Affichage des articles dont le libellé est SLAVIANSK-KRAMATORSK. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est SLAVIANSK-KRAMATORSK. Afficher tous les articles

dimanche 2 octobre 2022

La fin du "Trop peu, trop tard !"

Comme j'avais osé le craindre sous mon devoir de réserve lors des précédents SITREP, la ville de Krasni Liman est tombée aux mains des forces ukrainiennes au lendemain de la déclaration de rattachement à la Fédération de Russie de la République Populaire de Donetsk dont elle fait partie. 

De jure, les forces ukrainiennes ont donc envahi une ville russe ! 

Ce nouveau recul des forces alliées sur le front russo-ukrainien n'est pas, loin s'en faut, une catastrophe stratégique qui scellerait le cours futur des opérations militaires, mais cependant c'est un événement suffisamment grave pour le Kremlin car il constitue à la fois: 

  • un revers militaire, du fait de l'importance stratégique de Krasni Liman sur ce front Nord Donbass car il menace d'un effondrement la ligne de front constituée sur le rivière Donets et libère les forces de réserve du corps de bataille ukrainien de Slaviansk.
  • un affront politique, car depuis le 30 septembre cette ville comme toutes les localités des régions de Donetsk, Lougansk, Zaporodje et Kherson est une ville de la Fédération de Russie qui vient de lancer un ultimatum au pouvoir de Kiev pour qu'il cesse le combat.
Alors que le pantin étasunien Zelensky, dans une overdose multiple, pérore que "les Russes seront tués un par un tant que Vladimir Poutine sera au pouvoir", de nombreuses voix s'élèvent en Russie mais aussi en Ukraine pour dire que les forces ukrainiennes vont payer demain un prix mortel de leur rebuffade de Krasni Liman. Dans le précédent SITREP j'ai décrit cette bataille de Krasni Liman (et quelle que soit son issue) comme le déclencheur de l'inévitable deuxième format militaire russe en Ukraine et qui ne se terminera qu'avec la capitulation sans condition du régime mondialiste de Kiev quels que soient le prix à payer pour la Russie mais aussi pour collatéralement pour l'Europe occidentale qui porte une immense responsabilité dans cette tragédie orchestrée par la ploutocratie mondialiste de par la vassalisation volontaire de ses Etats-nations au capitalisme amoral et la domestication de leurs populations à un consumérisme individualiste.

Nous allons donc assister probablement à une réaction violente à la fois sur le front contre les forces ukrainiennes mais aussi probablement à une "réforme" organique radicale autour de cette stratégie russe qui, n'en déplaise aux courtisans manichéistes, a montré depuis 7 mois qu'elle ne parvenait pas à ses objectifs assignés soit parce qu'elle est inadaptée à la dynamique des opérations militaires dopées et menées par l'OTAN, soit parce qu'elle est mal conduite sur le terrain, souffrant d'une rigidité atavique notamment de ses chaînes de commandement et logistique et qui est incompatible avec les exigences d'un combat moderne fondé sur l'initiative des décisions, la rapidité de l'exécution et la mobilité des moyens.

Cela dit, "rien de nouveau sous le soleil" et l'Histoire nous apprend qu'à chaque fois que se découvre un nouveau type de guerre, cela provoque des réformes radicales et urgentes en cours d'action et qui peuvent même conduire à des "purges" dans les Etats Majors lorsqu'ils sont incapables de s'adapter aux situations nouvelles. Je n'en veux pour mémoire que la purge du commandement militaire français réalisée par le général Joffre en 1914 après l'enfoncement du front. Face à l'impéritie des Etats Majors face un nouveau type de guerre moderne, 162 généraux seront relevés de leur commandement et mutés dans des placards militaires au fin fond du pays, ce qui donnera naissance au terme "limogeage".

Car l'armée n'apprend véritablement que sur le champ de bataille réel, les manœuvres et exercices qui précédent les conflits n'ayant pour seules conséquences que de renforcer l'entrainement des unités dans le confort d'une croyance stratégique dogmatique ânonnée dans l'onanisme fainéant des écoles de guerre et du népotisme des affectations. A part les entrainement de certaines unités d'élites et forces spéciales, le soldat sur les terrains de manœuvre n'apprend pas la guerre, il ne fait qu'un exercice militaro-médiatico-politique qui se déroule toujours bien !

Depuis 7 mois, à l'exception du front situé entre la Crimée et le Dniepr (régions de Kherson et Zaporodje) et confié en février et mars à la 58ème armée, les 2 phases stratégiques initiales russes n'ont pas pleinement atteint leurs objectifs militaires et ont échoué dans leurs objectifs politiques, donnant ainsi une force  psychologique aux forces ukrainiennes. Je ne reviendrai pas ici sur les différentes raisons internes et externes (sous évaluation de l'ennemi, sous effectifs engagés, dispersion des forces, limitation des cibles stratégiques, mobilisations ukrainiennes, aides occidentales, co-belligérance de l'OTAN...) qui ont conduit à cette situation actuelle où l'initiative opérative est même passée depuis le 27 juillet dans le camp ukrainien. 

Mais il apparait que les deux plus importants défauts observés du côté russe sont une "retenue" dans les moyens de destruction engagés et une lenteur de réaction au niveau du commandement militaro-politique. Si le premier peut s'expliquer par l'intention initialement juste coercitive des opérations militaires russes et qui voulaient faire plier le pouvoir kiévien vers un retour à une neutralité politico-militaire de l'Ukraine frontalière, en revanche le second relève d'un atavisme obsolète et profond d'une chaine de commandement rigide où l'anticipation et l'initiative restent mentalement considérées comme hérétiques. Ce même "défaut dans la cuirasse" existe aussi au sein d'une bureaucratie russe momifiée dans une paperasserie cauchemardesque et qui, comme la chaîne commandement militaire, établit ses procédures sur 2 piliers : la peur du chef et la suspicion envers le subalterne !

