve un jour prochain celui d'Astana et que soient virées du pays les ONG occidentales et autres partenariats atlantistes qui mènent depuis des années des campagnes subversives anti-russes dans le pays. 

Même si bien sûr il faudra attendre les actes pour juger de la sincérité du président Tokaïev, et que ce dernier devra probablement faire des compromis pour assurer une réforme stable de  l'appareil d'Etat, on peut cependant relever avec optimisme ses déclarations d'intentions formulées ce 10 janvier 2021 qui prône l'instauration d'un contrat économique social avec les peuples du Kazakhstan:

1. Le Kazakhstan entend mettre fin au système oligarchique et devenir un État méritocratique, 2. En septembre sera présenté un ensemble de réformes socio-économiques structurelles, 
3. La société "Opérateur ROP", de Aliya,la fille de Nazarbayev fermée (300 millions $ volés)
4. Tous les oligarques seront obligés de donner de l'argent à un fonds social populaire,
5. Le moratoire sur les inspections des participants aux marchés publics a été levé. 
6. Réforme du marché des carburants pour réguler plafonner les prix,
7. Garantie des investissements et actifs sur le territoire du Kazakhstan. 
8. Lutte contre bureaucratisation et réforme "pour le rapprocher du peuple" de l'appareil d'État,
9. Numérisation des procédures administratives,
10 Renforcer la lutte contre le chômage et les aides aux jeunes,
Etc...

Exit donc le système Nazarbayev, et même si ce dernier ne sera pas probablement inquiété son empire financier et ses réseaux d'influence s'effondreront rapidement sous la menace de haute trahison pesant sur leurs acteurs. Espérons qu'une nouvelle ère de stabilité et surtout de prospérité sociale commence au Kazakhstan.

Mais surtout, cette crise majeure que vient de traverser le Kazakhstan et où pointait sans aucun doute une tentative de coup d'Etat pour finaliser la bascule occidentale du pays commencée sous couvert d'une oligarchie corrompue a non seulement échoué mais même, au grand dam de Washington, en plus de libérer les pouvoirs présidentiels des griffes d'une oligarchie contrôlée, cet échec a opéré un retour radical d'Astana dans la zone d'influence de la Russie, et sous l'œil bienveillant d'une Chine avec qui elle est partagée.

Sur cette carte des projets de développements économiques sino-russes,
qui sont le cauchemar de l'impérialisme étasunien en Europe on voit bien
l'importance cruciale du Kazakhstan et la nécessité pour Washington de le
contrôler, en plus de sa position stratégique aux frontières de la Russie.


Et quand revoilà la pourriture française...

Il est certain que d'autres dossiers pourris et connexions nauséeuses vont remonter à la surface de ce grand nettoyage des égouts kazakhstanais et je ne serai pas surpris de voir la France s'illustrer ici encore dans le domaine des coups tordus profitant aux intérêts de son complexe militaro industriel mondialiste.

En effet pour ne citer qu'un volet de la puanteur mondialiste française il faut rappeler l'importance que revêt le contrôle des importations d'uranium pour Paris et qui conditionne une grande partie de sa politique néocoloniale criminelle en Afrique de l'Ouest, laquelle est aujourd'hui mise à mal par le renversement de plusieurs de ces laquais locaux. Or face aux risques d'émancipation de la "Françafrique", sur fond de crise énergique majeure en Europe augmentant la productions électrique nucléaire française, le Kazakhstan, qui est le 1er pays exportateur d'uranium avec 40% de la production mondiale, devient pour Paris la cible prioritaire du marché de l'Uranium.

Mais au Kazakhstan, pour les industriels français "ça coince" aussi, car si depuis l'ouverture du pays aux investissements occidentaux, le français "Orano "et le canadien Cameco s'y sont précipités pour en extraire l'uranium, les parts de l'entreprise publique locale "Kazatomprom" avec qui ils sont légalement tenu d'établir un partenariat, dans la joint-venture Inkai ,sont brutalement passées de 40 et doivent atteindre 60% du marché... en 2022 !

Rajoutez à cela que le principal opposant politique kazakhstanais s'est réfugié à Paris pour fuir la justice de plusieurs pays, et que la France, tout comme le Canada, sont les larbins zélés d'un l'impérialisme étasunien qui rêve de pouvoir faire pression sur les exportations d'uranium à destination de la Russie et de la Chine etc On voit ici qu'un coup d'Etat au Kazakhstan consolidant un système oligarchique pur et dur où l'économie serait donnée à des intérêts privés occidentaux croissants intéresse pleinement les vautours financiers français autant que les faucons de guerre étasuniens. Convergence des intérêts et des méthodes....

Car derrière chaque révolution colorée, coup d'Etat se cachent toujours sous les belles banderoles droitdelhommistes vantant les avantages de la démocratie, la réalité d'une dictature ploutocratique mondialiste aliénant les peuples à sa marchandise liberticide.

Ce qui est certain c'est que le président Kassym-Jomart Tokaïev doit se souvenir aujourd'hui de la justesse de la remarque du président Poutine lors de son intervention à la réunion du club du Valdaï en 2019 :

Lors d'une réunion du Valdai International Club, le président du Kazakhstan a 
souligné à quel point il était bon que son pays renonce aux armes nucléaires et 
et reçoive en retour des investissements étrangers. Alors, concluant l'intervention 
optimiste de son homologue kazakhstanais, Vladimir Poutine a lancé sur le ton de
la plaisanterie :  "Saddam Hussein le pensait également !" 

Erwan Castel

samedi 8 janvier 2022

Le levier kazakhstanais



Voici un nouveau point de situation sur le Kazhakstan où les combats continuent entre les forces de sécurité et les groupes armés qui ont infiltré les manifestations, et qui m'a semblé important de réaliser car désormais les connexions de ces terroristes avec les réseaux auxiliaires de l'OTAN sont confirmées et révèlent même un rôle joué par les uktrea nationalistes ukrainiens, dont les actions menées en 2014 sur le Maïdan font visiblement référence auprès des "Mambets" kazakhs de 2022.

Point de situation sur l'opération antiterroriste en cours

Bien que reprenant progressivement le contrôle des zones urbaines ravagées par les émeutiers, les forces de sécurité kazakhtanaises rencontrent encore quelques poches de résistance tenues par des groupes armés aujourd'hui encerclés.

