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mercredi 14 avril 2021

Le coeur des guerres

Le géopoliticien belge Michel Collon, décortiquant la propagande de guerre occidentale, rappelait en premier premier mensonge politico médiatique établi, que l'impérialisme occidental cherche toujours à cacher les intérêts économiques qui, en réalité motivent ses croisades militaires, et je trouve pertinent de rappeler une nouvelle fois ici :

Les 5 principes de la propagande de guerre

Observation: à ces 5 principes de la propagande de guerre énoncés par Michel Collon (cacher les intérêts, oublier l'Histoire, diaboliser l'ennemi, victimiser l'ami, contrôler l'information) je me permets de rajouter celui de légaliser la pensée unique en organisant un arsenal juridique contre tous ceux qui s'opposent à ses mensonges ou ses décisions politiques arbitraires.

Et la crise ukrainienne n'échappe pas à cette stratégie mensongère de la propagande de guerre occidentale qui, depuis la chute de l'URSS cherche à nouveau à s'emparer de ce "pivot stratégique entre l'Occident et l'Eurasie et qui est vital à la Russie.


Le 11 avril 2021, Manfred Weber qui est le chef de la principale faction du Parlement européen - le parti populaire européen (PPE) - a plaidé pour un durcissement des sanctions européennes et américaines contre la Russie en cas d'escalade de la situation dans l'est de l'Ukraine... ou la détérioration de la santé d'Alexeï Navalny:

"Le temps des sanctions mesurées dans ce cas est passé. Le gel à grande échelle des comptes des oligarques ou la déconnexion de la Russie de SWIFT (réseau informatique international des échanges bancaires) devraient être de véritables options en cas d'escalade et le North Stream 2 n'aura alors plus aucune raison d'être"

Nous y voilà ! 

Car l'Ukraine n'est pas seulement ce pivot géostratégique séculaire qui donne à la Russie un accès à la Méditerranée (et dont la Crimée est la clef de voûte) et pour laquelle la France a déjà été entrainée par Londres la thalassocratie d'alors, dans une guerre contre la Russie en 1854, mais aujourd'hui est elle est au centre d'enjeux économiques majeurs entre la Russie et l'Europe occidentale et que voudrait bien détruire la concurrence nord américaine.

Et au coeur de ses échanges économiques entre Russie et Occident nous trouvons le gaz dont la Fédération est le 2ème producteur mondial, et qui se taille une part très importante dans les économies des grandes puissances, poussant les Etats Unis dans leur amoralité criminelle coutumière à semer le chaos partout où ils leur clan mondialiste espère rafler des marchés.

Ainsi tout comme pour le pétrole qui a motivé les guerres en Irak, Libye ou les blocus contre l'Iran ou le Venezuela par exemple, les enjeux gaziers sont au coeur des guerres comme celle qui ravage la Syrie et qui fut déclenchée au lendemain d'un accord irano-syrien pour des exportations de gaz vers l'Europe laissant sur la touche le projet qatari-turc soutenu par Washington.


Une "guerre des tubes" européenne

C'est une erreur que de vouloir dissocier la guerre économique de la guerre militaire, la seconde n'étant que le prolongement de la première qui depuis l'arrivée du capitalisme hégémonique impose ses objectifs au pouvoirs politiques qui font de la marchandise la nouvelle idéologie dominante. Preuve en est par exemple les actions de l'OTAN alliance militaire mais qui intervient de plus en plus dans les domaines économico-politiques, comme par exemple lorsqu'elle soutient le traité de libre-échange transatlantique, intègre prioritairement les pays où devait transiter le gaz russe comme le Monténégro ou critique les organisations écologistes qui s’opposent au gaz de schiste etc.

Et l'OTAN naturellement de se retrouver au centre de cette plaque tournante gazière qu'est l'Ukraine et qui probablement s'imposera ici bien avant l'Union Européenne qui n'a été qu'un miroir aux alouettes pour faire basculer Kiev dans le camp occidental.

Car la "guerre des tubes" autant que la guerre militaire est également au coeur de cette crise ukrainienne, car c'est par l'Ukraine que transitait la majeure partie des exportations de gaz russe vers l'Ouest et que Moscou voulait renforcer avec le projet South Stream qui de la Mer Noire devait passer par les Balkans. Or la guerre économico-militaire installée dans cette région pontique va obliger la Russie à abandonner la Mer Noire pour ses exportations de gaz et de contourner le barrage géopolitique du Sud de l'Europe par la Mer Baltique avec le projet "North Stream" et qui, au grand dam de Washington, est sur le point d'être achevé.