Lorsque le président Poutine arrive au pouvoir, il a pleinement conscience de cette lourdeur systémique et contre productive (à laquelle s'ajoute d'autre tares comme la corruption et le népotisme) et il entame alors au milieu du délabrement organisé par ses prédécesseurs des réformes profondes (mais toujours en cours) tout en dénonçant dans un style typiquement russe cette mentalité inepte qui ronge la société jusqu'aux forces régaliennes chargées de sa sécurité :

Une blague du Président Poutine mais
qui n'est pas vraiment destinée à faire rire

Aujourd'hui, les enjeux et les menaces du conflit militaire engagé par les ukro-atlantistes aux frontières ukrainiennes de la Russie depuis 2014 et dans lequel meurent chaque jour de plus en plus de soldats et civils russes imposent un "nettoyage des écuries d'Augias" prioritaire ! 

C'est ce que disent depuis des années des patriotes qu'ils soient militaires comme feu le colonel Alekseï Mozgovoï, le colonel Girkin ("Strelkov") ou politiciens comme feu Vladimir Jironovsky, Guennadi Ziouganov etc. Et aujourd'hui, le sang qui coule appelle à réagir promptement et sans gants.

C'est le message qu'a voulu faire passer, au lendemain de la perte de Krasni Liman, le président tchétchène Ramzan Kadyrov, dont on ne peut mettre en cause ni sa fidélité au président russe ni son courage pour défendre avant toute chose les valeurs de la Grande Russie :


"J'ai toujours dit: il n'y a rien de mieux que la vérité exprimée, bien qu'amère, offensante, mais la vérité. C'est la seule façon d'avancer. Par conséquent, je ne peux pas garder le silence sur ce qui s'est passé à Krasny Liman.

La défense de ce secteur était dirigée par le commandant du district militaire central, le colonel général Alexander Lapin. Ce même Lapin, qui a reçu l'étoile du héros de Russie pour la prise de Lisichansk, bien que de facto qu'il n'y soit pas et n'y était pas là. Lapin a également été nommé au commandement des troupes du district militaire de l'Ouest.

Le colonel général a déployé des combattants mobilisés de la LPR et d'autres unités sur toutes les frontières de la direction de Liman, mais ne leur a pas fourni les communications, l'interaction et l'approvisionnement en munitions nécessaires. Il y a deux semaines, le commandant général de division des forces spéciales d'Akhmat, mon cher frère Apty Alaudinov, m'a personnellement signalé que nos combattants pourraient devenir une cible facile. À mon tour, j'ai informé Valery Gerasimov, le chef d'état-major général des forces armées de la Fédération de Russie, du danger. Mais le général m'a assuré qu'il n'avait aucun doute sur le talent de leadership de Lapin et ne croyait pas qu'une retraite était possible à Krasny Liman et ses environs.

Une semaine plus tard, Lapin déplace son quartier général à Starobelsk, à une centaine de kilomètres de ses subordonnés, alors que lui-même siège à Lougansk. Comment gérer rapidement des unités à 150 km d'elles ? En raison du manque de logistique militaire élémentaire, nous avons aujourd'hui abandonné plusieurs localités et un grand morceau de territoire.

Mais le pire ce n'est pas que Lapin soit médiocre. C'est le fait qu'il soit couvert au sommet par les chefs de l'état-major général. S'il n'en tenait qu'à moi, j'aurais rétrogradé Lapin au rang de soldat, je l'aurais privé de ses décorations et, une mitrailleuse à la main, je l'aurais envoyé au front pour laver sa honte avec du sang.

Le népotisme de l'armée ne mènera pas au bien. Dans l'armée, il faut nommer des personnes de caractère fort, courageuses, de principes, qui s'inquiètent pour leurs combattants, qui s'arrachent les dents pour leurs soldats, qui savent qu'un subordonné ne peut pas être laissé sans aide et sans soutien. Il n'y a pas de place pour le népotisme dans l'armée, surtout dans les moments difficiles.

Nous n'en avions pas assez après (la perte d') Izioum ? Même moi alors, j'avais demandé: tirez sur la concentration militaire de l'ennemi dans Izioum capturée par les nazis, d'autant plus que notre artillerie à l'époque avait une telle opportunité. Ils auraient éliminé les principaux satanistes et fascistes d'un coup. Il faut réaliser les opérations militaires spéciales au sens plein du terme, et non flirter. Utilisez toutes les opportunités et toutes les armes pour défendre NOTRE territoire. Donetsk est toujours bombardé. Les résidents des 4 territoires réunis veulent être protégés.

Je ne sais pas ce que le ministère russe de la Défense rapporte au commandant en chef suprême, mais à mon avis, des mesures plus drastiques devraient être prises, jusqu'à la déclaration de la loi martiale dans les zones frontalières et l'utilisation de petites armes nucléaires tactiques. Il n'est pas nécessaire de prendre toutes les décisions en tenant compte de la communauté ouest-américaine - elle l'a déjà dit et fait beaucoup contre nous.

Hier, il y avait un défilé ukrainien à Izioum, aujourd'hui un drapeau à Liman, et demain ?
 
Tout irait bien si ce n'était pas si grave." 

Ramzan Akhmadovitch Kadyrov, 
Président de la République Populaire de Tchétchénie

J'ai de la sympathie, je le reconnais, pour cet homme loyal et franc qui loin des courtisans à breloques met son âme, sa foi et son énergie au service de la Russie, de son peuple et de la Vérité. Et peu me chaut les quolibets des propagandistes crétins qui crachent sur ces hommes libres dès que leur parole n'est pas la régurgitation courtisane et stupide de la doxa officielle. A l'exception de son avis sur l'emploi des armes nucléaires tactiques je plussoie aux remarques du Lieutenant général Kadyrov tout en évitant de faire du général Lapin le bouc émissaire d'un problème existant et malheureusement systémique, que Moscou doit régler en urgence prioritaire.

Ces hommes tel que Strelkov et Kadyrov sont de vrais représentants des peuples russes, du patriotisme dans un idée d'empire et du "sens commun" de l'Union des peuples; et le Président Poutine le sait bien et certainement s'appuie même sur leurs colères, toujours loyales et respectueuses, pour légitimer indirectement la vitale radicalisation militaire et politique en cours (car sinon il seraient "écartés" depuis longtemps) et par la même occasion le nettoyage des salons ministériels de ces insectes rampants recherchant égotiquement les regards et les miettes d'un pouvoir qu'ils font semblant de servir dans un zèle servile, ridicule et improductif (sauf pour eux mêmes bien sûr). 

