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mercredi 29 juillet 2020

57 heures et 40 minutes


Voilà le temps de vie du cessez le feu décrété le 22 juillet dernier lors de la dernière réunion du groupe de travail de Minsk et qui prenait effet le lundi 27 à 00h01. Depuis 2 jours, les propagandistes dans des communiqués provocateurs morigénaient leurs adversaires, l'accusant d'avoir rompu cette nouvelle trêve, mais cette fois, plus de doute, ce nouveau "régime du silence" demandé depuis bientôt 6 ans par les accords de Minsk (article 1), aux dires des observateurs internationaux déployés sur le front du Donbass, a bel et bien été rompu et par les forces armées ukrainiennes..... comme d'habitude ! 

En effet, selon les observateurs internationaux du Centre Commun de Contrôle et de Coordination du régime du Cessez-le-feu (STKK), et de l'OSCE, des mitraillages ukrainiens en provenance des positions d'Avdeevka ont visé à partir de 03h00 du matin et pendant plus d'une heure le front de Yakovlevka (au Nord de Donetsk), brisant donc officiellement cette nouvelle " trêve illimitée" qui aura tout de même - soyons optimistes - vécue 44 heures de plus que la précédente du 21 juillet 2019 !

Et ces nouvelles violations ukrainiennes du cessez le feu ne sont pas anecdotiques car sur l'ensemble du front des tirs similaires ont été signalés, y compris sur le front de Lugansk. Reste maintenant à savoir si ces tirs ukrainiens sont autorisés par le commandement de l'Opération des Forces Conjointes déployée dans le Donbass où le symptôme d'une anarchie régnante dans les tranchées de Kiev.
Plusieurs renseignements accréditeraient l'hypothèse d'une anarchie sévissant au sein des forces de Kiev qui présentent, entre les radicaux nationalistes des bataillons spéciaux, les soldats professionnels et les conscrits, un hétérogénéité d'unités et de motivations peu compatibles. Et comme régulièrement tout au long de l'année des disputes, accrochages et même combats ont eu lieu ces derniers jours dans les rangs des forces ukrainiennes. Ainsi par exemple de cet incident repéré dans le secteur de Talakovka, sur le front ukrainien de Mariupol, dans le Sud de la République Populaire de Donetsk :
  • L'état-major de la 36ème brigade ukrainienne a envoyé un détachement pour calmer des soldats du 137e bataillon qui refusaient de respecter le cessez-le-feu. Il s'en est suivi des échauffourées entre soldats ukrainiens au cours desquelles 1 soldat a été tué et 3 autres blessés selon les premiers rapports préliminaires. Afin de dissimuler l'incident auprès des observateurs internationaux et des reporters de guerre présent dans le secteur, des officiers du quartier général "Est" de l'armée ukrainienne sont venus pour boucler la zone, tandis que sur les réseaux propagandistes de Kiev les tirs ukrainiens  étaient attribués à une violation initiale républicaine.
Cet incident lui non plus n'est pas un fait anecdotique, il est généralisé de l'ensemble du front du Donbass que jusqu'à Kiev où cette nouvelle trêve - dans la trêve de Minsk - est considérée comme synonyme de reddition par des opposants politiques au président Zelensky de plus en plus nombreux et qui réclament une récupération par la force des territoires du Donbass.

Mais tout ceci n'est pas une surprise dans cette Ukraine devenue un hôpital psychiatrique à ciel ouvert où depuis 6 années oligarques corrompus, néo nazis hystériques, mercenaires aventuriers de l'OTAN mènent le pays dans une suicidaire danse de la guerre contre les russes.

Et la date du 27 juillet choisie pour "démarrer" cette nouvelle trêve apparaît aujourd'hui comme symbolique de cette mentalité ukropithèque que les USA utilisent depuis 6 ans pour alimenter une guerre rampante vers la Russie et mieux soumettre l'Europe à l'OTAN.

C'est en effet un 27 juillet que les forces ukrainiennes vont déclencher en 2014 leurs bombardements génocidaires sur les civils Gorlovka tuant 27 personnes et blessant plus de 100 autres et également à Shakhtyorsk où se déroulent de violents combats ou sur Pervomaisk en République Populaire de Lugansk où ces salopards d'ukrops vont même se vanter dans des vidéos cyniques des souffrances infligées aux civils :

27 juillet 2014, vidéo d'un char de combat ukrainien bombardant
un immeuble résidentiel civil de 5 étages à Pervomaisk (en RPL).
Il était où BHL pendant ce temps là, lui qui pourtant est toujours 
prompt à hurler jusque récemment pour un mercenaire lituanien 
tué sur le front du Donbass dans une opération offensive.

27 juillet 2014, 27 juillet 2020 derrière la valse cyniques de mots tous plus hypocrites les uns que les autres ("opération antiterroriste", "accords de paix"...), se cache la même réalité inchangée: celle d'un conflit à caractère génocidaire organisée par l'OTAN via une Ukraine capturée pour continuer en Mer Noire la "stratégie du containment" de la Russie, en y engageant les préliminaires d'un troisième conflit mondial.

Erwan Castel

lundi 13 juillet 2020

Vers une sortie ukrainienne officielle de Minsk


Depuis leur deuxième mouture signée le 14 février 2015, les accords de paix pour le Donbass proposés par le quartet Russie-Ukraine-Allemagne-France ("format Normandie") n'ont jamais été respecté par Kiev hormis moins d'une demi douzaine d'échanges de prisonniers. Pire que cela des représentants de Kiev aux réunions tripartites jusqu'aux unités ukrainiennes déployées sur le front, tous n'ont eu de cesse que d'organiser des provocations diplomatiques ou militaires cherchant à ralentir et saboter l'application du processus de paix.