Les USA, qui veulent imposer leur gaz de schiste aux européens se sont toujours opposés aux approvisionnement via l'Ukraine et autres projets gaziers russes "South Stream" et "North Stream". et tous les gouvernements étasuniens ont mis un point d'orgue à saboter par n'importe quel moyen cette concurrence russe commercialement imbattable. Ainsi Obama avec son opération "Maïdan", l'OTAN avec son extension dans les Balkans et même Trump qui va imposer des sanctions sévères aux entrepreneurs initiaux du projet, des suisses qui ont immédiatement abandonné le chantier, qui a pris ainsi un retard considérable..

Le North Stream 2

Donc ce n'est certainement pas un hasard si l'escalade militaire vécue sur le front actif du Donbass et celui, passif, de la Crimée coïncide avec la dernière étape de la pose du gazoduc russe "Nortrh Sream 2" dont le gaz naturel, par ses coûts d'exploitation et d'exportation est un concurrent imbattable pour le gaz de schiste américain que les Etats unis voudraient imposer aux pays européens.

L'arrêt du projet North Stream qui s'inscrit dans un paquet d'attaques économiques anti russes est donc devenu ces derniers mois une priorité urgente pour Washington et que justifierait sans nul doute un conflit russo-ukrainien dans le Donbass, dont la responsabilité attribuée à Moscou par la propagande de guerre occidentale abaisserait "un nouveau rideau de fer" sur l'Europe.

Provoquer la Russie dans un conflit qui resterait probablement circonscris au Donbass forcerait l'Union Européenne (et surtout l'Allemagne qui est partie prenante au North Stream 2) a renoncer aux importations russes et donc a se tourner vers celles venant des USA. Appauvrissement de l'économie russe, enrichissement de l'économie nord-américaine, blocus militaire de la façade occidentale russe, intégration accélérée de l'Ukraine dans l'OTAN, soumission politico-militaire des pays occidentaux... 

Bref, pour Washington, c'est un paquet de bénéfices d'autant plus tentant que le coût ne serait que quelques milliers de slaves européens, ukrainiens ou russes et la perte d'un bout oriental de l'Ukraine... sauf si la Russie qui de toute façon n'aurait rien à perdre décide dans sa réaction militaire de récupérer une grande partie de son territoire ukrainien renforçant l'atout stratégique de la Crimée, rendant alors le rapport coût / bénéfice beaucoup moins intéressant pour la ploutocratie mondialiste.


L'OTAN, entre piraterie et sabotage 

Pour illustrer l'importance des enjeux et menaces qui se cristallisent autour du gazoduc russe "North Stream 2"; il fut relever des incidents graves survenus sur son chantier final mener à la fois par la Pologne et l'OTAN et qui relèvent plus de la piraterie maritime que du droit international dont on devrait attendre normalement qu'il soit respecté par ceux là mêmes qui se prétendent ses parangons :

Sur la zone d'achèvement du gazoduc la société "Nord Stream 2 AG" responsable du chantier a signalé une brusque augmentation des activités de navires et aéronefs de l'OTAN à proximité immédiate du chantier, y compris des sous marins.

Avion de l'armée de l'air polonaise procédant à un vol 
basse altitude du chantier final du "North Stream 2".

Le "Krakow", navire de la marine de guerre polonaise 
tournant autour du chantier du gazoduc dans des cercles
de plus en plus rapprochés. Il a été chassé par le navire
de soutien russe menant alors une trajectoire parallèle.

Mais le pompon des provocations occidentales contre le chantier gazier russe revient à deux bateaux de pêche polonais qui ont voulu volontairement percuté la plateforme de travail dans un comportement quasi suicidaire qui illustre bien l'hystérie russophobe collective qui s'est emparée de la majorité des pays de l'OTAN: 

22 février 21, éperonnage du bateau ravitailleur "Vladislav Strizhev" 
par un bateau de pêche polonais, alors qu'il s'interposait pour
protéger la plateforme de pose initialement visée et vulnérable.
 
Prétendre ensuite comme l'ont fait les autorités polonaises qu'il s'agit d'accident maritimes relève de la mauvaise fois et du "foutage de gueule", car les bateaux polonais n'ont pas pu ne pas voir cette plateforme gazière russe qui, avec son navire industriel "Fortuna" présente une superstructure de près de 200 m de long et éclairée toute la nuit. De là à supposer que les bateaux, qui plus est n'ont jamais répondu aux alertes radios envoyées, étaient en fait réquisitionnés par des services spéciaux de l'OTAN chargés de mener des intimidations, il n'y a qu'un tout petit pas...

Plus tard c'est un sous marin polonais qui s'est aventuré dans la zone d'ancrage de la barge de pose des tubes du gazoduc qui s'étend à plus d'un mile marin à l'entour, menaçant de rompre des amarres.