 Du côté de Krasni Liman

Sur le terrain, la situation autour de Krasni Liman est très difficile, les forces alliées ayant subi des pertes importantes dans les combats défensifs et dans leur repli en direction de Kreminna (20 km à l'Est) sous les feux de l'artillerie ukrainienne.

Cette carte date du 1er octobre car les informations récentes ne sont pas encore confirmées dans leur cartographies

Le député de la Douma et général à la retraite Andrey Gurulyov qui, après avoir commandé la 58ème armée était le Commandant adjoint du district militaire Sud (région de la Mer Noire) jusqu'en 2019 dit dans un ton également accusatoire "ne pas comprendre comment la chute de Krasni Liman n'a pu être évitée" et 3 semaines après le choc initial sur Balaklaïa. 

Beaucoup d'hommes et de matériels ont été laissés sur le terrain, les renforts sont arrivés "trop peu et trop tard"... comme toujours depuis 7 mois...

Même Vladimir Solovyov l'animateur du média 
d'Etat "Russia 1er" condamne la défaite subie à 
Krasni Liman  "Quelle est cette stratégie ? vous 
dites que nous n'avons pas assez d'hommes ? 
Nous avons 1 million d'hommes, il faut arrêter"

Où se déclenchera le tsunami russe ?

Il est bien sûr difficile de spéculer sur le secteur et la date de l'inévitable réaction militaire russe qui non seulement a été politiquement annoncée mais dont la préparation concrète connaît une accélération massive et rapide depuis la mi septembre. 

Sur le front de Kharkov ? 

Possible car il est impératif pour Moscou de récupérer les territoires perdus pour la sécurité des populations, poursuivre la destruction du corps de bataille ukrainien du Nord Donbass qui reste le plus important des forces ukrainiennes, de poursuivre la libération du Donbass et aussi de laver l'humiliation subie. 

Sur le front de Donetsk ? 

Ce serait significatif mais peu rapide car du secteur de Gorlovka à celui de Dokuchaievsk, une offensive frontale sur les positions ukrainiennes qui sont parmi les plus fortifiées du front serait longue et coûteuse. On peut cependant s'attendre à des campagnes de bombardements intenses sur les positions ukrainiennes.

Sur le front de Zaporodje ?

Ce front, qui est resté le plus stable depuis 5 mois est une inconnue car il peut être le théâtre d'opérations offensives, aussi bien de la part des forces ukro-atlantistes par exemple en direction de Volnovakha, Melitopol ou Energodar (où se situe la centrale nucléaire de Zaporodje) que des forces alliées, en direction de Zaporodje.

Sur le front de Kherson ?

Sur ce front la probabilité de voir être lancée une contre-offensive russe est grande et pour plusieurs raisons : épuisement des forces ukrainiennes dans des attaques suicidaires menées depuis fin juillet sur la tête de pont russe au Nord du Dniepr, objectifs stratégiques majeurs, notamment Nikolaïv et Odessa et étirement des lignes logistiques ukrainiennes dont les forces se sont concentrées au Nord, 

Les moyens des forces russes dont l'engagement maximal est désormais rendu possible grâce au changement de statut des régions de Kherson à Lougansk donne aussi le possibilité à l'Etat-Major russe d'engager concomitamment plusieurs offensives pour fixer sur leurs secteurs et détruire localement les forces ukrainiennes.

Ce qui est aujourd'hui certain, c'est que la chute de Krasni Liman a touché le nerf patriotique russe. "Ré zo ré !" comme on dit en Bretagne, trop c'est trop et ce nouveau revers met fin définitivement à cette stratégie du "trop peu, trop tard" que je dénonce avec d'autres personnes libres de tout fantasme servile, depuis... fin mars 2022. 

"Mieux vaut tard que jamais" dit-on mais cela ne nous fera pas oublier tout ce temps et ces vies perdues depuis 8 ans et 7 mois ! 

La Russie toujours poussée par le bellicisme anglo-étasunien vers le chemin du chaos est aujourd'hui devant les ruines de sa patience et n'a plus d'autre choix que de lancer contre son ennemi mortel une charge radicale et sans pitié.

Erwan Castel

samedi 1 octobre 2022

Un jour historique, au coeur de tous les dangers

 

Ce  30 septembre est une date historique pour la Russie, la Novorossiya et le Donbass ! 

La demande référendaire des populations des territoires de Lougansk, Donetsk, Zaporodje et Kherson a été actée ce 30 septembre à Moscou. C'est le début du retour vers leur mère patrie des territoires russes qui étaient pris en otage dans une Ukraine partie depuis 1991 dans une dérive accélérée vers un occident dégénéré et soumis au totalitarisme mondialiste russophobe.

En ce jour historique, j'ai pensé une nouvelle fois à tous mes camarades tués au combat pour que s'accomplisse ce rêve ainsi qu'à tous ceux, civils et militaires qui ont perdu une jambe, un parent, un enfant, un ami dans cette guerre génocidaire menée par les ukro-atlantistes depuis plus de 8 ans !

Je pense à Yulia, cette amie du quartier d'Oktyabrsky près de l'aéroport qui, les larmes aux yeux devant sa maison éventrée par des mortiers de 120mm ukrainiens, me disait en 2016: "ils (les ukrainiens) ont tout détruit : ma vie, mon pays, mes amis, ma maison, mon travail, mes rêves...". Je pense au sibérien "Sever", chef de section tué par un sniper sur le front de Promka en décembre 2017 et qui me parlait des aurores boréales et des horizons blancs colorant de leur symphonie naturelle le rêve des hommes libres qu'il est venu défendre ici sur cette terre noire du Donbass. Je pense au sergent Dietrich, tué devant Dokuchaïevsk, à la grand mère Anastasia déchiquetée dans son jardin et à tant d'autres parmi lesquels mon chef de bataillon Oleg Mamaïev et le président Alexandre Zakharchenko, tués eux aussi sur le front de leurs devoirs.

Aujourd'hui leur rêve vient (enfin) d'éclore dans les coeurs de cette population russe martyrisée depuis 8 longues années, et même si ses souffrances ne sont malheureusement pas terminées, la victoire et la Paix luisent désormais à l'horizon de ses enfants !