Et les accords de paix de rester embourbés depuis plus de 5 années...
  • "L'Ukraine ne se conformera pas à "l'accord de Minsk" sous la forme car ils ont été signés par la direction précédente et soutenus par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU"

Sans que cela surprenne quiconque cette sortie ukrainienne des Accords de Minsk a été annoncée sur la chaîne de télévision "Ukraine 24" par Alexei Reznikov, le vice-Premier ministre de Affaires étrangères de Zelensky en charge du Donbass et nommé à cet effet  "ministre de la "Réintégration"" .

Cet effet d'annonce de Reznikov n'est pas à proprement parler une sortie actée des accords de Minsk mais une ultime tentative de les modifier via un chantage menaçant de le faire si ils ne sont pas cuisinés à nouveau avec une sauce ukrainienne, à savoir principalement : 

  • Inverser le calendrier des accords de paix en faisant précéder les élections locales par la récupération des frontières par Kiev, ce qui reviendrait de facto pour les républiques du Donbass à se mettre dans un encerclement militaire ukrainien total et sans aucune garantie. C'est le leitmotiv politique de Porochenko que Zelensky a repris à son compte lors de la dernière réunion du "format Normandie" de Paris le 9 décembre 2019, et toujours jugé bien entendu inacceptable par les républiques et surtout la Russie qui est signataire des accords.
  • Ensuite Kiev refuse qu'un statut spécial pour le Donbass soit inscrit dans la constitution ukrainienne comme le demandent les accords de Minsk, considérant que la loi adoptée récemment au parlement ukrainien relative aux particularités autonomes locales dans certaines territoires des régions de Donetsk et de Lugansk suffit largement. Sauf que ce n'est qu'une simple loi donc révocable arbitrairement et qu'elle n'inclut pas les territoires des républiques occupés par les forces ukrainiennes (alors que les territoires considérés à Minsk sont l'intégralité des anciens oblasts de Donetsk et Lugansk)

Sur les plans techniques et informatifs, les déclarations de Reznikov n'apportent absolument rien de nouveau tant sur la situation des accords de Minsk, toujours au point mort que sur leurs modifications réclamées par Kiev, et toujours inacceptables. 
Ce qui change en revanche c'est la radicalité du discours public en forme d'ultimatum et surtout l'officialité de son auteur, Reznikov, en tant que ministre ukrainien en charge du Donbass, étant le porte parole du gouvernement sur le sujet.

Ce chantage mené par Kiev et qu'il ne peut gagner pas n'a pour objectif que de pouvoir quitter officiellement les accords de Minsk (ce qui de facto est déjà fait à 90%), tout en blâmant ceux qui auront refusé d'accepter leur réécriture.  

Ce qui risque de changer en revanche une fois acté cet inévitable départ ukrainien des accords (car les points contestés par Kiev sont non négociables), c'est la situation diplomatique internationale et la situation militaire sur le front du Donbass, car l'abandon du processus de paix sera alors une carte blanche pour un coup de force ukrainien sur le front mais vraisemblablement aussi une réaction russe comme par exemple une reconnaissance des républiques et une intervention militaire défensive.

Ce qui est certain c'est que la fin des accords de Minsk va débrider une situation figée et tellement tendue, que tout risque de s’enchaîner très vite, du coup de force ukrainien sur le front jusqu'à la chute du régime de Kiev...  

Et même les occidentaux, empêtrés dans leurs crises multiples et lassés de traîner le boulet ukrainiens, agiteront alors juste des réactions économiques et politiques symboliques et,  regardant le suicide ukrainien penseront très fort "bon débarras" !

Erwan Castel


lundi 25 mai 2020

L'ultimatum de Kiev


En réponse à l'augmentation des bombardements ukrainiens sur le front du Donbass et en particulier sur les zones résidentielles civiles où 19 victimes ont été dénombrées depuis début mai (1 tuée et 18 blessés dont 6 enfants) les républiques populaires de Donetsk et Lugansk dans un avertissement au régime de Kiev ont décrété l'état d'alerte maximum pour leurs forces de défense (milice et police) et s'autorisent désormais à riposter avec leurs moyens lourds.

Sur le front, et malgré ces avertissements et les premières ripostes républicaines, non seulement les forces armées ukrainiennes poursuivent leurs provocations sur la ligne de front et les zones résidentielles qui lui sont proches, mais Kiev vient de lancer un ultimatum en forme de calendrier aux républiques du Donbass et à travers elles à la Russie qui les soutient.

Avec ostentation et arrogance les forces ukrainiennes poursuivent leurs crimes de guerre contre les populations civiles de Donbass. Quelques exemples:
  • Vendredi 22 mai sur le front de la Rép. de Lugansk, l'équipe de réparation chargée restaurer la ligne électrique Mikhailovka-Kommunarskaya (qui alimente l'usine métallurgique d'Alchevsk) a été une nouvelle fois la cible de tirs de mortier. C'est le bombardement de cette ligne électrique industrielle et de ses équipes de réparations qui avait épuisé la dernière goutte de patience des autorités de Lugansk et déclenché la mise en alerte de la milice.
  • Transformateur HS
    à Staromikhailovka
  • Dimanche 24 mai sur le front de la Rép. de Donetsk, Staromikhailovka a été à nouveau bombardé par l'artillerie ukrainienne qui a endommagé plusieurs maisons et des transformateurs, privant d'électricité plus de 500 maisons du village. Les forces de défense de Donetsk ont rapidement riposté sur les positions de tir ukrainiennes.
  • Ce même soir, le front de Gorlovka a était aussi fortement bombardé par les forces ukrainiennes qui  à partir de 21h20 ont réalisé des pilonnages avec des obusiers lourds, de l'arc Svitlodarsk jusqu'au village de Zaitsevo 


Du côté des positions défensives républicaines, ces dernières continuent de subir de la part des ukrainiens des tirs d'infanterie continuels et des bombardements aux armes lourdes (interdites par les accords de Minsk). Il est observé également une intensification des missions d'observation aérienne des drones ukrainiens sur l'ensemble du front, comme par exemple ici, sur le secteur de "Promka" où notre bataillon tient des positions au contact des avants postes ukrainiens: 

Bombardement ukrainien au mortier, assisté par un 
drone d'observation et de correction, de positions 
républicaines dans le secteur de Promka, sur le front 
de Yasinovataya auNord de Donetsk le 22 mai 2020.
Repérage cartographique du bombardement, On repère l'aéroport de Donetsk au Sud et la ville de Yasinovataya à l'Est , la ligne rouge représentant la ligne de front longeant la route Donetsk- Gorlovka. (source réseau Twitter)

Et les bombardements ukrainiens sur les positions républicaines continuent chaque jour fauchant le vie de défenseurs républicains comme à Krutaya Balka ce 23 mai où un milicien a été mortellement blessé lors d'un bombardement des forces de Kiev dirigé contre les positions défensives mais aussi le village civil.