Situation de la crise au Kazakhstan, au 7 janvier 2022
  • symbole jaune : manifestations pacifiques (zone majoritairement russophones)
  • symbole bleu : manifestations avec émeutes,
  • symbole rouge: manifestation avec attaques armées (où se déroule l'opération antiterroriste)
Les secteurs les plus critiques se situent dans le Sud du pays, ce sont des villes majoritairement kazakhes à fortement peuplées et proches des frontalières Sud où des renforts logistiques et djihadistes en provenance d'Afghanistan ou d'Ouzbékistan peuvent emprunter les chemins de contrebande. Cette dernière hypothèse est d'ailleurs confirmée par la présence de nombreux étrangers parmi les personnes armées arrêtées.

Face à la violence des groupes armés qui s'attaquent autant aux forces de l'ordre qu'à des civils, commerces et infrastructures collectives, le président Tokaïev a donné l'ordre à ses forces de sécurité menant l'opération antiterroriste dans le Sud du pays de tirer sans sommation et pour tuer tout terroriste ou bandit qui refuse de déposer les armes. Au 7 janvier 2022 le calme semblait revenir dans Almaty dont certains quartiers ont été complètement dévastés par le passage des émeutiers  estimés à 20 000 personnes. Dans le même temps le président kazakhstanais a rappelé que les revendications socio-économiques exprimées de manière pacifique, ont été entendues par les autorités.

Les autorités ayant coupé Internet, dans ce nombreux secteurs, les manifestants utilisant les réseaux sociaux pour coordonner leurs actions, les images des événements parviennent faiblement et avec du retard. Cependant plusieurs vidéos permettent de confirmer l'ampleur des destructions occasionnées par les émeutiers et les groupes armés depuis seulement quelques jours:
Le centre d'Alma Ata complètement dévasté par 
les pillages et les combats des 4 derniers jours.

Une intervention russe musclée... et très diplomatique

Tout d'abord, l'opération de maintien de la Paix envoyée au Kazakhstan par l'Organisation du Traité de Sécurité Collective et pour laquelle un pont aérien exceptionnel acheminant des milliers de soldats d'élite est en cours, est une réponse favorable à une demande d'assistance initiale venant d'Astana et non une ingérence de Moscou.


Ensuite, en accord avec l'Etat major kazakhstanais, les casques bleus qui sont une force  internationale (Russie Arménie, Belarus, Tadjikistan, Kirguizstan...) conforme aux accords de sécurité collective de la CEI, ne seront pas impliquées directement dans l'opération terroriste en cours mais déployées pour sécuriser des points sensibles (aéroports, gares, sites industriels etc) et gouvernementaux et les frontières extérieures du pays, laissant aux forces de sécurité nationales le soin de "laver le linge sale en famille" avec le maximum de leurs effectifs.. 


Un nouvel accès d'hystérie occidentale

Mais, malgré cette volonté d'organiser l'intervention au Kazakhstan dans la légalité du droit et des traités internationaux signés entre les parties, cette opération de maintien de l'ordre dont la Russie est la cheville ouvrière est pour que le camp occidental un nouveau prétexte fallacieux pour engager une nouvelle campagne russophobe hystérique contre Moscou: 

Etasuniens, britanniques, allemands et bien sûr français se précipitent sur fond de russophobie délirante pour critiquer les opérations de maintien de l'ordre dans les rues kazakhstanaises et l'intervention de forces de l'OTSC pour les soutenir.

Lister les vociférations pathétiques des thuriféraires d'un impérialisme mondialiste qui plus est se révèle être partie prenante dans ce chaos organisé au Kazakhstan serait trop long, et je me conterai ici de ne citer que quelque unes de leurs interventions toutes aussi pitoyables que bellicistes.

Force est de constater, en préambule, que depuis 30 ans le système Nazarbaiev a constitué un terreau idéal pour y faire germer une révolution de couleur à cause d'un pouvoir oligarchique corrompu,  népotique de plus en plus impopulaire qui de plus, par cupidité a ouvert les portes de son pays au Soft Power étasunien qui a mené depuis 30 ans une stratégie de subversion via des ONG, des sociétés industrielles, des centres culturels etc... Aussi, plus que d'habitude je me garderai éloigné de toute forme de vision manichéiste si chère aux larbins propagandistes.

Commençons par les USA, très certainement surpris par la fulgurance de la réaction de la Russie et ses alliés face à la crise Kazakhstanaise, avec Jen Psaki la porte parole de la Maison Blanche qui a déclaré du haut de l'arrogance du "gendarme du Monde" autoproclamé: 
  • "Washington surveille le processus d'introduction du contingent de l'OTSC au Kazakhstan, ainsi que les actions de ce contingent afin de L'administration américaine va déterminer le degré de légitimité de l'introduction du contingent de l'OTSC en République du Kazakhstan. Les États-Unis ont des questions sur la légalité de la demande du Kazakhstan de déployer un contingent de l'OTSC dans le pays.".
Autre larbin de la ploutocratie mondialiste,: Marko Buschman le ministre de la Justice de la République fédérale d'Allemagne, qui a déclaré au lendemain du déclenchement de l'opération antiterroriste d'Astana que que "le Kazakhstan a quitté le cercle des pays civilisés". 

Mais la palme de la connerie pour le moment revient certainement à la chilienne Michelle Bachelet, l'actuelle 
Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, qui a déclaré que "toutes les personnes arrêtées et détenues au Kazakhstan devraient être libérées parce qu'ils n'ont fait qu'exercer leur droit de manifester pacifiquement". 
Cette collabo débile devrait être lâchée en uniforme kazakhstanais dans les rue d'Almety où ont été tués des dizaines de policiers (certains décapités) ainsi que des civils, des centaines de blessés, plus d'1 milliard de dollars de destructions et dégâts sur des bâtiments publics et privés, sans compter les milliers de pillages, vols et viols pour qu'elle puisse apprécier le "pacifisme" de ses manifestants !

Sans oublier l'incontournable incendiaire français mondialiste BHL pour qui la russophobie est la principale de ses drogues quotidiennes et qui lui non plus n'a pu s'empêcher de vomir sa connerie haineuse :


Et bien sûr on peut observer que toute cette meute mondialistes où les clébards de l'Union Européenne veulent "être plus royalistes que le roi", en profite bien sûr comme au moment de la crise migratoire bélarusse pour accuser la Russie des pires maux de la Terre.


Des liaisons dangereuses sans équivoque 

Parmi les "mambets" (surnom populaire donné aux kazakhs) arrêtés par les forces de l'ordre sont plusieurs étrangers ou kazakhstanais membres de la nébuleuse terroriste islamiste comme par exemple un certain Arman Dzhumageldiev (Dikiy Arman), un chef de gang local soupçonné d'être un des principaux meneurs des émeutes et qui s'avère être en connexion avec les services spéciaux turcs pour le compte desquels il a déjà activement soutenu la récente guerre entre les arméniens et les tuco-azéris . 