"Le destin nous appelle à un champ de bataille 
pour la Grande Russie !"
Vladimir Poutine, 30 septembre 2022

Mais il faut que l'euphorie naissante de cette réparation historique ne nous aveugle cependant pas car cette décision légitime de la Russie et qui relève d'un devoir civilisationnel risque fort d'accélérer le chaos voulu et organisé par l'impérialisme mondialiste. Le plus dur combat pour la liberté des peuples ne fait que commencer (et je pense ici à tous les peuples qui, à travers le Monde sont soumis aux étatismes capitalistes).

Le grondement d'ours de l'armée russe 

Maintenant que nous sommes dans le Donbass et la Novorossiya des membres à part entière de la grande Russie, les forces russes vont pouvoir se mettre en branle vers le front de l'Ouest ! 

Comme son animal totem, la Russie est prudente et parfois (souvent) lente à réagir, mais lorsque le danger menace ses enfants alors la terre tremble sous la charge de son armée.

Mobilisés du Daghestan montant vers le front 

Dans la frange occidentale de la fédération de Russie infectée par le consumérisme occidental, des petits bourgeois affairistes, traîtres et lâches qui ne peuvent pas faire jouer leurs relations corrompues quittent en tremblant leurs nids douillets de Moscou, Saint Petersbourg et autres villes russes sous influence libérale, fuyant leur devoir envers cette union des peuples sacrée qui forge la grandeur de la Russie depuis des siècles. Ils ne sont que des enfant gâtés ingrats que le pouvoir russe, une fois encore trop laxiste, aurait dû arrêter aux frontières et enchainer aux forges des usines d'armement !

Ailleurs, de tous les horizons de Russie, les enfants de l'empire convergent en chantant vers le front de l'Ouest, mobilisés et volontaires, fiers de servir la patrie, Ces hommes du Caucase, d'extrême orient, de Sibérie, de l'Oural etc ne sont pas ces nantis citadins qui à travers toute les furoncles bourgeois qui pourrissent les villes du Monde ne savent plus nommer un arbre ou reconnaitre un oiseau à son chant et trouver la source de leur âme. 

Sous les embrassades et les hourras les fils
de l'empire éternel partent au rythme du chant
mythique des anciens:  "les adieux de la slave" 

Tout comme en 1610 lorsque Moscou avait été prise par les polono-lituaniens c'étaient les peuples authentiques qui étaient venus libérer la grande Russie, alors que les boyards, ces aristocrates pourrissant sur leurs privilèges, avaient trahi l'empire. Le traitre à la patrie n'est pas comme le prétendent ces prétentieux vautrés dans leurs fauteuils d'affairistes, le bobo de gauche ou le l'écolo du dimanche. Eux ne sont que les crétins circulatoires qu'une marchandise capitaliste créé et agite en diversion pour que ne soit pas inquiété les banquiers et leurs bataillons de bourgeois pour qui la seule patrie s'appelle le pognon. 

En Tcherkassie, les descendants des peuples 
cavaliers au moment de partir au combat se 
souviennent et dansent leur joie de servir les
peuples de cette Grande Russie menacée.

Bien sûr, les merdias occidentaux vous parleront en se gaussant des rats qui fuient leur devoir mais jamais des centaines de milliers d'hommes, mobilisés mais aussi volontaires qui donnent une nouvelle chair à cette "union des peuples" restée intacte dans le coeurs des enfants de Russie de l'empire à la fédération en passant par l'Union soviétique. 

J'espère que les dirigeants de Moscou profiteront de la tempête pour purger définitivement la Russie de ses traitres et inaptes, ses corrompus et arrivistes, tous ces bourgeois qui, de droite ou de gauche ne veulent que se servir sans jamais Servir leur mère patrie... y compris dans les cénacles du Kremlin !

Le chant du cygne de l'armée ukrainienne

Pendant ce temps là les forces ukrainiennes, de rage, bombardent toujours les populations de Donetsk et jettent toutes leurs forces dans des attaques politico-militaires désespérées sur les fronts Nord et Sud avant qu'une nouvelle offensive des forces russes démultipliée ne s'abatte sur leur servilité criminelle.

A Krasni Liman, par exemple, c'est tout un corps d'armée ukrainien qui tente depuis une semaine de réduire au silence la garnison héroïque de Krasni Liman qui se bat avec un acharnement incroyable face à un ennemi supérieur en nombre et emporté par l'inertie de son offensive du 7 septembre sur Izioum. 

Dans la foulée de leur progression jusqu'à la
rivière Oskol, les forces ukrainiennes ont lancé
une autre offensive double, au Sud en direction 
de Krasni Liman et au Nord vers  de Svatove.

Au moment où j'écris ces lignes se déroulent les combats parmi les plus violents depuis le début de cette troisième guerre mondiale en train de sortir de sa chrysalide russo-ukrainienne.

Situation sur le front Nord au 30 septembre 2022

Côté ukrainien, pour achever l'encerclement de Krasni Liman l'Etat Major ukrainien a lancé dans la bataille ses 4e et 17e brigades de chars, 25e brigades parachutiste, 80e brigade d'assaut aéroportée, 66e brigade mécanisée auxquelles se rajoutent des unités de défense territoriale, soit près de 20 000 hommes, l'équivalent d'un corps d'armée mécanisée et disposant d'appuis d'artillerie et d'aviation (petite flotte de combat et surtout des drones). 

Côté allié, c'est une garnison de 4000 hommes environ, l'équivalent d'une brigade mécanisée avec ses appuis d'artillerie et renforcée par des bataillons motorisés de volontaires ("BARS") russes et cosaques motivés mais avec peu d'armement lourd. En revanche un appui aérien russe important compense le rapport défavorable des forces terrestres : avions et hélicoptères d'attaque au sol fournissent à l'infanterie une force de réaction antichar rapide et précise.

Evolution du front au cours des derniers jours

Désolé de dissoner dans le discours bipolaire des propagandistes de salon qui noient leur intelligence dans un courtisanisme ridicule et un ego narcissique, mais la situation à Krasni Liman pour les forces alliées, si elle n'est pas encore désespérée est très critique ! Et même Denis Pushilin, le président de la République Populaire de Donetsk fraichement intégrée au sen de la Fédération de Russie a admis en revenant du Kremlin : "la situation à Krasny Liman reste difficile, nos forces résistent aux assauts de l'ennemi, des renforts sont amenés".