28 mars 21, c'est un sous marin polonais qui 
est aperçu à proximité immédiate du chantier

Ce type d'incidents sont nouveaux dans la zone d'achèvement du North Stream 2 et leurs fréquence laisse bien à penser qu'il s'agit d'opérations illégales planifiées par les services de l'OTAN ou au minimum ceux de l'armée polonaise qui en fait partie. Des plaintes ont été déposées par l'exploitant du chantier. Reste à voir si les incidents vont se poursuivre.

En attendant a Pologne a confirmé qu'elle était un fidèle et zélé laquais de la stratégie russophobe étasunienne.


Le North Stream 2, au coeur de l'escalade du Donbass 


Il reste ne reste plus aujourd'hui que 121 kilomètres de gazoduc à poser au fond de la mer Baltique pour que la Russie soit en mesure de fournir à l'Europe, via l'Allemagne qui est son premier client, 55 milliards de mètres cubes de gaz, et le directeur de la société "Nord Stream 2 AG" a confirmé l'achèvement du chantier avant la fin de l'année. 

Les prochaines semaines seront donc cruciales et tendues par nombre de provocations occidentales destinées à faire réagir la Russie pour ensuite engager de nouvelles sanctions contre Moscou dont le blocage du North Stream est certainement en tête de liste.

Ces provocations s'effectueront certainement et prioritairement dans le Donbass où la situation militaire extrêmement tendue et la présence d'un proxy ukrainien suicidaire le permettent aisément, lequel voit d'un très mauvais œil ce projet gazier car il achèvera le rôle de l'Ukraine dans le transit gazier russe et pour lequel elle bénéficie d'avantages économiques énormes (taxes, réduction du prix d'achat etc)  

Et d'aucuns de prétendre comme Kofman, l'ancien ministre des Affaires étrangères de la République Populaire de Donetsk que, si les milices n'ont pas riposté aux derniers crimes de guerre ukrainiens, c'est pour ne pas servir aux occidentaux sur un plateau un prétexte pour abandonner le projet North Stream 2.

Il y a 7 ans exactement Kiev lançait son "Opération Spéciale Antiterroriste" contre le Donbass 

Cette situation en Mer Baltique qui résonne sur les rives de la Mer Noire confirme la dimension internationale de cette guerre du Donbass qui dépasse largement et depuis ses racines, la dimension d'un simple guerre civile.

Et si demain les forces ukrainiennes, dans un rapport de forces qu'un soutien militaire russe au Donbass inverse désormais en leur défaveur, réalisent quand même une opération offensive et suicidaire, on connaitra le prix du sang de ce North Stream 2.

Erwan Castel


dimanche 21 août 2016

Encore et toujours...

Un journée de plus entre guerre et paix



Est-il besoin de le préciser : la population de Donetsk commence vraiment à en avoir marre de cette fausse guerre avec des vrais morts qui n'en finit pas de saigner le Donbass comme un minotaure qui vient chaque nuit réclamer sont lot de pleurs et de sang...

Mais il ne faut pas croire que ce "ras le bol" se traduit par une lassitude morale ou physique, pas plus qu'une haine colérique dirigée contre l'Ukraine. Les gens rencontrés chaque jour, qu'ils soient militaires ou civils sont plus que jamais déterminés à défendre leur sanctuaire, et c'est plutôt un sentiment d'impatience qui ressort des conversations relatives à la situation. 

Impatience d'en finir avec cette agression insensée que seules une haine russophobe stupide et une servilité honteuse à des intérêts étasuniens motivent. Et pour que cessent les bombardements et revienne enfin la paix, les femmes et les hommes du Donbass sont prêts à payer encore et toujours le prix de la guerre, jusqu'à espérer que cette offensive ukrainienne commence enfin pour qu'en en finisse une bonne fois pour toute avec ses soudards...

Pour le moment, les forces républicaines se contentent de repousser les attaques ukrainiennes jusqu'à la ligne de démarcation, et de réaliser des tirs de contre-batterie sur les positions d'artillerie repérées et qui pilonnent quotidiennement la population. 