Dikiy Arman ici dans un décor des nationalistes
turcs de Bozkur appelés " les loups gris"

Depuis 2015 Dikiy Arman a initié plusieurs organisations nationalistes kazakhes promouvant à la fois un communautarisme russophobe si chère à l'OTAN, et un panturquisme néo-ottoman si cher à Erdogan.  

Quant à l'ex-directeur de la banque la Bank Turan Alem (BTA Bank) Mukhtar Ablyazov, déjà évoqué dans un article précédent il vient de confirmer lui-même son rôle dans cette révolution colorée kazakhstanaise . Ce criminel est condamné pour de multiples détournements de fonds et impliqué dans plusieurs escroqueries internationales et assassinats (liste rouge Interpol), mais qui est protégé par un Etat français qui lui a accordé le droit d'asile politique sous prétexte que règne au Kazakhstan une dictature (mais ce qui n'a pas empêché Sarkozy de décerné la légion d'honneur à Nazarbaïev). Or le 7 janvier, dans une interview accordée à Reuters à Paris, Ablyazov qui s'est qualifié de "chef de l'opposition et des manifestations au Kazakhstan" a déclaré :"Ils me consultent tous les jours sur ce qu'il faut faire"

Dans l'analyse pertinente de Pépé Escobar qui suit cet article, on apprend aussi de probables connexions du mouvement de protestations kazakhstanais avec les services secrets britanniques. Cette hypothèse n'a rien de surprenant lorsque l'on sait que Londres (où Ablyazov est arrivé lorsqu'il a fuit la justice de son pays) agit depuis le XIXème siècle en Asie centrale pour contrecarrer l'influence des chinois dans la région dans une stratégie qui aujourd'hui est entrée en convergence avec celles des services spéciaux turcs pour manipuler ensemble les djihadistes turcophones du Kazakhstan dans des optations de déstabilisation dans le Haut Karabagh, en Syrie (avec la "Imarat Kavkaz") et jusqu'en Chine avec les extrémistes Ouighours.  

Et si on rajoute à ces renseignements les faits indiscutables du terrain où on observe une logistique et des modes opératoires rodés, une coordination des actions, une vitesse d'exécution des procédures etc., cela écarte définitivement l'hypothèse selon laquelle il ne s'agit que d'un soulèvement populaire spontané et  légitime.

Dans ce reportage on peut voir des extraits de
caméras de surveillance filmant des véhicules
apportant dans les rues de Alma Ata des armes
et des munitions à des manifestants

Ailleurs ce sont des arrestations de "mambets" au
cours desquelles des armes sont souvent saisies,
confirmant l'existence de ces approvisionnements 

Armes saisies sur des manifestants arrêtés 



Quand les "ukrops" viennent au secours de "mambets"

Alors qu'un parallèle peut être déjà réalisé entre les manifestations ukrainiennes de 2014 et celles kazakhtanaises de 2022 qui de plus interviennent comme par hasard juste avant des sommets Est-Ouest sur l'Ukraine on commence à voir des indices de connexion entre les nationalistes ukrainiens et les nationalistes kazakhstanais partageant en commun avec l'OTAN dont ils sont les idiots utiles une russophobie hystérique et violente 
 
1 / Mukhtar Ablyazov coordonne le travail de son réseau au Kazakhstan, via Kiev. 

2 / Des groupes ukrainiens font le relais pour animer la propagande russophobe:

Vidéo réalisée en Ukraine portant la déclaration
d'un prétendu 'Front de Libération du Kazakhstan"

3 / Le leader ukrainien du groupe ultranationaliste Bratstvo associé aux Frères musulmans a déclaré que des milices ukrainiennes pénétreront le Kazakhstan pour aider les groupes armés kazakhs à combattre les forces russes et gouvernementales.

Qu'ils soient directement aux commandes des manifestations ou simplement des pirates cherchant à détourner leurs revendications vers un changement de pouvoir, les occidentaux visiblement utilisent cette crise kazakhstanaise comme un nouveau levier pour tenter de déstabiliser encore une zone frontalière russe... sauf que la Russie joignant les actes aux paroles est intervenue avec une fulgurance massive pour rétablir l'ordre. Du coup le levier risque de devenir rapidement un boomerang pour les occidentaux, car l'opération de maintien de la paix de l'OTSC ne fera que renforcer les relations entre Moscou et Astana et par effet collatéral risque même de durcir le positionnement russe sur son flanc occidental et, je l'espère, d'accélérer l'intégration des républiques du Donbass au sein de la Fédération de Russie, vraisemblablement avec une première reconnaissance de leur existence étatique.

En conclusion de ce point de situation d'une crise qui est loin d'être terminée, et pour compléter la liste des chevaux de Troie étasuniens implantés par la cupidité de Nazarbaiev que j'ai commencé de citer dans un article précédent je pense important dans le contexte sanitaire actuel de mentionner ce laboratoire de virologie construit en 2010 à Almaty avec des fonds étasuniens et que Washington a même décrit comme "le plus grand laboratoire biologique d'Asie centrale  dont la fonction est de rechercher et de préserver des virus extrêmement dangereux"

Dans un article du 11 juillet publié sur le site Web "Stanradar" du Kirghizistan il est précisé que les États-Unis sont le véritable propriétaire de ce laboratoire biologique ultra sensible. Parmi les missions de cette laboratoire étasunien installé aux frontières de la Russie et de la Chine sont celles de collecter des données ADN de la population locale, des animaux et des plantes, ainsi que des agents responsables de maladies dangereuses, de mener des tests et des expériences à la fois sur les résidents et sur les animaux agricoles et sauvages. De là à imaginer une étude d'attaque bactériologique contre la Russie et la Chine ou plus immédiatement de penser à la sécurisation de ce lieu lors des émeutes, il n'y a qu'un tout petit pas à faire !

Bref une crise complexe comme des poupées russes, avec une protestation populaire légitime qui cache des émeutiers mafieux qui cachent des connexions terroristes qui cachent des liens avec des officines subversives occidentales, le tout sur fond de crise vive entre Moscou et Washington au sujet de l'Ukraine.

A suivre...

Erwan Castel


Source de l'article : Strategic Culture


Pépé Escobar


Pépé Escobar
Maidan à Almaty ? Oh oui. Mais c'est compliqué.

D'abord, est-ce que tant de peur et de dégoût sont liés au gaz ? Pas vraiment.