Immédiatement après le ras le bol des républiques du Donbass confrontées à ses bombardements criminels, le régime de Kiev, voulant se réfugier dans les jupons occidentaux, a provoqué une réunion urgente du groupe de travail chargé de piloter les accords de Minsk, réunion qui s'est soldée très rapidement sur un nouvel échec, la partie ukrainienne refusant d'aborder le problème des bombardements des populations civiles et de la sécurisation des services de secours et d'entretien. Sortant de cette réunion virtuelle, Natalia Nikonorova, Ministre des Affaires Etrangères de la RPD, a qualifié d' "absurde" l'attitude des représentants de Kiev, précisant:

  • «La réunion imprévue d’aujourd’hui aurait eu un sens si on s’était finalement mis d’accord sur des mesures vitales pour assurer la sécurité de la vie et de la santé des civils dans le Donbass. Cependant, cette fois encore, les représentants de Kiev ont joué un autre théâtre de l'absurde. Par exemple, M. Reznikov, représentant Kiev, a déclaré qu'il n'y avait pas de «situation d'urgence» sur la ligne de contact. Alors pourquoi l'Ukraine a-t-elle si obstinément déclaré dans les médias qu'elle convoque d'urgence un groupe de contact ? Ce n'est pas clair »

Pire que ce énième échec d'une réunion de Minsk 2, le régime de Kiev est monté d'un cran dans la provocation et l'absurdité, en réitérant des propositions qui loin d'aider à avancer vers la paix ne font qu'envenimer les relations Est-Ouest. Surenchérissant aux déclarations de Zelensky, le président ukrainien qui récemment martelait une fois encore que l'Ukraine devait prendre le contrôle total de la frontière avec la Russie, avant d'organiser des élections qui  elles-mêmes se tiendraient conformément à la loi ukrainienne, ce même Alexeï Reznikov qui est son représentant dans le groupe de travail de Minsk qui a demandé (il a le droit de rêver le pauvre) le désarmement complet des forces militaires républicaines et le retrait des troupes russes (ah ! ça c'est facile à faire vu qu'il n'y a pas d'unités de combat russes dans le Donbass), Et le bougre de préciser :

  • "Tout cela doit se produire avant le mois d'août, afin de tenir des élections dans toute l'Ukraine à l'automne, et afin qu'il puisse y avoir (dans le Donbass) des élections légales, selon la norme de Copenhague et la législation ukrainienne, il doit y avoir un territoire sûr et d'ici août, les troupes devraient être retirées de là et le désarmement et la démobilisation devraient être effectués "
Ce calendrier est défini par rapport à la date du 25 octobre 2020 prévu par Kiev pour les élections que le gouvernement veut étendre à toute l'Ukraine, et dont la campagne électorale devrait commencer donc en août au plus tard. Si on rajoute que la décision d'élections en Ukraine doit être votée au parlement national, la Verkhona Rada 90 jours avant leur début, au plus tard 50 jours avant le début de la campagne électorale... autant dire que cet ultimatum déguisé met plutôt la pression aux ukrainiens eux-mêmes qui n'ont plus que  2 mois pour réaliser son fantasme ! 

Alors pourquoi alors cette exacerbation des tensions politico-militaires intervient-elle cette année dan une tournure plus radicale alors que depuis 2015 le conflit sans jamais s'endormir est confiné dans ses 460 kilomètres de tranchées ? 
La réponse vient certainement ce ce constat amer tenu par les ukrainiens et les occidentaux que:
  • d'une part, la guerre d'usure menée depuis 5 ans par les ukrainiens contre le Donbass tant militaire, économique que politique ne fonctionne pas et même au contraire les elles renforce les capacités de résistance et de résilience des populations de Donetsk et Lugansk, tandis que les parrains occidentaux du régime de Kiev affichent une lassitude de plus en plus marquée à l'égard de l'Ukraine.
  • d'autre part, la politique d'intégration des républiques du Donbass au sein de la Fédération de Russie avance chaque année un peu plus, lentement mais sûrement et que de la normalisation administrative, à l'obtention des passeports russes (200 000 citoyens à ce jour), en passant par les relations économiques, l'avenir du Donbass en Russie est aujourd'hui inéluctable et, tout comme avec la Crimée en 2014, l'Ukraine n'aura plus qu'à pleurer sur sa stupidité pro-occidentale qui l'a conduit à sa désintégration.

Régulièrement, depuis 6 ans, les populations des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk expriment leur volonté de voir le Donbass intégrer la Fédération de Russie.

De fait, cet ultimatum révèle beaucoup plus une pression subie par Kiev que celle exercée sur les Républiques du Donbass et qui revient pour le régime de Kiev a poser sa tête sur le billot, car: 
  • Si l'ordre est donné aux forces ukrainiennes de forcer la ligne de front pour tenter de contrôler les frontières avec la Russie, où pire de capturer ou encercler une ou plusieurs localités républicaines, elles libéreront immédiatement les mains des armées républicaines qui se lanceront alors, et sans nul doute avec des renforts venus de Russie, dans des contre-offensives allant au minimum jusqu'à la libération des territoires occupés (parties des anciens oblasts de Donetsk et Lugansk occupés par Kiev). 
  • Si au contraire les "ukrops" ne bougent pas, menant le fantasme politique ukrainien pour le Donbass dans les annales de la lâcheté et de l'impuissance, alors Zelensky et sa clique passeront pour des cons (ce sera pas une nouveauté !) et des faibles et verront foncer sur eux les partis d'opposition qui soutiennent la guerre, tous excités par les bandéristes, néo-nazis et autres radicaux nationalistes ukrainiens ingérables, qui si ils ne renversent pas le gouvernement risque d'exercer sur lui un chantage au putsch pour s'imposer plus encore.
Quoiqu'il en soit, il est possible que pour Kiev l'été soit vraiment chaud cette année !