Bilan de la journée du 20 au 21 août 2016

Pas moins de 500 violations du cessez le feu ont frappé la seule République de Donetsk cette nuit



Quelques uns des bombardements ukrainiens de la journée du 20 août

La zone Sud de la République n'a pas échappé non plus aux combats et bombardements et connaît elle aussi une augmentation constante des tirs ukrainiens, notamment vers Sahanka et Kominternovo 

Nuit du 20 au 21 août 2016, secteur Mariupol

  • 1 soldat de 26 ans a été tué par un tir de mitrailleuse ukrainienne,
  • 1 civil de 42 ans - Babchenko Nikolay Vladimirovitch- a été tué dans le district de Kirovsky / Donetsk 
  • 5 autres civils ont été blessés dans le district de Petrovsky/Donetsk, dans Yasinovataya et dans les villages  de  Zaitsevo et Kominternovo. 
C'est le soir vers 22h20 que le civil de Petrovsky a été blessé par des tirs de snipers visant délibérément les fenêtres des maisons civiles.

A 23h45, sous un tir de contre batterie républicaine, un nouveau dépôt de munitions ukrainien (après ceux de Trudovsky et Mariuopol la semaine dernière) a explosé dans le secteur de Marinka.

20 août 2016 - Explosion d'un dépôt de munitions ukrainien à Marinka

Les incendies des positions ukrainiennes étaient visibles depuis Donetsk


A Donetsk, les services municipaux et les habitants continuent d'aménager des caves en abris contre les bombardements, tandis que les services d'information continuent d'informer la population et de diffuser les consignes de sécurité en cas de bombardement ukrainien.
Ces campagnes d'information avaient commencé déjà l'année dernière, notamment dans les écoles, sur le même sujet mais aussi le problème majeur des mines et pièges disséminés tout le long de la ligne de front.

Communiqué de consignes en cas de bombardement

Aujourd'hui 21 août 2016, on apprend que Alexander Hug le premier adjoint de la mission de surveillance de l'OSCE vient en urgence à Donetsk, pour une visite d'une journée, et dont les motifs n'ont pas été annoncés.

Arrive la fin de semaine, la fin des jeux olympiques, la fin des vacances d'été et surtout les campagnes électorales étasuniennes (présidentielles) et russes (législatives) et dont les résultats vont déterminer les actions des uns et les réactions des autres sur fond des crise ukrainienne et syrienne, les deux conflits jumeaux de cette nouvelle guerre froide entre Washington et Moscou.

Un impérialisme qui bat en retraite mais reste dangereux



Si les tensions s'accroissent ailleurs dans le Monde, comme en mer de Chine par exemple, c'est cette région de Méditerranée orientale qui cristallise toujours les enjeux et le menaces les plus importantes et urgentes, surtout depuis qu'Ankara, ce pilier méridional de la Mer Noire s'est rapproché de Moscou, jusqu'à lui ouvrir ses bases militaires pour sa campagne anti-Daesh en Syrie, tandis que les USA eux, commencent à quitter la Turquie.

Car, depuis la fin du XVIIIèle siècle cette porte méditerranéenne est l'enjeu de conflits économiques et militaires, elle est en effet le verrou permettant aux thalassocraties britanniques puis étasuniennes de bloquer la concurrence russe sur la traditionnelle route économique entre l'Orient et l'Occident

Et le "verrou" que représente cette est toujours actif sur le plan économique, car si les caravanes séculaires transportant les ballots de soie se sont réfugiées dans les livres d'Histoire, en revanche les pipelines, oléoducs et surtout gazoducs, ont repris les mêmes chemins géostratégiques.

Il n'y a que les naïfs et les cyniques pour croire que c'est la folle aspiration des peuples à vouloir plus de démocratie et de Droits de l'Homme qui est l'origine des crises ukrainienne et syrienne. La réalité reste le "pognon", le "flouz", le "fric" qui pousse les capitaines d'industries et les vampires financiers a soutenir des dictateurs ou défaire des présidents élus selon leur niveau de contrôle sur les ressources énergétiques de leurs pays..

Avec le revirement de la Turquie vers le bloc eurasiatique, à la surface de la Mer Noir resurgit en plus d'un revers politico-militaire un projet économique majeur pour les USA : Le "Turkish stream", cette nouvelle route commerciale pour l'exportation du gaz russe. Washington avait réussi à bloquer ce projet, notamment grâce à la crise ukrainienne mais mais il revient aujourd'hui comme un des pires cauchemars économiques pour les intérêts de Wall Street et aussi de Kiev qui profite du transit actuel par son territoire du gaz russe moyennant 2 milliards de dollars annuels.


Pour diversifier les voies d'approvisionnement de son gaz, la Russie a lancé avec des partenaires les projets North Strean et Turkish Stream, ce dernier étant une variante pour contourner l'Ukraine imprévisible...

Ce projet représente s'il aboutit représente une victoire majeure contre la stratégie d'encerclement de la Russie d'autant plus qu'il sera raccordé aux autres cheminements énergétiques en provenance d'Anatolie et d'Asie et mettra en échec les projets saoudiens ou qatari par exemple... 