Le Kazakhstan a été plongé dans le chaos pratiquement du jour au lendemain, en principe, en raison du doublement des prix du gaz liquéfié, qui ont atteint l'équivalent (russe) de 20 roubles le litre (à comparer à une moyenne de 30 roubles en Russie même).

Ce fut l'étincelle de protestations à l'échelle nationale couvrant toutes les latitudes, du principal centre d'affaires d'Almaty aux ports de la mer Caspienne d'Aktau et d'Atyrau et même de la capitale Nur-Sultan, anciennement Astana.

Le gouvernement central a été contraint de réduire le prix du gaz à l'équivalent de 8 roubles le litre. Pourtant, cela n'a fait que déclencher la prochaine étape des manifestations, exigeant une baisse des prix des denrées alimentaires, la fin de la campagne de vaccination, un âge de la retraite plus bas pour les mères de nombreux enfants et – last but not least – un changement de régime, avec son propre slogan : Shal, ket! (« A bas le vieil homme. »)

Le "vieil homme" n'est autre que le leader national Nursultan Nazarbayev, 81 ans, qui, même s'il a démissionné de la présidence après 29 ans au pouvoir, en 2019, reste à toutes fins pratiques l'éminence grise kazakhe à la tête du Conseil de sécurité et l'arbitre de la politique intérieure et étrangère.

La perspective d'une autre révolution des couleurs vient inévitablement à l'esprit : peut-être le jaune turquoise, reflétant les couleurs du drapeau national kazakh. Surtout parce que juste au bon moment, des observateurs avertis ont découvert que les suspects habituels – l'ambassade américaine – avaient déjà « mis en garde » contre des manifestations de masse dès le 16 décembre 2021.

Maidan à Almaty ? Oh oui. Mais c'est compliqué.

Almaty dans le chaos

Pour le monde extérieur, il est difficile de comprendre pourquoi une grande puissance exportatrice d'énergie comme le Kazakhstan doit augmenter les prix du gaz pour sa propre population.

La raison en est – quoi d'autre – le néolibéralisme débridé et les manigances proverbiales du marché libre. Depuis 2019, le gaz liquéfié est négocié électroniquement au Kazakhstan. Ainsi, le maintien des prix plafonds – une coutume vieille de plusieurs décennies – est vite devenu impossible, car les producteurs étaient constamment confrontés à la vente de leur produit en dessous du prix de revient alors que la consommation montait en flèche.

Tout le monde au Kazakhstan s'attendait à une hausse des prix, tout comme tout le monde au Kazakhstan utilise du gaz liquéfié, en particulier dans ses voitures converties. Et tout le monde au Kazakhstan a une voiture, comme on me l'a dit, avec regret, lors de ma dernière visite à Almaty, fin 2019, alors que j'essayais en vain de trouver un taxi pour me rendre au centre-ville.

Il est assez révélateur que les manifestations aient commencé dans la ville de Zhanaozen, en plein dans le hub pétrolier/gazier de Mangystau. Et il est également révélateur qu'Unrest Central s'est immédiatement tourné vers Almaty, accro aux voitures, le véritable centre d'affaires du pays, et non la capitale isolée et lourde d'infrastructures gouvernementales au milieu des steppes.

Au début, le président Kassym-Jomart Tokayev semblait avoir été pris comme un cerf face à la situation des phares. Il a promis le retour des prix plafonds, a instauré l'état d'urgence/le couvre-feu à la fois à Almaty et à Mangystau (alors à l'échelle nationale) tout en acceptant en masse la démission du gouvernement actuel et en nommant un vice-Premier ministre anonyme, Alikhan Smailov, comme Premier ministre par intérim jusqu'à la formation de un nouveau cabinet.

Pourtant, cela ne pouvait pas contenir les troubles. En succession rapide comme l'éclair, nous avons eu la prise d'assaut de l'Almaty Akimat (bureau du maire) ; les manifestants tirent sur l'armée ; un monument de Nazarbayev démoli à Taldykorgan ; son ancienne résidence à Almaty reprise ; Kazakhtelecom déconnecte tout le pays d'Internet ; plusieurs membres de la Garde nationale – véhicules blindés inclus – rejoignant les manifestants à Aktau ; Les guichets automatiques sont morts.

Et puis Almaty, plongée dans le chaos le plus complet, a été virtuellement saisie par les manifestants, dont son aéroport international, qui mercredi matin était sous sécurité renforcée, puis dans la soirée était devenu territoire occupé.

L'espace aérien kazakh, quant à lui, a dû faire face à un embouteillage prolongé de jets privés en partance pour Moscou et l'Europe occidentale. Même si le Kremlin a noté que Nour-Sultan n'avait demandé aucune aide russe, une « délégation spéciale » s'envola bientôt de Moscou. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné avec prudence : « nous sommes convaincus que nos amis kazakhs peuvent résoudre indépendamment leurs problèmes internes », ajoutant : « il est important que personne n'interfère de l'extérieur ».


Conférences de géostratégie

Comment tout cela a-t-il pu dérailler si vite ?

Jusqu'à présent, le match de succession au Kazakhstan avait été principalement perçu comme un succès dans le nord de l'Eurasie. Les grands seigneurs locaux, les oligarques et les élites compradores ont tous conservé leurs fiefs et leurs sources de revenus. Et pourtant, officieusement, on m'a dit à Nour-Sultan fin 2019 qu'il y aurait de sérieux problèmes à venir lorsque certains clans régionaux viendraient se rassembler – comme pour affronter «le vieil homme» Nazarbayev et le système qu'il a mis en place.

Tokayev a lancé l'appel proverbial "à ne pas succomber aux provocations internes et externes" - ce qui est logique - mais a également assuré que le gouvernement "ne tombera pas". Eh bien, il tombait déjà, même après une réunion d'urgence essayant d'aborder le réseau enchevêtré de problèmes socio-économiques avec la promesse que toutes les « demandes légitimes » des manifestants seront satisfaites.

Cela ne s'est pas déroulé comme un scénario classique de changement de régime, du moins au début. La configuration était celle d'un état de chaos fluide et amorphe, car les – fragiles – institutions du pouvoir kazakh étaient tout simplement incapables de comprendre le malaise social plus large. Une opposition politique compétente est inexistante : il n'y a pas d'échange politique. La société civile n'a pas de canaux pour s'exprimer.

Alors oui : il y a une émeute en cours – pour citer le rhythm'n blues américain. Et tout le monde est perdant. Ce qui n'est pas encore tout à fait clair, c'est quels clans en conflit enflamment les manifestations – et quel est leur programme au cas où ils auraient une chance de prendre le pouvoir. Après tout, aucune manifestation « spontanée » ne peut surgir simultanément dans toute cette vaste nation pratiquement du jour au lendemain.