Erwan Castel

mardi 19 mai 2020

L'enfer au quotidien

Image d'archives  2014- 2015
Tard dans la soirée du 18 mai, des martèlements sourds ont envahi le silence de la cité endormie, signalant un puissant bombardement ukrainien au Nord-Ouest de Donetsk. Les quartiers de l'aéroport ou de Staromikhailovka ont à nouveau été les cibles des obusiers et des mortiers ukrainiens. Dans cet article j'ai voulu présenter quelque unes des vidéos des derniers bombardements ukrainiens dirigés contre les populations du Donbass ou les postions défensives de leurs milices.

Nuit du 18 au 19 mai 2020, l'artillerie lourde ukrainienne
bombarde la périphérie Nord de Donetsk avec des 122 et 152mm

Depuis le Maïdan, Kiev est asservie aux intérêts occidentaux et aux décisions d'un Nouvel Ordre Mondial aux abois et plongé dans une fuite en avant interventionniste et radicale. C'est principalement pour cette raison que le chemin diplomatique finalisé en février 2015 à Minsk par le "Format Normandie" (Russie, Ukraine, Allemagne, France) pour mettre fin à la guerre dans le Donbass est bel et bien une impasse pour tout le monde: 
  • Pour l'Ukraine, qui refuse le cessez le feu qu'elle a pourtant signé à Minsk, sans pouvoir se permettre une grande offensive, 
  • Pour la Russie, qui soutient les républiques de Donetsk et Lugansk mais reste éloignée dans une position dissuasive,
  • Pour l'Allemagne et la France, qui sont impactées également par les sanctions économiques anti-russes décidé par Washington.
Seule l'OTAN profite réellement de l'enlisement de cette guerre du Donbass pour exacerber sa propagande de guerre russophobe et intégrer de facto la candidate Ukraine à son dispositif en militarisant son espace, normalisant et soutenant son armée qui désormais participe à ses activités. 

Et j'aurais tendance à écrire "comme d'habitude" ce sont les populations civiles qui souffrent le plus de cette guerre déclenchée aux confins de l'Occident et de l'Eurasie par un impérialisme occidental aux ordres de sa ploutocratie mondialiste.

Depuis plus de 6 ans en effet les populations de Donetsk et Lugansk sont prises entre le marteau et l'enclume avec d'un côté une armée ukrainienne qui profite de son impunité occidentale pour violer quotidiennement le cessez le feu par des bombardements meurtriers, et de l'autre côté une Russie dont l'armée reste derrière ses frontières dans un déploiement dissuasif et qui limite son soutien aux milices républicaines à une aide logistique minimale. 

Aussi, malgré la signature en février 2015 des accords de Minsk 2, l'armée ukrainienne n'a jamais cessé ses pressions offensives contre les populations du Donbass, depuis un front qui s'est enlisé, mais sans jamais s'assoupir, sur 460 kilomètres de réseaux de tranchées et casemates. Et cette guerre d'attrition menée par Kiev qui va crescendo depuis 2 ans vise autant les positions défensives républicaines que les populations civiles (sur)vivant à proximité du front.

Dans la nuit du 16 au 17 mai, l'artillerie ukrainienne
bombarde la périphérie des villes de la République
Populaire de Donetsk, comme quotidiennement.

La vie des habitants proche du front est devenu un enfer quotidien où les familles vivent jour et nuit sous la menace de forces ukrainiennes tirant sporadiquement et au hasard sur leurs zones résidentielles... Une épée de Damoclès suspendue au dessus de dizaines de quartiers et villages du Donbass où des milliers de familles se réfugient depuis 6 ans dans leurs caves pour éviter que la mort ne les réveille une dernière fois.


Malgré ce cauchemar quotidien auquel il convient de rajouter une dépression économique consécutive à la guerre et une séparation des familles et amis vivant dans la zone occupée par Kiev, les femmes et les hommes du Donbass s'accrochent à leur terre et leur volonté de rejoindre la Russie, choix maintes fois exprimé (et même avant le Maïdan) et renouvelé régulièrement depuis le référendum du 11 mai 2014 où leur rébellion finalisa un séparatisme sans retour. 

Lorsque je suis en congé, je rejoins le quartier d'Oktyabrsky où j'ai décidé de vivre au milieu de cette population en souffrance pour laquelle j'ai pris les armes en février 2015, et je ne cesse d'admirer le stoïcisme de ces familles qui elles n'ont pas choisi la guerre mais qui réussissent à la supporter grâce à un courage et une capacité de résilience hors du commun pour les esprits occidentaux pervertis par l'individualisme consumériste de leur société de la marchandise.

Le 15 mai 2020 un bombardement ukrainien s'est abattu une fois
encore sur Oktyabrsky (quartier de Krimlovsky) frappant avec des
mortiers de 82mm quatre immeubles d'habitations où vivent encore 
quelques familles et principalement des retraités qui témoignent ici:

Le plus hallucinant et scandaleux est que ce terrorisme ukrainien à l'encontre des populations civiles du Donbass, qui tue ou blesse chaque semaine des innocents dont de nombreux enfants (depuis ce seul mois de mai inachevé,17 civils ont été les victimes des forces ukrainiennes), reste impuni et même ignoré par ladite communauté internationale pourtant si prompte à s'indigner et réagir lorsque qu'un pays non aligné réprime ses opposants. Or ici, nous ne sommes pas face à quelques coups de matraques - souvent justifiés - mais devant une lente hémorragie génocidaire d'une population à qui les suppôts de l'OTAN installés à Kiev reprochent juste de vouloir être et rester ce qu'ils sont : des femmes et des hommes de traditions et culture russe !