Pour Kiev, ce projet lui retirera une source de revenus non négligeable, mais surtout une partie de son importance géostratégique vis à vis des pays européens dont le partenariat est dicté uniquement par l'intérêt. Voilà pourquoi il est vraisemblable que ces prochains mois les USA, qui chercheront à contrer ce Turkish stream à tout prix, seront tentés d'allumer des feux sur son itinéraire, comme en Macédoine en Serbie ou en Grèce par exemple, et bien sûr à nouveau en Turquie où un nouvel attentat de l'Etat Islamiste vient d'être fait.

il reste à savoir quelle influence peut sur la crise ukrainienne cette victoire de Moscou qui est également un camouflet magistral pour la prétentieuse hégémonie étasunienne...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


20 août 2016, en plein après midi le quartier de la gare de Yasinovataya est bombardé par Kiev

jeudi 2 juin 2016

Y a du gaz dans la démocratie.

Règle numéro 1 : "Cacher les intérêts"

Les points communs des pays où la "démocratie" occidentale est exportée par les bombardiers et les couteaux de "modérés" égorgeurs, se trouvent généralement au niveau de leurs sous sol....

C'est ce que souligne Michel Collon lorsqu'il décortique les 5 règles de la propagande de guerre étasunienne (cacher les intérêts / diaboliser l'ennemi / victimiser l'ami / ignorer l'histoire / contrôler les médias)

L' Ukraine qui est plongée dans une crise gravissime depuis le début 2014 n'échappe à aucune de ses règles...

Il s'agit bien d'une guerre se préemption territoriale menée par les USA et leurs alliés de l'OTAN pour contrôler des ressources énergétiques vitales et permettre ainsi de mieux asphyxier la Russie.

Les envolées lyriques et droitdelhommistes des BHL & Co au carnaval démocratique du Maïdan ne sont qu'enfumage médiatique cachant un coup d'état fasciste à Kiev puis une guerre génocidaire dans le Donbass.

En Ukraine aussi, comme en Libye, Syrie, Mali etc... les intérêts inavoués qui ensanglantent ces régions depuis plus de 2 ans sentent le gaz et le pétrole...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Le lien, ICI : MullC

La crise ukrainienne tourne autour de ce pipeline



Maintenant que tous les yeux sont sur l'Ukraine et le potentiel d'une plus grande guerre métiers, il n'y a jamais eu de moment plus important de comprendre ce qui est en jeu.

Comme les lecteurs WhoWhatWhy savent, les véritables raisons entourant un conflit sont souvent enterrés sous les titres et la rhétorique. Donc, il ne devrait pas venir comme une surprise que, dans les coulisses, le pétrole et le gaz naturel sont au volant d'un gros morceau de la réponse américaine à la participation russe en Ukraine.

Si vous voulez comprendre où le caoutchouc rencontre la route géopolitique dans la guerre Ukraine, vous devez apprendre davantage sur le 1480-mile South Stream pipeline de gaz naturel.

Le pipeline est au cœur de la plus grande bataille qui a combattu en Europe entre Moscou et Washington. Il peut même avoir été une motivation derrière l'annexion par la Russie de la Crimée. Et se il ya une fissure dans le front uni entre les USA et l'Europe sur le rôle de la Russie en Ukraine, South Stream est-il.

Pourquoi South Stream ne importe? Ce est un projet $ 21,6 milliards pour raccorder les réserves de gaz de la Russie de monde sur les marchés européens à plus grand. L'Europe dépend de la Russie pour environ 30 pour cent de son gaz naturel.

Tout retard dans la finition du pipeline devrait être terminée en 2018-ne peuvent qu'aider les concurrents de la Russie dans le secteur de l'énergie internationale. Et un joueur prépare à contester la Russie sur le marché européen de l'énergie est aux États-Unis.

Cette année, les États-Unis sont devenus le plus grand producteur d'hydrocarbures de gaz naturel et de pétrole dans le monde, dépassant la Russie et l'Arabie saoudite. Il ya des preuves solides que les États-Unis cherchent à obtenir à la fois un avantage commercial et l'influence politique par prendre pied sur les marchés pétroliers et gaziers d'Europe.


La preuve vient, en partie, par les objectifs de l'administration Obama a choisi de punir pour l'annexion par la Russie de la péninsule de Crimée.

Tout cela soulève la question de combien la confrontation en Ukraine est sur qui va vendre du gaz naturel (et l'huile plus tard) à l'un des plus grands consommateurs d'énergie du monde: l'Europe.