Le Kazakhstan a été la dernière république à quitter l'URSS en train de s'effondrer il y a plus de trois décennies, en décembre 1991. Sous Nazarbayev, il s'est immédiatement engagé dans une politique étrangère autoproclamée « multivectorielle ». Jusqu'à présent, Nur-Sultan se positionnait habilement comme un médiateur diplomatique de premier plan – des discussions sur le programme nucléaire iranien dès 2013 à la guerre en/contre la Syrie à partir de 2016. L'objectif : se solidifier comme le pont par excellence entre l'Europe et l'Asie.

Les nouvelles routes de la soie, ou BRI, dirigées par les Chinois, ont été officiellement lancées par Xi Jinping à l'Université de Nazarbayev en septembre 2013. Cela s'est rapidement rapproché du concept kazakh d'intégration économique eurasienne, conçu d'après le propre projet de dépenses du gouvernement de Nazarbayev, Nurly Zhol (« Bright Path »), conçu pour dynamiser l'économie après la crise financière de 2008-2009.

En septembre 2015, à Pékin, Nazarbayev a aligné Nurly Zhol avec la BRI, propulsant de facto le Kazakhstan au cœur du nouvel ordre d'intégration eurasienne. Sur le plan géostratégique, la plus grande nation enclavée de la planète est devenue le principal territoire d'interaction des visions chinoise et russe, de la BRI et de l'Union économique eurasiatique (EAEU).

Une tactique de diversion

Pour la Russie, le Kazakhstan est encore plus stratégique que pour la Chine. Nur-Sultan a signé le traité CSTO en 2003. C'est un membre clé de l'EAEU. Les deux pays ont des liens militaro-techniques importants et mènent une coopération spatiale stratégique à Baïkonour. Le russe a le statut de langue officielle, parlé par 51% des citoyens de la république.

Au moins 3,5 millions de Russes vivent au Kazakhstan. Il est encore tôt pour spéculer sur une éventuelle « révolution » teintée des couleurs de la libération nationale si l'ancien système finirait par s'effondrer. Et même si cela arrivait, Moscou ne perdra jamais toute son influence politique considérable.

Le problème immédiat est donc d'assurer la stabilité du Kazakhstan. Les protestations doivent être dispersées. Il y aura beaucoup de concessions économiques. Un chaos déstabilisant permanent ne peut tout simplement pas être toléré – et Moscou le sait par cœur. Un autre – roulant – Maidan est hors de question.

L'équation biélorusse a montré comment une main forte peut opérer des miracles. Pourtant, les accords de l'OTSC ne couvrent pas l'assistance en cas de crises politiques internes – et Tokayev ne semble pas enclin à faire une telle demande.

Jusqu'à ce qu'il le fasse. Il a appelé le CSTO à intervenir pour rétablir l'ordre. Un couvre-feu militaire sera imposé. Et Nur-Sultan pourrait même confisquer les actifs d'entreprises américaines et britanniques qui parraineraient prétendument les manifestations.

C'est ainsi que Nikol Pashinyan, président du Conseil de sécurité collective de l'OTSC et Premier ministre d'Arménie, l'a formulé : Tokayev a invoqué une « menace pour la sécurité nationale » et la « souveraineté » du Kazakhstan, « causée, entre autres, par une ingérence extérieure ». Ainsi, le CSTO « a décidé d'envoyer des forces de maintien de la paix » pour normaliser la situation, « pour une durée limitée ».

Les suspects déstabilisateurs habituels sont bien connus. Ils n'ont peut-être pas la portée, l'influence politique et la quantité nécessaire de chevaux de Troie pour maintenir le Kazakhstan en feu indéfiniment.

Au moins, les chevaux de Troie eux-mêmes sont très explicites. Ils veulent une libération immédiate de tous les prisonniers politiques ; changement de régime; un gouvernement provisoire de citoyens « honorables » ; et – quoi d'autre – « retrait de toutes les alliances avec la Russie ».

Et puis tout devient une farce ridicule, alors que l'UE commence à appeler les autorités kazakhes à « respecter le droit de manifester pacifiquement ». Comme pour permettre l'anarchie totale, le vol, le pillage, des centaines de véhicules détruits, des attaques au fusil d'assaut, des guichets automatiques et même le Duty Free de l'aéroport d'Almaty complètement pillé.

Cette analyse (en russe) couvre certains points clés, mentionnant « Internet regorge d'affiches de propagande préétablies et de notes de service aux rebelles » et le fait que « les autorités ne nettoient pas les dégâts, comme Loukachenko l'a fait en Biélorussie. "

Jusqu'à présent, les slogans semblent provenir de nombreuses sources – vantant tout, d'une « voie occidentale » vers le Kazakhstan à la polygamie et à la charia : « Il n'y a pas encore d'objectif unique, il n'a pas été identifié. Le résultat viendra plus tard. C'est généralement la même chose. L'élimination de la souveraineté, la gestion externe et, enfin, en règle générale, la formation d'un parti politique anti-russe.

Poutine, Loukachenko et Tokayev se sont longuement entretenus au téléphone, à l'initiative de Loukachenko. Les dirigeants de tous les membres de l'OTSC sont en contact étroit. Un plan de match directeur – comme dans une « opération antiterroriste » massive – a déjà été élaboré. Le général Gerasimov le supervisera personnellement.

Maintenant, comparez-le à ce que j'ai appris de deux sources d'informations différentes et de haut niveau.

La première source était explicite : toute l'aventure kazakhe est parrainée par le MI6 pour créer un nouveau Maïdan juste avant les pourparlers Russie/US-OTAN à Genève et Bruxelles la semaine prochaine, afin d'empêcher tout accord. De manière significative, les « rebelles » ont maintenu leur coordination nationale même après la déconnexion d'Internet.

La deuxième source est plus nuancée : les suspects habituels tentent de forcer la Russie à reculer face à l'Occident collectif en créant une distraction majeure sur leur front oriental, dans le cadre d'une stratégie de chaos roulant tout le long des frontières de la Russie. C'est peut-être une tactique de diversion intelligente, mais les renseignements militaires russes surveillent. Étroitement. Et pour le bien des suspects habituels, cela ne peut pas être interprété - de façon inquiétante - comme une provocation à la guerre."