14 mai 2020, bombardement ukrainien de Zaitsevo, au Nord de Gorlovka 
(Nord de la RPD), un village qui depuis le début de la guerre a vu 
81 personnes au sein de sa population tuées par les tirs ukrainiens.

Et ces victimes civiles de la guerre du Donbass ne doivent pas faire oublier celles beaucoup plus nombreuses des forces de défense républicaines, des ministères de la défense (Milice) ou de l'intérieur (VV) qui défendent les républiques jour et nuit depuis 6 ans. Plusieurs centaines de tués et des milliers de blessés dont beaucoup grièvement touchés et handicapés à vie, tombent chaque jour sur le front du Donbass sous les coups d'une artillerie ou de snipers ukrainiens de plus en plus importants et précis.

Début mai 2020, bombardement de postions enterrées du 
bataillon "Vostok" par une artillerie lourde ukrainienne 
assistée et corrigée par des drones d'observation. 

Depuis le début de ce mois de mai, au minimum une douzaine de défenseurs républicains, qui, faut-il le rappeler sont exclusivement des volontaires, contrairement aux conscrits et soldats de métier de l'armée ukrainienne, ont été tués au combat et des dizaines d'autres blessés dont certains grièvement comme par exemple deux camarades de ma compagnie lors d'un bombardement d'obusier ukrainien de 122 mm sur le front de Yasinovataya.

A cette liste noire il faudrait rajouter les victimes des territoires occupés par Kiev et qui sont régulièrement la cible de répressions, arrestations et tortures, viols et agressions de la part des forces ukrainiennes qui souvent ont confié le maintien de l'ordre à des unités "politiques" formées à partir des radicaux nationalistes, bandéristes et autres néo nazis revendiqués quand ce n'est pas des repris de justice envoyés sur le front pour vider les prisons ukrainiennes saturées d'opposants au régime.
Le destin tragique de ces territoires occupés par l'armée ukrainienne mais dont la grande majorité de la population reste fidèle à la Russie est certainement le sujet de discorde majeur entre les Républiques et l'Ukraine car Kiev, dans une politique du fait accompli a arbitrairement redéfini sur la ligne de front actuelle la ligne de démarcation des accords initiaux qui faisait référence aux limites administratives des oblasts de Donetsk et Lugansk.

Défilé aux flambeaux dans les rues de la ville occupée de Mariupol du régiment néo nazi ukrainien "Azov" 

Pour cette raison et tant d'autres, la situation dans le Donbass n'est pas seulement dans une impasse militaire; mais aussi et surtout politique et diplomatique. Cependant cet enlisement ne pourra plus durer longtemps et l'obstination de Kiev à poursuivre ses bombardements à caractère génocidaire et refuser le dialogue avec les représentants des républiques de Donetsk et Lugansk va probablement, dans une fuite en avant suicidaire typiquement occidentale, libérer un jour de massacre, une réaction militaire républicaine et russe qui libérera enfin le Donbass occupé et mettra fin trop d'années de sang et de larmes dans une grande mais dernière hémorragie.

Erwan Castel

vendredi 1 mai 2020

Un premier mai endeuillé


Bien que le 1er mai soit une date internationalement reconnue pour célébrer les droits des travailleurs et se souvenir des répressions sanglantes subies pour les obtenir depuis 1886 aux USA et 1891 en France, l'armée ukrainienne, fidèle à son mépris des traditions et des populations civiles a poursuivi ses bombardements sur la ligne de front et les quartiers résidentiels civils qui lui sont proches.

Ainsi ce 1er mai à 14:35, les forces ukrainiennes ont ouvert le feu sur le village de Spartak situé en périphérie Nord de Donetsk, à l'Est de l'aéroport. Au cours du mitraillage destiné à terroriser la population restante, une femme de 55 ans, Nadejda Ivanovna Minaeva résidant au 18 de la rue Chapaeva a été mortellement blessée. Transportée d'urgence à l'hôpital Kalinina dans le centre de Donetsk elle décédera des suites de ses blessures malgré le combat mené par les chirurgiens.

Nadejda est le quatrième civil tué par les ukrainiens depuis le début de l'année, auxquels il faut rajouter quinze autres qui ont été blessés, dont 1 enfant et 5 femmes.

Ce nouveau crime de guerre prouve s'il en est besoin les violations quotidiennes du cessez le feu par les forces de Kiev ainsi que l'absence d'une "zone grise" prévue par les mêmes accords de paix signés à Minsk (février 2015) et qui prévoit un espace démilitarisé de 2 kilomètres minimum séparant les belligérants.  

Depuis 2016, les ukrainiens n'ont cessé d'envahir cet espace démilitarisé, pour arriver au contact des lignes de défense républicaine, rendant ainsi tout cessez le feu techniquement impossible, car le moindre mouvement des uns et des autres provoquent immédiatement des tirs réciproques.

Lorsque la ligne de front est urbaine ou péri urbaine comme c'est le cas dans des secteurs comme Donetsk, Lugansk, Gorlovka, Dokuchaievsk mais aussi dans de nombreux villages agricoles ou miniers, les ukrainiens étendent leurs pressions terroristes aux quartiers et zones résidentielles où continuent de vivre et survivre de nombreuses familles civiles, et surtout des personnes âgées qui ne peuvent ou ne veulent pas quitter leurs maisons.


Depuis plusieurs mois les tirs ukrainiens sur les postions défensives des milices républicaines se font de plus en plus précis prouvant que les dégâts et pertes occasionnés dans les secteurs civils ne peuvent être qualifiés de "dommages collatéraux", à part quelques rares exceptions. Mais le pire est certainement l'impunité régnant côté ukrainien de part le silence complice des autorités locales et de leurs parrains occidentaux concernant ces crimes de guerre quotidiens que sont les tirs intentionnels sur des zones civiles ou des infrastructures collectives (écoles, hôpitaux, usine d'eau potable, station électrique...).