Situation à Krasni Liman au 30 septembre 2022

Concrètement, et par rapport à mon dernier SITREP concernant ce secteur, les forces alliées ont du opérer un repli vers Krasni Liman depuis les points d'appui de Drobishevo au Nord Ouest et Yampol au Sud Est, ce qui a permis aux forces ukrainiennes de resserrer leur étau et de réaliser un encerclement opératif (avec leur artillerie) de Krasni Liman. Selon certaines sources non confirmées des combats urbains auraient commencé dans les quartiers Ouest de la ville.

A l'Est de Krasni Liman, la rivière Zherebets est élargie
par une ligne d'étangs sur laquelle une défense peut
s'appuyer mais qui réduit aussi le passage libre pour
des renforts ou des replis militaires russes et alliés.

Les forces ukrainiennes en resserrant leur dispositif au plus près de Krasni Liman peuvent exercer des pressions offensives permanentes sur ses défenses mais aussi (toute médaille à son revers) offrent à l'artillerie et à l'aviation russes des concentrations blindées sorties des masques forestiers bordant la rivière Donets. De leu côté les unités alliées de Krasni Liman ont été renforcés par les garnisons de Drobeshevo et Yampol qui fortifient leurs lignes défensives.

Les abords Ouest de Krasni Liman sont jonchés 
de cadavres et de véhicules russes et ukrainiens
témoins calcinés de la violence des combats.

Depuis une semaine les forces alliées retranchées dans Krasni Liman subissent des assauts permanents venant du Nord, du Sud et de l'Ouest, mais malgré des effectifs très inférieurs en nombre (1 contre 5) résistent avec une bravoure exceptionnelle, infligeant même de lourdes pertes à des forces ukrainiennes complétement enivrées par l'idée d'obtenir une nouvelle victoire. 

Au Nord de Krasni Liman, un mitrailleur russe
face à des unités de la 66ème brigade ukrainienne


Les ukro-atlantistes qui voulaient humilier la Russie en capturant Krasni Liman le jour du rattachement officiel des territoires de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporodje, ont non seulement échoué mais leurs forces ont subi des pertes terribles. Pour la seule journée du 30 septembre, les assauts suicidaires ordonnés par Zelensky pour apporter une victoire médiatique à l'Oncle Sam ont couté aux forces ukro-atlantistes devant Krasni Liman plus de 2000 hommes, soit l'effectif d'une brigade complète !

La menace sur Krasni Liman reste cependant très forte et sa capture toujours fort possible car les ukrainiens qui ont réalisé un encerclement opératif par les feux de leur artillerie essayent maintenant de faire sauter le verrou de Torskoe qui maintient vaille que vaille la liaison entre la garnison et les forces de réserve des 58ème et 20ème armées russes par le dernière route libre menant vers Kreminna.



"Mieux vaut tard que jamais !"

Après avoir stabilisé le front dans les secteurs de Kreminna à l'Ouest et Svatove au Nord, les forces de réserves des 58ème et 20ème armée russes ainsi que des appuis aériens ont pu faire mouvement en urgence vers Torskoe, ce village protégeant la dernière route qui, bien que bombardée par l'artillerie ukrainienne est la dernière porte encore ouverte pour Krasni Liman.

Ce sont d'abord des appuis aériens massifs des forces aériennes tactiques russes qui, en coordination avec l'artillerie détruisent les concentrations blindées ennemies avant qu'elles ne se lancent à l'assaut des positions alliées. 

Ici des hélicoptères d'attaque russe Ka 52
réalisant des tirs de barrage sur des blindés

Ici l'attaque d'un chasseurs bombardier Sukhoï 25
sur une unité blindée (filmée par un mercenaire)

Venant de Kreminna, des renforts blindés russes sont arrivés dans le secteur de Torskoe, sans confirmer si leur mission est de renforcer la défense de Krasni Liman, ou de couvrir la retraite de sa garnison vers l'Est ou de protéger Torskoe et le passage ultérieur de renforts plus importants. 


Certaines réseaux militaires pro-russes évoquent le mouvement vers Krasni Liman de 4 groupes bataillonnaires tactiques (BTG) de la 58ème armée (environ 4000 hommes), ainsi que le déploiement de bombardiers stratégiques chargés de bombes FAB 500 et FAB 3000 ce qui constituerait un renfort et un appui capables d'inverser la tendance actuelle. 

Suite au rattachement des républiques de populaires de Donetsk, Lougansk, Zaporodje et Kherson, la Russie se réserve le droit de déployer toutes les forces et moyens disponibles pour défendre leurs territoires. Alors que l'armement nucléaire focalisent l'attention de nombreux commentateurs, il faut rappeler qu'il existe dans l'arsenal russe des armes conventionnelles dont les effets dévastateurs si elles sont utilisées en paquets sont comparables à ceux d'une munition nucléaire tactique. C'est le cas des bombes aériennes FAB 3000 et FAB 5000 , des bombes thermobariques etc...

Un soldat ukrainien observe un bombardement
aérien russe réalisé de l'autre côté de la poche
de Krasni Liman sur d'autres positions de Kiev

En conclusion

Le sort de cette deuxième bataille de Krasni Liman va dépendre de la capacité des deux belligérants à acheminer rapidement dans ce secteur de nouveaux renforts ce qui n'est pas à l'avantage de Kiev qui pour ses opérations à l'Est de Kharkov a "raclé les fonds de tiroirs" pour constitue un corps de bataille mais qui, après 3 semaines d'offensives ayant profité de la faiblesse du dispositif russe à Balaklaïa, se retrouve aujourd'hui échoué sur les défenses de la petite garnison de Krasni Liman.

Par contre du côté russe, le dispositif réorganisé et renforcé après la surprise de Balaklaïa est en train de mettre en œuvre sa contre offensive, et je ne serais pas surpris que l'Etat Major russe lance des attaques également du côté de Kharkov afin d'y fixer les forces de réserve ukrainiennes susceptibles de venir renforcer le front de Slaviansk / Krasni Liman.