Pépé Escobar

jeudi 6 janvier 2022

Cheval de Troie US au Kazhakstan

Vu du Donbass

Tout d'abord il est important de rappeler quelques données concernant cet immense pays d'Asie centrale, qui est une autre ex-république soviétique devenue indépendante en 1991 et qui présente des enjeux géo-stratégiques majeurs :


  • Un monstre géographique : 2 724 910 km2, (9ème plus grand pays) mais avec une faible densité démographique (20 millions d'habitants) et sans accès maritime ouvert.
  • Une frontière immense avec la Russie: 6846 km.
  • 1533 km de frontière avec la Chine
  • Production pétrolière croissante (14e rang mondial)
Des réserves minières mondiales exceptionnelles :
    • 1er producteur mondial d'uranium,
    • 8% des réserves ferreuses mondiales,
    • 2ème réserve mondial de manganèse,
    • 30% des réserves mondiales de chrome,
    • 9ème producteur mondial de charbon,
    • mais aussi producteur de potassium...

Une production agricole importante:
  • Exportation de céréales et bétail

Une diversité identitaire complexe:
  • 70 % de kazhaks (majoritairement musulmans)
  • 20¨% de russes essentiellement au Nord.
  • Abrite Baikonour, la principale base spatiale russe. 

En plus de ses atouts économiques le Kazhakstan représente un maillon stratégique vital à la stabilité sécuritaire méridionale de la Russie au carrefour d'une ligne stratégique Nord Sud, (comme l'Ukraine sur le flanc occidental est au carrefour d'une ligne stratégique Ouest-Est) et à laquelle ici il faut rajouter un enjeu identique la Chine, le Kazhakstan, carrefour majeur de ses nouvelles routes de la soie.

La Russie ne peut donc se permettre de voir le Kazakhstan devenir comme l'Ukraine un porte avion continental opérant dans sa zone d'influence économique et sécuritaire vitale, Et dans le contexte catastrophique généré par le Maïdan et celui, très critique, des relations Est-Ouest que la crise ukrainienne a provoqué, il est évident que cette fois la réaction russe sera immédiate et radicale pour éviter un nouveau chaos sur son flanc Sud.


Rappel des faits 

Régulièrement le Kazhakstan, malgré une croissance économique constante depuis son indépendance, est en proie à des troubles sociaux économiques comme dans tous ces régimes oligarchiques qui ont pris en otage nombre des anciennes républiques socialistes soviétiques qu'ils ont racheté aux enchères de Gorbatchev. Mais on observe aussi de plus en plus souvent un parasitage de ces mouvements populaires par des forces subversives occidentales qui tentent de réorienter leurs revendications socio-économiques vers un changement de pouvoir radical au profit du bloc atlantiste, grâce notamment au "Soft power" des Organisations "Non Gouvernementales" étasuniennes de la nébuleuse subversive Soros que finalise le "Hard power" des factions extrémistes entrainant des foules vers des "révolutions colorées" et autres coups d'état violents.

  • Le 1er janvier, le prix du carburant (gaz liquide) a doublé,
  • Le 2 janvier des manifestations éclatent, notamment à Mangistau et Almaty,
  • Le 4 janvier, des heurts violents éclatent entre manifestants et force de l'ordre,

04 janvier 2022, violents heurts entre les policiers et 
manifestants près de la place Astana dans Almaty 
04 janvier 2022, les manifestants repoussent les 
forces de l'ordre hors du centre de Almaty 
  • Le 5 janvier, le gouvernement est limogé et l'état d'urgence instauré à Mangistau et Almaty, puis en soirée à l'ensemble du pays.

Quand protestation populaire rime avec révolution colorée

Aujourd'hui s'il est encore trop tôt pour tirer conclusions et perspectives de ces nouvelles agitations déstabilisant encore un pays frontalier de la Fédération de Russie, on peut toutefois relever que le Kazhakstan est courtisé depuis plusieurs années par les faucons de guerre de Washington car, contrôler ce pays qui est à la fois un carrefour stratégique des nouvelles routes de la soie chinoises et un glacis du flanc méridional russe, permettrait à Washington de se positionner avantageusement face à Moscou et Pékin.

Il ne s'agit pas pour moi de prendre parti dans une vision manichéiste pour telle ou telle force politique de pouvoir ou d'opposition mais de mettre en perspective régionale les enjeux et les menaces que représente le contrôle de ce maillon essentiel de l'Asie centrale qui à la jonction de l'Asie, de l'Eurasie et même dans sa partie occidentale de l'Europe.

Parmi les points communs existant entre le Kazakhstan et l'Ukraine, en dehors des enjeux et menaces géo-stratégiques déjà évoquées, c'est le profil oligarchique délétère du pouvoir en place dans lequel beaucoup d'anciennes républiques socialistes soviétiques ont sombré après leurs indépendances en 1991. 
Ces ploutocraties post soviétiques capitalistes, amorales, d'une part organisent des pouvoirs élitistes, corrompus et autoritaires hautement impopulaires et d'autre part ouvrent par cupidité leurs pays aux pires organisations d'influence occidentales dont les agendas hégémonistes sont de soumettre les "pays non alignés" à un Nouvel Mondial lui aussi ploutocratique.



1 / Un travail de sape occidental à long terme :

Le président oligarque Nazarbaïev qui a organisé le pouvoir oligarchique au Kazakhstan, a ainsi ouvert les portes de son pays aux officines étasuniennes officielles ou mercenaires qui ont opéré sous couvert d'aides économiques ou de partenariats culturels un conditionnement des mentalités à une russophobie graduelle:

Au lendemain de la braderie criminelle de l'URSS réalisé par Gorbatchev, les USA se sont précipités vers les républiques d'Asie Centrale, plus abandonnées à elles mêmes face à des défis modernes que sereinement accompagnées dans la construction de leurs indépendances. Les proies principales du Nouvel Ordre Mondial dans la région sont l'Ouzbékistan, le Kazakhstan et l'Afghanistan où Washington a finalement confié la garde du chaos aux talibans. 

Au Kazhakstan, les USA ont progressivement mis en place des programmes d'asservissement multiples (économique, idéologique et militaire) notamment en graissant les pattes des oligarques et libéraux. 