South Stream doit beaucoup de son existence aux 2005-2010 Conflits gaziers russo-ukrainiens, qui ont laissé autant que 18 pays européens coupés de gaz russe. Gazprom, la compagnie énergétique d'Etat de la Russie, a proposé South Stream comme un moyen de contourner l'Ukraine et d'assurer une ininterrompue, flux diversifié en Europe. Il a trouvé un partenaire disposé à l'état-contrôlée pétrole et du gaz l'entreprise de l'Italie, Eni SpA, et sept autres pays faim gaz.

Pour vraiment comprendre comment intrinsèque South Stream est à l'influence économique de la Russie en Europe, il suffit de regarder quelques-uns des objectifs de sanctions américaines contre des sociétés russes ou russo-lié. Deux d'entre eux ont été directement visant à ralentir ou arrêter South Stream.

La première société South Stream liés aux États-Unis était ciblé Stroytransgaz, qui construit la section bulgare. Poutine allié et milliardaire Gennady Timchenko il appartient et il est déjà sur la liste des sanctions. Donc Stroytransgaz a dû arrêter la construction ou le risque d'exposer d'autres entreprises sur le projet aux sanctions.

La deuxième entité dans les sanctions réticule était une société appelée Chernomorneftgaz Crimée. Après l'annexion de Russie, le parlement de Crimée a voté pour reprendre l'entreprise, qui appartenait au gouvernement ukrainien. Et devinez quoi appartient cette société? Les droits à la zone économique maritime exclusive dans la mer Noire.

Ce est important parce que la Russie a acheminé l'pipeline sur un chemin plus long à travers la mer Noire qui découpée Ukraine. Il a évité les eaux de Crimée, au lieu d'aller via la Turquie.

Européenne Split

L'Union européenne a attaqué South Stream à travers une résolution non contraignante qui a appelé à l'arrêt de sa construction. Etats membres de l'UE ne ont pas à prêter attention à la résolution, qui a été principalement conçu pour mettre la pression publique sur la Russie.

Ce est là que divisée entre les pays de l'Europe est devenu évident.

Plusieurs de ceux qui bénéficieront de l'oléoduc se sont prononcés en faveur de la construction ou déplacé de l'avant avec des accords pour le construire. Italie veut procéder, et l'Autriche et la Russie ont signé un accord pour construire un segment, au mépris de la position de l'UE que le pipeline peut violer les règles anti-compétitivité. De l'Allemagne Siemens fournira l'instrumentation pour le pipeline.

Un pays qui essaie d'éviter d'être piétiné que les géants se battent est la Bulgarie. Il a encore des liens étroits avec la Russie, mais est soumis à la pression des États-Unis

Tous deux ont pris pour cible lors de sa section de South Stream, qui est où le pipeline viendra à terre de la Russie via la mer Noire. L'Union européenne a mis en garde le gouvernement bulgare que son offre de construction a enfreint les règles de l'UE. Les États-Unis a sanctionné la société qui a remporté l'appel d'offres, Stroytransgaz.

Bulgarie fait valoir à l'UE que sa position est juridiquement valable, et que sa stabilité économique est à risque sans South Stream. La Bulgarie n'a pas d'autre alimentation en gaz sécurisé afin "l'intérêt national doit être protégé», a déclaré ministre de l'Economie et de l'énergie Dragomir Stoynev.

Dans l'intervalle, la Bulgarie est difficile au travail à trouver un moyen de contourner les sanctions américaines. Le gouvernement peut remettre le travail de construction à une filiale de Gazprom qui est la construction de la section serbe. Et voici une astuce: le gouvernement bulgare a approuvé un prêt de $ 835 000 000 Gazprom à payer pour cela, garanti par les revenus futurs du pipeline.

Just Business, jamais politique

Selon Vladimir Poutine, South Stream est juste un projet d'entreprise face à des revers commerciaux ordinaires qui ne ont rien à voir avec l'Ukraine. Washington interfère, M. Poutine a déclaré après sa rencontre avec son homologue autrichien en Juin, parce que les États-Unis veulent fournir le gaz à l'Europe. "Ce est une lutte concurrentielle ordinaire. Au cours de cette compétition, les outils politiques sont utilisés ", at-il dit, se référant aux sanctions américaines.

Sans aucun doute, les États-Unis ont un intérêt commercial massif dans la vente de gaz naturel vers l'Europe. Merci de l'abondance créée par le boom intérieur gaz de schiste, les États-Unis peut être en mesure d'exporter du gaz naturel liquéfié à des acheteurs européens dans un avenir proche. Déjà, Washington a autorisé sept installations d'exportation; environ 30 autres sont en attente d'approbation. Les premières exportations pourraient commencer d'ici la fin de cette année.