Reste à savoir si la réaction russe sera arrivée à temps pour sauver la défense de Krasni Liman et si tel est le cas, alors cette bataille sera le signal du reflux des forces ukrainiennes des territoires aujourd'hui russes qu'elles occupent encore. Et si Krasni Liman tombe, ce sera probablement la dernière victoire des forces ukrainiennes, leur "chant du cygne" avant la désintégration complète de l'Ukraine.

Quoiqu'il en soit l'Histoire retiendra que cette journée du 30 septembre, qui est aussi celle du début de la bataille de Moscou en 1941, c'est d'abord le retour d'une première partie des régions russes d'Ukraine vers la Russie.

Erwan Castel





mercredi 28 septembre 2022

La situation devient urgente !

Celles et ceux qui me suivent et me connaissent savent mon engagement radical pour défendre le peuple russe du Donbass autant que la Vérité, même si cette dernière est déplaisante.

Situation générale 

Après 7 mois de conflit, les combats restent intenses et toujours globalement équilibrés entre les forces ukro-atlantistes et les forces russo-républicaines. 

1 / Au Sud 

Sur le front de Kherson, les frappes d'artillerie dominent les opérations avec une offensive ukrainienne à l'arrêt qui tente de se renforcer avec des renforts improvisés autour de vieux matériels soviétiques obsolètes, tandis que d'importants renforts russes passant par la Crimée laissent à penser une contre offensive alliée prochaine soit en direction de Nikolaïev sur la route d'Odessa, soit en direction de Krivoï Rog sur la rive droite (Ouest) du Dniepr.

Sur le front de Zaporodje, la situation est stable est surtout animée par des duels d'artillerie, mais sont observés toujours l'arrivée régulière de renforts ukrainiens qui pourraient préparer une autre offensive de Kiev, soit vers l(Ouest le long du Dniepr pour faire jonction avec le front de Kherson, soit vers le Sud en direction de Melitopol pour tenter de couper le corridor terrestre entre le Donbass et la Crimée. Une offensive vers Marioupol est moins probable.

2 / A l'Ouest

Sur le front de Donetsk, parallèlement aux bombardements réciproques des combats terrestres intenses mais brefs éclatent régulièrement sur les secteurs de Ugledar (S Donetsk), Marinka (W Donetsk) et Avdeevka (N Donetsk) autour de positions ukrainiennes usées mais encore solides car également renforcées grâce à des routes logistiques arrières encore opérationnelles.

Sur le front d'Artemovsk, plus au Nord, les forces alliées où sont concentrées les principales forces du groupe Wagner réussissent à progresser depuis le front au Nord de Gorlovka vers le bastion ukrainien Artemovsk / Soledar qu'elles peinent à aborder par des assauts frontaux venant de l'Est. Un contournement du dispositif ukrainien par le Sud pourrait à moyen terme se dessiner.

3 / Au Nord 

Sur le front de Slaviansk, les forces ukrainiennes, dans la foulée de leur percée de Balaklaïa continuent de progresser, malgré une résistance importante des forces alliées. A l'Ouest de Lisichansk les forces de Kiev ont été bloquées dans le secteur de Belogorovka. Le bastion de Krasni Liman résiste depuis 32 semaines à des assauts et bombardements quotidiens, mais est aujourd'hui menacé par un encerclement au Nord Ouest et Sud Est.

Sur le front de Koupiansk, là où la rivière Oskol présente une largeur naturelle en amont de son barrage, les forces ukrainiennes ont réussi 2 petites têtes de pont, l'une à l'Est de Koupiansk et l'autre plus au Nord, à l'Est de Dvorichna. A défaut de pouvoir progresser rapidement plus à l'Est; l'Etat Major ukrainien cherchera probablement à réunir ces 2 têtes de pont en espérant que sa tête de pont au Sud remonte le long de l'Oskol. 

C'est sur  Krasni Liman, qui est aujourd'hui le secteur le plus tendu de ce front Nord que je vais essayer de faire un point de situation plus détaillé :

Sur cette carte simplifiée du front Nord sont visibles les 5 principaux axes offensifs ukrainiens

Le front Nord et le secteur de Krasni Liman

Aujourd'hui, dans un déni ridicule des courtisans et affairistes cachant leur libéralisme derrière des sentiments prétendument "pro-russes" continuent à vouloir nous chanter "Tout va très bien madame la Marquise" et insultent au passage la mémoire des soldats alliés tués lors de leur revers subi à l'Est de Kharkov. Ces propagandistes zélés, dont le larbinisme débile n'a  rien à envier à à celui des "généraux Gamelin" qui gesticulent sur les plateaux télé occidentaux, nous racontent que le recul des alliés sur le front Nord serait une retraite volontaire destinée à redéployer des unités de combat pour mieux protéger les républiques de Donetsk et Lugansk. 

"La belle affaire" car depuis cette énième fable de salon, les forces ukrainiennes, non seulement continuent de progresser vers l'Est mais ont repris aux forces alliées des localités qui justement appartiennent aux républiques populaires de Donetsk et Lugansk Et cette situation critique continue faute d'avoir su, pour l'Etat Major russe, évaluer correctement la menace et rameuter à temps des moyens suffisants pour lui répondre. Après le choc initial du 7 septembre et pour éviter leurs destructions ou encerclements les forces alliées ont du abandonner (non sans pertes) du terrain qui avait été chèrement libéré et des populations pro-russes en plein désarroi fuyant leurs villages et apeurées de voir revenir les nationalistes ukrainiens russophobes animés par la vengeance

Même si je reste confiant dans la victoire finale des forces alliées, je dois reconnaître par honnêteté intellectuelle et respect vis à vis de celles et ceux qui me lisent, que dans ce secteur de Krasni Liman que j'évoquais le 24 septembre, la situation est de plus en plus tendue, car depuis la percée ukrainienne de Balaklaïa, le 7 septembre dernier, les alliés subissent toujours les pressions offensives des forces Kiev et rendues possibles grâce aux aides matérielles, aux ressources du renseignement stratégique et aux tacticiens et mercenaires fournis par l'OTAN qui sont maintenant en 1ère ligne.. 