Voici quelques exemples des reptations subversives étasuniennes réalisées au Kazakhstan depuis 30 ans  : 
  • En 1992, en échange d'un accord commercial important avec Washington le Kazakhstan est approché par l'OTAN et rejoint le Conseil de coopération Nord-Atlantique piloté par l'Alliance militaire.
  • En 1993, sous couvert des programmes de désarmement nucléaire et chimique, Washington a fourni plus de 200 millions de dollars au Kazakhstan pour y implanter des ressources d'assistance technique.
  • En 1993, les USA implantent au Kazhakstan l'USAID (l’agence américaine pour le développement international) qui depuis va investir près de 2 milliards de dollars dans l'assistance technique et les investissements vers l'économie de marché mondial.
  • Depuis 1993, sous couvert de programme de santé publique (SIDA par exemple), les USA soutiennent et financent l'émergence de ONG kazakhstanaises droitdelhommistes connectée aux réseaux Soros and Co comme "US Peace Corps" par exemple.
  • En 1994, sous couvert de programmes scientifiques, les USA implantent au Kazhakstan "International Science and Technology Center" et le "Global Initiatives for Proliferation Prevention" pour décider des partenariats technologiques possibles.
  • En 1995, le Kazhakstan participe au Programme du Partenariat pour la Paix (PPP) de l'OTAN pour lequel il participe depuis à des exercices conjoints annuels de maintien de la paix, avec conseillers militaires étasuniens. 
  • En 1998, est créée une chambre de commerce américano-kazakhe qui a depuis accompagné l'implantation de plus d’une centaine de compagnies américaines au Kazakhstan 
  • En 2001, sous couvert de programmes antiterroristes les USA mettent en place un partenariat stratégique avec le Kazakhstan qui soutient logistiquement l'intervention occidentale en Afghanistan en ouvrant notamment ses bases à l'OTAN.
  • En 2002, sous couvert de programme de développement des petites entreprises à l'économie de marché, Washington qui soutient son adhésion à l'OMC signe avec  Astana un partenariat pour le développement des affaires.
  • En 2003, sous couvert de luttes anticorruption, les USA mettent la pression sur le pouvoir Kazhakstanais qui soutient alors l'intervention et la politique étasunienne en Irak jusqu'à y envoyer un contingent symbolique. 
  • En 2003, USA  et Kazhakstan s'engagent pour amorcer une coopération militaire avec la formation des forces spéciales, la modernisation de la flotte en Mer Caspienne, l'échange d'informations antiterroristes avec l'OTAN etc. 
  • En 2005, en échange de programmes bilatéraux militaro-industriels, les USA soutiennent la réélection (3ème mandat) du président Nazarbaïev lequel donne son accord à Georges W Bush pour relancer le partenariat stratégique.
  • En 2006, on dénombre 360 associations d'entreprises américano-kazhakstanaies, faisant des USA le premier investisseur étranger, dans le pétrole et le gaz (11 milliards de dollars), le service aux entreprises, les télécommunications et l’électricité.
  • En 2007, les USA en échange de leur soutien à la candidature du Kazhakstan pour la présidence de l'OSCE engagent des programmes de normalisation administrative et implantent des conseillers dans l'appareil d'Etat.
  • En 2008, les USA créent un "Centre culturel américain" à Almaty ainsi qu'un "Information Ressource Center" à Astana et parallèlement accueillent dans leurs universités 1456 étudiants kazakhs,
  • En 2009, sous couvert du programme nucléaire iranien, Barak Obama et Nazarbaïev envisagent d'implanter une banque nucléaire civil intermédiaire sous contrôle occidental au Kazakhstan pour contourner la proposition russe.
  • En 2015, le Kazhakstan devient membre de l'OMC...
  • Etc...
Malgré cette stratégie d'infiltration où apparaissent clairement les intentions subversives pro-atlantistes, les occidentaux n'ont pas vraiment réussi à minimiser les relations du Kazhakstan avec la Russie qui reste son premier partenaire historique, économique et politique, surtout depuis la démission du président Nazarbaiev et son remplacement en 2019 par un président Tokaîev qui, bien que poursuivant le système oligarchique de son prédécesseur, semble être beaucoup moins attiré par les miroirs aux alouettes occidentaux.


2 / Une crise qui arrive à point nommé pour Washington
 
Le chaos qui vient d'éclater au Kazakhstan suite à la décision irresponsable du gouvernement d'accepter une inflation inadmissible des prix des carburants profite surtout aux occidentaux qui depuis plusieurs semaines sont engagés dans un bras de fer critique avec Moscou autour de l'Ukraine et de l'OTAN.

De là à imaginer la main de Washington derrière cette éruption kazhakstanaise il n'y a qu'un tout petit pa qui se rapetisse chaque jour surtout si on considère que ces émeutes interviennent sur les frontières russes à quelques jours seulement de négociations Est-Ouest qui s'annoncent difficiles, et qui ont germé dans les villes majoritairement kazakhes où précisément sont implantées la plupart des ONG étasuniennes et pro occidentales  


Plusieurs indices immédiats font penser qu'il y a "anguille sous roche" comme par exemple :
  • Des manifestations apparues dans la communauté kazakhe sous influence occidentale, 
  • Des slogans anti-russes alors que la communauté russe est située au Nord du pays, 
  • La couverture immédiate des émeutes par la BBC, Voice of America ou Radio Liberty,
  • Une coordination des manifs par le canal NEXTA contrôlée par les services polonais,
  • Etc. 
Et certains d'évoquer, sans pouvoir à ce stade le confirmer, la figure de Mukhtar Ablyazov, un opposant au régime précèdent de Nazarbayev et aujourd'hui réfugié politique en France qui se révèle être autant un agitateur politique qu'un escroc international ayant détourné des milliards de dollars, commandité des assassinats, au point d'être inscrit dans la liste rouge d'Interpol et d'avoir plusieurs mandat d'arrêt internationaux sur sa tête. Mais la France cette pute droitdelhommistes sélective, lui a accordé l'asile politique pour la simple raison qu'il est un opposant politique au régime "non aligné" du Kazhakstan !

Le président Kassym-Jomart Tokaïev qui succéda à Noursoultan Äbichouly Nazarbaïev; le 1er président du Kazhakhstan indépendant (29 ans de mandats renouvelés) a mené un contre feu radical et sur deux directions pour tenter de stopper lette crise explosive: 
  • En limogeant le gouvernement et inversant la flambée des prix du carburant il sanctionne une gestion économique suicidaire et entend la colère de la population.
  • Puis, en engageant une répression policière sévère à l'encontre des fauteurs de troubles et des casseurs, il entend également maintenir l'Etat de droit dans le pays.
Et surtout en menant cette double réaction à la fois autoritaire et consensuelle il sonde les manifestants pour définir si leurs revendications socio-économiques somme toute légitimes après une hausse de 100 % des prix du carburant ne cachent pas en réalité le projet plus radical de réaliser un coup d'Etat pur et simple au profit d'intérêts étrangers.

Le fait est que loin de se calmer, malgré le limogeage du gouvernement, les manifestants se radicalisent à la fois dans des violences de plus en plus chaotiques et des discours de plus en plus russophobes. 