Mais puisque toutes les infrastructures pour expédier gaz liquéfié ne est pas encore en place, le Premier ministre serbe Alexander Vucic, un promoteur South Stream, a ridiculisé l'idée des exportations de gaz des États-Unis vers l'Europe dans un an ou deux que "les contes de fées." Pendant ce temps, Poutine a ostensiblement déclaré que gaz canalisé sera toujours moins cher que la forme de liquide, et Moscou a toujours affirmé que la facture de gaz de l'Europe va augmenter si elle choisit des solutions de rechange en dehors de gaz naturel russe.

Cependant, il ya plus de gaz naturel à jouer dans l'avenir énergétique de l'Europe. L'administration Obama est en train de négocier un accord de libre-échange avec l'Europe qui pourrait légaliser les exportations pétrolières américaines pour la première fois depuis 1975. Cela porterait les exportateurs américains en concurrence directe avec la Russie, qui vend 84 pour cent de ses exportations de pétrole vers l'Europe d'aujourd'hui.

Au moment où le gazoduc South Stream devrait générer environ 20 milliards de dollars par année en revenus. Avec autant d'argent en jeu, la politique derrière l'affrontement armé dans l'est de l'Ukraine prend une nouvelle dimension: ce est la guerre de tir il partie de plus grand, de conflit à plus long terme la bataille continue entre les Etats-Unis et la Russie pour la domination mondiale d'énergie?

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Cet article a paru au WhoWhatWhy. Droit d'auteur 2014.

Tags: la Russie, l'Ukraine, l'essence, WhoWhatWhy

vendredi 26 décembre 2014

Analyse d'un joueur d'échecs

Ce que Poutine ne nous dit pas 
Par Pepe Escobar

Publié le 18 décembre sur le site "RT", le lien : ICI

Lors de sa conférence de presse annuelle et du marathon de questions et réponses qui a suivi, même aux prises avec ce qui, à tous égards, constitue une tempête parfaite, le président Poutine a affiché un comportement extrêmement mesuré.

Cette tempête parfaite évolue sur deux fronts : une guerre économique ouverte (comme un siège mené à coup de sanctions) ainsi qu’une attaque concertée et secrète menée dans l’ombre, au cœur même de l’économie russe. Pour Washington, l’objectif ultime est clair : appauvrir et dégriffer l’adversaire, pour le forcer à s’incliner docilement devant les lubies de l’Empire du chaos [1]. Et s’en vanter à tout bout de champ jusqu’à la victoire [2].

Le problème, c’est qu’il se trouve que Moscou a impeccablement percé le jeu, et ce, même avant que Poutine, lors de la réunion du club Valdaï d’octobre dernier, ne décrive avec perspicacité la doctrine Obama, en disant que nos partenaires occidentaux sont des adeptes de la théorie du chaos contrôlé.

Poutine a donc parfaitement compris en quoi consistait l’attaque monstre de cette semaine, de type chaos contrôlé. L’Empire dispose d’un pouvoir monétaire massif, d’une influence énorme sur le Produit intérieur brut mondial de 85 000 milliards de dollars et du pouvoir bancaire qui sous‑tend tout ça. Rien de plus facile donc que de faire jouer ce pouvoir, par l’entremise des systèmes bancaires privés, qui contrôlent en réalité les banques centrales, pour lancer une attaque sur le rouble. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’Empire du chaos rêve de faire chuter le rouble d’environ 99 % (anéantissant du même coup l’économie russe). N’est‑ce pas là la meilleure façon d’imposer à la Russie la discipline impériale ?


Image : Obama arrivant avec un jeu de dames (checkers) de politique étrangère sous le bras 
à une table où Poutine est devant un jeu d’échecs


L’option nucléaire

La Russie vend son pétrole à l’Occident en dollars US. Lukoil, par exemple, possède un dépôt en dollars US dans une banque américaine pour ses ventes de pétrole. Pour verser des salaires en roubles en Russie, Lukoil devra vendre ses dépôts en dollars US pour acheter en Russie un dépôt en roubles pour son compte bancaire, ce qui aura pour effet de soutenir la valeur du rouble. La question n’est pas de savoir s’ils accumulent des fonds à l’étranger, cela est une donnée.  La seule question est de savoir s’ils ne les font plus revenir en Russie. La réponse est non. Et il en va de même pour d’autres entreprises russes.