Aussi les forces républicaines se donnent-elles le droit d'user de moyens nécessaires pour appliquer dès que possible des ripostes ciblées et limitées sur les cibles identifiées responsables des tirs criminels et aussi tenter de repousser les positions ukrainiennes s'étant trop rapprochées de leurs lignes de défense.

Destruction d'une casemate ukrainienne par le tir 
d'un missile antichar républicain de type "Fagot"

En arrière plan de la réalité du terrain, le théâtre diplomatique ukraino-occidental continue à remuer le cadavre d'un plan de paix qui cache la vraie stratégie belliciste opéré par l'OTAN dans la région, mais la patience de Moscou face au jeu cynique de Kiev qui multiplie les sabotages des accords signés à Minsk en février 2015.

Une mise au point ferme du Ministre russe des Affaires Etrangères
concernant la situation dans le Donbass. Un bilan où Sergei Lavrov 
désigne clairement les responsables de l'échec du règlement du conflit.

Tant que le gouvernement de Kiev sera piloté par les services occidentaux, appliquera la feuille de route de l'OTAN dans la région et sera sous l'influence des nationalistes néo-nazis ukrainiens, il n'y a selon moi aucune chance de voir s'opérer un règlement pacifique du conflit du Donbass.

Seule une issue militaire du conflit peut aujourd'hui permettre de stopper l'hémorragie du Donbass et libérer ses territoires occupés par Kiev, en imposant la paix dans cette région par une déroute totale des forces ukrainiennes. 

Erwan Castel

Article concernant la conférence de Sergei Lavrov, le lien : RT

mardi 31 mars 2020

1 pas en avant, 2 pas en arrière


Comme à son habitude depuis 5 ans de sabotage du processus de paix signé à Minsk, Kiev vient encore de trahir ses propres engagements pour une sortie diplomatique du conflit dans le Donbass.

Au coeur des incompréhensions, lenteurs et interprétations divergentes qui paralysent un quelconque processus de paix dans le Donbass se trouve l'absurdité absolue qu'aucune ligne directe, même de type "téléphone rouge" n'a été instaurée entre les gouvernements ukrainiens et républicains, en guerre depuis 6 ans.

Comment en effet peut-on résoudre un conflit entre 2 parties si l'une d'elles n'est pas autorisée à s'asseoir à la table des négociations, mais seulement à jouer en aval des négociations le rôle d'exécutant et de bouc émissaire d'un groupe exécutif  tripartite dont le travail mensuel est sans cesse saboté par Kiev.

Après 5 ans d'échec global du processus de paix, exceptions faites du déploiement d'observateurs internationaux et d'échanges de prisonniers, le président Poutine qui désire avec les républiques du Donbass et plus que quiconque voir s'arrêter les combats  et bombardements meurtriers (et les sanctions économiques consécutives), avait convaincu son homologue ukrainien Zelensky d'instaurer un veriitable diaogue direct entre les décideurs ukrainiens et républicains.

C'est ainsi que le 11 mars 2020, en plus des habituelles négociations sur des démilitarisations de zones et echanges de prisonniers, un nouveau protocole a été signé par Kiev, Donetsk, Lugansk, Moscou et l’OSCE organisait un dialogue direct entre les 2 belligérants. Ce dialogue devait se réaliser sous l'égide d'un "Conseil consultatif" composé de 10 représentants de chacune des parties (Ukraine / RPD,,RPL), d'un représentant de L'OSCE ainsi que de autres pays signataires et garants des accords de Minsk (Russie, France, Allemagne).

A l'annonce de cette initiative destinée  à remplaçer enfin le dialogue hypocrite d'un processus inégal par un vrai dialogue direct entre les acteurs du conflit je m'étais dit "trop beau pour être vrai"....

Et effectivement, selon une coutume kiévienne bien rodée, cette prometteuse  initiative qui devait être entérinée ce 26 mars vient d'être à son tour jetée aux orties par un président ukrainien Zelensky poursuivant avec zèle les sabotages diplomatiques et terrorismes militaires de son prédécesseur Porochenko.

Certains vont arguer que Zelensky a subit des pressions menaçantes de la part des radicaux nationalistes ukrainiens qui ne veulent en aucun cas sue les combats cessent et encore moins qu'un dialogue direct reconnaisse de facto l'autorité et la légitimité des représentants des républiques de Donetsk et Lugansk. Mais leurs aboiements mpuissants qui n'ont même plus de voix au parlement ukrainien ne doivent pas cacher les intérêts d'un complexe militaro-industriel occidental qui ne veut pas que s'éteigne cep conflit, surtout sur des initiatives russes.

Voila pourquoi depuis 6 ans passés le système fait faire à ses marionnettes ukrainiennes successives la danse du "un pas en avant et deux pas en arrière".

Même si du côté ukrainien il y a des voix qui reconnaissent implicitement les sabotages organisés par Kiev, comme celle de Viktor Medvedtchouk qui, pour contourner le problème mais sans le dénoncer directement a proposé de créer un parlement des accords de Minsk avec des députés allemands, russes, francais et ukrainiens pour forcer par le vote les décisions du processus et contrôler leurs applications...bref une belle utopie qui si elle aboutissait ne ferait qu'accoucher d'une nouvelle "usine à gaz" à l'intérieur de la première...

La seule chose qui pourrait peut-être obliger Kiev à respecter ses engagements serait d'introduire des mesures coercitives qui sanctionneraient économiquement chaque violation du processus...

Sans cette "épée de Damoclès" suspendue au dessus de son économie déjà malade, Kiev continuera à trahir ses promesses de paix et à tuer des civils du Donbass.


Erwan Castel

jeudi 27 février 2020

Une Ukraine bornée... au service de la Russie !