Ainsi en cours de journée, de nouvelles revendications exigeaient ;
  • La démission de l'ensemble de l'appareil d'Etat et du pouvoir présidentiel,
  • La création d'un gouvernement intérimaire composé de manifestants actifs, 
  • La tenue de nouvelles élections. 
Mais aussi, et très éloignées de la crise des prix du carburant :  
  • Le retrait du Kazakhstan de toutes les alliances avec la Russie, 
  • La qualification de la période soviétique comme de crime contre ses pays satellites,
  • La libération de tous les prisonniers politiques.
Pour celles et ceux qui se souviennent des revendications du Maïdan en janvier et février 2014 évoluant d'une revendication socio-économique vers un discours politique russophobe, ils e peuvent que constater que celles des émeutiers du Kazhakstan en sont l'exacte copie, conforme à la même dictée étasunienne. 

Dès lors, il apparait clair que ces manifestations, même si elles ont une dimension initiale populaire et sincère se sont transformées en cheval de Troie pour mener un nouveau "chaos constructif" pour reprendre le terme cher aux faucons américains dans leur stratégie de renversement des pouvoirs non alignés et surtout ceux qui disposent de ressources naturelles vitales importantes ou qui font partie de la zone d'influence économique et sécuritaire russe. Or le Kazakhstan coche ici à toutes les cases pour devenir une privilégiée d'un Nouvel Ordre Mondial réactivant à pleine vitesse une Guerre Froide 2.0.

Le mode opératoire, les images des affrontements, les revendications russophobes jusque dans le déroulement de la crise rappelle étrangement la crise du Maïdan par laquelle l'Europe a replongé dans une nouvelle confrontation Est-Ouest exponentielle et très dangereuse pour la paix régionale mais aussi mondiale. 

Mais aujourd'hui cet autre feu kazakh allumé aux portes de la Russie, si il a la même couleur et odeur il présente des différences importantes qui d'ailleurs confirment l'hypothèse qu'il est bien prémédité et télécommandé et semble pressé par un calendrier global immédiat qu'il veut rejoindre alors que son prédécesseur ukrainien était resté concentré à Kiev et avait mis 3 mois à germer. 
  • Primo, si les troubles commencent effectivement à Janaozen puis Aktau, dans l'Ouest du pays, on les voit s'étendre beaucoup trop rapidement dans de nombreuses villes du pays pour qu'il n'y ait pas eu de préparation et coordination du mouvement.
  • Secundo, les violences éclatent après seulement 3 jours de manifestations et une retenue initiale des forces de l'ordre qui ont même préféré évacuer des centres villes, révélant également ici une coordination et une intention putschiste.
  • Tertio, tout comme sur le Maïdan avec les hooligans néo-nazis et autres paramilitaires bandérsistes, on voit ici des bandes armées locales (gangs mafieux kazakhs) initier également des émeutes et les attaques contre les représentants et bâtiments gouvernementaux. 
  • Quarto, les émeutiers ont rapidement pris pour cible des bâtiments officiels, des gares de transport aérien ou ferroviaire dans des assauts aux tactiques et des coordinations obligatoirement  préméditées depuis longtemps
Un premier bilan provisoire au 6 janvier faisant état pour la seule ville d'Almaty de 13 tués parmi les forces de l'ordre (dont 2 décapités) et plus de 300 blessés. Côté destructions, plus de 300 magasins ont été pillés et plusieurs bâtiments administratifs incendiés. Les dégâts occasionnés par les émeutiers dépassent déjà 92 millions de dollars. 


3 / Une réaction russe immédiate, légitime et radicale

Alors que dans le Nord Est du Kazakhstan les populations russes et russophones qui sont plusieurs millions, lèvent des groupes d'autodéfense dans leurs régions, motivées par les slogans russophobes de plus en plus violents animant les émeutes en cours, le Kremlin, pour ne pas répéter les erreurs de 2014 où il avait laissé le Maïdan ukrainien dégénérer en coup d'Etat, a réagit au quart de tour et de façon radicale.

"Wagner", une société privée de sécurité russe au services des intérêts de la Fédération de Russie

Après avoir appelé à une résolution pacifique de la crise kazhakstanaise, le président russe a rencontré en urgence son homologue du Bélarus pour répondre militairement à la demande d'assistance adressée par Astana à  la CEI face à une situation échappant à son contrôle.

Ce 6 janvier, l' Organisation du Traité de Sécurité Collective  a confirmé l'envoi d'un force pour rétablir l'état de de droit au Kazakhstan, tandis qu'une première unité de 300 hommes de la société Wagner serait déjà arrivée depuis 24 heures pour sécuriser les aéroports qui seront vraisemblablement utilisés pour projeter cette force de réaction rapide de l'OTSC.

Des forces spéciales russes appartenant aux 76ème division d'assaut et 45ème brigade spéciale aéroportées sont déjà à l'œuvre sur le terrain.

Une force multinationale de maintien de la paix
est en cours de déploiement au Kazakhstan sur
demande de son gouvernement et en conformité
avec les accords de sécurité collective régionale.
Cette force qui sera composée d'unités venant de 
Russie, du Belarus, d'Arménie, du Tadjikistan et 
du Kirghizistan. Des unités aéroportées russes sont
déjà arrivées pour sécuriser des points sensibles.

A l'heure où j'écris ces lignes les infos qui tombent en cadences infernales sur les réseaux militaires et civils du net confirment la réaction rapide et radicale des forces de l'ordre et des soldats arrivant sur place pour rétablir l'ordre, et même si les troubles et les violences continuent, on peut espérer voir cette folie criminelle être rapidement matée et avec la violence adéquate nécessaire.

Si l'embrasement du Kazhakstan était un test des occidentaux pour jauger la détermination russe à défendre ses lignes rouges avant les négociations Est-Ouest de la semaine prochaine, il a pleinement confirmer que la patience du Kremlin appartenait désormais au passé et qu'il ne prend plus désormais de gant pour défendre sa zone d'influence sécuritaire !

8 ans après les émeutes du Maïdan, la Russie a enfin sorti les griffes.

Mieux vaut tard que jamais !

Erwan Castel

Et pour finir en riant (c'est à l'Est la période de Noêl) voici la dernière blague de l'Union Européenne datée de ce 6 janvier 2022:

"L'UE appelle également les autorités à respecter le droit fondamental 
de manifester pacifiquement et à la proportionnalité dans l'usage de la 
force pour protéger leurs intérêts légitimes de sécurité et pour s'acquitter 
de leurs obligations internationales". Service de politique étrangère de l'UE0
"Manifestation pacifique" version démocrate kazakh !