La Russie n’est pas en train de perdre ses économies, comme en jubilent les grands médias occidentaux. Elle peut toujours exiger des compagnies étrangères de se délocaliser en Russie. Apple pourrait par exemple y ouvrir une usine de fabrication. Les récents accords commerciaux sino‑russes incluent, entre autres, la construction d’usines en Russie par les Chinois. Vu la dépréciation du rouble, la Russie est en mesure d’exiger des entreprises manufacturières établies dans l’Union européenne de se délocaliser sur son territoire, sous peine de perdre leur accès au marché. Poutine a, en quelque sorte, admis que la Russie avait trop tardé à imposer une telle demande. La chose (positive en soi) est désormais inévitable.

Puis il y a aussi l’option nucléaire (option que Poutine n’a même pas eu à mentionner). Si la Russie devait décider d’imposer un contrôle des mouvements de capitaux ou un congé de remboursement de larges tranches de sa dette venant à échéance au début de 2015, cela équivaudrait au pilonnage du système financier européen (dans le style choc et stupeur). Après tout, une bonne partie du financement des banques et des grandes entreprises russes a été approuvée en Europe.

Pour ce qui est de la Russie elle‑même, l’exposition au risque n’est pas l’enjeu. Ce qui importe, ce sont les liens avec les banques européennes. Un banquier d’affaires me citait l’exemple de Lehman Brothers, qui a provoqué tout autant l’effondrement de l’économie européenne, que celui de la ville de New York (par le jeu des liens d’interconnexion). Et ça, même si Lehman était basée à New York. Ce qui compte, c’est l’effet domino.

Si la Russie devait déployer cette option financière nucléaire, le système financier occidental ne serait pas en mesure d’absorber le choc causé par l’interruption du service de la dette. Et cela prouverait (une fois pour toutes) que les spéculateurs de Wall Street ont érigé un château de cartes tellement fragile et corrompu, que la première vraie tempête aura suffi à le réduire en poussière.

Un seul coup suffirait

Et si la Russie cessait d’assurer le service de sa dette, créant du coup une sainte pagaille, compte tenu de ce que ça représente 600 milliards de dollars ? Ce scénario transparaît dans le fait que les Maîtres de l’univers demandent à Janet Yellen et à Mario Draghi de créer des crédits dans les systèmes bancaires, pour prévenir les dommages indus (comme ceux subis en 2008).

Mais imaginons qu’ensuite la Russie décide de couper l’acheminement du gaz et du pétrole vers l’Ouest (tout en maintenant les pipelines ouverts en direction de l’Est). Les services de renseignements russes pourraient causer des dommages considérables et constants aux postes de pompage, du Maghreb jusqu’au Moyen‑Orient. La Russie pourrait bloquer tout le gaz naturel et le pétrole en provenance des stans d’Asie centrale [3]. Le résultat ? L’effondrement financier le plus gigantesque de toute l’histoire. Et la fin des prétentions à l’exceptionnalisme de l’Empire du chaos.

Il s’agit bien sûr d’un scénario apocalyptique. Mais il ne faut pas provoquer l’Ours, car, ce scénario, il pourrait le réaliser en un éclair.

Lors de sa conférence de presse, Poutine [4] a affiché une attitude vraiment sereine, calme, contenue (et une ardeur à plonger dans les détails), car il sait que Moscou a les moyens d’une autarcie complète. Il va de soi qu’il s’agit d’une guerre asymétrique contre un empire dangereux qui s’écroule. Qu’en pensent les nains intellectuels qui fourmillent au sein de l’administration du canard boiteux Obama ? Qu’ils pourront vendre à l’opinion publique américaine (et mondiale) l’idée selon laquelle Washington (en fait, leurs caniches européens) affrontera une guerre nucléaire sur le théâtre européen au nom de l’État ukrainien en déroute ?

C’est une partie d’échecs. Le raid sur le rouble était censé faire échec et mat. Ça n’a pas marché. Pas quand le coup est porté par de simples amateurs de scrabble. Et n’oubliez pas le partenariat stratégique sino‑russe. La tempête est peut‑être en train de s’apaiser, mais la partie, elle, se poursuit.

Pepe Escobar

Article original : What Putin is not telling us (rt.com, anglais, 18-12-2014)

Traduit par Jacques pour vineyardsaker.fr

NOTES

[1] Empire of Chaos: The Roving Eye Collection [amazon.fr, Kindle Edition]

[2] White House Brags Sanctions Put Russia On ‘Brink of Collapse’: Crippling Russian Economy Could ‘Force’ Putin to Obey US (antiwar.com, anglais, 16-12-2014)

[3] Les stans sont les pays dont le nom comporte ce suffixe : Afghanistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan, Turkménistan

[4] Putin: Russian economy will inevitably bounce back, 2 years in worst case scenario (rt.com, 18-12-2014)

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Sources de l'article
- Site "MONDIALISATION.CA", le lien : ICI

Biographie de Pepe Escobar, le lien : ICI