Les forces ukrainiennes ont réalisé des têtes de pont à l'Est de la rivière Oskol et au Nord de la rivière Donets dans une offensive double dirigée à la fois vers les frontières de la République Populaire de Lougansk et vers un encerclement du bastion de Krasni Liman qui est la clef de voûte de la défense alliée du secteur. Face à elles les forces russes et républicaines tentent de ralentir les progressions ennemies avec leur artillerie et aviation et de résister aux assauts subis par Krasni Liman et ses 2 points d'appui latéraux que sont Yampol au Sud Est et Drobishevo au Nord Ouest.

Il apparaît que les forces ukrainiennes jettent partout leurs unités dans une course de vitesse contre les renforts russes qui sont signalés en approche, du front de Kherson au front de Kharkov. Et force est de constater que ces forces ukro-atlantistes paient la moindre petite avancée tactique par des pertes dont les conséquences sont devenues stratégiques. car leur volume sortant est bien plus important que celui, entrant, des aides militaires occidentales.

Les collines boisées et les berges fluviales de ce
secteur de Krasni Liman se couvrent de carcasses
calcinées et de corps sans vie russes et ukrainiens

La défense de Krasni Liman et de ses 2 points d'appui latéraux ayant jusqu'à présent réussi à repousser toutes les assauts des forces ukrainiennes, ces dernières ont élargi leur tentative d'encerclement du bastion allié à partir de deux axes tournant : Riktodub au Nord et Dibrovka à l'Est. En attendant les renforts (qui tardent) et faute de moyens terrestres suffisants les forces alliées de ce front de Krasni Liman doivent encore concéder du terrain aux forces ukro-atlantistes pour resserrer leur dispositif. Aujourd'hui l'encerclement opératif de Krasni Liman par l'artillerie ukro-atlantiste est réalisé et il ne reste plus qu'une quinzaine de kilomètres à parcourir pour que son encerclement effectif soit achevé via Zarichne (voir carte ci après). Même si la garnison alliée de la ville est suffisamment forte et organisée pour résister, elle sera confrontée à un inévitable problème logistique (surtout munitions) d'ici quelques semaines. 

Une fois encore le résultat d'une stratégie du "trop peu trop tard" qui heureusement, je l'espère, va prendre fin ces prochaines semaines !

Les forces alliées, sur ce front de Krasni 
Liman infligent quotidiennement de lourdes 
pertes aux forces ukro-atlantistes, mais la 
meilleure artillerie n'a jamais pu arrêter seule 
la plus mauvaise infanterie. Il faut aussi exploiter
son travail avec des contre attaques terrestres.

Résultat :

Sur la nouvelle ligne de front que les forces alliées veulent stabiliser sur la rivière Oskol, les forces ukrainiennes poursuivent leurs pressions offensives, sur le front de Koupiansk à l'Est de Kharkov (à 40 km au Sud de la frontière russe) :
  • Dans le secteur de Dvorichna (17 km au Nord Koupiansk), les ukrainiens ont réalisé une tête de pont sur la rive gauche (Est) de l'Oskol avant d'être bloqués par l'artillerie russe.
  • Dans le secteur de Koupiansk, de violents combats continuent pour la contrôle de la petite partie de la ville située à l'Est de l'Oskol.
Les forces ukrainiennes franchissant la
rivière Oskol sur un ponton flottant.

Mais c'est surtout dans le triangle Izioum / Lisichansk /Slaviansk que se déroulent les opérations militaires significatives autour de son point central: Krasni Liman dont la situation évolue d'heure en heure: 

Situation sur le front de Krasni Liman au 27 septembre 2022

  • A l'Est de l'Oskol, Peski Lozove, Yatskivka, Sviatogorsk, Yarova, Ritkodub, Nove et les hameaux environnants ont été capturés par les forces de Kiev, 
  • Au Nord de la Donets, Schurove, Stari Karavan, Brusivka, Ozerne, et les hameaux environnants ont été capturés par les forces de Kiev,

Toutes ces localités sont sur le territoire de la République Populaire de Donetsk !

  • Plus à l'Est, au delà de Seversk, les forces de Kiev ont atteint Bilogorovka et Dibrova qui sont situées sur le territoire de la République Populaire de Lougansk.
La situation militaire est donc bien celle d'une guerre "intense et symétrique" et pour laquelle j'écrivais déjà le 31 mars dernier, qu'il manquait sur le terrain " au minimum 300 000 soldats" russes pour achever les missions assignées (tiens tiens !). Demain, il en faudra certainement beaucoup plus si des pays de l'OTAN comme la Pologne par exemple entrent dans la danse.


A cause de cette "pudeur" des opérations spéciales russes (effectifs, objectifs) laquelle est paradoxale avec un front initial surdimensionné (2000 km); à cause d'une probable sous évaluation des réactivités militaires ukrainiennes et occidentales mais aussi d'erreurs (inévitables lorsqu'on découvre un nouveau type de conflit) commises dans la gestion des opérations russes (sinon pourquoi 3 généraux et 1 amiral auraient été remplacés d'une "équipe qui gagne" ?), cette guerre factuelle, qui risque de devenir guerre juridique très prochainement, s'inscrit désormais dans une durée douloureuse.

Sur la rive Nord de la rivière Donets, 2 chasseurs
bombardiers ukrainiens Sukhoï 24 bombardent des
positions russes.  contrairement à ce que nous
raconte un "expert" affirmant entre autres conneries
que la Russie dispose de la "suprématie aérienne"


Situation actuelle autour de Krasni Liman

Aujourd'hui, mercredi 28 septembre, une sixième offensive ukrainienne sur les défenses de Krasni Liman a échoué, laissant dans son repli plus de 70 tués.

Mais ailleurs l'étau ukrainien est sur le point se se refermer autour de Krasni Liman. Il ne reste plus que la route de Zatchine encore libre mais soumise aux tirs ukrainiens. Cette route rejoint la petite ville de Kreminna qui est elle même menacée par une offensive menée depuis Dibrova.

Sur place, les défenseurs de Krasni Liman où se trouvent de nombreux volontaires de la République Populaire de Donetsk, de Russie, des cosaques du Don... font preuve d'un courage exceptionnel, repoussant jour et nuit des assauts ukrainiens incessants appuyés de bombardements permanents. Malgré leur situation critique, encerclés de tous côtés ces soldats de la grande Russie infligent des pertes sévères aux forces ukro-atlantistes.