Comme prévu la situation sur le front s'est détériorée sous le bombardements ukrainiens à la veille d'une nouvelle réunion du groupe de contact tripartite chargé d'accompagner l'application des accords de Minsk 2, ce processus de paix signé il y a 5 ans, mort-né, mais que les diplomaties tentent désespérément d'opposer depuis à une reprise radicale des combats entre Ukrainiens et républicains, laquelle semble chaque de plus en plus inévitable.

Et depuis le retour une nouvelle fois bredouilles des représentants de ces accords de plus en plus désaccordés, les provocations meurtrières de Kiev dans le Donbass continuent de ravager les 460 kilomètres de ligne de front, occasionnant de nouvelles pertes parmi les défenseurs républicains et de nombreuses destructions dans les zones résidentielles se trouvant à sa proximité. Voici 3 très courtes vidéos filmées par des habitants (sur)vivant sur le front.

24 février 2020, destructions causées par l'artillerie ukrainienne au 
Nord de Gorlovka ( nord de la RPD)
26 février 2020, bombardement ukrainien sur l'Ouest de Donetsk
Secteur Trudovsky. Ici des tirs fusants de ZSU 23/4
27 février 2020, bombardement ukrainien sur le front de Lugansk
Secteur du village de Donetskoye


Et cette situation ne risque pas de s'améliorer avec l'arrivée du printemps et surtout ces négociations entre parties que Kiev, à chaque réunion, enterre de plus en plus profondément au fond de leur impasse.

Car le jeu des représentants ukrainiens depuis 5 ans est très simple: devant les bocages rencontrés pour enfin amorcer concrètement le processus de paix, au lieu de chercher à résoudre les problèmes, ils rajoutent des exigences supplémentaires encore plus irréalisables ou acceptables par les représentants russes et républicains : abandon à l'Ukraine des territoires des républiques occupés par son armée, déploiement de casques bleus, participation d'autres "partenaires" occidentaux aux discussions, contrôle ukrainien des frontières avec la Russie avant les élections locales, etc autant de revendications qui relèvent autant du fantasme que de la provocation.

Et maintenant, les ukropithèques, entre autres nouvelles lubies délirantes, veulent intégrer leurs revendications sur la Crimée aux négociations des accords de Minsk sur le Donbass !!! Autant demander la Lune au Kremlin.

Du coup il apparaît que Moscou est en train de changer de stratégie concernant le Donbass comme en témoigne les émissions et analyses politiques dans les médias russes sur le sujet qui parlent de moins en moins de Minsk et de plus en plus de l'intégration du Donbass au sein de la Fédération de Russie.

Cette radicalisation de la position du Kremlin est à mettre en perspective avec le blocage obstiné et exponentiel opéré par Kiev qui, à défaut de "faire avancer le schmilblick", rend même aujourd'hui le dialogue impossible. Et d'autre part, le limogeage du conseiller spécial du Kremlin pour la région, le libéral Surkov, jugé souvent trop conciliant avec la partie ukrainienne, va également certainement débrider le processus d'intégration du Donbass dans la Fédération de Russie qui est la seule alternative possible et souhaitée par les populations au plan de paix naufragé.

Dimitri Kozak, le nouveau conseiller spécial de Vladimir Poutine pour la région du Donbass 
Tout en prenant acte de la polarisation des positionnements russe et ukrainien concernant le règlement diplomatique du conflit dans le Donbass, le Kremlin a tenu a confirmer par la voix du président Poutine un discours conciliant à l'opposé des éructations russophobes et bellicistes prononcées par le régime ukrainien. 

Ainsi dans un entretien accordé à  Andreï Vandenko de l'agence Tass, visible aussi sur le site du Kremlin, le président Poutine a rappelé les liens historiques et culturels qui unissaient, par delà les spasmes historiques de la géopolitique, les peuples russe et ukrainien.

Extraits : (pour l'intégralité de l'entretien voir la traduction ici : Donbass Insider)
  • "Comme je l'ai mainte fois répété russes et ukrainiens ne formons q'un seul et même peuple. Que cela plaise ou non aux ukrainiens, mais si vous regardez l'histoire, c’est la réalité. Voyez vous, avant les XI-XIIIe siècles, nous n’avions pas de différence de langue, et ce n’est qu’après la polonisation qu’une partie des Ukrainiens, qui vivaient sur le territoire polono-lituanien, que les premières différences linguistiques sont apparues, environ au XVIe siècle si je me souviens bien.
  • Les ukrainiens étaient ceux qui vivaient sur les frontières de l'empire russe. Il y avait des ukrainiens à Pskov, les gens qui défendaient les frontières Sud contre les attaques du khan de Crimée étaient des ukrainiens. Il y avait aussi des ukrainiens dans l’Oural.... des Ukrainiens il y en avait partout. Et nous n’avions aucune différence de langue. Qui plus est, à cette même époque, avant les XIV & XVème siècles, ces gens, slaves de l’Est, qui vivaient sur le territoire de l’Union de Pologne-Lituanie (à la fois en Moscovie et Pologne) étaient appelés russes. Les premières différences linguistiques sont apparues beaucoup plus tard…
  • Pour parler d’aujourd’hui et de demain, nous devons connaître l’Histoire. Nous avons besoin de savoir qui nous sommes, d’où nous venons, ce qui nous unit.

Puis le chef du Kremlin a relevé ce qui aujourd'hui séparait la Russie de l'Ukraine, soulignant que cela était principalement le fait de nationalistes dont le discours initial a été détourné vers une russophobie de plus en plus contre productive et étrangère à la réalité des peuples. 