Char ukrainien brûlant devant Krasni Liman

La garnison russe et républicaine, renforcée par des bataillons volontaires de russes et de cosaques de Kouban ("BARS 13,16 &18) serait forte d'environ 4 à 5000 hommes. Soit les renforts sont à l'horizon et elle peut rester en défensive jusqu'à leur arrivée, soit elle essaye de tenir jusqu'à la dernière cartouche, risquant d'être capturée par les forces de Kiev... soit elle tente un repli vers Kreminna qui est elle-même menacée.

Dernière infographie (Réseau Rybar) de a situation au Nord de Krasni Liman
Depuis, Kolodiazi au Nord et Toreske au Sud searient passés sous contrôle 
ukrainien, fermant encore plus une porte déjà encombrée par une rivière large

Autre élément s'invitant sur le front depuis quelques jours, l'automne et ses pluies saisonnières qui vont handicaper les forces combattantes et logistiques, les observation aériennes et satellitaires et probablement ralentir les mouvements opératifs. 

Attention cependant de na pas tomber dans le mythe facile et désuet du "Général Hiver" car tant les russes que les ukrainiens sont habitués à ses griffes annuelles et tous mènent, ici ou là des opérations offensives qui souffrent des contraintes saisonnières. Cependant, il se peut que l'hiver soit quand même moins douloureux pour les russes, tout simplement parce que les ukrainiens utilisent de plus en plus de matériels occidentaux dont le gigantisme et la motorisation sont moins bien adaptés aux rigueurs saisonnières que les véhicules soviétiques équivalents.
Colonne ukrainienne de véhicules blindés 
britanniques M12 ("Zéphyr") enlisés dans
une forêt au Nord de la rivière Donets.

Peut-être que le bastion de Krasni Liman finira par tomber si les renforts russes tardent à venir. Si tel était le cas la situation critique sur ce front Nord serait déplacée encore plus vers l'Est, vers les frontières de la République Populaire de Lougansk qui sont déjà menacées, notamment vers Lisichansk. Peut-être que l'Etat Major russe attend ce déplacement oriental ukrainien pour lancer une contre offensive venant du Nord et qui, en reprenant le contrôle de l'Oskol isolerait ce corps de bataille ennemi dans lequel Kiev a jeté toutes ses forces de réserve opérationnelles disponibles sur ce front Nord. 

Entre un "peut-être" pessimiste et un "peut être" optimiste, la raison et l'espérance me disent qu'à l'issue du rattachement des territoires à la Fédération de Russie, un ultimatum donné à Kiev pour quitter le territoire fédéral occupé et qui sera rejeté par l'OTAN ouvrira le cadre d'une guerre officielle et une grande contre-offensive russe sera alors engagée contre ces forces ukrainiennes qui n'ont plus de réserve opérationnelle.

En attendant...

Dernière minute : 

Des infos sur les réseaux russes évoquent le repli des unités régulières de Krasni Liman au Nord Est avant la fermeture du chaudron. Info non confirmée mais plausible.


En conclusion 

En attendant la mise en œuvre d'un nouveau format militaire russe en Ukraine et dont la validation des référendums irrédentistes offrira une légitimité constitutionnelle, ce conflit est alterné de succès et de revers, de flux et de reflux militaire, confirmant qu'il est bien factuellement une guerre de haute intensité et symétrique et qui menace aujourd'hui d'être longue, ce que veut à tout prix éviter le Kremlin car l'attrition subie et recherchée par Washington pourrait conduire à terme la Russie à remporter une trop épuisante  "victoire à la Pyrrhus" .

Aujourd'hui les 2 belligérants gagnent ici, perdent ailleurs, reculent un jour pour avancer un autre jour, c'est ainsi depuis que se joue dans la boue ensanglantée des batailles la grande tragédie humaine animée par les vanités des princes et des banquiers dont aujourd'hui le paroxysme est atteint par cette ploutocratie mondialiste orchestrant cette nouvelle guerre européenne depuis 2014.

Et le ridicule n'étant jamais très loin du tragique, dans les 2 camps s'affrontant, les zélotes des salons courtisans continuent à prendre leurs fantasmes pour des réalités en insultant les soldats qui se battent: 
  • Pour les pro-russes, dans un déni infantile des progressions ukrainiennes, de définir ces nouvelles positions ukrainiennes non comme des succès tactiques mais comme des "zones grises" (no man's land situé entre les 2 lignes du front) car "les forces russes les bombardent". Si tel était le cas Môssieu moreau (and Co), alors la ville de Donetsk qui est bombardés depuis 8 ans, devrait elle aussi être considérée comme une zone grise ! 
  • Pour les pro-ukrainiens qui se voient déjà à Moscou, de considérer que Krasni Liman est d'ores et déjà encerclé alors que factuellement toutes les attaques des forces de Kiev sur la ville ont été repoussées, laissant de nombreux tués et matériels détruits sur le terrain, et que les encerclements pour être capitalisés ont besoin de renforts et de logistiques lesquelles sont justement manquantes comme on l'a vu du côté de Kherson.
Entre l'euphorie des pro-ukrainiens qui oublient qu'une victoire locale n'est pas une guerre gagnée et le déni, non moins imbécile, des pro-russes (et qui devient in fine contre productif) on ne peut que constater que le courtisanisme ne mène qu'au naufrage intellectuel des servitudes volontaires et quelle que soit la cause que le larbin défend, car tous les propagandistes s'avilissent à n'être que les thuriféraires de pensées manichéistes ridicules et dangereuses, étriquées et paresseuses qu'ils veulent unique...

Dans les prochains jours, tout cette cinétique infernale d'actions et de réactions va s'accélérer Demain la guerre mondiale, qui vient inexorablement, va s'inviter dans tous les pays  qui sacrifient aujourd'hui leur héritage libertaire européen au profit d'une servitude volontaire mondialiste et chacun pourra mesurer la responsabilité criminelle des Etats occidentaux et la stupidité de tous ces vendeurs de fantasmes qui endorment les populations en leur chantant "Tout va très bien Madame la Marquise".

Je voulais écrire "ouvre les yeux !" mais je crains qu'il ne soit trop tard...

Erwan Castel

Les forces en présence sur le front de Krasni Liman (carte du 24 septembre)