Extraits :
  • "Aujourd'hui, beaucoup de choses nous séparent. Mais nous ne devons pas oublier ce qui nous unit. Et nous ne devons pas détruire ce que nous avons en commun. Par exemple, l’Église. Pourquoi faudrait-il détruire l’unité de l’Église orthodoxe russe ?
  • Du temps a passé. Et parce que que les gens vivaient sur la frontière avec le monde catholique, avec l’Occident, une communauté particulière relativement indépendantes de l’État russe a commencé à émerger. Comment devons-nous nous réagir à cela ? Je l’ai déjà dit : nous devons respecter cette réalité Mais nous ne devons pas pour autant oublier notre identité commune".
L'évolution de l'Ukraine: une histoire 100 %... russe !
Puis le président Poutine de continuer de rappeler des évidences des liens fraternels unissant naturellement russes et ukrainiens, mais en mettant progressivement en avant une stratégie russophobe manipulant, via des radicaux nationalistes, cette région tiraillée entre Occident et Eurasie.
  • "L'entité ukrainienne, en particulier, a commencé à être utilisé à la veille de la Première Guerre mondiale par le service de renseignement autrichien. Pourquoi ? C’est un cas bien connu : « diviser pour mieux régner ». C’est une chose tout à fait compréhensible.
  • Nous devrions partir de la réalité, mais sans oublier qui nous sommes et d’où nous venons. Et d’ailleurs, les pères fondateurs du nationalisme ukrainien eux-mêmes n’ont jamais dit qu’il fallait se quereller avec la Russie. Aussi étrange que cela puisse paraître, mais leurs principaux ouvrages du XIXe siècle disent bien que l’Ukraine est : primo: multiethnique et devrait être un État fédéral, et secundo, doit nécessairement établir de bonnes relations avec la Russie. Les nationalistes d’aujourd’hui semblent avoir oublié cela. Je vais vous dire pourquoi ils l’ont oublié. Savez-vous pourquoi ? Parce que les intérêts du peuple ukrainien ne sont pas la principale question à leur ordre du jour.
Le président Poutine aborde ensuite le coeur de la réalité et de son message :
  • Quel est aujourd'hui l’intérêt du peuple ukrainien si, à la suite de la rupture des relations avec la Russie, la construction de missiles, de navires, d’avions et de moteurs est perdue, et que le pays est en fait désindustrialisé ? Quel est l’intérêt ?
  • La Banque mondiale exige la fin des subventions croisées. Qu’est-ce qu’il y a de bien là-dedans ? Ou bien ils vont les forcer à exporter le bois des Carpates. Bientôt, les Carpates seront complètement chauves.
  • Et où est l’argent ? Dans les banques étrangères. Qu’est-ce qu’ils doivent faire pour cela ? Montrer qu’ils sont au service de ceux qui ont cet argent.
  • Alors, la seule chose que les ukrainiens peuvent vendre c'est la russophobie. Parce que certains aiment à vouloir séparer l’Ukraine de la Russie, ils pensent que c’est une mission très importante."



Poutine en conclusion rejoint alors le constat développé dans son essai "Le grand échiquier" par Zbigniew Brzezinski, le faucon anti-russe de nombreuses présidences américaines :
  • "Parce que toute union de la Russie et de l’Ukraine, ainsi que de leurs capacités et de leurs avantages respectifs, conduirait à l’émergence d’un concurrent, de niveau international pour l’Europe et le reste du monde. Personne n’en veut. C’est pourquoi ils feront tout pour nous séparer."
A partir de là il n'est pas délirant de supposer que la position de Vladimir Poutine est à la fois de protéger le Donbass, de l'accompagner étape par étape vers son retour en Russie mais sans créer si possible une rupture historique brutale et définitive avec l'Ukraine qu’entraînerait un conflit ouvert.

Et le développement sociétal des 2 républiques du Donbass orienté sur une optimisation du bien être de leurs populations peut devenir à moyen terme un exemple de réussite politique pour les ukrainiens qui vivent depuis l'indépendance un naufrage progressif de leur Etat, qui depuis le Maidan s'est transformé en chaos socio-économique généralisé.

Ansi les Républiques du Donbass pourraient, simplement par l'exemple de leur réussite devenir une source d'inspiration et de motivation pour une population ukrainienne de plus en plus fatiguée et appauvrie par tant d'années de corruption et d'asservissements au profit d'intérêts oligarchiques ou étrangers.

Carte de 1921: "Donbass, coeur de la Russie"
En observant les actions du régime de Kiev on ne peut que constater que dans leurs extrémisme borné et leur russophobie hystérique, ils servent en fait ce discours du Kremlin qui en cheminant entre fermeté et réconciliation évite les dérapages bellicistes de KIev sans toutefois crisper ses relations avec Moscou.

Pendant 5 ans, les accords de Minsk, en plus de calmer les opérations militaires dans le Donbass, ont poussé Kiev dans les derniers retranchements de son absurdité pro-occidentale et son refus de regarder sa réalité russe incontournable. Aujourd'hui Zelensky a démontré que non seulement il n'avait ni les moyens, ni surtout la volonté de mettre en œuvre ces "accords de Minsk" approuvés par le Conseil de sécurité de l'ONU, mais qu'il augmentait à chaque discussion leur faisabilité préférant pour sortir de cette guerre civile que son prédécesseur a perdu. 
Et le nouveau président ukrainien de continuer une fuite en avant suicidaire, à l'image de cette lamentable opération du 18 février qui a délibérément sacrifié des soldats ukrainiens uniquement pour servir une propagande russophobe délirante qui est devenue la seule raison d'être du pouvoir kiévien depuis le Maïdan.

Aujourd'hui le sabotage ukrainien des accords de paix pour le Donbass est une évidence pour beaucoup, y compris pour de plus en plus de partenaires occidentaux qui perçoivent dans les incohérences de Zelznsky la preuve d'une hypocrisie vis à vis d'accords de Minsk loués par devant et poignardés par derrière.

Certes les relations entre Russie et Ukraine vont continuer dans la mesure du possible et surtout des intérêts économiques partagés comme par exemple les accords commerciaux sur le transit gazier, frontaliers et maritimes, mais il est fort à parier que désormais le processus d'intégration du Donbass va non seulement continuer mais probablement s'envoler vers la Russie et ce du fait des dernières trahisons ukrainiennes de leurs engagements qui ont définitivement libéré le lest de Minsk qui freinait l'espérance des populations de Donetsk et Lugansk.

Erwan Castel